Pièce
Rapport_diagnostic_archeo_PH2.pdf · 69 627 mots · du marché « Fouilles archéologiques préventives pour la mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et… », dossier de consultation officiel.
Rapport de diagnostic
Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux
RN 141, phase 2
sous la direction de
Alexandra Hanry
US 22-3
US 22-4
US
22-2
Inrap NA&OM
Décembre 2025
Rapport de Diagnostic
Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux
RN 141, phase 2
Code INSEE
16375
sous la direction de par avec la collaboration de
Alexandra Hanry Alexandra Hanry Bénédicte Moutarde
Marie-Camille Arqué David Brunie
Nelly Connet Thierry Giraud
Grégory Dandurand Valérie Sanglar
Entité archéologique
—
Isabelle Kerouanton Valérie Audé
Maxime Pasquel Pierre Texier
Brigitte Véquaud Régis Bernard
Patrick Neury
Arrêté de prescription
75-2024-1067
Opération archéologique
208457
Inrap NA&OM
140 avenue du Maréchal Leclerc, CS50036, 33 323 Bègles Cedex
Code Inrap
D155310
Tél. 05 57 59 20 90, grand-sud-ouest@inrap.fr
Décembre 2025
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communiqués».
3
Sommaire
6 I. Données administratives, techniques et
scientifiques
7 Fiche signalétique
8 Mots-clefs des thesaurus
9 Intervenants
11 Notice scientifique
12 Localisation de l’opération
25 Arrêté de prescription
27 Arrêté de nomination
29 Projet de diagnostic
31 II. Résultats
32 1. État des connaissances avant l’opération
32 1. 1. Données générales et administratives
34 1. 2. Contexte géomorphologique et géoarchéologique
37 1. 3. Contexte archéologique et historique
37 1. 3. 1. Un contexte archéologique enrichi par les recherches archéologiques menées sur la RN 141
39 1. 3. 2. Diagnostic de la phase 2 de la mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure
et Roumazières
43 2. Stratégie et méthodes mises en œuvre
43 2. 1. Implantation et stratégie d’ouverture
43 2. 2. Techniques de décapage et d’enregistrement des données
44 2. 3. Gestion des mobiliers et échantillonnage
44 2. 4. Collaboration pluridisciplinaire
4
45 3. Description archéologique
45 3. 1. Locus 1 et 2, au sud de la route de Lageon : Feviat de Nieul
45 3. 1. 1. Le Locus 1 : un petit enclos fossoyé gallo-romain (F2 à F5 ; Tr.5, Tr.6 et Tr.7)
51 3. 1. 2. Le Locus 2 : une fosse du 1er âge du Fer ? (F1, Tr.2)
54 3. 2. Le Locus 3 : une activité métallurgique protohistorique et/ou gallo-romaine de part
et d’autre de la RD 365 : le Lac noir et le Cerisier mouillé
54 3. 2. 1. Des tranchées d’extraction en lien avec une activité métallurgique (F6 à F9 et F16 ; Tr.15 et
26)
60 3. 2. 2. Les bas-fourneaux de la tranchée Tr.28
63 3. 2. 3. Le bas-fourneau F22 et les aménagements périphériques (F19 à F22, F25 à F32 ; Tr.29 à 31)
67 3. 2. 4. Conclusion sur le Locus 3
68 3. 3. Le Locus 4, l’activité métallurgique protohistorique de part et d’autre de la RD 60 :
les Brandes et les Grandes Pièces
73 3. 4. Le Locus 5, la doline fossile des Grandes Pièces, à l’est de la RD 60 (Tr.117 à 119)
74 3. 5. Le Locus 6, installations sidérurgiques médiévales à l’extrémité orientale de
l’emprise : les Barrières et les Loubières (à rapprocher des découvertes du Secteur
1 de la phase 3 : cf. Tr.9 et 15)
74 3. 5. 1. Secteur occidental (Tr.38 et Tr.40) : au cœur de l’activité métallurgique
80 3. 5. 2. Secteur central (Tr.123-124) : de grandes fosses d’extraction dans les altérites ferrugineuses
83 3. 5. 3. Secteur oriental : fosses, fossés et niveaux d’épandage liés à une unité domestique ou
artisanale médiévale (F123-03 et Tr.42)
88 3. 5. 4. Conclusion sur le Locus 6
89 4. Etudes géomorphologique et géoarchéologique
89 4. 1. Contexte géologique et géomorphologique
89 4. 1. 1. Contexte géologique
89 4. 1. 2. Morphologie du secteur investigué
89 4. 1. 3. Les morphologies karstiques
90 4. 2. Observations stratigraphiques
91 4. 2. 1. La tranchée Tr13
92 4. 2. 2. La tranchée Tr15
93 4. 2. 3. La tranchée Tr25
94 4. 2. 4. La tranchée Tr26
94 4. 2. 5. La tranchée Tr27
94 4. 2. 6. La tranchée Tr31
95 4. 2. 7. Les tranchées Tr123-Tr124-Tr125
96 4. 2. 8. Les tranchées Tr117-Tr118-Tr119
100 4. 3. Interprétations géomorphologiques et géoarchéologiques
100 4. 3. 1. Les dynamiques morphosédimentaires
101 4. 3. 2. Conséquences pour la préservation et la recherche des vestiges archéologiques
103 5. Les études de mobilier
103 5. 1. Le mobilier lithique
104 5. 2. De rares tessons protohistoriques
107 5. 3. La céramique gallo-romaine
108 5. 4. La céramique médiévale
109 5. 5. Approche des vestiges et résidus paléométallurgiques
5
109 5. 5. 1. Introduction
111 5. 5. 2. Aspects méthodologiques
112 5. 5. 3. Traitements des résidus scorifiés et affiliations typologiques
114 5. 5. 4. Minerai et autres mobiliers
115 5. 6. Locus 3
115 5. 6. 1. Tr.15, F6 et F7
121 5. 6. 2. Tr.28, F17 et F18
126 5. 6. 3. Tr.30, l’ensemble F20/21/22
131 5. 7. Locus 4
131 5. 7. 1. Tr.101
133 5. 7. 2. Tr.115
135 5. 7. 3. Premières réflexions
135 5. 8. Locus 6
143 5. 9. Synthèse et perspectives
143 5. 9. 1. Synthèse
145 5. 9. 2. Perspectives
151 6. Synthèse et perspectives
151 6. 1. Bilan de l’opération de diagnostic
153 6. 2. Synthèse métallurgique transversale
155 6. 3. Conclusion générale et perspectives
157 Bibliographie
161 Illustrations
167 III. Inventaires techniques
168 Inventaire des tranchées de diagnostic
170 Inventaire des documents photographiques
181 Inventaire des structures et des unités stratigraphiques
184 Inventaire du mobilier archéologique
187 Inventaire des archives
188 Rapport d’analyse de datation au radiocarbone
I. Données
administratives,
techniques
et scientifiques
I. Données administratives, techniques et scientifiques 7
Fiche signalétique
Localisation 0177, 0197, 0199, 0200, 0201, Maître d’ouvrage des travaux
0202, 0206, 0208, 0209, 0210, d’aménagement
Région 0211, 0212, 0214, 0215, 0216,
Nouvelle-Aquitaine 0217, 0223, 0252, 0253, 0254, Direction régionale de
0255, 0256, 0257, 0268, 0269, l’Environnement, de
Département 0270, 0271, 0272, 0273, 0274, l’Aménagement et du Logement
Charente 0275, 0363, 0368, 0370, 0371, Nouvelle-Aquitaine
0372, 0374, 0375, 0376, 0377,
Commune 0378, 0379, 0380, 0381, 0384,
Suaux 0385, 0386, 0387, 0490, 0491, Nature de l’aménagement
0504, 0554, 0555, 0557, 0558,
Adresse ou lieu-dit 0559, 0560, 0562, 0563, 0564, Mise à 2x2 voies de la RN 141
Mise à 2x2 voies de la RN 141 0565, 0566, 0567, 0595, 0600, entre Chasseneuil-sur-Bonnieure
entre Chasseneuil-sur-Bonnieure 0712, 0713, 0729, 0732, 0752, et Roumazières
et Roumazières, phase 2 0753, 0754, 0755, 0756, 0757,
0758, 0759, 0761, 0763, 0768,
0769, 0771 Opérateur d’archéologie
Codes
Inrap NA&OM
Code INSEE Statut du terrain au regard des
16375 législations sur le patrimoine et
l’environnement Responsable scientifique de
Numéro de dossier Patriarche (OA) l’opération
208457 Arrêté préfectoral portant
autorisation environnementale Alexandra Hanry
Numéro de l’entité archéologique (n° 16-2024-09-24-00002)
—
Organisme de rattachement
Propriétaire du terrain
Système de projection planimétrique Inrap NA&OM
et altimètrique (Lambert 93 et IGN69- Direction régionale de 140 avenue du Maréchal Leclerc
NGF) l’Environnement, de CS50036, 33 323 Bègles Cedex
l’Aménagement et du Logement grand-sud-ouest@inrap.fr
x : 506223 Nouvelle-Aquitaine et Centre archéologique de
y : 6531659 Poitiers
z : 182 m NGF 122, rue de la Bugellerie
Références de l’opération 86 000 Poitiers
Références cadastrales Numéro de l’arrêté de prescription
75-2024-1067 Dates d’intervention sur le terrain
Commune : Suaux
Année : 2019 (révisé 2022) Numéro de l’opération Préparation : Le 10 avril et du 12 au 14
section(s) / parcelle(s) : A / 0001, D155310 mai 2025
0003, 0004, 0005, 0006, 0009,
0010, 0011, 0012, 0013, 0014, Numéro de l’arrêté de nomination Diagnostic : 19 mai au 3 juillet 2025
0015, 0016, 0017, 0018, 0019, du responsable
0026, 0027, 0034, 0035, 0036, Post-fouille : Juillet à décembre 2025
0045, 0046, 0049, 0050, 0058, 75-2025-0501
0059, 0060, 0061, 0062, 0065,
0066, 0067, 0162, 0169, 0170,
0172, 0173, 0174, 0175, 0176,
8 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Mots-clefs des thesaurus
Chronologie Sujets et thèmes Mobilier
Paléolithique Édifice public nb
Inférieur Édifice religieux Industrie lithique
Moyen Édifice militaire Industrie osseuse
Supérieur Bâtiment Céramique
Mésolithique et épipaléolithique Structure funéraire Restes végétaux
Néolithique Voirie Faune
Ancien Hydraulique Flore
Moyen Habitat rural Objet métallique
Récent Villa Arme
Chalcolithique Bâtiment agricole Outil
Protohistoire Structure agraire Parure
Âge du bronze Urbanisme Habillement
Ancien Maison Trésor
Moyen Structure urbaine Monnaie
Récent Foyer Verre
Âge du fer Fosse Mosaïque
Hallstatt (1 Âge du fer)
er
Sépulture Peinture
La Tène (2nd Âge du fer) Grotte Sculpture
Antiquité romaine (gallo-romain) Abri Inscription
République romaine Mégalithe Autre
Empire romain Artisanat
Haut-empire (jusqu’en 284) Argile : atelier
Bas-empire (de 285 à 476) Atelier métallurgique
Études annexes
Époque médiévale Autre
haut Moyen Âge Géologie, pédologie
Moyen Âge Datation
bas Moyen Âge Anthropologie
Temps modernes Paléontologie
Époque contemporaine Zoologie
Ère industrielle Botanique
Palynologie
Macrorestes
An. de céramique
An. de métaux
Acq. des données
Numismatique
Conservation
Restauration
Autre
I. Données administratives, techniques et scientifiques 9
Intervenants
Intervenants scientifiques
Prénom Nom, organisme d’appartenance Tâches génériques Tâches affectées dans le cadre de l’opération
Héloïse Bricchi-Duhem, SRA Conservatrice chargée du suivi du dossier Prescription et contrôle scientifique
Édouard Veau, SRA Ingénieur chargé du suivi du dossier Contrôle scientifique
Vincent Lhomme, Inrap Directeur adjoint scientifique et technique Mise en place et suivi de l’opération
Guillaume Pouponnot, Inrap Délégué du DAST Mise en place et suivi de l’opération
Sandrine Renaud, Inrap Déléguée du DAST Mise en place et suivi de l’opération
Alexandra Hanry, Inrap Responsable d’opération Responsable scientifique
Intervenants administratifs
Prénom Nom, organisme d’appartenance Tâches génériques Tâches affectées dans le cadre de l’opération
Léopold Maurel, SRA Conservateur régional Prescription et contrôle scientifique
Gwénaëlle Marchet-Legendre, SRA Conservatrice régionale adjointe Prescription et contrôle scientifique
Héloïse Bricchi-Duhem, SRA Conservatrice chargée du suivi du dossier Prescription et contrôle scientifique
Corinne Dampierre, Inrap Directrice interrégionale NA&OM Mise en place et suivi de l’opération
Vincent Lhomme, Inrap Directeur-adjoint scientifique et technique Mise en place et suivi de l’opération
Guillaume Pouponnot, Inrap Délégué du DAST Mise en place et suivi de l’opération
Bétarice Caravaca Secrétaire général NAOM Mise en place et suivi de l’opération
Frédéric Vidaillet, Inrap Assistant technique Mise en place et suivi de l’opération
Équipe de fouille
Prénom Nom, organisme d’appartenance Fonction Tâches affectées dans le cadre de l’opération
Alexandra Hanry, Inrap Responsable d’opération Responsable scientifique
Responsable adjointe scientifique de
Nelly Connet, Inrap Responsable de recherches archéologiques l’opération
Thierry Giraud, Inrap Archéologue Travaux de terrain
Valérie Sanglar, Inrap Archéologue Travaux de terrain
Valérie Audé, Inrap Archéologue Travaux de terrain
Relevé et analyse des contextes sédi-
Grégory Dandurand, Inrap Géoarchéologue et géomorphologue mentaires
Patrick Neury, Inrap Topographe Relevés et plans
Régis Bernard, Inrap Topographe Relevés et plans, clichés drone
Pierre Texier, Inrap Topographe Relevés et plans
Équipe de post-fouille
Prénom Nom, organisme d’appartenance Fonction Tâches affectées dans le cadre de l’opération
Responsable scientifique de l’opéra-
Alexandra Hanry, Inrap Responsable d’opération tion, coordination scientifique, rédac-
tion, inventaires, infographie
Responsable adjointe scientifique de
Responsable de recherches archéologiques et l’opération, traitement des données
Nelly Connet, Inrap
lithicienne et analyse archéologique ; Étude du
mobilier lithique
SIG, infographie, traitement des
Bénédicte Moutarde, Inrap Responsable de recherches archéologiques données
10 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Thierry Giraud, Inrap Technicien de recherches archéologiques Infographie et traitement du mobilier
David Brunie, Inrap Infographiste et maquettiste Infographie et mise en page du rapport
Étude géoarchéologique et géomorpho-
Grégory Dandurand, Inrap Géoarchéologue et géomorphologue logique
Marie-Camille Arqué , Inrap Céramologue Étude du mobilier céramique antique
Étude du mobilier céramique protohis-
Isabelle Kerouanton, Inrap Céramologue torique
Brigitte Véquaud, Inrap Céramologue Étude du mobilier céramique médiéval
Étude des vestiges et résidus paléomé-
Maxime Pasquel, Inrap Paléométallurgiste tallurgiques
I. Données administratives, techniques et scientifiques 11
le XIe et le XIVe siècle. Les données chronologiques
Notice scientifique disponibles proviennent à la fois d’une datation
radiocarbone réalisée sur les charbons de bois d’une
structure de combustion, qui situe une phase de
réduction du minerai au Moyen Âge central (XIe-XIIIe
siècles), et d’un corpus céramique conséquent issu
principalement du secteur oriental, majoritairement
attribuable à la seconde moitié du XIVe siècle mais
incluant quelques éléments plus anciens (XIe-XIIIe
Hanry 2025 : Hanry (A.) – Nouvelle-Aquitaine, siècles). De plus, au centre de l’emprise (lieu-dit
Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre cadastral le Lac noir et le Cerisier mouillé), de
Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières, Phase 2. probables tranchées d’extraction de matière première
Rapport de diagnostic, Poitiers, Inrap Nouvelle- côtoient des bas-fourneaux, un ferrier, une zone
Aquitaine-et-Outre Mer, 2025, 196 pages. d’épandage de scories de fer et des trous de poteau
qui pourraient être associés à des constructions
Le diagnostic qui a débuté le 19 mai et s’est achevé le 3 ou des aménagements légers situés aux abords des
juillet 2025 s’intègre dans le programme de mise à 2x2 structures de réduction du minerai de fer (Locus 3).
voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure Les vestiges en lien avec cette activité s’étendent là
et Roumazières (commune nouvelle : Terres-de-Haute- encore sur une vaste zone, de part et d’autre de la
Charente). La surface prescrite est de 189 000 m². route départementale RD 365. Le mobilier associé à
L’assiette du projet d’aménagement est implantée sur l’occupation du Locus 3, certes peu abondant, laisse
les plateaux occidentaux de la Charente limousine et supposer que l’occupation se déroule entre le second
du Confolentais. Situés en zone de contact entre les âge du Fer et le début de l’époque Antique. De plus,
domaines métamorphiques et granitiques du Massif de part et d’autre de la route départementale 60
central (socle cristallin) et les terrains sédimentaires (lieu-dit cadastral les Brandes et les Grandes Pièces),
de la marge nord-est du Bassin aquitain, ces plateaux deux tranchées ont livré des preuves d’une activité
sont incisés par des vallées étroites et peu encaissées, métallurgique protohistorique (Locus 4 ; environ
qui se raccordent, plus à l’ouest, à la vallée de la 3 000 m²). La vingtaine de vestiges protohistoriques,
Tardoire. Les altérites sablo-argileuses colluvionnées situés dans un secteur déboisé avant notre intervention,
qui recouvrent ces plateaux apparaissent très haut, est fortement impactée par un système racinaire encore
recouvertes par une très faible épaisseur de colluvions actif récemment. La chronologie la plus précise est
de pentes superficielles. Ces colluvions sont souvent fournie par du mobilier daté du Bronze final ou du
peu épaisses, même dans les zones incisées par les cours premier âge du Fer / début du second. La densité des
d’eau intermittents. À la faveur de quelques points de structures, associée à la présence d’un four et d’un
soutirage (dolines), une dilatation plus conséquente de épandage de scories, témoigne de l’existence d’un
la séquence sédimentaire a été observée. espace protohistorique lié à la réduction du minerai
de fer, dont seules les composantes les plus résistantes
Les vestiges archéologiques sont, dans ce contexte, (four, scories) et quelques creusements annexes ont
conservés ponctuellement et regroupés dans six zones été conservés. Enfin, entre les Locus 4 et 6, le Locus
d’occupation réparties tout au long du tracé (Locus 1 5 correspond à un secteur très différent, marqué
à 6). D’ouest en est, les 68 tranchées du diagnostic ont par une large dépression naturelle encore lisible en
rencontré, une unité agraire du Haut-Empire (Locus surface avant l’ouverture des sondages. L’analyse
1), une fosse isolée du premier âge du Fer (Locus 2) géomorphologique et géoarchéologique montre qu’il
et trois zones d’activités paléométallurgiques (Locus s’agit d’une doline fossile, c’est-à-dire une ancienne
3 à 6). La dernière est à rapprocher des découvertes dépression karstique comblée, dont la forme en cuvette
réalisées à l’extrémité occidentale du diagnostic de la reste structurante pour le modelé topographique
phase 3 (I. Kerouanton, 2025) et qui appartiennent actuel. Du point de vue archéologique, le Locus 5
probablement au secteur médiéval lié à l’exploitation constitue un piège sédimentaire ayant enregistré des
du fer. Dans cette zone des Barrières et des Loubières apports naturels en contexte de pente, mais aussi
(anciennement nommée le Démoli), la densité des quelques rejets anthropiques mineurs (céramique)
vestiges mis en évidence sur plus d’un hectare et ainsi que des charbons dispersés. La doline apparaît
la variété des aménagements relatifs à l’activité donc comme un espace non occupé mais structurant le
métallurgique laissent supposer la présence d’un site paysage ancien, servant de réceptacle naturel aux rejets
médiéval majeur dans et immédiatement au nord de de surface. Elle renseigne indirectement sur l’évolution
l’emprise du diagnostic (Locus 6). Une ou plusieurs des secteurs voisins en enregistrant les apports qui en
carrières d’extraction de matière première (argile et/ proviennent.
ou minerai de fer), un bas-fourneau et probablement
d’autres, des fosses et des fossés témoignent d’une
occupation et d’activités métallurgiques s’inscrivant
probablement dans une durée étendue, comprise entre
12 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Localisation de l’opération
Figure 1 Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 en Charente (BD TOPO, BD ALTI et SCAN250® IGN ; cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ; RGF
Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 13
Figure 2 Localisation diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond SCAN25® IGN (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93)
14 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 3a Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 15
Figure 3b Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
16 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 3c Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 17
Figure 3d Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
18 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 3e Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 19
Figure 3f Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
20 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 3g Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 21
Figure 3h Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
22 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 3i Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 23
Figure 3j Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
24 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 3k Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap ;
RGF Lambert93)
I. Données administratives, techniques et scientifiques 25
Arrêté de prescription
26 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
I. Données administratives, techniques et scientifiques 27
Arrêté de nomination
28 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
I. Données administratives, techniques et scientifiques 29
Projet de diagnostic
30 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
II. Résultats
32 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
1. État des connaissances avant l’opération
1. 1. Données générales et administratives1
Le diagnostic archéologique préventif réalisé sur la commune de Suaux
(Charente, RN141 – Aménagement Phase 2) s’inscrit dans le projet de mise
à 2×2 voies de la route nationale entre entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et
Roumazières-Loubert (fig.1, 2 et 3). Prescrite par le SRA Nouvelle-Aquitaine,
site de Poiters l’opération avait pour objectif d’évaluer le potentiel
archéologique de la zone d’aménagement et de caractériser les occupations
éventuellement conservées. La maîtrise d’œuvre est assurée par la DIR
Centre Ouest et la maîtrise d’ouvrage par la DREAL Nouvelle-Aquitaine.
Portion occidentale de la RCEA (Route Centre Europe Atlantique), la
RN 141 relie Saintes à Limoges, constituant l’une des principales liaisons
routières transversales entre le Massif central et la côte atlantique. Par
sa connexion avec la RN 10 à Angoulême, elle assure également un lien
structurant entre le sud-ouest de l’Europe et l’Europe centrale (fig. 4). Alors
que le tronçon Exideuil / Roumazières-Loubert a été ouvert à la circulation
à l’automne 2025, l’ouverture du tronçon Chasseneuil-sur-Bonnieure /
Roumazières est programmé à l’horizon 2031.
Figure 4 Itinéraire de la RCEA en France et en Europe (Dossier d’enquête publique RN 79).
Faisant suite au diagnostic préalable à la mise à 2x2 voies de la RN 141
sur les communes d’Étagnac, Chassenon et Chabanais (A : fig. 5), plusieurs
opérations archéologiques ont été réalisées sur le tronçon Exideuil /
Roumazières-Loubert : trois opérations de diagnostics (B, C et D : fig. 5)
ayant conduit à sept fouilles préventives (C, 1 à 7 : fig.5). Le dernier tronçon,
actuellement en cours de diagnostic, a été découpé en trois opérations
distinctes :
- la phase 1 (G : fig.5) , sur les communes de Chasseneuil-sur-Bonnieure,
Lussac et Suaux, sur une surface prescrite de 258 000 m² (surface réelle
257 667 m²). Cette phase n’a pas encore été réalisée et est prévue début
2026 ;
- la phase 2 (E : fig.5), objet du présent rapport, sur la commune de Suaux,
sur une surface prescrite de 189 000 m² (surface réelle 188 821 m²). Elle
s’est déroulée du 19 mai au 3 juillet 2025 ;
1. Ce texte est en grande partie inspiré des données de I. Kerouanton qui a parfaitement
contextualisé les interventions archéologiques de la mise à 2x2 voies de la RN141 dans les
différents rapports de diagnosctic et de fouille qu’elle a dirigés dans le secteur.
II. Résultats
B
C
F 4 A
DAO I. Kerouanton, Inrap ; BDCARTO® IGN ; Caviar, Inrap 2025).
E 1 2 3 6
5 7
D
G
N
Diagnostics RN 141
Fouilles RN 141
Autres diagnostics
Diagnostics : A- « déviation de Chabanais », 17/08 au 08/10/2009 (Poirier et al., 2009) ; B- Roumazières-Loubert et Nieuil, 20/11 au 15/12/2017 (Brunie, 2018) ; C- Exideuil, La Péruse, Roumazières-Loubert et Suris, 14/05 au 26/07/2018 (Moutarde et al., 2019) ;
D- Chabanais, Exideuil et Suris, 01/10 au 14/11/2018 (Brunie et al., 2019) ; E- Suaux, 19/05 au 27/06/2025 (Hanry, le présent rapport) ; F- Suaux et Nieuil, 23/06 au 22/07/2025 et 15/09 au 24/09/2025 (Kerouanton 2025) ; G- Suaux, Lussac et Chasseneuil-sur-
Bonnieure, à réaliser.
Fouilles : 1- Terres-de-Haute-Charente (Suris), Le Quérois, 2021 (Bouchet, Veau et al. 2023) ; 2- Terres-de-Haute-Charente (Suris), Les Pièces, 2019 (Poirier et al., 2025) ; 3- Terres-de-Haute-Charente (La Péruse), Tras-le-Bos, 2020 (Bâty, en cours) ; 4- Terres-de-Haute-
Charente (La Péruse), Les Salices, 2020 (Recchia-Quiniou dir., 2023) ; 5- Exideuil-sur-Vienne, Les Renfermes, 2019 (Guillin, en cours) ; 6- Exideuil-sur-Vienne, Les Renfermes, Maison-Neuve, Grand Pré, 2020-2021 (Kerouanton et al., 2025) ; 7- Exideuil-sur-Vienne,
Figure 5 Les opérations archéologiques réalisées à l’occasion du projet de mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Étagnac et Chasseneuil-sur-Bonnieure (SIG et
Perdrix, 2019 (Scuiller et al., 2025).
33
34 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
- la phase 3 (fig.5), sur les communes de Suaux et Nieuil, sur une surface
prescrite de 205 000 m² (surface réelle 237 728 m²). Elle a été réalisée en
deux temps, entre le 23 juin et le 24 septembre 2025, sous la direction de
I. Kerantouan.
1. 2. Contexte géomorphologique et géoarchéologique
Le secteur étudié appartient au contexte géomorphologique des plateaux
de la Charente limousine, transition entre les reliefs cristallins du Massif
central et les terrains sédimentaires du Bassin aquitain. Les travaux menés
lors de la phase 3 (Kerouanton 2025) ainsi que l’étude géoarchéologique
et géomorphologique associée à la présente opération (G. Dandurand, cf.
infra) permettent de préciser l’organisation des formations superficielles et
les conditions de conservation des vestiges.
« Le diagnostic de la phase 2 de la mise à 2x2 voies de la RN 141 entre
Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières est implanté sur les plateaux
occidentaux de la Charente limousine et du Confolentais. Situé en zone
de contact entre les domaines métamorphiques et granitiques du Massif
central (socle cristallin) et les terrains sédimentaires de la marge nord-est du
Bassin aquitain (Bambier et al., 1983 ; fig. 6), ces plateaux sont incisés par
des vallées étroites et peu encaissées, qui se raccordent, plus à l’ouest, à la
vallée de la Tardoire. L’emprise du diagnostic est placée entre les vallées de
la Bonnieure, au sud, et du Son-Sonnette, au nord. Des petits écoulements,
aujourd’hui intermittents, traversent le tracé pour rejoindre le Son-Sonnette,
créant ainsi un léger relief (fig. 7). » (I. Kerouanton, 2025).
« De leur appartenance au Bassin aquitain, la Charente limousine possède
une structure et un relief de bassin sédimentaire. Les strates à structure
monoclinale présentent un très léger pendage général vers le sud-ouest,
responsable de l’âge décroissant des affleurements dans la même direction.
Ainsi, reposant en discordance directement sur les terrains métamorphiques
et primaires de la marge occidentale du Massif central, les terrains
jurassiques affleurent dans la moitié nord du département de la Charente.
Ces couches correspondent aux différentes formations du Lias jusqu’au
Kimméridgien sans discontinuité, et représentent plus de 100 millions
d’années d’accumulation de dépôts marins. On distingue dans le détail une
série de bandes d'affleurements dolomitiques, calcaires et marno-calcaires,
orientées nord-ouest/sud-est, qui se succèdent en direction du sud-ouest.
Enfin, en discordance sur l’ensemble de ces termes jurassiques, une
couverture d’épaisseur très variable de sédiments détritiques meubles s’est
accumulée au cours du Cénozoïque. En effet, au début du Tertiaire, la mer
se retire progressivement de la région, et au cours de l’Éocène jusqu’au Plio-
Quaternaire, d’importants épandages sablo-argileux à faciès continentaux
(galets et graviers de quartz) viennent se déposer et se surimposer aux
dépôts marins jurassiques mis à nu. Ces dépôts sont le produit de l’érosion
des arènes granitiques couvrant le Massif central. Pendant environ 40
millions d’années, ils ont fini par combler le centre du bassin. Cette
couverture a joué, quant à elle, un rôle important dans la karstification.
En effet, bien qu’elle ait été en grande partie érodée par l’incision des cours
d’eau durant le Pléistocène, elle devait s’étendre sur un espace beaucoup
plus vaste qu’elle n’occupe actuellement. L’épaisseur importante, parfois
supérieure à 15 m, de cette couverture qui concerne le secteur diagnostiqué,
montre qu’elle a dû constituer des impluviums relativement importants,
permettant la concentration des eaux en amont et des écoulements vers
des pertes, et dans le même temps elle a aussi favorisé le maintien de la
crypto-corrosion au contact des formations carbonatées sous-jacentes. Cette
couverture meuble a pu contribuer ainsi directement à la formation de
dépressions karstiques de taille très variable, en jouant le rôle de compresse
II. Résultats 35
contact avec le Bassin
aquitain
N
socle cristallin du
Massif central
phase 3
phase 2
phase 1
la Bonnieure
RCIII-IV(1) : Argile sableuse rouge à silex plus ou moins colluvionnée ζ1-2 : Gneiss plagioclasiques à biotite
Légende et argiles marbrées à pisolithes de fer
j2-j3 : Dolomie et calcaires bioclastiques du Bajo-Bathonien η1-2 : Diorites quartziques
l1 : Grès, arkoses, sables, argiles et marnes γ3M Massif de Chirac : Granite à biotite
Figure 6 Bloc 3D montrant le contexte géologique et géomorphologique de l’opération de diagnostic à partir de la BDAlti® RGE 5m, de la carte IGN au 1/50 000
et de la carte du BRGM au 1/50 000 (SIG et DAO : G. Dandurand, Inrap).
humide qui entretient la crypto-corrosion au contact des calcaires plus ou
moins altérés. » (Dandurand G.)
Dans la notice de la carte géologique au 1/50 000 de la feuille de
La Rochefoucauld, les « formations en recouvrement des plateaux
apparaissent comme des sédiments peu consolidés argilo-détritiques
d’épaisseur variable souvent à l’origine de colluvions de pente » (Bambier
et al., 1983). Notées RCIII-IV, ces altérites sablo-argileuses colluvionnées
(Acoll des logs) apparaissent très haut, recouvertes par une très faible
épaisseur de colluvions de pentes superficielles. Ces colluvions sont souvent
peu épaisses, même dans les zones incisées par les cours d’eau intermittents.
À la faveur de quelques points de soutirage (dolines), une dilatation
plus conséquente de la séquence sédimentaire a été observée. Dans ces
dépressions, sont souvent conservées les informations sédimentaires et
paléoenvironnementales les plus riches, et le potentiel archéologique y
36 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 7 Localisation du diagnostic à Suaux, RN 141 (phase 2) sur la carte géologique 1/50 000 (données vectorielles harmonisées © BRGM ; BDTOPO® IGN ;
cartographie SIG : B. Moutarde et I. Kerouanton, Inrap ; RGF Lambert93)
II. Résultats 37
est fréquemment plus important. Bien que le toit des calcaires n’ait pas été
atteint lors du sondage de la doline du Locus 5, la présence d’un entonnoir de
soutirage de plusieurs mètres de diamètre, colmaté par des colluvions holocènes
et pléistocènes, indique la proximité du substrat carbonaté. Seules les colluvions
anciennes 4coll, recoupées dans la doline uniquement, sont susceptibles de
contenir des vestiges de l’Épipaléolithique, voire du Paléolithique supérieur,
probablement en position secondaire. Dans cette doline et ponctuellement à la
faveur de petites dépressions, des paléosols pédologiques (3coll / coll-P) ont pu
être observés. Ces niveaux, potentiellement actifs durant une longue période,
constituent des horizons à rechercher prioritairement car ils peuvent avoir
supporté plusieurs phases d’occupation.
1. 3. Contexte archéologique et historique
La connaissance de l’occupation ancienne dans ce secteur de Charente limousine
a été profondément renouvelée par les opérations d’archéologie préventive
menées ces dix dernières années dans le cadre de l’aménagement de la RN
141. Ces recherches montrent que le territoire connaît une fréquentation
régulière depuis le Néolithique, malgré des contextes sédimentaires souvent peu
favorables à la conservation et à la détection des sites (fig. 8).
Dans cette dynamique, l’enrichissement des données acquises lors du
diagnostic de la phase 2 s’inscrit pleinement dans le renouvellement de ces
connaissances, en apportant des éléments nouveaux sur l’organisation, la nature
et la chronologie des occupations conservées dans cette portion des plateaux
charentais.
1. 3. 1. Un contexte archéologique enrichi par les recherches
archéologiques menées sur la RN 141
par I. Kerouanton
« Les diagnostics archéologiques préalables à l’aménagement de la RN 141
entre Chabanais et Nieuil, réalisés entre 2009 et 2019, sont venus largement
étoffer les données tout en mettant en évidence la difficulté de détection des sites
dans ces contextes sédimentaires peu favorables à leur conservation :
– déviation de Chabanais (fig. 5, A), sous la responsabilité de Philippe Poirier,
Inrap, entre le 17 août et le 2 octobre 2009 (Poirier et al., 2009), sur une surface
prescrite de 125 ha ;
– mise à 2x2 voies RN 141 Phase 1 (fig. 5, B), sous la responsabilité de David
Brunie, Inrap, entre le 20 novembre et le 15 décembre 2017, sur une surface
prescrite de 29 ha (Brunie, 2018) ;
– mise à 2x2 voies RN 141 Phase 2 (fig. 5, C), sous la responsabilité de Bénédicte
Moutarde, Inrap, entre le 14 mai et le 26 juillet 2018, sur une surface prescrite
de 66 ha (Moutarde et al., 2019) ;
– mise à 2x2 voies RN 141 Phase 3 (fig. 5, D), sous la responsabilité de David
Brunie, Inrap, entre le 1er octobre et le 14 novembre 2018, sur une surface
prescrite de 33 ha (Brunie et al., 2019).
Sur la base des résultats de ces diagnostics, sept opérations de fouille ont été
prescrites par le service régional de l’archéologie :
- au Quérois, à Suris / Terres-de-Haute-Charente (fig. 5, no 1 ; fig. 8, no 81), la fouille,
réalisée entre le 7 décembre 2020 et le 19 février 2021 sur un peu plus de 2 ha
sous la responsabilité d’Édouard Veau puis Marion Bouchet (Éveha), a permis
de mettre au jour plusieurs occupations : quelques fosses très arasées du Bronze
ancien, un petit établissement rural de la fin du second âge du Fer, réseau de
fossés parallèles antiques, incinération en urne (Bouchet, Veau et al., 2023) ;
- aux Pièces, à Suris / Terres-de-Haute-Charente (fig. 5, no 2 ; fig. 8, no 80), la
fouille, réalisée entre le 16 octobre et le 29 novembre 2019 sur 6 800 m² sous
la responsabilité de Philippe Poirier (Inrap), a permis de confirmer la présence
d’une mare antique (Poirier et al., 2025) ;
38 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Saint-Maurice-
88 des-Lions
61
71
87
62
68
70 67
72 Nieuil
89 69 35 29
54
53 La Péruse 26
27 24
65 47 34
64 40 31 2
45 41
60 25 1
52 49 50 37
80 33 3
28 38 36 4
44 81 48
76 Chabanais
79 86 73
19
21 17 77 ind. 74
22 voie
43 Saint-Quentin-
20 42
16 sur-Charente
75
6 ind.
5 84 23 ie
15 vo
Chasseneuil- 59
sur-Bonnieure 58
85
N
RN 141
Emprise du diagnostic
Chabanais : 1- localisation inconnue ; 2- les Chassats ; 3 et 4- les Fourches. Chasseneuil-sur-Bonnieure : 5- Goursac ; 6- la Folie ; 15- le chemin des Treilles ; 16- le Quéroy ; 17- les
Borderies ; 19- les Sablons ; 20- Métairie Neuve ; 21 et 22- Métry. 23- Cherves-Châtelars, Châtelars. 24- Étagnac, Puylavaud. Exideuil (Exideuil-sur-Vienne) : 25- Bel Air ; 26- Chapelle
Saint-Éloi ; 27- château de la Chétardie ; 28- Clos de Lage ; 29- église Saint-André ; 31, 33 et 34- Grand Pré ; 35- jardins de l’ancien presbytère ; 36- les Brousses ; 37- les Cimes ; 38 et
40- les Renfermes ; 41- Perdrix. Genouillac (Terres-de-Haute-Charente) : 42 et 43- Fayards ; 44- prieuré-cure Saint-Martial. La Péruse (Terres-de-Haute-Charente) : 45- cimetière ; 47- église
Saint-Pierre-ès-Liens ; 48- la Châtre ; 49- le Clos des Bœufs ; 50- les Salices. 52- Lussac, église Saint-Barthélémy. Nieuil : 53- Champlaurier ; 54- château de Nieuil ; 89- église Saint-Vivien.
Pressignac : 58- la Guierce ; 59- tumulus du Bonethève. Roumazières-Loubert (Terres-de-Haute-Charente) : 60- Bougnas ; 61- Chantrezac ; 62- Château de Cambes ; 64- château de Peyras
; 65- église Saint-Christophe ; 67- la Juricie ; 68- Laplaud ; 69- le Bois d’Étienne ; 70- le Petit Madieu ; 71- motte castrale de Loubert. 72- Saint-Claud, Champlaurier. Saint-Quentin-sur-Charente
: 73- château de Pressac ; 74- la Barrière ; 75- la Croix du Parc. Suaux : 76- église Saint-Cybard, château et localisation imprécise (« sous un chiron ») ; 77- chez Michaud / Brassac. Suris
(Terres-de-Haute-Charente) : 79- Béraudet ; 80- Prés de Boucherant, les Pièces ; 81- Quérois. 84- Vitrac-Saint-Vincent, chez Fauquet. Voies : 85- hypothèse sud de la via Agrippa ; 86- voie
Chassenon-Aulnay ; 87- voie Charroux-Périgueux ; 88- voie Limoges-Saintes.
Figure 8 Contexte archéologique à proximité de la mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chabanais et Chasseneuil-sur-Bonnieure.
- au Clos des Bœufs, Tras le Bos, à La Péruse / Terres-de-Haute-Charente
(fig. 5, no 3 ; fig. 8, no 49), la fouille, réalisée entre le 30 septembre 2019 et le
6 mars 2020 sur un peu plus de 1 ha sous la responsabilité de Pierre Bâty
(Inrap), a permis de préciser la nature et la datation d’une occupation
médiévale (Bâty, en cours) ;
- à Pranzac et Salices, à La Péruse / Terres-de-Haute-Charente (fig. 5, no 4 ;
fig. 8, no 50), la fouille, réalisée entre le 7 décembre 2020 et le 26 février 2021
sur un peu plus de 2 ha sous la responsabilité de Johanna Recchia-Quiniou
(Paléotime et Eveha), a permis l’étude d’occupations néolithiques (dont une
enceinte du Néolithique récent), de la fin de l’âge du Bronze, du premier âge
II. Résultats 39
du Fer, du second âge du Fer (trois enclos circulaires) et plusieurs structures
fossoyées des Ier-IIIe siècles apr. J.-C. (Recchia-Quiniou et al., 2023) ;
- aux Renfermes, à Exideuil / Exideuil-sur-Vienne (fig. 5, no 5 ; fig. 8, no 40), la
fouille réalisée entre le 24 août et le 20 novembre 2020 sur un peu plus de
1 ha sous la responsabilité de Sylvain Guillin (Inrap), a permis l’étude d’un
site médiéval à potentiel souterrain et de nombreuses fosses profondes du
Mésolithique ou du Néolithique (Guillin, en cours) ;
- les principaux apports de la fouille réalisée entre le 24 novembre 2020 et
le 27 août 2021 sur un peu plus de 6 ha sous la responsabilité d’Isabelle
Kerouanton (Inrap), à Maison-Neuve, les Renfermes et Grand Pré, à
Exideuil / Exideuil-sur-Vienne (fig. 5, no 6 ; fig. 8, nos 31, 33, 34 et 40), concernent
essentiellement le Mésolithique, le Néolithique final et le premier âge du
Fer, mais des vestiges plus récents (second âge du Fer, Antiquité, Moyen
Âge) sont également attestés. La fouille a également permis la mise au jour
et l’étude de 37 fosses profondes (Kerouanton et al., 2025) ;
- à Perdrix, à Exideuil / Exideuil-sur-Vienne (fig. 5, no 7 ; fig. 8, no 41), la fouille,
réalisée entre le 31 août et le 20 novembre 2020 sous la responsabilité
de Christian Scuiller (Inrap), a permis l’étude d’une occupation rurale
médiévale des Xe-XVe siècles (Scuiller et al., 2025). »
1. 3. 2. Diagnostic de la phase 2 de la mise à 2x2 voies de la RN 141
entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Comme indiqué dans l’arrêté de prescription du diagnostic, la commune
de Suaux apparaît faiblement documentée dans la Carte archéologique
nationale (fig. 9). Parmi les quatre entités recensées, trois correspondent à des
monuments de la fin du Moyen Âge ou de l’époque moderne (le château et
l’église du bourg de Suaux, le logis de Brassac). La seule occupation antique
référencée est la villa gallo-romaine de Brassac (EA 16 375 0002), située
dans le sud de la commune, qui a fait l’objet de fouilles programmées dans
les années 1980.
« La plus ancienne occupation reconnue dans un rayon d’environ
5 km autour de notre diagnostic se trouve à Métry, sur la commune de
Chasseneuil-sur-Bonnieure (fig. 8, no 21). Près d’une fosse circulaire, une
centaine de tessons campaniformes avaient été recueillis à l’occasion du
diagnostic préalable à la déviation de la RD 951 (Marembert, 2002).
Pour les âges des métaux, dans ce même rayon de 5 km, notons :
- des fosses très arasées du Bronze ancien et un petit établissement ouvert du
second âge du Fer au Quérois à Suris / Terres-de-Haute-Charente (voir supra ;
fig. 8, no 81) ;
- à Suaux, « sous un chiron » (à savoir un « tas de pierres abandonné dans
un champ », d’après le Dictionnaire du patois saintongeais dressé par
P. Jônain en 1869), une hache à talon de la fin du Bronze moyen (Gomez de
Soto, 1980, p. 44, 96 et no 5 ; fig. 8, no 76) ;
- une occupation du Bronze final III aux Fayards, sur la commune de
Genouillac / Terres-de-Haute-Charente, avec un exceptionnel mobilier
céramique (Curé et al., 2023 ; fig. 8, no 43) ;
- au chemin des Treilles, à Chasseneuil-sur-Bonnieure, une occupation du
Bronze ancien et une fosse du premier âge du Fer (Vacher et Maitay, 2018 ;
fig. 8, no 15) ;
- aux Borderies (fig. 8, no 17) et à Métairie Neuve (fig. 8, no 20), à Chasseneuil-
sur-Bonnieure, quelques structures et mobiliers de l’âge du Bronze ou du
premier âge du Fer (Marembert, 2002 et 2006) ;
- à la Folie, toujours à Chasseneuil-sur-Bonnieure, un enclos quadrangulaire
du second âge du Fer (Bonnissent et al., 1999 ; Nibodeau, 2006 ; fig. 8, no 6) ;
- et chez Fauquet, à Vitrac-Saint-Vincent, un site fortifié (enceinte
quadrangulaire de 100 m de côtés) possiblement du second âge du Fer
(Michon, 1844, p. 151 ; fig. 8, no 84).
40 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 9 Carte des entités archéologiques par période (Base Patriarche, SRA Nouvelle-Aquitaine site de Poitiers ; Caviar, Inrap 2025 ; cartographie SIG et DAO :
B. Moutarde)
II. Résultats 41
À l’époque de la Guerre des Gaules, le territoire est rattaché, avec le
Confolentais, à la civitas d’Augustoritum (Limoges). Placé sur la voie de
Limoges à Saintes, le site de Cassinomagus est reconnu sur la commune de
Chassenon, à un peu plus de 17 km à l’est de notre diagnostic. Le tracé de
la voie Saintes-Limoges, construite au Ier siècle sur les directives de Marcus
Vipsanius Agrippa, n’est pas assuré et deux hypothèses semblent prévaloir :
une passant au nord de Roumazières, l’autre au sud de Saint-Quentin-sur-
Charente (fig. 8, no 85). Le tracé de la voie Chassenon-Aulnay (fig. 8, no 86), bien
que tout aussi mal établi, pourrait passer à proximité immédiate du site de
Béraudet, à Suris / Terres-de-Haute-Charente (fig. 8, no 79), où « un important
site à tegulae, avec des substructions et des fragments de marbre » aurait été
identifié, avec, à proximité un « emplacement demi-circulaire […] interprété
comme les vestiges d’un théâtre » (Vernou, 1993 ; de La Bastide, 1921,
p. 73-74). En place de théâtre, peut-il faut-il y voir, comme suggéré dans la
Carte archéologique de la Gaule, une mansio ou une mutatio à un carrefour
de routes. La mare antique des Pièces, fouillée en 2019, se place un peu plus
au nord (voir supra ; fig. 8, no 80 ; Poirier et al., 2025), ainsi que le site du
Quérois, fouillé en 2020 / 2021 (voir supra ; fig. 8, no 81 ; Bouchet, Veau et
al., 2023). Les diagnostics de la RN 141 avaient également permis de mettre
au jour à Bougnas, sur la commune de Roumazières-Loubert / Terres-de-
Haute-Charente, un petit bâtiment de 5 m de côtés (fig. 8, no 60 ; Moutarde et
al., 2019, site 1). Dans le bourg de Roumazières, l’église Saint-Christophe
serait construite sur un aqueduc gallo-romain (fig. 8, no 65). Enfin, à Brassac
/ Chez Michaud, sur la commune de Suaux (fig. 8, no 77), une villa antique a
fait l’objet de fouilles programmées dans les années 1960 à 1990, sous la
direction de M. Sauzet, M. Parisis, puis J. Dugast et L. de Féraudy (Vernou,
1993).
À l’exception des édifices civils (château de Nieuil, fig. 8, no 54 ; château de
Peyras à Roumazières / Terres-de-Haute-Charente, fig. 8, no 64) ou religieux
(ancien prieuré du Châtelars, à Cherves-Châtelars, fig. 8, no 23 ; église Saint-
Barthélémy de Lussac, fig. 8, no 52 ; église Saint-Christophe de Roumazières,
fig. 8, no 65 ; prieuré-cure de Saint-Martial à Genouillac, fig. 8, no 44), ou des
sites mis au jour lors des diagnostics et fouilles de la RN 141, la période
médiévale est bien mal documentée dans ce secteur géographique. Sont
toutefois enregistrées dans la Carte archéologique nationale plusieurs
mottes castrales à Goursac, Métry et le Quéroy, sur la commune de
Chasseneuil-sur-Bonnieure (fig. 8, nos 5, 16 et 22) ainsi qu’à Loubert, sur la
commune de Roumazières-Loubert / Terres-de-Haute-Charente (fig. 8,
no 71). L’occupation médiévale de ce secteur est également confirmée sur le
site de la Folie (fig. 8, no 6), ainsi qu’aux Fayards, à Genouillac (fig. 8, no 43),
où un établissement rural médiéval, avec bâtiments, zone d’ensilage et
souterrain(s) a été récemment mis au jour (Kerouanton et al., 2023) et
fouillé (fouille Hadès).
Le territoire était rattaché aux Lemovices, puis à la cité de Limoges,
avant de l’être, au Moyen Âge, au diocèse de Limoges. Ce n’est qu’à la
Révolution, avec la création des départements, que l’actuelle Charente
limousine rejoint le département de la Charente.
À la fin du XIXe siècle, la construction d’une nouvelle voie ferrée et de la
RN 141 sur la commune de Roumazières-Loubert entraîne la découverte
de nombreux gisements d’argile téguline, dont les propriétés réfractaires
sont remarquées par un industriel travaillant sur la voie ferrée, Eugène
Polakowski. Très rapidement, plusieurs tuileries briqueteries voient le
jour et remplacent les ateliers artisanaux et familiaux. La première tuilerie
mécanisée de Roumazières est celle créée en 1875 par Victor Adolphe
Simon, fabricant de tuiles et de chaux, qui, en 1884, s’associe avec Eugène
Polakowski. L’une des tuileries de Roumazières avait la particularité d’avoir
été fondée, en 1907, sous la forme d’une société coopérative, à l’initiative
de l’abbé Marcelin. Les autres, dont celle de Fontafie sur la commune
42 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
de Genouillac, étaient à l’origine des entreprises familiales. Par le jeu de
regroupements successifs, deux de ces sociétés qui appartiennent désormais
aux groupes Terreal et Monier, poursuivent la fabrication de tuiles et autres
produits céramiques à Roumazières.
Par ailleurs, une usine de chaux, constituée d’un four à chaux double, est
construite dans la seconde moitié du XIXe siècle aux Sablons à Chasseneuil-
sur-Bonnieure (fig. 8, no 19 ; © Région Poitou-Charentes, Inventaire du
patrimoine culturel), et une ancienne forge est établie dès le XVIIe siècle
à Champlaurier à cheval sur les communes de Nieuil et de Saint-Claud
(fig. 8, nos 53 et 72). Le haut-fourneau de Champlaurier, construit dès le
XVIIe siècle est resté en fonction jusqu’à la fin du XIXe siècle mais la forge
continue à fonctionner jusqu’au début des années 1930 (Pinard, 1984 ;
© Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel).
Quant au four à chaux, encore visible jusque dans les années 1980, il a
aujourd’hui totalement disparu du paysage. » (I. Kerouanton).
II. Résultats 43
2. Stratégie et méthodes mises en œuvre
2. 1. Implantation et stratégie d’ouverture
Les tranchées ont été implantées en tenant compte des contraintes
topographiques (ruptures de pente, replats, axes de circulation fossiles),
environnementales (zones d’évitement et secteurs humides) ainsi que des
zones sensibles identifiées par l’étude géophysique. L’objectif était double :
documenter les zones d’altérites ferrugineuses potentiellement exploitées et
rechercher d’éventuels marqueurs d’occupation. L’emprise de la phase 2,
entièrement clôturés par l’aménageur, présentait peu de contraintes majeures,
hormis une « passe » pour le bétail, plusieurs zones humides à forte sensibilité
environnementale et une ligne électrique aérienne à haute tension. Le
diagnostic a débuté le 19 mai dans la partie occidentale du tracé (au sud de la
route de Lageon) et s’est poursuivi jusqu’à la jonction avec la phase 1 (fig. 10).
Figure 10 Vue de l’extrémité occidentale du diagnostic de la phase 2 (cliché A. Hanry, Inrap)
Les principales contraintes rencontrées furent les suivantes
• au sud de la route de Lageon : une « passe » pour les animaux d’élevage et
une zone fraîchement dessouchée le long de la route ;
• au nord de cette route : un fossé de drainage actif (zone humide OH5, non
franchissable) et la présence d’une ligne HTA aérienne ; un transfert d’engin a
donc été nécessaire vers le nord, à proximité de la RD 365 ;
• au nord de la RD 365 jusqu’à la RD 60 : deux chemins agricoles en usage,
laissés intacts, et de nombreux chablis encore lisibles dans la stratigraphie des
secteurs anciennement boisés ;
• au nord de la RD 60 jusqu’à la jonction avec la phase 3 : un nouveau
transfert d’engin et l’évitement de deux chemins agricoles.
Le maillage adopté, constitué majoritairement de tranchées continues, a
permis de couvrir les 18,9 ha de l’emprise, pour un taux d’ouverture de 9,11
%, conformément aux prescriptions. Au total, 68 tranchées ont été réalisées,
pour une superficie cumulée de 17 220 m².
2. 2. Techniques de décapage et d’enregistrement des
données
Le décapage mécanique a été effectué à l’aide d’une pelle hydraulique de
20 t équipée d’un godet lisse, sous surveillance constante d’un archéologue.
44 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Les tranchées, larges de 2 à 2,4 m, ont été rebouchées sommairement
sans compactage. Deux équipes d’archéologues ont travaillé de concert
pour l’ouverture et le rebouchage des tranchées. Les niveaux ont été
retirés mécaniquement jusqu’à l’apparition des structures archéologiques,
puis repris manuellement pour la fouille fine. Des sondages mécaniques
ponctuels ont également été opérés afin d’approfondir nos investigations.
Chaque structure a fait l’objet d’un relevé planimétrique (topographique et,
pour les ensembles complexes, photogrammétrique), d’un enregistrement
normalisé et, lorsque pertinent, d’une coupe stratigraphique et/ou de
photographies détaillées.
Les tranchées ont été enregistrées en continue (Tr.1 à Tr.42 pour l’une des
équipes et Tr.101 à 126 pour l’autre : cf. annexe 1). Les photographies
de terrain sont inventoriées et placées en annexe (cf. annexe 2). Au total,
soixante structures archéologiques (noté F pour Fait archéologique) ont été
reconnues dans les tranchées de ce diagnostic : F1 à F44, F101-01 à F101-
101-10, F1115-01 à F115-08, F123-01 à F123-03 et F124-01 (cf. annexe
3). L’inventaire général du mobilier archéologique et des archives figure en
annexe (respectivement annexe 4 et annexe 5).
2. 3. Gestion des mobiliers et échantillonnage
Les mobiliers archéologiques (silex, blocs exogènes, céramiques, terres
cuites architecturales, scories, parois de four et minerai) ont été prélevés
par structure (Fait) et/ou par unité stratigraphique (US), puis conditionnés
et inventoriés selon le protocole du SRA Nouvelle-Aquitaine. Un
échantillonnage ciblé a été réalisé pour les scories, en vue de l’étude
paléométallurgique et pour les charbons de bois, dont certains ont servi aux
datations radiocarbones.
2. 4. Collaboration pluridisciplinaire
L’opération a reposé sur une collaboration étroite entre :
- l’équipe de terrain : responsable d’opération, responsable de secteur,
deux techniciens, topographes, géoarchéologue, assistante de prévention et
chauffeurs d’engin (Eiffage) ;
- l’équipe de spécialistes mobilisée lors de la phase d’étude : géoarchéologue,
céramologues, lithicienne, paléométallurgiste, sigiste/DAOiste, DAOiste/
PAOiste ;
- l’équipe de suivie scientifique et technique de l’Inrap (DAST, DsDAST, AT,
chargée de collection, CSP…;
- l’équipe de suivie scientifique du SRA de Nouvelle Aquitaine, site de
Poitiers : agent prescripteur en charge du dossier ;
- l’équipe de suivi technique de la DREAL Nouvelle-Aquitaine.
Cette interdisciplinarité était indispensable compte tenu de la complexité
des vestiges, notamment métallurgiques, et de la nécessité d’interpréter
conjointement les dynamiques naturelles et anthropiques observées sur
l’ensemble du tracé.
II. Résultats 45
3. Description archéologique
Six zones ont livré des vestiges anthropiques ou géologiques : Locus 1 à
6 (fig. 11). Parmi ces secteurs, cinq correspondent à des concentrations de
structures datant de la Protohistoire à l’époque médiévale (Locus 1 à 4
et Locus 6) et une a été identifiée comme une doline ne renfermant pas
d’occupation anthropique (Locus 5).
3. 1. Locus 1 et 2, au sud de la route de Lageon : Feviat de
Nieul (fig. 12)
Dans le secteur le plus occidental du tracé, sept tranchées de diagnostic ont
été mises en œuvre (Tr.1 à 7). La topographie du secteur, assez plane et en
légère pente vers l’ouest (fig. 13), a permis de réaliser des tranchées linéaires
de grandes longueurs (TR.1, 2, 4 et 5) et des tranchées exploratrices
complémentaires (Tr.3, 6 et 7). Chacun des sondages ayant donné lieu
à l’observation de sa séquence sédimentaire (log stratigraphique), nous
avons pris le parti de ne présenter que les Logs représentatifs des contextes
archéologiquement positifs ou géologiquement significatifs. Deux secteurs
ont livré des vestiges archéologiques : le Locus 1, d’époque antique et le
Locus 2 protohistorique.
3. 1. 1. Le Locus 1 : un petit enclos fossoyé gallo-romain (F2 à F5 ; Tr.5,
Tr.6 et Tr.7)
À l’extrême ouest de l’emprise du diagnostic, un petit ensemble de
structures (F2 à F5) a été mis au jour à faible profondeur dans les
tranchées Tr.5 à 7 (fig. 14). Dans ce secteur, la séquence sédimentaire,
relevée au niveau de la tranchée Tr.4, montre la présence de quatre niveaux
sédimentaires (fig. 15) :
•TV : un horizon de labours, composé de limons gris pulvérulents ;
•C1 - Colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers
et granules de quartz anguleux ;
•C2 - Colluvions 2 ou interface colluvions/tertiaire : limons argileux ou
argiles à silex colluvionnées ;
•C3 - Acoll : altérites sablo-argileuses colluvionnées ;
Les quatre structures archéologiques du Locus 1, d’une surface d’environ
470 m², apparaissent toutes, entre 0,30 et 0,45 m de profondeur, sous la
couche C2 qui arase les structures en creux. Sur une surface d’environ
140 m², cinq sections de fossé marquent les limites nord, est et ouest d’une
unité agraire gallo-romaine (Locus 1, Tr.5 à Tr.7 : fig. 16a).
Le fossé le plus septentrional, F2 se présente sous la forme d’une structure
en creux linéaire d’orientation nord-est/sud-ouest, de 10,25 m de long
pour une largeur de 0,5 à 0,8 m (fig. 17). Elle renferme un comblement
limoneux brun avec des inclusions de graviers et gravillons de quartz, des
nodules de charbons de bois et de terre cuite et des fragments de TCA (terre
cuite architecturale). Au niveau de ses extrémités, la structure fossoyée F2
présente deux retours vers le sud-est. Au sud, le fossé n’a été observé que
sur quelques centimètres de long, se prolongeant au-delà des limites du
sondage (F2b) tandis qu’au nord, la structure fossoyée en retour a été
46 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
6
Locus
5
4
Locus
2
1
Figure 11 Répartition des Locus d’occupation sur l’emprise du diagnostic de la phase 2 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 47
Figure 12 Localisation des structures et des Logs au sud de la route de Lageon à Suaux (Locus 1 et 2 ; cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
48 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 13 Vue de la tranchée Tr.2 dans le Locus 1 (cliché A. Hanry, Inrap)
Figure 14 Vue des structures F2 et F3 au décapage dans la tranchée Tr.5 (cliché A. Hanry, Inrap)
II. Résultats 49
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 181.52 m NGF
TV
terre végétale et labours (horizon A) : limons gris pulvérulents
0,10
colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et
C1
granules de quartz anguleux
0,30
colluvions 2 ou interface colluvions/tertiaire : limons argileux ou argiles
C2
à silex colluvionnées
0,40
A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées
C3
0,75
Figure 15 Tranchée 4 : Log stratigraphique (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap) )
SO NE
TV
C1
180.21 m NGF C2
F4
C3
0 50 cm
© Inrap - Alexandra Hanry- 2025
Figure 16 Locus 1 : plan général des structures (F2 à F5 ; cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap) ; Coupe stratigraphique du fossé F4 dans Tr.6 (DAO :
D. Brunie et A. Hanry, Inrap)
50 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 17 Vue des fossé F2 et F2b dans la tranchée Tr.5 (cliché A. Hanry, Figure 18 Vue des fossés F3 (dans Tr.5) et F4 (dans Tr.3), au premier plan
Inrap) de la coupe de F4 (cliché A. Hanry, Inrap)
Figure 19 Vue depuis le nord du mobilier archéologique dans le fossé F4 Figure 20 Vue de la structure F5 dans le sondage Tr.7 (cliché A. Hanry,
(cliché A. Hanry, Inrap) Inrap)
dégagée sous la forme de deux tronçons d’un fossé orienté nord-ouest/sud-
est (F3 et F4 : fig. 18). La partie septentrionale de cette structure fossoyée,
de 7 m de long pour une largeur de 0,55 à 0,65 m (F3), se prolonge dans
la tranchée Tr.6. (F4). Ce fossé, d’une largeur de 0,65 m, a été sondé sur la
largeur du godet de la pelle hydraulique. Le remplissage qui est de même
nature sédimentaire que celui des fossés précédemment décrits s’inscrit
dans un creusement à fond plat et parois évasées, conservé sur 0,38 m de
profondeur (fig. 16b : coupe de F4). La fouille de la structure a livré, outre
des fragments de TCA, un petit fragment de scorie (masse brute), un pot
Santrot 250 de tradition aquitaine et un mortier à pâte blanche, deux vases
II. Résultats 51
en usage au Haut-Empire et postérieurs au milieu du Ier siècle de notre
ère (cf. étude M.-C. Arqué, p.108 ; fig. 19). Enfin, dans l’angle sud-est du
Locus 1, une autre structure fossoyée de 1,1 m de long par 0,66 m de large
a été découverte (F5 – Tr.7 : fig. 20). Renfermant le même comblement que
les autres structures en creux du Locus 1, cette possible section de fossé
ou fosse adopte une orientation nord-ouest/sud-est. Cette orientation est
similaire à celle des fossés F3/F4 et F2b, ce qui pourrait indiquer que la
structure F5 participe à enclore l’unité agraire gallo-romaine.
3. 1. 2. Le Locus 2 : une fosse du 1er âge du Fer ? (F1, Tr.2)
À environ 275 m au nord-est du Locus 1 et à proximité de la route de
Lageon, a été repérée une structure en creux protohistorique (F1, TR.2 :
Locus2). La fosse est profondément affectée par des racines, le secteur
étant, en outre, boisé avant notre arrivée (fig. 21). La séquence sédimentaire,
relevée au niveau de la tranchée Tr.2 est la suivante (fig. 22) :
• TV : un horizon de labours, composé de limons gris pulvérulents ;
• C1 - Colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à
graviers et granules de quartz anguleux ;
• C2 - Colluvions 2 : limons argileux brun orangé ;
• C3 - Colluvions 3 : limons argileux mal triés, orangés à roux, avec
nombreux oxydes Fe/Mg ;
• C4 - Acoll : altérites sablo-argileuses colluvionnées, marbrées, lie de vin.
La fosse F1 de plan ovale à piriforme apparaît sous C2 vers 0,45 m de
profondeur. Elle mesure environ 3,5 m de long dans le sens nord-ouest/
sud-est par 1,5 m de large dans l’axe nord-est/sud-ouest (F1 : fig. 23 et fig.24a).
Malgré ces perturbations naturelles, la fouille de la moitié occidentale de
la structure a permis d’observer sa stratigraphie. Dans la partie centrale de
cette fosse, le profil est à fond plat et à bord droit mais il est très difficile
à lire en périphérie car déstructuré par un système racinaire très actif
dans cette zone. (fig.24b : coupe de F1). Sur une épaisseur de 0,55 m, le
remplissage de la fosse est composé de limons sableux gris à jaunes. Il a
livré un ou deux vases d’époque protohistorique. L’étude de la céramique
Figure 23 Vue de la fosse F1 en cours de a mis en évidence que la plupart des fragments appartient à un vase à pâte
fouille dans la tranchée Tr.2 du Locus 2 (cliché grossière mais qu’un très petit artefact semble peut-être en céramique plus
A. Hanry, Inrap) fine. Ces deux éléments pourraient être en lien avec une occupation du
premier âge du Fer, bien qu’une datation plus haute, dans le courant de
l’âge du Bronze, ne puisse être écartée.
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 181.50 m NGF TV terre végétale et labours (horizon A) : limons gris pulvérulents
0,10
C1 colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et granules de
quartz anguleux
0,25
colluvions 2 : limons argileux brun orangés
C2
0,45
colluvions 3 : limons argileux mal triés, orangés à roux, avec nombreux oxydes Fe/Mg
C3
0,75
C3 A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées, marbrées, lie de vin
1,10
Figure 22 Tranchée Tr.2 : Log stratigraphique (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
52 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Locus 2
Figure 21 Localisation du Locus 2 sur orthophotographie (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 53
NE SO
TV
C1
C2
C3
181.02m NGF
F1
0 50 cm C4
© Inrap - Alexandra Hanry - 2025
Figure 24 Locus 2 : plan de la fosse F1 dans Tr.2 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap) et coupe stratigraphique de la fosse F1 (DAO : A. Hanry, Inrap)
54 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
3. 2. Le Locus 3 : une activité métallurgique protohistorique
et/ou gallo-romaine de part et d’autre de la RD 365 : le Lac
noir et le Cerisier mouillé
À environ 380 m au nord du Locus 2, les investigations archéologiques
ont permis de découvrir un ensemble de structures en lien avec une activité
métallurgique d’époque protohistorique et/ou gallo-romaine (Locus 3 : fig. 25).
Les sondages ont révélé la présence de structures et de zones d’épandage de
scories sur une surface d’environ 1,5 ha de part et d’autre de la RD 65 (fig. 26).
Les tranchées positives sont situées :
- au sud de la RD 65 : sondages Tr.15 et 26
- au nord de la RD 65 : tranchées Tr.28 à 31.
3. 2. 1. Des tranchées d’extraction en lien avec une activité métallurgique
(F6 à F9 et F16 ; Tr.15 et 26)
À l’extrémité sud du Locus 3, les sondages Tr.15 et Tr.26 ont livré des indices
d’une occupation probablement protohistorique en lien avec une activité
métallurgique (fig. 27a). Les cinq structures découvertes au sud de la RD 65, se
répartissent ainsi :
•l es fossés F6 et F7 et les diverticules F8 et F9 dans le sondage Tr.15 ;
• la fosse ou anomalie F16 dans la tranchée Tr.26.
Dans ce secteur, les structures apparaissent toutes vers 0,25 à 0,3 m de
profondeur sous la couche de labours et une couche de colluvions récentes (C1 =
1Coll). La séquence sédimentaire, relevée au niveau de la tranchée Tr.15 montre
la présence de cinq niveaux sédimentaires (fig. 28) :
• TV : un horizon de labours, composé de limons gris pulvérulents ;
• C1 - Colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et
granules de quartz anguleux ;
• C2 - Colluvions 2 : limons argileux brun orangé ;
• C3 - Colluvions 3 ou interface colluvions/tertiaire : limons argileux mal triés,
orangés à roux, avec nombreux cailloutis calcaires ;
• C4 - Acoll : altérites sablo-argileuses colluvionnées, orange, avec des fentes de
dessiccation.
De plus, l’étude géomorphologie et géoarchéologique du contexte
sédimentaire a montré qu’un paléosol (collP) était ponctuellement conservé
dans cette zone sous les colluvions récentes 1Coll (notre C1). Ce paléosol
dont il ne subsiste que les horizons inférieurs est très largement érodé. Formé
par des limons brun-roux présentant les traces d’un système racinaire, ce très
mince niveau est recoupé par la structure fossoyée F6 (cf. fig. 00 infra de G.
Dandurand : relevé stratigraphique à partir de la tranchée Tr15 et fig27b).
Celle-ci appartient à un réseau de tranchées composé de deux fossés
principaux (F6 et F7) et de deux diverticules (F8 et F9 : fig. 29). Observée
sur une longueur de 3,15 m pour une largeur de 0,55 à 0,65 m, la structure
fossoyée F6, qui présente une orientation nord-est/sud-ouest, est conservée
sur une épaisseur maximale de 0,64 m. Dès son apparition, le fossé montre
qu’un grand nombre de déchets liés à une activité de réduction du minerai
de fer ont été remobilisés dans son comblement composé de limons bruns,
grumeleux, hétérogènes et mal triés avec des inclusions de cailloux calcaires
(fig. 30). La fouille manuelle et mécanique de la structure sur une largeur de
godet de 2,2 m a permis la collecte exhaustive des résidus dans cette portion
du fossé (fig. 31): parois de fours, différents types de scories, charbons de
bois et un unique nodule de minerai très probablement issu du processus
de concassage, les nodules naturels observés ailleurs étant de bien plus gros
modules (cf. p.110)
II. Résultats 55
Figure 25 Localisation du Locus 3 (“Lac noir” et “Cerisier mouillé” ; cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
56 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
F. 24
Figure 26 : Localisation des structures du Locus 3 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 57
O E
TV
C1
27.a
CollP CollP
184.03 m NGF C3 F. 6
C3
C4
C4 scorie
calcaire
0 50 cm
© Inrap - Alexandra Hanry - 2025 27.b
Figure 27 : Plan des structures des tranchées Tr.15 et 26 au sud du Locus 3 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap) et coupe stratigraphique du fossé F6
du Locus 3 (relevé et DAO : T. Giraud, Inrap)
58 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 181.50 m NGF TV
terre végétale et labours (horizon A) : limons gris pulvérulents
0,10
C1 colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et granules
0,20
de quartz anguleux
C2
colluvions 2 : limons argileux brun orangés
0,45
colluvions 3 ou interface colluvions/tertiaire : limons argileux mal triés, orangés
C3
à roux, avec nombreux cailloutis calcaires
0,70
C4 A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées, oranges, avec des fentes de
dessiccation
0,88
Figure 28 Log stratigraphique de Tr.15, représentatif de la séquence sédimentaire au sud du Locus 3 (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
Figure 29 Vue générale des structures F6 à F9 dans la tranchée Tr.15 avec Figure 30 Vue du niveau d’apparition du fossé F6 très riche en scories
au premier plan à droite l’extrémité du fossé F7 (cliché A. Hanry, Inrap) (cliché A. Hanry, Inrap)
L’examen des fragments de parois de four a au moins révélé une utilisation
multiple (double) d’une structure de réduction, avec un rechapage bien
visible sur un fragment de parois scorifié. L’étude des 300 fragments de
scories pesant plus de 91,2 kg montrent la coexistence de différents types et
faciès. Malgré la très forte prédominance du type compact interne (84,3 %
de la masse totale du lot), on notera la présence de possibles fragments de
la masse brute de métal ou de sa gangue immédiate (1,6 %), de scories de
types fluides (13,2 %) et d’une scorie mixte (0,7 %). L’étude spécialisée des
déchets permet d’attester la proximité d’un ou plusieurs bas-fourneau avec
usage prédominant de la technique plutôt basée sur le stockage interne de
l’essentiel des scories avec une utilisation à la marge de la technique avec
écoulements externes. Le spécialiste d’en conclure : « Cette association
technique peut donc indiquer une forte filiation avec le système à scories
piégées, et marquer une étape où l’on commence de développer le système
d’écoulements externes ». Enfin, la datation 14C sur charbons de bois
provenant de scories trouvées dans la structure F6 permet de proposer la
présence d’activité métallurgique du second âge du Fer (Age conventionnel :
2270 +/- 30 BP ; datation calibrée : (52.2%) 305 - 206 cal BC (2255 - 2156
Figure 31 Vue du fond du fossé F6 et de sa
cal BP), (43.2%) 396 - 349 cal BC (2346 - 2299 cal BP). La typologie des
coupe (cliché A. Hanry, Inrap)
II. Résultats 59
bas-fourneaux envisagée ne contredit pas cette hypothèse d’attribution
chronoculturelle.
Au sud du fossé F6, se développe une tranchée courbe d’environ 13,5 m de
longueur et 0,7 m de largeur (F7 : fig. 32). À environ 3 m de son extrémité
occidentale se développe une excroissance curviligne d’environ 2 m de long
(F8 : fig. 33) tandis que dans la courbe orientale du fossé F7 se dessine un
diverticule d’axe nord-ouest/sud-est sur environ 1 m de long (F9 : fig. 34). Le
nettoyage de surface de ce dernier a livré un tesson cassé en deux, peut-
être d’époque protohistorique. Le comblement de surface de la tranchée
F7, plus particulièrement au niveau de son extrémité occidentale a livré
des résidus paléométallurgiques variés (scories compactes et fluides, parois
de fours scorifiées…). Parmi eux, de gros fragments de scories internes
dont on peut proposer une estimation de diamètre ont retenu l’attention
du paléométallurgiste, permettant par extrapolation une évaluation du
diamètre interne de la structure de réduction proche dont ils proviennent.
Enfin, concernant les relations entre les différentes entités de ce réseau
de tranchées, elles n’ont pas été explorées afin de ne pas détruire les
Figure 32 Vue du fossé F7 (cliché A. Hanry,
Inrap)
connexions possiblement conservées et potentiellement étudiable lors d’une
Figure 33 Détail du diverticule F8 dans Tr.15 (cliché A. Hanry, Inrap) Figure 34 Vue de l’excroissance F9 dans Tr.15 (cliché A. Hanry, Inrap)
fouille archéologique. Pour finir, il est à noter la présence dans une tranchée
mitoyenne et à une vingtaine de mètres à l’est du fossé F7, d’une structure
en creux de 0,9 m de long par 0,5 m de large et conservée sur 0,17 m de
profondeur (F16 dans Tr.26 ; fig. 35). Cette fosse oblongue, aux limites
irrégulières, renferme un comblement limoneux brun gris avec inclusions
d’oxydes ferro-manganiques, de charbons de bois et de rares gravillons
de quartz. Il peut s’agir d’une anomalie liée à la présence de fouisseurs ou
d’une fosse en lien avec l’activité paléométallurgique mise en évidence dans
le sondage Tr.15. Cette fosse pourrait également correspondre à une aire
Figure 35 Vue du niveau d’apparition de la
fosse F16 dans le sondage Tr.26 (cliché A. de grillage du minerai, étape précédent le concassage, et ne laissant pas
Hanry, Inrap) forcément des stigmates de rubéfaction importante. La présence d’oxydes
ferro-manganiques serait dans ce cas bien cohérente.
L’interprétation possible de cette zone comme lieu d’activité métallurgique
repose donc sur la présence conjointe de résidus paléométallurgiques
et d’un possible réseau de tranchées potentiellement lié à des fonctions
d’extractions (sédiments argileux, minerais... ?). L’extraction en tranchée
large est assez bien connue, comme en Poitou (Saint-Didier 2017, p. 63),
mais le type d’extraction en tranchée plus modeste et de surface n’est pas
très documenté. Les extractions identifiées dans le bassin de productions
du nord de la Sarthe, montre des successions de fosses en chapelet, formant
des tracés irréguliers avec des excroissances fréquentes, ce qui évoque cette
morphologie avec diverticules, sans être totalement identique (Langlois et
al. 2015.).
60 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
3. 2. 2. Les bas-fourneaux de la tranchée Tr.28 (fig. 26)
Située à environ 90 m au nord-ouest du fossé F6 de la tranchée Tr.15, une
structure de combustion en fosse apparaît à 0,3 m de profondeur sous les
colluvions récentes C1/1Coll de la tranchée Tr.28 (F17 ; fig. 36). La séquence
sédimentaire au niveau du Log de la tranchée Tr.28 est la suivante (fig. 37) :
•TV : un horizon de labours, composé de limons gris pulvérulents ;
•C1 - Colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers
et granules de quartz anguleux ;
•C2 - Colluvions 2 : limons argileux brun avec des paquets d’argile et du
cailloutis épars ;
•C3 - Acoll : altérites sablo-argileuses colluvionnées brun jaune.
Les dimensions de cette structure en creux, qui renferme une concentration
d’argile cuite pris dans un sédiment limono-charbonneux (fig.38), sont
au moins de 4,35 m de long par 1,7 m de large mais ses limites dans
l’encaissant colluvionné C2 sont irrégulières. La présence dans le
remplissage et aux abords de F17 (probablement dans 1Coll) de scories et
Figure 36 Vue du niveau d’apparition de la de parois de four permet de supposer qu’il s’agit d’un bas-fourneau. Parmi
structure de combustion F17 dans Tr.28 (partie
les fragments de parois de fours présentant quelques traces de chauffe et
centrale du Locus 3) (cliché A. Hanry, Inrap)
de scorification, un petit élément proposant une petite courbure, d’environ
2,5cm de diamètre, pourrait évoquer l’aménagement d’une tuyère.
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 182.78 m NGF TV
terre végétale et labours (horizon A) : limons gris pulvérulents
0,10
colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et
C1
granules de quartz anguleux
0,28
C2
colluvions 2 : limons argileux brun avec des paquets d’argile et
du cailloutis épars
C3
0,70
0,75 C4 A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées
Figure 37 Tranchée Tr.28 : Log stratigraphique (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
L’absence de scorifications, habituellement très présentes au contact des
tuyères, ne permet pas d’avoir de certitude sur ce point. Un bloc exogène
recouvert d’argile rubéfiée peut correspondre à un élément de paroi de
bas-fourneaux ou avoir servi de bouchon de tuyère. Les quelques résidus
scorifiés retrouvés au nettoyage de ce probable bas-fourneau sont de type
compact interne et de type fluides à faciès coulures isolées. Deux blocs
calcaire d’un module d’environ 0,20 m sont également présents dans la
partie orientale de la structure. Ils ont pu participer à un aménagement du
bas-fourneau ou de la fosse de travail. Ces éléments de remplissage et la
morphologie de la fosse permettent de proposer une affiliation avec un type
de bas-fourneau implanté en fosse avec alandier et aux parois construites
en argile. Après utilisation et destruction de la cheminée, pour récupération
de la masse de métal produit, le rejet de ces parois sur place peut laisser une
II. Résultats 61
Figure 38 Vue de détail des remplissages méridionaux de F17 (cliché A. Hanry, Inrap)
forte densité de nodules d’argile cuite formant des masses difformes en plan
comme dans le cas présent.
Dans la tranchée Tr.28, 56 m au nord-est du probable bas-fourneau
F17 se trouve une structure de même type (F18) qui est creusée dans
les altérites brun jaune et apparaît vers 0,35 m de profondeur sous les
colluvions récentes C1 /1Coll (fig. 39). La fosse oblongue, d’environ 3,8 m
de long par 1,2 m de large est conservée sur 0,25 m d’épaisseur (fig. 40).
Des nodules scorifiés, de type interne (fond de four) ont été observés à la
base du comblement lors de la réalisation du sondage mis en œuvre dans
la partie centrale de F18, ne laissant plus de doute sur la fonction de cette
structure (fig. 41). Ce test a permis la collecte de nodules d’argile cuite qui
ne sont ni scorifiés ni vitrifiés, observation permettant de proposer leur
provenance plutôt du haut de la cuve (cheminée en élévation) que de la cuve
et du creuset où se déroule la réduction. Les différences de couleur de ces
fragments peuvent être liées au gradient de température ayant impacté les
parois à différents niveaux ou indiquer deux types de parois distinctes, donc
potentiellement deux utilisations. Seule la fouille intégrale et l’approche
complète des rejets de son activité permettrait de se prononcer sur l’usage
unique ou multiple de cette structure et sur son affiliation technologique (à
scories piégées ?) ainsi que sa chronologie.
Figure 39 Vue du niveau d’apparition du bas-
fourneau F18 dans Tr.28 (cliché T. Giraud, Inrap)
Figure 41 Vue vers le nord-ouest et en coupe des remplissages du bas-fourneau F18 (cliché T. Giraud,
Inrap)
62 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
26
NE Tr 28 - F 18 SO
181.87 m NGF
SO NE
181.86 m NGF
Terre cuite
0 50 cm
© Inrap - T. Giraud - 2025
(type)
(datation)
Figure 40 plan des structures F17 et F18 dans la tranchée Tr.28 du Locus 3 et coupes stratigraphiques de F18 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, relevé
T. Giraud et DAO : D. Brunie, Inrap)
II. Résultats 63
Pour ces deux probables bas-fourneaux et en l’absence de scories coulée
en plaque, on peut tenter de rapprocher morphologiquement ces structures
d’exemples de types piégées, à usage unique. Des comparaisons sont
possibles avec un site fouillé dans la Vienne, celui de la Basse-Flotte
à Saint-Cyr (Bâti et al. 2012) ou à Milesse dans la Sarthe (Langlois et
al. 2015). D’un point de vue de la période d’utilisation de ces vestiges
paléométallurgiques et en l’absence de mobilier datant, leur morphologie
de surface n’est pas sans rappeler des exemples protohistoriques. Toutefois,
elle ne semble pas non plus totalement incompatible avec des phases
postérieures (antiques ou médiévales), bien que cela soit moins convaincant
en l’état des données et avec l’hypothèse qu’ils relèvent du type piégé
bien moins fréquent à ces périodes. Situés entre le réseau de tranchées
potentiellement liées à l’extraction du minerai de fer F6/F7/F8/F9 et la
zone du bas-fourneau F22, ils ont été intégré au Locus 3 dont l’occupation
semble couvrir la Protohistoire et l’Antiquité.
3. 2. 3. Le bas-fourneau F22 et les aménagements périphériques (F19 à
F22, F25 à F32 ; Tr.29 à 31) cf. fig. 26
À moins de 20 m au nord du probable bas-fourneau F18 se trouve une
concentration de vestiges mise au jour dans les sondages Tr.30 et Tr.31
(fig. 42). Ces aménagements apparaissent systématiquement sous la couche
de colluvions récentes C1/1Coll, vers 0,25 à 0,30 m de profondeur, et
s’installent dans les altérites C3 (fig.37). La tranchée Tr.30 a révélé cinq
structures (F19 à F22 et F25), dont un bas-fourneau. Le four F22 est
matérialisé par une couronne de blocs de grès et gneiss, de 0,35 à 0,40 m de
module, disposés en demi-cercle et inclus dans de l’argile rubéfiée (cuvelage
F22-4 : fig. 43). Ces blocs exogènes, qui peuvent provenir du secteur de
Genouillac (cf. carte géologique), ont sans doute été sélectionnés car plus
résistants à la température que les blocs calcaires locaux. Cet aménagement
semi-circulaire d’une largeur de 0,40 m délimite une cuve interne de 1,25 m
de diamètre, au sein de laquelle semblent conservés les restes de la dernière
charge et utilisation (F22-3 : charbons de bois mêlés de cendres). Cette
couche est scellée par un niveau d’abandon ou de destruction, constitué
d’une fine lentille d’argile rubéfiée pulvérulente (F22-2), dont les niveaux
supérieurs ont été tronqués par les travaux agricoles. À l’interface entre
C1Coll et ce niveau apparaît un niveau limoneux centimétrique, brun,
interprété comme un remblai ou niveau de transition colluvions/structure
(F22-1). La morphologie semi-circulaire à couronne de blocs est bien
connue dans l’Yonne (site des Clérimois, Dunikowski, Cabboi 1995), à
Massay dans le Cher (site du Bois-Messire Jacques, Beyrie 2022), dans
l’Aude (site des Martyrs, Domergue 2016) ou à Champigneulles en Meuthe-
Figure 43 Vue de détail du bas-fourneau F22
et-Moselle (site de Bellefontaine, Dohr et Leroy 2014). À l’avant de la cuve
avec sa couronne de blocs ceinturant la cuve se développe une fosse de travail (F21), comblée de rejets de parois d’argile,
(cliché A. Hanry, Inrap) d’environ 1,65 m de large pour 2,8 m de long (fig.44).
F22
F21
Figure 44 vue et contours schématiques de
la fosse de travail F21, du bas-fourneau F22 et
de la partie sud-est du ferrier F20 (cartographie
SIG/DAO : B. Moutarde, orthophotographie
R. Bernard, Inrap)
F20
64 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
US 22-3
US 22-4
US
22-2
Figure 42 plan des structures des tranchées Tr.30 et 31 dans la partie septentrionale du Locus 3 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, orthophotographie
R. Bernard, Inrap)
II. Résultats 65
Ce qui là encore est cohérent avec la pratique de récupération de la masse
de métal produite, impliquant une destruction au moins partielle de la cuve.
Cette fosse s’appuie elle-même sur les vestiges d’un ferrier arasé, long de
6,5 m pour une largeur variant de 2,6 à 4,3 m (F20 : fig. 45).
Le ferrier a livré des scories de fer de différents types : fragments de scories
écoulées, parfois en grandes plaques, ainsi que des scories compactes
internes, de type fond de four. Dans sa partie nord-ouest, le ferrier semble
être recoupé par une tranchée curviligne de 0,80 m de large (F19), dont le
remplissage est riche en scories en surface. La fonction de cette structure
fossoyée, dont le remplissage se détache clairement du comblement
du ferrier sous-jacent, demeure indéterminée, mais peut là encore
éventuellement être en lien avec des pratiques d’extractions (minerai ou
argile). Les résidus métallurgiques se composent de scories fluides écoulées
en plaques, de scories fluides secondaires (coulures isolées et nodules
boursouflés), de scories compactes et d’au moins un petit fragment de laitier
(indiquant une production au moins partielle et probablement accidentelle
de fonte). La morphologie des grandes plaques et du fond moulé atteste
l’existence d’un canal d’évacuation réaménagé successivement. Les litages
successifs, visibles sur plusieurs fragments, témoignent d’une gestion
technique fine des purges (ouverture/fermeture partielle, modulation de
la pente). Les volumes importants évacués suggèrent des opérations de
réduction de volumes importants, en cohérence avec les dimensions du four.
D’une manière générale, les scories compactes internes, très nombreuses,
donnent des réponses plutôt faibles voire nulles aux tests magnétiques, ce
qui suggère une bonne maitrise du processus, avec peu de perte de métal.
Figure 45 vue du ferrier F20 depuis le nord-ouest et au premier plan Figure 46 vue vers le nord-est de la tranchée T.29 dans la partie
l’extrémité du fossé F19 (cliché A. Hanry, Inrap) septentrionale du Locus 3 (cliché A. Hanry, Inrap)
L’ensemble de ces observations permet de rattacher le bas-fourneau au type
à scories écoulées, très probablement réutilisable au moins en partie, et
vraisemblablement bien distinct des exemples F17 et F18. Elles indiquent
un contrôle précis de l’évacuation via un canal de coulée dont le fond a
été partiellement moulé par certains fragments de type plaque (28 cm de
large pour 9,5 cm de profondeur maximale dans l’axe central, en cuvette à
parois évasées). Les faibles pertes métalliques témoignent d’un savoir-faire
abouti. La production de métal apparaît de forte intensité, en accord avec
les dimensions du four F22 et des restes de ferrier (F20). La datation 14C
obtenue sur des charbons provenant du comblement de la cuve (niveau
F22-3) rattache chronologiquement cette activité au second âge du Fer ou
au tout début de la période antique (Âge conventionnel : 2090 ± 30 BP ;
datation calibrée : 176–37 cal BC à 91,2 %, 11 cal BC – 3 cal AD à 2,8 %,
195–184 cal BC à 1,4 %). On notera enfin la découverte, lors du nettoyage
de surface du ferrier F20, d’un probable tesson antique. Ce fond de pot
à pâte sombre siliceuse présente des altérations thermiques importantes
(déformation, vitrification ?), suggérant un contact direct avec des
66 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
températures élevées et donc une possible utilisation, (au moins secondaire)
dans ces activités métallurgiques.
En périphérie de cet ensemble de structures, d’autres aménagements qui
peuvent être en lien avec l’activité paléométallurgique ont été découverts
dans les tranchées Tr.29, Tr.30 et 31 (F25 à F32 et F44). On distinguera
d’une part la concentration de scories F44 (Tr.29) des structures en creux de
type ancrage de poteau découvertes au sud et à l’est de F22. Dans la partie
centrale de la tranchée Tr.29 (fig. 46), a été observée cette accumulation de
scories pris dans un limon brun gris d’une longueur de 90 m environ et qui
se manifeste sous 0,25 m d’épaisseur de labours et de colluvions récentes.
Cette distribution des rejets laisse penser à l’éclatement et l’arasement
d’un second ferrier. D’autre part, huit trous de poteau renfermant un
comblement de même nature ont été mis en évidence dans les sondages
Tr.30 et Tr.31 (F25 à F32 : fig. 47 et tableau 1).
Figure 47 Vue des trous de poteau de la tranchée Tr.31 en cours de relevé et de fouille dans le Locus 3
(cliché A. Hanry, Inrap)
N° structure N° tranchée Niveau d’apparition Longueur Largeur Diam.
(Tr.) (m) (m) (m) (m)
F25 30 0,3 - - 0,4
F26 31 0,25 0,6 0,8
F27 31 0,3 - - 0,3
F28 31 0,3 0,45 0,8 -
F29 31 0,3 0,4 0,5 -
F30 31 0,3 - - 0,42
F31 31 0,3 0,4 0,3 -
F32 31 0,25 0,35 0,35 -
Tableau 1 Dimensions des trous de poteau découverts dans Tr.30 et Tr.31
La proximité spatiale de ces vestiges suggère qu’ils pourraient être associés
et que des constructions ou aménagements légers existaient aux abords
des structures de réduction du minerai de fer. Ce lien est renforcé par la
présence de charbons de bois dans plusieurs d’entre eux, ainsi que de
résidus métallurgiques dans au moins une structure (F29 : fig.48), laissés
in situ et ayant sans doute servi de calage au poteau. Les observations
paléométallurgiques réalisées sur place ont permis de rapprocher ces résidus
II. Résultats 67
Figure 48 Vue des déchets paléométallurgiques dans le trou de poteau F29 de Tr.31 (cliché A. Hanry,
Inrap)
du faciès compact interne. L’un des trous de poteau conserve également
un bloc en pierre métamorphique fiché en calage (F32 : fig. 49). Il s’agit
probablement du même type de matériau que celui utilisé dans la mise
en œuvre du cuvelage du bas-fourneau F22, renforçant l’hypothèse d’un
lien fonctionnel entre ces aménagements. Ces probables bâtiments ou
aménagements périphériques pourraient correspondre à des espaces de
travail spécialisés, intervenant à diverses étapes de la chaîne opératoire,
qu’il s’agisse de la pré-réduction (lavage et concassage du minerai,
production ou stockage du charbon…) ou de la post-réduction (traitement
des masses brutes par compactage et/ou épuration) ainsi que de l’éventuelle
production de demi-produits. Ils peuvent aussi avoir rempli de rôle de
petite unité de cantonnement ou d’habitat pour les artisans. Enfin, deux
structures (F23 et F24) sont situées à une soixantaine de mètres au nord
du bas-fourneau F22 mais ne semblent pas en relation avec l’occupation
protohistorique et/ou antique du Locus 3. En effet, le fossé F23 qui apparaît
sur le cadastre napoléonien et la probable mare F24 qui a livré des tuiles
Figure 49 Vue vers le sud-ouest des trous modernes ou contemporaines semblent correspondre à des aménagements
de poteau de la tranchée Tr.31, avec F32 au anthropiques récents.
premier plan (cliché A. Hanry, Inrap)
3. 2. 4. Conclusion sur le Locus 3
Le secteur du Lac noir et du Cerisier mouillé (Locus 3) regroupe un
ensemble particulièrement cohérent de vestiges liés à la chaîne opératoire
sidérurgique, répartis de part et d’autre de la RD 65 sur environ 1,5 ha.
L’ensemble des structures identifiées (fossés d’extraction, bas-fourneaux,
fosses de travail, ferriers, zones d’épandage de scories, aménagements
périphériques et probables bâtiments associés) témoigne d’une activité
métallurgique structurée et techniquement maîtrisée.
Les données issues des trois secteurs sondés suggèrent que plusieurs grandes
étapes de la chaîne opératoire sont représentées :
• des indices d’extraction et/ou de collecte du minerai (F6 à F9) ;
• des installations de réduction en fosse avec des bas-fourneaux à scories
piégées (F17, F18 et probablement à proximité de F6/F7, en lien avec les
importantes concentrations de scories) ;
68 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
• un bas-fourneau à scories écoulées (F22), associé à une fosse de travail, et
un ferrier de grande extension.
La présence d’aménagements périphériques (F25 à F32, F44) pourrait
renvoyer à des espaces de travail spécialisés, liés soit à des phases de pré-
réduction (préparation du minerai, gestion du combustible), soit à des
opérations de post-réduction (traitement des masses brutes, éventuelle
production de demi-produits), sans qu’il soit possible de préciser davantage
leurs fonctions à ce stade du diagnostic.
L’examen paléométallurgique confirme l’existence de deux traditions
techniques distinctes mais compatibles :
• au sud, autour de F6/F7/F8/F9, et au centre, dans le secteur de F17/F18,
une métallurgie Probablement plutôt de type à scories piégées, avec des
éléments suggérant une possible phase de transition vers des dispositifs à
écoulements externes ;
• au nord, autour de F22, un bas-fourneau de grande capacité à scories
écoulées et technologiquement bien distinct, très certainement réutilisable,
témoignant d’une production de forte intensité.
Malgré la diversité morphologique des aménagements, seuls quelques
éléments chronologiques ont pu être obtenus :
• deux datations radiocarbone (F6 et F22) ;
• un probable tesson antique, issu du ferrier F20,
• un tesson protohistorique provenant du diverticule de fossé F9.
Ces données convergent vers une occupation centrée sur la fin du second
âge du Fer et la transition avec l’époque antique (probablement La Tène
D2 – début du Haut-Empire). Dans un contexte où les bas-fourneaux n’ont
pas été fouillés, ces indices justifient de regrouper l’ensemble des vestiges du
Locus 3 dans une même phase chronologique large, correspondant à une
activité sidérurgique continue ou récurrente entre la fin de la Protohistoire
et les premières décennies de l’époque romaine.
Afin de préserver leur intégrité en vue d’une éventuelle prescription de
fouille, la majorité des bas-fourneaux et plusieurs structures associées n’ont
pas été sondés, conformément aux orientations définies avec le SRA. Leur
potentiel scientifique demeure donc intact : organisation spatiale fine de
l’atelier, séquençage des phases de réduction, chronologie interne, évolution
technique entre scories piégées et scories écoulées, ou encore approche
statistique, étude métallographique et analyses chimiques des résidus.
Enfin, il convient de souligner que les investigations menées plus au nord du
Locus 3 ont mis en évidence des concentrations de minerai de fer en place
dans les altérites, notamment dans la tranchée Tr.21 (fig. 50). La présence
de ce gîte directement exploitable, à faible distance des zones artisanales,
renforce la cohérence d’une implantation métallurgique dans ce secteur
et éclaire la logique économique de l’atelier : proximité immédiate de la
Figure 50 Vue dans la tranchée Tr.21 du
minerai de fer dans les altérites (entre les Locus ressource, accessibilité et optimisation des chaînes opératoires de réduction.
3 et 4 ; cliché N. Connet, Inrap)
3. 3. Le Locus 4, l’activité métallurgique protohistorique
de part et d’autre de la RD 60 : les Brandes et les Grandes
Pièces
Dans la partie centrale de l’emprise du diagnostic de la phase 2, une
concentration de vestiges probablement attribuables à la Protohistoire a
été mise en évidence sur une surface d’environ 3 000 m² (Locus 4 : fig. 51).
Les structures se répartissent de part et d’autre de la RD 60 témoignant
II. Résultats 69
Figure 51 Locus 4 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
d’une activité métallurgique associée à un bas-fourneau (F101-10), plusieurs
fosses et trous de poteau (F101-01 à F101-09 ; F115-01 à F115-07 ; fig. 52),
ainsi qu’à une zone d’épandage de scories (F115-08). L’ensemble du secteur
a livré 21 tessons protohistoriques, dont 12 proviennent de la fosse F115-
01, huit du bas-fourneau F101-10 et un de la terre végétale de la tranchée
Tr. 115. Du point de vue sédimentaire, trois niveaux sont conservés dans
ce secteur. Toutefois, en position de point haut, les altérites apparaissent
parfois directement sous l’humus, notamment dans la tranchée 101. Nous
attirons l’attention sur la forte présence de réseaux racinaires dans ce secteur
qui ne simplifie pas la phase de décapage et la lecture des vestiges. Le log
stratigraphique de la tranchée 115 (fig.53) présente la séquence suivante :
•TV humifère : limons argileux gris pulvérulents ;
•C1 - Colluvions : limons argileux brun clair ;
•C2 - Acoll : altérites sablo-argileuses colluvionnées, jaune orangé.
Le bas-fourneau F101-10 (Tr.101) constitue l’élément le plus caractéristique
du Locus. Il apparaît directement sous l’humus, vers 0,30 m de profondeur,
au sein d’un ensemble de dix structures se détachant nettement de
l’encaissant Acoll par leurs remplissages argilo-limoneux brun gris (fig. 54).
De morphologie globulaire, son diamètre interne avoisine 0,40 m et ses
parois se présentent sous la forme d’un liseré rubéfié de 4 à 6 cm d’épaisseur,
correspondant aux vestiges de la cuve construite en argile. L’intérieur contient
une forte concentration de charbons et de scories. À l’avant du four, une
petite fosse de travail complète l’ensemble, qui couvre environ 1,40 × 0,85
m (fig. 55). Le mobilier céramique issu du comblement de la structure (huit
tessons modelés) se rattache de manière générale à la Protohistoire, sans
qu’une datation plus fine puisse être proposée. Les résidus collectés sont
de type scories internes vitreuses, plaques coulées et fragments de parois
scorifiées. Parmi ces rejets, la présence de scories
70 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
S NF N
NF
O E
S N
182.88
m NGF
F115-03 O E
183.27 F101- 09
m NGF
Us1
scorie
NF Us2
SO NE
O NF E
SO NE O E
182.67 183.020
m NGF m NGF
F115-01 F101- 06
0 50 cm
© Inrap - V. Audé et T. Giraud - 2025
Figure 52 Plan et coupe des structures des tranchées Tr.101 et Tr.115 (relevé V. Audé et N. Connet, Dao : D. Brunie et cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 71
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 183.09 m NGF
TV Tv humifère : limons argileux gris pulvérulents
0,25
C1 colluvions : limons argileux brun clair
0,50
C2 A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées
0,55
Figure 53 Log stratigraphique de Tr.115, représentatif de la séquence sédimentaire au sud du Locus 4 (cliché et
DAO : A. Hanry, Inrap)
Figure 54 Vue des structures F101-01 à F101-10 dans la tranchée Tr.101 Figure 55 Vue du bas-fourneau F101-10 dans le Locus 4 (cliché N. Connet,
du Locus 4 (cliché N. Connet, Inrap) Inrap)
en plaques appuieraient plutôt l’hypothèse d’un bas-fourneau à scories
écoulées, bien que son module rappelle également des exemples de types
piégées. Les fragments de plaques, au nombre de deux, traduisent les
empreintes partielles de canaux de coulée. En l’état, il n’a pas été observé
de tel canal à l’avant du bas-fourneau F101-10, ce qui suggère que soit ces
aménagements étaient plus en hauteur que le niveau d’apparition, soit qu’ils
sont issus d’une autre structure.
Autour du bas-fourneau s’organise un ensemble de fosses et trous de poteau
(tableau 2). La plupart des creusements (F101-01 à F101-09 ; F115-02 à
F115-07) sont de petit module, avec des diamètres compris entre 0,25 et
0,40 m (fig. 56) et des profondeurs faibles à modérées. Ils sont implantés
directement dans les altérites et recouverts par l’humus ou les colluvions C1.
Quelques-uns présentent un profil structuré, notamment F101-06 (profil en
U), F101-09 (profil en V avec des scories en calage) ou F115-03 (profil en
U), tandis que d’autres (F101-04, F115-06, F115-07) correspondent à des
fosses plus volumineuses ou à des structures possiblement liées à l’activité
Figure 56 vue zénithale des trous de poteau
métallurgique (fosses d’extraction ou de préparation d’argile, recherche
F101-01 et F101-02 (cliché N. Connet, Inrap)
72 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
N° structure/ n° Fait N° Tr. type de structure Us Niveau d’apparition Long. (m) Larg. (m) Diam. (m) Prof / épaisseur Profil du creuse-
(m) (m) ment
F101-01 101 trou de poteau 0,6 0,52 0,4 ind. ind.
F101-02 101 trou de poteau 0,6 0,42 0,37 ind. ind.
F101-03 101 trou de poteau 0,35 0,3 0,25 ind. ind.
F101-04 101 fosse (ou chablis?) 0,35 2,4 1,5 ind. ind.
F101-05 101 trou de poteau 0,35 0,3 0,35 ind. ind.
F101-06 101 trou de poteau? 0,7 0,25 0,2 0,12 en U
F101-07 101 trou de poteau 0,5 0,38 0,28 ind. ind.
F101-08 101 trou de poteau 0,35 0,4 0,25 ind. ind.
F101-09 101 trou de poteau 1 et 2 0,3 0,38 0,31 0,48 en V
F101-10 101 bas-fourneau 0,3 1,4 0,85 ind. ind.
F115-01 115 fosse 0,5 1 0,23 en cuvette
F115-02 115 trou de poteau? 0,35 0,26 0,24 ind. ind.
F115-03 115 trou de poteau 0,35 0,25 0,31 0,2 en U
F115-04 115 trou de poteau 0,35 0,24 0,28 ind. ind.
F115-05 115 trou de poteau 0,35 0,3 0,25 ind. ind.
F115-06 115 fosse? 0,5 0,95 0,6 ind. ind.
F115-07 115 fosse? 0,45 0,66 0,62 ind. ind.
zone d’épandage de
F115-08 115 0,3 16 2 0,3 ind.
scories
Tableau 2 Dimensions des structures des tranchées Tr.101 et Tr.115
de minerai, aire de traitement ou de travail… ?). La seule structure ayant
livré du mobilier céramique significatif est F115-01, une fosse de 0,50 m de
diamètre au profil en cuvette, renfermant un limon brun clair hétérogène,
meuble, avec inclusions de charbons de bois et de scories (fig. 57). Les 12
fragments de céramique recueillis (dont un bord, un probable départ de
fond plat et plusieurs fragments aux surfaces sombres soigneusement
lissées) sont attribués par la spécialiste de la céramique Isabelle Kerouanton
(cf. étude infra) au Bronze final ou au premier âge du Fer / début du Second,
certains remontant entre eux. Cette chronologie se place dans les phases
d’occupation les plus anciennes identifiées à l’occasion de cette opération, et
ces vestiges peuvent correspondre à une première période d’occupation. Les
activités métallurgiques associées, potentiellement du premier ou du début
du second âge du fer, intéressent donc tout particulièrement la question du
début des productions locales, et à ces périodes où la métallurgie du fer en
Europe occidentale débute et s’intensifie rapidement.
Enfin, la structure F115-08 correspond à un vaste épandage de scories
Figure 57 Vue des structures de la tranchée
Tr.115, dont F115-01 en cours de fouille (cliché d’une épaisseur de 0,30 m, mesurant environ 16 m de long et observé
N. Connet, Inrap) sur la largeur du sondage. Implanté dans les altérites et recouverte par
les colluvions C1, il matérialise la partie la plus volumineuse des rejets
métallurgiques. Sa composition confirme la proximité immédiate d’un
atelier de réduction, probablement en lien avec le bas-fourneau F101-10 et
possiblement avec d’autres structures de réduction.
Dans l’état actuel des données, l’ensemble du Locus 4 peut être attribué à
une occupation protohistorique. La chronologie la plus précise est fournie
par la fosse F115-01, datée du Bronze final ou du premier âge du Fer /
début du second, tandis que le mobilier associé au bas-fourneau renvoie
plus largement à la Protohistoire. La densité des structures, associée à la
présence d’un four et d’un épandage de scories, témoigne de l’existence
d’un espace sidérurgique structuré, dont seules les composantes les plus
résistantes (four, scories) et quelques creusements annexes ont été conservés.
II. Résultats 73
3. 4. Le Locus 5, la doline fossile des Grandes Pièces, à
l’est de la RD 60 (Tr.117 à 119)
À environ 300 m au nord-est du Locus 4, les tranchées Tr.117 à 119
explorent un secteur très différent, marqué par une large dépression
naturelle encore lisible en surface avant l’ouverture des sondages (Locus
5 : fig. 58). L’analyse géomorphologique et géoarchéologique menée par
G. Dandurand montre qu’il s’agit d’une doline fossile, c’est-à-dire une
ancienne dépression karstique comblée, dont la forme en cuvette reste
structurante pour le modelé topographique actuel (cf. infra fig. 7 aet b de
l’étude géomorphologique et géoarchéologique). La photographie prise
avant décapage (fig. 59) illustre bien la morphologie ouverte de la cuvette,
large de plusieurs dizaines de mètres et encaissée au sein des terres cultivées,
confirmant l’ampleur de la doline décrite par les coupes. Les transects
montrent que la doline, située au cœur du vallon, constitue un large
bassin de réception passive des rejets diffus issus du ruissellement et du
colluvionnement, en provenance des versants environnants. Au centre de
la dépression, qui s’étend sur au moins 2 ha, la succession formée par la
terre végétale, les colluvions et le paléosol atteint 2,40 m d’épaisseur, sous
lesquels les altérites comblent encore la dépression sur plus de 1,50 m, sans
que le substrat calcaire n’ait été atteint.
Du point de vue archéologique, le Locus 5 constitue un piège sédimentaire
ayant enregistré des apports naturels en contexte de pente, mais aussi
quelques rejets anthropiques mineurs, notamment un fragment de
céramique antique retrouvé dans le niveau 2coll de la tranchée Tr.118, ainsi
que des charbons dispersés. La doline apparaît donc comme un espace non
occupé mais structurant le paysage ancien, servant de réceptacle naturel aux
rejets de surface. Elle renseigne indirectement sur l’évolution des secteurs
voisins en enregistrant les apports qui en proviennent.
(type)
(datation)
antique
paléolithique ?
Figure 58 Doline du Locus 5 (Tr.117 à 119)
(cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, Inrap)
Figure 59 Vue générale de la dépression
karstique avant l’ouverture des tranchées
Tr.117 à 119. La cuvette, large de plusieurs
dizaines de mètres, reste visible dans le modelé
du terrain et correspond à la doline fossile.
74 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
3. 5. Le Locus 6, installations sidérurgiques médiévales
à l’extrémité orientale de l’emprise : les Barrières et les
Loubières (à rapprocher des découvertes du Secteur 1 de la
phase 3 : cf. Tr.9 et 15)
À l’extrémité orientale de l’emprise, les tranchées réalisées dans les secteurs
des Barrières et des Loubières (Tr.38, Tr.40, Tr.42, Tr.123 et Tr.124) ont
mis en évidence un ensemble cohérent de vestiges médiévaux liés à une
activité sidérurgique et qui s’étendent sur plus d’un hectare (Locus 6 :
fig. 60). Une dépression ouverte, très faiblement perceptible avant décapage,
avait été supposée d’origine karstique d’après la géophysique ; l’examen
stratigraphique et géomorphologique montre qu’il s’agit en réalité d’une
vaste excavation anthropique, recoupant une large portion de Tr.123 et se
prolongeant probablement vers le sud (Tr.124).
L’organisation spatiale des vestiges distingue clairement trois sous-secteurs
fonctionnels :
– un secteur occidental, où se concentrent un ou deux bas-fourneaux et
leurs structures annexes, associés à des déchets paléométallurgiques ;
– un secteur central, occupé par de profondes fosses de carrière ouvertes
dans les altérites ferrugineuses, fournissant probablement les matériaux
nécessaires à la réduction et/ou à la construction des structures de réduction
(argile) ;
– un secteur oriental, où se développent des fosses, fossés, trous de poteau,
niveaux d’épandage et creusements variés, en lien avec une zone d’habitat
ou d’artisanat opérant en périphérie de l’atelier sidérurgique.
3. 5. 1. Secteur occidental (Tr.38 et Tr.40) : au cœur de l’activité
métallurgique
À l’extrémité occidentale du Locus 6, les tranchées Tr.38 et Tr.40 ont révélé
un ensemble de structures liées à la réduction du minerai de fer, implantées
sous les colluvions holocènes et creusées directement dans les altérites
ferrugineuses (fig. 61 et 62). Le log stratigraphique de la tranchée 38 (fig. 63)
illustre la succession suivante :
– TV : horizon de labours formé de limons bruns à brun gris, meubles et
pulvérulents ;
Figure 61 Fig. 61 : vue depuis le nord-est des structures dans la tranchée Tr.38 (cliché A. Hanry, Inrap)
Figure 61 Vue depuis le nord-est des structures dans la tranchée Tr.38 (cliché A. Hanry, Inrap)
II. Résultats 75
Figure 60 Plan du Locus 6 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, Inrap)
76 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 62 Plan des structures des tranchées Tr.38 et 40 dans la partie occidentale du Locus 6 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, orthophotographie R.
Bernard, Inrap)
II. Résultats 77
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 181.50 m NGF
TV
terre végétale et labours (horizon A) : limons gris pulvérulents
C1 colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et
0,25 granules et de quartz anguleux
0,45
colluvions 2 : limons argileux brun orangés
C2
0,75
C4 A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées, oranges, avec des fentes de
dessiccation
0,85
Figure 63 Log stratigraphique de Tr.38, représentatif de la séquence sédimentaire de la partie occidentale du Locus 6 (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
– C1 – Colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune,
incluant des petits graviers calcaires et des granules de quartz anguleux ;
– C2 – Colluvions 2 : limons argileux brun avec des paquets d’argile et du
cailloutis épars ;
– C3 – Acoll : altérites sablo-argileuses bariolées, à dominante jaune orangé
à rouge lie de vin, riches en concrétions ferrugineuses (pisolithes).
Dans ce contexte sédimentaire, les structures F34 et F35, qui apparaissent
sous C2, constituent un ensemble cohérent en lien direct avec l’activité
paléométallurgique (fig. 64). La première, F34, est une grande fosse ovale
(env. 5,8 × 3,7 m), aux parois évasées, aménagée dans les altérites. Ses
comblements, observés uniquement dans le sondage réalisé dans sa partie
orientale et dans la structure F3, témoignent d’un remplissage en deux
temps : un niveau inférieur argilo-limoneux brun renfermant des charbons
de bois (F34-2), surmonté d’un dépôt limono-argileux brun mêlé de mottes
d’argile, de gravillons de quartz, de cailloux calcaires et d’une scorie isolée
(F34-1). Cette morphologie, nettement plus ample que celle des fosses
annexes observées dans d’autres Locus de l’emprise, évoque un espace de
travail semi-enterré, potentiellement dédié à plusieurs tâches (préparation
du minerai, gestion du foyer, stockage). À l’est de F34, la structure F35
correspond très vraisemblablement à un bas-fourneau médiéval implanté
directement dans les altérites (fig. 65). La chambre de combustion, de
Figure 64 Vue des structures F34 et F35 et morphologie ovale, devait présenter un diamètre interne d’environ 0,7 m ;
au second plan de F33 dans le Locus 6 (cliché
seules des sections discontinues de parois en argile rubéfiée sont conservées
A. Hanry, Inrap)
(fig. 66). Le mobilier associé à F35 est exclusivement sidérurgique et
composé de scories compactes internes (25 fragments, soit plus de 30 kg)
et de lambeaux de parois arrachées. Les scories, fortement oxydées et
systématiquement magnétiques, suggèrent une perte métallique récurrente
lors de la réduction. Les fragments de parois, riches en dégraissants
minéraux et en micro-charbons, indiquent un mode de construction
spécifique, distinct de celui observé dans les autres Locus. Deux de ces
fragments permettent d’estimer un diamètre originel compris entre 0,50
et 0,60 m. De telles dimensions sont compatibles avec le bas-fourneau
F35, mais ne suffisent pas à en assurer l’attribution : elles correspondent
en effet à un gabarit fréquent pour ce type de structures. Cette répétition
78 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 65 Vue du bas-fourneau F35 (cliché A. Hanry, Inrap) Figure 66 Détail des parois de la cuve de F35 (cliché A. Hanry, Inrap)
des diamètres pourrait ainsi résulter soit de réfections successives d’un
même four, impliquant des arrachements récurrents de parois, soit de
reconstructions ponctuelles de fours de dimensions proches, sans qu’il
s’agisse nécessairement du réemploi strict d’un unique bas-fourneau.
L’ensemble renvoie clairement à une technique à scories piégées, présentant
cependant des caractéristiques particulières (oxydation, magnétisme,
composition des parois) qui distinguent ce four des installations des Locus
3 et 4.
À moins de 5 m vers l’ouest, la structure F36 apparaît comme un autre
aménagement de combustion (bas-fourneau ou structure annexe ; fig. 67).
Sous C2, vers 0,40 m de profondeur, une couronne rubéfiée lie de vin de 3
cm d’épaisseur marque le pourtour d’un creusement de 0,80 × 0,15 m se
prolongeant au sud-ouest au-delà des limites de la tranchée. Une couronne
de chauffe épaisse de 3 cm et de teinte lie de vin à rouge sombre, marque le
contour du creusement (fig. 68).
F36
F35
F34
Figure 68 Couronne de rubéfaction de F36 dans le Locus 6 ouest (cliché
A. Hanry, Inrap)
Figure 67 Vue et contours schématiques de la structure de combustion F36
au second plan et au premier le bas-fourneau F35 et le départ de sa fosse
F34 (cliché et DAO A. Hanry, Inrap)
II. Résultats 79
Le sédiment immédiatement sous-jacent, un niveau limono-argileux brun
clair à orangé (0,1 m d’épaisseur), n’a été observé que sous la structure
et pourrait correspondre à un niveau préparatoire ou à un paléosol (cf.
fig. 68). Le niveau qui recouvre la structure, riche en charbons de bois,
renvoie quant à lui à un épisode d’utilisation et/ou d’abandon. La datation
radiocarbone de ces charbons rattache cette structure au Moyen Âge
central (cal AD 1116–1219 à 61,1 % ; 1042–1087 à 29,2 %). Bien que non
fouillée intégralement, F36 renvoie à une phase d’activité métallurgique
médiévale située entre les XIe et XIIIe siècles. Cette chronologie s’accorde
avec la présence ponctuelle, dans le secteur oriental du Locus, d’un tesson
attribuable aux XIe-XIIIe siècles dans le fossé F40. Si les autres structures
du Locus 6 témoignent majoritairement d’occupations plus tardives (bas
Moyen Âge), l’ensemble des données suggère une fréquentation étalée
dans le temps, marquée par des usages successifs ou intermittents du
secteur. Enfin, deux fosses (F33 dans Tr.38 et F37 dans Tr.40) complètent
l’occupation du secteur, sans lien apparent avec les installations de
réduction de la tranchée Tr.38 (fig. 69). Apparaissant immédiatement sous
la terre végétale, ces structures en creux de plan très irrégulier, présentent
des comblements hétérogènes riches en blocs calcaires et silex. Ainsi, la
fosse curviligne F33, dont le profil en cuvette atteint 0,50 m de profondeur
pour 0,85 à 1,30 m de largeur, recoupe le remplissage de F34, indiquant
un creusement postérieur, possiblement moderne ou contemporain (fig. 70).
L’autre aménagement plus méridional (F37), de plan irrégulier (0,5 à
1 m de large pour 4,10 m de long : fig. 71), n’a pas été sondé, mais sa
morphologie, sa position et son remplissage n’apportent pas de lien avec les
aménagements découverts dans la tranchée Tr.38.
Figure 69 Vue du niveau d’apparition de la fosse F33 dans le Locus 6 Figure 70 Vue en coupe de la fosse F33 installée sur la fosse F34 (cliché
(cliché A. Hanry, Inrap) A. Hanry, Inrap)
Figure 71 Niveau d’apparition de la fosse F37
(cliché V. Sanglard, Inrap)
80 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Ainsi, le secteur occidental concentre les installations les plus clairement
liées à la réduction du fer : un bas-fourneau confirmé (F35), une fosse
de travail attenante (F34) et une seconde structure de combustion datée
du Moyen Âge central (F36). L’étude des résidus métallurgiques renforce
cette interprétation : les scories compactes internes fortement oxydées,
les réponses magnétiques systématiquement positives et les lambeaux
de parois riches en dégraissants minéraux indiquent une technique de
réduction à scories piégées, distincte de celles observées dans les autres
Locus. Ces caractéristiques suggèrent des pertes métalliques plus fréquentes
ou des conditions opératoires différentes (intensité de production, nature
du minerai, objectifs métallurgiques). Les diamètres restitués à partir de
plusieurs fragments (0,50 – 0,60 m) correspondent à une taille courante
pour ce type de four et évoquent des reconstructions successives selon un
même gabarit. Si F36 semble en lien avec une occupation du Moyen Âge
central, le bas-fourneau F35 n’est pas daté directement et son attribution
à cette phase reste plausible sans être assurée. L’ensemble compose une
unité paléométallurgique cohérente mais techniquement singulière au sein
de l’emprise, ouvrant la question d’une variabilité – chronologique ou
fonctionnelle – dans les modes de réduction employés sur le site.
3. 5. 2. Secteur central (Tr.123-124) : de grandes fosses d’extraction
dans les altérites ferrugineuses
Au centre du Locus 6, les tranchées Tr.123 et Tr.124 recoupent une vaste
zone d’extraction implantée directement dans les altérites riches en oxydes
de fer se présentant sous forme de pisolithes pluricentimétriques (fig. 72).
Sous la terre végétale, aucune formation superficielle ancienne n’est
conservée : les altérites apparaissent immédiatement, témoignant d’un
arasement important lié probablement à l’exploitation médiévale.
La tranchée Tr.123 a ainsi recoupé une grande fosse profonde de près de
30 m de long (F123-01/F123-02 : fig. 73), interprétée comme une carrière
d’extraction d’argile et/ou d’oxydes de fer, dont le fond a été atteint à 2,80
m de profondeur. Le profil de cet aménagement, d’abord perçu comme
deux fosses distinctes, se révèle très contrasté d’un bord à l’autre : les parois
sont nettement évasées vers l’est, tandis que le flanc occidental adopte
une morphologie en gradins évoquant des zones d’extraction successives
(fig. 74). Son remplissage, constitué de limons brun foncé à cailloutis
calcaires dispersés (fig. 75), renferme quelques scories ainsi que plusieurs
tessons médiévaux (XIVe siècle-bas Moyen Âge), piégés dans les niveaux
Figure 75 Vue des comblements de la partie
orientale de la fosse d’extraction d’argile et/ou de colmatage. Les résidus de l’activité paléométallurgique, bien que peu
de minerai (F123-01 ; cliché N. Connet, Inrap) abondant (une quinzaine d’éléments pour 429 g), apporte un éclairage
Figure 72 Vue de la carrière F123-01/F123-02 dans le sondage Tr.123 et Figure 73 Vue de la carrière F123-01/F123-02 dans la partie centrale du
au second plan, une partie du Locus 6 qui se développe hors emprise (cliché Locus 6 (cliché N. Connet, Inrap)
G. Dandurand, Inrap)
II. Résultats 81
F. 123-3
terre végétale argile jaune tertiaire
à nodules ferreux
1
2
F. 123-2 3
4
5
F. 123-1
1 limon argileux, brun, aéré
2 limon argileux, brun, compact
3 limon argileux, brun, aéré et cailloutils roulés
4 limon argileux, brun, avec nombreuses oxydations ferro-manganiques
5 limon argileux, brun et ferro-manganèse
céramique
scorie
relevé topographique : R. Bernard, Inrap
relevés de terrain et enregistrement : N. Connet, Inrap
infographie, cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap (EPSG 2154)
Figure 74 Profil relevé topographiquement et comblements de la carrière F123-01/F123-02 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, Inrap).
82 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
important sur les activités voisines : il associe en effet des scories compactes
légères et plusieurs fragments de scories fluides, dont une plaque de coulée
dense de 1,8 cm d’épaisseur. Cette présence, totalement absente de la partie
occidentale du Locus 6 (zone de F34/F35), où seules des scories compactes
sont attestées, implique l’existence d’au moins une unité de réduction
fonctionnant selon un dispositif à scories écoulées, distinct du bas-fourneau
F35 (de type à scories piégées). Ces résidus très fragmentés semblent avoir
été remobilisés lors du colmatage de la carrière, ce qui suggère que le ou
les bas-fourneau à scories écoulées se trouvaient à proximité immédiate :
peut-être en lien avec les structures médiévales les plus orientales, ou dans
une zone hors emprise, plus au nord du Locus 6 où un petit relief observé
dans cette zone pourrait représenter un talus de déblais issu de l’extraction
(fig. 76).
Figure 76 Zone pouvant constituer un talus de déblais issu de l’extraction
(au nord du Locus 6, hors emprise ; cliché G. Dandurand, Inrap)
Figure 77 Niveau d’apparition de la fosse F124-01 (cliché N. Connet, Inrap)
Plus au sud, la tranchée Tr.124 a mis en évidence une vaste fosse d’environ
16 m de long (F124-01), ouverte dans les mêmes altérites ferrugineuses
(fig. 77). Par sa position et sa morphologie, elle correspond soit au
prolongement méridional de la carrière observée dans le sondage Tr.123,
soit à une seconde fosse d’extraction de matières premières, fonctionnant
dans le même cadre d’exploitation. La configuration générale de ces
structures extractives, plan allongé, parois évasées, volumes importants,
s’inscrit dans la typologie des carrières médiévales de versant reconnues
régionalement.
En définitive, ce secteur central correspond à une zone d’approvisionnement
en matières premières indispensables à l’activité métallurgique : argile pour
la construction des parois de four et minerai ferrugineux pour la réduction.
Dans ce contexte, la céramique médiévale issue de F123-01/F123-02 atteste
une fréquentation du secteur au bas Moyen Âge, suggérant une pérennité
ou une réactivation de l’activité métallurgique au-delà du Moyen Âge
central, période documentée dans le secteur occidental du Locus. Enfin,
les scories collectées incluent au moins une plaque de coulée, indiquant la
présence d’un dispositif à scories écoulées à proximité immédiate, distinct
du bas-fourneau F35 (à scories piégées). L’emplacement de cette unité de
réduction demeure indéterminé, et l’hypothèse d’une coexistence (voire
d’une évolution) des technologies de réduction demeure ouverte.
II. Résultats 83
3. 5. 3. Secteur oriental : fosses, fossés et niveaux d’épandage liés à une
unité domestique ou artisanale médiévale (F123-03 et Tr.42)
Dans les tranchées les plus orientales du Locus 6 (Tr.123 et Tr.42), un
ensemble de structures en creux témoigne d’une occupation médiévale
en marge directe des zones d’extraction et de réduction (fig. 78). Les
quatre fosses (dans Tr.42 et Tr.123) et les trois fossés de ce secteur (dans
Tr.42) apparaissent dans les altérites sablo-argileuses riches en pisolithes
ferrugineuses (fig. 79) sous la couche de colluvions récentes (C1/1coll). Le
log représentatif de la tranchée Tr.42 (fig. 80) montre une séquence de trois
niveaux sédimentaires :
• TV – terre humifère : limons bruns à brun gris pulvérulents et riches en
racines et radicelles ;
• C1 – Colluvions 1 : limons sableux brun gris à brun jaune avec graviers
calcaires et granules de quartz anguleux ;
• C2 – Acoll : altérites bariolées jaune orangé à rouge lie de vin, riches en
concrétions ferrugineuses.
Parmi les trois fosses du sondage Tr.42 (F38, F39 et F41), la plus
méridionale, F41, de plan irrégulier (1,8 × 1,2 m : cf. fig. 79) et d’une
profondeur conservée d’au moins 0,45 m (le fond n’ayant pas été atteint),
renferme deux comblements distincts (fig. 81). Le remplissage supérieur,
Figure 79 vue des structures F38 à F42 dans
Tr.42, au premier plan la fosse F41 (cliché
constitué de limons argileux brun orangé très oxydés avec de
A. Hanry, Inrap)
Log_photo Log_pédo Log_description sédimentaire
+ 181.52 m NGF TV terre végétale et labours (horizon A) : limons gris pulvérulents
0,25
colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune à graviers et
C1
granules de quartz anguleux
0,45
A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées
C2
0,55
Figure 80 Log stratigraphique de Tr.42, représentatif de la séquence sédimentaire de la partie orientale du Locus 6 (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
Figure 81 Vue de la partie supérieure de la
fosse F41 en coupe (Tr.42 ; cliché A. Hanry,
Inrap)
84 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
(type)
(datation)
cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap
S
N
TV
C1 41.1
180.58 42.1 40.2 41.2
m NGF 40.1
F41.1 : limon argileux brun orangé très
oxydé avec de rares inclusions de nodules
N S de terre cuite
42.2 40.1 40.2 F41.2 : argile limoneuse brun gris
180.35 m NGF hydromorphe, avec inclusion de charbons
40.3 de bois, de la céramique et des scories de fer
F42.1 : limon brun gris avec des F40.1 : argile limoneuse brun gris-vert limite de d’observation scorie
blocs calcaires et de rares blocs limite d’US calcaire
F40.3 : argile sable mouchétée vert de gris
de silex
F40.2 : argile brun clair, plastique avec limite de creusement silex
F42.2 : limon brun à brun gris riche
en scories de fer nombreuses scories de fer, des blocs de silex limite incertaine, restitution
0 50 100 cm
et calcaires. © Inrap - Alexandra Hanry - 2025
Figure 78 Plan des structures orientales du Locus 6 et coupes des structures F40 à F42 (relevé cliché V. Sanglar, DAO : D. Brunie et cartographie SIG/DAO :
B. Moutarde, Inrap).
II. Résultats 85
rares inclusions de nodules de terre cuite (F41.1), recouvre un niveau
très hydromorphe composé d’argile limoneuse brun gris renfermant des
charbons de bois, de la céramique et des scories de fer (F41.2 ; puits ? mare
?…). Bien qu’extérieure au probable espace délimité par le fossé F40, la
fosse a livré un petit lot de céramique médiévale ainsi que quelques scories
compactes internes et fluides, suggérant un rejet domestique ou artisanal
rattaché à l’occupation voisine. Plus à l’ouest dans la tranchée, la structure
en creux F38 se présente sous la forme d’une fosse ovale (3 × 1,15 m), à
fond plat et parois évasées (fig. 82). Son remplissage, un limon brun meuble,
contenait des scories fluides et compactes internes, des blocs de silex et
de calcaire, des fragments de tuiles et un lot céramique attribuable à la
seconde moitié du XIVe siècle. Sous cette fosse, la petite structure F39, de
plan ovale (diamètre 0,58 m conservé), renferme un limon brun riche en
charbons de bois, en mottes d’argile marbrée (encaissant remobilisé), ainsi
que quelques petits blocs de silex et des cailloux calcaires. À l’extrémité
orientale de la tranchée Tr.123, la structure F123-03 apparaît comme une
structure en creux irrégulière (2,90 × 1,60 m), implantée dans les altérites.
Son remplissage limono-argileux brun gris est dépourvu de mobilier, mais
sa position topographique et sa morphologie évoquent soit une petite fosse
dépotoir arasée, soit une section de fossé (en lien avec F40 ?), soit encore
un creusement ponctuel lié à l’exploitation de matériaux. L’ensemble de ces
fosses s’inscrit dans un environnement structuré par plusieurs fossés.
Au centre de la tranchée Tr.42, le fossé F40 a été observé sur une longueur
de 7,6 m. Il présente un gabarit imposant (1,7 à 2,8 m de large : fig.
83) et un remplissage limoneux brun renfermant TCA, céramique de la
seconde moitié du XIVe siècle et quelques scories (fig. 84). Ce fossé renferme
trois comblements (F40.1 à F40.3 : cf. coupe, fig. 78), dont l’un pourrait
correspondre à un épisode de recreusement (F40.2). Son orientation
est compatible avec celle de deux segments de fossé mis au jour lors du
diagnostic de la phase 3, en limite orientale de l’emprise (structures 9.3 et
15.1). L’ensemble de ces tronçons semble appartenir à une même structure
fossoyée, dont la morphologie curviligne pourrait délimiter un espace
interne immédiatement au nord.
Figure 83 Vue du niveau d’apparition des fossés F40 et F42, au second plan Figure 84 Vue du niveau d’apparition des fossés F40 et F42, au second
la fosse F41 (cliché V. Sanglar, Inrap) plan la fosse F41 (cliché V. Sanglar, Inrap)
Le fossé F42, de gabarit plus réduit (1,3 m de large, 0,4 m de profondeur
conservée), semble installé dans l’axe du grand fossé F40, dont il reprend
le tracé sur 5,45 m. Apparaissant directement sous la terre végétale, ce
fossé possède un fond en cuvette et des parois évasées. Plus au sud et
perpendiculaire au fossé F40, la structure fossoyée F43 se développe vers
le sud-est, sans relation stratigraphique observable avec F40. Comme ce
dernier, le fossé F43 apparaît sous les colluvions C1 vers 0,40 m de
86 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
S N
TV
180.80
m NGF 38.1
0 50 100 cm
© Inrap - Alexandra Hanry - 2025
limite de d’observation céramique
limite d’US
silex
limite de creusement
cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap
F38
F39
Figure 82 Vue et relevé stratigraphique de la fosse F38 dans Tr.42 et localisation schématique en plan des structures F38 et F39 (cliché A. Hanry, et
cartographie/SIG : B. Moutarde Inrap)
II. Résultats 87
profondeur et présente un creusement étroit (0,8 m de large, 0,4 m de
profondeur : fig. 85).
Figure 85 Vue du niveau d’apparition des fossés F40 et F42, au second plan la fosse F41 (cliché
V. Sanglar, Inrap)
Le mobilier céramique issu de ce secteur atteste une phase d’occupation
domestique ou artisanale tardive (seconde moitié du XIVe siècle) ainsi
qu’une possible fréquentation plus ancienne (XIe-XIIIe siècles). Il comprend
notamment :
• des pots à cuire modelés en pâte micacée sablo-rugueuse beige à grise,
caractéristiques des vaisseliers limousins ;
• plusieurs fragments de pichets (en pâte fine rouge ou en pâte dense orange
à glaçure irrégulière) ;
• un pot à cuire en pâte claire sonnante à quartz affleurants ;
• une quantité notable de TCA médiévale (près de 1,5 kg pour les structures
F38 et F40).
Les résidus métallurgiques recueillis dans les fosses et fossés de ce secteur
complètent ces observations. Ils témoignent d’activités sidérurgiques variées
: nodules de minerai, scories compactes internes, mais aussi plusieurs
scories fluides, dont des fragments de plaques parfois épaisses. Certains
éléments présentent une forte vitrification ou un magnétisme marqué ;
d’autres conservent des lambeaux de parois de four ou des caractéristiques
évoquant le traitement de la masse brute (compactage ou cinglage). La
présence répétée de plaques de coulée (en particulier dans F38, F40 et F41)
atteste l’existence, à proximité immédiate, d’un ou plusieurs bas-fourneaux
fonctionnant selon une technique à scories écoulées, distincte du dispositif
à scories piégées identifié dans la partie occidentale du Locus 6 (F34/F35).
Ces rejets, dont la forte fragmentation résulte d’un remaniement important
des sédiments, renvoient clairement à une unité de réduction située à
proximité immédiate, possiblement hors emprise. Leur diversité suggère
des opérations multiples, incluant peut-être des phases de post-réduction
(épuration ou traitement de masses brutes), comme l’indique un petit
nodule vitreux atypique découvert dans F41.
L’ensemble formé par ces fosses et fossés dessine un secteur anthropisé où se
combinent rejets domestiques et dépôts remaniés de déchets sidérurgiques
issus d’unités de réduction situées à proximité. La présence d’un mobilier
céramique abondant, majoritairement daté du bas Moyen Âge (XIVe siècle),
associée à un tesson plus ancien provenant du fossé F40 (XIe-XIIIe siècles),
suggère une fréquentation durable, voire récurrente, de ce secteur. Cette
zone orientale apparaît ainsi comme un espace annexe, probablement
88 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
associé à un habitat rural médiéval et/ou à un atelier artisanal, en marge
immédiate des zones d’extraction et en relation topographique directe
avec l’aire de réduction du minerai implantée plus à l’ouest. Elle illustre la
complémentarité fonctionnelle des différents sous-secteurs du Locus 6, dont
elle constitue l’un des pôles structurants
3. 5. 4. Conclusion sur le Locus 6
Le Locus 6 livre un ensemble cohérent de vestiges médiévaux, témoignant
d’une occupation et d’activités métallurgiques s’inscrivant probablement
dans une durée étendue, comprise entre le XIe et le XIVe siècle. Les
données chronologiques disponibles proviennent à la fois d’une datation
radiocarbone réalisée sur les charbons de bois de la structure F36, qui
situe une phase de réduction du minerai au Moyen Âge central (XIe-XIIIe
siècles), et d’un corpus céramique conséquent issu principalement du secteur
oriental, majoritairement attribuable à la seconde moitié du XIVe siècle mais
incluant quelques éléments plus anciens (XIe-XIIIe siècles). L’articulation de
ces indices demeure toutefois difficile à préciser à l’échelle du diagnostic :
la distribution du mobilier dépend fortement de l’implantation ponctuelle
des tranchées, tandis qu’une partie importante de l’occupation semble se
développer hors emprise.
En l’état des observations, le Locus 6 documente l’existence d’une activité
métallurgique structurée associant bas-fourneaux, fosses de travail
et carrières d’extraction d’argile et/ou de minerai de fer. Il témoigne
également d’une fréquentation ou d’une réoccupation du secteur au bas
Moyen Âge, perceptible à travers plusieurs fosses, fossés et aménagements
légers intégrant des rejets domestiques et des dépôts remaniés de déchets
métallurgiques. L’ensemble suggère une dynamique d’occupation
pluriséculaire, marquée par la persistance, l’évolution ou la réappropriation
d’un même espace productif et/ou résidentiel entre le XIe et le XIVe siècle.
Seule une fouille extensive permettrait de préciser l’organisation interne
du Locus, de restituer la chronologie relative des installations et de
mieux caractériser l’articulation fonctionnelle entre les différentes phases
d’activité.
II. Résultats 89
4. Etudes géomorphologique et géoarchéologique
(Grégory Dandurand, Inrap NAOM, UMR5608 TRACES)
Cette opération de diagnostic a été réalisée sur les plateaux occidentaux
de la Charente limousine et du Confolentais. Plusieurs relevés de logs et
de coupes stratigraphiques ont été effectués dans les différents contextes
morphosédimentaires de l’emprise afin de caractériser la nature, l’extension,
la géométrie et l’histoire des différentes formations sédimentaires,
mais aussi afin de préciser les modalités de préservation des vestiges
archéologiques. Ces observations sont réalisées systématiquement tout le
long du tracé de la RN141 et permettent d’obtenir un transect détaillé sur
plus de 10 kilomètres.
4. 1. Contexte géologique et géomorphologique
4. 1. 1. Contexte géologique
Le contexte géologique a été établi à partir de la carte géologique au
1/50 000 de la feuille de La Rochefoucauld et de sa notice (Bambier et al.
1983 ; fig. 6).
L’emprise du diagnostic concerne les argiles sableuses rouges à silex
et les argiles marbrées à pisolithes de fer d’âge tertiaire plus ou moins
colluvionnées qui forment un vaste glacis topographique assurant le
raccordement entre les premiers contreforts du Massif central à l’est
et la bordure du Bassin aquitain à l’ouest. Le développement de la
contextualisation géologique de ce secteur est présenté en début du rapport
de diagnostic.
4. 1. 2. Morphologie du secteur investigué
Positionnée sur un glacis topographique, l’emprise diagnostiquée concerne
la couverture cénozoïque au contact du Massif central et des premiers
termes jurassiques. Le paysage est formé par une série de vallons humides
plus ou moins longs de direction sud-est / nord-ouest, qui incisent et
indentent le rebord du plateau cristallin, et qui viennent se raccorder
perpendiculairement à la vallée de la Tardoire, qui s’écoule vers le nord-
ouest pour confluer avec la Charente. Ces vallons isolent des surfaces peu
élevées (environ 210 m d’altitude NGF), inclinées vers l’ouest et coiffées
d’argiles à silex tertiaires. Les pentes modérées sont sous-tendues par des
colluvions anciennes, qui s’abaissent progressivement en direction des
points bas. Dans le détail, ce glacis d’accumulation entre le Massif central et
la bordure du Bassin aquitain n’est plus plan, car le réseau hydrographique,
développé par érosion régressive depuis les principales vallées, s’est inscrit
légèrement en contrebas de cette surface. À l’image de la Bonnieure,
plusieurs petits cours d’eau, au bassin-versant très réduit, prennent
naissance sur ce glacis.
4. 1. 3. Les morphologies karstiques
Si les indices d’une karstification du plateau sont ici peu visibles, en
raison de l’épaisseur importante de la couverture tertiaire qui vient
napper les surfaces du plateau, il faut aller plus vers l’ouest, à partir de
Chasseneuil-sur-Bonnieure, pour commencer à repérer dans le paysage, des
90 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
morphologies singulières comme les dolines, poljés, avens, vallons secs,
sources et pertes qui tracent une karstification importante des couches
calcaires et dolomitiques. Toutes ces formes si particulières signalent que
l’autre dimension du paysage est sous terre (Dandurand 2011). Sous ce
glacis topographique, se développe un très grand nombre de grottes, entre
5 et 60 m sous la surface, qui forment un réseau de galeries souterraines,
plus ou moins connectées, qui mises bout à bout représentent plusieurs
kilomètres de long. L’ensemble constitue de véritables labyrinthes en
trois dimensions, qui ont pu être recoupés par l’abaissement de la surface
topographique et/ou le recul des versants, lors de l’encaissement des
principales vallées au cours du Pléistocène, les ouvrant ainsi sur la surface.
Devenues accessibles depuis l’extérieur, elles ont quelquefois été occupées
par les Hommes, aménagées et utilisées. Mais dans le secteur compris entre
Suaux et Chasseneuil-sur-Bonnieure, ces cavités sont inaccessibles depuis
l’extérieur, car masquées par la couverture sédimentaire semi-imperméable
tertiaire.
Ces cavités aveugles se sont formées selon un processus spéléogénétique
très particulier, appelé « fantômisation ». Il s’agit d’une longue période
incipiente d’altération isovolumique (Quinif 2010 ; Quinif et Bruxelles
2011 ; Dubois et al. 2014), qui se traduit par une décarbonatation et une
dédolomitisation de la roche encaissante dans des conditions de très faible
gradient hydraulique, bien avant le creusement des vallées principales.
Les produits issus de cette altération restent en place, mais préfigurent
les futurs conduits souterrains. On parle de fantôme de roche, car si la
porosité et la perméabilité de la roche atteint 60%, on reconnaît néanmoins
les caractéristiques minéralogiques et géochimiques de la roche-mère
ainsi que sa structure (joints de strates, filons de calcites et fossiles). La
fantômisation peut être soit d’origine hypogène (flux hydrothermaux), soit
épigène. Aucune circulation d’eau n’est venue creuser ces grottes, qui n’ont
pas fonctionné comme dans le karst classique en drain-collecteur. Dans
la région, deux phases d’altération ont eu cours, l’une durant le Crétacé
inférieur pendant une longue phase d’émersion de la plateforme carbonatée
pendant environ 50 Ma, l’autre au Cénozoïque. Ces deux périodes
peuvent être assimilées à une longue phase de préparation karstique. Dès
lors qu’un potentiel hydraulique s’initie du fait de l’incision des réseaux
hydrographiques, les fantômes de roche sont évacués par érosion régressive.
De véritables galeries et salles souterraines se dessinent alors.
Si les formes ne sont pas clairement exprimées dans le paysage, c’est en
grande partie en raison du très faible gradient hydraulique qui ne permet
pas une verticalisation des réseaux souterrains et donc des phénomènes de
soutirage responsables de formes souvent spectaculaires. En revanche, cette
lente phase de préparation karstique et d’altération a permis de créer les
conditions de creusement des grottes. Dans la région, la formation soudaine
de dolines d’effondrement de taille variable dans les argiles à silex tertiaires
témoigne d’un karst encore actif, et de l’évacuation du fantôme de roche
par battement de la nappe aquifère. L’altérite en place dans les couloirs
fantômisés finit par se tasser sur elle-même (faiblesse mécanique), l’érosion
se fait alors par une remontée progradante des couloirs d’altération jusqu’à
la surface.
4. 2. Observations stratigraphiques
Nous ne présenterons pas ici toutes les tranchées observées car les
informations qu’elles apportent sont parfois redondantes et leur
description systématique pourrait sembler fastidieuse. Nous avons donc
sélectionné une série de coupes qui illustrent à chaque fois un ou plusieurs
phénomènes originaux. Une attention particulière a été portée à une doline
dont le fonctionnement contribue à la compréhension de l’évolution
II. Résultats 91
morphologique et de l’histoire du paysage de ce secteur, au moins depuis le
début de l’Holocène.
4. 2. 1. La tranchée Tr13
Les logs stratigraphiques relevés dans la tranchée Tr 13 (fig. 86) ont permis
de reconnaître, à la faveur d’une très légère dépression, et d’identifier un
petit paléosol, conservé sur environ 0,10-0,15 m d’épaisseur, présentant des
glosses de lessivage.
Figure 86 Relevé stratigraphique à partir de la tranchée Tr13 (cliché et relevé : G. Dandurand / Inrap).
Il se caractérise par un niveau de limons plus ou moins argileux bruns à
brun-roux. Les paléosols pédologiques sont généralement des niveaux
de premier ordre à investiguer. Ils correspondent à un complexe
pédosédimentaire qui reste actif pendant un laps de temps relativement
long. Ils peuvent ainsi supporter plusieurs phases d’occupation. En
retour, en fonction des vestiges mis au jour, on connaît la durée de leur
fonctionnement. C’est précisément cet horizon stratigraphique, coll-P, que
nous avions déjà identifié lors des précédentes opérations de diagnostic et
de fouille préventive le long du tracé de la RN141.
Il surmonte ici un niveau de limons argileux jaune-orangé (3coll) parfois
rougeâtres, riches en précipitations ferro-manganiques, qui repose
directement sur des argiles bariolées rouges, lie-de-vin et orangées,
attribuées au Tertiaire (A coll). Au-dessus de coll-P, on note une nette
92 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
troncature matérialisée par un lit de cailloutis résidualisés. Il matérialiserait
l’érosion de la partie supérieure du sol par ruissellement. La dynamique,
trop faible pour transporter les éléments grossiers, n’a pu exporter que
les particules fines. On aboutit donc à une reconcentration secondaire
d’éléments grossiers qui soulignent cette troncature.
Cette phase d’érosion se traduit en parallèle par une importante phase
de sédimentation. En effet, surmontant coll-P, on identifie une formation
limono-argileuse à limono-sableuse brune (2coll), emballant des fragments
de silex roulés et de calcaires émoussés. Cette formation sablonneuse
traduit donc une reprise vigoureuse de l’érosion dont l’Homme est très
certainement responsable. Elle détruit partiellement le paléosol.
Ainsi à travers la tranchée Tr13, on retrouve une séquence stratigraphique
très similaire à celle que nous avions déjà observée, décrite et datée lors
des différentes opérations archéologiques de la RN141 (Kerouanton et al.
2025). L’étude des différents logs et coupes stratigraphiques avait permis
d’identifier six principales phases chronostratigraphiques. Dans les grandes
lignes, elles se concentrent sur :
la période moderne à contemporaine : 1coll,
la période médiévale, (haut Moyen Âge et Moyen Âge classique) : 2coll,
le 1er âge du Fer et du début du 2nd âge du Fer : coll-P,
le Bronze moyen et final : toit de 3coll,
le Néolithique récent / final : 3coll,
et la fin du Néolithique moyen : mur de 3coll.
4. 2. 2. La tranchée Tr15
La tranchée Tr15 a permis de mettre au jour un ensemble de structures
lié à une activité métallurgique, tracée par de probables tranchées
d’extraction de minerai de fer (F6-F7-F8-F9), associés à plusieurs kilos de
déchets paléométallurgiques. De plus, un tesson en céramique modelée
protohistorique a été retrouvé lors du nettoyage du fossé F9 tandis qu’une
datation 14C sur charbon provenant du fossé F6 (Beta-768420) a donné
également une attribution relative au 2nd âge du Fer, avec un âge de 2 270
± 30 BP, soit une date comprise entre 396 et 206 cal BC.
L’observation stratigraphique vient compléter ces analyses. Malgré
l’absence de trace de sol d’occupation, on observe (fig. 87) sous 0,10 m de
terre végétale (TV) et 0,18 m de limons gris hétérogènes pulvérulents, que
l’on assimile à la couche 1coll, un très mince niveau d’environ 0,10 m
Figure 87 Relevé stratigraphique à partir de la tranchée Tr15 (cliché et relevé : G. Dandurand / Inrap).
II. Résultats 93
d’épaisseur, formé par des limons brun-roux présentant les traces d’un
système racinaire, que l’on peut corréler à la couche coll-P. En outre, on
a pu reconnaître dans le remplissage du fossé, mélangé aux scories, un
sédiment limoneux brun grumeleux hétérogènes et mal triés, qui renvoie
probablement à la couche coll-P, ici remanié et piégé dans la structure
archéologique en creux (Rcoll-P). Le fossé entaille et recoupe les niveaux
3coll et les argiles sableuses rouge-ocre tertiaire (A coll). Cet argument
lithostratigraphique permettrait de proposer un âge aux structures
archéologiques mises au jour, entre le 2nd âge du Fer et le début du haut
Moyen Âge. La datation 14C sur charbon dans la structure F6 confirme
cette attribution chronoculturelle. L’observation stratigraphique montre
ainsi une très forte érosion entre la couche coll-P, dont il ne subsiste que
les horizons inférieurs, et la couche 2coll. Ainsi, le paléosol qu’on a pu
identifier dans ce secteur, coll-P, semble ici avoir été très largement érodé.
Sa troncature et les dépôts sablonneux qui le fossilisent (1coll) sont donc
postérieurs. Il reste cependant délicat de préciser si cette érosion, très
certainement d’origine anthropique, démarre dès le second âge du Fer ou si
elle ne fait qu’en remanier le matériel, plusieurs siècles plus tard.
4. 2. 3. La tranchée Tr25
La tranchée Tr25 a mis en évidence la présence de pinacles calcaires dont la
partie sommitale est sub-affleurante (fig. 88). Entre ces pointements rocheux,
on identifie une formation argileuse blanchâtre, parfois rouge ou lie-de-
vin. Le pinacle recoupé dans ce sondage correspond à la partie supérieure
d’un chicot calcaire résiduel dont la surface pulvérulente et poreuse (cortex
d’altération) rend compte de processus de dissolution sous une couverture
plus ou moins perméable. Dans le détail, les cannelures et les alvéoles qui
taraudent la surface du chicot calcaire tracent un phénomène de crypto-
corrosion. Il s’agit donc ici d’un crypto-lapiaz. Ainsi, les dépôts argilo-
sableux ont très probablement joué le rôle de compresse humide sur les
calcaires et ont favorisé la dissolution sous couverture. Ce phénomène que
l’on appelle crypto-corrosion, est à l’origine de la formation des lapiaz et de
vastes dépressions entre les chicots calcaires colmatées par des argiles à silex
tertiaires colluvionnées.
Figure 88 Pinacle calcaire reconnu dans la tranchée Tr25 (cliché : G. Dandurand / Inrap).
À l’échelle du plateau, ces formes et formations permettent de délimiter
le front de karstification, sous une couverture plus ou moins épaisse,
constituée par les argiles à silex, elles-mêmes recouvertes localement
par des colluvions pléistocènes et holocènes, constituant une couverture
94 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
allochtone. Bien qu’hétérogène, ce cryptolapiaz forme sans doute un
continuum à l’échelle du plateau à l’interface du substratum et des
couvertures conservées en place ou remaniées. Il constitue un front
d’altération qui s’enfonce dans les calcaires bioclastiques et les dolomies,
et vient tronquer des structures d’altération autochtones plus anciennes
et les discontinuités karstiques sous-jacentes. Cette deuxième famille
de formes, plus ou moins cachées elles aussi, s’imprime essentiellement
sur les couloirs de fantômisation et recoupe les pseudo-endokarsts. Ces
structures, calquées en partie sur le maillage de la fracturation, expliquent
la géométrie et le fonctionnement des vallons qui incisent le plateau qui
sont très développés, mais sans affluents et surtout avec des bassins versants
indigents. Ils correspondent en fait au décolmatage des altérites des couloirs
de fantômisation.
4. 2. 4. La tranchée Tr26
Un relevé stratigraphique sur 0,70 m de hauteur a mis en évidence, sous
environ 0,18 m de terre végétale, un niveau brun clair à grisâtre, légèrement
orangé d’environ 0,20 m d’épaisseur qui correspond probablement à
1coll très bioturbé. Sous cette couche, on reconnaît un dépôt de limons
brun foncé à structure grumeleuse, riche en charbons (2coll). Au mur de
cette formation, on identifie les traces d’un système racinaire sur environ
0,10 m d’épaisseur, développé aux dépends de limons argileux bruns ocre
(coll-P). Ces dépôts sont riches en fragments de silex très altérés avec un
cortex d’altération centimétrique, et en fragments calcaires poreux plus ou
moins pulvérulents. On reconnaît aussi de nombreuses billes d’oxyde de fer
éparses. Enfin à la base de la séquence, sur environ 0,07 m d’épaisseur, on
passe à des limons très argileux rouge ocre qui semblent correspondre aux
argiles à silex tertiaires (A coll).
Cette petite séquence sédimentaire est intéressante, car elle a permis de
relever la présence d’un paléosol au toit duquel s’ouvrent des structures
fossoyées dans lesquelles on a des éléments de rejet de métallurgie
attribuables au second âge du Fer. Si l’attribution de ces structures était
confirmée, cela permettrait de préciser et de conforter la chronostratigraphie
proposée lors des différentes phases d’opérations archéologiques de la
RN141. La transition stratigraphique entre coll-P et 2coll archiverait bien
les occupations qui s’étendent du 2nd âge du Fer jusqu’au haut Moyen Âge.
4. 2. 5. La tranchée Tr27
La tranchée Tr27 montre la même séquence stratigraphique. On retrouve
sur environ 0,70 m de profondeur, de la base au sommet, d’abord les
limons argileux marbrés du Plio-Quaternaire (A coll), emballant des silex
centimétriques à décimétrique et des calcaires très altérés sur environ
0,10 m d’épaisseur. Ils sont surmontés par un paléosol à système racinaire
(coll-P) qui correspond à des limons brun-ocre parfois marbré rougeâtre
à structure grumeleuse sur environ 0,30 m d’épaisseur. Ce paléosol est
recouvert sur environ 0,10 m d’épaisseur par des sables grisâtres très
déstructurés et bioturbés. Enfin au-dessus sur environ 0,15 m d’épaisseur on
a le sol de labours actuels, très pulvérulent gris clair.
4. 2. 6. La tranchée Tr31
Le relevé d’un log stratigraphique dans la tranchée Tr31 (fig. 89) montre la
séquence suivante, marquée de la base au sommet par :
A coll : les altérites colluvionnées formées par des argiles plus ou moins
sableuses versicolores, rouges, jaunâtres à grisâtres et marbrées, emballant
des fragments de silex altérés et roulés.
Coll-P : par-dessus, sans discontinuité, on recoupe un dépôt d’épaisseur
régulière de limons plus ou moins argileux bruns à brun-roux. Cet horizon
II. Résultats 95
Figure 89 Relevé stratigraphique à partir de la tranchée Tr31 (cliché et relevé : G. Dandurand / Inrap).
est interprété comme un colluviosol (Baize et Girard 2008 ; Jamagne 2011),
tracé par les marques d’un système racinaire, une texture grumeleuse à
polyédrique, de nombreux indices de bioturbation et des charbons. Il
marque probablement une phase de stabilité paléoenvironnementale,
favorisant le développement d’un petit paléosol au dépend des colluvions
inférieures.
2coll : des limons bruns plus ou moins foncés, riches en charbons et
cailloutis calcaires, billes d’oxydes de fer roulées et graviers de quartz épars.
Le mauvais tri granulométrique et l’hétérogénéité des matériaux plaident en
faveur de colluvions remaniant d’anciens dépôts de versant et des éléments
du paléosol coll-P.
1coll : des limons sableux brun-grisâtre pulvérulents à fragments de silex
centimétriques et nodules de fer. La structure polyédrique et les nombreux
indices de bioturbation (activités lombricoles, racines et radicelles) rendent
compte d’une pédogenèse subactuelle.
TV : terre végétale formée par des limons gris pulvérulents.
4. 2. 7. Les tranchées Tr123-Tr124-Tr125
La réalisation des tranchées Tr123-Tr124-Tr125 avait pour but de vérifier
l’origine d’une dépression ouverte, à peine perceptible dans le paysage.
Cette dépression était donnée par les études géophysiques comme étant une
forme karstique de type doline. Mais sa faible profondeur, son fond plat,
96 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
et l’ouverture vers un pseudo-vallon fluvio-karstique nous ont interrogés
quant à sa nature et à son origine. De surcroît, lors de notre visite de
chantier nous avions remarqué que la partie aval du vallon, située en dehors
de l’emprise diagnostiquée, était obstruée et barrée par un petit relief dont
l’origine semblait très certainement anthropique.
La tranchée Tr123, perpendiculaire à l’axe de la dépression, a atteint
directement sous la terre végétale les altérites sablo-argileuses bariolées
orange lie-de-vin, et riches en oxydes de fer qui se présentent sous la forme
de pisolithes pluricentimétriques (fig. 90). Aucune formation superficielle
naturelle n’a été reconnue, même vers la partie profonde de la dépression.
Figure 90 Pisolithe de fer prélevé dans la
En revanche, le sondage a bien mis en évidence la présence d’une grande
tranchée Tr123 (cliché : G. Dandurand / Inrap).
fosse profonde qui semble correspondre à une carrière d’extraction
d’argile et d’oxydes de fer. Le fond de la carrière a été atteint à 2,80 m de
profondeur. Le remplissage est constitué de limons plus ou moins sableux
brun foncé à cailloutis calcaires épars, et emballant de nombreux tessons
médiévaux et une grande quantité de scories.
Ce colmatage semble donc correspondre aux colluvions 2coll, remaniées
et piégées dans la structure archéologique. Il rend compte d’une érosion
très importante liée à l’occupation médiévale, car on ne retrouve plus
aujourd’hui en surface le niveau 2coll, qui devait pourtant recouvrir
l’ensemble des versants et des parties sommitales du plateau. C’est une
tranche sédimentaire de quelques décimètres qui a disparu. Son érosion
généralisée est très certainement imputable aux différentes activités
anthropiques, soit directement liées à l’occupation médiévale soit
postérieurement. Par conséquent, on a bien une dépression perceptible dans
le paysage, mais qui ne correspond pas à une morphologie naturelle, mais
plutôt à une structure en creux anthropique profonde. Le bourrelet que
nous avions repéré hors emprise, qui vient obstruer et barrer le pseudo-
vallon, pourrait potentiellement correspondre à un talus issu des déblais
d’extraction. Cela reste bien évidemment à préciser.
4. 2. 8. Les tranchées Tr117-Tr118-Tr119 (fig.91 a et b)
Si les séquences sédimentaires qui ont été recoupées sur l’ensemble de
l’emprise diagnostiquée présentent une faible épaisseur de recouvrement
– le plus souvent, le substrat argileux tertiaire a été atteint à quelques
décimètres de profondeur – un point de soutirage a cependant été identifié
et a permis de recouper des formations plus épaisses. La grande doline
(150 m de diamètre environ et 4 m de profondeur) repérée pendant la
phase de préparation a été investiguée et sondée par la réalisation de deux
grandes tranchées qui se recoupent perpendiculairement dans le fond de la
dépression fermée. Elle présente un profil général nettement dissymétrique :
le versant oriental est plus incliné et se raccorde progressivement au vallon
fluvio-karstique qui se prolonge vers le nord en dehors de l’emprise. Les
sondages ont permis de montrer une très forte dilatation de la séquence
sédimentaire qui se caractérise de la base au sommet par les niveaux
suivants :
A : les altérites en place bariolées, blanches (kaolinites), rouges à lie-de-vin,
très compactes et riches en précipitations ferro-manganiques. Ces altérites
ont été recoupées en dehors de la dépression, sur tout son pourtour. Le log
GD5 a recoupé cette formation sur plus de 2,50 m d’épaisseur.
A coll : les altérites colluvionnées formées par des argiles plus ou moins
sableuses versicolores, rouges, jaunâtres à grisâtres et marbrées, emballant
des fragments de silex altérés et roulés. Ces formations colluviales anciennes
tapissent les versants et le fond de la doline.
au point le plus bas de la doline, 4coll : des limons bruns à jaunâtres mal
triés. Ces dépôts correspondent à des formations éo-colluviales emballant
des blocs calcaires altérés. Au mur de ces dépôts, on observe des fentes en
coin qui correspondent à des fentes verticales de dessiccation peu profondes
(environ 30 cm), colmatées par des limons sableux grisâtres. Il s’agit de
II. Résultats 97
top-sol (extrait du RGEALTI®1m, ign)
1
fond de tranchée
paléolithique ?
indéterminé
(datation)
(type)
2
3
4
3
5
5
10
6
11
12
13
15
14
7
16
8
17
9
3
m NGF
IGN69
180
178
176
18
19
20
2
m NGF
IGN69
182
180
178
176
1
180
178
176
174
Figure 91a Localisation des transects pédosédimentaires et des Logs dans la doline à partir des tranchées Tr117-Tr118-Tr119 (levé et DAO : G. Dandurand et
B. Moutarde / Inrap).
Légende
98
Fouille Exideuil Les Renfermes 1 Fouille Exideuil Les Renfermes 2 Fouille Exideuil La Péruse Tras le Bos
S. Guillin I. Kerouanton P. Bâty
TV terre végétale et labours (horizon A)
limons gris pulvérulents 4
1
D
1coll S colluvions 1 (1coll) : limons sablonneux grisâtres -G
g
pulvérulents, graviers et fragments de silex, Fe-Mn Lo
1coll C
base caillouteuse des colluvions 1
1coll
colluvions 1 (1coll) : limons sableux brun gris à brun jaune
à graviers et granules de quartz anguleux
0,50 m
colluvions 2coll à glosses de lessivage 14C charbon 831-991 cal AD
3
1
D
2coll colluvions 2coll grossières et hétérométriques charb. 424 - 565 cal AD -G
g
Lo
colluvions 2 (2coll) : limons brun foncé 1 18
à structure grumeleuse, charbons charb. 146 cal BC - 68 cal AD Tr
0
2collH dépôt argileux (décantation) hydromorphe
charb. PV2 386 -199 cal BC
charb. PV3 388 - 201 cal BC
fragment de céramique / tesson Un charbon a été prélevé au toit de coll-P à partir du
Inrap · Rapport de diagnostic
log15 à 1,10 m de profondeur. Le résultat de la datation 2
1
(Beta - 697294) a donné un âge de 2 260 ± 30 BP, soit D GD20
charbons -G Log-
une date entre 395-206 cal BC g
troncature début 2nd âge du Fer 14C charbon 390-206 cal BC Lo
La base de coll-P est attribuée au Bronze moyen,
coll-P paléosol Bronze final / 1er Fer attesté par la découverte de mobilier céramique et
limons argileux bruns rougeâtres (paléosol) GD19
d’une datation 14C réalisée sur charbon à l’interface 0
Log-
0,50 m
3coll / coll-P pendant la phase de diagnostic
troncature 3coll / coll-P datée entre 1416-1298 cal BC érosion Bronze moyen (Beta-504349), donnant un âge de 3 080 ± 30 BP, soit
une date entre 1416-1298 cal BC m
1
3coll limons mal triés, jaune orangé à roux occupations Néo / Bronze
GD18
Log-
0,50 m
Un charbon a été prélevé à la base de 3coll à partir
4coll limons fins jaunes à bruns du log13 à 1,10 m de profondeur. Le résultat de la 1
1
dépôts éoliens colluvionnés datation (Beta - 697293) a donné un âge de 3 960 ± D
-G
30 BP, soit une date entre 2571-2347 cal BC g 9
fentes dessiccation et racines (podzol) Lo
1
Tr1
Fe-Mn périracinaires
0,50 m
précipitations Fe/Mn + oxydation rouille 0 GD17
Log-
m
A coll : altérites sablo-argileuses colluvionnées 1
A coll 0
A A : argiles rouges à lie-de-vin,
passées d’argiles bariolées,
à billes d’oxydes de fer
0
1
Log-GD1 D
180.95 -G GD16
m g Log-
Lo
0
0,50 m
Log-GD2
0 m
179.96
m 1
1m
0,50 m
Log-GD3
GD15
N
178.48
m Log-
0
Log-G4
0,50 m
0 178.16
m
1m
Log-GD5
m
0 177.30 1
m
Log-GD6
0 177.08
m
Log-GD7
178.05
Tr117
1m 0 m
Log-GD8
6532500 1m 0
178.45
m Log-GD9
178.91
m
1m
0,50 m
doline
1m
Tr117 1m
6532000 Tr118
Tr119 1m
0
18
Tr117 : vue vers l’ouest Tr117 : vue vers l’est
6531500
185
Figure 91b Transects pédosédimentaires dans la doline à partir des tranchées Tr117-Tr118-Tr119 (levé et DAO : G. Dandurand / Inrap).
6531000
190
185
185
180
175
170
165
190
6530500
505500 506000 506500 507000 507500
Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
II. Résultats 99
fentes de contraction thermique, caractéristiques de milieu périglaciaire
avec formation d’un pergélisol au moins saisonnier. En fonction des
conditions climatiques en surface, de la glace ou du sable vient colmater
ces fissures béantes. Lors du dégel, le sol reprend son volume initial mais il
ne peut refermer les fissures qui sont entièrement colmatées. Puis au cycle
froid suivant, une nouvelle phase de contraction des sols provoque une
réouverture des fissures déjà existantes. En effet, ces cassures constituent
une zone de faiblesse qui sera systématiquement réutilisée. Une nouvelle
fissure béante apparaît donc au même endroit et elle sera à nouveau
colmatée de glace ou de sable. Au gré de l’alternance des phases de gel
et de dégel, qui peut être annuel ou pluriannuel, ces fissures s’élargissent
progressivement pour former en coupe une fente en coin, et en plan un sol
polygonal, ici de quelques décimètres de diamètres.
3coll : des limons sableux mal triés brun-roux à jaune-rougeâtre. Cette
formation se dilate fortement au point bas de la dépression et présente
clairement un pendage en direction de son centre, qui marque le point
de soutirage. Elle s’enrichit par ailleurs en blocs calcaires émoussés
pluricentimétriques.
Coll-P : par-dessus, sans discontinuité, on recoupe un dépôt d’épaisseur
régulière de limons plus ou moins argileux bruns à brun-roux, qui vient
mouler le niveau 3coll. Cet horizon est interprété comme un colluviosol
(Baize et Girard 2008 ; Jamagne 2011), tracé par les marques d’un
système racinaire, une texture grumeleuse à polyédrique, de nombreux
indices de bioturbation et des charbons. Il marque probablement une
phase de stabilité paléoenvironnementale mais également de la dynamique
karstique, favorisant le développement d’un petit paléosol au dépend des
colluvions inférieures. L’ensemble 3coll / coll-P forme ainsi un complexe
pédosédimentaire cohérent. La dépression circulaire était encore bien visible
dans le paysage.
2coll : marque un changement important dans la dynamique
morphosédimentaires et l’évolution du paysage. Il s’agit de limons
bruns plus ou moins foncés, riches en charbons et cailloutis calcaires,
billes d’oxydes de fer roulées et graviers de quartz épars. Le mauvais
tri granulométrique et l’hétérogénéité des matériaux plaident en faveur
de colluvions remaniant d’anciens dépôts de versant et des éléments du
paléosol coll-P. On note une nette dilatation de 2coll vers le centre de la
dépression, venant ainsi niveler la surface topographique par remblaiement,
et donnant au paysage sa physionomie actuelle. L’apparition brutale d’une
phase de sédimentation détritique (2coll) marque une nouvelle étape dans
l’histoire des paysages de la vallée de la Charente, largement liée à l’impact
direct ou indirect de l’homme. C’est à ce moment que l’essentiel du paléosol
(3coll / coll-P) disparaît des versants et du sommet du plateau, pour se
retrouver remanié sous formes de colluvions, et mélangé aux cailloutis
calcaires émoussés, fragments de silex et à des limons sableux. Le secteur
acquiert dès lors l’aspect qu’on lui connaît actuellement avec des paysages
ouverts et largement entretenus depuis par l’anthropisation. Dans ce
contexte morpho-dynamique, seuls les creux topographiques, sont donc
susceptibles de piéger et de conserver quelques lambeaux des couvertures
sédimentaires anciennes.
1coll : des limons sableux brun-grisâtre pulvérulents à fragments de silex
centimétriques et nodules de fer. La structure polyédrique et les nombreux
indices de bioturbation (activités lombricoles, racines et radicelles) rendent
compte d’une pédogenèse subactuelle. Le relevé des différents logs montre
que 1coll repose directement sur A , A coll et 2coll. Cette disposition
marque une surface de ravinement qui vient biseauter indifféremment les
différentes formations sous-jacentes en lien avec une érosion importante,
dont l’origine est très certainement anthropique.
TV : terre végétale formée par des limons gris pulvérulents.
100 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Les sondages montrent également que le remplissage de cette doline
présente une dissymétrie en accord avec celle observée en surface. Si les
différents dépôts d’accumulation relevés dans cette doline sont relativement
simples, ils témoignent déjà d’une succession d’évènements qui ont
contribué à sa formation mais aussi à son colmatage.
Bien que le toit des calcaires n’ait pas été atteint, les deux transects réalisés
dans la doline ont cependant révélé la présence d’un entonnoir de soutirage
indiquant la proximité du substrat carbonaté. Colmaté par des colluvions
holocènes, cet entonnoir de soutirage de plusieurs mètres de diamètre,
s’ouvre au sein des colluvions 4coll, qui correspondent à des formations
éo-colluviales, dont la mise en place pourrait être rattachée à la fin du
dernier pléniglaciaire ou au Tardiglaciaire. Sur toute sa hauteur, il est rempli
par des colluvions 3coll formées de limons argileux brun-roux emballant
quelques gros blocs calcaires décimétriques et fragments de chailles. En
outre, un sol brun coll-P s’est développé à leur sommet, ce qui confirme
une ambiance climatique beaucoup plus clémente. Ces dépôts ainsi que le
paléosol qui les affecte doivent couvrir au moins toute la première moitié
de l’Holocène. Le soutirage a absorbé une partie de la formation 3coll et il
y a donc toutes les chances qu’il ait fonctionné pendant que la pédogenèse
était active, soit pendant une bonne partie de l’Holocène. Le paléosol est
ensuite scellé par les colluvions caillouteuses (2coll) qui n’ont subi aucune
déformation. L’arrivée massive de dépôts détritiques, riches en cailloutis,
signe une importante déstabilisation des versants. L’impact anthropique est
certainement à l’origine de ce phénomène. Les sols qui s’étaient développés
ont été en grande partie décapés par l’érosion, à l’exception des points bas
des dolines où ils ont été scellés par un important colluvionnement (1coll).
Les études géoarchéologiques qui ont été menées jusqu’à présent sur la RN
141 au cours des différentes phases de diagnostics et de fouilles ont permis
de préciser par datations radiocarbones, le cadre chronostratigraphique des
systèmes colluviaux 3coll / coll-P / 2coll / 1coll. Dans les grandes lignes,
elles se concentrent sur :
La période moderne à contemporaine : 1coll,
la période médiévale, haut Moyen Âge et Moyen Âge classique : 2coll,
la période gallo-romaine : mur de 2coll,
le 1er âge du Fer et du début du 2nd âge du Fer : coll-P,
le Bronze moyen et final : toit de 3coll,
le Néolithique final, et la fin du Néolithique moyen mur de 3coll.
Compte tenu du dispositif morphosédimentaire, les colluvions anciennes
4coll que nous avons recoupées uniquement dans la doline sont donc
susceptibles de contenir des vestiges de l’Épipaléolithique, voire du
Paléolithique supérieur. Néanmoins, il y a de forts risques de retrouver le
matériel en position secondaire, au sein de ces formations sédimentaires
anciennes.
4. 3. Interprétations géomorphologiques et
géoarchéologiques
4. 3. 1. Les dynamiques morphosédimentaires
Fort de notre expérience et des données acquises lors des opérations
archéologiques précédentes réalisées tout le long du tracé de la RN141,
nous avons pu identifier assez aisément les différents corps sédimentaires,
leur nature, leur origine, leur géométrie et leur évolution ainsi que
les différentes phases de troncature. La reconnaissance d’un petit
paléosol (3coll / coll-P) déjà observé dans d’autres secteurs a été un
élément déterminant, et un guide précieux pour la recherche de vestiges
archéologiques ou dans l’appréhension de la découverte de certains vestiges.
Ce petit paléosol constitue ainsi un jalon de première importance.
II. Résultats 101
Conservé aujourd’hui de manière différentielle principalement dans les
points bas topographiques comme les dolines ou les têtes de vallons, il faut
imaginer qu’il devait recouvrir l’ensemble des versants et des replats. Cette
pédogenèse matérialise une longue phase de stabilité et de développement
de la végétation, en équilibre avec les conditions climatiques (biostasie).
Au-dessus, l’apparition brutale d’une phase de sédimentation détritique
(2coll) marque une nouvelle étape dans l’histoire du paysage, largement liée
à l’impact direct ou indirect de l’Homme. C’est à ce moment que l’essentiel
du colluviosol disparaît des versants pour se retrouver remanié sous forme
de colluvions et mélangé aux cailloutis émoussés et aux argiles sableuses
orangées résiduelles. Le secteur acquiert dès lors l’aspect qu’on lui connaît
actuellement avec des paysages ouverts et largement entretenus depuis par
l’anthropisation.
4. 3. 2. Conséquences pour la préservation et la recherche des vestiges
archéologiques
Si les surfaces sous-tendues par les argiles à silex tertiaires plus ou moins
colluvionnées ont été soumises à une intense érosion généralisée, le
karst quant à lui recèle quelques pièges sédimentaires qui soustraient
ponctuellement les formations superficielles à l’érosion. C’est notamment
le cas des dolines. On y retrouve des dépôts anciens qui n’existent plus en
surface. Elles s’avèrent être des archives morphosédimentaires de premier
choix et se révèlent donc comme une source d’informations précieuses.
Les travaux que nous avons réalisés dans des contextes similaires ont
montré tout l’intérêt de concentrer l’essentiel des sondages dans les dolines.
Les surfaces et versants sont souvent recouverts d’un sol squelettique. Il
apparaît que la quasi-totalité des sols plus anciens, développés depuis le
début de l’Holocène, ont disparu. Ce décapage généralisé est directement
imputable aux premiers impacts de l’homme sur les paysages (incendies,
pâturage, mise en culture...) et se manifeste dans le secteur dès le
Néolithique (Kerouanton et al. 2025). Les quelques sondages réalisés sur
les versants dans le cadre de ce diagnostic ont confirmé l’indigence des
formations superficielles. Du coup, il ne reste quasiment plus aucun vestige
sur ces versants, hormis les structures creusées profondément dans le
substrat argileux.
Les dolines étant des dépressions fermées, elles stockent l’essentiel du
matériel qui est érodé sur leur bassin-versant. Ainsi, elles constituent de
très bons enregistreurs des évolutions paysagères et morphologiques. Les
vestiges archéologiques sont généralement préservés et scellés par une
succession d’apports colluviaux. De même, le matériel éventuellement
présent sur leurs versants se retrouve accumulé en position secondaire dans
le remplissage de la doline. Enfin, des informations paléoenvironnementales
peuvent être déduites des différentes dynamiques sédimentaires.
A partir de ce constat, nous avons donc choisi de concentrer l’essentiel
de notre recherche dans le fond des dolines. Nous y avons effectivement
recoupé des séquences sédimentaires bien développées et couvrant des
périodes variées. Pourtant, très peu de matériel archéologique n’y a été
découvert. Même le paléosol qui matérialise une longue période de stabilité
sur lequel nous aurions pu trouver des vestiges n’a rien livré. Seules les
colluvions à cailloutis corrélatives du démantèlement du sol sur les versants
contenaient quelques indices mobiliers.
Ceci tendrait à indiquer que le fond de cette doline n’a pas ou très peu été
occupé, en tout cas en ce qui concerne une bonne partie de l’Holocène.
Même si l’on observe quelques perturbations par l’action du soutirage, les
niveaux sont suffisamment cohérents et bien conservés pour imaginer que
les traces d’une occupation seraient encore visibles.
Dans tous les cas, et même en l’absence de découvertes archéologiques dans
la doline, les conclusions déduites de l’étude stratigraphique des tranchées
confirment notre choix opérationnel. C’est bien dans ces dépressions que
102 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
sont conservées les informations sédimentaires et paléoenvironnementales
les plus riches. Il est donc pertinent d’y multiplier les sondages, souvent
profonds, car c’est aussi là que le potentiel archéologique est le plus
important. Leur disposition doit cependant être organisée en fonction de
la morphologie de la doline et de sa dynamique (dissymétrie, présence de
soutirages actifs, localisation de la bordure de corrosion).
Sur les versants, en revanche, l’érosion a été très active en grande partie du
fait de l’impact de l’Homme sur les paysages. Il ne reste donc plus que les
vestiges plus massifs (four, murets) ou les structures en creux comme les
fossés et la carrière que nous avons découverts. Dans ces contextes, une
prospection pédestre détaillée se révèle indispensable afin de détecter les
structures archéologiques mais aussi les anomalies (poche argileuse, légère
dépression) qu’il sera nécessaire de sonder mécaniquement.
II. Résultats 103
5. Les études de mobilier
5. 1. Le mobilier lithique
(Nelly Connet, Inrap NAOM)
Cinq éclats de silex taillé ont été mis au jour lors du diagnostic
d’archéologie préventive de la phase 2 de la mise en 2x2 voies de la RN141
entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières, sur la commune de Suaux.
Ils ont été découverts dans les tranchées 2, 14, 27 et 121, aux extrémités
ouest, ainsi qu’au centre de l’emprise, et sont donc très espacés les uns des
autres. Deux étaient contenus dans la couche de labour, un dans la structure
115.01 et deux autres dans les limons fins qui recouvrent les calcaires du
Jurassique, à 30 et 55 cm de profondeur.
Deux états de conservation sont observés : l’un très médiocre (lustré
complet, arêtes émoussées, voire écrasées, bords altérés ; tranchées 2,
115 et 121 ; fig. 92 n° 22 et 43), l’autre bon (arêtes fraîches, bords coupants,
absence de lustré de surface ; tranchées 14 et 27 ; fig. 92 n° 14 et 35). Deux
pièces altérées ont été mises au jour dans ou juste sous la couche de labour
et la troisième dans la structure F115.01. Quant aux deux objets mieux
conservés, ils proviennent pour l’un de la couche de labour (tranchée 27) et
pour l’autre des limons qui la sous-tendent (tranchée 14).
Trois éclats ont possiblement subi une chauffe : un éclat roulé et lustré de
teinte rouge soutenu (fig. L1 n° 4), un éclat au cortex et sous cortex rosé (fig. 92
n° 2) et un éclat présentant des cupules irrégulières sur une portion de sa
face inférieure (fig. 92 n° 1). La coloration rougeâtre des deux premiers peut
être consécutive d’une chauffe non intentionnelle ayant altéré les oxydes
présents dans le matériau. Par contre, la présence de cupules irrégulières sur
la face plane du troisième objet et le caractère intentionnel de son extraction
(présence de talon) indiquent sans contexte la chauffe du bloc de silex
antérieurement au débitage de l’éclat et sans doute son caractère volontaire
(Inizan et Tixier, 2000 ; Guibert, 2001).
Les matériaux exploités, hors le petit éclat de la structure F115.01 qui est
un silex blond, sont des silex jurassiques de teinte grise, de structure fine,
comportant des zones internes imparfaitement silicifiées. Les éclats sont
de petites dimensions, mesurant au plus 7 cm. Trois sont épais et trapus
ou peu allongés, de profil rectiligne à bombé. Leurs talons larges, épais et
lisses permettent de proposer une percussion rentrante. Un quatrième éclat,
cortical, est plus fin (9 mm) et légèrement tors. Sur ce dernier, qui est celui
issu d’un bloc chauffé, la portion de talon lisse conservée est fine, oblique,
et pourrait indiquer une percussion tangentielle.
Trois éclats portent des plages corticales ou des plans de clivage. Deux
éclats s’inscrivent dans des phases de production centripète à convergente
(tranchées 27 et 121), un troisième est un petit éclat débordant (tranchée
2), un éclat est issu d’une phase de décorticage (tranchée 14), et le dernier
(F115.01) est un petit éclat lustré.
2. 2025-16-208457-C2-25
3. 2025-16-208457-C2-28
4. 2025-16-208457-C2-26
5. 2025-16-208457-C2-27
104 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
1 2
3 4
0 5 cm
Figure 92 Industrie lithique, n° 1 – tranchée 14, n° 2 – tranchée 121, n° 3 – tranchée 14, n° 4 – tranchée 2.
Les éléments techniques recueillis, y compris la chauffe intentionnelle, ne
permettent pas d’émettre d’hypothèse d’ordre technoculturel. L’amplitude
culturelle peut en effet couvrir toute la période durant laquelle les
populations humaines ont taillé le silex. La chauffe intentionnelle, plus
développée durant l’Épipaléolithique, est, elle, reconnue depuis le Solutréen
(Bordes, 1969).
La découverte de seulement cinq éclats taillés sur une surface explorée
de plus de 1,7 ha pour une épaisseur sédimentaire quaternaire moyenne
de 0,4 m à parfois plus de 1 m est étonnante. Même si le nombre de
pièces lithiques taillées est sans doute légèrement sous-évalué en raison de
l’approche mécanisée, il reste qu’aucune zone de densité de silex taillés,
même remobilisée, n’a été détectée. Il semble alors évident que cette zone de
plateau a été fortement érodée. Le petit lot de silex taillés mis au jour sur
l’emprise de la phase 2, même s’il n’est guère informatif sur les populations
anciennes qui ont occupé le plateau, constitue sans doute les derniers
reliquats de plusieurs millénaires de fréquentation humaine de ce secteur.
5. 2. De rares tessons protohistoriques
(Isabelle Kerouanton, Inrap NAOM, UMR 6566 CReAAH)
110 tessons de céramique modelée, protohistoriques, ont été recueillis à
l’occasion du diagnostic réalisé en mai et juin 2025 sur la commune de
Suaux, pour un poids total de 1 853 g. Ils proviennent de sept tranchées
différentes : 2, 15, 26, 101, 115 et 123.
L’essentiel a été retrouvé dans la fosse F1 de la tranchée 2 : 85 tessons
(1 646 g). Le reste se répartit comme indiqué sur le tableau suivant :
Tranchée Structure US Poids (g) NRB NRC
2 1 1 646 85 75
101 101-10 119 8 7
115 115-1 1 52 12 11
15 9 7 2 1
26 16 8 1 1
115 TV 10 1 1
123 123-1 11 1 1
NRB : nombre de restes brut. NRC : après remontage
Tableau 3 Inventaire général des céramiques protohistoriques (I. Kerouanton, Inrap NAOM, 2025)
II. Résultats 105
Rien ne peut être dit des autres tessons ; ils sont en effet de trop petite taille
ou sans éléments de forme ou de décor pour qu’une quelconque précision
en termes de datation puisse être avancée.
Parmi les tessons recueillis dans l’us 1 de la fosse F115-01 en tranchée 115,
notons la présence d’un petit fragment de bord et, probablement, d’un petit
fragment de départ de fond plat. Les autres tessons (nombreuses cassures
fraîches ; deux tessons au moins remontent) ne présentent pas d’éléments de
forme ou de décor mais ils présentent des surfaces sombres soigneusement
lissées. Ces tessons, ainsi que les deux petits éléments de forme, peuvent
sans doute être datés de l’âge du Bronze final ou de l’âge du Fer (1er âge du
Fer ou début du 2d).
En tranchée Tr.2, en revanche, ce ne sont pas moins de 85 tessons qui ont
été recueillis dans la fosse F1, pour un poids total de 1 646 g (fig. 93). Tous
proviennent très vraisemblablement d’un même récipient, à l’exception
peut-être d’un très petit tesson en céramique plus fine.
Plusieurs de ces tessons présentent des cassures fraîches et plusieurs
remontages ont pu être retrouvés. La pâte est grossière, avec de nombreux
grains de quartz ou de silex de taille moyenne (quelques millimètres)
régulièrement répartis. Les surfaces sont érodées mais ne semblent pas
témoigner d’un soin particulier de finition (aucune trace de lissage et encore
moins de polissage des surfaces). La pâte est plutôt sombre. Malgré nos
tentatives, nous n’avons pas réussi à remonter de façon complète le profil.
Le fond est plat, particulièrement bien fini sur sa face externe (presque
lissé) contrairement à sa surface interne, très irrégulière. Il est légèrement
dégagé de la panse, qui apparaît plutôt concave en partie inférieure, et très
rebondie au niveau de l’épaule. Le bord est court et légèrement ouvert. Le
diamètre à l’ouverture de ce récipient est de 36 cm ; le diamètre maximal, à
hauteur de l’épaule très rebondie, de 40,5 cm ; le fond présente quant à lui
un diamètre de 18 cm. La hauteur, supposée, du pot est de près de 23 cm.
À l’exclusion du fond, qui paraît presque soigneusement fini, aucun soin ne
semble apporté à la finalisation du récipient. Les parois, épaisses de 0,8 à 1
cm, sont assez grossièrement montées. Aucun soin n’est apporté à la finition
du montage.
La datation d’un récipient isolé n’est, de manière générale, pas facile à
faire lorsqu’il ne s’agit pas d’un type bien déterminé ou doté de décors bien
caractéristiques. Ce n’est donc qu’avec la plus grande prudence que nous
proposerions une datation au 1er âge du Fer pour ce récipient, bien qu’une
datation plus haute, dans le courant de l’âge du Bronze, ne nous semble pas
totalement exclue. Bien que de forme différente, il n’est pas sans rappeler le
pot biconique, tout aussi isolé et de datation également délicate, retrouvé à
un peu moins de 10 km à l’est sur la commune de La Péruse, au lieu-dit la
Châtre (Moutarde et al., 2019, p. 148-150). La pâte, à dégraissant visible,
de taille moyenne et régulièrement réparti, et le modelage peu soigneux sont
en effet assez semblables. Ces éléments ne suffisent évidemment pas, à eux
seuls, pour confirmer cette proposition de datation mais le caractère isolé et
le manque d’éléments discriminants ne permettent guère aller plus avant.
Ainsi, sur la phase 2 du diagnostic réalisé sur la mise à 2 x 2 voies de la
RN 141 sur la commune de Suaux, les éléments mobiliers attestant une
occupation protohistorique sont bien rares. Ils se résument à quelques
tessons en tranchée 115, possiblement de la fin de l’âge du Bronze ou début
de l’âge du Fer, et ce vase en tranchée 2, qui pourrait être du début du 1er
âge du Fer.
106 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Tr2 F1
0 10 cm
Figure 93 Céramique de la fosse F1 (Minute et DAO, I. Kerouanton, Inrap NAOM)
II. Résultats 107
5. 3. La céramique gallo-romaine
(Marie-Camille Arqué, Inrap)
Soixante-seize fragments de céramiques gallo-romaines, attribués plus
particulièrement au Haut-Empire et postérieurs au milieu du Ier siècle,
ont été mis au jour dans le Fait 4 de la tranchée Tr.6 (tableau 4). Seuls deux
individus apparaissent dans le comblement de cette structure. Il s’agit d’un
pot Santrot 250 de tradition aquitaine très fortement brûlé et aux parois
altérées (fig. 94) et un mortier à pâte blanche et cœur rosé très fragmenté
mais n’ayant pas subi le feu.
Suaux (16)_Déviation RN 141_Phase 2 Orientation chrono Catégories Mobilier remarquable Etat sani- Dessin
observées taire
NTR
NMI
N° inventaire Tranchée Fait
25 fragments d’un pot Santrot 250 fortement
Haut-Empire (postérieur au milieu du
C1_Po9 6 4 74 2 Ccl_CS_Cbl brûlé, 43 fragments d’un mortier à pâte blanche Stable Fig. 1
Ier siècle ap. J.-C.)
et coeur rose, 6 fragments informe à pâte grise
C1_Po23 118 Coll 2 1 Haut-Empire Ccl 1 fragment d’anse à pâte brune Stable
1 fond plat d’un possible pot antique (raté de
C1_Po30 30 20/21/23 1 Haut-Empire ? CS Stable
cuisson, déformation, vitrification)
Tableau 4 inventaire général des céramiques gallo-romaines (Marie-Camille Arqué, Inrap NAOM, 2025)
Pot Santrot 250_Tranchée 6_Fait 4
0 5c m
Figure 94 Céramique de la fosse F1 (Minute et DAO, I. Kerouanton, Inrap NAOM, 2025)
Un fond de pot (?) à pâte sombre siliceuse, apparenté à un raté de cuisson
(déformation, vitrification) a été mis au jour lors du nettoyage des Faits
20/21/23 installés dans la tranchée Tr.30.
Enfin un unique fragment d’anse à pâte brune a été observé dans la tranchée
Tr.118, n’apportant aucune information typo-chronologique particulière.
108 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
5. 4. La céramique médiévale
(Brigitte Véquaud, Inrap NA&OM, UMR 7302 CESCM).
Le diagnostic archéologique de la Phase 2 a mis au jour, dans les tranchées
42 et 123, une occupation médiévale matérialisée par des structures en
creux. Ces vestiges sont contemporains de ceux mis au jour dans les
structures toutes proches de la Phase 1 (Tranchées 9 et 15, Kerouanton
2025). Il a été prélevé 42 tessons (Nombre de Restes : NR ; tableau 5) pour 4
formes identifiées (Nombres Typologique d’Individus : NTI). L’occupation
apparaît chronologiquement assez homogène. Une datation de la seconde
moitié du XIVe siècle est supposée.
TR Fait US Autres Groupes Techniques Typologie Lèvre Panse Fond Anse Bec NR NTI Datation
42 38 tuile ? 2 0
42 38 tuiles 3 0
42 38 1d/1k fond tournassé 1 6 1 8 14e B
42 38 3e 2 2 14e B
42 38 17i 3 3 14e B
42 38 3a/17h NT 1 1 14e B
42 38 17h NT 4 4 14e B
42 38 3c gl anse torsadée 1 1 14e B
42 40 40.3 17i éversée 1 x 1 1 11e-13e ?
42 40 17i/17h NT pot à cuire type Limousin 2 2 1 14e B
42 40 1k M 2 2 14e B
42 40 3e ox fond parois fine Pichet 3 4 7 14e B
42 40 3e M éversée 1 1 x 2 1 14e B
42 40 17i fin éversée 1 x 1 1 14e B
42 41 8f rg fond fin tournassé 2 1 3 Bas MA
123 123.2 16a lissé cf dévia Roumazières 1 1 méd. 14e ?
123 123.2 1d/1k M 1 1 méd. 14e ?
123 123.1 30 à 150 cm 17h NT 2 2 Bas MA
123 123.1 30 à 150 cm 3e 1 1 Bas MA
5 21 13 3 0 42 4
Groupes techniques
GT.1 : Pâte fine douce, de couleur blanche, beige à rose et en général sans glaçure
1d : Pâte claire à surface douce au toucher contenant de petites inclusions
1k : Pâte blanche à beige sableuse.
GT.3 : Pâte fine, douce, de couleur rose foncé, orange à rouge, sans glaçure
3a/17 : Pâte orange parfois très cuite, rugueuse semi-fine et généralement non tournée.
3e : Pâte fine, de couleur rose à rouge, avec des inclusions fines d’oxyde.
3c : Pâte fine à très fine, de couleur rose foncé à rouge.
GT.8 : Pâte sonnante rugueuse à granuleuse de teinte claire (blanc-beige à brun) sans glaçure
8f : Pâte claire, semi-fine et sonnante avec de nombreuses inclusions de quartz affleurantes.
GT.16 : Pâte fine grossière et dure de couleur orange à brun-gris-noir, sans glaçure.
16a : Pâte dense surcuite orange à tranche grise.
GT.17 : Pâte micacée de fine à grossière
17h : Pâte grise micacée de texture rugueuse à granuleuse, sonnante. Modelée ou tournée.
17i : Pâte sableuse blanche micacée.
Tableau 5 Inventaire général des céramiques médiévales (Brigitte Véquaud, Inrap NAOM, 2025)
La méthodologie appliquée et le codage des groupes techniques suivent la
nomenclature du réseau ICERAMM6.
Le vaisselier céramique concerne des pots à cuire modelés en pâte micacée
sablo-rugueuse de teinte beige à grise (17i/17h NT, 3a/17h NT, 17h NT).
6. Information sur la CÉRAmique Médiévale et Moderne (https://iceramm.huma-num.fr/bdconsulter.
php?rep=1®ion=centre_ouest) du Laboratoire d’Archéologie et Territoires, UMR 6173 CITERES, de
l’Université de Tours.
II. Résultats 109
La lèvre est à inflexion externe et la face externe forme bandeau (n° 4, 5, 6,
7 : fig. 1). Ils sont caractéristiques des vaisseliers du Limousin (Véquaud et
coll. 2017). Des pots munis d’une anse ont des lèvres à inflexion externe
à profil plus ou moins souple (fig. 2, 3, 5). Un fond tournassé de pot à cuire
est en pâte claire sonnante à quartz affleurant (8f gr, n° 6). Les pâtes
sont semi-fines de teintes claires (1d/1k, 3e, 1k M, n° 5, 7, 8, 9) et plus
rarement surcuites fines de teinte orange (16a). Un fond de pichet est en
pâte fine rouge (3e ox, n° 5). Une anse torsadée d’un pichet/cruche est en
pâte dense orange à glaçure irrégulière (3c gl, n° 7). Ce type de vaisselle
de table est commun à plusieurs sites de la Charente et du Limousin
(Confolens, Lesterps. Rochechouart, Courcôme : Montigny 2020, Véquaud
2019, Véquaud 2017, Véquaud 2025). Ces diverses céramiques datent de
la seconde moitié du XIVe siècle. Seule la lèvre à inflexion externe d’une
cruche ?, provenant de l’US. 3 du fossé F. 40 pourrait être antérieure (n° 1).
La pâte claire est sableuse micacée (17i). Une datation large des XIe-XIIIe
siècles est supposée.
Pour conclure
Les deux phases de diagnostics de la déviation de Suaux ont mis en évidence
une occupation du Bas Moyen Âge. Le faciès céramologique reprend les
caractéristiques du vaisselier du Plateau du Limousin et de la Charente
Limousine. Une occupation contemporaine a été fouillée sur ce même tracé
de déviation, sur le site d’Exideuil « Perdrix » (Scuiller et al. 2025).
5. 5. Approche des vestiges et résidus paléométallurgiques
(Maxime Pasquel, Inrap).
5. 5. 1. Introduction
L’opération de diagnostic présentée ici a livré un important volume de
données liées à des activités paléométallurgiques, que ce soit sous la forme
de structures observées dans les tranchées, ou sous la forme de résidus
scorifiés, un mobilier caractéristique de ces productions. Ce matériel a
fait l’objet d’un examen macroscopique dont l’approche méthodologique
est précisée ci-après. L’ensemble de ces éléments, structures et résidus, est
exposé ici, et regroupé par locus distincts, permettant une approche spatiale
et une intégration des données chronologiques (fig. plan général et locus).
À cette étape de diagnostic, la compréhension de ces vestiges et de ces
résidus ne peut se vouloir aussi complète, détaillée et précise que le
permettent les opérations de fouilles ou études de cas spécifiques, associant
études macroscopiques et analyses chimiques. Toutefois les objectifs de
cette approche étaient ici multiples, tant pour la caractérisation des activités
pratiquées et leurs positionnements dans la chaîne opératoire, que pour
l’identification de leurs paramètres technologiques, afin de pouvoir observer
les contrastes, différences ou similitudes. Les données recueillies n’étant
que fragmentaires à cette étape, les approches statistiques et volumétriques,
pourtant très pertinentes sur ce type de vestiges et mobilier, n’ont pas été
considérées comme réalisables ou représentatives à ce stade.
Les éléments exposés ici s’appuient sur les observations de terrain, réalisées
par les archéologues et avec un passage sur deux jours du spécialiste, puis
sur l’examen du mobilier en post-fouille. Les premiers constats ont permis
de rapidement rapprocher ces vestiges et résidus à la chaîne opératoire du
travail du fer et plus particulièrement à la phase de réduction du minerai.
110 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
TR. 42, F. 40-3
17i
1
TR. 42, F. 40
17i
3e M
17i
17i/17h NT
2
3e M
3
5 1k M
17i/17h NT
4
TR. 42, F. 41 TR. 42, F. 38
3a/17h NT
17h NT
8f gr 1d/1k
6
3e
7 3c gl
TR. 123, F. 123.1 TR. 123, F. 123.2
1d/1k
16a
3e
Dessins, DAO : B. Véquaud
17h NT 9
8
0 cm 5 cm
Figure 95 Céramiques médiévales (Minute et DAO, Brigitte Véquaud, Inrap NAOM, 2025
II. Résultats 111
5. 5. 2. Aspects méthodologiques
• Généralités sur la métallurgie du fer
Pour rappel, les chaînes opératoires métallurgiques sont dites complexes,
du fait du grand nombre d’étapes qui sépare la matière première présente
dans la nature à l’objet fini produit. Certaines de ces étapes combinent
des procédés techniques et/ou thermiques bien particuliers impliquant
parfois des déchets très caractéristiques. Pour la chaîne de chaque métal
les procédés et actions sont spécifiques et parfois même différents pour un
même métal, selon la qualité de son état naturel (minerai). La production
du fer implique une succession d’au moins cinq phases techniques
principales, se distinguant en deux grande séquences avec d’une part
la phase d’obtention du métal depuis la matière première (jusqu’à la
réduction), puis d’autre part la phase de mise en forme et de production
d’objets (post-réduction ; Fluzin et al. 2000 ; Mangin 2004 ; fig. 96)
Matière première Minerai naturel Vestiges associés
Étape technique Extraction Mines, Fosses d’extraction, Haldes,
Outils (pics, pelles, barres)...
Produit obtenu Minerai tout-venant
Aires de concassage, de lavage et de tri.
Concentration Outils ( enclumes, marteaux)
zones de grillage
Minerai concentré
Bas-fourneaux, charbonnières,
Réduction scories spécifiques, ferriers...
Masse de métal brut
Foyers , scories et déchets spécifiques
Élaboration
Métal élaboré / demi-produit
Mise en forme Foyers, scories en culot
(Forgeage) et déchets spécifiques (battitures)
Produit fini Objet fonctionnel
Entretien
Recyclage
Figure 96 Schéma de la chaîne opératoire métallurgique du fer (M. Pasquel)
La première séquence livre des vestiges d’extraction, de traitement du
minerai ainsi que des restes des fours de réduction et des résidus scorifiés.
Cette phase de réduction consiste en un traitement thermique conséquent
(à plus de 1000° C) et long (plusieurs heures), afin d’obtenir une masse
de métal en le séparant des autres éléments présents dans le minerai.
Ce processus produit des scories très spécifiques dont les caractères
peuvent être en lien avec les types de bas-fourneaux utilisés. On distingue
classiquement deux grands types technologiques de bas-fourneaux : ceux
de type à scories piégées et ceux de type à scories écoulées (fig. 97-98). Dans
chaque cas la récupération de la masse de fer brute implique une destruction
au moins partielle du bas-fourneau. De ce fait certains bas-fourneaux sont
dits à usage unique, ce qui explique en partie le regroupement de fonds
de cuves observés sur certains sites, avec une reconstruction d’un four à
proximité après utilisation d’un premier. Toutefois, des usages multiples
sont également possibles avec chacun des types technologiques (piégé ou
écoulé) avec des aménagements dans leurs constructions, mais même dans
ces cas de réutilisation, une destruction au moins partielle des parois,
laissant des rejets, est toujours nécessaire.
112 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Les objectifs de cet examen des vestiges paléométallurgiques, qu’ils soient
mobiliers ou immobiliers, s’intéressent donc aux techniques utilisées, par
l’approche des structures, et des déchets. Les questions de systèmes de
ventilation associés animent également les réflexions et peuvent permettre
des distinctions typologiques (ventilation naturelle, ventilation forcée,
nombre et morphologie de tuyères…), même si pour ce diagnostic, les
données sur la ventilation sont quasi-inexistantes.
Figure 97 Schéma de fonctionnement d’un bas-fourneau à scories piégées (schéma N. Zaour, In
Berranger et al. 2017)
Figure 98 Schéma de fonctionnement d’un bas-fourneau à scories écoulées (N. Zaour, In Berranger et al.
2017)
5. 5. 3. Traitements des résidus scorifiés et affiliations typologiques
Après lavage, les résidus scorifiés ont été pesés, inventoriés, et ont bénéficié
d’un examen macroscopique visant à leurs descriptions (cf. inventaire
détaillé). Cette approche a également permis de réaliser une discrimination
basée sur des critères d’identification relevant de deux types définis dans
le cadre de cette étude et cohérents au sein de l’ensemble du lot : scorie
compacte ou scorie fluide, chacun des types présentant différents faciès. Ce
choix de détermination typologique a permis de réduire au maximum la
classe d’indéterminée, et de proposer des hypothèses d’interprétation.
II. Résultats 113
Les descriptions et remarques proposées dans cette étude sont
accompagnées de clichés documentaires voulus représentatifs de l’ensemble
du lot, et pour des éléments spécifiques et caractéristiques.
En supplément aux observations macroscopiques, d’aspects, de teinte, et
de morphologie, des tests magnétiques (à l’aimant) ont été pratiqués sur
les résidus scorifiés. La réponse à ce test est exprimée selon les valeurs
suivantes : 0 réponse nulle, 1 réponse faible, 2 réponse forte, 3 réponse
très forte. Ce test est une aide à la discrimination des scories, ainsi qu’un
indicateur de faciès, et les résultats sont à retrouver dans l’inventaire
détaillé. Dans le cas présent, concernant les étapes de la réduction du
minerai, une réponse positive indique une perte de métal plus ou moins
importante au sein du processus. Elle concerne plus généralement les scories
de type interne.
• Type compacte interne
Le type compacte correspond aux résidus scorifiés internes qui restent
dans l’intérieur de la cuve du bas-fourneau sans devenir totalement liquide
mais plutôt pâteux. Ils peuvent être de nature dense et lourd ou avec de
nombreuses vacuoles et légers. Ils présentent généralement de nombreuses
aspérités et irrégularités avec de très nombreuses vacuoles et empreintes
de charbons de bois. Du fait de leur position dans le bas de la cuve, zone
appelée creuset, ces scories moulent les parois et le fond du bas-fourneau, ce
qui se retrouve parfois sur les plus gros fragments notamment.
L’examen des lots a aussi montré la présence de scories, relevant du type
compacte, mais présentant des aspects singuliers comme des micro-aspérités
en surface, une forte oxydation (rouille) sur l’essentiel des fragments, ainsi
que des réponses bien positives aux tests magnétiques (de 1 à 2) et non
localisées en un seul point. Ces éléments ont même parfois des aspects
similaires à celui d’artefacts métalliques corrodés. Ce faciès se distingue
donc parfois assez facilement, et semble pouvoir correspondre à des résidus
encore plus directement liés aux masses brutes de métal, soit aux scories
en contact direct, soit aux premiers traitements de ces masses brutes
(compactages, épurations…). Ils sont nommés Scories/masses brutes dans
l’inventaire détaillé.
• Type fluide
Le type fluide correspond aux éléments qui portés à haute température
deviennent liquides. Ils s’écoulent d’abord vers le fond de la cuve (creuset),
formant des nodules fayalitiques assez difformes. Comme exposé
précédemment, des concepts techniques peuvent permettre aux artisans
d’évacuer une partie de cette matière alors liquide ou visqueuse, vers
l’extérieur de la cuve dans une fosse d’écoulement à l’avant de la structure.
L’utilisation de cette technique forme des déchets caractéristiques, sous
forme de plaques et de coulures agglomérées, superposées ou parfois isolées.
D’une manière générale, l’aspect des scories fluides est bien contrasté des
scories internes, avec des surfaces très lisses, parfois quasi-vitreuses, et des
sections denses avec très peu de vides ou vacuoles (sauf dans de rares cas).
Globalement de teinte gris sombre, elles présentent fréquemment des reflets
violacés (sans doute issu du manganèse) et parfois des zones oxydées avec
des taches de rouille.
Au sein de ce type, il existe là encore différents faciès basés sur la
morphologie : plaque (P), coulure isolée (CI), nodule boursoufflé (NB).
Parmi les autres éléments de discrimination macroscopique on retrouve
la densité globale exprimée en deux caractères : lourde ou légère, la
présence et la largeur des cordons de coulée ainsi que les aspects extérieurs
notamment de teinte ou la réponse au test magnétique.
Les fragments de faciès nodules boursoufflés, ou dans une moindre mesure
les coulures isolées, peuvent tout à fait correspondre à des éléments devenus
liquides mais restés à l’intérieur de la cuve. D’autres peuvent correspondre
à des écoulements externes fragmentés, mais sans avoir d’indices clairs,
114 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
comme des aplats de fonds, ces fragments ont été inscrit dans ce faciès. De
ce fait, seuls les exemples de type plaque sont assurément associables à un
écoulement externe à la cuve et sont pris comme critère d’identification de
cette tecnique.
• Autres types de scories
Un unique fragment présentant les deux types associés, compact et fluide,
dans des proportions équivalentes, et a donc été classé dans un type mixte.
Cet exemple montre le lien entre les deux types en contact à l’intérieur de la
cuve, à la manière d’une stratification.
Dans quelques rares cas, l’affiliation typologique n’a pas été concluante et
les fragments ont donc été considérés dans un type indéterminé.
5. 5. 4. Minerai et autres mobiliers
Parmi le matériel, les résidus scorifiés composent la très grande majorité
de restes, mais on retrouve également d’autres types d’éléments comme des
nodules de minerais, des blocs exogènes et des fragments de parois de fours.
Nodules de minerais
Présents dans différents lots de matériel et bien observés sur le terrain,
des nodules géologiques de faciès pisolithiques sont considérés comme le
probable minerai. Dans les terrains naturels, ils se présentent sous la forme
de concrétions ferro-manganiques pouvant former des blocs compacts et
indurés de modules compris généralement entre 5 et 15 cm. La formation
de ces nodules est issue des processus sédimentaires de l’âge tertiaire (entre
66 et 2,5 Ma) dans cette zone de contact entre la bordure nord-ouest du
Limousin, soit du Massif central, avec le bassin Charentais. La présence
de ce type de minéralisation est bien connue pour le Poitou-Charentes.
Toutefois, la carte géologique locale ne fait aucune mention de ce type,
et la découverte de ces éléments est donc ici assez inédite. Cette présence
demeure assez cohérente avec les éléments mieux connus au sud-ouest,
dans les secteurs d’Angoulême et de la forêt de Braconne (Quantin 1956).
Il semble donc possible de considérer les gîtes identifiés à Suaux, comme
une extension de ce bassin métallifère, dont il formerait le point le plus
oriental dans l’état des connaissances actuelles. Ces nodules se trouvent
naturellement en sorte de concentration sous forme de bancs plus ou moins
étendus. Sans caractérisation chimique et géologique plus précise le propos
sur ces minerais ne pourra être plus développé. Les observations ont donc
simplement porté sur les aspects des nodules identifiés, leurs réponses aux
tests magnétiques, ainsi que sur leurs modules. Certains fragments des
lots examinés apparaissent en effet de bien plus petites tailles et avec des
fractures évidentes, par rapport aux nodules collectés dans les terrains
naturels. Cette remarque tend à les considérer comme issus des processus
de traitements préalables à la réduction : lavage, grillage, concassage, tri…
Ils constituent donc bien des indices à prendre en compte dans l’étude des
vestiges des activités métallurgiques.
• Blocs exogènes
Bien distincts de nodules de minerai, on note la présence de quelques blocs
vraisemblablement exogènes (non calcaires) au sein des lots de mobilier.
Bien différenciés durant l’examen global, ils font également écho à la
présence d’autres blocs, plus ou moins gros, et de nature métamorphique
observés sur le terrain dans certains secteurs. Ces éléments semblent donc
avoir été intentionnellement rapportés probablement pour leurs propriétés
physiques contrastantes avec le calcaire local. On peut envisager qu’ils ont
été choisis pour participer aux activités métallurgiques, que ce soit pour
servir d’outils abrasifs et d’enclumes, ou pour leurs résistances thermiques
comme dans le cas de F22 qui présente une couronne de blocs de ce type
pour former la paroi d’un bas-fourneau. Ils peuvent provenir de collecte
dans le cours de la Bonnieure, qui traverse à quelques kilomètres à l’est,
II. Résultats 115
dans le secteur de Genouillac, des terrains aux socles métamorphiques (grès,
gneiss, diorites).
Si en soit l’observation des quelques blocs collectés ne constitue pas un
apport majeur à la compréhension du site en l’état, il demeure important
de noter leurs présences afin d’insister sur leurs prises en compte dans le cas
échéant de poursuites des investigations archéologiques.
• Parois de fours
Le mobilier de cette opération comporte également des fragments de parois de
fours. Ils se présentent sous deux formes principales et distinctes avec d’un côté
des fragments aux aspects proches de certaines scories, avec vitrifications et
scorifications de surface et de l’autre des blocs d’argile cuite de teinte orangée
à beige (sans scorification). Ces différences impliquent sans aucun doute leurs
positions d’origines dans la structure du bas-fourneau : les scorifications et
vitrifications impactant les parties basses de la cuve (creuset), généralement
à partir du niveau d’implantation des tuyères. Les autres fragments semblent
plutôt correspondre à la cuve en élévation (cheminée), servant de réservoir aux
masses de minerai et de combustible descendant petit à petit dans le creuset. La
description, le nombre et la masse de ces fragments ainsi que la morphologie de
certains sont exposés dans l’inventaire détaillé.
Chacun de ces types de mobilier est présenté ci-après et mis en parallèle des
structures observées au sein de chaque Locus.
5. 6. Locus 3
Ce premier Locus correspond à une large zone d’environ 1,5 ha, au sein de
laquelle on retrouve différents vestiges, dont au moins trois restes de bas-
fourneaux, et une forte densité de scories rejetées sous forme d’amas de type
ferriers ou dans des fossés (fig. 99).
5. 6. 1. Tr.15, F6 et F7
Dans ce Locus, le secteur le plus au sud contient deux fossés (F6
et F7), dont les comblements ont livré des gros volumes de déchets
paléométallurgiques (fig. 100).
• Fossé F6
Le fossé F6, a été fouillé sur 2,2 m de longueur, avec une collecte exhaustive
des résidus présents dans son comblement. Le lot ainsi obtenu offre une
vision assez représentative contrairement aux autres lots de cette opération,
constitués principalement par collecte sélective ou de surface. L’examen de
cet ensemble montre la présence de différents types de scories, de parois
de four(s) avec des contrastes d’aspects, ainsi que de charbons et d’un
nodule de minerai. Ce nodule de minerai est de module centimétrique ce
qui contraste avec les autres exemples de l’opération, et laisse donc penser
qu’il s’agit d’un fragment issu du processus de concassage. Il est de teinte
rouille et donne une légère réponse au test magnétique, ce qui suggère tout
de même une bonne présence de métal (fig. 101).
Concernant les parois de four, elles représentent une masse de 1 026 g
(NR=24), et se distinguent selon deux grand faciès : les parois en argile
0 2cm cuite simple (sans scorification ou vitrification) et les parois avec des
Cliché : M.Pasquel surfaces scorifiées. Dans le premier faciès, on retrouve des différences
de teinte allant du beige, jaunâtre orangé et bleuté. Ces marques
Figure 101 Minerai concassé issu de F6 en
colorimétriques indiquent très probablement des différences de positions
tranchée 5 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
d’origines sur la hauteur de la cuve, impliquant donc des contrastes dans le
gradient de température ayant impacté les fragments. Ces fragments sont
constitués principalement
116 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 101 Minerai concassé issu de F. 6 en tranchée 5 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
Figure 99 Plan de répartition des vestiges paléométallurgiques du locus 3 (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 117
Figure 100 Localisation et photographie du fossé 6 (photographie : A. Hanry, Inrap ; cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap)
d’argile mais on note la présence de quelques petits gravillons, plutôt
calibrés, vraisemblablement ajoutés à la manière d’un dégraissant (fig. 102).
Dans quelques cas, des microtraces ligneuses ou fibreuses laissent également
penser à des ajouts de végétaux. Dans tous les cas, ces résidus et leurs
examens constituent des perspectives d’approche permettant de discuter des
modes de construction des parois. Cette approche pourra aussi permettre
une réflexion quant à la possibilité de rejets provenant de structures
différentes ou sur l’évolution des techniques de construction des fours.
On retrouve donc également des parois avec d’importantes scorifications en
surface, généralement sur une seule face, avec une texture vitreuse parsemée
de microbulles et de petites aspérités de couleur rouille. Ces fragments
proviennent plus certainement du bas de la cuve, sans doute à partir du
niveau où étaient installées les tuyères, ou plus en deçà jusqu’au creuset
et au fond de four. Sur un fragment, on distingue en section la présence
Scorie Fluide (NB et CI) : Scorie Fluide (Plaque) :
10,3% 2,9% soit 2644 g d’un second lit de vitrification dans l’épaisseur, ce qui correspond à un
soit 9433 g
rechapage après une première opération, impliquant donc une utilisation
Scorie Mixte : 0,7% soit
657g
multiple (fig. 103).
Scories / masses brutes :
1,6%
Les scories provenant du fossé F6, forment un gros ensemble de 300
soit 1528g
Scories compactes :
fragments pour plus de 91,2 kg, au sein duquel on retrouve différents
84,3%
soit 76953 g
types et faciès. Considérant pour cette fois la bonne représentativité du lot
collecté, il est apparu pertinent de présenter la distribution typologique
par masse de restes (fig. 104). On note une très forte prédominance du type
compact interne, avec une masse totale de 76 953 g soit 84,4 % du lot. Ce
type se compose de lots de petits fragments, ainsi que de plusieurs exemples
Figure 104 Distribution des types de scories
par masse (M. Pasquel, Inrap) de plus gros modules dont certains dépassent les 30 cm de longueur et les
118 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Traces fibreuses
(végétaux)
0 10cm
Vue de section Lits scorifiés
(x2)
Gravillons
(dégraissant)
0 10cm
Figure 102 Fragments de parois non scorifiées issus de F6 en tranchée 15
(photographie : M. Pasquel, Inrap) 0 10cm
Figure 103 Fragment de parois scorifiée issu de F6 en tranchée 15
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
20cm d’épaisseur (fig. 105 ; cf. tableau d’inventaire détaillé). Mais même
ces cas traduisent une multitude de fractures, et aucun exemple complet
n’a été identifié. Les essais de rapprochements n’ont permis que dans deux
cas des recollages. D’une manière générale, ces scories relèvent plutôt du
faciès léger, avec de nombreuses et larges vacuoles, et des réponses aux
tests magnétiques variant de 0 à 1. Dans un seul cas une réponse plus
forte (2) s’est faite sentir, de manière très localisée. Les faciès denses et
0 20cm
lourds sont plus rares, mais tout de même présents dans les lots de petits
fragments. Plusieurs exemples montrent des arrachements de lambeaux de
Figure 105 Scorie de type compact issue de parois d’argile, et on note la présence dans au un moins un cas, de restes de
F6 en tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, nodules de minerai concassé.
Inrap) Pouvant être rapproché de ce type compact, on retrouve un petit lot
(NR=16, pour 1 528g) de fragments lourds, très magnétiques (de 1 à 2 et
homogène), de teinte rouille et avec des aspects de surface irréguliers bien
distincts (fig. 106). Ils sont interprétés comme de possibles fragments de la
masse brute de métal ou de sa gangue immédiate, et représente 1,7 % de la
masse totale.
Les scories de type fluide sont au nombre total de 190 fragments pour
12 077 g soit 13,2 % de la masse totale, et se répartissent en faciès distincts
dont le faciès « plaque ». Ces fragments de plaques sont au nombre de
11 pour 2 644 g, soit 2,9 % de la masse totale du lot. Ils présentent des
aplats de face inférieure bien nets (fig. 107). Les autres scories fluides, de
faciès « nodules boursouflés » et « coulures isolées » ont été rassemblés au
0 10cm
sein d’une même catégorie statistique, ne pouvant toujours s’assurer d’une
affiliation franche. La distinction de coulures isolées n’est effectivement
Figure 106 Scories de type compact,
lourdes et très magnétiques : fragments de
pas ici très nette, et semble pouvoir correspondre en partie à une plus
masses brutes (?) issues de F6 en tranchée 5 forte fragmentation de nodules boursoufflés. Ces nodules présentent en
(photographie : M. Pasquel, Inrap) effet les mêmes caractères généraux, avec de nombreux vides internes,
formant des coulures entremêlées dont les dégradations et les cassures
engendrent des fragments attribuables au faciès coulures isolées. Parmi
II. Résultats 119
ces fragments on retrouve plusieurs exemples avec d’une part une surface
lisse ayant moulé une paroi, et d’autre part des départs de coulures à l’air
libre quasi verticales. Ils semblent correspondre aux scories qui se forment
au niveau de la porte aménagée à la jonction entre la cuve et le gueulard,
potentiellement lors des premiers percements de la porte (fig. 108).
Figure 107 Scories de type fluide en plaques
issues de F6 en tranchée 15 (photographie : M.
Pasquel, Inrap)
Figure 108 Scories de type fluide, faciès à nodules boursoufflés (NB) et à coulures isolées (CI) issues de
F6 en tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
A eux deux ces faciès NB et CI (de type fluides, hors plaque), représentent 179
restes pour un poids de 9 433 g, soit 10,3 % de la masse du lot complet.
Enfin on retrouve ici le seul fragment qui associe nettement une partie relevant
du type compact interne, et une autre partie nettement affiliée au type fluide (fig.
Type Compact 109). Ne pouvant ainsi l’intégrer à l’un ou l’autre type, cet unique fragment de
657 g a été mis à part dans une catégorie mixte, qui ne représente donc que 0,7
% de la masse totale du lot.
La présence de scories en plaques, indique une utilisation de la technique avec
Type Fluide écoulements externes, mais la faible proportion de ces dernières par rapport aux
scories compactes internes, surreprésentées, tend à considérer l’utilisation d’une
0 10cm Cliché : M.Pasquel
technique vraisemblablement plus basée sur le stockage interne de l’essentiel des
Figure 109 Scorie de type mixte avec partie scories. Cette association technique peut donc indiquer une forte filiation avec le
supérieure relevant du type compact interne et système à scories piégées, et marquer une étape où l’on commence de développer
partie inférieure relevant du type fluide (départ le système d’écoulements externes. Cette question semble de plus cohérente avec
de plaque de coulée ?), 657 g issue de F. 6 en
l’affiliation chronologique obtenue par datation absolue sur un charbon, et qui
tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
implique le second âge du fer (Age conventionnel : 2270 +/- 30 BP ; datation
calibrée : (52.2%) 305 - 206 cal BC (2255 - 2156 cal BP), (43.2%) 396 - 349
cal BC (2346 - 2299 cal BP). Cette période correspond en effet à une phase
de changement technologique, avec l’émergence des systèmes à écoulement de
scories comme observés sur certains sites comme les Clérimois dans l’Yonne
(Dunikowski, Cabboi 1995).
• Fossé F7
Le fossé F7, connecté au précédent, sans que l’on connaisse en l’état la
relation entre eux (recoupement ?) présente un tracé courbe et avec des
excroissances irrégulières qui peut évoquer un tranchée d’extraction de
minerai (ou d’argile), une hypothèse qu’il faudra sans doute éprouver avec
une fouille extensive. Cette hypothèse apparaît convaincante du fait de la
faible profondeur d’enfouissement des nodules de minerai, et constituant
une technique simple d’approche dans les besoins de prospections
exploratoires. L’extraction en tranchée large est assez bien connue, avec
120 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
parfois des stigmates importants dans le paysages, comme repéré en
Poitou (Saint-Didier 2017, p. 63), mais il est vrai que ce type d’extraction
en tranchée plus modeste et de surface n’est pas très documenté. Les
extractions identifiées dans le bassin de productions du nord de la Sarthe,
montre des successions de fosses en chapelet, formant des tracés irréguliers
avec des excroissances fréquentes, ce qui évoque cette morphologie avec
diverticules, sans être totalement identique (Langlois et al. 2015.)
Le comblement de surface de F7 recèle également des résidus
paléométallurgiques variés, avec des scories compactes et fluides, ainsi que
des parois de fours scorifiées. Parmi ces éléments, on note la présence d’une
plaque de paroi fortement scorifiée (fond de cuve ?), de gros fragments
de scories compactes, ainsi qu’un fragment de scorie fluide présentant
une surface inférieure aplatie et une série de départs de coulures en partie
supérieure. Cette configuration suggère une position d’origine vers la porte
du bas-fourneau.
• Remarques morphométriques
Parmi les gros fragments de scories compactes issus de F6 et F7, certains
traduisent de nets effets de parois, ayant moulé l’intérieur de la cuve (cf.
inventaire détaille). Certains de ces exemples permettent de proposer des
évaluations des diamètres d’origine d’après les segments de courbures
observés sur les scories.
Le premier exemple, issu de F6, concernent deux gros fragments qui
recollent ensemble (15 640g). Le diamètre originel a été évalué entre 70 et
80 cm. Dans cette même structure deux autres fragments, respectivement
de 10 220 g et 6 100 g, ont permis d’évaluer le diamètre interne. Les
estimations donnent pour le premier un diamètre compris entre 60 et 80
cm, et pour le second entre 70 et 80 cm.
Dans le cas issu de F7, il s’agit d’un très gros fragment (24320 g) dont la
courbure donne une évaluation du diamètre originel entre 80 et 90 cm
(fig. 110). De ces estimations plutôt cohérentes et à ce stade, on peut
Figure 110 : Scorie de type compact interne :
fragment de 24,32 kg ayant moulé la paroi
envisager deux hypothèses d’interprétation, dont la première serait que
du bas-fourneau ; diamètre évalué entre 80 l’ensemble de ces gros fragments puissent être issus du même bas-fourneau
et 90 cm. Vue de la face supérieure. Scorie réutilisable, dont le diamètre intérieur serait compris en 70 et 80 cm (avec
issue de F7 en tranchée 15 (photographie : de possibles rechapages internes). D’autre part, on peut aussi envisager
M. Pasquel, Inrap)
qu’elles se sont formées dans plusieurs bas-fourneaux dont les modules
seraient assez standardisés.
D’autres remarques morphométriques semblent également fournir des
perspectives d’approches, et concernent les nombreuses vacuoles observées
au sein des scories compactes. Il s’agit pour beaucoup d’empreintes de
nodules de charbons présentant des traces ligneuses. Ces empreintes sont le
plus souvent de morphologies parallélépipédiques, et avec des dimensions
assez conséquentes : entre 5 et 8 cm de long pour 3 à 4 cm de large et
d’épaisseur (fig. 111).
Traces fibreuses et vacuoles
parallélépipédiques d’empreintes
de gros nodules de charbons
Figure 111 Empreintes de charbons dans
une scorie de type compact issue de F6 en
tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
II. Résultats 121
Des vacuoles cylindriques ont aussi été observées mais plus rarement,
et de dimensions souvent inférieures sur les scories de type compacte.
Certains exemples de scories fluides livrent, elles, des empreintes circulaires
et assez larges qui pourraient soit correspondre également à des nodules
de charbons, soit évoquer les stigmates occasionnés par les tuyères et la
ventilation, sans aucunes certitudes (fig. 112).
0 20cm
Figure 112 Fragments de scories de type fluide avec empreintes circulaires issues de F6 en tranchée 15
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
D’une manière générale, ces observations sur ces empreintes de charbons
peuvent faciliter les rapprochements entre les fragments, mais semble
également pouvoir permettre, avec une fouille extensive et une étude en
laboratoire, d’aborder les problématiques liées aux approvisionnements en
combustibles et sur les évolutions d’utilisations que ce soit concernant les
essences consommées que sur les pratiques et les choix de la fragmentation.
• Pistes de réflexions
Dans l’ensemble, on retrouve donc dans ce secteur tous les composants des
rejets liés aux opérations de réduction, ce qui suggère fortement la présence
d’au moins un bas-fourneau, mais possiblement même de plusieurs, dans
les environs proches de ces fossés. Ces probables unités de travail, peuvent
s’accompagner d’autres structures, à l’image de l’ensemble mis au jour en
tranchée 30 (cf. infra).
En ce sens, la fosse F16, en tranchée 26 pourrait, sans certitudes, être en
lien avec ces activités métallurgiques (fig. 04). Il est possible d’envisager
qu’elle corresponde à une petite fosse d’extraction (argile ou minerai), de
préparation, ou même à une aire de grillage de minerai, étape précédant
le concassage et ne laissant pas forcément de stigmate de rubéfaction
importante. Cette hypothèse s’appuie sur la présence de charbons et
d’oxydes ferro-manganiques dans son comblement.
5. 6. 2. Tr.28, F17 et F18
Toujours dans ce Locus, mais dans un secteur plus au nord, ont été mis
au jour au moins trois structures interprétées comme des bas-fourneaux.
Ces vestiges de bas-fourneaux présentent deux types distincts, avec un
premier type apparaissant sous la forme de concentration d’argile cuite,
de morphologie ovale allongée au contour irrégulier, d’environ 4 m de
long pour un peu plus de 1 m de large. Deux exemples de ce type, assez
similaires entre eux, ont été mis au jour dans la tranchée 28 : F17 et
F18 (fig. 113).
D’un premier abord les observations ne permettent pas forcément de
proposer la fonction de bas-fourneau, mais tout au plus de structure de
combustion. C’est la présence de scories dans chacun des cas qui étaye cette
interprétation.
• F.17
Dans le cas de F17, la présence de scories a été constatée dès la surface
d’apparition aussi bien au sein de la concentration d’argile que dans
122 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 113 Localisation et photographies des structures F.17 et F.18 (photographies : A. Hanry, Inrap ; annotations : M. Pasquel, Inrap ; cartographie SIG :
B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 123
Les fragments B et C recollent ensemble et sont très magnétiques sa périphérie directe. Cinq fragments proviennent du nettoyage de la
B structure et correspondent pour trois d’entre eux à des scories de type
compactes internes (fig. 114). Si le premier fragment (A) est plutôt léger et
non magnétique, les deux autres (B et C), recollent ensemble pour former
A un nodule difforme en excroissance. Ils (B et C) sont très magnétiques (1 à
C
2) et ont de plus un aspect très proche de ceux d’objets métalliques corrodés
et oxydés. De ce fait, ils interrogent quant à la phase de travail dont ils
sont issus, soit en lien avec la réduction elle-même, soit en lien avec les
0 10cm
premiers traitements de la masse brute immédiatement après la réduction
Figure 114 Scories de type compact interne, (gromps ?). Les deux derniers éléments scorifiés de ce lot correspondent à
issues de F17 en tranchée 28 (photographie : des petits fragments de scories de type fluides et de faciès coulures isolées
M. Pasquel, Inrap) (fig. 115). Elles se composent de petits cordons et semblent correspondre à
des coulures quasi verticales, sans présenter d’aplat pouvant correspondre à
une face inférieure de plaque. Leur formation semble s’être faite à l’air libre
et dans un contexte sans contrainte ou objets en contact.
En plus des résidus scorifiés, le mobilier de cette structure comporte
également des fragments de parois de four(s) (NR=21 pour 325 g),
présentant quelques traces de chauffe et de scorification, avec des teintes de
l’orangé au violacé (fig. 116).
Figure 115 Scories de type fluide à coulures
isolées interne, issues de F17 en tranchée 28
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
Figure 116 Fragments de parois de four issus de F17 en tranchée 28 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
Parmi eux un fragment présente une morphologie avec une petite courbure,
d’environ 2,5 cm de diamètre, qui pourrait évoquer l’aménagement d’une
tuyère. L’absence de scorifications, qui sont habituellement très présentes au
contact des tuyères, ne permet pas d’avoir de certitude sur ce point. (fig. 117)
Toujours dans ce même lot, on retrouve un bloc de nature
vraisemblablement très siliceuse et exogène, présentant un plaquage
incrusté d’argile rubéfiée rougeâtre et avec des microfissures en surface
pouvant correspondre à des stigmates de chauffe (fig. 118). D’un module
compris entre 3 et 5 cm, ce petit bloc a pu être intégré dans la parois d’un
bas-fourneaux, ou avoir servi de bouchon de tuyère comme observé par
exemple sur le site de la Basse-Flotte à Saint-Cyr dans la Vienne (Bâty et al.
2012).
Figure 117 Fragment de paroi de four avec
courbure (tuyère ?) issu de F 17 en tranchée 28
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
Figure 118 Bloc avec argile rubéfiée issu de
F17 en tranchée 28 (photographie : M. Pasquel,
Inrap)
124 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 119 Scories de type compact interne collectées en périphérie de F17 en tranchée 28
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
Aux abords de cette structure F17, d’autres fragments de scories ont été
collectés (5 NR pour 672 g). Elles correspondent à des fragments de type
compact interne, de faciès plutôt léger que l’on peut considérer comme des
résidus de fond de four, qui ne sont pas incompatibles avec le type piégé
(fig. 119).
• F18
Pour F18, c’est le sondage réalisé dans la partie centrale de F18 qui a mis en
évidence la présence de nodules scorifiés dans la base du comblement qui ne
laisse plus de doute sur la fonction de cette structure (fig. 120).
Figure 120 Vue du sondage et de la coupe de F18 en tranchée 30 (photographie : A. Hanry, Inrap)
Ces scories, bien prises dans la coupe stratigraphique opérée, semble de
type interne (fond de four), et ont été laissées in situ afin de ne pas plus
détériorer l’intégrité de la structure dans la perspective d’une fouille
complète. Les éléments collectés dans ce sondage correspondent uniquement
à des nodules d’argile cuite, sur lesquels on ne constate pas de scorification.
Ils sont majoritairement de teinte orangée, et quelques fragments affichent
un contraste colorimétrique avec des zones noires ou sombres en partie
interne (fig. 121). Un fragment diffère par une teinte homogène blanchâtre.
Au total, le lot implique 70 fragments pour une masse de 1,76 kg au sein
duquel on ne retrouve aucune surface évidente (interne ou externe), ou de
traces d’orifices pour la ventilation (tuyère).
II. Résultats 125
Figure 121 Fragments de parois de four issus de F18 en tranchée 28 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
L’absence de vitrification ou de scorification laisse supposer que ces
éléments proviennent plutôt de la cheminée en élévation (haut de cuve)
que de la partie basse (creuset) où se déroule la réduction. Les différences
colorimétriques semblent possiblement liées au gradient de température
ayant impacté les parois à différents niveaux. On ne peut tout de même
pas totalement exclure que ces contrastes puissent impliquer deux types de
parois distinctes et donc une possible réutilisation, une hypothèse certes peu
convaincante, mais qui ne pourrait être éprouvée qu’avec une appréciation
de la masse complète des rejets de parois dans cette structure.
La fouille intégrale et l’approche complète de ces rejets permettra
probablement de se prononcer sur l’usage unique ou multiple de cette
structure. La conservation de cet exemple est d’environ 25 cm.
• Premières réflexions
Dans l’ensemble, les caractères de ces structures F17 et F18, permettent de
proposer une affiliation avec un type de bas-fourneau implanté en fosse
avec alandier et aux parois construites en argile, vraisemblablement sans
blocs. Le rejet de ces parois sur place, après utilisation et destruction de
la cheminée, laisse une forte densité de nodules d’argile cuite et forme des
masses difformes en plan, comme dans les cas présents. Les restes des cuves
et des creusets n’ayant pas été dégagés durant le diagnostic, il n’est pas
possible de donner ici leurs morphologies ou leurs dimensions précises.
Il est à noter que la fosse avant de F17 contient au moins deux blocs
calcaires d’un module d’environ 20 cm, qui peuvent avoir participé à un
aménagement du bas-fourneau ou de la fosse de travail.
D’un point de vue technologique, il est difficile de se prononcer ici en
l’état des données. De manière générale, on peut tout au plus parler de
morphologie assez similaire à des exemples de type piégé, à usage unique,
observés sur différents sites comme à Milesse dans la Sarthe (Langlois et al.
2015.), ou plus localement sur le site de la Basse-Flotte à Saint-Cyr dans
la Vienne (Bâty et al. 2012), entre autres exemples… L’absence de scorie
coulée en plaque irai plutôt en ce sens, mais demande d’être confirmée par
une fouille complète. Cette perspective permettrait également de pouvoir
aborder leurs affiliations chronologiques qui demeurent en l’état totalement
inconnues, mais qui pourrait remonter au premier ou au second âge du Fer,
comme dans les exemples précédemment cités.
126 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
5. 6. 3. Tr.30, l’ensemble F20/21/22
En tranchée 30, le décapage a permis la mise au jour d’un ensemble de
vestiges se composant d’une vaste zone de rejets de scories (F20), et d’une
structure de combustion F22, interprétable comme un bas-fourneau, associé
à sa fosse de travail F21.
• Le bas-fourneau F22
Ce bas-fourneau F22, constitue un deuxième type bien distinct des
précédents. Il est de morphologie semi-circulaire, et matérialisé par une
couronne de blocs de grès d’assez gros module. Ses dimensions sont
significativement supérieures aux autres avec un diamètre intérieur de la
cuve d’environ 1,25 m, où l’on retrouve les restes de charbons de la dernière
utilisation (Us 22.4 ; fig. 122).
Figure 122 Localisation et plan du bas-fourneau F22, de la fosse de travail F21 et de la zone de rejets F20 en tranchée 30 (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap)
À l’avant existe une grande fosse de travail (F21) dont le comblement
présente une importante quantité de rejets de parois d’argile. Cette fosse
s’appuie également sur les restes d’un grand ferrier arasé d’au moins 5 m
de diamètre (F20), contenant des scories des différents types dont certains
fragments clairement de type écoulées parfois en grande plaque, ainsi que
des scories compactes internes de type de fond de fours. L’ensemble de
ces observations permettent de classer cet exemple dans le type des bas-
fourneaux à scories écoulées, très probablement réutilisable, au moins
en partie, donnant lieu à une production assez intense. Une datation au
radiocarbone a été effectuée sur un charbon provenant de cet ensemble, et
les résultats fournissent une plage chronologique située entre -195 et +3,
soit la deuxième moitié du second âge du Fer et le tout début de l’Antiquité.
II. Résultats 127
Cette configuration de bas-fourneau n’est pas sans rappeler des cas
documentés en archéologie, comme par exemple les bas-fourneaux F150 et
F151 du site des Clérimois dans l’Yonne, dont la chronologie est cohérente
avec les données obtenues ici (Dunikowski,Cabboi 1995, p. 56). Ces
vestiges traduisent une forte similitude de morphologie (semi-circulaire),
de dimensions (d’environ 1 m ou plus), et implique une couronne de blocs.
Dans le cas des Clérimois, les bas-fourneaux étaient construits en argile
à l’intérieur des larges couronnes de pierre. Dans notre cas, les blocs bien
moins nombreux en surface, semblent intégrer totalement la construction
des parois et sont en contact direct avec le lit de charbons internes. On note
de plus la présence d’argile rubéfiée vers l’extérieur de la cuve, ce qui semble
indiquer une construction associant blocs et argile dans un creusement
légèrement plus large, mais on ignore comment ces éléments se développent
en profondeur. On retrouve également des similitudes de construction avec
les exemples fouillés à Massay dans le Cher, sur le site de Bois-Messire
Jacques, notamment les bas-fourneaux 4 et 5, bien que la chronologie soit
ici différente (Beyrie 2022). Les exemples du site des Martyrs, dans l’Aude,
sont aussi révélateurs de ce type d’architecture de bas-fourneaux (Domergue
2016), comme également dans le cas des vestiges du site de Bellefontaine à
Champigneulles en Meuthe-et-Moselle (Dohr, Leroy 2014)…
Figure 123 Vue de la face supérieure d’un gros
En concertation avec le service régional d’archéologie, le choix a été fait de
fragment de scorie (21,5 kg) de type fluide en garder les vestiges dans leur intégrité la plus complète, sans sondage ou test
plaque de coulée issu de F20 en tranchée 30 intrusif dans la perspective de possibles investigations complémentaires.
(photographie : M. Pasquel, Inrap) • Les résidus scorifiés
Ainsi le matériel collecté correspond à des ramassages de surface en partie
fait par sélection d’éléments déterminants ou caractéristiques. Parmi les
résidus scorifiés il a rapidement été constaté la présence des différents
types de scories avec des scories fluides coulées en plaque dont quelques
exemples de très gros module. Dans les niveaux de décapage de cette fenêtre
d’observation ont été collectés deux gros fragments de plaque de coulée. Le
plus imposant mesure 45 cm de long (dans le sens d’écoulement) pour 26
cm de large, 10 cm d’épaisseur et une masse de 21,5 kg . Sa face supérieure
présente des petits cordons entremêlés et superposés dont les largeurs
sont comprises entre 0,8 et 1,5 cm (fig. 123). La matière très fayalitique,
présente une teinte sombre aux reflets violacés en surface, avec quelques
taches de rouille, et apparaît gris brillant en section. Les tests magnétiques
donnent des réponses faibles mais assez homogènes (1). Sa face inférieure
présente une surface faite de nombreuses aspérités et irrégularités et
traduit l’empreinte du fond du canal d’évacuation (fig. 124). On note la
présence d’un décroché dans la déclivité globale, à la manière d’un petit
Figure 124 Face inférieure (photographie : M.
emmarchement d’environ 4 cm de hauteur (fig. 125). Cette morphologie
Pasquel, Inrap) traduit sans aucun doute l’aménagement en sorte de micro gradin, du canal
de coulée. La fragmentation a été constaté sur tous les contours, et l’on
ne peut donc approcher les dimensions complètes de ce canal de coulée.
Ce décroché apparaît bien sur la vue de profil, et on observe également en
section une stratification de lits de coulées d’environ 1 à 1,5 cm d’épaisseur.
Figure 126 Détail en section du fragment
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
Les observations permettent d’identifier jusqu’à sept lits distincts dans la
partie la plus épaisse (fig 126).
Figure 125 Vue de profil (photographie : M. Pasquel, Inrap)
128 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Les interfaces entre les lits ne témoignent pas de diaclases très marquées ni
de fragilité, laissant donc penser que cette superposition s’est produite alors
que les différents lits étaient tous à haute température, donc potentiellement
au sein de la même opération de réduction. Le volume de matière écoulée
apparaît donc très conséquent, ce que l’on peut probablement mettre en lien
avec un bas-fourneau de grandes dimensions, potentiellement F22.
Le second fragment de scorie écoulée en plaque, bien qu’un peu plus petit
demeure un gros fragment de 20 cm de long (sens d’écoulement) pour
28 cm de large (sens transversal) et 9,5 cm d’épaisseur (fig. 127).
Partie gauche : cordons un peu plus large Partie droite : petits cordons
et surfaces lisses surfaces avec micro-replis
Sens
d’écoulement
0 10cm
Figure 127 Vue de la face supérieure d’un gros fragment de scorie (6,74 kg) de type fluide en plaque de
coulée issu de F20 en tranchée 30 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
Ce fragment présente de nettes cassures sur toute son épaisseur, en
haut et en bas du sens d’écoulement, ainsi que sur la droite. La partie
gauche présente des cassures que sur sa partie superficielle, et on note un
amincissement régulier. On peut donc conclure que le canal de coulée dont
le fond a été partiellement moulé, avait une forme en cuvette au parois
évasées. Ses dimensions sont donc de plus de 28 cm de large pour 9,5 cm de
profondeur maximale, dans l’axe central (fig. 128).
0 20cm
Figure 128 Vue de profil (photographie : M. Pasquel, Inrap)
Si sur de nombreux aspects cette plaque est très similaire à la précédente
(matière fayalitique, teinte sombre et rouillée avec reflets violacés,), on
note toutefois que les cordons de la face supérieure présentent deux faciès
distincts. On retrouve d’une part, sur la partie droite, des cordons plutôt
fins (1 cm de largeur) avec des surfaces affectées de micro-replis (liés à des
mouvement d’air ?), et prenant la direction de la droite. D’autre part, la
II. Résultats 129
partie gauche montre des cordons avec des largeurs légèrement supérieures
de globalement au moins 2 cm et jusqu’à 3 ou 3,5 cm pour les plus larges,
et des surfaces lisses. Ces cordons apparaissent plus épatés et semblent
marquer un écoulement moins rapide, potentiellement issu d’une viscosité
plus pâteuse, et d’une moins forte déclivité de la fosse d’écoulement.
Globalement, ils prennent la direction du bas, sans latéralité bien marquée.
En section, on observe au moins trois lits distincts, et les écoulements de la
partie droite viennent recouvrir le faciès vu sur la partie gauche et sont donc
les derniers dans l’ordre chronologique (fig. 129).
3
2
5cm
1
Niveau de litage :
1 : banc massif, écoulement primaire
2 : écoulement secondaire, cordons élargis (de 2 à 3 cm de large), surfaces
lisses
3 : écoulement tertiaire, petits cordons (1cm de large), surface fripée en
micro-replis.
Figure 129 Vue de section (photographie : M. Pasquel, Inrap)
Ces différences d’aspect vont de pair avec des différences de réponse aux
tests magnétiques (1 dans le premier cas et 0 dans le deuxième cas). Ces
caractères contrastés, ainsi que les tentatives infructueuses de recollage
avec l’exemple précédent, suggèrent que ces fragments sont bien distincts
et impliquent des opérations différentes. Il semble y avoir un enjeu dans
l’approche des sections des plaques et dans l’observations des litages
internes. Ces successions semblent traduire des micro-étapes techniques
propres à chaque réduction avec des écoulements successifs et une gestion
spécifique au cas par cas par les artisans métallurgistes (ouverture/fermeture
de la porte ou d’orifices d’écoulement ?...). Ces observations peuvent
permettre des rapprochements ou des distinctions entre les fragments
de plaques et globalement indiquer des évolutions dans les actions de la
réduction.
Parmi les autres scories collectées dans les niveaux superficiels de F20,
on retrouve d’autres exemples de scories fluides en plaque qui traduisent
les mêmes observations, avec de légères différences sur la largeur des
cordons, sur leurs épaisseurs, le nombre de litages, ou les réponses aux
tests magnétiques. Là encore, en l’état, les tentatives de recollage n’ont
pas permis d’association entre ces petits fragments ou avec les gros
précédemment présentés bien que de nombreuses ressemblances d’aspects
existent.
Les autres faciès de scories fluides : coulures isolées et nodules boursouflés
sont également présents dans les lots examinés pour ce secteur. Comme
indiqué plus haut les aspects statistiques n’ont pas été jugés pertinents en
l’état, puisque la collecte a été faite uniquement en surface et par sélection…
Les scories de type compacte sont aussi nombreuses à la surface du ferrier
F20, et sont principalement de faciès léger avec de nombreuses vacuoles.
Ces vacuoles correspondent pour beaucoup à des empreintes de charbons
130 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
de bois de morphologie souvent parallélépipédique, dont le module est
généralement de 2 cm de long pour 1 cm de large et 1 cm d’épaisseur.
Quelques petits fragments sont plus denses, sans que leurs réponses aux
tests magnétiques ne donnent de vrais contrastes avec les scories de faciès
léger. Dans l’ensemble, les résidus de type compact, tout faciès confondus,
impliquent des réponses à l’aimant nulles ou faibles (0 ou 1), ce qui suggère
un processus bien maîtrisé avec peu de perte de métal. Seul quelques
fragments provenant de la tranchée 29 et 31 ont des réponses plus forte
à l’aimant, et un aspect rouillé, qui laissent penser, comme dans le cas
précédent, que leurs origines peuvent être en lien avec la gangue autour de
la masse brute de métal ou aux premiers traitements de cette dernière.
À la surface du ferrier F20 (Us 20.1), a été également collecté un petit
fragment singulier de teinte bleu turquoise qui correspond à un laitier, ce
qui semble indiquer une production au moins partielle et probablement
accidentelle de fonte (fig. 130). Ce point intéresse particulièrement les
Figure 130 Laitier issu de F20 en tranchée 30 problématiques sur les aspects technologiques, et une fouille exhaustive
(photographie : M. Pasquel, Inrap) permettra sans doute d’aborder les évolutions des savoir-faire et les raisons
d’une production de fonte ainsi que les éventuels traitements post-réduction
et les déchets associés.
• Autres structures
Le ferrier F20 semble recoupé par le fossé F19, dont le tracé courbe et les
contours irréguliers peuvent, comme dans le cas de F6, évoquer une volonté
d’extraction (argile ou minerai). Juste au Sud de l’ensemble F20/21/22,
un ancrage de poteau indique un aménagement voire une construction,
en contact direct avec l’unité de travail de réduction. Entre les vestiges
de bas-fourneaux de la tranchée 28 et l’ensemble de la tranchée 30, une
série de petites structures ponctuelles, type ancrages de poteaux a été mis
au jour dans la tranchée 31. La proximité spatiale de ces ensembles laisse
penser que ces vestiges peuvent être associés, et qu’ainsi des constructions
peuvent exister aux abords des fours de réduction. Ce lien est également
renforcé par la présence de charbons dans plusieurs d’entre eux et de
résidus métallurgiques dans au moins une structure (F29), laissés in
situ. Les observations sur place ont permis de les rapprocher du faciès
compact interne. Ces probables bâtiments ou aménagements peuvent
constituer des espaces de travail spécifiques directement liés à des étapes
de la chaîne opératoire, soit pré-réduction avec le lavage puis concassage
du minerai, la production ou le stockage de charbon… ou post-réduction
avec le traitement des masses brutes obtenues (compactage, épuration…)
et la production possible de demi-produits. Les éventuelles investigations
complémentaires donneront sans doute des précisions sur ces questions, en
prenant notamment en compte la distribution typologique des scories dont
les gromps, et la détection de micro-restes comme des battitures qui seront
une bonne indication de la phase de compactage.
• Premières réflexions
Dans l’ensemble, les observations semblent impliquer des changements
dans les procédés techniques utilisés, avec au sud, autour de F6/F7, et au
centre, dans le secteur de F17/F18, une métallurgie probablement plutôt
de type à scorie piégées, et avec des éléments suggérant une possible phase
de transition vers des dispositifs à écoulements externes. Au nord, autour
de F22, un bas-fourneau de grande capacité, dont la technique s’appuie
clairement sur des écoulements externes en plaques, et très certainement à
utilisations multiples, témoignant d’une production de forte intensité.
Enfin, il convient de souligner que les investigations menées plus au nord de
ce Locus ont mis en évidence des concentrations de minerai de fer en place
dans les altérites, notamment dans la tranchée Tr.21. La présence de ce gîte
directement exploitable, à faible distance des zones artisanales, renforce
la cohérence d’une implantation métallurgique dans ce secteur et éclaire
II. Résultats 131
la logique économique de l’atelier : proximité immédiate de la ressource,
accessibilité et optimisation des chaînes opératoires de réduction.
5. 7. Locus 4
Ce locus implique les tranchées 101 et 115 (fig. 131). Dans ces sondages,
plusieurs structures ont été mises au jour dont les restes d’au moins un
bas-fourneau, F101-10, ainsi que d’autres indices liés à des activités
paléométallurgiques.
Figure 131 Plan de répartition des vestiges paléométallurgiques du locus 4 (cartographie SIG :
B. Moutarde, Inrap)
5. 7. 1. Tr.101
Cette structure correspond à un reste de four de réduction, d’un module de
petit gabarit, de morphologie globulaire, avec un diamètre entre les parois
d’environ 0,4 m (fig. 132). Les contours de cette structure sont formés par
une petite bande rougeâtre d’une épaisseur comprise entre 4 et 6 cm. Ce
liseré semble plutôt correspondre au reste de la cuve construite en argile
et non à une rubéfaction de diffusion dans les sédiments encaissants. Dans
l’espace interne on retrouve une très forte concentration en charbons, issue
de la dernière utilisation, ainsi que des fragments de scories. On note la
132 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Bande d’argile
rougeâtre
Fragments de
scories
Concentration
charbonneuse
Figure 132 F. 101-10 : vestige de bas-fourneau vue en plan (photographie : A. Hanry, Inrap ; DAO :
M. Pasquel, Inrap)
présence d’une petite fosse de travail se dessinant au devant. L’ensemble,
bas-fourneau et fosse s’étend sur une longueur de 1,4 m pour une largeur
maximale de 0,85 m. Dans cette zone particulière impactée par le réseau
racinaire, et les structures apparaissant directement sus l’humus (-0,3 m),
les contours précis des structures demeurent difficiles à lire. Des tessons de
céramique modelée étaient associés au comblement de surface de F101-10,
permettant une affiliation chronologique de cet exemple probablement au
premier âge du fer ou au début du second.
En concertation avec le service régional d’archéologie, il a, là aussi, été
choisi de laisser cette structure en l’état, sans entamer son intégrité, dans la
perspective d’une fouille extensive. Seul un rapide nettoyage de surface a
été effectué, engendrant la collecte, non exhaustive, des quelques fragments
de résidus scorifiés. Au sein de ces éléments on retrouve sept fragments de
type compact interne, d’un faciès plutôt léger. Parmi eux deux fragments
semblent quasi complets, sans cassures apparentes et se présentent sous la
forme de nodules plutôt allongés et assez vitreux.
Ces aspects singuliers interrogent sur leurs origines, soit issu du processus
de réduction, soit lié à l’étape suivante d’épuration de la masse brute
(?) ; fig. 133). D’une manière générale, les réponses aux tests magnétiques
donnent des résultats nuls ou faibles, ce qui suggère que le processus de
réduction été bien maîtrisé, sans pertes conséquentes de métal dans les
scories
Figure 133 Scories de type compact interne issues de F101-10 en tranchée 101 (photographie :
M. Pasquel, Inrap)
II. Résultats 133
Si d’un premier abord la morphologie et le gabarit de ce bas-fourneau,
ainsi que son affiliation chronologique présumée, pouvaient évoquer le
type à scorie piégée, la présence de scories fluides, dont deux assez gros
fragments de plaques coulées à petits cordons, conduisent plutôt à identifier
un bas-fourneau de type à scories écoulées (fig. 134). Ces deux fragments
plutôt épais, recollent ensemble dans la longueur, et affichent des cassures
sur l’ensemble de leurs contours, ce qui ne permet de donner des mesures
qu’à titre indicatif, sans pouvoir aborder les dimensions réelles du canal de
coulé : 13 cm de longueur (sens d’écoulement), pour 12 cm de large (sens
transversal à l’écoulement) et 7 cm d’épaisseur.
Figure 134 Scorie de type fluide en
Un autre fragment de scorie coulée en plaque est présent dans le fait F101-
plaque issue de F. 101-10 en tranchée 101
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
01, et présente lui une largeur complète, sans cassure. Il permet d’évaluer les
dimensions minimales du canal de coulée à 11 cm de large (transversal au
sens d’écoulement) pour 4,5 cm de profondeur, en forme de cuvette (fig. 135).
Ce type de canal n’ayant pas été constaté à l’avant du bas-fourneau identifié
(F101-10), cela pourrait suggérer l’existence d’un autre bas-fourneau muni
de ce type canal, à proximité.
Parmi le matériel collecté ou observé sur place, on retrouve également des
fragments de parois scorifiées, dans les faits 101-09 et 101-10 (fig. 136).
Toutefois, il est à noter la faible quantité de ce type de matériel, le volume
approché ne dépasse pas les 200 g pour l’ensemble de ce Locus, ce qui ne
semble même pas correspondre au volume attendu pour une petit bas-
fourneau comme F101-10. Ce faible volume appuierait plutôt l’hypothèse
de bas-fourneaux à usage unique dans ce secteur, puisque des utilisations
multiples fournissent souvent une grande quantité de rejets de parois, mais
sans garanties à l’échelle du diagnostic et de ses biais d’observations.
La présence de minerai a été constaté dans la partie centrale de la tranchée
101 et se présente sous la forme de nodules de type pisolithiques ferro-
manganiques de teinte rouge sombre à violacée et de modules compris entre
10 et 20 cm. Ces nodules prennent la forme de bancs plutôt concentrés et
s’implantent au sein des masses sédimentaires correspondant au niveaux
identifiés par l’étude géomorphologique (A coll). Ces exemples de minerai
se retrouvent à une profondeur assez faible, comprise entre -0,5 m et
-0,7 m, ce qui les rend bien accessibles par des extractions de surface, dont
on peut supposer l’existence, même si de tel vestiges n’ont pas été identifiées
dans les tranchées de diagnostic pour ce locus.
Figure 135 Scorie de type fluide en 5. 7. 2. Tr.115
plaque issue de F. 101-01 en tranchée 101
(photographie : M. Pasquel, Inrap) Située au sud de la RD 60, cette tranchée à elle aussi livré des structures
présentant des résidus paléométallurgiques, avec pour commencer F115-
01, une fosse de 0,50 m de diamètre au profil en cuvette, renfermant un
limon brun clair hétérogène, meuble, avec inclusions de charbons de bois
et de scories. Elle a par ailleurs fourni un petit lot de tessons de céramique
attribuables au Bronze final ou au premier âge du Fer / début du second.
Les scories de F115-01 sont assez particulières : elles présentent un assez
fort magnétisme, un aspect rouillé et corrodé proche de celui des objets
métalliques (fig. 137). Ces caractères pourraient correspondre à des fragments
issus du traitement de masse(s) brute(s) de fer (gromps ?), effectué
directement après la réduction, lors des premiers travaux d’épuration et de
compactage de la masse de métal obtenue.
Par ailleurs, sept autres fragments de scories (échantillon) proviennent de
F115-08 qui correspond à une zone d’épandage de scories, observée sur
Figure 136 Fragments de parois scorifiées
issues de F. 101-10 en tranchée 101
au moins 16 m de longueur et débutant à environ 7 m au nord de F115-7.
(photographie : M. Pasquel, Inrap) Cette zone est ainsi située juste en face de la fenêtre où ont été mis au jour
les vestiges de la tranchée 101. Cet épandage semble pouvoir correspondre
à l’éclatement et l’arasement d’un petit amas de type ferrier. Ce volume
tout de même assez conséquent de rejet correspond vraisemblablement à la
réalisation de multiples opérations de réduction dans ce secteur, ce qui peut
134 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 137 Scories compactes / masses brutes (?), magnétisme fort (1 à 2) issues de F115-01 en
tranchée 115 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
laisser penser à la présence de bas-fourneaux réutilisables ou à plusieurs
bas-fourneaux à usage unique.
Parmi ces scories collectées dans F115-08, certains de ces nodules semblent
contraster avec les autres exemples de l’opération. Si elles semblent toutes
correspondre à des scories internes compactes, au moins deux fragments
(recollant ensemble) dénotent par des aspects en surface très grenus
formant de fines aspérités dans un matériau fayalitique gris brillant très
visible sur la face inférieure. En section, on retrouve ce caractère granuleux
fin ainsi que de très nombreuses vacuoles correspondant à des bulles de
quelques millimètres de diamètre ou à des empreintes de très petits nodules
de charbons de bois (0,5 cm maximum) (fig. 138). En face supérieure,
on retrouve plutôt une croute rouillée avec des empreintes de plus gros
charbons, ce qui semble correspondre à la phase de contact avec la masse
Figure 138 Scories de type compact interne
issues de la tranchée 115 (photographie :
M. Pasquel, Inrap)
II. Résultats 135
brute. Dans l’ensemble ces observations ne sont pas sans rappeler les
caractères de certaines scories de type piégées et il semble ne pas falloir
exclure totalement cette possibilité.
5. 7. 3. Premières réflexions
Cet ensemble de vestiges traduit encore un autre espace d’unité de
production de fer, qui semble distinct spatialement du locus 3. Le module
du bas-fourneau F101-10 est lui aussi différent des exemples précédents.
L’examen des restes scorifiés montre une association de faciès, posant un
peu les mêmes questions que dans les cas de F6/F7 ou F17/F18.
Seule une fouille complète de ce secteur et l’étude plus exhaustive des
résidus permettra de répondre aux interrogations sur la ou les technologies
utilisées ici et sur les phases chronologiques d’activités. Il paraît bien
possible que ces phases correspondent aux plus anciennes identifiées dans
cette opération, et ces vestiges peuvent donc constituer une première
période d’activité. Cet aspect intéresse tout particulièrement la question
du début des productions locales, et à ces périodes où la métallurgie du fer
dans nos régions, débute et s’intensifie rapidement.
Au vu du volume de restes scorifiés, notamment dans le cas de la zone
d’épandage F115-08, il semble probable que d’autres restes de bas-
fourneaux puissent être présents dans ce secteur. La présence d’autres
structures aux abords, de type fosses et ancrages de poteaux, laisse supposer
l’existence d’espaces de travail aménagés à proximité immédiate. Le lien
entre ces structures est les activités métallurgiques peut être proposé non
seulement du fait de leur proximité, mais aussi par la présence de résidus
paléométallurgiques dans les faits F101-01, F101-09, F115-01, et de
manière générale dans les tranchées 101 et 115.
5. 8. Locus 6
Enfin, le Locus VI, le plus au nord, concerne les vestiges mis au jour dans
les tranchées 38, 40, 42, 123 et 124. (fig. 139). Ces sondages ont livré au
moins deux restes de structures de combustion (bas-fourneau) associées
à des rejets de scories, mais également de grandes fosses assez profondes
interprétées comme des tranchées d’extraction, et plus à l’est une zone de
concentrations de substructures (fosses, fossés, trous de poteau, niveau
d’épandage…)
• Tr.38, F34, F35 et F36
L’ouverture de la tranchée 38 a permis la détection de structures de
combustion, interprétées comme des bas-fourneaux du fait de la forte
présence de scories (fig. 140).
• Les structures F34, F35 et F36
La structure F35 est de morphologie plutôt ovale, installée directement dans
les altérites via une fosse d’environ 1,4 m pour 1 m de large (fig. 141). Elle
présente des parois en argile sur ses contours, vraisemblablement sans blocs.
Le diamètre interne de la cuve est de l’ordre de 0,7 m, mais les contours en
surface sont assez peu lisibles. Cet exemple fonctionne avec une vaste fosse
de travail, F34, plutôt ovale d’environ 5 m de long pour 4 m de large, et
aux parois évasées (fig. 141). Les dimensions de cette fosse dénotent avec les
autres exemples, et permettent d’envisager une fonction de réel espace de
travail semi-enterré. Une fouille complète de cette structure peut fournir
Figure 141 Photographie des structures de précieuses données sur les activités pratiquées, qui peuvent dépasser la
F34 et F35 en tranchée 38 (photographie(s) : simple gestion de l’opération de réduction et comporter des aménagements
A. Hanry, Inrap) ou des indices de la réalisation d’autres étapes de production, à la manière
d’un atelier semi-excavé. Les nettoyages de surface de F34 ont livré deux
fragments de scories (indéterminée), et un petit nodule de minerai,
136 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 141 Figure 45 141: Photographie des structures F. 34 et F. 35 en tranchée 38
(photographie(s) : A. Hanry, Inrap)
Figure 139 Plan de répartition des vestiges paléométallurgiques du locus 6 (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 137
Figure 140 Localisation et plan du bas-fourneau et de la fosse de rejets en tranchée 38 (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap)
possiblement issu du concassage. Cette fosse est elle-même recoupée par
un tronçon de fossé courbe, comblé de blocs qui semblent postérieurs
(moderne ou contemporain).
Le décapage de la fenêtre d’observation réalisé pour documenter F35 a
livré, à l’ouest, les vestiges d’une autre structure de combustion F36, qui
n’a pas été dégagée intégralement, mais peut potentiellement correspondre
à un autre bas-fourneau. Ses parois sont formées par une bande rubéfiée de
couleur violacée (lie-de-vin) d’environ 3 cm d’épaisseur. Une concentration
charbonneuse est présente à sa surface d’apparition, issu très probablement
de la dernière utilisation. La vue en section montre la présence d’un
niveau singulier à la base de cette structure, qui pourrait correspondre
à un niveau de préparation. En soit, c’est la présence d’un liseré d’argile
rubéfiée qui appuie l’hypothèse d’un bas-fourneau, mais il ne faut peut-être
pas totalement exclure l’éventualité d’un autre type de fonction : grillage
du minerai, épuration de la masse brute (?)… C’est sur un charbon de
son comblement qu’a été effectuée une date radiocarbone, donnant une
plage chronologique comprise entre 1042 et 1219, soit au Moyen Âge
classique. Il y adonc ici une autre unité de travail, d’une chronologie bien
différente des autres Locus, et probablement avec une certaine variation des
techniques utilisées et de l’organisation des espaces de travail.
La zone d’activité pourrait s’étendre plus largement, est inclure une partie
de la tranchée 40, qui a livré une structure (F37) en face de l’ensemble
F34/35. Cette fosse très irrégulière peut éventuellement correspondre à un
vestige d’extraction, sans pouvoir s’en assurer en l’état des données.
• Les résidus scorifiés de F35
Les résidus scorifiés collectés à la surface de F35 forment un lot de 25
fragments pour une masse de 30 135 g, qui impliquent donc des pièces de
gros modules. En terme de typologie, ces déchets renvoient tous au type
138 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
scorie compacte interne, avec un faciès plutôt léger. L’absence de scories
fluides tend à considérer l’utilisation de la technique piégée, même si seule
une fouille complète pourrait permettre de s’en assurer.
Les réponses magnétiques sont globalement toujours positives pouvant
même être assez fortes et homogènes dans certains cas. Elles indiquent une
petite perte de métal vraisemblablement récurrente sur ces déchets, ce qui se
retrouve dans leur aspect général, très majoritairement recouvert de rouille
et d’oxydation.
Dans ce lot, quatre gros fragments présentent nettement des lambeaux
de parois du bas-fourneau dont ils sont issus, que ce soit en fond ou sur
les contours latéraux. Le plus gros fragment d’une masse de 14 300 g,
Figure 142 Fragment de scorie de type
compact interne avec paroi d’argile arrachée
illustre bien cette présence de lambeaux de parois (fig. 142). Ces parois de
(masse : 14,3 kg) issu de F35 en tranchée 38 teinte beige clair contiennent une forte densité de gravillons, dont certains
(photographie : M. Pasquel, Inrap) semblent être des petits nodules de minerais (sombre) et d’autres sont
apparemment calcaires. On a également la présence de micro-charbons qui
peuvent indiquer un dégraissant végétal en plus des éléments minéraux.
En ce sens, la composition de ces parois ne correspond pas non plus aux
exemples des autres Locus.
Malgré les tentatives, ces exemples ne recollent pas ensemble. Deux, d’entre
eux ont permis de faire une évaluation du diamètre originel, donnant
des résultats compris entre 50 et 60 cm. Ces dimensions ne semblent pas
incompatibles avec le bas-fourneau F35, et pourraient donc indiquer des
réutilisations multiples. La fréquence des arrachements de parois semble
indiquer des besoins de réfections conséquents dans le cas de réutilisation.
Il est aussi possible d’envisager que cette cohérence des diamètres indique
plutôt une standardisation de structures reconstruites quasi à l’identique,
sans pour autant signifier un réemploi du même bas-fourneau.
• Pistes de réflexions
Cette petite zone du Locus 6 traduit nettement, une autre unité de travail
consacré à la réduction de minerai de fer, avec vraisemblablement une
technique basée uniquement sur le stockage interne des scories. Les deux
bas-fourneaux repérés semblent également d’une morphologie et d’un mode
de construction légèrement différent des précédents, impliquant uniquement
des parois en argile comme dans les cas de F17, F18 ou F101-10. Toutefois
la composition, et notamment les dégraissants, n’est pas la même que pour
ces exemples du Locus 3 et du Locus 4. La forte présence de dégraissant
minéral est une caractéristique commune aux parois arrachées observées
sur différentes scories. L’aspect global des scories, affichant une plus forte
oxydation (rouille) que les autres exemples de l’opération, ainsi que leurs
réponses positives récurrentes aux tests magnétiques interrogent ainsi sur la
qualité des opérations effectuées. Ces aspects les diffèrent encore de celles
plutôt non magnétiques collectées autour de F22. Ils semblent impliquer
une différence de rendement et donc de volume de métal obtenu (et de
qualité ?). On pourrait facilement parler de régression technologique, mais
ces aspects doivent être mis en parallèle du volume produit, et il faut à ce
stade garder des précautions dans les interprétations. Il est envisageable
que les opérations soient moins qualitatives, non pas parce que les artisans
ne savent plus faire aussi bien, mais faites ainsi, afin de garantir une plus
forte intensité ou rapidité de production (?). La différence de processus
utilisé peut aussi en partie expliquer cette différence, tout comme un
approvisionnement distinct en minerai légèrement différent. L’utilisation
finale du métal peut aussi faire varier les besoins en terme de qualité. Les
opérations de réduction peuvent ainsi être différentes en fonction des
volontés d’obtention, pouvant aller de fer doux à des fers carburés et
aciérés. Sur ce point, seules des analyses métallographiques et chimiques
permettront d’aller plus loin.
C’est donc encore ici un ensemble de vestiges présentant de forts enjeux
sur les problématiques d’évolution et de changements technologiques,
vraisemblablement pour une autre phase chronologique que les Locus
II. Résultats 139
précédents. L’affiliation chronologique n’est ici appuyée que sur une date
par radiocarbone, issue de plus de la structure F36. Par extension, il est
séduisant de proposer cette datation également pour F35, mais il convient
de rappeler que cette structure (F35) n’est pas datée directement et qu’elle
Face supérieure Section
pourrait donc remonter à une autre période. Dans tous les cas, des
investigations complémentaires et plus extensives sont souhaitables pour
tenter de répondre aux questions proposées ici et en l’état des données.
• Tr.123 et Tr.124
Ces deux tranchées implantées légèrement plus au nord que les précédentes
ont montré l’existence de vastes anomalies ayant entaillé les horizons
0 5cm 0 5cm
naturels, qui semblent contenir ici des concentrations de pisolithes et
Figure 143 Fragment de scorie de type fluide
concrétions ferro-manganiques. De ce fait, l’hypothèse de fonctions liées
en plaque issu de F123-01 en tranchée 123 à l’extraction de minerai apparaît plausible. D’abord enregistrées en
(photographie : M. Pasquel, Inrap) structures distinctes, il est envisageable que ces éléments ne forment qu’un
seul est même ensemble (fig. 139). La partie identifiée comme F123-01 couvre
au moins 30 m de longueur, pour une profondeur de 2,8 m dans la partie
testée. Son profil traduit des parois évasées à l’est, mais semble aménagé en
paliers ou gradins à l’ouest. Cette morphologie n’est pas sans rappeler les
systèmes d’extraction à ciel ouvert, avec un front de taille en gradins et un
évasement des autres contours de la fosse ainsi créée.
Son remplissage, fait de colluvions vraisemblablement remaniées, contient
des tessons médiaux ainsi que des rejets métallurgiques. Les résidus
collectés correspondent à une quinzaine d’éléments, pour une masse de
seulement 429 g. Ils sont donc très fragmentés et relèvent pour certains du
Figure 144 Nodule de minerai lourd et de
teinte sombre issu de F38 en tranchée 42
type compacte et de faciès léger (5 NR pour 155 g) et pour les autres du
(photographie : M. Pasquel, Inrap) type fluide (10 NR pour 174 g). Dans ces éléments de type fluide, on note
la présence d’une plaque de coulée, plutôt dense et de 1,8 cm d’épaisseur
(fig. 143).
Cette présence de scorie coulée en plaque, semble impliquer une autre
unité de travail que celle centrée sur F34/F35, cette dernière n’ayant livrée
Vue des faces supérieures
que des scories compactes. L’origine d’une partie de ces déchets est donc
probablement en lien avec un autre bas-fourneau, de type à scorie écoulée,
dont l’emplacement est à rechercher, possiblement à proximité soit avec les
Plaques
plutôt épaisses vestiges encore plus au nord en tranchée 42, soit dans des zones hors de
l’emprise d’aménagement. La fragmentation observée est bien cohérente
avec l’hypothèse d’une remobilisation des sédiments venant combler cette
structure.
Plaques
plutôt fines
• Tr.42 et extrémité de Tr.123
Cette zone, la plus septentrionale de ce tronçon, livre un ensemble cohérent
de fosses, de petits fossés et d’épandages marquant un secteur d’occupation
0 10cm
et livrant un volume conséquent de restes paléométallurgiques (fig. 139).
Vue des sections • F38
Le comblement de la fosse F38 a livré à un lot de tessons affiliables
à la période médiévale. Il contenait également des indices d’activés
métallurgiques, avec des fragments de minerais lourds et de teinte très
Plaques
plutôt épaisses
sombre (fig. 144). On note également la présence d’un bloc de nature
quartzique, donc exogène et possiblement marqué par des traces de chauffe.
Le reste des indices métallurgiques sont des petits fragments de résidus
scorifiés (26 NR pour 611 g) relevant aussi bien du type compact que du
type fluide. La présence de plaques est attestée, avec des exemples qui se
distinguent par des épaisseurs différentes : un premier ensemble d’au moins
Plaques
plutôt fines
2 cm et l’autre de moins de 1 cm (fig. 145). Cette dernière peut rappeler
les déchets de type plaquettes observés sur certains sites (Sarreste 2011,
chapitre 3, fig. 50), sans que l’on puisse s’assurer de cette affiliation avec un
0 10cm unique fragment.
Un fragment de scorie de type indéterminé mais probablement compact
Figure 145 Fragments de scories de type présente un aplat d’un côté, avec un faciès lourd et dense, ainsi qu’une
fluide en plaque issu de F38 en tranchée 42
réponse magnétique forte. Ces caractères peuvent évoquer un déchet issu
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
140 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
du traitement de la masse brute, possiblement une perte au moment du
compactage/cinglage.
• F40
Le comblement du fossé F40 contient également des restes d’activités
métallurgiques. Dans ce lot, on retrouve trois fragments de parois de fours,
0 10cm
très légers et avec une structure interne dense en micro-vacuoles sphériques.
Figure 146 Fragments de parois de fours L’observation de ces éléments à la loupe binoculaire montre qu’il s’agit de
avec micro-vacuoles sphériques issus de poussières de charbons (poussier), ce qui montre un assemblage technique
F40 en tranchée 42 : les observations à la particulier et intentionnel pour la fabrication de la paroi (amélioration des
loupe binoculaire montrant que ces vacuoles
propriétés thermiques ?). Ces aspects peuvent donc constituer des caractères
correspondent à des poussières de charbons
souvent disparues(photographie : M. Pasquel,
de distinctions des fragments de parois (fig. 146). On note encore la présence
Inrap) d’un bloc exogène, qui se présente sous la forme d’un conglomérat avec
de petits gravillons de quartz en surface, et une matrice minérale interne
dense et lourde vraisemblablement ferro-manganique (poudingue ? autre
minerai ? concrétion ?). Sa fonction ou utilisation ne sont pas proposables,
mais son caractère importé semble évident. Il est le seul élément de ce type
observé (fig. 147).
Les restes scorifiés constituent ainsi l’essentiel du lot avec 41 restes pour
6 497 g. Les scories de type compacte sont au nombre de 21 fragments pour
3 572 g, et impliquent les faciès légers ou lourds indistinctement. Leurs
réponses aux tests magnétiques sont faibles voire inexistants.
Le groupe des scories de type fluide, soit 20 fragments pour 2 925 g, se
compose de quelques exemples de faciès nodules boursoufflés (7 NR), mais
principalement de fragments de plaques (13 NR). Parmi elles on constate
0 5cm
une série de marqueurs de différences, que ce soit les épaisseurs comme
dans le cas précédent, ou par les largeurs et morphologies des cordons. Un
Figure 147 Bloc exogène : conglomérat de
gravillons de quartz en surface et matrice fragment montre par exemple une épaisseur d’au moins 4 cm, et présente
lourde et dense (ferro-manganique ?) issu de des cordons plus larges et plus épatés que les autres, dont un principal
F38 en tranchée 42 (photographie : M. Pasquel, de 6 cm de large pour 3 cm d’épaisseur. Ce fragment traduit nettement
Inrap) l’empreinte du canal de coulée, avec un fond en cuvette d’au moins 12 cm
Vue de la face supérieure
de large pour 4 cm de profondeur (fig. 148).
Cordon large
Là encore le lot traduit des rejets d’activités métallurgiques d’opérations de
réduction, avec la présence de plaques impliquant donc l’utilisation de la
technique d’écoulements externes.
• F41 et F42
Cette fosse (F41) et ce fossé(F42) ont également livré des résidus scorifiés
(7 NR pour 1 521 g) qui dans l’ensemble fournissent la même diversité de
restes avec la présence de scories compactes et de fluides dont au moins un
0 10cm fragment de plaque fine (plaquettes ?). Un fragment de type compact, d’une
Vue en section masse de 1 103 g présente un faciès lourd, de teinte principalement rouille
Cordon large
en surface. Des restes de lambeaux de parois de fond de cuve sont présents
sur sa face inférieure et il donne une forte réponse aux tests magnétiques, ce
qui suggère une perte de métal au sein de la scorie (fig. 149).
Plus intriguant, un lot de six fragments issus de F41 a pu être recollé
intégralement, et forme un nodule complet qui dénote des autres restes.
Le fond moule un profil en cuvette d’au moins 12cm de large Affilié au type fluide, il présente des surfaces très vitreuses et relève d’un
0 10cm
faciès très léger (26 g), avec une morphologie en lobes plutôt difformes.
Figure 148 Fragment de scorie de type
Ces caractères tendent à le distinguer des autres déchets métallurgiques,
fluide en plaque issu de F40 en tranchée 42 et pourraient correspondre à une étape technique de post-réduction
(photographie : M. Pasquel, Inrap) (épuration ? culot de forge de type SDG/SAS ? ; fig. 150).
• Pistes de réflexions
Dans l’ensemble ce Locus livre une série de vestiges et de restes assez
diversifiés, avec au moins deux structures de combustion, probablement
des bas-fourneaux, ainsi qu’une ou plusieurs vastes fosses d’extraction et
des vestiges d’occupations associant des déchets métallurgiques dans leurs
comblements. Des lots de tessons et une datation absolue implique une
II. Résultats 141
Vue de la face 1
0 5cm
Vue de la face 2
0 5cm
Figure 149 Fragment de scorie de type
compact (masse 1 103 g) issu de F4 en Figure 150 Nodule scorifié complet en lobes
tranchée 42 (photographie : M. Pasquel, Inrap) difformes, d’aspect vitreux, gris, dense : déchet
d’une phase de post-réduction (épuration,
affinage, forge ?) issu de F41 en tranchée 42
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
phase chronologique médiévale, mais il convient de demeurer prudent dans
cette attribution. S’il est assez bien assuré qu’une phase médiévale prend
place ici, des structures plus anciennes ou plus récentes peuvent tout de
même être ici présentes et cette question demande donc d’être approchée
plus précisément. L’unité de travail F34/F35 interroge en ce sens, n’étant
pas datée directement, et ne livrant que des scories compactes internes, elle
pourrait correspondre à l’utilisation de la technique à scories piégées qui
est plus fréquente aux périodes anciennes. D’autre part, les vestiges de la
tranchée 42, ainsi que ceux de la tranchée 123, traduisent la présence de
scories coulées en plaques, suggérant la proximité d’autres bas-fourneaux
usant de cette technique et plus cohérent avec les éléments de datation.
Cette hypothèse est renforcée par la présence de scories (dont des scories
fluide en plaque) dans les structures détectées au sud du tronçon suivant
(Kerouanton 2025). Les observations de plusieurs zones d’épandages
de scories visibles dans les champs alentours vont aussi en ce sens, et
témoignent d’une production assez intense qui a pu mailler les terrains de
vestiges divers (fig. 151).
142 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
?
?
?
?
?
?
Figure 151 Zone métallurgique à cheval sur les phases 2 et 3, aux lieux-dits actuels les Loubières et les Barrières sur la commune de Suaux et Bois de Trau,
anciennement Le Démoli sur le cadastre du XIXe siècle, sur la commune de Nieuil (cadastre de 1819 et 1852 © Archives départementales, Charente ; DAO et
cartographie SIG. I. Kerouanton, Inrap)
II. Résultats 143
5. 9. Synthèse et perspectives
5. 9. 1. Synthèse
En résumé, l’évaluation archéologique de ce secteur montre d’importants
et abondants vestiges reliés à la production de masse de fer à partir de
minerai. La phase de réduction est particulièrement illustrée avec aux
moins cinq structures de combustion interprétées comme des restes de bas-
fourneaux. La totalité des éléments mobiliers observés renvoient également
à cette phase de la chaîne opératoire, et aucun déchet caractéristique de
mise en forme d’objet (forge) n’est présent dans les lots.
L’approche spatiale des vestiges a conduit à l’établissement de trois Locus
qui impliquent des activités métallurgiques. Au sein de ces Locus, on peut
définir différentes unités de travail, en se basant sur la présence avérée
de bas-fourneaux distincts ou avec des indices permettant de supposer
l’existence d’autres fours. Ces hypothèses s’appuient sur des aspects
technologiques, avec notamment la distinction des techniques à piégeages
internes ou écoulements externes d’une partie des scories, ainsi que sur la
forte quantité de déchets dans certains secteurs éloignés des fours identifiés.
On retrouve ainsi pour le Locus 3, au moins trois unités de travail
assurées, avec les bas-fourneaux F17, F18 et F22, et on suppose fortement
l’existence d’une quatrième dans la partie sud, aux abord des fossés
F6 et F7 livrant un important volume de déchets. D’un point de vue
technologique, les fours F17 et F18 pourraient correspondre à des types à
scories piégées, probablement à usage unique, de par leurs morphologies et
l’absence de scorie en plaque dans les lots collectés. Seuls deux fragments
de scories fluides proviennent de F17 et sont de faciès coulures isolées.
Ces observations et le matériel recueilli sont toutefois limités car issus
du niveau d’apparition de ces structures. Le petit sondage effectué dans
F18 montre tout de même un potentiel de conservation sur au moins
25 cm de profondeur. Le four F22, plus au nord, affiche clairement une
autre typologie de construction, avec une cuve de plus grande dimension,
avoisinant 1,25 m de diamètre interne, et dont les parois massives
comportent une couronne de blocs de grès d’assez gros module. Associée
à une fosse de travail à l’avant, elle-même en connexion avec les reste d’un
ferrier d’au moins 5 m de diamètre, cette zone traduit une très importante
quantité de déchets. Parmi les résidus scorifiés, la présence de plusieurs gros
fragments de plaque de coulée indique l’utilisation de la technique avec
écoulements externes. Il est très probable que ce bas-fourneau ait connu des
utilisations multiples et des réfections successives. Les structures ponctuelles
mises au jour à proximité traduisent des aménagements et des constructions
ayant très probablement pu constituer des espaces de travail associés. De
tel contextes ont fourni de précieuses données sur différents sites fouillés, ce
qui porte de très bonnes perspectives d’étude (Dunkiowski, Cabboi 1995 ;
Dohr, Leroy 2014 ; Langlois et al. 2015 ; Domergue 2016 ; Beyrie 2022 ;
etc).
La zone la plus au sud de ce Locus, n’a certes pas livré de bas-fourneaux
dans les espaces sondés, mais le volume important de restes présents dans
les comblements des fossés F6 et F7 laisse envisager l’existence d’une autre
unité de travail dans ce secteur et donc de supposer la présence de vestiges
de fours à proximité. L’examen des résidus scorifiés montre la présence de
fragments de plaques de coulée et donc de l’utilisation du procédé technique
associé. Des fragments de scories compactes de gros modules, permettent
d’évaluer le diamètre originel de la cuve qu’ils ont partiellement moulés. Ces
estimations fournissent une plage comprise entre 60 à 80 cm, et le volume
de restes impliquerait plutôt des usages multiples de la même structure ou
une certaine standardisation de plusieurs structures.
144 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Les éléments de datation pour ce Locus implique le second âge du Fer
et le tout début de l’époque antique, et il semble y avoir des évolutions
technologiques importantes durant cette période.
De part et d’autre de la RD 60, un autre ensemble de vestiges constitue
le Locus 4, avec à minima au moins une unité de travail supplémentaire
et possiblement d’autres. La tranchée 101 a permis la mise au jour des
restes d’une structure de combustion F101-10 livrant des scories, ainsi
que d’autres structures avec des indices d’activités métallurgiques. Le four
F101-10 traduit un mode de construction aux parois en argile simple,
comme pour les exemples F17 et F18. Son diamètre interne est de l’ordre
de 0,4 m, et il fonctionne avec une fosse de travail évasée à l’avant, plutôt
là différente de F17 et F18. Parmi le matériel collecté (non exhaustif), la
présence de fragments de plaques de coulées semble indiquer son affiliation
technologique. Le faible volume de fragments de parois ne permet pas de
se prononcer sur son usage unique ou répété. Les structures ponctuelles à
proximité, contenant pour certaines des résidus métallurgiques, traduisent
vraisemblablement l’existence de constructions légères ayant pu servir
d’espaces de travail ou de cantonnement aux artisans. La zone d’épandage
de déchets (F115-08) repérée en tranchée 115 implique un volume assez
conséquent de restes qui interroge sur l’existence d’autres fours à proximité.
Les seuls éléments collectés ne relèvent que du type compact, ce qui pourrait
impliquer la technique à scories piégées, différente de celle proposable pour
F101-10, ce qui renforce l’idée que d’autres fours puissent être présents
dans ce secteur. L’affiliation chronologique ne repose ici que sur un petit lot
de tessons vraisemblablement attribuables à la Protohistoire au sens large.
Bien plus au nord, le Locus 6 est à l’image des autres, avec un ensemble
de différents vestiges associés à des rejets métallurgiques, au sein duquel
il existe au moins deux unités de travail assurées, et très probablement
d’autres à suspecter. Les deux unités certaines se basent sur des structures
de combustion (F35 et F36), interprétées comme des bas-fourneaux et
qui sont implantées à faible distance l’une de l’autre dans la partie sud du
locus. Le four F35, de morphologie ovale, affiche un mode de construction
avec des parois d’argile simple (sans blocs) formant une cuve d’environ
0,7 de diamètre interne. Il fonctionne avec une vaste fosse de travail (F34),
et dont les dimensions excèdent les autres exemples de l’opération. Elle
pourrait révéler des aménagements internes, à la manière d’un atelier semi-
excavé. Cette configuration générale n’est pas sans rappeler les exemples du
troisième atelier (Bas-fourneaux 10 020 et 5 712) du site des Fourneaux à
Vert-Saint-Denis (Daveau et al. 2000). Les résidus scorifiés issus de F34 et
F35 ne comportent que des fragments de types compacts internes et d’un
faciès spécifique, ce qui laisse supposer que la technique repose ici sur le
processus à scories piégées. Là encore, plusieurs gros fragments provenant
de cet ensemble affichent des effets de parois latéraux sous la forme de
segments courbes ayant moulés l’intérieur de la cuve. Les mesures effectuées
ont permis de proposer une estimation des diamètres d’origines entre 40 et
60 cm, ce qui semble très cohérent avec les dimensions de F35. Le nombre
d’exemples de grands modules, permet d’envisager des usages multiples
ou une batterie de structures standardisées. La structure F36 est apparue
lors de l’ouverture de la fenêtre réalisée pour dégager F35. Sa construction
semble également reposer sur des parois en argile simple (sans blocs).
Son affiliation technologique n’est en l’état pas proposable, mais pourrait
coïncider avec celle de F35. C’est sur un charbon provenant de F36 qu’une
datation par radiocarbone a été effectuée et renvoie à une phase médiévale,
comprise entre le XIe et le XIIIe siècle. Cet ensemble semble donc marquer
une autre phase de production, dont le processus technologique supposé
apparaît intriguant. Le type a scories piégées est plus fréquemment attribué
à des périodes anciennes, et la technique avec écoulements externes est par
ailleurs bien documentée pour les périodes médiévales (Dillman, L’Hériter
2016, Daveau et al. 2000, Beyrie 2022)
II. Résultats 145
La partie centrale de ce Locus (Tr.123 et Tr.124) implique de vastes fosses,
possiblement connectées en une seule entité, et qui correspondrait à une
grande zone d’extraction. Cette hypothèse trouve une place cohérente dans
un contexte livrant des vestiges de réduction. Cet ensemble, d’au moins 30
m de longueur et d’une profondeur de 2,8 m dans la zone sondée, suggère
une exploitation assez intensive. Pour les autres Locus, si la présence de
minerai a pu être constatée, seul des fossés irréguliers (F6, F7 ou F19)
peuvent évoquer les actions d’extractions inhérentes à la production de
fer. Des déchets métallurgiques très fragmentés ont été collectés dans
le comblement F123-01, et la présence du type fluide en plaque tend à
impliquer d’autres structures que F35 et F36 en l’état des données.
Enfin la tranchée 42, à l’extrémité septentrionale de ce tronçon, livre un
groupe de structures fossoyées avec de nouveau des déchets métallurgiques
variés dans leurs comblements. Ils traduisent la présence du type compact,
mais également du type fluide en plaque, impliquant ainsi au moins un
bas-fourneau à scories écoulées, non perçu dans les sondages. Quelques
fragments de parois d’un type particulier, avec dégraissant en poussière de
charbons, semblent marquer un caractère spécifique au four dont ils sont
issus. Ces éléments étayent la suspicion d’un ou plusieurs bas-fourneaux
dans les environs. Cette zone d’occupation semble bien s’étendre avec des
découvertes similaires dans le sud du tronçon d’aménagement suivant, et
par de bien visibles zones de concentrations de scories dans les terrains
voisins. Il est donc ici bien possible de supposer l’existence d’une ou
plusieurs unités de production supplémentaire. La présence de tessons
médiévaux tend à proposer une phase de fonctionnement durant cette
période. La relation chronologique et fonctionnelle (ou son absence) de ce
secteur avec la zone de F35 et F36 ne peut en l’état être établie, et demande
d’approfondir les investigations, tout comme pour les vestiges des autres
Locus.
Ainsi, en plus des cinq unités de production clairement établies avec la
présence de bas-fourneaux, d’autres secteurs apparaissent sensibles et
peuvent livrer les vestiges d’unités supplémentaires. La distribution spatiale
de ces unités de travail peut avoir un lien avec la localisation des zones
d’extraction dédiées, mais peut également évoluer dans le temps en fonction
du paysage et des aménagements anthropiques (voies, habitats, etc.). La
vision extensive des éléments conservés dans ces terrains fournirait sans nul
doute une masse de données complémentaires. Les chronologies impliquées
en l’état des données semblent induire plusieurs phases distinctes, avec
possiblement une forme de continuité de production à la fin du second âge
du Fer et au début de l’Antiquité, puis une reprise à la période médiévale.
5. 9. 2. Perspectives
La découverte de vestiges liées à la production de fer dans ce secteur
géographique est assez inédite bien que peu surprenante compte tenu des
fortes potentialités géologiques et des données connues pour le secteur
d’Angoulême et celui de la forêt de Braconne, respectivement à 35 et 20 km
plus au sud-ouest (Quantin 1956, Rassat 2013, entre autres). Cette vaste
zone s’implante plus largement entre deux grands bassins riches en minerai
de fer et en vestiges d’exploitations anciennes avec au nord le Poitou (Saint-
Didier 2017) ou au sud la Dordogne (Honnorat 1934 ; fig. 152, tableau 6
et fig. 153)
Dans la région de Suaux, la présence et l’exploitation des gisements étaient
vraisemblablement connues des locaux et exploitants agricoles, au vu des
nombreux ferriers et zones d’épandages de scories visibles dans différents
secteurs, mais ces éléments n’avaient jamais été abordés par l’archéologie
et les vestiges détectés durant ce diagnostic ont donc un fort intérêt pour
participer à la caractérisation des productions et leurs datations.
146 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 152 Cartographie des entités archéologiques issues de la Base Patriarche du SRA Nouvelle-Aquitaine révélant des sites de production de fer aux environs
du diagnostic de la phase 2 de la RN 141 à Suaux en Charente (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 147
Tableau 6 liste des entités archéologiques révélant des sites de production de fer aux environs du diagnostic de la phase 2 de la RN 141 à Suaux en Charente.
Source : Base Patriarche du SRA Nouvelle-Aquitaine
La diversité typologique des bas-fourneaux observés est à mettre en
parallèle des données chronologiques acquises. Elles traduisent toute deux
d’un fort potentiel pour les recherches se consacrant aux productions de fer
et aux évolutions technologiques depuis la Protohistoire jusqu’au Moyen
Âge. Cette activité, vraisemblablement assez intensive, a sans nul doute
participé au développement de ce territoire à travers les siècles, ce qui offre
un nouveau paramètre d’analyse des contextes archéologiques locaux, à
l’image des secteurs déjà référencés mais encore assez mal cernés que sont le
bassin d’Angoulême et le secteur de la forêt de Braconne.
Les perspectives d’études sont ainsi nombreuses pour les vestiges mis au
jour dans cette évaluation, et des précisions seront certainement fournies
avec des fouilles plus approfondies qui sont bien souhaitables, pour
dépasser les limites d’approches du diagnostic. La vision extensive des
éléments conservés fournira sans nul doute une bien meilleure appréciation
de ce site, et donnera des clefs de compréhension inaccessible à ce stade.
L’intérêt de la poursuite des recherches se trouve également dans des
approches par analyses chimiques pour les caractérisations élémentaires
des minerais et des résidus. Ces données sont primordiales pour établir des
bilans de matière et des évaluations de teneurs dans le but de pouvoir faire
des calculs de rendement et des estimations du volume de métal obtenu,
idéalement pour chaque phase de production (voir les analyses menées sur
le site des Clérimois par exemple : Dunkiowski, Cabboï 1995, ou pour
d’autres sites : Berranger et al. 2017, etc.). Ces analyses chimiques peuvent
également permettre de définir la qualité du métal obtenu (acier ?), et des
éléments traces ou une forme de signature chimique, qui à horizon plus
large pourraient être comparée aux référentiels actuels, voire aux résultats
que l’on obtiendrait sur des objets des périodes concernées, abordant ainsi
les problématiques et les schémas de diffusions économiques. On note
également un très fort potentiel dans un approche anthracologique, avec
un important volume de charbons et une bonne conservation des nodules.
Ces aspects permettront de discuter des approvisionnements conséquents en
combustibles, de leurs évolutions dans le temps et des impacts sur
148 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 153 Cartographie régionale des entités archéologiques issues de la Base Patriarche du SRA Nouvelle-Aquitaine révélant des sites de production de fer
(cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap).
II. Résultats 149
l’environnement des sites et la gestion forestière locale (cf. travaux de
Sylvie Bépoix, Arianne Lambart ou de Rémy Jeannot sur les liens entre
proto-industries et gestion sylvicole, Gauthier et al. 2025…).
L’examen des fragments de parois de fours montre aussi des différences
dans leurs compositions avec notamment des dégraissants distincts ce qui
semble important d’intégrer dans les évolutions techniques, et qui permet
de faire des regroupements ou de mettre en avant des contrastes. La prise en
compte des éléments exogènes semble aussi constituer un enjeu important
comme l’ont montré certains exemples clairement associés aux activités
métallurgiques.
En terme de possibilités méthodologiques d’approches complémentaires,
il faut également évoquer l’utilisation des techniques de détections par
procédés géophysiques (éléctri-resitivté ou magnétisme) qui donnent de
bons résultats dans ces contextes. Elles permettent en effet de documenter
de vastes zones rapidement et fournissent des données spatiales
additionnelles pouvant compléter les éventuelles fenêtres de fouille, au sein
de l’emprise aménagée, ou aux abords pour appréhender les extensions
complètes des zones d’activités. Elles ne peuvent toutefois concourir à la
caractérisation technologique ou à l’affiliation chronologique des vestiges,
ne pouvant être aborder qu’avec des méthodes de fouilles classiques. D’une
manière très générale, et dépassant probablement le cadre de l’archéologie
préventive, la poursuite des recherches peut également se baser sur des
prospections pédestres du secteur, pour cartographier la présence de
vestiges, notamment de restes de ferriers, qui apparaissent assez facilement
en surface comme mentionnés précédemment.
Dans l’ensemble les observations concluent donc à un très fort potentiel
d’approche des systèmes techniques de production de fer et de leurs
évolutions au cours du temps. Au vu des résultats de différentes opérations
sur ce type de site (Dunkiowski, Cabboi 1995 ; Dohr, Leroy 2014 ; Langlois
et al. 2015 ; Domergue 2016 ; Berranger et al. 2017 ; Leroy, Cabboi 2019 ;
Beyrie 2022 ; etc…), et des potentialités locales (Rassat 2013 ; Saint-Didier
2017), un contexte comme celui mis au jour à Suaux peut livrer une forte
densité de structures et de mobilier. Il est ainsi fortement envisageable
que ces terrains recèlent d’autres restes de bas-fourneaux, de ferriers, ou
de fossés comblés de rejets métallurgiques comme ceux identifiés dans les
tranchées. On peut aussi s’attendre à la présence d’autres types de structures
ou indices associés, qui peuvent relever de la phase d’extraction (fosses,
tranchées, puits, outils d’extractions…), des phases de traitements primaires
du minerai (aires de lavage, de tri, de concassage, de grillage, pierres de
broyons, de marteaux, d’enclumes ou de meules…), ou en lien avec la
phase de réduction (extraction d’argile, zone de préparation, charbonnières,
fragments de tuyères, emplacements et mode des systèmes de ventilation,
outils spécifiques,…), ainsi que de la phase de post-traitement (pfoyers ou
fours d’épurations spécifiques, zones de compactage, fragments de demi-
produit, rejets caractéristiques de type scories ou battitures, outillages
spécifiques…). Ces éléments connexes et susceptibles d’exister à proximité
des sites de production de fer se retrouvent de manière plus exhaustive dans
le schéma proposé par exemple dans la synthèse sur la métallurgie du fer
chez les celtes du nord de la France (Cabboi et al. 2007 ; fig. 154).
Dans l’ensemble, ces vestiges et les processus techniques proposés
témoignent d’une réelle diversité et impliquent des chronologies également
variées ce qui offre des opportunités de recherches conséquentes et rares. Le
cadre limité des observations et des analyses, inhérent au diagnostic fourni
ici plus d’interrogations que de réponses, mais montre bien le potentiel que
peut fournir une étude plus approfondie de ces vestiges.
150 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Chaine opératoire de la siderurgie directe et données archéologiques
Les systèmes de production sidérurgique chez les Celtes du Nord de la France : Fig .2. S. Cabboi, C. Dunikowski, M. Leroy, P. Merluzzo
In L’économie du fer protohistorique : de la production à la consommation, p. 35-62. 28ème colloque de l’AFEAF (2004). Aquitinania Supplément14/2
Figure 154 Chaine opératoire de la sidérurgie directe et données archéologiques (S. Cabboi et al., 2007, fig. 2, p. 37)
II. Résultats 151
6. Synthèse et perspectives
6. 1. Bilan de l’opération de diagnostic
Le diagnostic, mené du 19 mai au 3 juillet 2025, s’intègre dans le
programme de mise à 2×2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-
Bonnieure et Roumazières-Loubert (commune nouvelle : Terres-de-Haute-
Charente). Réalisée sur une emprise de 18,9 ha, l’opération propose un
taux d’ouverture de 9,11 %, conforme aux prescriptions du SRA Nouvelle-
Aquitaine. Les vestiges mis au jour s’organisent en plusieurs noyaux
d’occupation répartis sur l’ensemble du tracé (Locus 1 à 6 : fig. 155). D’ouest
en est, les 68 tranchées du diagnostic ont permis d’identifier une unité
agraire du Haut-Empire (Locus 1), une fosse isolée du premier âge du Fer
(Locus 2) et trois zones d’activité paléométallurgique (Locus 3, 4 et 6).
Malgré un contexte sédimentaire souvent peu favorable à la conservation
des structures, l’opération a également révélé deux secteurs à fort potentiel :
la doline du Locus 5, remarquable par la conservation de séquences
colluviales profondes, et surtout les zones liées à la réduction du minerai de
fer (Locus 3, 4 et 6), qui constituent l’apport majeur de ce diagnostic.
Au lieu-dit le Feviat de Nieul, à l’extrémité occidentale de l’emprise
diagnostiquée, un petit ensemble fossoyé composé de cinq fossés (F2
à F5 ; Tr.5 à 7) traduit l’existence d’une unité rurale gallo-romaine,
vraisemblablement ceinte par un enclos. Son organisation paraît simple
mais structurée, et s’inscrit dans une typologie d’annexe rurale à vocation
agraire et/ou domestique. Le mobilier céramique recueilli indique que
l’abandon ou le colmatage d’au moins une des tranchées intervient au
Haut-Empire, postérieurement au milieu du Ier siècle de notre ère. En
l’absence d’autres structures associées (bâti, fosses dépotoir, aire de
circulation), il demeure difficile d’estimer la nature exacte de l’occupation
(exploitation agricole ponctuelle, périphérie d’un établissement plus vaste,
simple aménagement parcellaire). Toutefois, l’ensemble atteste une mise en
valeur du terroir antique à l’ouest du tracé, cohérente avec la densité des
occupations gallo-romaines connues dans un rayon de 5 à 10 km.
De plus, à environ 275 m au nord-est du Locus 1 et à proximité de la route
de Lageon, le diagnostic a révélé une fosse (F6 ; Tr.4 ; Locus 2) comblée
au cours du premier âge du Fer, bien qu’une datation plus haute, dans le
courant de l’âge du Bronze, ne puisse être écartée. Aucune autre structure
contemporaine n’a été mise en évidence dans l’environnement immédiat.
Cette découverte confirme néanmoins la présence d’une fréquentation
protohistorique, déjà documentée dans les opérations menées sur la RN 141
depuis dix ans, où plusieurs fosses du Bronze final, du premier âge du Fer et
du second âge du Fer ont été observées dans des contextes similaires.
Dans le secteur des Grandes Pièces, à l’est de la RD 60, le Locus 5
correspond à une zone très différente des autres secteurs du diagnostic :
il s’agit d’une large dépression naturelle, encore lisible en surface avant
l’ouverture des sondages. L’analyse géomorphologique et géoarchéologique
montre qu’il s’agit d’une doline fossile, c’est-à-dire une ancienne dépression
karstique comblée, dont la morphologie en cuvette continue de structurer
le micro-relief actuel. Sur le plan sédimentaire, la doline forme un véritable
piège à colluvions. Elle a enregistré, sur une épaisseur notable, des apports
liés aux dynamiques de versant (colluvions pléistocènes et holocènes),
152 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 155 Répartition des structures par Locus d’occupation sur l’emprise du diagnostic de la phase 2 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 153
auxquels s’ajoutent ponctuellement quelques rejets anthropiques dispersés :
rares tessons de céramique, charbons épars et éléments lithiques isolés.
Aucun aménagement structuré n’a été identifié dans le comblement. Le
Locus 5 apparaît donc comme un espace non occupé, mais jouant un rôle
structurant dans l’organisation du paysage ancien. Il fonctionne comme
un réceptacle naturel pour les produits d’érosion et quelques rejets issus
des secteurs environnants, sans doute de manière opportuniste et non
intentionnelle.
Les occupations paléométallurgiques constituent l’un des apports majeurs
du diagnostic. Trois secteurs distincts, Locus 3, 4 et 6 (fig. 156), concentrent
les indices d’activités liées à la réduction du minerai de fer. Malgré des
contextes de conservation contrastés, ces zones présentent des signatures
techniques convergentes et témoignent d’une exploitation du fer étendue
dans le temps, depuis la Protohistoire jusqu’au Moyen Âge. Le premier
d’entre eux, le Locus 3, situé aux lieux-dits cadastraux du Lac Noir et
du Cerisier Mouillé, associe des traces d’extraction de matière première
à plusieurs structures de réduction (bas-fourneaux), un ferrier, une zone
d’épandage de scories et des trous de poteau pouvant correspondre à des
aménagements liés au fonctionnement de l’atelier. L’ensemble, réparti de
part et d’autre de la RD365, suggère une organisation artisanale et/ou
domestique structurée sur plus d’1,5 ha. Le mobilier recueilli, bien que peu
abondant, renvoie à une occupation comprise entre le second âge du Fer et
le début de l’époque gallo-romaine. Plus au centre de l’emprise, de part et
d’autre de la RD60, le Locus 4 révèle une autre concentration de vestiges
métallurgiques protohistoriques, localisée dans un secteur anciennement
boisé. Une vingtaine de structures y ont été mises en évidence, parmi
lesquelles un bas-fourneau, un épandage de scories et des structures en
creux annexes. La chronologie repose sur un mobilier attribuable au Bronze
final ou au premier âge du Fer / début du second, confirmant l’existence
d’une unité artisanale et/ou domestique précoce dédiée à la réduction du
minerai de fer. Le système racinaire très intrusif a largement perturbé les
vestiges, mais la densité des aménagements conservés permet d’identifier un
espace spécialisé, dont la lecture archéologique est aujourd’hui limitée aux
structures les plus résistantes aux processus taphonomiques. Enfin, le Locus
6, situé à l’extrémité orientale de la phase 2 (secteur des Barrières et des
Loubières), constitue le pôle métallurgique le plus complexe identifié lors de
l’opération. Sur environ un hectare investigué dans l’emprise du diagnostic,
les structures reconnues - fosses et fossés, carrière(s) d’extraction, bas-
fourneau et zones d’épandage - témoignent d’une activité de réduction
médiévale durable, comprise entre le XIe et le XIVe siècle. Une datation
radiocarbone situe une phase de fonctionnement des fours au Moyen Âge
central (XIe–XIIIe siècles), tandis que le corpus céramique associé, issu
principalement du secteur oriental, renvoie majoritairement à la seconde
moitié du XIVe siècle, avec quelques éléments plus anciens. L’organisation
spatiale et la densité des vestiges suggèrent toutefois que ce site se développe
bien au-delà de l’emprise sondée, probablement sur plusieurs hectares. Les
vestiges découverts à l’extrémité occidentale du diagnostic de la phase 3
(Kerouanton, 2025) s’inscrivent dans cette même dynamique d’exploitation
sidérurgique à l’échelle du versant.
6. 2. Synthèse métallurgique transversale
L’ensemble des vestiges paléométallurgiques mis au jour dans les Locus 3, 4
et 6 témoigne d’une exploitation du fer structurée, techniquement diversifiée
et étendue dans le temps. L’étude des scories, des parois de fours et des
résidus associés a mis en évidence plusieurs traits convergents, permettant
d’aller au-delà des seules observations morphologiques de terrain.
154 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Figure 156 Répartition des structures paléométallurgiques sur l’emprise du diagnostic de la phase 2 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
II. Résultats 155
Sur le plan technologique, deux grands dispositifs de réduction sont
représentés :
- des bas-fourneaux à scories piégées, attestés en particulier dans le secteur
occidental du Locus 6, où les résidus compacts internes, faiblement
magnétiques, traduisent un fonctionnement fermé et un nettoyage interne
limité ;
- des dispositifs à scories écoulées, identifiés par la présence répétée
de plaques de coulée, parfois épaisses et présentant des morphologies
caractéristiques de canaux de vidange. Ce mode de fonctionnement est
documenté dans les secteurs orientaux du Locus 6 mais aussi au sein des
Locus 3 et 4, montrant que cette technique était déjà maîtrisée dès la
Protohistoire.
La coexistence de ces deux technologies dans un même diagnostic, mais
dans des contextes chronologiques distincts, ouvre la question d’une
évolution des pratiques sidérurgiques à l’échelle du versant, depuis les étapes
protohistoriques jusqu’aux ateliers médiévaux. Les variations observées
dans les faciès scorifiés (fluidité, épaisseur, degré d’oxydation, magnétisme),
ainsi que dans les compositions de parois, suggèrent non seulement des
choix techniques, mais peut-être aussi des objectifs métallurgiques différents
(rythme de production, gestion du rendement, nature des minerais).
Un autre apport majeur réside dans la structure même des rejets. Leur
répartition et leur fragmentation indiquent des zones de travail organisées,
impliquant extraction, réduction, nettoyage et gestion différenciée des
déchets au sein des ateliers. Les épandages, ferriers et accumulations
secondaires constituent autant de marqueurs permettant de restituer le
fonctionnement des ateliers et leurs déplacements éventuels dans le temps.
Ainsi, indépendamment des spécificités propres à chaque Locus, l’étude
intégrée des résidus métallurgiques révèle une activité sidérurgique plurielle,
techniquement maîtrisée et persistante, inscrite dans une histoire longue des
techniques du fer sur ce secteur de la Charente limousine.
Il convient de souligner que, dans le cadre de ce diagnostic, les structures
de réduction et les zones de rejets n’ont été que ponctuellement testées.
Ce choix méthodologique, pleinement concerté avec le service régional de
l’archéologie de Nouvelle Aquitaine, répondait à un double objectif : limiter
l’impact de l’opération sur des vestiges à fort potentiel et préserver l’intégrité
des assemblages paléométallurgiques en vue d’une éventuelle fouille
préventive.
Dans le cas des sites à fort potentiel artisanal, le maintien des structures et
de leurs comblements dans un état aussi complet que possible constitue en
effet un enjeu scientifique majeur. La fouille partielle ou le prélèvement non
exhaustif de résidus (scories, parois de four, minerais, charbons) lors d’un
diagnostic est susceptible de biaiser les analyses quantitatives et spatiales,
pourtant déterminantes pour la compréhension des chaînes opératoires, des
rendements, de l’organisation des ateliers et de leur évolution technique. Le
choix de ne pas tester certaines structures participe ainsi directement à la
qualité et à la robustesse des données qui pourront être exploitées dans le
cadre d’une fouille extensive.
6. 3. Conclusion générale et perspectives
Le diagnostic de la phase 2 de la RN 141 met en évidence un territoire
durablement structuré par l’exploitation des ressources naturelles, et en
particulier du minerai de fer, depuis la Protohistoire jusqu’au Moyen
Âge. Les occupations paléométallurgiques reconnues aux Locus 3, 4 et
6 constituent l’apport majeur de cette opération, tant par leur extension
spatiale que par la diversité des dispositifs techniques observés. L’importance
du pôle médiéval du Locus 6, la densité et la variété des vestiges
métallurgiques protohistoriques des Locus 3 et 4, ainsi que la cohérence
d’ensemble des données paléométallurgiques plaident en faveur d’une fouille
156 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
préventive. Celle-ci permettrait d’aborder de manière fine l’organisation
spatiale des ateliers, la chronologie relative des structures, les modalités
d’exploitation des ressources et l’évolution des pratiques métallurgiques.
Les résultats attendus du diagnostic de la phase 1, programmé à l’ouest
du tracé en 2026, viendront compléter ce cadre interprétatif et offriront
une lecture élargie, à l’échelle de ce secteur, de ce complexe métallurgique
d’importance régionale.
II. Résultats 157
Baigorri (Pyrénées-Atlantiques). Aquitania, tome 19,
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II. Résultats 161
32 Figure 4 Itinéraire de la RCEA en France et en
Illustrations Europe (Dossier d’enquête publique RN 79).
33 Figure 5 Les opérations archéologiques réalisées
à l’occasion du projet de mise à 2x2 voies de
la RN 141 entre Étagnac et Chasseneuil-sur-
Bonnieure (SIG et DAO I. Kerouanton, Inrap ;
BDCARTO® IGN ; Caviar, Inrap 2025).
35 Figure 6 Bloc 3D montrant le contexte géologique
et géomorphologique de l’opération de diagnostic à
12 Figure 1 Localisation du diagnostic à Suaux, RN partir de la BDAlti® RGE 5m, de la carte IGN au
141, phase 2 en Charente (BD TOPO, BD ALTI et 1/50 000 et de la carte du BRGM au 1/50 000 (SIG
SCAN250® IGN ; cartographie SIG : B. Moutarde, et DAO : G. Dandurand, Inrap).
Inrap ; RGF Lambert93) 36 Figure 7 Localisation du diagnostic à Suaux, RN
13 Figure 2 Localisation diagnostic à Suaux, RN 141, 141 (phase 2) sur la carte géologique 1/50 000
phase 2 sur fond SCAN25® IGN (cartographie (données vectorielles harmonisées © BRGM ;
SIG : B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) BDTOPO® IGN ; cartographie SIG : B. Moutarde
14 Figure 3a Localisation du diagnostic à Suaux, et I. Kerouanton, Inrap ; RGF Lambert93)
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 38 Figure 8 Contexte archéologique à proximité de la
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chabanais et
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) Chasseneuil-sur-Bonnieure.
15 Figure 3b Localisation du diagnostic à Suaux, 40 Figure 9 Carte des entités archéologiques par
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab période (Base Patriarche, SRA Nouvelle-Aquitaine
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : site de Poitiers ; Caviar, Inrap 2025 ; cartographie
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) SIG et DAO : B. Moutarde)
16 Figure 3c Localisation du diagnostic à Suaux, 43 Figure 10 Vue de l’extrémité occidentale du
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab diagnostic de la phase 2 (cliché A. Hanry, Inrap)
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : 46 Figure 11 Répartition des Locus d’occupation sur
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) l’emprise du diagnostic de la phase 2 (cartographie
17 Figure 3d Localisation du diagnostic à Suaux, SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 47 Figure 12 Localisation des structures et des Logs au
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : sud de la route de Lageon à Suaux (Locus 1 et 2 ;
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap)
18 Figure 3e Localisation du diagnostic à Suaux, 48 Figure 13 Vue de la tranchée Tr.2 dans le Locus 1
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab (cliché A. Hanry, Inrap)
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : 48 Figure 14 Vue des structures F2 et F3 au décapage
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) dans la tranchée Tr.5 (cliché A. Hanry, Inrap)
19 Figure 3f Localisation du diagnostic à Suaux, 49 Figure 15 Tranchée 4 : Log stratigraphique (cliché
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab et DAO : A. Hanry, Inrap) )
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : 49 Figure 16 Locus 1 : plan général des structures (F2
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) à F5 ; cartographie SIG et DAO : B. Moutarde,
20 Figure 3g Localisation du diagnostic à Suaux, Inrap) ; Coupe stratigraphique du fossé F4 dans
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab Tr.6 (DAO : D. Brunie et A. Hanry, Inrap)
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : 50 Figure 17 Vue des fossé F2 et F2b dans la tranchée
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) Tr.5 (cliché A. Hanry, Inrap)
21 Figure 3h Localisation du diagnostic à Suaux, 50 Figure 19 Vue depuis le nord du mobilier
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab archéologique dans le fossé F4 (cliché A. Hanry,
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : Inrap)
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) 50 Figure 18 Vue des fossés F3 (dans Tr.5) et F4 (dans
22 Figure 3i Localisation du diagnostic à Suaux, Tr.3), au premier plan de la coupe de F4 (cliché A.
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab Hanry, Inrap)
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : 50 Figure 20 Vue de la structure F5 dans le sondage
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) Tr.7 (cliché A. Hanry, Inrap)
23 Figure 3j Localisation du diagnostic à Suaux, 51 Figure 23 Vue de la fosse F1 en cours de fouille
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab dans la tranchée Tr.2 du Locus 2 (cliché A. Hanry,
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : Inrap)
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) 51 Figure 22 Tranchée Tr.2 : Log stratigraphique
24 Figure 3k Localisation du diagnostic à Suaux, (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
RN 141, phase 2 sur fond cadastral Etalab 52 Figure 21 Localisation du Locus 2 sur
2025-05 cadastre.data.gouv (cartographie SIG : orthophotographie (cartographie SIG et DAO :
B. Moutarde, Inrap ; RGF Lambert93) B. Moutarde, Inrap)
162 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
53 Figure 24 Locus 2 : plan de la fosse F1 dans Tr.2 65 Figure 45 vue du ferrier F20 depuis le nord-ouest et
(cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap) au premier plan l’extrémité du fossé F19 (cliché A.
et coupe stratigraphique de la fosse F1 (DAO : Hanry, Inrap)
A. Hanry, Inrap) 65 Figure 46 vue vers le nord-est de la tranchée T.29
55 Figure 25 Localisation du Locus 3 (“Lac noir” et dans la partie septentrionale du Locus 3 (cliché
“Cerisier mouillé” ; cartographie SIG et DAO : A. Hanry, Inrap)
B. Moutarde, Inrap) 66 Figure 47 Vue des trous de poteau de la tranchée
56 Figure 26 : Localisation des structures du Locus 3 Tr.31 en cours de relevé et de fouille dans le Locus
(cartographie SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap) 3 (cliché A. Hanry, Inrap)
57 Figure 27 : Plan des structures des tranchées 66 Tableau 1 Dimensions des trous de poteau
Tr.15 et 26 au sud du Locus 3 (cartographie découverts dans Tr.30 et Tr.31
SIG et DAO : B. Moutarde, Inrap) et coupe 67 Figure 49 Vue vers le sud-ouest des trous de poteau
stratigraphique du fossé F6 du Locus 3 (relevé et de la tranchée Tr.31, avec F32 au premier plan
DAO : T. Giraud, Inrap) (cliché A. Hanry, Inrap)
58 Figure 28 Log stratigraphique de Tr.15, 67 Figure 48 Vue des déchets paléométallurgiques dans
représentatif de la séquence sédimentaire au sud du le trou de poteau F29 de Tr.31 (cliché A. Hanry,
Locus 3 (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap) Inrap)
58 Figure 29 Vue générale des structures F6 à F9 dans 68 Figure 50 Vue dans la tranchée Tr.21 du minerai de
la tranchée Tr.15 avec au premier plan à droite fer dans les altérites (entre les Locus 3 et 4 ; cliché
l’extrémité du fossé F7 (cliché A. Hanry, Inrap) N. Connet, Inrap)
58 Figure 31 Vue du fond du fossé F6 et de sa coupe 69 Figure 51 Locus 4 (cartographie SIG et DAO :
(cliché A. Hanry, Inrap) B. Moutarde, Inrap)
58 Figure 30 Vue du niveau d’apparition du fossé F6 70 Figure 52 Plan et coupe des structures des tranchées
très riche en scories (cliché A. Hanry, Inrap) Tr.101 et Tr.115 (relevé V. Audé et N. Connet,
59 Figure 32 Vue du fossé F7 (cliché A. Hanry, Inrap) Dao : D. Brunie et cartographie SIG/DAO :
59 Figure 33 Détail du diverticule F8 dans Tr.15 B. Moutarde, Inrap)
(cliché A. Hanry, Inrap) 71 Figure 54 Vue des structures F101-01 à F101-
59 Figure 35 Vue du niveau d’apparition de la fosse 10 dans la tranchée Tr.101 du Locus 4 (cliché
F16 dans le sondage Tr.26 (cliché A. Hanry, Inrap) N. Connet, Inrap)
59 Figure 34 Vue de l’excroissance F9 dans Tr.15 71 Figure 56 vue zénithale des trous de poteau F101-
(cliché A. Hanry, Inrap) 01 et F101-02 (cliché N. Connet, Inrap)
60 Figure 36 Vue du niveau d’apparition de la 71 Figure 53 Log stratigraphique de Tr.115,
structure de combustion F17 dans Tr.28 (partie représentatif de la séquence sédimentaire au sud du
centrale du Locus 3) (cliché A. Hanry, Inrap) Locus 4 (cliché et DAO : A. Hanry, Inrap)
60 Figure 37 Tranchée Tr.28 : Log stratigraphique 71 Figure 55 Vue du bas-fourneau F101-10 dans le
(cliché et DAO : A. Hanry, Inrap) Locus 4 (cliché N. Connet, Inrap)
61 Figure 39 Vue du niveau d’apparition du bas- 72 Tableau 2 Dimensions des structures des tranchées
fourneau F18 dans Tr.28 (cliché T. Giraud, Inrap) Tr.101 et Tr.115
61 Figure 38 Vue de détail des remplissages 72 Figure 57 Vue des structures de la tranchée Tr.115,
méridionaux de F17 (cliché A. Hanry, Inrap) dont F115-01 en cours de fouille (cliché N. Connet,
61 Figure 41 Vue vers le nord-ouest et en coupe Inrap)
des remplissages du bas-fourneau F18 (cliché 73 Figure 58 Doline du Locus 5 (Tr.117 à 119)
T. Giraud, Inrap) (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, Inrap)
62 Figure 40 plan des structures F17 et F18 73 Figure 59 Vue générale de la dépression karstique
dans la tranchée Tr.28 du Locus 3 et coupes avant l’ouverture des tranchées Tr.117 à 119. La
stratigraphiques de F18 (cartographie SIG/DAO : cuvette, large de plusieurs dizaines de mètres, reste
B. Moutarde, relevé T. Giraud et DAO : D. Brunie, visible dans le modelé du terrain et correspond à la
Inrap) doline fossile.
63 Figure 43 Vue de détail du bas-fourneau F22 avec 74 Figure 61 Vue depuis le nord-est des structures dans
sa couronne de blocs ceinturant la cuve (cliché A. la tranchée Tr.38 (cliché A. Hanry, Inrap)
Hanry, Inrap) 74 Figure 61 Fig. 61 : vue depuis le nord-est des
63 Figure 44 vue et contours schématiques de la fosse structures dans la tranchée Tr.38 (cliché A. Hanry,
de travail F21, du bas-fourneau F22 et de la partie Inrap)
sud-est du ferrier F20 (cartographie SIG/DAO : B. 75 Figure 60 Plan du Locus 6 (cartographie SIG/DAO
Moutarde, orthophotographie R. Bernard, Inrap) : B. Moutarde, Inrap)
64 Figure 42 plan des structures des tranchées 76 Figure 62 Plan des structures des tranchées
Tr.30 et 31 dans la partie septentrionale du Tr.38 et 40 dans la partie occidentale du Locus
Locus 3 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, 6 (cartographie SIG/DAO : B. Moutarde,
orthophotographie R. Bernard, Inrap) orthophotographie R. Bernard, Inrap)
II. Résultats 163
77 Figure 64 Vue des structures F34 et F35 et au partie orientale du Locus 6 (cliché et DAO :
second plan de F33 dans le Locus 6 (cliché A. Hanry, Inrap)
A. Hanry, Inrap) 84 Figure 81 vue de la partie supérieure de la fosse F41
77 Figure 63 Log stratigraphique de Tr.38, en coupe (Tr.42) (cliché A. Hanry, Inrap)
représentatif de la séquence sédimentaire de la 85 Figure 83 Vue du niveau d’apparition des fossés
partie occidentale du Locus 6 (cliché et DAO : F40 et F42, au second plan la fosse F41 (cliché
A. Hanry, Inrap) V. Sanglar, Inrap)
78 Figure 65 Vue du bas-fourneau F35 (cliché 85 Figure 84 Vue du niveau d’apparition des fossés
A. Hanry, Inrap) F40 et F42, au second plan la fosse F41 (cliché
78 Figure 67 Vue et contours schématiques de la V. Sanglar, Inrap)
structure de combustion F36 au second plan et au 86 Figure 82 Vue et relevé stratigraphique de la fosse
premier le bas-fourneau F35 et le départ de sa fosse F38 dans Tr.42 et localisation schématique en
F34 (cliché et DAO A. Hanry, Inrap) plan des structures F38 et F39 (cliché A. Hanry, et
78 Figure 66 Détail des parois de la cuve de F35 cartographie/SIG : B. Moutarde Inrap)
(cliché A. Hanry, Inrap) 87 Figure 85 Vue du niveau d’apparition des fossés
78 Figure 68 Couronne de rubéfaction de F36 dans le F40 et F42, au second plan la fosse F41 (cliché
Locus 6 ouest (cliché A. Hanry, Inrap) V. Sanglar, Inrap)
79 Figure 69 Vue du niveau d’apparition de la fosse 91 Figure 86 Relevé stratigraphique à partir de la
F33 dans le Locus 6 (cliché A. Hanry, Inrap) tranchée Tr13 (cliché et relevé : G. Dandurand /
79 Figure 71 Niveau d’apparition de la fosse F37 Inrap).
(cliché V. Sanglard, Inrap) 92 Figure 87 Relevé stratigraphique à partir de la
79 Figure 70 Vue en coupe de la fosse F33 installée sur tranchée Tr15 (cliché et relevé : G. Dandurand /
la fosse F34 (cliché A. Hanry, Inrap) Inrap).
80 Figure 75 Vue des comblements de la partie 93 Figure 88 Pinacle calcaire reconnu dans la tranchée
orientale de la fosse d’extraction d’argile et/ou de Tr25 (cliché : G. Dandurand / Inrap).
minerai (F123-01 ; cliché N. Connet, Inrap) 95 Figure 89 Relevé stratigraphique à partir de la
80 Figure 72 Vue de la carrière F123-01/F123-02 dans tranchée Tr31 (cliché et relevé : G. Dandurand /
le sondage Tr.123 et au second plan, une partie du Inrap).
Locus 6 qui se développe hors emprise (cliché G. 96 Figure 90 Pisolithe de fer prélevé dans la tranchée
Dandurand, Inrap) Tr123 (cliché : G. Dandurand / Inrap).
80 Figure 73 Vue de la carrière F123-01/F123-02 dans 97 Figure 91a Localisation des transects
la partie centrale du Locus 6 (cliché N. Connet, pédosédimentaires et des Logs dans la doline à
Inrap) partir des tranchées Tr117-Tr118-Tr119 (levé et
81 Figure 74 Profil relevé topographiquement et DAO : G. Dandurand et B. Moutarde / Inrap).
comblements de la carrière F123-01/F123-02 98 Figure 91b Transects pédosédimentaires dans la
(cartographie SIG/DAO : B. Moutarde, Inrap). doline à partir des tranchées Tr117-Tr118-Tr119
82 Figure 76 Zone pouvant constituer un talus de (levé et DAO : G. Dandurand / Inrap).
déblais issu de l’extraction (au nord du Locus 6, 104 Figure 92 Industrie lithique, n° 1 – tranchée 14,
hors emprise ; cliché G. Dandurand, Inrap) n° 2 – tranchée 121, n° 3 – tranchée 14, n° 4 –
82 Figure 77 Niveau d’apparition de la fosse F124-01 tranchée 2.
(cliché N. Connet, Inrap) 104 Tableau 3 Inventaire général des céramiques
83 Figure 79 vue des structures F38 à F42 dans Tr.42, protohistoriques (I. Kerouanton, Inrap NAOM,
au premier plan la fosse F41 (cliché A. Hanry, 2025)
Inrap) 106 Figure 93 Céramique de la fosse F1 (Minute et
83 Figure 80 Log stratigraphique de Tr.42, DAO, I. Kerouanton, Inrap NAOM)
représentatif de la séquence sédimentaire de la 107 Tableau 4 inventaire général des céramiques gallo-
partie orientale du Locus 6 (cliché et DAO : romaines (Marie-Camille Arqué, Inrap NAOM,
A. Hanry, Inrap) 2025)
83 Figure 81 Vue de la partie supérieure de la fosse 107 Figure 94 Céramique de la fosse F1 (Minute et
F41 en coupe (Tr.42 ; cliché A. Hanry, Inrap) DAO, I. Kerouanton, Inrap NAOM, 2025)
84 Figure 78 Plan des structures orientales du Locus 108 Tableau 5 Inventaire général des céramiques
6 et coupes des structures F40 à F42 (relevé cliché médiévales (Brigitte Véquaud, Inrap NAOM, 2025)
V. Sanglar, DAO : D. Brunie et cartographie SIG/ 110 Figure 95 Céramiques médiévales (Minute et DAO,
DAO : B. Moutarde, Inrap). Brigitte Véquaud, Inrap NAOM, 2025
84 Figure 79 vue des structures F38 à F42 dans Tr.42, 111 Figure 96 Schéma de la chaîne opératoire
au premier plan la fosse F41 (cliché A. Hanry, métallurgique du fer (M. Pasquel)
Inrap) 112 Figure 97 Schéma de fonctionnement d’un bas-
84 Figure 80 : Log stratigraphique de Tr.42, fourneau à scories piégées (schéma N. Zaour, In
représentatif de la séquence sédimentaire de la Berranger et al. 2017)
164 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
112 Figure 98 Schéma de fonctionnement d’un bas- 123 Figure 115 Scories de type fluide à coulures
fourneau à scories écoulées (N. Zaour, In Berranger isolées interne, issues de F17 en tranchée 28
et al. 2017) (photographie : M. Pasquel, Inrap)
115 Figure 101 Minerai concassé issu de F6 en tranchée 123 Figure 117 Fragment de paroi de four avec
5 (photographie : M. Pasquel, Inrap) courbure (tuyère ?) issu de F 17 en tranchée 28
116 Figure 99 Plan de répartition des vestiges (photographie : M. Pasquel, Inrap)
paléométallurgiques du Locus 3 (cartographie SIG : 123 Figure 118 Bloc avec argile rubéfiée issu de F17 en
B. Moutarde, Inrap) tranchée 28 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
116 Figure 101 Minerai concassé issu de F. 6 en 124 Figure 119 Scories de type compact interne
tranchée 5 (photographie : M. Pasquel, Inrap) collectées en périphérie de F17 en tranchée 28
117 Figure 100 Localisation et photographie du fossé 6 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
(photographie : A. Hanry, Inrap ; cartographie SIG 124 Figure 120 Vue du sondage et de la coupe de F18
: B. Moutarde, Inrap) en tranchée 30 (photographie : A. Hanry, Inrap)
117 Figure 104 Distribution des types de scories par 125 Figure 121 Fragments de parois de four issus de
masse (M. Pasquel, Inrap) F18 en tranchée 28 (photographie : M. Pasquel,
118 Figure 102 Fragments de parois non scorifiées issus Inrap)
de F6 en tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, 126 Figure 122 Localisation et plan du bas-fourneau
Inrap) F22, de la fosse de travail F21 et de la zone de
118 Figure 105 Scorie de type compact issue de F6 en rejets F20 en tranchée 30 (cartographie SIG :
tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, Inrap) B. Moutarde, Inrap)
118 Figure 106 Scories de type compact, lourdes et très 127 Figure 123 Vue de la face supérieure d’un gros
magnétiques : fragments de masses brutes (?) issues fragment de scorie (21,5 kg) de type fluide en
de F6 en tranchée 5 (photographie : M. Pasquel, plaque de coulée issu de F20 en tranchée 30
Inrap) (photographie : M. Pasquel, Inrap)
118 Figure 103 Fragment de parois scorifiée issu de F6 127 Figure 124 Face inférieure (photographie :
en tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, Inrap) M. Pasquel, Inrap)
119 Figure 108 Scories de type fluide, faciès à nodules 127 Figure 126 Détail en section du fragment
boursoufflés (NB) et à coulures isolées (CI) issues (photographie : M. Pasquel, Inrap)
de F6 en tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, 127 Figure 125 Vue de profil (photographie :
Inrap) M. Pasquel, Inrap)
119 Figure 107 Scories de type fluide en plaques issues 128 Figure 127 Vue de la face supérieure d’un gros
de F6 en tranchée 15 (photographie : M. Pasquel, fragment de scorie (6,74 kg) de type fluide en
Inrap) plaque de coulée issu de F20 en tranchée 30
119 Figure 109 Scorie de type mixte avec partie (photographie : M. Pasquel, Inrap)
supérieure relevant du type compact interne et 128 Figure 128 Vue de profil (photographie :
partie inférieure relevant du type fluide (départ de M. Pasquel, Inrap)
plaque de coulée ?), 657 g issue de F. 6 en tranchée 129 Figure 129 Vue de section (photographie :
15 (photographie : M. Pasquel, Inrap) M. Pasquel, Inrap)
120 Figure 110 : Scorie de type compact interne : 130 Figure 130 Laitier issu de F20 en tranchée 30
fragment de 24,32 kg ayant moulé la paroi du bas- (photographie : M. Pasquel, Inrap)
fourneau ; diamètre évalué entre 80 et 90 cm. Vue 131 Figure 131 Plan de répartition des vestiges
de la face supérieure. Scorie issue de F7 en tranchée paléométallurgiques du Locus 4 (cartographie SIG :
15 (photographie : M. Pasquel, Inrap) B. Moutarde, Inrap)
120 Figure 111 Empreintes de charbons dans une 132 Figure 132 F. 101-10 : vestige de bas-fourneau vue
scorie de type compact issue de F6 en tranchée 15 en plan (photographie : A. Hanry, Inrap ; DAO :
(photographie : M. Pasquel, Inrap) M. Pasquel, Inrap)
121 Figure 112 Fragments de scories de type fluide avec 132 Figure 133 Scories de type compact interne issues
empreintes circulaires issues de F6 en tranchée 15 de F101-10 en tranchée 101 (photographie :
(photographie : M. Pasquel, Inrap) M. Pasquel, Inrap)
122 Figure 113 Localisation et photographies des 133 Figure 134 Scorie de type fluide en plaque issue
structures F.17 et F.18 (photographies : A. de F. 101-10 en tranchée 101 (photographie :
Hanry, Inrap ; annotations : M. Pasquel, Inrap ; M. Pasquel, Inrap)
cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap) 133 Figure 135 Scorie de type fluide en plaque issue
123 Figure 116 Fragments de parois de four issus de de F. 101-01 en tranchée 101 (photographie :
F17 en tranchée 28 (photographie : M. Pasquel, M. Pasquel, Inrap)
Inrap) 133 Figure 136 Fragments de parois scorifiées issues
123 Figure 114 Scories de type compact interne, issues de F. 101-10 en tranchée 101 (photographie :
de F17 en tranchée 28 (photographie : M. Pasquel, M. Pasquel, Inrap)
Inrap)
II. Résultats 165
134 Figure 138 Scories de type compact interne issues 146 Figure 152 Cartographie des entités archéologiques
de la tranchée 115 (photographie : M. Pasquel, issues de la Base Patriarche du SRA Nouvelle-
Inrap) Aquitaine révélant des sites de production de fer
134 Figure 137 Scories compactes / masses brutes aux environs du diagnostic de la phase 2 de la RN
(?), magnétisme fort (1 à 2) issues de F115-01 en 141 à Suaux en Charente (cartographie SIG : B.
tranchée 115 (photographie : M. Pasquel, Inrap) Moutarde, Inrap)
135 Figure 141 Photographie des structures F34 et F35 147 Tableau 6 liste des entités archéologiques révélant
en tranchée 38 (photographie(s) : A. Hanry, Inrap) des sites de production de fer aux environs du
136 Figure 139 Plan de répartition des vestiges diagnostic de la phase 2 de la RN 141 à Suaux
paléométallurgiques du Locus 6 (cartographie SIG : en Charente. Source : Base Patriarche du SRA
B. Moutarde, Inrap) Nouvelle-Aquitaine
136 Figure 141 Figure 45 141: Photographie 148 Figure 153 Cartographie régionale des entités
des structures F. 34 et F. 35 en tranchée 38 archéologiques issues de la Base Patriarche du SRA
(photographie(s) : A. Hanry, Inrap) Nouvelle-Aquitaine révélant des sites de production
137 Figure 140 Localisation et plan du bas-fourneau et de fer (cartographie SIG : B. Moutarde, Inrap).
de la fosse de rejets en tranchée 38 (cartographie 150 Figure 154 Chaine opératoire de la sidérurgie
SIG : B. Moutarde, Inrap) directe et données archéologiques (S. Cabboi et al.,
138 Figure 142 Fragment de scorie de type compact 2007, fig. 2, p. 37)
interne avec paroi d’argile arrachée (masse : 14,3 152 Figure 155 Répartition des structures par Locus
kg) issu de F35 en tranchée 38 (photographie : d’occupation sur l’emprise du diagnostic de la
M. Pasquel, Inrap) phase 2 (cartographie SIG et DAO : B. Moutarde,
139 Figure 143 Fragment de scorie de type fluide Inrap)
en plaque issu de F123-01 en tranchée 123 154 Figure 156 Répartition des structures
(photographie : M. Pasquel, Inrap) paléométallurgiques sur l’emprise du diagnostic
139 Figure 144 Nodule de minerai lourd et de teinte de la phase 2 (cartographie SIG et DAO :
sombre issu de F38 en tranchée 42 (photographie : B. Moutarde, Inrap)
M. Pasquel, Inrap)
139 Figure 145 Fragments de scories de type fluide en
plaque issu de F38 en tranchée 42 (photographie :
M. Pasquel, Inrap)
140 Figure 146 Fragments de parois de fours avec
micro-vacuoles sphériques issus de F40 en tranchée
42 : les observations à la loupe binoculaire
montrant que ces vacuoles correspondent
à des poussières de charbons souvent
disparues(photographie : M. Pasquel, Inrap)
140 Figure 147 Bloc exogène : conglomérat de
gravillons de quartz en surface et matrice lourde et
dense (ferro-manganique ?) issu de F38 en tranchée
42 (photographie : M. Pasquel, Inrap)
140 Figure 148 Fragment de scorie de type fluide en
plaque issu de F40 en tranchée 42 (photographie :
M. Pasquel, Inrap)
141 Figure 149 Fragment de scorie de type compact
(masse 1 103 g) issu de F4 en tranchée 42
(photographie : M. Pasquel, Inrap)
141 Figure 150 Nodule scorifié complet en lobes
difformes, d’aspect vitreux, gris, dense : déchet
d’une phase de post-réduction (épuration, affinage,
forge ?) issu de F41 en tranchée 42 (photographie :
M. Pasquel, Inrap)
142 Figure 151 Zone métallurgique à cheval sur les
phases 2 et 3, aux lieux-dits actuels les Loubières
et les Barrières sur la commune de Suaux et Bois
de Trau, anciennement Le Démoli sur le cadastre
du XIXe siècle, sur la commune de Nieuil (cadastre
de 1819 et 1852 © Archives départementales,
Charente ; DAO et cartographie SIG. I.
Kerouanton, Inrap)
III. Inventaires
techniques
168 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Inventaire des tranchées de diagnostic
(0/1)
Nég/Positif MOBILIER LITHIQUE
Nég/Positif STRUCTURE (0/1)
Nég/Positif MOBILIER CERAM
Profondeur moyenne
N° de tranchée (Tr.)
Profondeur max
Date réalisation
Surface (m²)
Commune
CODE OA
Direction
Parcelle
Lieu-dit
largeur
(0/1)
208457 1 Suaux A-712, A-713 Feviat de Nieuil 408 NE/SO 2,00 m 0,75 m 1,40 m 0 0 0 5/19/2025
208457 2 Suaux A-712, A-713 Feviat de Nieuil 454 NE/SO 2,00 m 0,90 m 1,10 m 1 1 1 5/20/2025
208457 3 Suaux A-712 Feviat de Nieuil 12 NE/SO 2,00 m 0,55 m 0,55 m 0 0 0 5/20/2025
208457 4 Suaux A-595 Feviat de Nieuil 340 NE/SO 2,00 m 0,70 m 0,40 m 0 0 0 5/21/2025
208457 5 Suaux A-595 Feviat de Nieuil 400 NE/SO 2,00 m 0,40 m 0,40 m 1 0 1 5/21/2025
208457 6 Suaux A-595 Feviat de Nieuil 9 NE/SO 2,00 m 0,85 m 0,85 m 1 0 1 5/21/2025
208457 7 Suaux A-595 Feviat de Nieuil 11 NE/SO 2,00 m 0,45 m 0,60 m 0 0 1 5/22/2025
208457 8 Suaux A-565, A-566 Le Petit Feviat 131 NE/SO 2,00 m 0,55 m 0,85 m 0 0 0 5/22/2025
208457 9 Suaux A-565 Le Petit Feviat 63 NE/SO 2,00 m 0,65 m 1,10 m 0 0 0 5/22/2025
208457 10 Suaux A-564, A-563 Le Petit Feviat 76 NE/SO 2,00 m 0,70 m 1,40 m 0 0 0 5/22/2025
208457 11 Suaux A-562, A-560 Le Petit Feviat 45 NE/SO 2,00 m 0,70 m 1,60 m 0 0 0 5/23/2025
208457 12 Suaux A-254, A-761, A253 Le Lac noir 261 NE/SO 2,00 m 0,65 m 0,80 m 0 0 0 5/26/2025
A-256, A-255, A-254,
208457 13 Suaux A-761, A-754, A-755, Le Lac noir 301 NE/SO 2,00 m 0,60 m 1,30 m 0 0 0 5/26/2025
A757
A-256, A-255, A-254,
208457 14 Suaux A-761, A253, A-756, Le Lac noir 328 NE/SO 2,00 m 0,80 m 0,90 m 0 1 0 5/27/2025
A-759
208457 15 Suaux A-759 Le Lac noir 181 NO/SE 2,00 m 0,30 m 0,88 m 1 0 1 5/27/2025
208457 16 Suaux A-274 Le Lac noir 34 NO/SE 2,00 m 0,35 m 0,75 m 0 0 0 5/28/2025
208457 17 Suaux A-274, A-273, A-272 Le Lac noir 226 NO/SE 2,00 m 0,70 m 0,80 m 0 0 0 5/28/2025
208457 18 Suaux A-268 Le Lac noir 52 NO/SE 2,00 m 0,35 m 0,45 m 0 0 0 5/28/2025
208457 19 Suaux A-386, A-387 Le cerisier mouillé 105 NO/SE 2,00 m 0,80 m 1,15 m 0 0 0 5/28/2025
208457 20 Suaux A-216, A-212, A-197 Les beaux rigoux 595 NE/SO 2,00 m 0,60 m 1,05 m 0 0 0 5/28/2025
A-202, A-206, A-208,
208457 21 Suaux Les beaux rigoux 566 NE/SO 2,00 m 0,40 m 1,00 m 0 0 0 6/3/2025
A-209, A-212
208457 22 Suaux A-197, A-212, A-201 Les beaux rigoux 573 NE/SO 2,00 m 0,40 m 1,00 m 0 0 0 6/3/2025
208457 23 Suaux A-223, A-200, A-197 Les beaux rigoux 235 NE/SO 2,00 m 0,35 m 1,15 m 0 0 0 6/6/2025
208457 24 Suaux A-197 Les beaux rigoux 244 NE/SO 2,00 m 0,50 m 0,80 m 0 0 0 6/4/2025
208457 25 Suaux A-197, A-200, A-201 Les beaux rigoux 253 NE/SO 2,00 m 0,50 m 1,00 m 0 0 0 6/5/2025
208457 26 Suaux A-759, A-763 Le Lac noir 88 NO/SE 2,00 m 0,35 m 0,60 m 0 0 1 6/4/2025
208457 27 Suaux A-763 Le Lac noir 22 NO/SE 2,00 m 0,50 m 0,60 m 0 1 0 6/4/2025
A-268, A-269, A-270,
208457 28 Suaux A-271, A-376, A-375, Le cerisier mouillé 411 NO/SE 2,00 m 0,50 m 1,00 m 1 0 1 6/6/2025
A-372
A-268, A-269, A-270,
A-381, A-380, A-379,
208457 29 Suaux A-378, A-377, A-376, Le cerisier mouillé 731 NO/SE 2,00 m 0,50 m 1,30 m 0 0 0 6/17/2025
A-375, A-371, A-370,
A-363
A-268, A-269, a-270,
A-380, A-379, A-378,
208457 30 Suaux Le cerisier mouillé 809 NO/SE 2,00 m 0,55 m 0,70 m 1 0 1 6/17/2025
A-377, A-376, A-375,
A-372, A-371, A-370
A-269, a-270, A-378,
208457 31 Suaux A-377, A-376, A-375, Le cerisier mouillé 470 NO/SE 2,00 m 0,55 m 4,00 m 1 0 1 6/17/2025
A-372, A-371
208457 32 Suaux A-555, A-556 Le petit Feviat 132 E/O 2,00 m 0,90 m 1,05 m 0 0 0 6/18/2025
208457 33 Suaux A-490 Le grand Feviat 147 NO/SE 2,00 m 0,90 m 0,90 m 0 0 0 6/19/2025
208457 34 Suaux A-27 Les grandes pièces 113 NE/SO 1,80 m 0,50 m 0,60 m 0 0 0 6/20/2025
208457 35 Suaux A-34, A-35, A-36 Le grand Trau 477 NE/SO 1,80 m 0,60 m 0,70 m 0 0 0 6/23/2025
208457 36 Suaux A-34, A-35, A-36 Le grand Trau 447 NE/SO 1,80 m 0,50 m 0,55 m 0 0 0 6/23/2025
208457 37 Suaux A-34, A-35, A-36 Le grand Trau 527 NE/SO 1,80 m 0,50 m 0,80 m 0 0 0 6/23/2025
III. Inventaires techniques 169
(0/1)
Nég/Positif MOBILIER LITHIQUE
Nég/Positif STRUCTURE (0/1)
Nég/Positif MOBILIER CERAM
Profondeur moyenne
N° de tranchée (Tr.)
Profondeur max
Date réalisation
Surface (m²)
Commune
CODE OA
Direction
Parcelle
Lieu-dit
largeur
(0/1)
A-34, A-46, A-49, A-50,
208457 38 Suaux Les barrières 456 NE/SO 1,80 m 0,50 m 0,85 m 1 0 1 6/25/2025
A-61, A-58
A-46, A-45, A-61, A-62,
208457 39 Suaux Le grand Trau 281 NE/SO 1,80 m 0,45 m 0,80 m 0 0 0 6/25/2025
A-58
A-46, A-45, A-49, A-62,
208457 40 Suaux Les barrières 278 NE/SO 1,80 m 0,40 m 0,85 m 0 0 1 6/25/2025
A-61, A-58
208457 41 Suaux A-34, A-35, A-46 Le grand Trau 174 NE/SO 1,80 m 0,40 m 1,20 m 0 0 0 6/26/2025
208457 42 Suaux A-67 Les loubières 98 NO/SE 1,80 m 0,45 m 1,00 m 1 0 1 6/26/2025
208457 101 Suaux A-6, A-10, A-9 Les grandes pièces 308 NO/SE 1,80 m 0,50 m 0,80 m 1 0 1 6/11/2025
208457 102 Suaux A-9, A-732 Les grandes pièces 143 NO/SE 1,80 m 0,50 m 1,80 m 0 0 0 6/11/2025
208457 103 Suaux A-9 Les grandes pièces 10 N/S 1,80 m 0,50 m 0,90 m 0 0 0 6/11/2025
208457 104 Suaux A-6, A-5, A-4, A-3 Combe de Jean Bouyer 438 NO/SE 1,80 m 0,40 m 0,80 m 0 0 0 6/11/2025
208457 105 Suaux A-3 Combe de Jean Bouyer 127 NO/SE 1,80 m 0,50 m 0,60 m 0 0 0 6/11/2025
208457 106 Suaux A-3, A-4, A-5, A-6 Combe de Jean Bouyer 370 NO/SE 1,80 m 0,50 m 0,80 m 0 0 0 6/11/2025
208457 107 Suaux A-3, A-4, A-5, A-6 Combe de Jean Bouyer 238 NO/SE 1,80 m 0,50 m 0,80 m 0 0 0 6/11/2025
208457 108 Suaux A-6, A-18, A-19 Les grandes pièces 333 NE/SO 1,80 m 0,60 m 1,00 m 0 0 0 6/13/2025
208457 109 Suaux A-6, A-18, A-17 Les grandes pièces 334 NE/SO 1,80 m 0,50 m 1,10 m 0 0 0 6/13/2025
208457 110 Suaux A-175, A-174, A-172 Jean Bouyer 65 NE/SO 2m 0,60 m 0,80 m 0 0 0 6/13/2025
208457 111 Suaux A-172 Jean Bouyer 77 NE/SO 2m 0,60 m 0,80 m 0 0 0 6/13/2025
208457 112 Suaux A-172 Jean Bouyer 86 NE/SO 2m 0,60 m 0,80 m 0 0 0 6/13/2025
A-172, A-170, A-169,
208457 113 Suaux Jean Bouyer 489 NO/SE 2m 0,60 m 0,80 m 0 0 0 6/13/2025
A-162
208457 114 Suaux A-175 Jean Bouyer 65 NO/SE 2m 0,60 m 0,75 m 0 0 0 6/16/2025
208457 115 Suaux A-214, A-176, Les brandes 362 NO/SE 1,80 m 0,50 m 0,70 m 1 0 1 6/16/2025
208457 116 Suaux A-6, A-18, A-10 Les grandes pièces 296 NE/SO 1,80 m 0,70 m 1,00 m 0 0 0 6/18/2025
A-15, A-14, A-13, A-26,
208457 117 Suaux Les grandes pièces 367 NO/SE 1,80 m 1,00 m 5,00 m 0 0 0 8/17/2025
A-27
208457 118 Suaux A-11, A-26, A-27 Les grandes pièces 104 NO/SE 1,80 m 0,50 m 2,00 m 0 0 0 6/17/2025
208457 119 Suaux A-26, A-12, A-13 Les grandes pièces 143 NE/SO 1,80 m 1,00 m 1,80 m 0 0 0 6/17/2025
A-18, A-10, A-17, A-16,
208457 120 Suaux Les grandes pièces 253 E/O 1,80 m 0,60 m 1,10 m 0 0 0 6/18/2025
A-15, A-14, A-13
A-17, A-16, A-15, A-14,
208457 121 Suaux Les grandes pièces 288 E/O 1,80 m 0,60 m 1,00m 0 1 0 6/18/2025
A-13
208457 122 Suaux A-16, A-15, A-14, A-13 Les grandes pièces 299 E/O 1,80 m 0,60 m 0,75 m 0 0 0 6/19/2025
208457 123 Suaux A-58, A-59, A-60 Les Barrières 188 NE/SO 1,80 m 1,00 m 2,50 m 1 0 1 6/19/2025
A-58, A-59, A-60, A-65,
208457 124 Suaux Les Barrières 166 NE/SO 1,80 m 0,60 m 1,00 m 0 0 1 6/19/2025
A-67
208457 125 Suaux A-65 Les Barrières 8 NE/SO 1,80 m 0,40 m 0,70 m 0 0 0 6/19/2025
208457 126 Suaux A-65, A-60, A-59, A-58 Les Barrières 96 NE/SO 1,80 m 0,40 m 0,80 m 0 0 0 6/19/2025
170 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Inventaire des documents photographiques
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
F101-01, F101-02, F101-03, F101-04,
208457 numérique P1050998 101 F101-05, F101-06, F101-07, F101-08, vue des structures dans la tranchée Tr.101 nord Nelly Connet 6/11/2025
F101-09, F101-10
F101-01, F101-02, F101-03, F101-04,
208457 numérique P1060003 101 F101-05, F101-06, F101-07, F101-08, vue des structures dans la tranchée Tr.101 sud Nelly Connet 6/11/2025
F101-09, F101-10
F101-01, F101-02, F101-03, F101-04,
208457 numérique P1060004 101 F101-05, F101-06, F101-07, F101-08, vue des structures dans la tranchée Tr.101 ouest Nelly Connet 6/11/2025
F101-09, F101-10
F101-01, F101-02, F101-03, F101-04,
208457 numérique P1060006 101 F101-05, F101-06, F101-07, F101-08, vue des structures dans la tranchée Tr.101 nord Nelly Connet 6/11/2025
F101-09, F101-10
F101-01, F101-02, F101-03, F101-04,
208457 numérique P1060007 101 F101-05, F101-06, F101-07, F101-08, vue des structures dans la tranchée Tr.101 nord Nelly Connet 6/11/2025
F101-09, F101-10
208457 numérique P1060008 101 F101-01 trou de poteau F101-01 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060009 101 F101-02 trou de poteau F101-02 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060010 101 F101-01, F101-02 trous de poteau F101-01 et F101-02 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060011 101 F101-03 trou de poteau F101-03 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060012 101 F101-04 anomalie/chablis F101-04 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060013 101 F101-05 trou de poteau F101-05 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060014 101 F101-06 trou de poteau F101-06 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060015 101 F101-07 trou de poteau F101-07 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060016 101 F101-08 trou de poteau F101-08 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060017 101 F101-09 trou de poteau F101-09 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060018 101 F101-10 fosse F101-10 zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060019 101 LOG Tr.101 ouest Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060020 101 extrémité sud Tr.101, vue générale nord Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060021 102 extrémité sud Tr.102, vue générale sud Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060022 103 vue générale Tr.103 est Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060023 102 LOG Tr.102 nord-est Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060024 101 F101-06 trou de poteau F101-06 fouillé de moitié zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060025 101 F101-06 trou de poteau F101-06 fouillé de moitié nord Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060026 101 F101-06 trou de poteau F101-06 fouillé de moitié zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060027 101 F101-09 trou de poteau F101-09 fouillé de moitié zénithale Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060028 101 F101-09 trou de poteau F101-09 fouillé de moitié nord Valérie Audé 6/11/2025
208457 numérique P1060029 104 vue générale Tr.104 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060030 104 LOG Tr.104 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060031 105 vue générale Tr.105 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060032 106 vue générale Tr.106 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060033 106 vue générale Tr.106 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060034 107 vue générale Tr.107 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060035 108 vue générale Tr.108 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060036 108 LOG Tr.108 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060038 109 LOG Tr.109 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060039 113 LOG Tr.113 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060040 113 vue générale Tr.113 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060041 110 vue générale Tr.110 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060042 111 vue générale Tr.111 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060043 112 vue générale Tr.112 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060044 110 LOG Tr.110 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060045 111 LOG Tr.111 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060046 112 LOG Tr.112 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060047 114 LOG Tr.114 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060048 114 vue générale Tr.114 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060050 115 F115-01 trou de poteau F115-01 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060051 115 F115-02, F115-03, F115-04, F115-05 vue des structures dans la tranchée Tr.115 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060052 115 F115-02, F115-03, F115-04, F115-05 vue des structures dans la tranchée Tr.115 ouest Nelly Connet 6/11/2025
III. Inventaires techniques 171
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
208457 numérique P1060053 115 F115-02 trou de poteau F115-02 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060054 115 F115-02 trou de poteau F115-02 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060055 115 F115-03 trou de poteau F115-03 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060056 115 F115-03 trou de poteau F115-03 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060057 115 F115-04 trou de poteau F115-04 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060058 115 F115-04 trou de poteau F115-04 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060059 115 F115-05 trou de poteau F115-05 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060060 115 F115-05 trou de poteau F115-05 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060061 115 F115-06 fosse? Chablis? F115-06 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060062 115 F115-07 fosse? Chablis? F115-07 zénithale Nelly Connet 6/11/2025
F115-01, F115-02, F115-03, F115-04, vue des structures dans la tranchée Tr.115 en
208457 numérique P1060063 115 sud Nelly Connet 6/11/2025
F115-05 cours de fouille
208457 numérique P1060064 115 LOG Tr.115 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060066 115 F115-01 fosse F115-01 fouillé de moitié nord Thierry Giraud 6/11/2025
208457 numérique P1060067 115 F115-01 fosse F115-01 fouillé de moitié nord Thierry Giraud 6/11/2025
208457 numérique P1060068 115 F115-01 fosse F115-01 fouillé de moitié nord Thierry Giraud 6/11/2025
208457 numérique P1060069 115 F115-01 fosse F115-01 fouillé de moitié nord Thierry Giraud 6/11/2025
208457 numérique P1060071 115 F115-01 fosse F115-01 fouillé de moitié nord Thierry Giraud 6/11/2025
208457 numérique P1060072 115 F115-03 TP F115-01 fouillé de moitié zénithale Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060073 109 vue générale Tr.109 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060074 doline vue générale doline avant sondage ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060075 117 vue générale Tr.117 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060076 117 vue générale Tr.117 ouest Nelly Connet 6/11/2025
sondage profond et central au cœur de la doline
208457 numérique P1060077 117 nord-est Nelly Connet 6/11/2025
dans Tr.117
sondage profond et central au cœur de la doline
208457 numérique P1060078 117 nord-est Nelly Connet 6/11/2025
dans Tr.117
208457 numérique P1060079 118 vue du décrochement calcaire nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060080 118 vue du décrochement calcaire nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060081 118 vue du décrochement calcaire nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060082 119 LOG Tr.119 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060083 119 LOG Tr.119 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060084 118 LOG Tr.118 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060085 118 LOG Tr.118 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060086 119 vue générale Tr.119 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060087 119 vue générale Tr.119 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060088 119 vue générale Tr.119 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060089 119 vue générale Tr.119 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060090 116 LOG Tr.116 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060091 116 LOG Tr.116 sud Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060092 116 vue générale Tr.116 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060096 120 LOG Tr.120 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060097 120 LOG Tr.120 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060098 120 vue générale Tr.120 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060099 121 vue générale Tr.121 est Nelly Connet 6/11/2025
vue générale de la dépression dans le secteur
208457 numérique P1060100 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
orientale de l’emprise (doline supposée)
vue générale de la dépression dans le secteur
208457 numérique P1060101 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
orientale de l’emprise (doline supposée)
vue générale de la dépression dans le secteur
208457 numérique P1060102 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
orientale de l’emprise (doline supposée)
vue générale de la dépression dans le secteur
208457 numérique P1060103 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
orientale de l’emprise (doline supposée)
vue générale de la dépression dans le secteur
208457 numérique P1060104 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
orientale de l’emprise (doline supposée)
vue générale de la dépression dans le secteur
208457 numérique P1060105 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
orientale de l’emprise (doline supposée)
base coupe centrale de la fosse d’extraction/
208457 numérique P1060106 123 nord Nelly Connet 6/11/2025
carrière F123-1
coupe centrale de la fosse d’extraction/carrière
208457 numérique P1060107 123 nord Nelly Connet 6/11/2025
F123-1
vue générale des fosses d’extraction/carrières
208457 numérique P1060108 123 ouest Nelly Connet 6/11/2025
F123-1 et F123-2
coupe de la fosse d’extraction/carrière F123-1
208457 numérique P1060109 123 nord Nelly Connet 6/11/2025
(fond de la carrière)
base de la coupe de la fosse d’extraction/
208457 numérique P1060110 123 nord Nelly Connet 6/11/2025
carrière F123-1
vue générale de la tranchée Tr.118 en cours
208457 numérique P1060111 118 sud Nelly Connet 6/11/2025
de relevé
208457 numérique P1060112 118 vue générale de la tranchée Tr.118 sud Nelly Connet 6/11/2025
172 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
sud-
208457 numérique P1060113 119 vue générale de la tranchée Tr.119 Nelly Connet 6/11/2025
ouest
sud-
208457 numérique P1060114 119 vue générale de la tranchée Tr.119 Nelly Connet 6/11/2025
ouest
208457 numérique P1060115 122 LOG Tr.122 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060116 122 vue générale de la tranchée Tr.122 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060117 122 vue générale de la tranchée Tr.122 est Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060119 106 LOG Tr.106 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060120 106 minerais dans la tranchée Tr.106 nord Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060123 107 LOG Tr.107 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060124 124 vue générale de la tranchée Tr.124 ouest Nelly Connet 6/11/2025
vue générale de la fosse d’extraction/carrière
208457 numérique P1060125 124 ouest Nelly Connet 6/11/2025
F124-1
vue générale de la fosse d’extraction/carrière
208457 numérique P1060126 124 ouest Nelly Connet 6/11/2025
F124-1
vue générale de la tranchée Tr.125 avec fossé sud-
208457 numérique P1060129 125 Nelly Connet 6/11/2025
parcellaire récent ouest
208457 numérique P1060130 125 LOG Tr.125 ouest Nelly Connet 6/11/2025
208457 numérique P1060131 126 vue générale de la tranchée Tr.126 ouest Nelly Connet 6/11/2025
123, 124, nord-
208457 numérique P1060132 vue générale des tranchées Tr.123 à Tr.126 Nelly Connet 6/11/2025
125, 126 ouest
208457 numérique P1040261 1 LOG nord Tr.01 ouest Alexandra Hanry 5/19/2025
vue de la partie septentrionale de la tranchée
208457 numérique P1040262 1 nord Alexandra Hanry 5/19/2025
Tr.01
vue de la partie septentrionale de la tranchée
208457 numérique P1040263 1 nord Alexandra Hanry 5/19/2025
Tr.01
208457 numérique P1040270 2 fentes de dessiccation sud Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040272 2 LOG 1 de la tranchée Tr.02 est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040274 1 LOG sud (2) Tr.01 ouest Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040275 2 1 apparition de la fosse F01 dans Tr.02 sud Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040276 2 1 apparition de la fosse F01 dans Tr.02 est Alexandra Hanry 5/20/2025
coupe de la partie supérieure de la fosse F1
208457 numérique P1040277 2 1 ouest Alexandra Hanry 5/20/2025
perturbée par un chablis?
208457 numérique P1040278 2, 3 1 fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02 nord Alexandra Hanry 5/20/2025
nord-
208457 numérique P1040279 2, 3 1 fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02 Alexandra Hanry 5/20/2025
ouest
208457 numérique P1040280 2, 3 1 fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02 sud Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040282 2, 3 1 fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02 nord-est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040283 2, 3 1 fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02 nord-est Alexandra Hanry 5/20/2025
fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02
208457 numérique P1040284 2, 3 1 nord Alexandra Hanry 5/20/2025
avec au premier plan le sondage TR.03
fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02
208457 numérique P1040285 2, 3 1 est Alexandra Hanry 5/20/2025
avec au premier plan le sondage TR.03
fouille de la fosse F01 dans le sondage Tr.02
208457 numérique P1040286 2, 3 1 sud Alexandra Hanry 5/20/2025
avec au premier plan le sondage TR.03
208457 numérique P1040287 3 LOG de la tranchée Tr.03 ouest Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040288 2 LOG 2 de la tranchée Tr.02 ouest Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040294 2 1 coupe de la fosse F01 est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040295 2 1 coupe de la fosse F01 est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040298 2 vue générale de la tranchée Tr.2 nord-est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040302 1 vue d’ensemble de la tranchée Tr.01 nord-est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040303 1 vue d’ensemble de la tranchée Tr.01 nord-est Alexandra Hanry 5/20/2025
208457 numérique P1040304 2 vue d’ensemble de la tranchée Tr.02 nord-est Alexandra Hanry 5/20/2025
nord-
208457 numérique P1040305 2, 3 vue d’ensemble des tranchées Tr.02 et 03 Alexandra Hanry 5/20/2025
ouest
208457 numérique P1040308 4 LOG de la tranchée Tr.04 est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040312 5 LOG de la tranchée Tr.05 est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040314 4, 5 vue d’ensemble des tranchées Tr.04 et 05 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040315 5 vue générale de la tranchée Tr.5 nord-est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040316 5 vue générale de la tranchée Tr.5 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040317 4 vue générale de la tranchée Tr.4 nord-est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040318 4, 5 vue d’ensemble des tranchées Tr.04 et 05 nord-est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040319 4, 5 vue d’ensemble des tranchées Tr.04 et 05 est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040320 4 vue générale de la tranchée Tr.4 nord-est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040321 6 vue du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040322 6 vue du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040323 6 vue du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 sud Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040324 6 vue du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 est Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040325 6 vue du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040326 6 vue du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
III. Inventaires techniques 173
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040327 5 2, 3 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040328 5 2, 3 sud Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040329 5 2, 3 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040330 5 2, 3 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040331 5 2, 3 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040332 5 2, 3 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040333 5 2, 3 est Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040334 5 2, 3 est Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040335 5 2, 3 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
réseau de fossés dans la tranchée Tr.5 et son
208457 numérique P1040336 5 2, 3 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
extension
208457 numérique P1040337 6 4 coupe du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
coupe du fossé F4 dans la tranchée Tr.06 et F2
208457 numérique P1040338 6 2, 3, 4 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
et 3 au second plan dans Tr.05
fosse ou section de fossé F5 dans le sondage sud-
208457 numérique P1040339 7 5 Alexandra Hanry 5/21/2025
Tr.07 ouest
fosse ou section de fossé F5 dans le sondage sud-
208457 numérique P1040340 7 5 Alexandra Hanry 5/21/2025
Tr.07 ouest
fosse ou section de fossé F5 dans le sondage
208457 numérique P1040341 7 5 nord Alexandra Hanry 5/21/2025
Tr.07
208457 numérique P1040342 8 LOG de la tranchée Tr.08 ouest Alexandra Hanry 5/21/2025
208457 numérique P1040343 9 LOG de la tranchée Tr.09 ouest Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040344 9 vue d’ensemble de la tranchée Tr.09 sud Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040345 9 fentes de dessiccation sud Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040346 10 LOG de la tranchée Tr.10 ouest Alexandra Hanry 5/22/2025
oxydation du sol très marqué dans la tranchée
208457 numérique P1040347 9 nord-est Alexandra Hanry 5/22/2025
Tr.9
sud-
208457 numérique P1040348 10 vue d’ensemble de la tranchée Tr.10 Alexandra Hanry 5/22/2025
ouest
vue du fossé limitant l’extension vers le nord nord-
208457 numérique P1040349 8 Alexandra Hanry 5/22/2025
des tranchées Tr.10 et Tr.8 ouest
vue du fossé limitant l’extension vers le nord
208457 numérique P1040350 8 nord Alexandra Hanry 5/22/2025
des tranchées Tr.10 et Tr.8
vue de la ligne éléectrique limitant les investi-
208457 numérique P1040351 8 gations dans le secteur des sondages Tr.08 sud-est Alexandra Hanry 5/22/2025
à Tr.10
208457 numérique P1040352 8 vue d’ensemble de la tranchée Tr.08 sud Alexandra Hanry 5/22/2025
sud-
208457 numérique P1040353 8 vue d’ensemble de la tranchée Tr.08 Alexandra Hanry 5/22/2025
ouest
208457 numérique P1040354 9 vue d’ensemble de la tranchée Tr.09 nord Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040355 9, 10, 11 vue d’ensemble des tranchées Tr.08, 09 et 10 nord-est Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040357 11 fentes de dessiccation zénithale Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040358 11 fentes de dessiccation zénithale Alexandra Hanry 5/22/2025
apparition dans la tranchée Tr.11 d’une
anomalie, objet géologique, correspondant à
208457 numérique P1040359 11 nord Alexandra Hanry 5/22/2025
une formation argileuse blanche de type kaoli-
nite, mais dont l’origine reste indéterminée.
208457 numérique P1040364 11 LOG de la tranchée Tr.11 et coupe de l’anomalie est Alexandra Hanry 5/22/2025
coupe de la partie haute de l’anomalie géolo-
208457 numérique P1040367 11 nord-est Alexandra Hanry 5/22/2025
gique
208457 numérique P1040373 11 détail encroutement ouest Alexandra Hanry 5/22/2025
208457 numérique P1040374 12 LOG de la tranchée Tr.12 est Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040375 12 vue d’ensemble de la tranchée Tr.12 nord Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040376 12 vue d’ensemble de la tranchée Tr.12 nord Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040377 fossé non franchissable avec Pelle sud-est Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040378 13 vue d’ensemble de la tranchée Tr.13 nord Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040379 13 LOG de la tranchée Tr.13 (log1/sud) est Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040380 13 LOG de la tranchée Tr.13 (log2/nord) ouest Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040382 13 sol polygonaux? zénithale Alexandra Hanry 5/26/2025
208457 numérique P1040383 13 vue d’ensemble de la tranchée Tr.13 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040384 13 vue d’ensemble de la tranchée Tr.13 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040385 14 LOG de la tranchée Tr.14 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
sud-
208457 numérique P1040386 12, 13, 14 vue d’ensemble des tranchées Tr.12, 13 et 14 Alexandra Hanry 5/27/2025
ouest
174 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
208457 numérique P1040387 14 vue d’ensemble de la tranchée Tr.14 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040388 15 LOG de la tranchée Tr.15 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040389 15 6, 7 F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6 dans nord Alexandra Hanry 5/27/2025
Tr.15
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040390 15 6, 7 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
vue d’ensemble des structures F6 à F8 dans la nord-
208457 numérique P1040391 15 6, 7, 8 Alexandra Hanry 5/27/2025
zone du Lac noir (Tr.15) ouest
vue d’ensemble des structures F6 à F8 dans la nord-
208457 numérique P1040392 15 6, 7, 8 Alexandra Hanry 5/27/2025
zone du Lac noir (Tr.15) ouest
208457 numérique P1040393 15 6 apparition du fossé F6 dans Tr.15 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040394 15 6, 7 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040395 15 6, 7 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040396 15 6, 7 est Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040397 15 6, 7 est Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040398 15 6, 7 est Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040399 15 6, 7 est Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
apparition de l’extrémité occidentale du fossé
208457 numérique P1040400 15 6, 7 est Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et de sa jonction avec le fossé N/S F6
mobilier métallurgique retrouvé dans le fossé F6
208457 numérique P1040401 15 6 zénithale Alexandra Hanry 5/27/2025
(scories de fer et loupes de réduction)
mobilier métallurgique retrouvé dans le fossé F6
208457 numérique P1040402 15 6 zénithale Alexandra Hanry 5/27/2025
(scories de fer et loupes de réduction)
vue d’ensemble des structures F6 à F8 dans la nord-
208457 numérique P1040403 15 6, 7, 8 Alexandra Hanry 5/27/2025
zone du Lac noir (Tr.15) ouest
apparition de la jonction entre les fossés F7 nord-
208457 numérique P1040404 15 7, 8 Alexandra Hanry 5/27/2025
et F8 ouest
apparition de la jonction entre les fossés F7 nord-
208457 numérique P1040405 15 7, 8 Alexandra Hanry 5/27/2025
et F8 ouest
apparition de la jonction entre les fossés F6,
208457 numérique P1040406 15 6, 7, 8 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
F7 et F8
vue d’ensemble des structures F6 à F8 dans la
208457 numérique P1040407 15 6, 7, 8, 9 est Alexandra Hanry 5/27/2025
zone du Lac noir (Tr.15)
apparition de la jonction entre les fossés F7
208457 numérique P1040408 15 7, 8 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
et F8
apparition de la jonction entre les fossés F7
208457 numérique P1040409 15 7, 9 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
et F9
apparition de la jonction entre les fossés F7
208457 numérique P1040410 15 7, 9 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
et F9
vue d’ensemble des structures F6 à F8 dans la
208457 numérique P1040411 15 6, 7, 8, 9 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
zone du Lac noir (Tr.15)
apparition de la jonction entre les fossés F7
208457 numérique P1040412 15 7, 9 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
et F9
208457 numérique P1040413 15 6 fossé F6 fouillé dans Tr.15 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040414 15 6 fossé F6 fouillé dans Tr.15 est Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040415 15 6 fossé F6 fouillé dans Tr.15 est Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040416 15 6 coupe du fossé F6 dans la tranchée Tr.15 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040417 15 6 coupe du fossé F6 dans la tranchée Tr.15 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040418 15 6 coupe du fossé F6 dans la tranchée Tr.15 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040419 15 6 coupe du fossé F6 dans la tranchée Tr.15 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040421 16 LOG de la tranchée Tr.16 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040422 16 vue d’ensemble de la tranchée Tr.16 est Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040423 16 vue d’ensemble de la tranchée Tr.16 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040424 16 vue d’ensemble de la tranchée Tr.16 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
nord-
208457 numérique P1040425 17 creusement de la tranchée Tr.17 Alexandra Hanry 5/27/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040426 17 creusement de la tranchée Tr.17 Alexandra Hanry 5/27/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040427 17 creusement de la tranchée Tr.17 Alexandra Hanry 5/27/2025
ouest
208457 numérique P1040428 17 creusement de la tranchée Tr.17 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040429 17 LOG de la tranchée Tr.17 nord Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040443 18 LOG de la tranchée Tr.18 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040444 18 vue d’ensemble de la tranchée Tr.18 ouest Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040445 19 LOG de la tranchée Tr.19 sud Alexandra Hanry 5/27/2025
208457 numérique P1040447 19 vue d’ensemble de la tranchée Tr.19 est Alexandra Hanry 5/27/2025
III. Inventaires techniques 175
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
nord-
208457 numérique P1040448 20 LOG de la tranchée Tr.20 Alexandra Hanry 6/1/2025
ouest
208457 numérique P1040449 20 vue d’ensemble de la tranchée Tr.20 est Alexandra Hanry 6/1/2025
208457 numérique P1040450 20 vue d’ensemble de la tranchée Tr.20 nord-est Alexandra Hanry 6/1/2025
concentration de minerai de fer dans la tran-
208457 numérique P1040451 20 zénithale Alexandra Hanry 6/1/2025
chée Tr.20
concentration de minerai de fer dans la tran-
208457 numérique P1040452 20 zénithale Alexandra Hanry 6/1/2025
chée Tr.20
concentration de minerai de fer dans la tran- sud-
208457 numérique P1040461 21 Thierry Giraud 6/3/2025
chée Tr.21 ouest
concentration de minerai de fer dans la tran- sud-
208457 numérique P1040462 21 Thierry Giraud 6/3/2025
chée Tr.21 ouest
208457 numérique P1040463 21 LOG de la tranchée Tr.21 ouest Thierry Giraud 6/3/2025
208457 numérique P1040468 22 LOG de la tranchée Tr.22 ouest Thierry Giraud 6/3/2025
208457 numérique P1040469 22 LOG de la tranchée Tr.22 ouest Thierry Giraud 6/3/2025
208457 numérique P1040470 21 vue d’ensemble de la tranchée Tr.21 sud Thierry Giraud 6/3/2025
208457 numérique P1040471 22 vue d’ensemble de la tranchée Tr.22 sud Thierry Giraud 6/3/2025
208457 numérique P1040472 23 LOG de la tranchée Tr.23 ouest Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040473 23 vue d’ensemble de la tranchée Tr.23 sud Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040474 23 vue d’ensemble de la tranchée Tr.23 sud Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040476 24 LOG de la tranchée Tr.24 est Alexandra Hanry 6/4/2025
appartition de la fosse ou du terrier F16 dans la
208457 numérique P1040477 26 16 zénithale Thierry Giraud 6/4/2025
tranchée F26
appartition de la fosse ou du terrier F16 dans la
208457 numérique P1040478 26 16 zénithale Thierry Giraud 6/4/2025
tranchée F26
fosse vidée (ou terrier) F16 dans la tranchée sud-
208457 numérique P1040479 26 16 Nelly Connet 6/4/2025
F26 ouest
208457 numérique P1040480 26 LOG de la tranchée Tr.26 nord Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040482 27 LOG de la tranchée Tr.27 sud Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040483 27 vue d’ensemble de la tranchée Tr.27 ouest Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040484 27 vue d’ensemble de la tranchée Tr.27 ouest Alexandra Hanry 6/4/2025
208457 numérique P1040485 26 vue d’ensemble de la tranchée Tr.26 ouest Alexandra Hanry 6/4/2025
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040486 28 17 nord-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040487 28 17 sud-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040488 28 17 sud-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040489 28 17 sud-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans nord-
208457 numérique P1040490 28 17 Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28 ouest
four de réduction de minerai de fer F17 dans nord-
208457 numérique P1040491 28 17 Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28 ouest
four de réduction de minerai de fer F17 dans nord-
208457 numérique P1040492 28 17 Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28 ouest
four de réduction de minerai de fer F17 dans nord-
208457 numérique P1040493 28 17 Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28 ouest
vue de détail du four de réduction de minerai de
208457 numérique P1040494 28 17 sud Alexandra Hanry 6/4/2025
fer F17 dans Tr.28
vue de détail du four de réduction de minerai de
208457 numérique P1040495 28 17 sud Alexandra Hanry 6/4/2025
fer F17 dans Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040496 28 17 ouest Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040497 28 17 ouest Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040498 28 17 nord-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040499 28 17 nord Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040500 28 17 sud-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans
208457 numérique P1040501 28 17 sud-est Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28
four de réduction de minerai de fer F17 dans sud-
208457 numérique P1040503 28 17 Alexandra Hanry 6/4/2025
Tr.28 ouest
vue de détail du four de réduction de minerai de
208457 numérique P1040504 28 17 nord-est Alexandra Hanry 6/4/2025
fer F17 dans Tr.28
vue de détail du four de réduction de minerai de
208457 numérique P1040505 28 17 nord-est Alexandra Hanry 6/4/2025
fer F17 dans Tr.28
vue de détail du four de réduction de minerai de
208457 numérique P1040506 28 17 sud-est Alexandra Hanry 6/4/2025
fer F17 dans Tr.28
vue de détail du four de réduction de minerai de
208457 numérique P1040507 28 17 zénithale Alexandra Hanry 6/4/2025
fer F17 dans Tr.28
176 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
208457 numérique P1040508 25 vue d’ensemble de la tranchée Tr.25 nord-est Alexandra Hanry 6/5/2025
208457 numérique P1040509 25 vue d’ensemble de la tranchée Tr.25 nord-est Alexandra Hanry 6/5/2025
208457 numérique P1040510 25 LOG de la tranchée Tr.25 ouest Alexandra Hanry 6/5/2025
niveau d’apparition de la fosse F18 dans la
208457 numérique P1040511 28 18 nord-est Alexandra Hanry 6/5/2025
tranchée Tr.28
niveau d’apparition de la fosse F18 dans la nord-
208457 numérique P1040512 28 18 Alexandra Hanry 6/5/2025
tranchée Tr.28 ouest
niveau d’apparition de la fosse F18 dans la nord-
208457 numérique P1040513 28 18 Alexandra Hanry 6/5/2025
tranchée Tr.28 ouest
niveau d’apparition de la fosse F18 dans la
208457 numérique P1040514 28 18 sud-est Alexandra Hanry 6/5/2025
tranchée Tr.28
niveau d’apparition de la fosse F18 dans la
208457 numérique P1040515 28 18 sud-est Alexandra Hanry 6/5/2025
tranchée Tr.28
niveau d’apparition de la fosse F18 dans la
208457 numérique P1040516 28 18 sud-est Alexandra Hanry 6/5/2025
tranchée Tr.28
208457 numérique P1040517 28 LOG de la tranchée Tr.28 ouest Alexandra Hanry 6/5/2025
208457 numérique P1040519 29 LOG sud de la tranchée Tr.29 sud Alexandra Hanry 6/5/2025
208457 numérique P1040520 29 LOG nord de la tranchée Tr.29 (2) sud Alexandra Hanry 6/5/2025
four de réduction du minerai de fer F18 dans la nord-
208457 numérique P1040521 28 18 Thierry Giraud 6/6/2025
tranchée Tr.28 ouest
four de réduction du minerai de fer F18 dans la
208457 numérique P1040524 28 18 sud-est Thierry Giraud 6/6/2025
tranchée Tr.28
four de réduction du minerai de fer F18 dans la
208457 numérique P1040528 28 18 nord-est Thierry Giraud 6/6/2025
tranchée Tr.28
coupe du four de réduction du minerai de fer nord-
208457 numérique P1040529 28 18 Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28 ouest
coupe du four de réduction du minerai de fer nord-
208457 numérique P1040530 28 18 Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28 ouest
coupe du four de réduction du minerai de fer nord-
208457 numérique P1040531 28 18 Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28 ouest
coupe du four de réduction du minerai de fer
208457 numérique P1040532 28 18 sud-est Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28
coupe du four de réduction du minerai de fer
208457 numérique P1040533 28 18 sud-est Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28
coupe du four de réduction du minerai de fer
208457 numérique P1040534 28 18 sud-est Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28
coupe du four de réduction du minerai de fer
208457 numérique P1040535 28 18 sud-est Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28
coupe du four de réduction du minerai de fer
208457 numérique P1040536 28 18 sud-est Thierry Giraud 6/6/2025
F18 dans la tranchée Tr.28
fond du four de réduction du minerai de fer F18
208457 numérique P1040537 28 18 zénithale Thierry Giraud 6/6/2025
dans la tranchée Tr.28
fond du four de réduction du minerai de fer F18
208457 numérique P1040538 28 18 zénithale Thierry Giraud 6/6/2025
dans la tranchée Tr.28
208457 numérique P1040539 30 LOG de Tr.30 nord Alexandra Hanry 6/6/2025
208457 numérique P1040541 29 vue d’ensemble de la tranchée Tr.29 nord-est Alexandra Hanry 6/6/2025
208457 numérique P1040542 30 vue d’ensemble de la tranchée Tr.30 nord-est Alexandra Hanry 6/6/2025
vue du niveau d’apparition des structures F19 à
208457 numérique P1040544 30 19, 20, 21, 22, 25 nord-est Alexandra Hanry 6/6/2025
F22 dans la tranchée Tr.30
vue du niveau d’apparition des structures F19 à
208457 numérique P1040545 30 19, 20, 21, 22, 25 est Alexandra Hanry 6/6/2025
F22 dans la tranchée Tr.30
vue du niveau d’apparition des structures F19 à
208457 numérique P1040546 30 19, 20, 21, 22, 25 ouest Alexandra Hanry 6/6/2025
F22 dans la tranchée Tr.30
vue du niveau d’apparition des structures F19 à
208457 numérique P1040548 30 19, 20, 21, 22, 25 ouest Alexandra Hanry 6/6/2025
F22 dans la tranchée Tr.30
208457 numérique P1040549 33 LOG de Tr.33 nord Thierry Giraud 6/17/2025
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040551 31 23, 24 nord-est Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040552 31 23, 24 nord-est Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040553 31 23, 24 nord-est Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040554 31 23, 24 sud-est Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040555 31 23, 24 sud Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040556 31 23, 24 sud-est Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans sud-
208457 numérique P1040557 31 23, 24 Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31 ouest
vue de la fosse/mare F24 et du fossé F23 dans
208457 numérique P1040558 31 23, 24 nord-est Alexandra Hanry 6/18/2025
la partie septentrionale de la tranchée Tr.31
208457 numérique P1040562 32 LOG de Tr.32 sud Thierry Giraud 6/18/2025
208457 numérique P1040565 32 vue d’ensemble de la tranchée Tr.32 est Thierry Giraud 6/18/2025
208457 numérique P1040566 32 vue d’ensemble de la tranchée Tr.32 ouest Thierry Giraud 6/18/2025
III. Inventaires techniques 177
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
208457 numérique P1040568 33 vue d’ensemble de la tranchée Tr.33 est Thierry Giraud 6/18/2025
208457 numérique P1040570 33 LOG de Tr.33 nord Thierry Giraud 6/18/2025
208457 numérique P1040571 33 vue d’ensemble de la tranchée Tr.33 ouest Thierry Giraud 6/18/2025
four de réduction du minerai de fer F22 dans la est/
208457 numérique P1040572 30 22 Alexandra Hanry 6/18/2025
tranchée Tr.30 sud-est
four de réduction du minerai de fer F22 dans la est/
208457 numérique P1040573 30 22 Alexandra Hanry 6/18/2025
tranchée Tr.30 sud-est
four de réduction du minerai de fer F22 dans la est/
208457 numérique P1040574 30 22 Alexandra Hanry 6/18/2025
tranchée Tr.30 sud-est
four de réduction du minerai de fer F22 dans la
208457 numérique P1040575 30 22 sud Alexandra Hanry 6/18/2025
tranchée Tr.30
ouest/
four de réduction du minerai de fer F22 dans la
208457 numérique P1040576 30 22 nord- Alexandra Hanry 6/18/2025
tranchée Tr.30
ouest
apparition du four de réduction du minerai de
208457 numérique P1040577 30 22 fer F22 dans la tranchée Tr.30 sous la terre nord-est Alexandra Hanry 6/18/2025
végétale
four de réduction du minerai de fer F22 dans la
208457 numérique P1040578 30 22 nord-est Alexandra Hanry 6/18/2025
tranchée Tr.30
208457 numérique P1040579 31 31 vue du trou de poteau F31 dans Tr.31 zénithale Alexandra Hanry 6/18/2025
208457 numérique P1040580 31 31 vue du trou de poteau F31 dans Tr.31 zénithale Alexandra Hanry 6/18/2025
fosse F21 (avec éléments de démolition du
208457 numérique P1040581 30 21 sud Alexandra Hanry 6/18/2025
four F22)
fosse F21 (avec éléments de démolition du
208457 numérique P1040582 30 21 sud Alexandra Hanry 6/18/2025
four F22)
fosse F21 (avec éléments de démolition du
208457 numérique P1040583 30 21, 22 est Alexandra Hanry 6/18/2025
four F22)
208457 numérique P1040584 30 25 vue du trou de poteau F25 dans Tr.30 zénithale Alexandra Hanry 6/18/2025
208457 numérique P1040585 30 25 vue du trou de poteau F25 dans Tr.30 zénithale Alexandra Hanry 6/18/2025
nord-
208457 numérique P1040586 31 LOG de Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
208457 numérique P1040587 31 vue d’ensemble de la tranchée Tr.31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040588 31 vue d’ensemble de la tranchée Tr.31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040590 31 28 vue du trou de poteau F28 dans Tr.31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040591 31 28 vue du trou de poteau F28 dans Tr.31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040592 31 28 vue du trou de poteau F28 dans Tr.31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040594 31 27 vue du trou de poteau F27 dans Tr.31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
nord-
208457 numérique P1040595 31 27 vue du trou de poteau F27 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
208457 numérique P1040596 31 27 vue du trou de poteau F27 dans Tr.31 zénithale Alexandra Hanry 6/19/2025
nord-
208457 numérique P1040598 31 30 vue du trou de poteau F30 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040599 31 30 vue du trou de poteau F30 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040600 31 30 vue du trou de poteau F30 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
208457 numérique P1040602 31 29 vue du trou de poteau F29 dans Tr.31 sud-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040603 31 29 vue du trou de poteau F29 dans Tr.31 sud-est Alexandra Hanry 6/19/2025
208457 numérique P1040604 31 29 vue du trou de poteau F29 dans Tr.31 sud-est Alexandra Hanry 6/19/2025
nord-
208457 numérique P1040607 31 31 vue du trou de poteau F31 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
208457 numérique P1040608 31 31 vue du trou de poteau F31 dans Tr.31 zénithale Alexandra Hanry 6/19/2025
nord-
208457 numérique P1040609 31 31 vue du trou de poteau F31 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
relevé topographique des structures dans la
208457 numérique P1040610 31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
tranchée Tr.31
relevé topographique des structures dans la
208457 numérique P1040611 31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
tranchée Tr.31
relevé topographique des structures dans la
208457 numérique P1040612 31 nord-est Alexandra Hanry 6/19/2025
tranchée Tr.31
208457 numérique P1040614 31 32 vue du trou de poteau F32 dans Tr.31 zénithale Alexandra Hanry 6/19/2025
nord-
208457 numérique P1040615 31 32 vue du trou de poteau F32 dans Tr.31 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
208457 numérique P1040616 31 32 vue du trou de poteau F32 dans Tr.31 sud-est Alexandra Hanry 6/19/2025
vue des trous de poteau F27 à F32 dans la sud-
208457 numérique P1040617 31 27, 28, 29, 30, 31, 32 Alexandra Hanry 6/19/2025
tranchée Tr.31 ouest
vue des trous de poteau F27 à F32 dans la sud-
208457 numérique P1040618 31 27, 28, 29, 30, 31, 32 Alexandra Hanry 6/19/2025
tranchée Tr.31 ouest
vue des trous de poteau F27 à F32 dans la sud-
208457 numérique P1040619 31 27, 28, 29, 30, 31, 32 Alexandra Hanry 6/19/2025
tranchée Tr.31 ouest
nord-
208457 numérique P1040620 34 LOG de la tranchée Tr.34 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
178 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
34, 120,
121, 122, vue d’ensemble des tranchées dans la zone de sud-
208457 numérique P1040621 Alexandra Hanry 6/19/2025
117, 118, la doline des Grandes Pièces ouest
119
34, 120,
121, 122, vue d’ensemble des tranchées dans la zone de sud-
208457 numérique P1040622 Alexandra Hanry 6/19/2025
117, 118, la doline des Grandes Pièces ouest
119
34, 120,
121, 122, vue d’ensemble des tranchées dans la zone de sud-
208457 numérique P1040623 Alexandra Hanry 6/19/2025
117, 118, la doline des Grandes Pièces ouest
119
sud-
208457 numérique P1040624 34 vue d’ensemble de la tranchée Tr.34 Alexandra Hanry 6/19/2025
ouest
34, 120,
121, 122, vue d’ensemble des tranchées dans la zone de
208457 numérique P1040625 ouest Alexandra Hanry 6/19/2025
117, 118, la doline des Grandes Pièces
119
34, 120,
121, 122, vue d’ensemble des tranchées dans la zone de
208457 numérique P1040626 ouest Alexandra Hanry 6/19/2025
117, 118, la doline des Grandes Pièces
119
nord-
208457 numérique P1040627 35 LOG Alexandra Hanry 6/20/2025
ouest
sud-
208457 numérique P1040628 35 vue d’ensemble de la tranchée Tr.35 Alexandra Hanry 6/20/2025
ouest
vue de détail des niveaux tertiaires dans la sud-
208457 numérique P1040629 35 Alexandra Hanry 6/20/2025
tranchée Tr.35 ouest
sud-
208457 numérique P1040630 36 vue d’ensemble de la tranchée Tr.36 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
sud-
208457 numérique P1040631 36 vue d’ensemble de la tranchée Tr.36 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
sud-
208457 numérique P1040632 37 vue d’ensemble de la tranchée Tr.37 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
sud-
208457 numérique P1040633 37 vue d’ensemble de la tranchée Tr.37 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
208457 numérique P1040636 38 LOG de la tranchée Tr.38 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
vue du niveau d’apparition de la fosse F33 dans sud-
208457 numérique P1040637 38 33 Alexandra Hanry 6/23/2025
le sondage Tr.38 ouest
vue du niveau d’apparition de la fosse F33 dans
208457 numérique P1040638 38 33 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
le sondage Tr.38
vue du niveau d’apparition de la fosse F33 dans
208457 numérique P1040639 38 33 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
le sondage Tr.38
vue en cours de fouille de la fosse empierrée
208457 numérique P1040640 38 33 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
F33
vue en cours de fouille de la fosse empierrée
208457 numérique P1040641 38 33 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
F33
vue en cours de fouille de la fosse empierrée
208457 numérique P1040642 38 33 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
F33
vue en cours de fouille de la fosse empierrée
208457 numérique P1040643 38 33, 34 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
F33
vue en coupe de la structure F34 sous la fosse sud-
208457 numérique P1040644 38 33, 34 Alexandra Hanry 6/23/2025
F33 ouest
vue en coupe de la structure F34 sous la fosse sud-
208457 numérique P1040645 38 33, 34 Alexandra Hanry 6/23/2025
F33 ouest
208457 numérique P1040646 38 33, 34 vue de la structure F34 sous la fosse F33 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
nord-
208457 numérique P1040647 38 33, 34 vue en coupe des structures F33 et F34 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040648 38 33, 34 vue en coupe des structures F33 et F34 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
208457 numérique P1040649 38 33 vue en coupe de la fosse empierrée F33 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040650 38 33 vue en coupe de la fosse empierrée F33 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040651 38 33, 34 vue de la structure F34 sous la fosse F33 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
vue en coupe de la structure de combustion
208457 numérique P1040652 38 36 ouest Alexandra Hanry 6/23/2025
F36 dans Tr.38
vue en coupe de la structure de combustion
208457 numérique P1040653 38 36 ouest Alexandra Hanry 6/23/2025
F36 dans Tr.38
vue en coupe de la structure de combustion
208457 numérique P1040654 38 36 ouest Alexandra Hanry 6/23/2025
F36 dans Tr.38
208457 numérique P1040655 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 nord-est Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040656 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 nord-est Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040657 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040658 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 sud-est Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040659 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 sud-est Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040660 38 35 vue de détail du bas-fourneau F35 dans Tr.38 zénithale Alexandra Hanry 6/23/2025
sud-
208457 numérique P1040661 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
III. Inventaires techniques 179
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
sud-
208457 numérique P1040662 38 35 vue du bas-fourneau F35 dans Tr.38 Alexandra Hanry 6/23/2025
ouest
vue en coupe de la structure de combustion
208457 numérique P1040663 38 36 ouest Alexandra Hanry 6/23/2025
F36 dans Tr.38
208457 numérique P1040664 38 36 vue de détail de la structure F36 zénithale Alexandra Hanry 6/23/2025
vue de détail en coupe de la structure de
208457 numérique P1040665 38 36 ouest Alexandra Hanry 6/23/2025
combustion F36 dans Tr.38
vue de détail en coupe de la structure de
208457 numérique P1040666 38 36 ouest Alexandra Hanry 6/23/2025
combustion F36 dans Tr.38
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée sud-
208457 numérique P1040667 38 33, 34, 35, 36 Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38 ouest
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée sud-
208457 numérique P1040668 38 Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38 ouest
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée sud-
208457 numérique P1040669 38 Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38 ouest
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée
208457 numérique P1040670 38 nord Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée
208457 numérique P1040671 38 nord-est Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée
208457 numérique P1040672 38 nord-est Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée
208457 numérique P1040673 38 nord-est Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38
vue des structures F33 à F36 dans la tranchée
208457 numérique P1040674 38 est Alexandra Hanry 6/23/2025
Tr.38
208457 numérique P1040675 38 vue d’ensemble de la tranchée Tr.38 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
208457 numérique P1040676 38 vue d’ensemble de la tranchée Tr.38 sud Alexandra Hanry 6/23/2025
nord-
208457 numérique P1040677 39 LOG nord de Tr.39 Alexandra Hanry 6/24/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040678 39 LOG sud de Tr.39 Alexandra Hanry 6/24/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040679 40 LOG de Tr.40 Alexandra Hanry 6/24/2025
ouest
208457 numérique P1040680 41 LOG de Tr.41 nord Alexandra Hanry 6/24/2025
208457 numérique P1040681 40 37 vue de la fosse empierré F37 dans Tr.40 ouest Valérie Sanglar 6/25/2025
208457 numérique P1040682 40 37 vue de la fosse empierré F37 dans Tr.40 ouest Valérie Sanglar 6/25/2025
208457 numérique P1040683 40 37 vue de la fosse empierré F37 dans Tr.40 nord Valérie Sanglar 6/25/2025
208457 numérique P1040684 40 37 vue de la fosse empierré F37 dans Tr.40 est Valérie Sanglar 6/25/2025
208457 numérique P1040685 40 37 vue de la fosse empierré F37 dans Tr.40 est Valérie Sanglar 6/25/2025
208457 numérique P1040686 42 LOG de Tr.42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
niveau d’apparition de la fosse F41 et du fossé
208457 numérique P1040687 42 40, 41 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
F40
niveau d’apparition de la fosse F41 et du fossé
208457 numérique P1040688 42 40, 41 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
F40
208457 numérique P1040689 42 41 niveau d’apparition de la fosse F41 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040690 42 41 niveau d’apparition de la fosse F41 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040691 42 40 niveau d’apparition du fossé F40 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040692 42 40 niveau d’apparition du fossé F40 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
niveau d’apparition de la fosse F41 et du fossé
208457 numérique P1040693 42 40, 41 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
F40
niveau d’apparition de la fosse F41 et du fossé
208457 numérique P1040694 42 40, 41 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
F40
niveau d’apparition de la fosse F41 et du fossé
208457 numérique P1040695 42 40, 41 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
F40
niveau d’apparition de la fosse F41 et du fossé
208457 numérique P1040696 42 40, 41 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
F40
niveau d’apparition de la fosse F38 (partie
méridionale) et probablement du TP F39 et de
208457 numérique P1040697 42 38, 39 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
la zone des carrières dans les tranchées Tr.123
et 124
niveau d’apparition de la fosse F38 (partie méri-
208457 numérique P1040698 42 38, 39 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
dionale) et probablement du TP F39
niveau d’apparition de la fosse F38 (partie méri-
208457 numérique P1040699 42 38, 39 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
dionale) et probablement du TP F39
niveau d’apparition de la fosse F38 (partie méri-
208457 numérique P1040700 42 38, 39 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
dionale) et probablement du TP F39
niveau d’apparition de la fosse F38 (partie méri-
208457 numérique P1040701 42 38, 39 zénithale Alexandra Hanry 6/26/2025
dionale) et probablement du TP F39
vue du trou de poteau F39 (fouillé sur 0,1 m de
208457 numérique P1040702 42 38, 39 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
profondeurr) et du fond de la fosse F38
vue du trou de poteau F39 (fouillé sur 0,1 m de
208457 numérique P1040703 42 38, 39 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
profondeurr) et du fond de la fosse F38
208457 numérique P1040704 42 38 vue de la coupe de la fosse F38 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040705 42 38 vue de la coupe de la fosse F38 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040706 42 38 vue de la coupe de la fosse F38 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
180 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Photographe
N° tranchée
CODE OA
N° photo
Vu vers
N° Fait
Sujet
Type
Date
vue du trou de poteau F39 apparu sous la fosse
208457 numérique P1040707 42 39 zénithale Alexandra Hanry 6/26/2025
F38 (fouillé sur 0,1 m de profondeur)
vue du trou de poteau F39 apparu sous la fosse
208457 numérique P1040708 42 39 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
F38 (fouillé sur 0,1 m de profondeur)
208457 numérique P1040709 42 40 vue en plan du fossé F40 sud-est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040710 42 40 vue en plan du fossé F40 sud-est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040711 42 40 vue en plan du fossé F40 sud-est Alexandra Hanry 6/26/2025
vue en coupe de la partie supérieure du fossé
208457 numérique P1040712 42 40 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure du fossé
208457 numérique P1040713 42 40 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure du fossé
208457 numérique P1040714 42 40 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure du fossé
208457 numérique P1040715 42 40 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure du fossé
208457 numérique P1040716 42 40 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 dans Tr.42
nord-
208457 numérique P1040717 42 40 vue en plan du fossé F40 Alexandra Hanry 6/26/2025
ouest
nord-
208457 numérique P1040718 42 40 vue en plan du fos sé F40 Alexandra Hanry 6/26/2025
ouest
208457 numérique P1040719 42 40, 42 vue en plan des fossés F40 et F42 dans Tr.42 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040720 42 40, 42 vue en plan des fossés F40 et F42 dans Tr.42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040721 42 40, 42 vue en plan des fossés F40 et F42 dans Tr.42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040722 42 42 vue en plan du fossé F42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040723 42 40 vue en plan du fossé F40 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040724 42 40, 42, 43 vue en plan des fossés F40, F42 et F43 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040725 42 40, 42 vue en plan des fossés F40 et F42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
sud-
208457 numérique P1040726 42 40, 42, 43 vue en plan des fossés F40, F42 et F43 Alexandra Hanry 6/26/2025
ouest
208457 numérique P1040727 42 40, 43 vue en plan des fossés F40 et F43 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040728 42 40, 42, 43 vue en plan des fossés F40, F42 et F43 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040729 42 43 vue en plan du fossé F43 zénithale Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040730 42 40, 42, 43 vue en plan des fossés F40, F42 et F43 nord Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040731 42 40, 42, 43 vue en plan des fossés F40, F42 et F43 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040732 42 40, 42 vue en coupe des fossés F40 et F42 dans Tr.42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040733 42 40, 42 vue en coupe des fossés F40 et F42 dans Tr.42 est Alexandra Hanry 6/26/2025
vue en coupe et en plan des fossés F40 et F42
208457 numérique P1040734 42 40, 42, 43 est Alexandra Hanry 6/26/2025
et en plan de F43
vue en coupe de la partie inférieure des fossés
208457 numérique P1040735 42 40, 42 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 et F42 dans Tr.42
vue en coupe de la partie inférieure des fossés
208457 numérique P1040736 42 40, 42 ouest Alexandra Hanry 6/26/2025
F40 et F42 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure de la fosse
208457 numérique P1040737 42 41 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F41 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure de la fosse
208457 numérique P1040738 42 41 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F41 dans Tr.42
vue en coupe de la partie supérieure de la fosse
208457 numérique P1040739 42 41 est Alexandra Hanry 6/26/2025
F41 dans Tr.42
208457 numérique P1040740 42 43 vue en coupe du fossé F43 dans Tr.42 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040741 42 43 vue en coupe du fossé F43 dans Tr.42 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040742 42 43 vue en coupe du fossé F43 dans Tr.42 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
208457 numérique P1040743 42 43 vue en coupe du fossé F43 dans Tr.42 sud Alexandra Hanry 6/26/2025
III. Inventaires techniques 181
Inventaire des structures et des unités stratigraphiques
Profil du creusement
Niveau d’apparition
Période probable
Prof / épaisseur
Coupe relevée ?
recouvert par
N° structure
N° tranchée
Encaissant
Sondée ?
Mobilier
Diam
Long
Larg
type
(m)
Us
creuse-
ment
F1-1 et à bord C3/collu-
F1 2 fosse 0,3 3,5 1,5 0,55 C2/colluvions O protohistoire oui oui
F1-2 droit et vions
à fond
plat
F2 5 fossé 0,3 10,25 0,5 à 0,8 0,2 cuvette C3/altérites C2/colluvions O Gallo-romain? oui non
0,55 à
F3 5 fossé 0,4 7 ind. ind. C3/altérites C2/colluvions Gallo-romain? non non
0,65
fond plat
F4 6 fossé 0,45 2 0,65 0,38 et parois C3/altérites C2/colluvions O Gallo-romain oui oui
évasées
fosse ou
F5 7 0,45 1,1 0,65 ind. ind. C3/altérites C2/colluvions Gallo-romain? non non
fossé
creuse-
ment
0,55 à à bord protohistoire?/
F6 15 fossé 0,25 3,15 0,64 C2 C1/1Coll O oui oui
0,65 droit et Gallo-romain?
à fond
plat
protohistoire?/
F7 15 fossé 0,25 13,5 0,7 ind. ind. CollP? C1/1Coll non non
Gallo-romain?
0,65 à C3/collu- protohistoire?/
F8 15 fossé 0,3 2,3 ind. ind. C1/1Coll non non
0,9 vions Gallo-romain?
C3/collu- protohistoire?/
F9 15 fossé 0,3 5 1 ind. ind. C1/1Coll O non non
vions Gallo-romain?
fosse/
protohistoire?/
F16 26 anomalie 0,35 0,9 0,5 0,17 irrégulier CollP C1/1Coll? O oui non
Gallo-romain?
(terrier)
0,65 à C2/collu- protohistoire?/
F17 28 bas-fourneau 0,3 4,35 ind. ind. C1/1Coll O non non
1,70 vions Gallo-romain?
protohistoire?/
F18 28 bas-fourneau 0,35 3,8 1,2 0,28 cuvette C3/altérites C1/1Coll O oui oui
Gallo-romain?
0,68 à protohistoire?/
F19 30 fossé 0,25 7 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
1,33 Gallo-romain?
protohistoire?/
F20 30 fosse ferrier 0,25 6,5 2,6 à 4,3 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll O non non
Gallo-romain?
protohistoire?/
F21 30 fosse 0,25 2,8 1,65 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
Gallo-romain?
F22-1,
F22-2, protohistoire?/
F22 30 bas-fourneau 0,25 1,85 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
F22-3, Gallo-romain?
F22-4
cuvette
F23 31 fossé 0,75 2,4 1 0,75 à parois Altérites C2/colluvions ind. oui non
évasées
F24 31 fosse, mare? 0,75 4,5 7,3 3,25 ind. Altérites C2/colluvions ind. oui non
trou de protohistoire?/
F25 30 0,3 0,4 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
trou de protohistoire?/
F26 31 0,25 0,6 0,8 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
trou de protohistoire?/
F27 31 0,3 0,3 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
trou de protohistoire?/
F28 31 0,3 0,45 0,8 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
trou de protohistoire?/
F29 31 0,3 0,4 0,5 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
trou de protohistoire?/
F30 31 0,3 0,42 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
trou de protohistoire?/
F31 31 0,3 0,4 0,3 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
182 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Profil du creusement
Niveau d’apparition
Période probable
Prof / épaisseur
Coupe relevée ?
recouvert par
N° structure
N° tranchée
Encaissant
Sondée ?
Mobilier
Diam
Long
Larg
type
(m)
Us
trou de protohistoire?/
F32 31 0,25 0,35 0,35 ind. ind. C3/altérites C1/1Coll non non
poteau Gallo-romain?
cuvette
0,85 à
F33 38 fosse 0,3 7,4 0,5 à parois F34 TV Moyen Âge? oui non
1,3
évasées
F34-1 et parois
F34 38 fosse 0,55 5 4 0,55 Altérites F35 Moyen Âge? oui non
F34-2 évasées
F35 38 bas-fourneau 0,55 1,3 0,85 ind. ind. Altérites C2/colluvions Moyen Âge? non non
F36 38 bas-fourneau 0,4 0,8 0,15 0,03 ind. Altérites C2/colluvions O Moyen Âge oui non
C1/collu-
F37 40 fosse 40-3 0,35 4,1 0,5 à 0,9 ind. ind. TV Moyen Âge? non non
vions
fond plat
F38 42 fosse 0,3 3 1,15 0,23 et parois F39 C1/1Coll O Moyen Âge oui oui
évasées
trou de
F39 42 0,5 0,58 0,05 cuvette Altérites F38 Moyen Âge? oui non
poteau
F40-1, à fond
F40-2, plat et
F40 42 fossé 0,25 7,6 1,7 à 2,8 0,7 Altérites C1/1Coll O Moyen Âge oui oui
F40-3, parois
F40-4 évasées
F41-1 et
F41 42 fosse 0,25 1,8 1,2 0,45 ind. Altérites C1/1Coll O Moyen Âge oui oui
F41-2
fond en
cupule
F42 42 fossé 0,25 5,45 1,3 0,4 F40 TV O Moyen Âge? oui oui
et parois
évasées
fond en
cupule
F43 42 fossé 0,5 1,75 0,8 0,25 Altérites C1/1Coll Moyen Âge? oui non
et parois
évasées
zone d’épan-
F44 29 dage de 0,25 90 2,25 0,1 ind. Altérites C1/1Coll
scories
trou de
F101-01 101 0,6 0,52 0,4 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
poteau
trou de
F101-02 101 0,6 0,42 0,37 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
poteau
trou de
F101-03 101 0,35 0,3 0,25 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
poteau
fosse ou
F101-04 101 0,35 2,4 1,5 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
chablis
trou de
F101-05 101 0,35 0,3 0,35 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
poteau
trou de
F101-06 101 0,7 0,25 0,2 0,12 en U C1/Altérites Humus protohistoire? oui oui
poteau?
trou de
F101-07 101 0,5 0,38 0,28 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
poteau
trou de
F101-08 101 0,35 0,4 0,25 ind. ind. C1/Altérites Humus protohistoire? non non
poteau
trou de
F101-09 101 1 et 2 0,3 0,38 0,31 0,48 en V C1/Altérites Humus protohistoire? oui oui
poteau
F101-10 101 bas-fourneau 0,3 1,4 0,85 ind. ind. C1/Altérites Humus O protohistoire non non
en
F115-01 115 fosse 0,5 1 0,23 C2/Altérites C1/colluvions O protohistoire oui oui
cuvette
trou de
F115-02 115 0,35 0,26 0,24 ind. ind. C2/Altérites C1/colluvions protohistoire? non non
poteau?
trou de
F115-03 115 0,35 0,25 0,31 0,2 en U C2/Altérites C1/colluvions protohistoire? oui oui
poteau
trou de
F115-04 115 0,35 0,24 0,28 ind. ind. C2/Altérites C1/colluvions protohistoire? non non
poteau
trou de
F115-05 115 0,35 0,3 0,25 ind. ind. C2/Altérites C1/colluvions protohistoire? non non
poteau
F115-06 115 fosse? 0,5 0,95 0,6 ind. ind. C2/Altérites C1/colluvions protohistoire? non non
F115-07 115 fosse? 0,45 0,66 0,62 ind. ind. C2/Altérites C1/colluvions protohistoire? non non
zone d’épan-
F115-08 115 dage de 0 16 2 0,3 ind. C2/Altérites C1/colluvions O protohistoire? oui non
scories
fosse
à bords
F123-01 123 d’extraction/ 0,3 14,5 4,2 2,5 Altérites TV O Moyen Âge oui non
évasés
carrière
III. Inventaires techniques 183
Profil du creusement
Niveau d’apparition
Période probable
Prof / épaisseur
Coupe relevée ?
recouvert par
N° structure
N° tranchée
Encaissant
Sondée ?
Mobilier
Diam
Long
Larg
type
(m)
Us
fosse
F123-02 123 d’extraction/ 0,3 17,5 3,2 1,3 mini ind. Altérites TV O Moyen Âge non non
carrière
F123-03 123 anomalie 0,3 2,9 1,6 ind. ind. Altérites TV Moyen Âge? non non
fosse
F124-01 124 d’extraction/ 0,3 16 1,9 ind. ind. Altérites TV Moyen Âge? non non
carrière
184 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Inventaire du mobilier archéologique
découverte
Catégorie/
n° parcelle
n° caisse
de l’objet
n° Poche
n° cliché
Datation
période)
(grande
Poids g
Matière
n° Fait
Année
Notes
n° iso
n° US
Date
n°Tr
Dpt
NR
OA
2025 16 208457 C1 1 42 38 A-67 TCA 973 16 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 2 42 38 A-67 céramique 280 24 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 3 42 40 A-67 TCA 377 10 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 4 42 40 A-67 céramique 255 17 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 5 42 40 40-3 A-67 TCA 84 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 6 42 40 40-3 A-67 céramique 27 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 7 42 41 A-67 céramique 25 3 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 8 42 42 A-67 TCA 111 4 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C1 9 6 4 A-595 céramique 1453 73 Gallo-romain mai-25
2025 16 208457 C1 10 6 4 A-595 TCA 541 11 Gallo-romain mai-25
2025 16 208457 C1 11 123 123-2 A-58 céramique 55 2 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 12 123 123-2 A-58 TCA 60 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C1 13 26 16 A-759 céramique 8 1 protohistoire? mai-25
2025 16 208457 C1 14 15 9 A-759 céramique 7 2 protohistoire? mai-25
2025 16 208457 C1 15 5 2 A-595 TCA 17 2 Gallo-romain? mai-25
2025 16 208457 C1 16 5 2 A-595 TCA 39 1 Gallo-romain? mai-25
trouvé entre 30
2025 16 208457 C1 17 123 123-1 A-58 céramique 17 3 et 150 cm de Moyen Âge juin-25
profondeur
trouvé entre 30
2025 16 208457 C1 18 123 123-1 A-58 TCA 126 5 et 150 cm de Moyen Âge juin-25
profondeur
2025 16 208457 C1 19 115 115-1 1 A-176 céramique 52 12 protohistoire juin-25
2025 16 208457 C1 20 101 101-10 A-9 céramique 119 8 protohistoire juin-25
zone centrale de la
2025 16 208457 C1 21 31 TV A-377 céramique 12 1 protohistoire? juin-25
tranchée
2025 16 208457 C1 22 115 TV A-176 céramique 13 1 zone chablis protohistoire? juin-25
extrémité nord de
2025 16 208457 C1 23 118 coll2 A-27 céramique 5 1 Gallo-romain juin-25
la tranchée
2025 16 208457 C1 24 2 1 A-712 céramique 1646 85 protohistoire juin-25
2025 16 208457 C1 25 2 C2 A-712 lithique 12 1 silex Paléolithique? juin-25
silex, vers -0,55 m
2025 16 208457 C1 26 14 C2 A-761 lithique 25 1 Paléolithique? juin-25
de profondeur
2025 16 208457 C1 27 27 TV A-763 lithique 69 1 silex Paléolithique? juin-25
silex,moitié est de
2025 16 208457 C1 28 121 TV A-16 lithique 24 1 Paléolithique? juin-25
la tranchée
silex (1 petit éclat
2025 16 208457 C1 29 115 1 1 A-712 lithique 2 roulé , ret. Abrupte ind. juin-25
+ 1 fgt. brûlé)
1 fond plat d’un
possible pot
2025 16 208457 C1 30 30 20 A-377 céramique 1 antique (raté de Gallo-romain? juin-25
cuisson, déforma-
tion, vitrification)
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 31 15 6 A-759 parois de four 359 15 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 32 15 6 A-759 parois de four 105 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 33 15 6 A-759 parois de four 410 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 34 15 6 A-759 parois de four 72 3 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 35 15 6 A-759 parois de four 80 3 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 36 15 7 A-759 parois de four 987 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 37 28 17 A-270 parois de four 232 13 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 38 28 17 A-270 parois de four 93 8 juin-25
romain?
III. Inventaires techniques 185
découverte
Catégorie/
n° parcelle
n° caisse
de l’objet
n° Poche
n° cliché
Datation
période)
(grande
Poids g
Matière
n° Fait
Année
Notes
n° iso
n° US
Date
n°Tr
Dpt
NR
OA
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 39 28 18 A-377 parois de four 1768 70 juin-25
romain?
de 0 à
2025 16 208457 C2 40 29 44 A-378 parois de four 511 4 ind. juin-25
0,3m
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 41 30 20 décap A-377 parois de four 249 3 juin-25
romain?
Tv zone protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C2 42 31 A-377 parois de four 15 2 juin-25
sud romain?
2025 16 208457 C2 43 42 40 A-67 parois de four 81 3 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C2 44 101 101-09 Us01 A-9 parois de four 1 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C2 45 101 101-09 Us01 A-9 parois de four 52 3 protohistoire juin-25
2025 16 208457 C2 46 101 101-10 nettoyage A-9 parois de four 83 4 protohistoire juin-25
2025 16 208457 C3 47 15 6 A-759 minerai 1 1 juin-25
2025 16 208457 C3 48 19 Z=100 A-387 minerai 206 1 ind. juin-25
ext nord,
2025 16 208457 C3 49 20 A-212 minerai 221 2 ind. juin-25
Z=0,45
ext nord,
2025 16 208457 C3 50 20 A-212 minerai 72 6 ind. juin-25
Z=0,45
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C3 51 30 20 A-377 minerai 52 3 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C3 52 30 20 A-377 minerai 3316 3 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C3 53 28 17 A-270 bloc exogène 61 1 juin-25
romain?
2025 16 208457 C3 54 38 34 A-49 minerai 75 1 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C3 55 42 38 A-67 minerai 14 2 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C3 56 42 38 A-67 bloc exogène 81 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C3 57 42 40 A-67 bloc exogène 285 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C4 58 6 4 A-595 scorie 32 1 Gallo-romain juin-25
plus ou
moins
2025 16 208457 C4 59 20 A-212 scorie 69 1 ind. juin-25
50cm dans
dépréssion
périphérie protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 60 28 A-271 scorie 672 5 juin-25
F17 romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 61 28 17 A-270 scorie 16 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 62 28 17 A-270 scorie 209 3 juin-25
romain?
de 0 à
2025 16 208457 C4 63 29 44 A-378 scorie 262 2 ind. juin-25
0,3m
de 0 à
2025 16 208457 C4 64 29 44 A-378 scorie 148 3 ind. juin-25
0,3m
de 0 à
2025 16 208457 C4 65 29 44 A-378 scorie 65 1 ind. juin-25
0,3m
de 0 à
2025 16 208457 C4 66 29 44 A-378 scorie 162 1 ind. juin-25
0,3m
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 67 30 20 A-377 scorie 585 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 68 30 20 A-377 scorie 180 4 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 69 30 20 A-377 scorie 1105 17 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 70 30 20 A-377 scorie 2 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 71 30 20 Us20.1 A-377 scorie 834 3 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 72 30 20 Us20.1 A-377 scorie 290 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 73 30 22 Us22.1 A-377 scorie 58 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 74 30 22 Us22.1 A-377 scorie 49 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C4 75 30 22 Us22.3 A-377 scorie 12 3 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C5 76 30 20 A-377 scorie 6740 1 juin-25
romain?
Tv zone protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C5 77 31 A-377 scorie 130 6 juin-25
sud romain?
Tv zone protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C5 78 31 A-377 scorie 87 4 juin-25
sud romain?
Tv zone protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C5 79 31 A-377 scorie 406 16 juin-25
sud romain?
186 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
découverte
Catégorie/
n° parcelle
n° caisse
de l’objet
n° Poche
n° cliché
Datation
période)
(grande
Poids g
Matière
n° Fait
Année
Notes
n° iso
n° US
Date
n°Tr
Dpt
NR
OA
Tv zone protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C5 80 31 A-377 scorie 118 3 juin-25
sud romain?
Tv zone protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C5 81 31 A-377 scorie 258 1 juin-25
sud romain?
2025 16 208457 C5 82 32 A-557 scorie 667 1 ind. juin-25
2025 16 208457 C6 83 38 34 A-49 scorie 20 2 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C6 84 38 35 A-49 scorie 49 5 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C6 85 38 35 A-49 scorie 28 1 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C6 86 38 35 A-49 scorie 885 13 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C6 87 38 35 A-49 scorie 2853 1 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C6 88 38 35 A-49 scorie 5720 3 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C7 89 42 38 A-67 scorie 284 10 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 90 42 38 A-67 scorie 118 7 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 91 42 38 A-67 scorie 32 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 92 42 38 A-67 scorie 177 8 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 93 42 40 A-67 scorie 1128 5 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 94 42 40 A-67 scorie 231 3 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 95 42 40 A-67 scorie 677 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 96 42 40 A-67 scorie 1703 5 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 97 42 40 A-67 scorie 1158 5 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 98 42 40 40.3 A-67 scorie 104 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 99 42 40 40.3 A-67 scorie 31 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 100 42 40 A-67 scorie 710 10 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 101 42 40 A-67 scorie 147 3 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 102 42 40 A-67 scorie 608 7 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 103 42 41 A-67 scorie 26 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 104 42 41 A-67 scorie 1103 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 105 42 41 A-67 scorie 16 1 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C7 106 42 42 A-67 scorie 46 2 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C7 107 42 42 A-67 scorie 330 2 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C8 108 101 101-01 nettoyage A-9 scorie 657 1 protohistoire? juin-25
2025 16 208457 C8 109 101 101-09 Us01 A-9 scorie 658 15 protohistoire? juin-25
2025 16 208457 C8 110 101 101-09 Us01 A-9 scorie 789 4 protohistoire? juin-25
2025 16 208457 C8 111 101 101-10 nettoyage A-9 scorie 1388 4 protohistoire juin-25
2025 16 208457 C8 112 101 101-10 nettoyage A-9 scorie 840 7 protohistoire juin-25
2025 16 208457 C8 113 115 115-01 Us1 A-176 scorie 85 6 protohistoire juin-25
face TP de
2025 16 208457 C8 114 115 115-08 A-176 scorie 1109 7 protohistoire? juin-25
Tr110
2025 16 208457 C8 115 123 123-01 A-58 scorie 168 4 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C8 116 123 123-01 A-58 scorie 106 6 Moyen Âge juin-25
2025 16 208457 C8 117 123 123-01 A-58 scorie 155 5 Moyen Âge juin-25
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C9 118 15 6 A-759 scorie 6260 59 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C9 119 15 6 A-759 scorie 3402 43 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C9 120 15 6 A-759 scorie 2806 78 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C9 121 15 6 A-759 scorie 527 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C9 122 15 6 A-759 scorie 367 42 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C9 123 15 6 A-759 scorie 155 9 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C10 124 15 6 A-759 scorie 2117 9 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C10 125 15 6 A-759 scorie 2382 25 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C10 126 15 6 A-759 scorie 657 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C10 127 15 6 A-759 scorie 1141 2 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C10 128 15 7 A-759 scorie 523 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C11 129 15 6 A-759 scorie 8680 44 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C11 130 15 7 A-759 scorie 5020 3 juin-25
romain?
Fragment A et
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C12 131 15 6 A-759 scorie 15640 2 B, qui recollent juin-25
romain?
ensemble
III. Inventaires techniques 187
découverte
Catégorie/
n° parcelle
n° caisse
de l’objet
n° Poche
n° cliché
Datation
période)
(grande
Poids g
Matière
n° Fait
Année
Notes
n° iso
n° US
Date
n°Tr
Dpt
NR
OA
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C13 132 15 6 A-759 scorie 1209 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C13 133 15 6 A-759 scorie 1667 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C13 134 15 6 A-759 scorie 2826 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C13 135 15 6 A-759 scorie 2353 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C14 136 15 6 A-759 scorie 4004 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C14 137 15 6 A-759 scorie 5380 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C15 138 15 6 A-759 scorie 6100 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C16 139 15 6 A-759 scorie 10220 1 juin-25
romain?
2025 16 208457 C17 140 38 35 A-49 scorie 6300 1 Moyen Âge? juin-25
2025 16 208457 C18 141 38 35 A-49 scorie 14300 1 Moyen Âge? juin-25
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C19 142 15 6 A-759 scorie 13020 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C20 143 15 7 A-759 scorie 24320 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C21 144 30 20 A-377 scorie 21500 1 juin-25
romain?
protohistoire?/Gallo-
2025 16 208457 C10 145 15 6 A-759 culot 232 15 juin-25
romain?
Inventaire des archives
Année OA n° archive n° lot Nature contenant Nature archive Description
2025 208457 Ar1 Boîte archive Enregistrement
2025 208457 Ar2 Boîte archive Enregistrement
2025 208457 Ar3 Carton à dessin Minutes
2025 208457 Ar4 Cd1 Boîte archive photos numériques
188 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Rapport d’analyse de datation au radiocarbone
III. Inventaires techniques 189
190 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
III. Inventaires techniques 191
192 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
III. Inventaires techniques 193
194 Inrap · Rapport de diagnostic Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, Mise à 2x2 voies de la RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières
Nouvelle-Aquitaine, Charente, Suaux, RN 141, phase 2
Chronologie Le diagnostic archéologique préventif réalisé sur la commune de Suaux
(Charente) s’inscrit dans le cadre du projet de mise à 2×2 voies de la
Protohistoire RN 141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières-Loubert. Menée
Age du Fer
du 19 mai au 3 juillet 2025 sur une emprise de près de 19 ha, l’opération a
Hallstatt
La Tène
permis d’évaluer le potentiel archéologique d’un secteur situé à la charnière
Antiquité romaine entre les plateaux de la Charente limousine et les vallées de la Bonnieure et
Empire romain du Son-Sonnette.
Haut Empire
Époque médiévale
Le diagnostic a mis en évidence six noyaux d’occupation couvrant une large
Moyen Age
Bas Moyen Age
séquence chronologique, de la Protohistoire au Moyen Âge. Les résultats
les plus marquants concernent la découverte de plusieurs zones d’activités
Sujets et thèmes paléométallurgiques, associant structures de réduction du minerai de fer,
fosses d’extraction, épandages de scories et aménagements annexes. Trois
Habitat rural
secteurs distincts (Locus 3, 4 et 6) témoignent d’une exploitation du minerai
Structure agraire
Foyer
de fer structurée, techniquement diversifiée et durable, depuis les ateliers
Fosse protohistoriques jusqu’à un important pôle médiéval.
Atelier métallurgique
À ces ensembles s’ajoutent une unité agraire et/ou domestique gallo-
Mobilier
romaine (Locus 1)et une fosse protohistorique isolée (Locus 2), illustrant la
Industrie lithique
diversité des formes d’occupation et de mise en valeur du territoire au cours
Céramique de l’Antiquité et de la Protohistoire.
Scorie
Paroi de four Par la richesse et la cohérence des vestiges mis au jour, ce diagnostic
renouvelle significativement les connaissances sur l’occupation ancienne
de la Charente limousine et met en évidence un complexe métallurgique
d’importance régionale, appelant des investigations complémentaires.
Inrap
NA&OM
140 avenue du Maréchal Leclerc,
CS50036, 33 323 Bègles Cedex
Tél. 05 57 59 20 90
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Texte extrait tel quel de la pièce officielle, qui seule fait foi. La mise en page du document d'origine peut différer.