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Annexe

ANNEXE 2 _ guide_eau_dans_les_es.pdf · 54 231 mots · du marché « Analyses de laboratoire pour la surveillance sanitaire, environnementale et alimentaire des établissements du GHT Dordogne », dossier de consultation officiel.

         Eau et Santé
                        Guide technique
                                          HO
                                          2




 L’eau
dans les établissements
     de santé
 L’eau
dans les établissements
     de santé
    Sommaire




    Introduction                                 7        Titre III - Typologie des différentes
                                                          catégories d’eau, leurs traitements
    Avertissement liminaire                      9        éventuels et leurs usages             23
                                                      V   Typologie des différentes catégories d’eau        23

    La qualité de l’eau
1   dans les établissements
    de santé
                                                          Q.1. / Eaux ne subissant aucun traitement
                                                                 dans l’établissement de santé
                                                                Q.1.1. Eaux à usage alimentaire
                                                                Q.1.2. Eau pour soins standards
                                                                                                            25
                                                                                                            25
                                                                                                            29
                                                          Q.2. / Eaux spécifiques traitées au sein
                                                                 de l’établissement de santé,
    Titre I - Principaux dangers et risques
                                                                 répondant à des critères définis
    sanitaires liés à l’utilisation de l’eau                     en fonction des usages                     30
    dans les établissements de santé         13                 Q.2.1. Eau bactériologiquement maîtrisée 30
                                                                Q.2.2. Eau chaude                        30
V   Risque infectieux et parasitaire             13             Q.2.3. Eau des piscines de rééducation   32
V   Risque toxique                               15             Q.2.4. Eau des bains à remous
                                                                       et des douches à jets             33
V   Risque lié aux brûlures                      16
                                                                Q.2.5. Eaux pour hémodialyse             33
                                                                Q.2.6. Eau purifiée                      34
                                                                Q.2.7. Eau hautement purifiée            34
    Titre III - Mise en place                                   Q.2.8. Eau des fontaines à usage
    d’une démarche globale                                             de boisson                        34
    de gestion de la qualité de l’eau            17       Q.3. / Eaux stériles                              35
                                                                Q.3.1. Eau pour préparations injectables    35
V   Organisation de gestion des risques
                                                                Q.3.2. Eau pour irrigation (eau versable)   35
    liés à la qualité de l’eau                   17             Q.3.3. Eau potable stérilisée               35
    > Intervenants                               17
                                                          Q.4. / Eaux techniques                            35
    > Comité de pilotage                         18
                                                      V   Différents traitements complémentaires
V   Programme d’amélioration                              de l’eau pour l’obtention des qualités
                                                          Q.2. et Q.4.                                      36
    de la qualité de l’eau                       19
                                                          > Adoucissement                                   36
                                                          > Déminéralisation                                36
V   Méthodes d’amélioration de la qualité        21       > Osmose                                          37
    > Méthode de résolution de problème          21       > Distillation                                    37
    > Méthode HACCP                                       > Filtration                                      37
      (Hazard Analysis Critical Control Point)   21       > Traitement par rayonnement ultraviolet          38
                                                          > Autres traitements de l’eau                     39
    > Méthode AMDEC
      (Analyse des Modes de Défaillance,              V   Liste des différents usages
      de leurs Effets et de leur Criticité)      21       et de la qualité de l’eau requise                 39
    Les installations                                     Équipements spécifiques                      69
                                                      V



2   de distribution de l’eau
    dans les établissements
                                                          > Robinetterie
                                                          > Fontaines réfrigérantes
                                                          > Machines à glace non alimentaire
                                                                                                       69
                                                                                                       70
                                                                                                       70

    de santé                                          V   Production et distribution de l’eau chaude   71
                                                          > Système de production d’eau chaude         71
    Titre IV - Connaissance des installations             > Réseau de distribution d’eau chaude        73
    et des principaux modes                               > Les points d’usage de l’eau                74
    de défaillances de la distribution                    > Avantages et inconvénients
    de l’eau                               49               de la pose d’un adoucisseur                75
V   Diagnostic technique et sanitaire
                                                      V   Réservoirs de stockage d’eau froide          75
    des installations de distribution de l’eau   49
                                                          > Différents types de réservoirs             75
                                                          > Étude des besoins de stockage              76
V   Causes et lieux de la dégradation
                                                          > Dispositions constructives                 76
    de la qualité de l’eau                       50
                                                          > Variation des caractéristiques
    > Causes possibles de la dégradation
                                                            physico-chimiques de l’eau
      de l’eau                                   50
                                                            dans les réservoirs                        77
    > Lieux de la dégradation de l’eau           51
    > Cas particulier des réseaux bouclés
                                                          Titre VI - Opérations de maintenance
      d’eau chaude                               51
                                                          et mesures curatives                79
    Titre V - Conception et réalisation               V   Principes généraux de maintenance
    des installations                                     des installations de distribution de l’eau   79
    de distribution d’eau                        57       > Règles générales pour l'élaboration
                                                             d'un plan de maintenance                  79
V   Origine de l’eau                             57
                                                          > Objectifs                                  79
    > Alimentation à partir de la distribution
                                                          > Nature des opérations                      80
      publique                                   57
                                                          > Périodicités                               80
    > Alimentation à partir d'une ressource
                                                          > Niveaux de compétences requis              80
      privée (puits ou forage)                   58

V   Structuration des réseaux                    58
                                                      V   Procédés et produits de traitement de l’eau
    > Principes généraux de conception           58       et de nettoyage et de désinfection
    > Choix des matériaux                        58       des installations de distribution             81
                                                          > Paramètres à prendre en compte
    > Réseaux types                              59
                                                            pour l’utilisation des procédés et produits
    > Ensembles de protection                    60
                                                            de traitement de l’eau et des procédés
    > Caractéristiques de chaque réseau type     64
                                                            et produits de nettoyage et de désinfection
    > Choix des équipements raccordés            68
                                                            des installations de distribution           81
    > Procédés et produits de nettoyage
      et de désinfection des installations
                                                            Annexes
      de distribution de l’eau                    82
                                                        V   Annexe 1 : Exemple de carnet sanitaire
    > Procédés et produits de traitement
                                                            des installations de distribution de l’eau   105
      de l’eau                                    84
                                                        V   Annexe 2 : Limites et références de qualité
V   Opérations de maintenance,
                                                            des eaux destinées à la consommation
    de nettoyage et de désinfection
                                                            humaine                                     107
    des installations de distribution de l’eau    91
                                                        V   Annexe 3 : Suivi de la température
V   Opérations de maintenance
                                                            et des légionelles - modalités
    sur les réservoirs de stockage d’eau froide   100
                                                            d’interprétation des résultats
    > Objectifs                                   100
                                                            dans les réseaux d’eau                       111
    > Règles générales de connaissance
      et de gestion                               100   V   Annexe 4 : Typologie des différentes
    > Nature des opérations à effectuer           100       catégories d’eau                             115
    > Procédures                                  100
    > Périodicités                                101   V   Annexe 5 : Protection des équipements
    > Phases de nettoyage                                   terminaux ou postes utilisateurs d’eau       117
      et de désinfection d’un réservoir           101
                                                        V   Glossaire                                    119

                                                        V   Sigles utilisés                              122

                                                        V   Réglementation                               123

                                                        V   Normes                                       126

                                                        V   Principaux organismes intervenant
                                                            dans le domaine de l’eau                     126

                                                        V   Références bibliographiques                  127

                                                        V   Membres du groupe de travail                 128
Introduction




  L’eau est un élément essentiel au fonctionnement des établissements de santé, mais elle peut constituer
  une source d’infections graves, en cas de contamination, particulièrement pour les patients les plus fragiles.
  Les principaux risques sanitaires liés à l’utilisation de l’eau dans les établissements de santé doivent donc
  être identifiés et évalués afin de déterminer les moyens à mettre en œuvre pour maîtriser ces risques.

  Le présent guide de bonnes pratiques a pour objet :

  > d’identifier les principaux dangers et risques sanitaires liés aux divers usages de l’eau ;

  > de proposer des éléments d’organisation pour la gestion de ces risques, par la mise en place
    par les établissements d’une démarche globale de gestion de la qualité de l’eau ;

  > de donner des recommandations sur la qualité de l’eau requise selon les différents usages
    et de proposer un programme de surveillance de cette qualité ;

  > d’identifier les principaux modes de défaillance dans la production et la distribution de l’eau ;

  > de définir les règles générales de conception et de réalisation des installations de distribution d’eau ;

  > de proposer un programme d’entretien et de maintenance de ces installations.

  La maîtrise de la qualité de l’eau dans un établissement de santé repose sur une démarche globale
  de la gestion du risque, intégrant notamment les recommandations qui figurent dans le présent
  document, mais également les contraintes logistiques, techniques et économiques et les spécificités
  propres à chaque établissement (architecturale, sanitaire, environnementale…). La connaissance
  des installations de distribution d’eau et des causes de la dégradation de la qualité de l’eau est
  un préalable indispensable à la mise en œuvre d’une démarche de maîtrise des risques d’origine
  hydrique.

  Le guide a été élaboré à partir des réflexions d’un groupe d’experts réunis sous l’égide du ministère
  chargé de la santé. Il s’adresse aux responsables des établissements de santé ainsi qu’à l’ensemble
  des professionnels concernés (cadres de direction, personnels médicaux, paramédicaux, soignants
  et personnels des services techniques).

  Le présent document a été soumis au Conseil supérieur d’hygiène publique de France
  et au Comité technique national des infections nosocomiales.

  Nous tenons à exprimer nos remerciements à l’ensemble des personnes qui, par leur expérience,
  ont permis l’élaboration de ce document. Nous souhaitons que la mise en œuvre des recommandations
  qu’il contient permette de renforcer le niveau de sécurité sanitaire lié aux usages de l’eau
  dans les établissements de santé.


  Le Directeur de l’Hospitalisation                                        Le Directeur général de la Santé
  et de l’Organisation des Soins                                           Didier HOUSSIN
  Jean CASTEX




  >> Sommaire
Avertissement liminaire




      Le rôle des germes hydriques dans la survenue d’infections nosocomiales est assez mal connu
      sauf pour quelques cas bien documentés. En effet, même dans les cas où les germes à l’origine
      d’une infection nosocomiale sont détectés dans l’eau, il est souvent difficile d’expliquer le schéma
      de la transmission. Malgré ces incertitudes, le rôle de l’eau dans la transmission possible d’une infection
      nosocomiale doit être pris en compte afin de protéger les patients, en particulier les plus fragiles.

      Les données scientifiques étant encore insuffisantes, les recommandations de ce guide reposent
      donc sur des avis d’experts, dans l’état actuel des connaissances. Les réflexions qui ont conduit
      à la rédaction de ce document sont issues de retours d’expériences conduites depuis plusieurs années
      dans de nombreux établissements de santé.

      Tenant compte de ces incertitudes, les mesures proposées ont été fixées en application de la démarche
      d’évaluation du risque. Elle prend en compte les divers scénarios d’exposition des personnes
      et les connaissances scientifiques sur les relations dose-effet. Ces recommandations doivent permettre
      à la fois la protection des patients les plus à risque et une gestion raisonnée et raisonnable du risque
      infectieux lié à l’eau dans les établissements de santé, par la mise en œuvre d’actions préventives
      et curatives adaptées.

      En effet, les interventions à conduire sur les installations de distribution de l’eau doivent tendre à maîtriser
      une qualité d’eau (tout en conservant une forme d’équilibre écologique entre diverses espèces
      microbiennes), par la mise en œuvre d’actions ayant démontré leur efficacité. Il convient d’adopter
      une attitude réfléchie pour la conception d’un réseau et de son entretien, mais également
      lors d’un éventuel problème survenant au cours de son exploitation. Céder à la tentation d’essayer
      le produit ou le procédé censé résoudre tout problème peut s’avérer être un remède ayant parfois
      des conséquences pires que le mal initial, comme l’ont malheureusement déjà expérimenté
      certains établissements. Une réflexion sur la balance coût/bénéfice de certains investissements paraît
      également souhaitable.

      Dans ce cadre, l’information de tous les acteurs concernés par l’eau dans les établissements de santé
      est importante, de même que le retour d’expériences des actions locales, heureuses ou malheureuses,
      aux autorités sanitaires, afin de compléter ou de faire évoluer les recommandations contenues
      dans ce guide technique.




      >> Sommaire
                          1
  La qualité
     de l’eau
dans les établissements
     de santé




                          11
                                                                                                                                 1




                                                                                                                                 L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                          La qualité de l’eau dans les établissements de santé
  Titre I - Principaux dangers et risques
  sanitaires liés à l’utilisation de l’eau
  dans les établissements de santé
  Les principaux risques sanitaires liés à l’utilisation de l’eau dans les établissements de santé sont essentiellement
  de nature infectieuse et plus rarement toxique. Si la présence de bactéries, de virus et de champignons constitue
  un risque à court terme, celle de substances toxiques est associée le plus souvent à un risque à moyen et à long terme,
  hormis le cas des pollutions accidentelles. Il faut également mentionner le risque lié aux brûlures par l’eau chaude
  qui sont des accidents relativement fréquents et dont les conséquences peuvent être graves.




V Risque infectieux                                               • Les voies d’exposition : les principales voies
                                                                  d’exposition sont constituées par :
  et parasitaire                                                  - l’ingestion (eau et denrée alimentaire) ;
  Les micro-organismes responsables d’infections                  - le contact cutanéo-muqueux ; il concerne surtout
  (bactéries, virus, parasites, fungi et micro-algues)              les eaux, voire les boues utilisées pour les soins
  peuvent être saprophytes, opportunistes                           (Aeromonas, Pseudomonas, Mycobacterium) ;
  ou pathogènes selon les cas. Le degré de gravité                  le contact avec la muqueuse oculaire peut
  des manifestations pathologiques liées à l’eau                    être en cause pour des amibes libres (lentilles
  est très variable : il va de gastro-entérites                     cornéennes contaminées au cours du lavage) ;
  plus ou moins graves et de parasitoses (risque fécal
  en général), à des atteintes cutanées ou pulmonaires            - l’inhalation d’aérosols contaminés (Legionella,
  parfois fatales.                                                  Flavobacterium, Actinomyces, endotoxines
                                                                    bactériennes) ;
  La gravité des infections varie selon :
                                                                  - l’accès parentéral (dialyse) (Pseudomonas
  • La nature des micro-organismes : certains ont                   et Aeromonas…) ;
  une faible dose minimale infectieuse
  (virus et parasites entériques) ; il suffit de moins            - l’utilisation de dispositifs médicaux invasifs (rinçage).
  de 1 à 10 unités formant plaque ou colonie
  pour infecter un individu susceptible. D’autres                 • L’état immunitaire des patients exposés :
  bio-contaminants doivent être présents en quantité              un terrain immunitaire déficient permet plus
  beaucoup plus importante pour initier l’infection               facilement à un micro-organisme d’exprimer
  et la morbidité (bactéries, champignons, algues).               sa virulence et aux pathogènes opportunistes
  Ainsi, pour la voie orale, la dose infectieuse minimale         de déclencher une infection. La vulnérabilité
  rapportée pour la plupart des agents bactériens                 de certains patients peut être la conséquence
  dépasse 1 000 unités formant colonie. De plus,                  d’un syndrome immuno-déficitaire congénital (SCID…)
  les bactéries, contrairement aux virus et aux parasites,        ou acquis (sida, cancer, dénutrition sévère…)
  sont beaucoup plus sensibles à la désinfection                  ou par immunodépression lors des greffes,
  par des produits chlorés, lorsqu’elle est possible              des transplantations d’organes ou bien
  et correctement pratiquée, ce qui diminue                       par administration d’immunosuppresseurs,
  considérablement le risque d’épidémie due                       notamment pour le traitement de certaines poussées
  à des agents bactériens.                                        auto-immunes.



  >> Sommaire                                                                                                                   13
                                                                                                La connaissance du danger lié aux micro-organismes                                         Il est également possible de retrouver des pathologies


1
                                                                                                a progressé ; c’est notamment le cas pour certaines                                        hépatiques virales liées à l’eau, dues aux virus
                                                                                                bactéries « non fécales », pour des virus, de plus                                         des hépatites A et E, et dont l’origine est encore plus
                                                                                                en plus nombreux à être mis en cause dans                                                  exceptionnelles en milieu de soins.
                                                                                                des infections, pour les protozoaires (microsporidies
                                                                                                ou cryptosporidies), mais aussi pour des (micro) algues                                    Certaines bactéries sont plus spécifiques au milieu
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                et leurs toxines, les plaçant ainsi à la frontière                                         hospitalier : Serratia marcescens, Pseudomonas
                                                                                                des risques microbiologiques et toxicologiques.                                            aeruginosa, Morganella morganii, Aeromonas
                                                                                                                                                                                           ou Clostridium difficile car elles s’attaquent
                                                                                                En revanche, les connaissances sur les relations                                           à des sujets immunodéprimés et elles sont souvent
                                                                                                dose-effet selon les conditions d’exposition ne sont                                       résistantes aux antibiotiques (3). Elles peuvent
                                                                                                pas très développées, rendant difficile la réalisation                                     provoquer des troubles digestifs (ex : Clostridium
                                                                                                d’une démarche complète d’évaluation du risque                                             difficile) mais, sauf pour cet exemple, ce type
                                                                                                selon tous les critères habituels et donc l’éventuelle                                     de pathologie n’est pas l’expression la plus fréquente
                                                                                                fixation de valeurs maximales admissibles                                                  de leur pouvoir infectieux.
                                                                                                pour les différents types d’eaux utilisées
                                                                                                dans les établissements de santé. Par exemple,                                             Les infections respiratoires
                                                                                                certains micro-organismes non pathogènes
                                                                                                par ingestion peuvent provoquer des infections                                             Les infections respiratoires liées à l’inhalation
                                                                                                s’ils sont introduits par l’intermédiaire de dispositifs                                   d’aérosols contaminés sont dues le plus souvent
                                                                                                médicaux qui vont franchir la barrière cutanée                                             à des bactéries gram négatif comme, par exemple,
                                                                                                (Spondilodiscite à Mycobacterium xenopi). Il est donc                                      Pseudomonas aeruginosa, Legionella pneumophila,
                                                                                                nécessaire de tenir compte de ces incertitudes                                             Burkholderia cepacia, Acinetobacter et à certaines
                                                                                                sur la mesure et sur les effets pour fixer des valeurs                                     mycobactéries. Elles sont plus particulièrement
                                                                                                seuils de qualité microbiologique des eaux                                                 susceptibles d’affecter des patients immunodéprimés
                                                                                                dans les établissements de santé (cf. p. 21 titre III).                                    ou des patients dont les parois des cellules
                                                                                                                                                                                           épithéliales bronchiques ont été altérées.

                                                                                                > Les principales infections                                                               Elles peuvent également atteindre les patients
                                                                                                nosocomiales d’origine hydrique (1)                                                        ventilés mécaniquement ou ayant eu un lavage
                                                                                                                                                                                           bronchoalvéolaire, voire gastrique avec reflux
                                                                                                Les infections à tropisme digestif                                                         ou une aspiration endotrachéale (4).
                                                                                                La plupart des microorganismes susceptibles                                                Les gestes de soins aussi élémentaires que le rinçage
                                                                                                d’être présents dans l’eau et à l’origine d’infections                                     des tubulures naso-gastriques, la prise de douche,
                                                                                                digestives ne sont pas spécifiques au milieu                                               pouvant créer des aérosols, sont des sources
                                                                                                hospitalier, et les pathologies digestives qu’ils sont                                     de contamination (5).
                                                                                                susceptibles de provoquer sont avant tout
                                                                                                communautaires et très rarement nosocomiales.                                              Les cas de légionelloses provoqués par l’inhalation
                                                                                                C’est le cas des gastro-entérites et des diarrhées                                         d’aérosols contaminés par des Legionella pneumophila
                                                                                                dues à des virus (calicivirus, entérovirus, rotavirus)                                     touchent souvent des personnes fragilisées (personnes
                                                                                                ou à des micro-organismes très probablement                                                âgées, immunodéprimés) chez lesquelles
                                                                                                d’origine virale, mais non identifiés à ce jour                                            elles induisent une forte létalité (jusqu’à 14 %
                                                                                                ou difficilement cultivables, à des bactéries telles                                       en 2003). Sur les 1 044 cas de légionelloses déclarés
                                                                                                Salmonella, Shigella, Campylobacter jejuni, Yersinia                                       en 2003, un séjour en milieu hospitalier a été rapporté
                                                                                                enterocolitica, Listeria et des parasites tels que                                         dans 9 % des cas. En 2003, la proportion de cas
                                                                                                Giardia lamblia et Cryptosporidium parvum (2).                                             de légionelloses attribués à une exposition




                                                                                                (1) Recensement non exhaustif.
                                                                                                (2) LECLERC H., FESTY B. et LAZAR P., Connaissances actuelles de la pathologie hydrique, R.E.S.P, 1982, 30, 3 363-85.
                                                                                                (3) DAS A.S., MAZUMDER D.N., PAL D. et CHATTOPADHYAY U.K., A study of nosocomial diarhea in Calcutta. Ind. J. of Gastroenterol, 1996, 15, 12 – 13. PICARD B., ARLET G.
                                                                                                    et GOULLET P., Origine hydrique d’infections hospitalières à Aeromonas hydrophila, La presse médicale, 1983, 12, 11 : 700-701.
                                                                                                (4) JEBRAN G. et MANGIAPAN G., Nosocomial pneumonia, Presse Médicale, 1996, 25 : 944-950.
                                                                                                    CAMPBELL G.D., NIEDERMAN M.S., BROUGHTON W.A., CRAVEN D.E., FEIN A.M., FINK M.P., GLEESON K., HORNICK D.B., LYNCH J.P., MANDELL L.A., MASON C.M., TORRES A.
                                                                                                    et WUNDERINK R.G., Hospital-acquired pneumonia in adults - Diagnosis, assessement of severity, initial antimicrobial therapy, and preventive strategies – a consensus
                                                                                                    statement Am. J. of Resp. & Crit Care Med 1996, 153 : 1711-1725.
                                                                                                    FAGON J.Y. THOUILLET J.L. et CHASTRE J., Intensive care units-acquired pneumonia, Presse Méd, 1996, 25 : 1441-1446.
                                                                                                    BERT F. et LAMBERTZECHOYSKY N., Sinusitis in mechanically ventilated patients and its role in the pathogenesis of nosocomial pneumonia. Europ. J. of Clin. Microbiol.
                                                                                                    and Infect. Dis, 1996, 15 : 533-544.
                                                                                                (5) HUMPHREY T.J., Microbial contamination of hospital showers and shower water ; the affect of an automatic drain valve. Journal of Hospital Infection, 1989, 13 : 22-34.
                                                                                                    BLATT SP, et al., Nosocomial legionnaires’ disease : aspiration as a primary mode of disease acquisition. The american Journal of Medecine. 1993, 95 : 16-22.



                                                                              14                                                                                                                                                                       >> Sommaire
nosocomiale est en baisse, mais le nombre absolu                                       V Risque toxique

                                                                                                                                                                                    1
de cas reste stable depuis 3 ans. Parmi les sources
de contamination incriminées, les circuits d’eau                                              Le risque toxique se caractérise par la présence
chaude représentent la cause la plus fréquente                                                dans l’eau de substances chimiques en quantité trop
avant les tours de refroidissement bien que                                                   importante. Hormis les cas de pollutions accidentelles,
ces dernières prennent une place croissante                                                   les concentrations en substances toxiques




                                                                                                                                                                                    L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                                             La qualité de l’eau dans les établissements de santé
depuis 2002. L’eau utilisée dans les humidificateurs                                          sont généralement trop faibles pour provoquer
peut également être mise en cause (6).                                                        des intoxications aiguës. Toutefois, ce risque diffère
Legionella pneumophila sérogroupe 1 représente 95 %                                           selon les modes d’exposition.
des souches cliniques de légionelles isolées alors
que le pourcentage de cette espèce est inférieur                                              Le risque par ingestion
à 30 % dans l’environnement. L’existence de facteurs
de virulence spécifique ou de capacité particulière                                           Pour l’eau de distribution publique et l’eau de source,
à se multiplier dans les macrophages humains                                                  la réglementation (11) impose des limites de potabilité
semble favoriser la pathogénicité de Legionella                                               qui protègent le consommateur de façon très efficace.
pneumophila sérogroupe 1 (7).                                                                 En effet, les concentrations maximales admissibles
                                                                                              dans l’eau prennent en compte un niveau de risque
Les infections cutanéo-muqueuses                                                              pour une exposition durant la vie entière (70 ans)
                                                                                              et sont, soit nulles pour les molécules présentant
Ces infections, liées à un contact direct avec de l’eau                                       une relation dose-effet, soit de l’ordre de 10-4 (arsenic)
contaminée, peuvent conduire à des septicémies,                                               à 10-6 (pesticides) pour les molécules à effet
en particulier en chirurgie à cœur ouvert. Les germes                                         cancérigène ou mutagène. Ces valeurs ont été
en cause sont typiquement hydriques Enterobacter                                              déterminées pour une consommation par ingestion
cloacae, Klebsiella, Serratia, Pseudomonas aeruginosa,                                        de 2 litres par jour.
Flavobacterium, Acinetobacter, Mycobacterium (8).
                                                                                              Certains paramètres peuvent être source d’inquiétude
Plus récemment, on a constaté des pathologies                                                 pour les patients. Ainsi, les nitrates sont souvent cités
d’origine amibienne, comme des kératoconjonctivites                                           du fait du retentissement médiatique de leur présence
à Acanthamoeba, liées au rinçage des lentilles                                                croissante dans les eaux superficielles ou profondes.
de contact à l’eau du robinet. Il n’a pas été noté                                            Une eau conforme à la norme de potabilité (50 mg/L)
en France de cas de méningo encéphalites                                                      ne présente aucun risque pour la santé, et c’est avant
gravissimes liées à Naegleria fowleri qui franchit                                            tout les nitrites qui présentent un danger
la muqueuse nasale et les méninges (9).                                                       pour les enfants (méthémoglobinémie).

                                                                                              Le contexte actuel tend à renforcer la concentration
Les infections ostéoarticulaires
                                                                                              en chlore dans les réseaux de distribution urbains
L’inoculation de Mycobacterium xenopi au contact                                              et hospitaliers. Aux teneurs recommandées
de l’os par le biais de matériel de chirurgie                                                 (de 0,1 à 0,3 mg/L), le risque pour la santé
endoscopique rincé avec de l’eau en contenant,                                                est négligeable et la possibilité de formation
a provoqué des infections osseuses invalidantes.                                              de sous-produits toxiques est très limitée.
La mise en évidence de ce mode d’infection lié                                                Comme l’action de ces molécules se fait par exposition
à un mésusage (eau de qualité non stérile                                                     à long terme, l’impact sur la santé d’un séjour
pour le rinçage de matériel à usage chirurgical)                                              dans un établissement de santé est négligeable.
a fait prendre conscience de l’existence possible
                                                                                              D’autres produits de traitement de l’eau peuvent
de micro-organismes dans une eau filtrée
                                                                                              être employés dans les réseaux d’eaux intérieurs
dans l’établissement, eau par ailleurs conforme
                                                                                              de distribution. Toutefois, la législation (12) en vigueur
aux critères réglementaires de qualité
                                                                                              impose que les produits utilisés soient autorisés
microbiologique des eaux destinées
                                                                                              par le ministère en charge de la santé. Un agrément
à la consommation humaine (10).

(6) COLVILLE A., et al., Outbreak of legionnaires’ disease at University Hospital, Nottingham, epidemiology, microbiology and control, Epidermiology Infection, 1993,
    110 :105-116.
    HONG NGUYEN M., STOUT J.E. et YU V.L., Legionellosis. Infectious Discases Clinics of North America, 1991, 5, 3 : 561-585.
    RIOU F., Le point sur l’épidémiologie et la prévention des légionelloses en milieu hospitalier, HygièneS, 1993, 3 : 22-34.
    RIOU F. et LE GUYADER A., Risque infectieux et surveillance des circuits d’eau à l’hôpital, HygièneS, 1995, 8 : 26-30.
(7) DOLEANS A., JARRAUD S., REYROLLE M., LINA G., ETIENNE J. et FRENEY J., Centre national de référence des légionelles, Hôpital Édouard Herriot, Lyon. Caractérisation
    des souches cliniques et environnementales de legionella en France, 2001-2002, BEH, 2003, n°34.
(8) RUDNICK J.R., BECK-SAGUE C.M., ANDERSON R.L., SCHABLE M., MILLER J.M., JARVIS W.R., Gram-negative bacteremia in open-heart-surgery patients traced to probable
    tap-water contamination of pressure monitoring equipment. Inf. Contr. & Hosp. Epidemiol, 1996, 17 : 281-285.
    KOLMOS H.J., THUESEN B., NIELSON S.V., LOHMANN M., KRISTOFFERSEN K. et ROSDAHL V.Y., Out-break of infection in a burns unit due to Pseudomonas aeruginosa
    originating from contaminated tubing used for irrigation of patients. J. of Hosp. Inf, 1993, 24 : 11.21.
(9) DE JONCKEERE J.F., Hospital hydrotherapy pools treated with ultra violet light : bacteriological quality and presence of thermophilic Naegleria. J. Hyg, 1982, 88 : 205-214.
(10) Articles R.1321-1 à R.1321-5 du code de la santé publique.
(11) Articles R.1321-1 à R.1321-42, du code de la santé publique, relatifs aux eaux destinées à la consommation humaine à l’exclusion des eaux minérales naturelles.
(12) Article L.1321-4 du code de la santé publique.



>> Sommaire                                                                                                                                                                        15
                                                                                                n’est délivré qu’après un examen du dossier                                       V Risque lié aux brûlures

1
                                                                                                toxicologique du produit, du matériau ou du procédé
                                                                                                et après la réalisation d’essais permettant de vérifier                                 Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (13),
                                                                                                le respect des critères de non-relarguage                                               le danger de brûlures est, dans 50 % des cas,
                                                                                                et de non-formation de sous-produits indésirables.                                      lié à des liquides chauds. Il est très important
                                                                                                                                                                                        par rapport au danger des flammes (30 %),
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                Les eaux minérales naturelles sont soumises                                             du contact avec des objets chauds (10 %)
                                                                                                à une réglementation spécifique. Ces eaux peuvent                                       et de l’électricité (4 %). Parmi ces liquides,
                                                                                                contenir, selon leur origine géologique, divers                                         l’eau chaude représente une cause importante
                                                                                                sels minéraux dont la concentration peut,                                               de brûlures (de 20 à 30 %).
                                                                                                pour certains patients en raison de leur pathologie,
                                                                                                être néfaste pour leur santé. À titre d’exemple,                                        Leur gravité est fonction de la température
                                                                                                les eaux très riches en sulfates ne doivent pas être                                    et du temps de contact avec la peau.
                                                                                                utilisées pour la préparation des biberons (effet irritant                              L’étendue de la brûlure est significativement
                                                                                                des sulfates sur le tube digestif avec diarrhée),                                       plus élevée lorsque l’accident s’est produit
                                                                                                celles riches en chlorure de sodium ne doivent pas                                      dans la salle de bains. Les temps d’exposition,
                                                                                                être bues par des patients hypertendus, celles riches                                   pour obtenir une destruction de la peau
                                                                                                en calcium ne sont indiquées que dans certaines                                         sur toute son épaisseur, sont approximativement de :
                                                                                                formes de lithiase rénale, etc. Ainsi, il convient
                                                                                                de veiller aux indications de la fourniture aux patients                                - 1 seconde à 70°C ;
                                                                                                de certaines eaux minérales naturelles
                                                                                                                                                                                        - 7 secondes à 60°C ;
                                                                                                dans les établissements de santé.
                                                                                                                                                                                        - 8 minutes à 50°C.
                                                                                                Les risques liés aux autres voies d’exposition
                                                                                                                                                                                        Pour l’enfant de zéro à quatre ans, le risque
                                                                                                Lors des soins, la voie d’exposition peut être                                          de brûlures est trois fois plus important que
                                                                                                différente de celle précédemment citée                                                  pour le reste de la population et 70 à 80 % des cas
                                                                                                et l’importance du volume d’eau utilisée contribue                                      sont dus à des liquides chauds. Les enfants de moins
                                                                                                à moduler l’intensité du risque : c’est le cas,                                         de quatre ans représentent 15 % des malades
                                                                                                par exemple, pour l’hémodialyse où le sang                                              hospitalisés alors qu’ils ne constituent que 5 %
                                                                                                est en contact avec un volume d’eau de l’ordre                                          de la population.
                                                                                                de 300 litres par séance. Ainsi, pour certains usages,
                                                                                                comme l’hémodialyse, la présence de substances
                                                                                                telles que l’aluminium, le cuivre ou le zinc,
                                                                                                même en faible concentration, constitue un risque
                                                                                                notable pour le patient. La pharmacopée a pris
                                                                                                en compte le danger lié à la présence de sels
                                                                                                minéraux, d’aluminium (démence d’Alfrey),
                                                                                                de chlore et des chloramines (effet hémolytique),
                                                                                                des pesticides et autres molécules organiques.
                                                                                                Il est probable qu’à l’avenir que de nouveaux
                                                                                                paramètres viendront s’ajouter à cette liste.




                                                                                                (13) Statistiques de European Home and Leisure Accidents Surveillance System de 1997.




                                                                              16                                                                                                                                                 >> Sommaire
                                                                                                                                      1




                                                                                                                                      L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                               La qualité de l’eau dans les établissements de santé
  Titre II - Mise en place
  d’une démarche globale
  de gestion de la qualité de l’eau
  Afin de mieux appréhender l’analyse et la gestion des risques liés à l’eau, chaque établissement doit mettre en place
  une démarche globale de gestion de la qualité de l’eau, en tenant compte de ses spécificités propres (architecturale,
  sanitaire, environnementale…). Cette démarche repose sur les trois aspects suivants :

  • l’organisation de la gestion des risques liés à la qualité de l’eau ;

  • l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme d’amélioration de la qualité de l’eau ;

  • le choix d’une méthode d’amélioration de la qualité.



V Organisation de la gestion                                           - le microbiologiste ;

  des risques liés à la qualité                                        - le Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales
                                                                            (CLIN) et l’Équipe Opérationnelle d’Hygiène
  de l’eau                                                                  Hospitalière et de prévention des infections
  La gestion des risques liés à l’eau nécessite à la fois                   nosocomiales (EOHH) ;
  un engagement spécifique de la direction,
                                                                       - la ou les sociétés prestataires chargées
  une définition des responsabilités de tous les acteurs,
                                                                            de la production d’eau chaude, de la maintenance
  une politique de l’eau et un programme d’actions.
                                                                            des réseaux…
  La prise de décision peut être organisée
  dans le cadre d’un comité ou d’une cellule de l’eau
  spécifique à l’établissement de santé.                               • Concernant les analyses :
                                                                       - le laboratoire – agréé par le ministère de la santé –
                                                                            qui réalise les analyses d’eau du contrôle sanitaire
  > Intervenants                                                            réglementaire de la distribution publique,
                                                                            sous l’égide de la DDASS ;
  L’organisation de la gestion des risques sanitaires liés
  à l’eau concerne, outre les utilisateurs d’eau,                      - le laboratoire réalisant les analyses
  les intervenants suivants :                                               pour l’établissement de santé ; l’établissement
                                                                            doit s’assurer de la compétence du laboratoire
  • Dans l’établissement de santé :                                         prestataire auquel il confie ses analyses
  - le directeur général ;                                                  d’auto-surveillance et élaborer un cahier des charges
                                                                            détaillé. L’accréditation du laboratoire par le Comité
  - les directeurs concernés : plan et travaux,
                                                                            français d’accréditation (COFRAC) est conseillée
   services économiques, qualité… ;                                         pour la réalisation des contrôles de la qualité
  - le responsable de la qualité et/ou de la gestion                        de l’eau. Au minimum, un système interne de type
   des risques ;                                                            « guide de bonne exécution » doit être mis en place
                                                                            (cf. guide : « Surveillance microbiologique
  - l’ingénieur et/ou le responsable des services techniques ;              de l’environnement dans les établissements
  - les responsables des ateliers concernés (plomberie,
                                                                            de santé ») ;
   biomédical…) ;                                                      - les méthodes d’analyse employées et les résultats

  - le pharmacien ;                                                         rendus doivent faire référence aux normes AFNOR.


  >> Sommaire                                                                                                                        17
                                                                                                • Concernant la distribution d’eau :                      Missions


1
                                                                                                - le responsable de la distribution publique              Ce comité a les missions suivantes :
                                                                                                 (maire, président du syndicat de distribution) ;         - effectuer ou faire effectuer un diagnostic technique
                                                                                                                                                            et sanitaire des installations, diagnostic incluant
                                                                                                - le représentant de la société concessionnaire
                                                                                                                                                            notamment l’évaluation de la qualité des eaux
                                                                                                 ou fermière ;                                              distribuées, l’identification des différents usages
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                - le responsable de la société d’exploitation
                                                                                                                                                            de l’eau et des dangers associés, la caractérisation
                                                                                                 des installations ;                                        des risques sanitaires liés à ces usages, la détermination
                                                                                                                                                            des points critiques, les synoptiques des installations,
                                                                                                - le propriétaire d’une ressource en eau privée,            une évaluation du fonctionnement hydraulique
                                                                                                 le cas échéant.                                            des réseaux… (cf. p. 47 titre IV) ;

                                                                                                Les responsabilités et les missions des intervenants      - rédiger des procédures de maintenance et de contrôle ;
                                                                                                précités et de l’établissement de santé,
                                                                                                                                                          - établir un programme d’actions de maîtrise
                                                                                                en particulier en terme de prise de décision,
                                                                                                doivent être clairement définies.                          des risques sanitaires liés à la qualité de l’eau ;

                                                                                                                                                          - définir des priorités en fonction des risques ;

                                                                                                > Comité de pilotage                                      - fixer des échéances de mise en œuvre des mesures ;

                                                                                                Afin de définir et de mettre en œuvre une politique       - évaluer régulièrement les mesures prises ;
                                                                                                coordonnée de maîtrise des risques sanitaires liés
                                                                                                à la qualité de l’eau, un comité ou une cellule           - organiser la formation et l’information
                                                                                                de l’eau peut être mis en place au sein                    dans l’établissement de santé ;
                                                                                                de l’établissement.
                                                                                                                                                          - mettre en œuvre un carnet sanitaire des installations
                                                                                                                                                           de production et de distribution d’eau…
                                                                                                Composition
                                                                                                Liste indicative des personnes constituant ce comité :
                                                                                                - le directeur ;                                          Ce comité doit également être consulté :
                                                                                                                                                          - dès la conception de nouvelles installations
                                                                                                - l’ingénieur et le référent « eau » du service
                                                                                                                                                            et lors de toute étude de modification ;
                                                                                                 technique ;
                                                                                                                                                          - au cours de l’exécution des travaux ;
                                                                                                - le pharmacien ;
                                                                                                                                                          - à la réception finale des travaux.
                                                                                                - le praticien responsable de l’EOHH ou une personne
                                                                                                 désignée par lui ;                                       La mise en œuvre de ces missions nécessite l’emploi
                                                                                                                                                          d’une méthode (méthode de type HACCP, AMDEC,
                                                                                                - le président du CLIN ;
                                                                                                                                                          résolution de problème…), la définition
                                                                                                - le représentant du laboratoire effectuant               d’un échéancier, l’écriture de protocoles
                                                                                                 les analyses d’eau.                                      et la possibilité de disposer d’un budget adapté
                                                                                                                                                          et d’une gestion documentaire. Une assistance
                                                                                                Le comité de pilotage désigne, si nécessaire,             méthodologique peut être nécessaire. Il sera
                                                                                                un responsable qualité « eau » disposant                  également indispensable d’évaluer et de dégager,
                                                                                                d’une compétence particulière dans ce domaine.            pour chaque intervenant, le temps nécessaire
                                                                                                                                                          aux différentes actions dont il a la charge.
                                                                                                En cas d’urgence liée à une altération sensible
                                                                                                des critères de la qualité de l’eau ou à une éventuelle
                                                                                                survenue de cas d’infections nosocomiales,
                                                                                                une « cellule de crise » peut être constituée.
                                                                                                Elle sera convoquée à la demande du directeur
                                                                                                ou du responsable qualité « eau ».

                                                                                                Elle comprendra au minimum :
                                                                                                - le directeur ou son représentant ;

                                                                                                - le responsable des services techniques ;

                                                                                                - le président du CLIN ;

                                                                                                - le responsable de l’EOHH.




                                                                              18                                                                                                                        >> Sommaire
V Programme d’amélioration                                         l’évaluation de l’exposition et la caractérisation


                                                                                                                                   1
                                                                   du risque. Toutefois, dans les établissements de santé,
  de la qualité de l’eau                                           une estimation de ce risque est souvent suffisante.
                                                                   Les principaux dangers et risques sanitaires liés
  La maîtrise des risques sanitaires d’origine hydrique
                                                                   à l’utilisation de l’eau dans les établissements
  repose sur la mise en place d’un programme
                                                                   de santé ont été présentés dans le titre I (p. 11)




                                                                                                                                   L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                            La qualité de l’eau dans les établissements de santé
  d’amélioration de la qualité de l’eau.
                                                                   du présent guide.
  Celui-ci comprend deux étapes essentielles,
  l’évaluation du risque et la gestion du risque.                  • La gestion du risque a pour but de déterminer
                                                                   et de mettre en œuvre les moyens techniques
  • L’évaluation du risque doit permettre
                                                                   et organisationnels permettant de maîtriser les risques.
  de quantifier le risque correspondant à une exposition
                                                                   Elle comprend plus particulièrement les éléments
  donnée. Elle comporte les étapes suivantes :
                                                                   suivants :
  l’identification du danger, la caractérisation du danger,




      La connaissance des installations     Pour maîtriser les risques hydriques, il est indispensable d’avoir une connaissance
                 de distribution d’eau      aussi précise que possible des caractéristiques des installations de distribution
             et des principaux modes        de l’eau ainsi que des causes et des lieux de dégradation éventuelle
                        de défaillance      de sa qualité. Le titre IV (p. 47) du présent document précise le contenu
                                            d’un diagnostic technique et sanitaire des installations de distribution
                                            ainsi que les principaux modes de défaillance liés à l’eau et à ses usages.


               La définition des critères   Une typologie des différentes qualités requises de l’eau dans
      de qualité de l’eau et ses usages     un établissement de santé est proposée dans ce guide (cf. p. 21 titre III).
                                            Des tableaux précisent la qualité de l’eau voulue, en fonction des dangers
                                            et des risques les plus courants, pour chaque usage de l’eau.


                     La mise en place       Les mesures préventives comprennent notamment :
                de mesures préventives      - une bonne conception et réalisation des installations de distribution de l’eau,
                                              définie au titre V (p. 55) ;

                                            - une maintenance et un entretien adaptés, précisés au titre VI (p. 77).

                                            Dans les bâtiments existants, des travaux de réfection des réseaux d’eau
                                            peuvent être nécessaires afin de supprimer les défauts de conception
                                            et/ou de réalisation.


                     La mise en œuvre       En cas de dépassement des limites critiques définies pour les différentes
       d’actions correctives et curatives   qualités de l’eau ou en cas de défaillance des installations de distribution
                                            de l’eau, des mesures correctives doivent être mises en œuvre pour résoudre
                                            et éviter la réapparition des dysfonctionnements. Des actions curatives
                                            à court terme peuvent également être nécessaires pour apporter
                                            une solution immédiate à un problème donné (tel qu’une concentration
                                            excessive de micro-organismes), mais elles peuvent ne pas traiter la cause
                                            du dysfonctionnement. Ces actions correctives et curatives sont précisées
                                            notamment dans le titre VI (p.77).




  >> Sommaire                                                                                                                     19
                                                                                                             L’évaluation régulière    La définition d’indicateurs de suivi est nécessaire pour vérifier le respect


1
                                                                                                                des mesures prises     des exigences de qualité d’eau ainsi que l’efficacité des mesures
                                                                                                par la surveillance des indicateurs    préventives et correctives mises en œuvre concernant les installations
                                                                                                                de qualité de l’eau    de distribution de l’eau. L’établissement peut utiliser :
                                                                                                                                       - des indicateurs de structure qui évaluent les moyens et les ressources
                                                                                                                                         utilisés pour répondre aux objectifs fixés : plans des réseaux, matériaux
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                         constitutifs des réseaux, nombre de points d’eau, nombre de douches.

                                                                                                                                       - des indicateurs de processus qui évaluent les activités permettant
                                                                                                                                         d’atteindre les objectifs fixés : toutes les données figurant dans le carnet
                                                                                                                                         sanitaire, consommation d’eau, de produits filmogènes le cas échéant,
                                                                                                                                         de filtres…

                                                                                                                                       - des indicateurs de résultats : résultats des contrôles de l’eau, température
                                                                                                                                         de l’eau, nombre de dysfonctionnements ou de non-conformités…

                                                                                                                                       L’interprétation des résultats des indicateurs de suivi se fait en référence
                                                                                                                                       à un niveau d’exigence et à un seuil d’inacceptabilité préalablement
                                                                                                                                       définis. Ainsi, dans le cadre de la surveillance analytique de la qualité
                                                                                                                                       de l’eau mise en place dans l’établissement de santé, le titre III (p. 21)
                                                                                                                                       du présent document définit les paramètres microbiologiques
                                                                                                                                       et physico-chimiques ainsi que le niveau d’exigence souhaitée
                                                                                                                                       et les limites à ne pas dépasser pour les différentes catégories d’eau
                                                                                                                                       utilisées dans l’établissement.


                                                                                                        La formation du personnel      Le maintien de la qualité de l’eau, au sein de l’établissement de santé,
                                                                                                   et les échanges d’informations      repose sur l’implication de l’ensemble du personnel. Pour cette raison,
                                                                                                   entre les différents intervenants   les protocoles et les procédures retenus concernant la qualité de l’eau
                                                                                                                                       requise en fonction des usages, et les règles de maintenance doivent être
                                                                                                                                       connus de tous les intervenants concernés. Leur bonne application doit être
                                                                                                                                       vérifiée régulièrement. Le personnel doit donc bénéficier d’une formation
                                                                                                                                       initiale et d’une formation continue adaptées aux tâches qui lui sont confiées.

                                                                                                                                       Les échanges d’informations entre les différents acteurs et le comité de l’eau
                                                                                                                                       doivent être organisés, notamment en cas de variation des limites de qualités
                                                                                                                                       de l’eau ou en cas de défaillance des installations de distribution de l’eau.

                                                                                                                                       Un dialogue entre les différents intervenants, notamment entre les distributeurs
                                                                                                                                       d’eau et les établissements de santé, doit également permettre de mieux
                                                                                                                                       connaître la qualité de l’eau provenant de la distribution publique.


                                                                                                    L’établissement et le maintien     Il est indispensable de constituer un dossier technique,
                                                                                                d’une documentation appropriée         appelé « carnet sanitaire », rassemblant l’ensemble des informations
                                                                                                                                       existantes sur toutes les installations de distribution de l’eau de l’établissement.
                                                                                                                                       Ce carnet sanitaire doit être constamment maintenu à jour. Un modèle
                                                                                                                                       de carnet sanitaire est proposé, en annexe 1, pour les installations
                                                                                                                                       de distribution de l’eau.




                                                                              20                                                                                                                            >> Sommaire
V Méthodes d’amélioration                                                                  et des critères de qualité recherchés. Elle comprend


                                                                                                                                                                     1
                                                                                           plusieurs étapes :
  de la qualité                                                                            - l’identification des dangers potentiels
                                                                                             ou des sources d’exposition et l’évaluation
  Pour assurer un niveau de sécurité sanitaire satisfaisant
                                                                                             des risques pour les patients ;
  pour les installations de production et de distribution




                                                                                                                                                                     L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                              La qualité de l’eau dans les établissements de santé
  d’eau dans les établissements de santé, il est nécessaire                                - la mise en œuvre de mesures préventives
  de s’orienter vers des démarches globales                                                  générales ;
  d’amélioration de la qualité.
                                                                                           - la détermination des points critiques dans chaque
  De nombreux outils ou méthodes (14) peuvent être                                           zone à risques pour la maîtrise des dangers
  utilisés pour mieux appréhender l’évaluation                                               microbiologiques ;
  et la gestion des risques liés à l’eau. Le choix
  se portera sur des méthodes simples et efficientes                                       - l’établissement de limites critiques devant être
  en évitant les outils complexes et coûteux.                                                respectées pour assurer la maîtrise ;
  Il sera nécessaire de tirer les enseignements
                                                                                           - la définition d’un système de surveillance
  des dysfonctionnements pour que ceux-ci
                                                                                             et d’évaluation pour s’assurer de la maîtrise
  ne se renouvellent plus.
                                                                                             des points critiques ;

  > Méthode de résolution de problème                                                      - l’élaboration des actions correctives à prendre
                                                                                             lorsque la surveillance révèle qu’un point critique
  Dans le contexte des établissements de santé,                                              particulier n’est pas maîtrisé ;
  la méthode de résolution de problème est simple
  et pertinente. Elle permet la transformation                                             - l’établissement et le maintien d’une documentation
  des dysfonctionnements en source de progrès.                                               appropriée.
  Elle repose sur une suite logique d’étapes permettant
  une réflexion préalable à l’action. Ces objectifs                                        > Méthode AMDEC (Analyse des Modes
  peuvent être résumés comme suit :                                                        de Défaillance, de leurs Effets
  - déterminer le problème en partant des faits ;
                                                                                           et de leur Criticité)
  - identifier les causes à l’origine du problème ;
                                                                                           La méthode AMDEC est une méthode d’analyse
  - définir les objectifs poursuivis ;                                                     et de prévention des défaillances potentielles
                                                                                           (une défaillance est une fonction prévue mais non
  - identifier les contraintes existantes ;                                                remplie, le mode de défaillance est l’événement
                                                                                           par lequel se manifeste la défaillance). Elle permet,
  - proposer des solutions traitant les causes
                                                                                           après avoir réalisé une analyse fonctionnelle
    du problème ;
                                                                                           des systèmes, d’évaluer les risques afin de prévenir
  - mettre en œuvre des actions d’amélioration                                             les défaillances ou d’en prévoir les effets. Ces objectifs
    efficaces ;                                                                            peuvent être résumés comme suit :
                                                                                           - détecter les défauts à un stade précoce
  - mesurer l’impact des actions d’amélioration.                                             et si possible dans la phase de conception,
                                                                                             de développement et de planification ;
  > Méthode HACCP                                                                          - recenser les risques ;
  (Hazard Analysis Critical Control Point)
                                                                                           - hiérarchiser les risques par la détermination
  La méthode HACCP, développée notamment                                                     de leur criticité ;
  dans le domaine de la sécurité alimentaire,
  est destinée à évaluer les dangers potentiels                                            - mettre en œuvre des actions préventives
  d’un processus et à établir des systèmes de maîtrise                                       pour les risques dépassant un seuil de criticité
  axés sur la prévention plutôt que sur des contrôles                                        déterminé.
  a posteriori du produit fini. La mise en œuvre
                                                                                           La criticité se détermine à l’aide de trois critères
  du système HACCP est une démarche préventive,
                                                                                           qui sont évalués à l’aide de grilles circonstanciées
  structurée et systématique qui peut permettre
                                                                                           conçues par le comité de l’eau :
  d’évaluer et de maîtriser les risques liés
                                                                                           - la Gravité (G) ;
  à la contamination de l’eau. Cependant, elle devra
  être adaptée à chaque installation, à chaque service,                                    - la Fréquence d’apparition du défaut (F) ;
  à chaque usage de l’eau, en fonction de ses spécificités
                                                                                           - le risque de Non-Détection du défaut (ND).


  (14) Ces méthodes sont notamment détaillées dans le guide « Méthodes et Outils des démarches qualité pour les établissements de santé » – ANAES – juillet 2000.




  >> Sommaire                                                                                                                                                       21
                                                                                                La multiplication des notes affectées à chaque               à mener vis-à-vis des modes de défaillance. Un plan


1
                                                                                                critère permet de déterminer l’indice de Criticité.          d’action doit permettre alors d’abaisser l’Indice
                                                                                                Pour chaque mode de défaillance recensé, l’indice            de Criticité Initial et d’atteindre ou de tendre
                                                                                                de Criticité Initial est égal à : IC initial = G x F x ND.   à atteindre l’Indice de Criticité Final préalablement
                                                                                                L’objectif est de tendre vers une diminution                 défini, ceci en fonction des possibilités de solutions
                                                                                                des risques. Le calcul de l’indice de Criticité Initial      correctives applicables.
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                doit permettre de hiérarchiser les actions correctives




                                                                              22                                                                                                                      >> Sommaire
                                                                                                                                      1




                                                                                                                                      L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                               La qualité de l’eau dans les établissements de santé
  Titre III - Typologie des différentes
  catégories d’eau, leurs traitement
  éventuels et leurs usages
  Plusieurs catégories d’eau peuvent être distinguées au sein des établissements de santé en fonction des qualités requises
  et des usages. Ce titre présente :

  • une typologie des différentes qualités de l’eau utilisée dans un établissement de santé ;

  • les différents traitements physico-chimiques et/ou anti-microbiens de l’eau pour des utilisations spécifiques ;

  • un tableau présentant, pour les usages de l’eau les plus courants, les critères de qualité de l’eau requis,
    notamment en fonction des dangers et des risques rencontrés.



V Typologie des différentes                                           sur la base de la réglementation,
                                                                      de recommandations lorsque aucune règle n’existe,
  catégories d’eau                                                    ou sont à définir par l’utilisateur après discussion interne
                                                                      prenant en compte les spécificités de l’établissement.
  Dans la typologie présentée ci-après, quatre grandes
  catégories d’eau ont été distinguées, en fonction                   • Un niveau cible : niveau vers lequel
  des usages, et de l’absence ou de la mise en œuvre                  l’établissement doit tendre dans des conditions
  de traitements complémentaires de l’eau :                           normales de fonctionnement.
  I Q.1. sont les eaux ne subissant aucun traitement                  • Un niveau d’alerte : niveau, établi par l’utilisateur,
    dans l’établissement de santé ;                                   qui détecte précocement une dérive potentielle
                                                                      des conditions de fonctionnement et doit entraîner
  I Q.2. sont les eaux traitées au sein
                                                                      la vérification des résultats et la mise en œuvre
    de l’établissement de santé, répondant
                                                                      de premières mesures correctives. Le niveau d’alerte
    à des critères définis en fonction des usages
                                                                      peut correspondre à une valeur quantifiée
    alimentaires, sanitaires et de soins ;
                                                                      ou à un ensemble de valeurs comprises
  I Q.3. sont les eaux stériles ;                                     entre le niveau cible et le niveau d’action.

  I Q.4. sont les eaux techniques. Ces dernières                      • Un niveau d’action : niveau qui doit
    ne sont pas développées dans ce guide étant                       immédiatement déclencher, lorsqu’il est dépassé,
    donné qu’elles ne bénéficient pas d’un consensus                  la mise en œuvre de mesures correctives permettant
    concernant des objectifs de qualité.                              de revenir rapidement sous le niveau d’alerte
                                                                      et de tendre vers le niveau cible.
  Pour chaque catégorie d’eau sont indiquées
  des exigences de qualité et des modalités                           Ces différents niveaux doivent permettre à la fois
  de surveillance, à savoir :                                         la protection des patients les plus fragiles et une gestion
                                                                      raisonnée et raisonnable du risque infectieux lié
                                                                      à l’eau dans les établissements de santé. Les limites
  > Les paramètres physico-chimiques                                  proposées dans les chapitres suivants ont été fixées
  et microbiologiques à respecter                                     en application de la notion de démarche d’évaluation
                                                                      du risque. Celle-ci prend en compte les divers scénarios
  > Les limites de qualité déclinées en trois                         d’exposition des personnes et les connaissances
  niveaux. Ces limites de qualité sont établies                       scientifiques sur les relations dose-effet.


  >> Sommaire                                                                                                                        23
                                                                                                Lorsqu’il n’a pas été possible d’étayer la fixation         - une restriction ou suppression des usages de l’eau


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                                                                                                de valeurs seuils par une démarche d’évaluation               à risque ;
                                                                                                suffisamment poussée, il a été décidé d’appliquer,
                                                                                                pour certaines qualités d’eau et pour certains              - une recherche immédiate des causes
                                                                                                paramètres microbiologiques, et notamment                     de la contamination ;
                                                                                                pour la flore aérobie revivifiable, un facteur 10           - une mise en œuvre d’actions correctives ;
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                entre le niveau cible et le niveau d’action, ce qui
                                                                                                correspond sur le plan de l’analyse microbiologique         - un suivi de l’efficacité des actions mises en œuvre.
                                                                                                à une différence significative entre des résultats
                                                                                                de prélèvements environnementaux.                           Les consignes générales d’intervention, préconisées
                                                                                                                                                            ci-dessus, doivent être enclenchées dans les secteurs
                                                                                                En l’absence d’éléments scientifiques permettant            contaminés et ceux susceptibles de l’être, dès lors
                                                                                                de valider, pour certaines qualités d’eau, un niveau        qu’une analyse dépasse les valeurs indiquées
                                                                                                d’alerte et un niveau d’action (cf. p. 11 titre I),         du niveau d’alerte et du niveau d’action.
                                                                                                seul un niveau cible a été défini.                          Les actions préconisées doivent être maintenues
                                                                                                                                                            jusqu’à obtention de résultats d’analyses conformes
                                                                                                Lorsque les critères de qualité des eaux sont fixés         au niveau cible.
                                                                                                par la réglementation ou des circulaires et que celles-ci
                                                                                                ne contiennent qu’un seul niveau, les différents niveaux    Pour l’eau chaude, la circulaire n°2002-243
                                                                                                cités précédemment sont confondus et il n’apparaît          du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque lié
                                                                                                qu’une seule concentration (concentration maximale          aux légionelles dans les établissements de santé
                                                                                                admissible) ou niveau exigé.                                a défini des consignes spécifiques d’intervention
                                                                                                                                                            qui sont rappelées dans le chapitre correspondant
                                                                                                                                                            (Q.2.2.).
                                                                                                > Les consignes d’interventions
                                                                                                proposées par le groupe de travail
                                                                                                pour le niveau d’alerte et le niveau                        > Les lieux de prélèvements
                                                                                                d’action                                                    et la fréquence des contrôles
                                                                                                                                                            de qualité d’eau
                                                                                                • Le niveau d’alerte doit entraîner :
                                                                                                - une étude des origines des écarts avec les analyses       Aucune fréquence de contrôle n’étant actuellement
                                                                                                  antérieures, prenant en compte la variabilité liée        fixée par la réglementation, hormis pour
                                                                                                  aux prélèvements et aux résultats analytiques,            les légionelles (cf. circulaire DGS/SD7A/SD5C-DHOS/E4
                                                                                                  y compris par la réalisation de nouvelles analyses ;      n°2002-243 du 22 avril 2002 relative à la prévention
                                                                                                                                                            du risque lié aux légionelles dans les établissements
                                                                                                - une information immédiate des personnels                  de santé), un rythme de prélèvements adapté
                                                                                                  en charge de la gestion de l’eau et de l’équipe           à chaque type d’eau est proposé.
                                                                                                  opérationnelle d’hygiène ;

                                                                                                - une évaluation de l’étendue de la contamination           > Les méthodes de prélèvements
                                                                                                  du réseau ;
                                                                                                                                                            Elles ne sont pas précisées dans ce guide.
                                                                                                - une vérification du réseau                                Mais il est possible, pour un certain nombre
                                                                                                  et de son fonctionnement ;                                de paramètres, de se référer au document
                                                                                                                                                            « Surveillance microbiologique de l’environnement
                                                                                                - une mise en œuvre, si nécessaire des mesures              dans les établissements de santé ». Pour la numération
                                                                                                  correctives pour atteindre le niveau cible ;              de la flore aérobie revivifiable, les dispositions
                                                                                                - un renforcement des contrôles.                            du code de la santé publique relatives aux eaux
                                                                                                                                                            destinées à la consommation humaine à l’exclusion
                                                                                                • Le niveau d’action, lorsqu’il est dépassé,                des eaux minérales naturelles retiennent comme
                                                                                                doit immédiatement déclencher :                             températures 22°C et 37°C alors que la norme
                                                                                                - une information immédiate des utilisateurs,               NF EN ISO 6222 préconise les températures de 22°C
                                                                                                  des personnels en charge de la gestion de l’eau,          pendant 68h+4h et de 36°C pendant 44h+4h.
                                                                                                  du CLIN, de l’équipe opérationnelle d’hygiène             Ce sont les températures de la norme qui ont été
                                                                                                  et des personnels des services concernés ;                mentionnées dans ce guide.




                                                                              24                                                                                                                       >> Sommaire
Q1
Eaux ne subissant aucun
traitement dans
l’établissement de santé
Il s’agit des eaux destinées à des usages alimentaires,
                                                            à la personne responsable de la distribution de l’eau,
                                                            si l’utilisation de l’eau ne constitue pas un danger
                                                            potentiel et s’il n’existe pas d’autre moyen raisonnable
                                                            pour maintenir la distribution de l'eau. Cette dérogation
                                                            ne s’applique qu’aux paramètres chimiques
                                                            des limites de qualité définies à la partie B du I
                                                                                                                           Q1




                                                                                                                           L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                    La qualité de l’eau dans les établissements de santé
sanitaires et de soins, provenant du réseau d’adduction     (limite de qualité des eaux destinées à la
publique ou d’un forage privé, et n’ayant subi aucun        consommation humaine) de l’annexe 13-1 du code
traitement au sein de l’établissement de santé.             de la santé publique. L’article R.1321-36 du code
En fonction des usages, on distingue deux catégories        de la santé publique prévoit également une
Q.1.1. les eaux à usage alimentaire et Q.1.2.               information rapide et appropriée de la population
l’eau pour soins standards. Le niveau cible des eaux        concernant la dérogation accordée ainsi que
Q.1.1. et Q.1.2. est similaire mais la surveillance         les conditions dont elle est assortie. La personne
doit être renforcée pour les eaux Q.1.2.                    responsable de la distribution de l’eau doit donner
                                                            des conseils aux groupes de population spécifiques
> Q.1.1. / Eaux à usage alimentaire                         pour lesquels la dérogation pourrait présenter
                                                            un risque particulier.
• Définition
                                                            Si l'établissement de santé reçoit des eaux
Les réseaux internes aux établissements de santé            de différentes origines, de différents branchements
peuvent être de longueurs variables, être alimentés         sur le même réseau public, ou de forage(s) interne(s),
par des mélanges d'eaux et parfois comporter                il veillera à la conformité de la qualité de chaque
des réservoirs, ce qui peut impliquer des variations        ressource.
de la qualité de l'eau distribuée. C’est pourquoi
                                                            Compte tenu des risques sanitaires liés à la présence
on distingue deux sous-catégories d’eau :
                                                            de populations malades, un programme
l’eau d’entrée dans l’établissement de santé
                                                            de surveillance complémentaire intégrant
et l’eau distribuée aux points d’usage.
                                                            des paramètres n'entrant pas dans la réglementation
- Q.1.1. a / L’eau d'entrée : elle est définie comme        peut être mis en œuvre. Les paramètres analytiques
  celle arrivant à l'entrée de l'établissement              présentés dans les tableaux des pages suivantes
  que ce soit à l'interface avec le réseau public           sont établis à titre de recommandations.
  ou à la sortie d'un forage propre à l'établissement.
                                                            Des capteurs d’analyse d’eau sont commercialisés
- Q.1.1. b / L’eau aux points d’usage : elle est définie    et permettent de réaliser, en continu et avec
  comme celle étant consommée ou utislisée                  un investissement limité, la surveillance de quelques
  directement ou indirectement par toute personne           paramètres importants comme la température,
  au sein de l'établissement. Cette définition concerne     le taux de désinfectant résiduel ou la turbidité.
  l’eau froide de chaque robinet intérieur ou extérieur     Grâce à ces capteurs une alerte précoce peut être
  aux bâtiments au sein de l’établissement. Ces eaux        donnée et il devient ainsi possible d'anticiper
  sont destinées à des usages alimentaires et sanitaires.   des périodes de dégradation de la qualité
  Elles comprennent également les eaux mises                microbiologique globale.
  à disposition des patients (carafe…).
                                                            Q.1.1. a / L’eau d'entrée
• Qualité de l’eau et stratégie d’échantillonnage
des prélèvements                                            a) Critères de potabilité fixés par le code de la santé
                                                            publique
Les établissements de santé doivent être alimentés
par des eaux qui respectent en toute occasion               L’eau d’entrée doit être conforme aux critères
les critères de potabilité mentionnés aux articles          de potabilité définis par les articles R.1321-1 à R.1321-5,
R.1321-1 à R.1321-5, du code de la santé publique,          du code de la santé publique, relatifs aux eaux
relatifs aux eaux destinées à la consommation               destinées à la consommation humaine à l’exclusion
humaine à l’exclusion des eaux minérales naturelles.        des eaux minérales naturelles (cf. annexe 2 du présent
(cf. annexe 2 du présent guide). En application             guide). L’innocuité de l’eau d’entrée doit être garantie
des dispositions de ces articles, le contrôle sanitaire     vis à vis de la population de l'établissement,
des eaux est réalisé sous l’égide des services de l’État    mais aussi vis-à-vis des ouvrages de transport.
(DDASS), en sus de la surveillance exercée                  C'est pourquoi, elle ne doit pas véhiculer de polluants
par les exploitants.                                        à des doses toxiques ou de micro-organismes
                                                            pathogènes ou opportunistes. Elle doit éviter
Lorsque la qualité de l’eau n’est pas conforme aux
                                                            la corrosion ou l'entartrage excessif des canalisations
limites de qualité, le préfet peut toutefois accorder
                                                            et permettre la diffusion du résiduel de désinfectant.
une dérogation temporaire et sous conditions,



>> Sommaire                                                                                                               25
Q1
Q1
                                                                                                Il est conseillé de surveiller chaque point d'alimentation
                                                                                                en eau d'entrée. Afin de minimiser les frais analytiques,
                                                                                                un dialogue est indispensable avec les autorités
                                                                                                chargées de la surveillance analytique des eaux
                                                                                                potables (DDASS) et le producteur d'eau local.
                                                                                                Il est conseillé que le point d'alimentation
                                                                                                                                                                                           ainsi que d’un historique sur la qualité de l’eau
                                                                                                                                                                                           et son évolution.

                                                                                                                                                                                           Lorsque l’établissement dispose de ressource privée
                                                                                                                                                                                           (puits, captage), il lui appartient de réaliser lui-même
                                                                                                                                                                                           toutes les obligations réglementaires auxquelles
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                de l'établissement de santé figure comme point                                             est astreint tout distributeur d’eau et en particulier
                                                                                                de référence entrant dans le programme analytique                                          la protection de la ressource (définition des périmètres
                                                                                                de surveillance du réseau public de la commune                                             de protection) et l’analyse de contrôle de qualité
                                                                                                concernée. Le directeur de l'établissement de santé,                                       selon la fréquence fixée par la partie B du I
                                                                                                qui est responsable de la qualité de l'eau aux points                                      (eaux fournies par un réseau de distribution)
                                                                                                d’usage, peut disposer ainsi, en s’adressant à la DDASS                                    de l’annexe 13-2 du code de la santé publique.
                                                                                                et au producteur d’eau, de résultats détaillés                                             Il est rappelé qu’une telle utilisation d’eau est soumise
                                                                                                communiqués régulièrement,                                                                 à autorisation préfectorale.


                                                                                                b) Paramètres complémentaires suggérés par le groupe de travail pour une surveillance attentive de la qualité
                                                                                                de l'eau à l’entrée de l'établissement et son évolution éventuelle

                                                                                                                                                          Paramètres physico-chimiques
                                                                                                          Paramètres                                  Problèmes                                         Niveau cible                               Fréquence
                                                                                                 Indicateur de corrosion                 Métaux, fuites, casses,                         La corrosion doit être                              Dans le cadre
                                                                                                                                         contaminations,                                 réduite au minimum                                  d’une connaissance
                                                                                                                                         consommation du désinfectant                                                                        initiale ou
                                                                                                 Carbone Organique                       Croissances bactériennes,                       < 2 mg/L                                            d’une résolution
                                                                                                                                                                                                                                             de problèmes
                                                                                                 Total (COT)                             consommation de désinfectant
                                                                                                 Désinfectant résiduel                   Croissances bactériennes                        0,1 mg/L de chlore libre (15)                       Trimestrielle
                                                                                                 associé au pH                                                                           L’absence de désinfectant                           ou en continu
                                                                                                 et à la température                                                                     à l’entrée de l’établissement                       par capteurs
                                                                                                 (uniquement si le réseau                                                                n’implique pas obligatoirement
                                                                                                 extérieur est traité                                                                    la nécessité de mettre en place
                                                                                                 avec un désinfectant)                                                                   une désinfection interne
                                                                                                 Turbidité                               Contaminations biologiques,                     < 0,2 NFU                                           Trimestrielle
                                                                                                                                         dépôts, métaux,                                                                                     ou en continu
                                                                                                                                         consommation désinfectant                                                                           par capteurs



                                                                                                                                                           Paramètres microbiologiques
                                                                                                          Paramètres                                   Problème                                         Niveau cible                               Fréquence
                                                                                                 Flore aérobie revivifiable              Qualité microbiologique globale 100 UFC/ml à 22°C                                                   Trimestrielle
                                                                                                                                                                         10 UFC/ml à 36°C


                                                                                                Certains paramètres comme la température, le pH,                                           du chlore, l’aluminium si l’usine de traitement
                                                                                                la turbidité et le résiduel de désinfectant peuvent                                        utilise des sels d’aluminium dans sa filière,
                                                                                                être enregistrés en continu. D’autres paramètres                                           Pseudomonas aeruginosa, mycobactéries,
                                                                                                présentant un intérêt épidémiologique peuvent                                              staphylocoques pathogènes, Cryptosporidium parvum,
                                                                                                être recherchés : le fer pour sa capacité à former                                         Aeromonas hydrophila.
                                                                                                des dépôts favorisant les biofilms et inhibant l’action




                                                                                                (15) Le plan VIGIPIRATE prévoit une mesure de surchloration des eaux des réseaux publics. Lorsque l’application de cette mesure est décidée par le Premier ministre,
                                                                                                     une concentration en chlore libre résiduel minimale de 0,3 mg/L doit être obtenue en sortie de réservoirs et de 0,1 mg/L en tout point des réseaux publics
                                                                                                     de distribution d’eau destinée à la consommation humaine.




                                                                              26                                                                                                                                                                         >> Sommaire
Q1
Q.1.1. b : L’eau aux points d’usage
L’eau aux points d’usage doit être conforme
aux critères de potabilité définis par les articles
R.1321-1 à R.1321-5, du code de la santé publique,
relatifs aux eaux destinées à la consommation
                                                                 humaine à l’exclusion des eaux minérales naturelles
                                                                 (cf. annexe 2 du présent guide).

                                                                 Il peut être utile, pour une surveillance attentive
                                                                 de la qualité de l’eau aux points d’usage,
                                                                 de rechercher certains indicateurs complémentaires.
                                                                                                                                  Q1




                                                                                                                                  L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                           La qualité de l’eau dans les établissements de santé
a) Indicateurs suggérés par le groupe de travail pour une surveillance attentive de la qualité de l’eau aux points d’usage

                                          Indicateurs physico-chimiques
               Indicateurs                           Niveau cible                                   Fréquence
 Carbone Organique Total (COT)            Identique à l’eau d’entrée                Dans le cadre d’une étude bilan
 et turbidité                             dans l’établissement. Une diminution      du réseau interne à l’établissement
                                          significative du COT est le reflet
                                          d’une croissance bactérienne.
 Chlore résiduel associé au pH            0,1 mg/L de chlore libre                  Trimestrielle
 et la température                                                                  Si l’eau d’entrée ne comporte pas
                                                                                    de chlore résiduel et si l’établissement
                                                                                    n’ajoute pas de chlore ce paramètre
                                                                                    est inutile
 Fer et métaux issus de la corrosion      Valeur du chapitre I (limite de qualité   Selon le contexte de l’établissement
 (Pb, Cu, Cr, Zinc…)                      des eaux destinées à la consommation
                                          humaine) de l’annexe 13-1
                                          du code de la santé publique.



                                          Indicateurs microbiologiques
               Indicateurs                           Niveau cible                                   Fréquence
 Flore aérobie revivifiable               Pas de variation dans un rapport de 10    1 contrôle/100 lits et par an,
 à 22°C et à 36°C                         par rapport à la valeur habituelle        avec un minimum de 4 contrôles/an
                                          à l’entrée
 Pseudomonas aeruginosa                   < 1 UFC / 100 ml                          Trimestrielle
 Coliformes totaux                        < 1 UFC / 100 ml                          Trimestrielle


La recherche d’autres paramètres tels que Giardia                les plus éloignés du réseau et dans les zones stagnantes.
lamblia, Amibes libres, Mycobactéries, Legionella,               Le programme d’échantillonnage doit donc être établi
Cryptosporidium parvum et Aeromonas hydrophila                   en fonction de la taille de l’établissement et selon
pourra être effectuée en fonction du contexte                    le nombre d’unités individualisées, les zones à risques
épidémiologique et de la présence de patients                    ou encore le budget disponible. Le programme
à risque et ce au moins une fois par an.                         de surveillance doit également prendre en compte
                                                                 les saisons et en particulier les évolutions microbiologiques
b) Stratégie d’échantillonnage des prélèvements                  et les possibilités d’augmentation de la température
Compte tenu des évolutions possibles de la qualité               de l’eau froide. Aucune fréquence de surveillance
de l’eau à l’intérieur de l’établissement, il convient           n’étant actuellement fixée par la réglementation,
de ne pas se contenter d’analyses réalisées seulement            il est recommandé d’adopter une fréquence minimale
à l’entrée de l’établissement. Il est donc nécessaire            d’un contrôle bactériologique par tranche de 100 lits
de définir des points critiques d’échantillonnage afin           et par an, avec un minimum de 4 contrôles par an
de surveiller les évolutions de la qualité dans le réseau        pour l’ensemble de l’établissement de santé.
et dans les bâtiments. Les prélèvements doivent être             • Éléments d’interprétation des résultats
réalisés selon une stratégie d’échantillonnage
statistiquement valable, c’est-à-dire un plan                    L’évolution de la qualité de l’eau dans le réseau
d’échantillonnage tenant compte de la structure                  de distribution de l’établissement, que ce soit
du réseau, de la fréquentation et des usages afin que            pour des paramètres physico-chimiques ou micro-
l’analyse représente une image la plus fiable possible           biologiques, est fortement dépendante de la qualité
de la qualité au sein de chaque bâtiment et/ou                   de l’eau qui y est introduite. Cette dernière subit
des divers étages des bâtiments. L’eau distribuée                parfois des variations notables selon les saisons
est généralement de moins bonne qualité aux points               ou l’heure de la journée.


>> Sommaire                                                                                                                      27
Q1
Q1
                                                                                                Les paramètres évolutifs concernent aussi bien
                                                                                                la microbiologie que la chimie. Bien souvent,
                                                                                                les deux domaines sont liés, notamment
                                                                                                dans les interactions entre chlore résiduel,
                                                                                                corrosion et biofilms. Si, dans la majorité des cas,
                                                                                                la microbiologie constitue le risque prioritaire à court
                                                                                                                                                           • Cas particulier des eaux conditionnées
                                                                                                                                                           Les eaux conditionnées : il s’agit des eaux arrivant
                                                                                                                                                           au sein de l’établissement préemballées ou des eaux
                                                                                                                                                           conditionnées dans l’établissement et servant
                                                                                                                                                           à des usages autres que la préparation en pharmacie.
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                                           Le contenant peut se présenter sous forme
                                                                                                terme, il ne faut absolument pas négliger
                                                                                                                                                           de bouteille, de bonbonne, de bidon, de citerne…
                                                                                                les problèmes liés à la présence de plomb,
                                                                                                d’aluminium ou de matières organiques.                     On distingue, entre autres, les eaux minérales naturelles
                                                                                                                                                           préemballées, les eaux de sources et les eaux rendues
                                                                                                De même, concernant les paramètres microbiologiques,
                                                                                                                                                           potables par traitement. Elles doivent répondre
                                                                                                si l’attention est actuellement portée sur Legionella
                                                                                                                                                           aux dispositions des articles R.1321-69 à R.1321-94
                                                                                                pneumophila ou Pseudomonas aeruginosa, l’écologie
                                                                                                                                                           et de l’annexe 13-4, du code de la santé publique,
                                                                                                complexe des réseaux ou les défaillances
                                                                                                                                                           relatifs aux eaux préemballées.
                                                                                                des traitements de potabilisation en amont
                                                                                                de l’établissement peuvent générer des pollutions          Les eaux arrivant conditionnées
                                                                                                par d’autres contaminants biologiques.                     La fourniture d’eaux conditionnées doit être soumise
                                                                                                                                                           à un cahier des charges établi par les responsables
                                                                                                L’absence de désinfectant résiduel aux points
                                                                                                                                                           de l’établissement et accepté par le fournisseur,
                                                                                                d’entrée ne conduit pas obligatoirement à un risque
                                                                                                                                                           dans lequel figureront des éléments concernant :
                                                                                                de dégradation de la qualité de l’eau au sein
                                                                                                                                                           - les critères de qualité des eaux de boisson ainsi que
                                                                                                de l’établissement mais implique une surveillance
                                                                                                                                                             les paramètres complémentaires (par exemple
                                                                                                accrue. En effet, en cas de contamination
                                                                                                                                                             en microbiologie). La notion de traçabilité des lots
                                                                                                microbiologique, la mise en œuvre d’une désinfection
                                                                                                                                                             est très importante à respecter et les lots fournis
                                                                                                d’urgence aurait des effets retardés par les effets
                                                                                                                                                             doivent pouvoir être suivis avec un certificat
                                                                                                d’un réseau n’ayant jamais été désinfecté
                                                                                                                                                             de contrôle et un cahier d’état des stocks ;
                                                                                                (consommation initiale de chlore dans le réseau
                                                                                                de distribution). Une absence de désinfectant              - le matériau de conditionnement qui doit être agréé
                                                                                                ne signifie pas obligatoirement que l’établissement          pour le contact alimentaire. Le conditionnement
                                                                                                doit se doter d’un système autonome de désinfection.         dans un réservoir (bidons, citernes fixes ou mobiles…)
                                                                                                Seuls les résultats analytiques répétés aiguilleront         devrait être proscrit et réservé uniquement
                                                                                                la décision à prendre par l’établissement.                   aux situations de crise ou d’urgence. Dans ce cas,
                                                                                                                                                             le contrôle bactériologique devra être réalisé
                                                                                                En revanche, la présence d’un faible résiduel
                                                                                                                                                             à l’arrivée du conteneur et un suivi obligatoire
                                                                                                de désinfectant au compteur d’entrée
                                                                                                                                                             devra être réalisé pendant la durée du stockage.
                                                                                                de l’établissement ne doit pas être considérée
                                                                                                comme une garantie de qualité sur le réseau                Le cahier des charges préalable à l’achat
                                                                                                intérieur. L’état et la structure de celui-ci peuvent      de ces fournitures doit comporter des volets
                                                                                                faire disparaître très rapidement tout résiduel actif.     complémentaires portant sur les paramètres
                                                                                                                                                           suivants : Staphylocoques, Cryptosporidium parvum
                                                                                                Par conséquent, la logique de surveillance implique
                                                                                                                                                           et Giardia lamblia.
                                                                                                de garantir une surveillance normale au point
                                                                                                d’entrée, accompagnée d’une attention particulière         Le contrôle devrait être réalisé sur chaque lot fourni
                                                                                                sur des sites de prélèvement dans l’établissement.         et un suivi des stocks effectué pour que les contrôles
                                                                                                En cas de dégradation il devient alors indispensable       soient réalisés après une certaine période de mise
                                                                                                d’identifier l’origine du problème et de savoir            en entrepôt.
                                                                                                s’il provient de l’eau d’entrée fournie de l’extérieur
                                                                                                ou des phénomènes internes au réseau.                      Le stockage ne doit pas être réalisé dans des endroits
                                                                                                                                                           susceptibles de dégrader la qualité du contenant
                                                                                                La présence de Cryptosporidium peut être due               et du contenu (garage, chocs, lumière, vapeurs
                                                                                                à une mauvaise filtration ou/et à une mauvaise             de solvants, contaminations microbiennes externes…).
                                                                                                désinfection dans l’usine de potabilisation,
                                                                                                à une contamination du réseau suite à une rupture          Il faudra veiller à éviter la distribution d’eaux
                                                                                                de canalisation ou une introduction accidentelle           conditionnées dont les caractéristiques
                                                                                                d’eaux usées ou de terre.                                  de minéralisation peuvent rendre leur usage
                                                                                                                                                           impropre à certaines catégories de patients
                                                                                                La corrosion des réseaux est un phénomène qui peut         (excès de calcium, de sodium, de fluor…).
                                                                                                provenir de la qualité physico-chimique de l’eau dès
                                                                                                la sortie de l’usine de potabilisation ou des conditions   Les fréquences de remplacement des eaux
                                                                                                d’incompatibilités de métaux ou de courants                conditionnées déposées au chevet des patients
                                                                                                électriques parasites dans l’établissement.                doivent faire l’objet d’un protocole rigoureux
                                                                                                                                                           pour éviter les proliférations microbiologiques.


                                                                              28                                                                                                                       >> Sommaire
Q1
Les eaux conditionnées au sein de l’établissement
de santé
Le stockage et la distribution des eaux conditionnées
par l’établissement ne doivent pas induire
de changement de la qualité du contenu
et du contenant. Cette dénomination ne concerne
                                                                                                  Les résultats anormaux sont fréquemment liés
                                                                                                  à une contamination locale des points d’usage
                                                                                                  que l’on arrive le plus souvent à maîtriser
                                                                                                  par l’application de mesures curatives et préventives
                                                                                                  au niveau de ceux-ci.
                                                                                                                                                              Q1




                                                                                                                                                              L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                       La qualité de l’eau dans les établissements de santé
pas l’eau distribuée en carafe.                                                                   En cas d’anomalie une action immédiate est
                                                                                                  nécessaire pour certains usages comme le rinçage
                                                                                                  des endoscopes digestifs [endoscopie digestive haute
> Q.1.2. / Eau pour soins standards                                                               et basse, sauf en cas d’accès à une cavité stérile
                                                                                                  (cholédoscopie transpariétale)] et dans certains
Outre son utilisation pour des usages alimentaires,                                               services comme celui de soins intensifs.
l’eau distribuée par le réseau RT1 (16) peut être utilisée
pour les soins standards (soins de base pour des patients                                         • Lieux et fréquence de prélèvements
sans risque particulier) en mélange avec de l’eau
chaude de type Q.2.2. pour produire de l’eau mitigée.                                             Le plan d’échantillonnage des prélèvements doit
Cette dernière est celle le plus souvent utilisée                                                 être établi en fonction de la taille de l’établissement,
pour les soins. L’eau pour soins standards Q.1.2.                                                 des spécificités du réseau, du nombre d’unités
peut aussi être utilisée pour le nettoyage et le rinçage                                          individualisées, des zones à risques ou encore
de certains dispositifs médicaux, comme par exemple                                               du budget disponible. Les points d’eau sont choisis
le rinçage terminal des endoscopes en endoscopie                                                  de préférence dans des services accueillant
ORL, digestive haute et basse, sauf en cas d’accès                                                des patients à haut risque infectieux ou pour
à une cavité stérile (cholédoscopie transpariétale).                                              des « utilisations à risque » (poste de lavage
                                                                                                  des mains des chirurgiens).
• Qualité de l’eau
                                                                                                  Lorsque sur un point d’eau, l’eau Q.1.2. est utilisée
Les paramètres microbiologiques retenus pour l’eau                                                en mélange avec de l’eau chaude Q.2.2,
pour soins standards sont les suivants :                                                          le prélèvement est à réaliser sur l’eau mitigée afin
                                                                                                  de connaître la qualité de l’eau réellement utilisée.
                                                       Niveau cible
                                                                                                  Aucune fréquence n’étant actuellement fixée
 Flore aérobie revivifiable                        ⭐ 100 UFC / ml
                                                                                                  par la réglementation, il est recommandé de réaliser
 à 22°C
                                                                                                  un contrôle trimestriel sur les points considérés
 Flore aérobie revivifiable                        ⭐ 10 UFC / ml                                  comme représentatifs de la qualité de l’eau distribuée.
 à 36°C
 Coliformes totaux *                               < 1 UFC / 100 ml
 Pseudomonas aeruginosa                            < 1 UFC / 100 ml

* En présence de coliformes totaux, il est nécessaire de
rechercher Escherichia coli.

• Consignes d’intervention en cas de résultats
anormaux

Devant des résultats anormaux (variation dans
un rapport de 10 par rapport au niveau cible
pour la flore aérobie) et dès la présence d’un coliforme
ou d’un Pseudomonas aeruginosa, il est nécessaire
de vérifier les conditions d’analyse, de répéter
les analyses et d’intervenir en cas de confirmation
de ces résultats anormaux.




(16) Cf. p. 56 le chapitre « structuration des réseaux » du titre V « conception et réalisation des installations de distribution d’eau ».




>> Sommaire                                                                                                                                                  29
Q2
Q2
                                                                                                Eaux spécifiques traitées
                                                                                                au sein de l’établissement
                                                                                                de santé, répondant
                                                                                                à des critères définis
                                                                                                                                                           et par désinfection (ex : chloration) peuvent
                                                                                                                                                           également être utilisés sous réserve d’une procédure
                                                                                                                                                           de validation.

                                                                                                                                                           • Fréquence de prélèvements

                                                                                                                                                           Les contrôles doivent être effectués en fonction
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                en fonction des usages                                     du système d’assurance qualité mis en place dans
                                                                                                Il s’agit des eaux destinées à des usages alimentaires,    l’établissement (fréquence minimale trimestrielle).
                                                                                                sanitaires et de soins, ayant subi un traitement au sein
                                                                                                                                                           Les systèmes de microfiltration à usage unique
                                                                                                de l’établissement de santé.
                                                                                                                                                           ne justifient pas de réaliser des contrôles
                                                                                                                                                           bactériologiques dès lors que le procédé
                                                                                                > Q.2.1. / Eau bactériologiquement                         a été validé et que ses modalités d’utilisation
                                                                                                maîtrisée                                                  sont régulièrement contrôlées.

                                                                                                L’eau bactériologiquement maîtrisée, obtenue après
                                                                                                traitement, présente une qualité bactériologique
                                                                                                                                                           > Q.2.2. / Eau chaude
                                                                                                supérieure à celle du réseau de distribution.              L’eau chaude subit un ou plusieurs traitements
                                                                                                Elle est destinée aux patients les plus vulnérables        (chauffage et éventuellement adoucissement…) ;
                                                                                                ainsi que pour des soins au contact des muqueuses          elle est réservée à la toilette des patients,
                                                                                                ou exposant à un risque infectieux particulier             au nettoyage du matériel, à l’entretien des locaux…
                                                                                                (comme par exemple le rinçage terminal                     Bien qu’elle réponde aux critères de potabilité de l’eau,
                                                                                                des fibroscopes bronchiques).                              il est déconseillé de l’utiliser pour la préparation
                                                                                                • Qualité de l’eau                                         de boissons chaudes et de préparations alimentaires.
                                                                                                                                                           Elle doit être conforme aux dispositions des textes
                                                                                                Les paramètres microbiologiques retenus pour l’eau         relatifs à la température de l’eau et à ceux relatifs
                                                                                                bactériologiquement maîtrisée sont les suivants :          à la prévention de la légionellose.

                                                                                                                  Niveau cible       Niveau d’action       • Textes spécifiques
                                                                                                 Flore aérobie                                             Circulaire DGS/SD7A/SD5C-DHOS/E4 n°2002-243
                                                                                                 revivifiable  ⭐ 1 UFC / 100 ml     ⭓ 10 UFC / 100 ml      du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque
                                                                                                 à 22°C
                                                                                                                                                           lié aux légionelles dans les établissements de santé.
                                                                                                 Pseudomonas < 1 UFC / 100 ml       ⭓ 1 UFC / 100 ml
                                                                                                 aeruginosa                                                Avis du 16 avril 1999 du conseil supérieur d’hygiène
                                                                                                                                                           publique de France sur la place de l’antibioprophylaxie
                                                                                                                                                           dans la prévention des légionelloses nosocomiales.
                                                                                                Si cette qualité d’eau est obtenue par microfiltration,
                                                                                                la surveillance de ces deux paramètres                     Circulaire DGS/VS2 n° 97/311 du 24 avril 1997
                                                                                                est redondante.                                            relative à la surveillance et à la prévention
                                                                                                                                                           de la légionellose. Guide d’investigation
                                                                                                • Moyen d’obtention
                                                                                                                                                           d’un ou plusieurs cas de légionellose,
                                                                                                La qualité de cette eau est obtenue soit après             BEH (Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire)
                                                                                                traitement chimique (chloration), soit après               n°20-22, 1997.
                                                                                                traitement physique (filtration, ultraviolets…)
                                                                                                                                                           • Qualité requise et consignes d’intervention
                                                                                                de l’eau du réseau d’entrée dans l’établissement.

                                                                                                La microfiltration au point d’usage est le procédé
                                                                                                                                                           Legionella pneumophila
                                                                                                de traitement le plus classique. Elle met en œuvre         a) Mesures à mettre en œuvre pour les patients
                                                                                                un filtre de porosité moyenne de 0,2 µm                    ne présentant pas de risques particuliers
                                                                                                éventuellement précédé d’un préfiltre.
                                                                                                                                                           Dans le tableau, ci-après, figurent trois niveaux
                                                                                                Certains filtres sont stérilisables et réutilisables,
                                                                                                                                                           d’intervention en fonction des concentrations
                                                                                                d’autres sont à usage unique. Les filtres devront
                                                                                                                                                           en Legionella pneumophila. Ces préconisations
                                                                                                être mis en place, changés et entretenus
                                                                                                                                                           doivent être adaptées à chaque situation particulière,
                                                                                                selon les recommandations des fabricants
                                                                                                                                                           sous réserve d’une fréquence et d’une stratégie
                                                                                                et les procédures définies par l’établissement.
                                                                                                                                                           géographique d’échantillonnage permettant
                                                                                                Les traitements par rayonnement ultraviolet                une surveillance optimale des divers locaux.
                                                                                                (lampe UV basse pression/basse énergie)




                                                                              30                                                                                                                      >> Sommaire
Q2
Actions préconisées en fonction des concentrations en Legionella pneumophila dans l’eau des installations de distribution
aux points d’usage

 L’objectif cible est de maintenir la concentration en légionelles à un niveau inférieur
 à 103 UFC Legionella pneumophila / litre d’eau par :
 Un entretien régulier des réseaux et des équipements,
                                                                                                                                                                      Q2




                                                                                                                                                                      L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                               La qualité de l’eau dans les établissements de santé
 Une surveillance régulière des paramètres physiques (température de l’eau…) et microbiologiques.
 Le fait d’atteindre 103 UFC Legionella pneumophila / litre d’eau doit déclencher l’alerte
 et la mise en place progressive des mesures suivantes :
 1) Mesures de base :
 S’assurer que l’information est adressée sans délai à l’ensemble des personnels en charge de la gestion de l’eau,
 du CLIN, de l’équipe opérationnelle d’hygiène et des services concernés
 Comprendre l’origine des écarts avec les résultats des analyses antérieures et rechercher les causes de la prolifération
 Évaluer l’étendue de la contamination du réseau
 Mettre en œuvre les mesures nécessaires à la maîtrise de la concentration en légionelles
 (détartrage, purge, réglage de la température, travaux…)
 Renforcer la surveillance des paramètres physiques et microbiologiques

 2) Selon l’importance de la prolifération (104 UFC Legionella pneumophila / litre d’eau),
 les mesures sont renforcées :
 En fonction de l’analyse bénéfice/risque faite au cas par cas, supprimer les usages à risque (bains bouillonnants,
 douches…) et mettre en œuvre des moyens permettant de limiter l’exposition aux aérosols (lavage au gant, bain…)
 Mettre en œuvre les actions curatives nécessaires (nettoyage et désinfection, purge, montée en température de l’eau…)
 Assurer une information adaptée des malades accompagnée de conseils,
 Suivre l’efficacité des mesures mises en œuvre


b) Mesures à mettre en œuvre pour les patients                                                à risque, c’est-à-dire ceux susceptibles d’exposer
à haut risque (17)                                                                            ces patients à un aérosol (en particulier les douches).

Les « patients à haut risque » sont                                                           I Pour les services accueillant régulièrement
les immunodéprimés sévères et particulièrement                                                des patients à haut risque, il est recommandé
les immunodéprimés après transplantation ou greffe                                            de créer des secteurs équipés de « points d’usage
d’organe et les immunodéprimés par corticothérapie                                            sécurisés », c’est-à-dire des secteurs dans lesquels
prolongée (0,5 mg/kg de prednisone pendant                                                    des moyens spécifiques sont déployés permettant
30 jours ou plus, ou équivalent) ou récente                                                   de respecter, au niveau des points d’usage à risque,
et à haute dose (c’est-à-dire supérieure à 5 mg/kg                                            des niveaux de concentration en Legionella pneumophila
de prednisone pendant plus de 5 jours).                                                       inférieure au seuil de détection dans l’eau soutirée :
Pour ces patients, l’eau soutirée au niveau des points                                        microfiltres terminaux constitués d’une membrane
d’usage à risque, doit viser en permanence l’absence                                          à 0,2 µm, dispositif de production autonome
de Legionella pneumophila (conformément                                                       et instantanée d’eau chaude, traitement spécifique
à la version de septembre 2003 de la norme                                                    de l’eau, etc. Le nombre d’installations et leur localisation
NF T90-431, l’absence signifie que les résultats visés                                        seront définis en fonction de la taille, de l’organisation
devront être « < 250 UFC/l » et « Legionella Pneumophila                                      et du recrutement de l’établissement.
non détectées »). Les points d’usage à risque
pour les patients à haut risque correspondent                                                 I Lorsqu’il n’est pas possible d’identifier des services
aux points d’usage susceptibles d’exposer ces patients                                        particuliers pour l’accueil des patients à haut risque,
à un aérosol ; il s’agit en particulier des douches.                                          les points d’usage à risque des chambres occupées
                                                                                              par ces patients seront « sécurisés » au cas par cas
Chaque établissement devra définir, en liaison                                                ou bien un accès à des points d’usage « sécurisés »
avec le CLIN, des mesures spécifiques pour les patients                                       sera mis en place.
à haut risque lorsqu’il n’est pas possible d’assurer
en permanence une concentration en Legionella                                                 I Dans l’impossibilité de réaliser les mesures citées
pneumophila inférieure au seuil de détection                                                  précédemment ou dans l’attente de leur mise
dans l’eau du réseau alimentant les points d’usage                                            en œuvre, les mesures suivantes doivent être mises


(17) Elles ont été définies par la circulaire n°2002-243 du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque lié aux légionelles dans les établissements de santé.




>> Sommaire                                                                                                                                                          31
Q2
Q2
                                                                                                en place simultanément :
                                                                                                - les patients à haut risque seront informés du danger
                                                                                                  de l’utilisation de points d’usage à risque (notamment
                                                                                                  des douches) non équipés de microfiltres ;

                                                                                                - des alternatives aux douches seront proposées
                                                                                                                                                              > Q.2.3. / Eau des piscines
                                                                                                                                                              de rééducation
                                                                                                                                                              En l’absence de réglementation spécifique relative
                                                                                                                                                              à la qualité de l’eau des piscines de rééducation
                                                                                                                                                              fonctionnelle, d’usage exclusivement médical,
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                  par le CLIN de l’établissement pour éviter que              il est recommandé d’appliquer au minimum
                                                                                                  les patients soient en contact avec un aérosol :            les exigences de qualité de l’eau ainsi que les règles
                                                                                                  lavage au gant, bain… La décision d’autoriser telle         d’hygiène et de surveillance régissant les piscines
                                                                                                  ou telle alternative pour ces patients sera prise,          ouvertes au public, exigences requises par les articles
                                                                                                  après avis du CLIN, en fonction des caractéristiques        D.1332-1 à D.1332-15 du code de la santé
                                                                                                  du réseau et de la qualité de l’eau ;                       publique, fixant les normes d’hygiène et de sécurité
                                                                                                - un protocole de purge des points d’eau,                     applicables aux piscines et baignades aménagées,
                                                                                                  comme douche et robinetterie, dans les chambres             l’arrêté du 7 avril 1981, modifié par l’arrêté
                                                                                                  accueillant des patients à haut risque sera défini.         du 18 janvier 2002, fixant les dispositions techniques
                                                                                                                                                              applicables aux piscines, et l’arrêté du 7 avril 1981
                                                                                                Autres paramètres                                             fixant les dispositions administratives applicables
                                                                                                                                                              aux piscines et aux baignades aménagées.
                                                                                                D’autres paramètres présentant un intérêt technique
                                                                                                peuvent être recherchés. Le carbone organique total           • Qualité requise
                                                                                                (COT) doit être identique à l’eau d’entrée
                                                                                                correspondante, une diminution significative du COT           Il est recommandé, dans le cas des piscines
                                                                                                étant le reflet d’une croissance bactérienne.                 de rééducation, une exigence supérieure
                                                                                                À l’inverse, une augmentation significative du COT            à celle figurant à l’article D.1332-2 du code
                                                                                                indique un problème au sein du réseau nécessitant             de la santé publique pour les coliformes totaux.
                                                                                                une expertise. La turbidité doit rester < 0,2 NFU.            Il n’y a pas d’intérêt à rechercher Legionella pneumophila
                                                                                                Le fer et les métaux issus de la corrosion                    au niveau des bassins, mais leur recherche
                                                                                                et éventuellement la flore aérobie revivifiable               est fortement recommandée au niveau des douches.
                                                                                                ne doivent pas présenter d’évolution significative.
                                                                                                En cas de problèmes épidémiologiques, la recherche                                                Niveau exigé*
                                                                                                d’amibes libres, de Pseudomonas aeruginosa
                                                                                                                                                               Flore aérobie revivifiable        < 100 UFC / ml
                                                                                                ou de tout autre germe en cause doit être pratiquée.
                                                                                                                                                               à 36°C

                                                                                                • Lieux et fréquence des prélèvements                          Coliformes totaux à 36°C          ⭐ 1 UFC / 100 ml
                                                                                                                                                               Pseudomonas aeruginosa            ⭐ 1 UFC / 100 ml
                                                                                                La surveillance des installations de distribution
                                                                                                de l’eau peut s’effectuer via le suivi de la température       Staphylococcus aureus             ⭐ 1 UFC / 100 ml
                                                                                                de l’eau chaude et de la concentration en légionelles.        * Niveau exigé par l’article D.1332-2 du code de la santé
                                                                                                En effet, la seule réalisation d’analyses de légionelles      publique, sauf en ce qui concerne les coliformes totaux.
                                                                                                ne constitue pas un moyen suffisant de surveillance
                                                                                                des installations. La température est un indicateur           Le pH optimum est fonction du type de désinfectant utilisé.
                                                                                                indirect de la présence ou de l’absence de légionelles
                                                                                                dans les réseaux de distribution d’eau qu’il est nécessaire
                                                                                                de mesurer en divers points représentatifs des réseaux        • Fréquence et modalités des prélèvements
                                                                                                de distribution d’eau. De préférence, cette mesure
                                                                                                de température sera réalisée en continu                       Les contrôles doivent être réalisés mensuellement.
                                                                                                et l’information recueillie pourra être enregistrée           Le prélèvement est fait hors présence humaine,
                                                                                                par l’emploi de moyens informatisés.                          le matin avant l’accès des patients, pour caractériser
                                                                                                                                                              le fonctionnement du traitement. Si le prélèvement
                                                                                                La stratégie d’échantillonnage doit viser à obtenir           est effectué en présence de patients, une tolérance
                                                                                                une représentation globale de l’état de contamination         est admise pour l’interprétation des niveaux
                                                                                                des installations. Les tableaux, présentés en annexe 3,       microbiens. Les indicateurs de fonctionnement
                                                                                                précisent les principaux points de contrôle, la fréquence     (pH de l’eau, teneur en désinfectant, température
                                                                                                minimale à respecter et donnent des éléments                  de l’eau) doivent être contrôlés avant la réalisation
                                                                                                d’interprétation en fonction des points contrôlés.            des contrôles microbiologiques.




                                                                              32                                                                                                                           >> Sommaire
Q2
> Q.2.4. / Eau des bains à remous
et des douches à jets
• Textes spécifiques

- circulaire DGS/SD7A/SD5C-DHOS/E4 n°2002-243
                                                              > Q.2.5. / Eaux pour hémodialyse
                                                              • Textes spécifiques

                                                              L’eau pour l’hémodialyse doit répondre
                                                              aux prescriptions de :
                                                                                                                              Q2




                                                                                                                              L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                       La qualité de l’eau dans les établissements de santé
  du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque         - circulaire DGS/SD5D/SD7A-DHOS/E4/O1 n°2001-518
  lié aux légionelles dans les établissements de santé.         du 29 octobre 2001 relative au renforcement
                                                                des mesures de vigilance en matière de production
- circulaire DGS n° 97/311 du 24 avril 1997 relative            et traitement d’eau destinée à l’hémodialyse
  à la surveillance et à la prévention de la légionellose.      dans le cadre du plan VIGIPIRATE renforcé ;
  Guide d’investigation d’un ou plusieurs cas de
  légionellose, BEH (Bulletin Épidémiologique                 - circulaire DGS/DH/AFSSAPS n°2000-337
  Hebdomadaire) n°20-22, 1997.                                  du 20 juin 2000 relative à la diffusion d’un guide
                                                                pour la production d’eau pour l’hémodialyse
• Qualité requise                                               des patients insuffisants rénaux ;
Les eaux de bains à remous et de douches à jets               - circulaire DGS/DH/AFSSAPS n°311 du 7 juin 2000
sont une source importante d’aérosols. Elles sont               relative aux spécifications techniques et à la sécurité
obligatoirement traitées par désinfection et justifient         sanitaire de la pratique de l’hémofiltration
des critères de qualité particuliers pour prévenir              et de l’hémodiafiltration en ligne
le risque de dissémination des légionelles. La recherche        dans les établissements de santé ;
de Legionella pneumophila est indispensable.
                                                              - Pharmacopée Européenne (4e édition) : cette eau
                                    Niveau exigé*               est codifiée par la Pharmacopée Européenne
 Flore aérobie revivifiable        < 100 UFC / ml
                                                                dans la monographie « eau pour dilution des solutions
 à 36°C                                                         concentrées pour hémodialyse ». Celle-ci est donnée
                                                                à titre d’information et de conseil.
 Coliformes totaux à 36°C          ⭐ 1 UFC / 100 ml
 Pseudomonas aeruginosa            ⭐ 1 UFC / 100 ml           • Qualités requises
 Staphylococcus aureus             ⭐ 1 UFC / 100 ml           Les niveaux à respecter sont donc :
 Legionella pneumophila            Absence**
                                                                                                    Niveau exigé
* Niveau exigé par l’article D.1332-2 du code de la santé
publique, sauf en ce qui concerne les coliformes totaux                   Hémodialyse conventionnelle
et Legionella pneumophila.                                     Flore aérobie revivifiable         < 100 UFC / ml*
** Absence signifie au sens de la norme NF T90-431 de          à 22°C
septembre 2003, « < 250 UFC/l » et « Legionella Pneumophila
                                                               Endotoxines                        < 0,25 UI / ml
non détectées ».
                                                                 Hémofiltration et hémodiafiltration en ligne
Le pH optimum est fonction du type de désinfectant utilisé.
                                                               Flore aérobie revivifiable         < 100 UFC / litre
                                                               à 22°C
• Fréquence et modalités des prélèvements                      Endotoxines                        < 0,25 UI / ml
Les contrôles doivent être réalisés mensuellement.            * En pratique, les centres de dialyse exigent une qualité
Le prélèvement est fait hors présence humaine,                supérieure à celle de la pharmacopée pour l’eau de
le matin avant l’accès des patients, pour caractériser        dilution des concentrés d’hémodialyse (< 10 UFC / 100 ml
le fonctionnement du traitement. Si le prélèvement            à 22°C).
est effectué en présence de patients, une tolérance
est admise pour l’interprétation des niveaux microbiens.
                                                              Les critères de qualité requis pour l’eau de dialyse le sont
Les indicateurs de fonctionnement (pH de l’eau,
                                                              aussi pour les dialyses en service de réanimation.
teneur en désinfectant, température de l’eau)
doivent être contrôlés avant la réalisation                   Si la filière de potabilisation de l’eau (alimentant
des contrôles microbiologiques.                               l’établissement de santé) utilise des coagulants
                                                              à base d’aluminium, il est nécessaire d’inclure
                                                              le paramètre « aluminium » dans la surveillance
                                                              de la qualité de l’eau.




>> Sommaire                                                                                                                  33
Q2
Q2
                                                                                                En application du plan VIGIPIRATE, le taux de chlore
                                                                                                dans l’eau de distribution peut être augmenté
                                                                                                et il convient de prendre des précautions en matière
                                                                                                de production et de traitement d’eau destinée
                                                                                                à l’hémodialyse. Un dosage du taux de chlore total
                                                                                                sur l’eau osmosée doit être réalisé avant chaque série
                                                                                                                                                              > Q.2.7. / Eau hautement purifiée
                                                                                                                                                              Cette nouvelle appellation est codifiée
                                                                                                                                                              par la monographie de la Pharmacopée
                                                                                                                                                              Européenne, désignant une eau destinée
                                                                                                                                                              à la préparation de médicaments lorsqu’une eau
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                de séances de dialyse, ce taux devant être inférieur          d’une qualité biologique élevée est nécessaire,
                                                                                                à 0,1 mg/L. Si le taux de chlore total est compris            sauf dans les cas où l’emploi de l’eau
                                                                                                entre 0,1 mg/L et 0,2 mg/L, des dispositions sont             pour préparation injectable est requis.
                                                                                                à prendre pour surveiller ce taux et pour l’abaisser.
                                                                                                Si le taux de chlore est supérieur à 0,2 mg/L,                                                    Niveau exigé
                                                                                                les séances de dialyse sont suspendues.
                                                                                                                                                               Flore aérobie revivifiable       ⭐ 10 UFC / 100 ml
                                                                                                • Moyen d’obtention
                                                                                                                                                              L’eau hautement purifiée est obtenue
                                                                                                L’eau pour hémodialyse est généralement produite              par des procédés appropriés à partir d’une eau
                                                                                                à partir de l’eau du réseau de distribution et traitée        destinée à la consommation humaine. Les procédés
                                                                                                de manière complémentaire par une filière                     de production actuels comprennent par exemple
                                                                                                qui comporte plusieurs étapes : filtration, filtration        l’osmose inverse à double passage, combinée
                                                                                                sur charbon actif, adoucissement, osmose inverse              à d’autres techniques appropriées telles
                                                                                                et/ou échange d’ions, microfiltration et/ou ultrafiltration   que l’ultrafiltration et la désionisation. L’utilisation
                                                                                                dans des installations de traitement d’eau spécifique.        et l’entretien corrects du système sont essentiels.
                                                                                                Le pharmacien de l’établissement est responsable
                                                                                                de sa qualité (pharmacopée) et les analyses doivent           Le contrôle est à la charge du producteur.
                                                                                                être réalisées selon les méthodologies préconisées
                                                                                                par les textes en vigueur.
                                                                                                                                                              > Q.2.8. / Eau des fontaines à usage
                                                                                                • Fréquence des prélèvements                                  de boisson
                                                                                                Les contrôles doivent être réalisés selon les prescriptions   L’eau des fontaines à usage de boisson
                                                                                                des textes cités ci-dessus.                                   est généralement rafraîchie à une température
                                                                                                                                                              de 8 à 12°C. Elle peut aussi subir d’autres traitements
                                                                                                                                                              physico-chimiques (filtre, charbon actif, ultraviolet…).
                                                                                                > Q.2.6. / Eau purifiée                                       Elle doit répondre aux mêmes critères de potabilité
                                                                                                Cette appellation est codifiée par la monographie             que l’eau aux points d’usage Q.1.1. b.
                                                                                                de la Pharmacopée Européenne, désignant une eau               Du fait de son usage, les contrôles sont à intégrer
                                                                                                destinée à la préparation de médicaments                      dans le programme de surveillance de l’eau
                                                                                                autres que ceux qui doivent être stériles et exempts          aux points d’usage Q.1.1. b.
                                                                                                de pyrogènes.

                                                                                                                                      Niveau exigé
                                                                                                 Flore aérobie revivifiable        ⭐ 100 UFC / ml
                                                                                                 Endotoxines                       < 0,25 UI / ml


                                                                                                Elle est produite à partir d’eau potable par divers
                                                                                                procédés : osmose inverse et/ou déminéralisation
                                                                                                et/ou distillation. Elle se présente en vrac
                                                                                                ou conditionnée en récipient.

                                                                                                Le contrôle est à la charge du producteur.




                                                                              34                                                                                                                         >> Sommaire
Q3
Eaux stériles
> Q.3.1. / Eau pour préparations
injectables
                                                               > Q.3.2. / Eau pour irrigation
                                                               (eau versable)
                                                               Cette appellation, codifiée par la Pharmacopée
                                                               Européenne dans la monographie « Préparations
                                                               pour irrigation », désigne des préparations aqueuses
                                                                                                                             Q3
                                                                                                                             Q4




                                                                                                                             L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                      La qualité de l’eau dans les établissements de santé
Cette appellation est codifiée par une monographie             stériles de grands volumes destinées à l’irrigation
de la Pharmacopée Européenne désignant une eau                 des cavités, des lésions et des surfaces corporelles,
produite par distillation à partir d’eau potable ou d’eau      par exemple au cours d’interventions chirurgicales.
purifiée (Q.2.6.) et qui peut avoir deux usages                Les récipients sont unidoses (flacon versable)
et deux qualités :                                             et leur orifice ne doit pas être adaptable aux dispositifs
- Eau Pour Préparation Injectable (EPPI) en vrac :             de perfusion. L’étiquetage doit indiquer que l’eau
  c’est une eau destinée à la préparation industrielle         ne doit pas être injectée, qu’elle doit être utilisée
  de médicaments, dont le véhicule est aqueux,                 en une seule fois et que les quantités non utilisées
  administrés par voie parentérale. Elle doit répondre         doivent être jetées. L’eau pour irrigation doit être
  aux exigences de qualité de la Pharmacopée                   stérile et contenir moins de 0,5 UI/ml d’endotoxines
  Européenne pour l’eau purifiée en vrac. Elle n’est           bactériennes.
  pas nécessairement stérile car c’est le produit final
  qui sera stérilisé.                                          Le contrôle est à la charge du producteur.

- Eau Pour Préparation Injectable (EPPI) stérilisée :
  c’est une eau destinée à la dissolution, au moment           > Q.3.3. / Eau potable stérilisée
  de l’emploi, de préparation pour administration
                                                               Cette eau est notamment utilisée pour la boisson
  parentérale. Il s’agit d’EPPI en vrac répartie
                                                               et pour les préparations alimentaires non cuites,
  en conditionnements unitaires (ampoule pour
                                                               destinées aux malades immunodéprimés,
  les petits volumes et flacon de verre avec opercule
                                                               conformément aux recommandations
  en caoutchouc et bague de sertissage en aluminium
                                                               de la circulaire DGS/VS4 n°97-413 du 30 mai 1997,
  pour les volumes de 100 ml à 10 000 ml)
                                                               relative à la microbiologie des eaux destinées
  et stérilisée par la chaleur après conditionnement.
                                                               à la consommation humaine et au risque parasitaire
  L’EPPI stérilisée doit répondre aux exigences
                                                               pour les personnes immunodéprimées. Cette circulaire
  de qualité de la Pharmacopée Européenne
                                                               préconise, pour ces patients et ces usages, l’utilisation
  pour l’eau purifiée mais, en plus, elle doit être stérile.
                                                               de préférence des eaux embouteillées ou de l’eau
La concentration limite en endotoxines                         bouillie (sous réserve du respect de règles
est de 0,25 UI/ml pour l’eau PPI en vrac ou stérilisée.        de préparation et de conservation). L’eau potable
                                                               stérilisée est obtenue par ébullition ou autoclavage
Le contrôle est à la charge du producteur.                     de l’eau à usage alimentaire de type Q1.1. L’eau est
                                                               stérilisée dans son conditionnement final d’utilisation ;
                                                               c’est le garant de la conservation de la stérilité.




Q4
Eaux techniques
Pour de nombreux usages techniques, de l’eau
de différents niveaux de qualité est nécessaire,
en particulier pour la stérilisation, la buanderie,
les réseaux d’eau de refroidissement, etc.
Comme ces eaux n’entrent pas directement
au contact du patient, que les critères de leur qualité
sont avant tout physico-chimiques et qu’un consensus
ne semble pas exister concernant le niveau
d’exigence entre les divers fabricants de matériel
utilisant ces eaux, il n’est pas apparu possible
de proposer des valeurs paramétriques.



>> Sommaire                                                                                                                 35
                                                                                                V Différents traitements                                     de chauffage central, la production de glace


1
                                                                                                                                                             technique…). Les ions sodium remplacent les ions
                                                                                                  complémentaires de l’eau                                   calcium et magnésium. La conductivité d’une eau
                                                                                                  pour l’obtention des qualités                              adoucie n’est donc pas ou peu modifiée par rapport
                                                                                                                                                             à la conductivité de l’eau arrivant à l’entrée
                                                                                                  Q.2. et Q.4.                                               de l’établissement.
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                  Pour répondre notamment aux objectifs des eaux
                                                                                                  référencées Q.2. et Q.4, l’eau de distribution             Textes spécifiques
                                                                                                  peut subir des traitements physico-chimiques
                                                                                                  et/ou anti-microbiens particuliers. Les eaux produites     Les résines échangeuses d’ions et leur méthode
                                                                                                  ne doivent pas, sauf cas particuliers, être utilisées      de désinfection doivent faire l’objet d’une procédure
                                                                                                  pour la boisson (hormis Q.2.1. et Q.2.8.).                 d’autorisation d’utilisation du ministère de la santé.
                                                                                                                                                             Elles sont conformes à :
                                                                                                  Les dispositifs de traitement complémentaire               - l’arrêté du 29 mai 1997 modifié relatif aux matériaux
                                                                                                  de la qualité de l’eau sont réglementés par l’article        et objets utilisés dans les installations fixes de
                                                                                                  R.*1321-55 du code de la santé publique. Ils doivent         production, de traitement et de distribution d’eaux
                                                                                                  respecter les dispositions de la circulaire DGS/VS4          destinées à la consommation humaine (section 3) ;
                                                                                                  n°99-360 du 21 juin 1999 relative aux appareils
                                                                                                  individuels de traitement des eaux destinées               - la circulaire DGS/PGE/1D n° 862 du 27 mai 1987
                                                                                                  à la consommation humaine au robinet.                        relative à l’emploi des résines échangeuses
                                                                                                                                                               de cations pour le traitement des eaux destinées
                                                                                                  Lorsque ces dispositifs de traitement complémentaire         à la consommation humaine ;
                                                                                                  de la qualité de l’eau utilisent des produits
                                                                                                  et procédés de traitement, ceux-ci doivent bénéficier      - la circulaire DGS/PGE/1D n° 1136 du 23 juillet 1985
                                                                                                  d’une autorisation du ministre chargé de la santé,           relative à l’emploi des résines échangeuses d’anions
                                                                                                  prise après avis de l’Agence française de sécurité           pour le traitement des eaux destinées à la
                                                                                                  sanitaire des aliments (18). Sont autorisés les produits     consommation humaine.
                                                                                                  et procédés de traitement :
                                                                                                  - figurant dans la circulaire n°2000/166                   Appareillage
                                                                                                    du 28 mars 2000 relative aux produits
                                                                                                                                                             L’eau est traitée par un adoucisseur : résine échangeuse
                                                                                                    et procédés de traitement des eaux destinées
                                                                                                                                                             de cations divalents (calcium et magnésium).
                                                                                                    à la consommation humaine ;
                                                                                                                                                             Les résines constituent un support favorable
                                                                                                  - figurant dans les annexes 2 et 3 de la circulaire
                                                                                                                                                             à la prolifération bactérienne surtout si elles fonctionnent
                                                                                                    du 7 mai 1990 relative à la mise à jour de la liste
                                                                                                                                                             par intermittence. On peut également constater
                                                                                                    des produits et procédés de traitement des eaux
                                                                                                                                                             une perte d’efficacité des résines et une usure qui
                                                                                                    destinées à la consommation humaine ;
                                                                                                                                                             conduit à la libération de particules de résines.
                                                                                                  - et, le cas échéant, ceux bénéficiant                     Les adoucisseurs doivent être entretenus
                                                                                                    d’une autorisation d’utilisation ponctuelle délivrée     soigneusement et régulièrement en fonction
                                                                                                    par le ministère chargé de la santé.                     du volume et de la dureté initiale de l’eau traitée
                                                                                                                                                             par cet appareil : régénération chimique, désinfection,
                                                                                                                                                             détassage et changement de résines. Les opérations
                                                                                                  > Adoucissement                                            d’entretien et de vérification des appareils de traitement
                                                                                                                                                             d’eau doivent être réalisées conformément
                                                                                                  Définition
                                                                                                                                                             aux indications et recommandations des fournisseurs
                                                                                                  L’adoucissement est un traitement physico-chimique         des appareils. La compatibilité avec le produit
                                                                                                  dont l’objectif est de limiter l’entartrage                désinfectant doit être indiquée par le fabricant.
                                                                                                  des canalisations et des équipements de distribution       (cf. p.89 titre VI - Opérations de maintenance,
                                                                                                  de l’eau (dépôt de carbonate de calcium                    de nettoyage et de désinfection des installations
                                                                                                  et de magnésium). Il constitue le plus souvent             de distribution de l’eau).
                                                                                                  un prétraitement dans la filière des traitements
                                                                                                  nécessaires à l’obtention d’eau purifiée,
                                                                                                  d’eau déminéralisée, d’eau pour dilution des solutions
                                                                                                                                                             > Déminéralisation
                                                                                                  concentrées de dialyse rénale ou d’eau pour                Définition
                                                                                                  le fonctionnement de certains appareils à usage
                                                                                                  hospitalier (la blanchisserie, la production de vapeur,    La déminéralisation est une étape du traitement
                                                                                                  la production d’eau chaude, les installations              physico-chimique d’une filière de production d’eau



                                                                                                  (18) Ce guide ne cite que les procédés autorisés.




                                                                              36                                                                                                                          >> Sommaire
purifiée, d’eau pour dilution des solutions concentrées        bactériennes et micro-organismes). L’osmose vise


                                                                                                                             1
de dialyse rénale, d’eau pour le fonctionnement                à extraire les substances inorganiques et organiques
de certains appareils hospitaliers (autoclaves).               de l’eau. La conductivité d’une eau osmosée est plus
Cette eau est traitée par des résines échangeuses              faible que celle de l’eau initiale et sa corrosivité
d’anions et de cations : les ions de l’eau traitée             importante.
sont échangés avec des ions H+ et OH-. L’eau obtenue




                                                                                                                             L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                      La qualité de l’eau dans les établissements de santé
a une conductivité qui peut être extrêmement faible            Les traitements par membranes d’osmose ne doivent
(jusqu’à 0,06 µS/cm) et une corrosivité importante.            pas être considérés comme des traitements stérilisants
                                                               car malgré leur grande efficacité de filtration, il peut
                                                               se produire des fuites minimes de micro-organismes,
Textes spécifiques                                             en particulier de virus, et des biofims peuvent
Les résines échangeuses d’ions et leur méthode                 coloniser les canalisations et les réservoirs en aval
de désinfection doivent faire l’objet d’une procédure          du traitement.
d’autorisation d’utilisation par le ministère de la santé.
Elles sont conformes aux textes cités ci-dessus                Appareillage
(cf. adoucissement).
                                                               Les osmoseurs doivent être entretenus soigneusement
                                                               et régulièrement en fonction du volume et de la charge
Appareillage                                                   minérale et particulaire de l’eau traitée : désinfection
Les déminéralisateurs peuvent être en lits séparés             et changement de membranes. Les opérations
quand les résines échangeuses d’anions et de cations           d’entretien et de vérification des appareils de traitement
sont individualisées, ou en lits mélangés quand                d’eau doivent être réalisées conformément
les deux résines sont contenues dans un dispositif             aux indications et recommandations des fournisseurs
unique.                                                        des appareils. La compatibilité avec la nature
                                                               et le résiduel de désinfectant présent dans l’eau
Les résines constituent un support favorable                   d’arrivée doit être indiquée par le fabricant.
à la prolifération bactérienne surtout si elles fonctionnent   (cf. p.89 titre VI - Opérations de maintenance,
par intermittence. Les déminéralisateurs doivent               de nettoyage et de désinfection des installations
être entretenus soigneusement et régulièrement                 de distribution d’eau).
en fonction du volume et de la charge minérale
initiale de l’eau traitée par les résines : régénération
chimique, désinfection, détassage et changement                > Distillation
de résines. Les opérations d’entretien et de vérification      Définition
des appareils de traitement d’eau doivent être réalisées
conformément aux indications et recommandations                La distillation constitue le plus souvent le traitement
des fournisseurs des appareils. La compatibilité               physico-chimique ultime d’une filière de production
avec la nature et le résiduel de désinfectant présent          d’eau purifiée ou d’eau pour préparation injectable.
dans l’eau d’arrivée doit être indiquée par le fabricant.      L’eau obtenue est d’une très grande pureté
(cf. p.89 titre VI - Opérations de maintenance,                physico-chimique et microbiologique, sa conductivité
de nettoyage et de désinfection des installations              est extrêmement faible (jusqu’à 0,06 micro-siemens
de distribution d’eau).                                        par centimètre (µS/cm)) et sa corrosivité importante.
                                                               Si la distillation est pratiquée dans de bonnes
                                                               conditions, l’eau distillée est exempte d’endotoxines.
> Osmose
Définition                                                     Appareillage
L’osmose inverse est un traitement physico-chimique            L’eau distillée est produite par chauffage, évaporation,
et antimicrobien. Il est le plus souvent mis en œuvre          puis condensation sur une paroi froide, de la fraction
après un adoucissement et une ou plusieurs filtration(s)       volatile de l’eau introduite dans l’appareil.
et peut constituer le dernier traitement d’une filière
de traitement d’eau purifiée, d’eau pour dilution
des solutions concentrées de dialyse rénale, d’eau
                                                               > Filtration
pour le fonctionnement de certains appareils à usage           Définition
hospitalier (autoclaves, laveurs désinfecteurs…).
                                                               La filtration est une méthode classique de séparation
L’osmose inverse est réalisée par passage de l’eau             des particules physiques (et donc des micro-organismes
à traiter sur une membrane semi-perméable                      de taille et comportement identiques) par passage
qui assure la rétention de la majorité des composés            sur un support dont le seuil de rétention permet
présents dans l’eau (particules, colloïdes, ions               de distinguer par ordre croissant d’efficacité :
contaminants organiques y compris endotoxines                  microfiltration, ultrafiltration et nanofiltration.



>> Sommaire                                                                                                                 37
                                                                                                La filtration permet, selon le seuil de rétention moyen          Tous les dispositifs de filtration sont amenés à concentrer


1
                                                                                                du filtre utilisé, d’éliminer divers types de particules         la pollution microbienne qu’ils peuvent ainsi relarguer
                                                                                                et micro-organismes à plusieurs endroits d’une filière           à n’importe quel moment accidentellement,
                                                                                                de production ou de distribution d’eau : préfiltration           notamment en fonction des aléas de variation
                                                                                                (en général de 1 à 5 µm), filtration en ligne, filtration        de pression. Il y a donc lieu d’y porter une attention
                                                                                                terminale. En milieu hospitalier, la filtration a surtout        toute particulière et de veiller à ce que toutes
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                pour objectif d’éliminer la contamination bactérienne            les opérations d’entretien, de maintenance
                                                                                                et sera donc le plus souvent employée au plus près               et de contrôles analytiques soient portées sur le carnet
                                                                                                du point d’usage.                                                sanitaire. Ces dispositifs entraînent une perte de charge
                                                                                                                                                                 parfois importante. Toute variation anormale de celle-ci
                                                                                                Appareils et matériels                                           doit attirer l’attention sur un dysfonctionnement.

                                                                                                Deux principes sont utilisés en filtration :
                                                                                                - le piégeage au sein de médias filtrants de type                > Traitement par rayonnement ultraviolet
                                                                                                  fibreux sur la profondeur du filtre (filtration                Définition
                                                                                                  en profondeur). Le diamètre des pores est irrégulier
                                                                                                  et supérieur à celui des particules à retenir                  Ce traitement consiste en une irradiation de l’eau
                                                                                                  et différents phénomènes électriques et physiques              par un rayonnement ultraviolet. Il appartient
                                                                                                  sont utilisés dans ce piégeage ;                               à la catégorie des traitements biocides
                                                                                                                                                                 de transformation, à l’opposé des traitements
                                                                                                - la rétention par tamisage à la surface d’un média              physiques de rétention, et il a pour objectif
                                                                                                  de type polymérique dont les pores sont parfaitement           de transformer des micro-organismes vivants
                                                                                                  calibrés (filtration en surface). Ce procédé n’utilise         en micro-organismes non viables mais certains
                                                                                                  que le principe physique de rétention de particules            d’entre eux peuvent, s’ils ne sont pas suffisamment
                                                                                                  d’un diamètre supérieur à celui des pores dans                 inactivés, recouvrer ultérieurement leurs propriétés
                                                                                                  le cas d’un flux de filtration perpendiculaire au filtre,      initiales.
                                                                                                  voire inférieur dans le cas d’un flux tangentiel
                                                                                                  puisque s’ajoute l’effet de force de cisaillement.             Le site d’action de ces rayonnements au sein
                                                                                                                                                                 des micro-organismes est l’ADN. Les longueurs d’onde
                                                                                                Ainsi le seuil de rétention indiqué par le fabricant             les plus efficaces sont celles comprises entre 250
                                                                                                a une signification totalement différente selon le type          et 260 nm. Les phénomènes d’autoréparation
                                                                                                de filtre : diamètre apparent avec histogramme                   des micro-organismes peuvent être activés
                                                                                                d’efficacité de rétention pour la filtration en profondeur,      par des rayonnements supérieurs à 320 nm.
                                                                                                diamètre réel pour la filtration en surface.                     Toute garantie de désinfection par les rayonnements
                                                                                                Sauf problème d’étanchéité (très fréquent)                       ultraviolets impose donc une dose d’irradiation
                                                                                                ou de rupture de membrane, un filtre à 0,2 µm                    suffisante pour inactiver les micro-organismes,
                                                                                                en profondeur laissera passer quelques bactéries                 exprimés en joules par mètre carré (J/m2),
                                                                                                de taille supérieure, ce qui ne sera pas le cas                  de l’ordre de 70 pour les bactéries les plus fragiles
                                                                                                d’un filtre en surface. Plus un filtre est de seuil              à 200-400 pour les parasites.
                                                                                                de rétention fin, plus son colmatage sera rapide
                                                                                                (notion de fouling index de l’eau à traiter)                     C’est un traitement photochimique non rémanent.
                                                                                                d’où la nécessité de protection par un préfiltre.                Tout ce qui absorbe des rayonnements dans l’eau
                                                                                                                                                                 à traiter constituera une interférence à son efficacité :
                                                                                                Il existe deux types de filtres :                                molécules organiques ou minérales (Fe++, Mn++),
                                                                                                - des filtres réutilisables un certain nombre de fois            matières en suspension, colloïdes. Si l’eau traitée
                                                                                                   (après désinfection ou stérilisation). Au-delà                doit être distribuée en réseau ou stockée, il convient
                                                                                                   d’un certain nombre d’utilisations et en fonction             de vérifier qu’il n’existe pas de phénomène
                                                                                                   de l’usage de l’équipement, des micro-organismes              de reviviscence des micro-organismes mal inactivés
                                                                                                   peuvent traverser le filtre. L’établissement doit s’assurer   par les rayonnements UV ou ayant réparé leurs lésions.
                                                                                                   du maintien de la qualité des filtres dans le temps,
                                                                                                   en tenant compte des indications du fabricant,
                                                                                                   par la mise en œuvre de tests d’intégrité
                                                                                                                                                                 Texte spécifique
                                                                                                   comme le point bulle ou le test de diffusion ;                Circulaire DGS/PGE/1 D n° 52 du 19 janvier 1987
                                                                                                                                                                 relative à la désinfection des eaux destinées
                                                                                                - des filtres à usage unique qui doivent être
                                                                                                                                                                 à la consommation humaine par les rayons ultraviolets.
                                                                                                  renouvelés (souvent au bout de quelques jours).

                                                                                                Les filtres doivent être mis en place, changés                   Appareillage
                                                                                                et entretenus selon les procédures définies
                                                                                                par le fabricant.                                                Les lampes UV basse pression/basse énergie
                                                                                                                                                                 sont aujourd’hui agréées pour le traitement de l’eau



                                                                              38                                                                                                                             >> Sommaire
potable après avoir vérifié leur efficacité dans            V Liste des différents usages

                                                                                                                          1
des conditions d’emploi très draconiennes (réacteurs
spécialement adaptés) (Circulaire du 28 mars 2000).           et de la qualité de l’eau
Il n’en est pas de même pour les lampes moyenne               requise
pression/haute intensité, basse pression/haute
énergie, ou système flash, très souvent proposés              Les tableaux ci-après fixent la qualité de l’eau requise




                                                                                                                          L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                   La qualité de l’eau dans les établissements de santé
aux établissements de santé dans le cadre                     en fonction des usages les plus courants et des risques.
d’un usage de désinfection des eaux pour des usages           Deux principes sous-tendent son élaboration.
plutôt discontinus, mais pour lesquels des essais
d’efficacité démonstratifs sont en attente.                   Le principe de cohérence
Il n’est pas simple de suivre en temps réel l’efficacité      À un niveau de risque donné, doit correspondre
du traitement (absence de rémanence)                          un ensemble de mesures garantissant une qualité
et un contrôle par cellule photosensible                      adéquate au sein duquel l’eau représente un maillon
est un minimum exigible sans réelle garantie.                 important. Ainsi, en salle d’opération, au niveau
                                                              du puits d’intervention, le niveau requis devrait être
L’installation doit être dimensionnée en fonction             celui de l’eau stérile pour tout usage et notamment
des débits à traiter. Le fonctionnement de l’installation     le rinçage, avant désinfection du champ opératoire.
doit pouvoir être contrôlé à tout moment. Les lampes
ou générateurs d’ultraviolets doivent être remplacés
suivant les indications du constructeur. Un nettoyage
                                                              Le principe de non-majoration du risque
régulier de l’installation doit être assuré.                  Lors du passage de dispositifs médicaux par des voies
                                                              non stériles, le risque d’une infection nosocomiale
> Autres traitements de l’eau                                 par « auto-contamination » ne doit pas être majoré
                                                              par un risque supplémentaire dû à l’apport d’éventuels
D’autres traitements de l’eau que ceux cités                  germes d’origine hydrique susceptibles d’être
précédemment peuvent être utilisés et notamment               pathogènes. Ainsi l’eau stérile ou filtrée peut être
des produits et procédés de traitement de l’eau               recommandée même si le dispositif médical
pour prévenir la corrosion ou l’entartrage                    est obligé d’emprunter des voies non stériles.
ou pour désinfecter l’eau du réseau. Les produits
                                                              Pour rappel :
ou procédés utilisés doivent faire l’objet de validation
                                                              Q.1.1. Eau à usage alimentaire
pour garantir l’absence d’impacts négatifs sur la qualité
                                                              Q.1.2. Eau pour soins standards
de l’eau (effets toxiques notamment). Ces différents
                                                              Q.2.1. Eau bactériologiquement maîtrisée
produits et procédés de traitements de l’eau sont
                                                              Q.2.2. Eau chaude
présentés dans le chapitre relatif aux opérations
                                                              Q.2.3. Eau des piscines de rééducation
de maintenance et mesures curatives du titre VI p. 77.
                                                              Q.2.4. Eau des bains à remous et des douches à jets
                                                              Q.2.5. Eaux pour hémodialyse
                                                              Q.2.6. Eau purifiée
                                                              Q.2.7. Eau hautement purifiée
                                                              Q.2.8. Eau des fontaines à usage de boisson
                                                              Q.3.1. Eau pour préparations injectables
                                                              Q.3.2. Eau pour irrigation (eau versable)
                                                              Q.3.3. Eau potable stérilisée
                                                              Q.4. Eaux techniques




>> Sommaire                                                                                                              39
                                                                                                Tableau 1 :


1
                                                                                                Qualité requise pour l’eau selon les différents usages, recommandée par le groupe de travail

                                                                                                 1 - Endoscopie                               Dangers et risques                       Qualité d’eau                            Commentaires
                                                                                                     digestive                                   particuliers                            requise
                                                                                                 Colonoscope
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                 - Rinçage intermédiaire                                                               Q.1.1. ou Q.1.2.
                                                                                                 - Rinçage terminal                                                                    Q.1.2. ou Q.2.1.            Le risque de formation de biofilm
                                                                                                                                                                                                                    peut faire privilégier l’eau Q.2.1.
                                                                                                 Fibroscope gastrique
                                                                                                 - Rinçage intermédiaire                                                               Q.1.1. ou Q.1.2.
                                                                                                 - Rinçage terminal                     Helicobacter pylori                            Q.1.2. ou Q.2.1.            Le risque de formation de biofilm
                                                                                                                                        Mycobactéries                                                              peut faire privilégier l’eau Q.2.1.
                                                                                                                                                                                                                   Q.3. conseillé si immunodéprimé.
                                                                                                 Cholangiographie                       Pseudomonas aeruginosa                         Q.3.1.
                                                                                                 rétrograde (19)
                                                                                                 Lavement évacuateur                                                                   Q.1.1.
                                                                                                 Lavement hydrosoluble                                                                 Q.1.1.
                                                                                                 Lavage gastrique
                                                                                                 - Eau froide (hémorragie)                                                             Q.3.2.                      Présence d’une plaie, facilité
                                                                                                                                                                                                                   d’usage.
                                                                                                 - Évacuateur                                                                          Q.1.1.




                                                                                                 2 - Stomatologie                             Dangers et risques                       Qualité d’eau                            Commentaires
                                                                                                                                                 particuliers                            requise
                                                                                                 Eau pour pièce à main                  Sphingomonas, Pseudomonas                      Q.3.2.
                                                                                                 dans le cadre                          Acinetobacter
                                                                                                 de la chirurgie (20)                   Mycobactéries atypiques…




                                                                                                (19) DOHERTY D.E., Pseudomonas aeruginosa sepsis following retrograde cholangiopancreatography. Dig Sci, 1982, 1: 169-170.
                                                                                                (20) BARBEAU J., Mutiparametric analysis of waterline contamination in dental units. Appl Environ Microbiol. 1996. 62 : 3954-3959.
                                                                                                     SCHULTZE-ROBBECKE R., Dental units : an environmentalstudy of source of potentially pathogenic mycobacteria. Tuber Lung Dis. 1995. 76 : 318-323.




                                                                              40                                                                                                                                                                    >> Sommaire
 3 - Digestif                                   Dangers et risques                        Qualité d’eau                            Commentaires

 Nutrition entérale,
 solution de gavage
                                                   particuliers
                                         Dangers chimique (sels minéraux eau conditionnée
                                         et métaux) et microbiologique ou Q.3.3.
                                                                                            requise
                                                                                                                                                               1
 Nutrition parentérale                   Dangers chimique (sels minéraux Q.3.1.




                                                                                                                                                               L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                        La qualité de l’eau dans les établissements de santé
                                         et métaux) et microbiologique
 Eau de boisson              Dangers chimique (sels minéraux Q.2.1.                                                   Selon le niveau d’immunodépression
 pour immunodéprimé,         et métaux) et microbiologique Q.3.3.                                                     avec remplacement fréquent
 en particulier pour patient
 en secteur protégé
 Eau pour préparation                    Danger chimique                                 Q.1.1.                       L’eau chaude Q.2.2. est déconseillée
 de boisson chaude                       (corrosion des métaux)
 Eau des fontaines réfrigérantes
 - Production instantanée (21) Risque de contamination et        Q.2.8.                                               Risque infectieux majoré en cas
                               prolifération de micro-organismes                                                      de traitement de l’eau
                               tels que Listeria monocytogenes                                                        (ex : présence de charbon
                               Yersinia enterocolotica…                                                               pour la déchloration)
 - Avec stockage                         Risque de contamination et        Q.2.8.                                     Risque infectieux majoré à cause
                                         prolifération de micro-organismes                                            de la stagnation prolongée de l’eau.
                                         tels que Listeria monocytogenes                                              À déconseiller.
                                         Yersinia enterocolotica…
 - Avec bonbonne                         Risque particulier                Eau conditionnée                           Risque majoré en cas de recyclage
                                         de contamination et prolifération                                            des bonbonnes dans de mauvaises
                                         de micro-organismes                                                          conditions. Volume de stockage
                                                                                                                      souvent inapproprié. À déconseiller.
 Eau pour préparation                    Nitrites (methémoglobinémie)                    Eau conditionnée             Les paramètres chimiques de l’eau
 des biberons                            et Haloformes                                   ou Q.2.1.                    conditionnée doivent être compatibles
                                                                                                                      avec les apports maximaux de sels
                                                                                                                      minéraux chez le nourrisson
 Soins de bouche                                                                         Q.1.1.
 (dilution par exemple)
 Soins de bouche                                                                         Q.1.2. ou Q.3.2.             Selon les soins
 post chirurgicaux
 Soins de bouche                                                                         Q.3.2.
 chirurgicaux




(21) LEGALLOU F., Could Legionella pneumophila be transmitted to patients from refrigerated fountain water ? International Congress Of Antimicrobial Agents
     and Chemotherapy. Orlando 1994, Abst.J.235.
     MURACA P.W., Legionnaires’disease in the work environment : implications for environmental health. Am. Ind. Hyg Ass. J. 1988. 49 : 584-590.
     BLATT S.P., Nosocomial legionnaires’disease : aspiration as a primary mode of disease acquisition. Am.J. Med. 1993. 95 : 16-22.
     SOLO-GABRIELE H., US Outbreaks of cryptosporidiosis. AWWA. 1996. 76-86.




>> Sommaire                                                                                                                                                   41
                                                                                                 4 - Pneumologie                              Dangers et risques                        Qualité d’eau                           Commentaires

1                                                                                                    ORL
                                                                                                 Rinçage terminal
                                                                                                 des endoscopes ORL
                                                                                                                                                 particuliers                             requise
                                                                                                                                                                                       Q.1.2. ou Q.2.1.            Le risque de formation de biofilm
                                                                                                                                                                                                                   peut faire privilégier l’eau Q.2.1.
                                                                                                 Rinçage terminal                       Virus, mycobactéries,                          Q.2.1.                      La présence dans l’eau de germes
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                 des endoscopes                         Legionella pneumophila                         Q.3.2.                      à tropisme pulmonaire
                                                                                                 bronchiques (22)                                                                                                  (legionella, mycobactéries, virus…)
                                                                                                                                                                                                                   peut faire privilégier l’eau stérile
                                                                                                 Humidificateurs,                       Legionella pneumophila                         Q.3.2.                      L’utilisation d’eau potable
                                                                                                 nébulisateurs, cascades,                                                                                          malheureusement encore trop
                                                                                                 girafes (23)                                                                                                      fréquente doit être bannie.
                                                                                                 Aérosols                                                                                                          Les masques peuvent être lavés à l’eau
                                                                                                                                                                                                                   potable (pour le même patient)
                                                                                                                                                                                                                   mais doivent être soigneusement
                                                                                                                                                                                                                   séchés avant usage.
                                                                                                                                                                                                                   Attention aux dispositifs non utilisés
                                                                                                                                                                                                                   exposés à la contamination.
                                                                                                 Oxygénothérapie                                                                       Q.3.2.                      Préférer l’usage unique
                                                                                                 Humidification                                                                        Q.3.2.                      Attention aux récipients. Idéalement
                                                                                                 et régulation thermique                                                                                           une cupule stérile. Changement
                                                                                                 dans les couveuses                                                                                                fréquent de l’eau et du récipient
                                                                                                                                                                                                                   au minimum une fois par 24H.
                                                                                                 Rinçage de sondes                                                                     Q.3.2.                      Les sondes sont à usage unique
                                                                                                 et tuyaux d’aspiration                                                                                            (une seule pénétration dans les voies
                                                                                                 trachéale (24)                                                                                                    aériennes supérieures).
                                                                                                                                                                                                                   Certaines équipes soignantes
                                                                                                                                                                                                                   conserventles sondes
                                                                                                                                                                                                                   dans un désinfectant pur ou dilué.
                                                                                                                                                                                                                   Cette pratique est à déconseiller.
                                                                                                                                                                                                                   Les tuyaux sont rincés
                                                                                                                                                                                                                   avec un antiseptique dilué.



                                                                                                 5 - Contact                                  Dangers et risques                        Qualité d’eau                           Commentaires
                                                                                                     cutanéo-muqueux                             particuliers                             requise
                                                                                                 Poste de lavage des mains
                                                                                                 - Chirurgical                          Risque infectieux par transmission             Q.1.2.                      L’utilisation de filtres est souvent abusive.
                                                                                                                                        manuportée dépendant                                                       De plus, elle nécessite une gestion
                                                                                                                                        de la qualité de l’eau                                                     rigoureuse. En remplacement
                                                                                                                                        au dernier rinçage                                                         du lavage des mains chirurgical,
                                                                                                                                                                                                                   la désinfection chirurgicale à l’aide
                                                                                                                                                                                                                   de solution hydro-alcoolique (25)
                                                                                                                                                                                                                   est possible (en particulier, en cas
                                                                                                                                                                                                                   de difficultés dans la gestion de l’eau).
                                                                                                 - Antiseptique et simple               Risque infectieux par transmission Q.1.2.                                  En remplacement du lavage
                                                                                                                                        manuportée dépendant                                                       des mains, l’utilisation de solution
                                                                                                                                        de la qualité de l’eau                                                     hydro-alcoolique est possible
                                                                                                                                        au dernier rinçage
                                                                                                 Toilette des patients
                                                                                                 - Toilette au lavabo (26)              Risque infectieux                              Q.1.2.
                                                                                                 - Patients                             Risque infectieux :                            Q.2.1.
                                                                                                   immunodéprimés                       legionella pneumophila


                                                                                                (22) BLACK H.J., Contamineted hospital supplies. Br Med J. 1979. 1: 1564-1565.
                                                                                                     MILLERSHIP S.E., Aeromonas hydrophyla in chlorinated water supplies. J. Hosp Infect. 1985. 6 : 7580.
                                                                                                (23) MASTRO T.D., Nosocomial legionnaires’disease and use medication nebulizers. J. Infect. Dis. 1991. 163 : 667-61.
                                                                                                (24) BLATT S.P., Nosocomial legionnaires’disease : aspiration as a primary mode of disease acquisition. Am.J. Med. 1993. 95 : 16-22.
                                                                                                (25) Avis du CTIN du 5 décembre 2001 sur la place de la friction hydro-alcoolique dans l’hygiène des mains lors des soins.
                                                                                                (26) BOLLIN G., Aerosols containing Legionella pneumophila generated by showers heads and hot-water faucets. Appl. Enviro. Microbial. 1985. 50 : 1128-1131.




                                                                              42                                                                                                                                                                     >> Sommaire
 5 - Contact                                    Dangers et risques                         Qualité d’eau                             Commentaires
     cutanéo-muqueux
 Douche
 - Des patients qui ne sont
                                                   particuliers


                                          Risque infectieux
                                                                                             requise


                                                                                           Q.2.2. < 10 UFC/l3
                                                                                                                        L’aérosolisation favorise
                                                                                                                                                                                1
   pas à haut risque (26)                                                                  Legionella                   la contamination




                                                                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé
                                                                                           pneumophila
 - Des patients                           Risque infectieux                               Q.2.1.                        Absence signifie au sens de la norme
   à haut risque (27)                                                                     et absence                    NF T90-431 de septembre 2003 :
                                                                                          de Legionella                 « < 250 UFC/l » et « Legionella
                                                                                          pneumophila                   Pneumophila non détectées »
 Toilette des nouveau-nés                 Risque infectieux                                Q.1.2.                       Contamination par les siphons
                                          Conjonctivites                                   Q.2.2.                       et les douchettes des baignoires
                                          Ex : Pseudomonas aeruginosa                                                   Il convient d’utiliser Q.3.2. pour les
                                                                                                                        grands prématurés placés en couveuses
 Toilette des brûlés (28)                 Risque infectieux très important                 Q.2.1. ou Q.3.2.             Barrière cutanée détruite
 Préparation de l’opéré
 - Douche antiseptique                                                                     Q.1.2.
   préopératoire                                                                           Q.2.2.
 - Rinçage                                                                                 Q.1.2. ou Q.2.2.             Principe de cohérence
   lors de l’utilisation                                                                   Q.3.2. au bloc
   de savon antiseptique                                                                   opératoire pour le
                                                                                           champ opératoire
 Bains et soins                           Si risque infectieux                             Q.3.2.                       Exemple : brûlé, soins post-chirurgicaux
 des peaux lésées
                                          Si détergence recherchée                         Q.1.2.                       Exemple : douche hygiénique
                                          sans risque infectieux important                                              avec cicatrice fermée ou soins d’escarre
 Lavage de conduit                        Risque infectieux : Pseudomonas                  Q.3.2.                       L’entretien de la « poire » pour
 auditif externe (29)                     aeruginosa, klebsielles,                         Q.1.2. pour certains         les lavages auriculaires devrait respecter
                                          mycobactéries                                    appareils, selon             au minimum le niveau de désinfection
                                                                                           les exigences                intermédiaire (30) et idéalement
                                                                                           des constructeurs            elle devrait être autoclavée
 Brumisation (31)                         Ces flacons ne sont pas exempts                  Q.3.2. ou                    L’eau du réseau est à proscrire
                                          de germe et doivent être                         eau conditionnée
                                          maniés avec précaution                           Q.2.4.
                                          chez des patients fragilisés.
                                          Risque infectieux, en particulier
                                          Legionella pneumophila,
                                          Pseudomonas aeruginosa


 6 - Urologie                                   Dangers et risques                         Qualité d’eau                             Commentaires
                                                   particuliers                              requise
 Gonflage ballonnet                                                                        Q.3.1.
 sonde vésicale
 Lavage vésical                                                                            Q.3.2.
 Cystoscope non autoclavable
 - Rinçage intermédiaire                                                                   Q.1.2.
 - Rinçage terminal                       Parvovirus,                                      Q.3.2.
                                          Mycobactéries atypiques



(27) Les patients à haut risque ont été définis par la circulaire n°2002-243 du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque lié aux légionelles dans les établissements
     de santé. La définition est rappelée dans le chapitre relatif à la typologie des différentes catégories d’eau du titre III p.21.
(28) KOLMOS H.J., Outbreak of infection in a burns unit due to Pseudomonas aeruginosa originating from contaminated tubing used for irrigation of patients. J. Hosp. Infect.
     1993. 24 : 11-21.
(29) LOWRY P.W., Mycobacterium chelonae causing otitis media in an ear-nose-and-throat pactrice. Eng. J. Med. 1988. 319 : 978-982.
     SOTO L.E., Postsurgical nasal cellulitis outbreak due to Mycobacterium chelonae. J. Hosp Infect. 1991. 19 : 99-106.
(30) Guide de bonnes pratiques de désinfection des dispositifs médicaux, ministère de l’emploi et de la solidarité, 1998.
(31) Circulaire n°377 du 3 août 2004 relative aux matériels de prévention et de lutte contre les fortes chaleurs dans les établissements de santé et les établissements
     d’hébergement pour personnes âgées.




>> Sommaire                                                                                                                                                                    43
                                                                                                7 - Gynécologie                   Dangers et risques      Qualité d’eau                 Commentaires

1                                                                                               Toilette et lavage vaginaux
                                                                                                Antisepsie périnéale
                                                                                                                                     particuliers           requise
                                                                                                                                                          Q.1.2.
                                                                                                                                                          Q.3.2.              Si plaie ou cicatrice récente
L’eau dans les établissements de santé
                                         La qualité de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                8 - Médicaments                   Dangers et risques      Qualité d’eau                 Commentaires
                                                                                                    non stériles                     particuliers           requise
                                                                                                Gouttes buvables, sirop       Dangers chimique            Q.2.6. ou Q.2.7.
                                                                                                usage externe                 (sels minéraux et métaux)   si l’on souhaite
                                                                                                (pommades)                    et microbiologique          une meilleure
                                                                                                antiseptiques                                             qualité
                                                                                                                                                          bactériologique.
                                                                                                                                                          Q.3.1. en ampoule
                                                                                                                                                          utilisée pour les
                                                                                                                                                          petits volumes.
                                                                                                                                                          Q.3.2. utilisée
                                                                                                                                                          pour les grands
                                                                                                                                                          volumes.



                                                                                                9 - Médicaments                   Dangers et risques      Qualité d’eau                 Commentaires
                                                                                                    stériles                         particuliers           requise
                                                                                                Fabrication                 Dangers chimique              Q.3.1.
                                                                                                de médicaments              (sels minéraux et métaux)
                                                                                                (préparations hospitalières et microbiologique
                                                                                                en série)
                                                                                                Reconstitution ou dilution Dangers chimique               Q.3.1.
                                                                                                pour usage extemporané (sels minéraux et métaux)
                                                                                                (collyre, chimiothérapie…) et microbiologique
                                                                                                Irrigations                                               Q.3.1.



                                                                                                10 - Stérilisation                Dangers et risques      Qualité d’eau                 Commentaires
                                                                                                                                     particuliers           requise
                                                                                                Nettoyage de l’instrumentation
                                                                                                - Nettoyage manuel                                        Q.1.1.
                                                                                                - Nettoyage en machine                                    Q.4. eau            Doit être conforme aux spécifications
                                                                                                                                                          déminéralisée       argumentées du fournisseur
                                                                                                                                                          ou osmosée          d’autoclave
                                                                                                Production de vapeur                                      Q.4. eau adoucie Doit être conforme aux spécifications
                                                                                                                                                          ou eau osmosée argumentées du fournisseur d’autoclave



                                                                                                11 - Entretien                    Dangers et risques      Qualité d’eau                 Commentaires
                                                                                                     des locaux                      particuliers           requise
                                                                                                     et des surfaces
                                                                                                Entretien des locaux                                      Q.1.1.
                                                                                                et des surfaces
                                                                                                Fonctionnement                Interférence des qualités   Q.1.1.              Consulter les dossiers techniques
                                                                                                du matériel d’entretien       physico-chimiques avec
                                                                                                (mono brosse, balai           les produits détergents
                                                                                                réservoir, lave bassin…)      désinfectants




                                                                              44                                                                                                                        >> Sommaire
 12 - Divers                                    Dangers et risques                         Qualité d’eau                               Commentaires


 pour embol thermique
                                                   particuliers
 Glaçon de refroidissement Manuportage et contamination
                           de la seringue
                                                                                             requise
                                                                                          Q.1.2.                                                               1
 Plâtre                                                                                   Q.1.1. ou                    Attention : parfois contact avec




                                                                                                                                                               L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                        La qualité de l’eau dans les établissements de santé
                                                                                          Q.1.2.                       des plaies récemment fermées
 Eau pour sangsues                       Aeromonas hydrophila                             Eau de source
                                                                                          conditionnée
 Bain-marie                              Aérosolisation                                   Q.3.2.                       Changement fréquent
 pour le bloc opératoire                 Manuportage                                                                   Privilégier les réchauffeurs à sec
 Vessie de glace                         Pseudomonas aeruginosa                           Q.1.1.                       Machine produisant de la glace
                                                                                                                       non alimentaire
 Lavage de la vaisselle                                                                   Q.1.1.                       L’usage unique est rarement justifié
 Fleurs                                  Multiples contaminations                         Q.1.1.                       Ne pas accepter dans les chambres
                                         possibles                                                                     des patients immunodéprimés.
                                                                                                                       Ailleurs, ajouter quelques gouttes
                                                                                                                       d’eau de Javel.
 Matelas à eau                                                                            Q.1.1.
 Aquarium                                Mycobacterium marinum                            Q.1.1.
 Climatisation                                                                            Q.4.                         Doit être conforme
 Radiologie                                                                               Q.4.                         aux recommandations
                                                                                                                       des fabricants
 Blanchisserie                                                                            Q.4.
 Fontaine décorative                     Legionella pneumophila                           Q.4.
 Installation décorative,                Legionella pneumophila                           Q.1.1.                       Absence signifie au sens de la norme
 située à l’intérieur                                                                     et absence                   NF T90-431 de septembre 2003 :
 des locaux recyclant                                                                     de Legionella                « < 250 UFC/l » et « Legionella
 l’eau et produisant                                                                      pneumophila                  Pneumophila non détectées »
 des aérosols (fontaines,
 bassins à jets…) (32)




(32) Circulaire n°2002-243 du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque lié aux légionelles dans les établissements de santé.




>> Sommaire                                                                                                                                                   45
                          2
Installations
  de distribution
       de l’eau
dans les établissements
     de santé




                          47
                                                                                                                                      2




                                                                                                                                      L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                               Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  Titre IV - Connaissance des installations
  et des principaux modes de défaillances
  de la distribution de l’eau
  Des erreurs de conception ou de réalisation et un niveau insuffisant de maintenance peuvent entraîner des phénomènes
  de corrosion, de dégradation des matériaux, un entartrage, l’installation de dépôts ainsi que la prolifération
  de micro-organismes au sein des biofilms dont l’existence est impossible à éviter mais dont il faut maîtriser
  le développement.

  La mise en place d’une démarche de maîtrise des risques hydriques repose sur une connaissance aussi précise que possible
  des installations de distribution de l’eau, ce qui nécessite la réalisation d’un diagnostic technique et sanitaire de l’ensemble
  des installations techniques et des réseaux existants. Un tel diagnostic doit s’attacher à mettre en évidence les points
  critiques pour les différents usages de l’eau, c’est-à-dire les causes et les lieux de dégradation de la qualité de l’eau.
  Il constitue un préalable indispensable à la définition et à la mise en œuvre de mesures préventives efficaces.



V Diagnostic technique                                                 de l’eau, et pour chacun d’eux, les modalités
                                                                       de surveillance, d’entretien et de maintenance
  et sanitaire des installations                                       de ces installations,
  de distribution de l’eau                                            - une évaluation du niveau de contamination
  L’audit à réaliser doit notamment comprendre :                        de l’eau dans les installations de distribution,

  • La caractérisation de l’origine de l’eau                          - une évaluation du fonctionnement hydraulique
  d’entrée et des types de traitements appliqués                        des réseaux, notamment des réseaux bouclés
  au sein de l’usine de production ainsi que la localisation            d’eau chaude ;
  de l’établissement au sein du réseau de distribution
                                                                      • Un recensement des points critiques des installations
  de la ville (position en aval d’un réservoir, temps
                                                                      de distribution de l’eau liés à des défauts :
  de séjour de l’eau avant d’arriver à l’établissement…) ;
                                                                      - de conception,
  • Un état des lieux des installations de distribution
                                                                      - de réalisation (zones stagnantes, absence
  de l’eau dans l’établissement comprenant notamment :
                                                                        d’éléments de protection adaptés, communication
  - le schéma de principe et le descriptif des réseaux
                                                                        entre l’eau chaude et l’eau froide, températures
    (tracé, structure du réseau, état des canalisations,
                                                                        basses sur les retours de chaque boucle des réseaux
    matériaux constitutifs, mode de circulation de l’eau,
                                                                        d’eau chaude…),
    système de production d’eau chaude, appareils
    de traitements de l’eau, température de l’eau en                  - d’exploitation, d’entretien et de maintenance
    différents points, etc.). Ces documents sont mis à jour             (point d’usage non utilisé, cordons chauffants
    régulièrement et systématiquement après des travaux,                défectueux…) ;
  - la liste de tous les points de puisage de l’eau raccordés         • La détermination des mesures préventives
    sur les différents types de réseaux (localisation),               et correctives à prendre pour sécuriser les réseaux.
                                                                      Dans les bâtiments existants, des travaux de réfection
  - une analyse des différents besoins en eau
                                                                      des réseaux d’eau peuvent être nécessaires
    (quantité, qualité, débit par type de réseau…),
                                                                      afin de supprimer les défauts de conception
  - une évaluation des différents systèmes                            et/ou de réalisation des installations.
    de production, de distribution et de traitement


  >> Sommaire                                                                                                                        49
                                                                                                                   V Causes et lieux                                           de micro-organismes dans les dépôts qui se forment


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                                                                                                                                                                               à l’intérieur des canalisations. De plus, la corrosion
                                                                                                                     de la dégradation                                         entraîne la détérioration de l’installation, ce qui la rend
                                                                                                                     de la qualité de l’eau                                    impropre à sa fonction. Les phénomènes de corrosion
                                                                                                                                                                               peuvent également induire une inactivation
                                                                                                                     Les contaminations microbiologiques et chimiques          des désinfectants en réduisant les oxydants
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                     peuvent être liées :                                      comme le chlore.
                                                                                                                     - à la qualité de l’eau d’entrée, en provenance           La corrosion est un phénomène complexe qui résulte
                                                                                                                       du réseau public qui peut, en cas de défaillance        de nombreux paramètres :
                                                                                                                       dans l’usine de traitement ou le réseau public,         - de la qualité de l’eau : une eau acide et/ou
                                                                                                                       véhiculer des micro-organismes ou des substances          faiblement minéralisée et/ou chargée en gaz
                                                                                                                       chimiques indésirables ;                                  carbonique dissous ainsi que la surchloration
                                                                                                                                                                                 favoriseront l’apparition de phénomène
                                                                                                                     - à la dégradation de la qualité de l’eau
                                                                                                                                                                                 de corrosion ;
                                                                                                                       dans le réseau intérieur de l’établissement.
                                                                                                                                                                               - des matériaux des canalisations et de la compatibilité
                                                                                                                     Plusieurs paramètres peuvent influencer la qualité
                                                                                                                                                                                 des différents matériaux métalliques entre eux
                                                                                                                     microbiologique et physico-chimique de l’eau
                                                                                                                                                                                 (le cuivre est interdit en amont de l’acier galvanisé)
                                                                                                                     à l’intérieur des réseaux et en particulier
                                                                                                                                                                                 car il provoque un effet de pile favorisant la corrosion ;
                                                                                                                     le développement du biofilm : la corrosion,
                                                                                                                     l’entartrage, la stagnation de l’eau, la température      - du débit (un sous-dimensionnement du réseau peut
                                                                                                                     de l’eau, les retours d’eau contaminée, les travaux         être source de phénomène d’érosion/cavitation
                                                                                                                     sur le réseau, la nature des traitements                    alors qu’un surdimensionnement du réseau favorise
                                                                                                                     complémentaires éventuellement mis en œuvre.                les dépôts…) ;

                                                                                                                                                                               - de la température, de la pression…
                                                                                                                     > Causes possibles de la dégradation
                                                                                                                     de l’eau                                                  L’entartrage
                                                                                                                     La stagnation de l’eau                                    L’entartrage correspond à la formation d’un dépôt
                                                                                                                     Le développement des micro-organismes est favorisé        à base de calcium et de magnésium
                                                                                                                     par la stagnation de l’eau dans les bras morts            dans les canalisations, au niveau de la robinetterie
                                                                                                                     du réseau, dans les réservoirs de toute nature,           et sur les résistances des chauffe-eau. Ces dépôts
                                                                                                                     dans les fontaines réfrigérées avec réservoir             peuvent conduire à l’obstruction des équipements.
                                                                                                                     et dans les équipements terminaux.                        Ils favorisent les développements microbiens
                                                                                                                                                                               et diminuent les échanges thermiques.
                                                                                                                     La température de l’eau                                   Ce problème est accentué avec l’augmentation
                                                                                                                                                                               de la température de l’eau. Quand les eaux
                                                                                                                     La température de l’eau est un facteur important
                                                                                                                                                                               sont chauffées, l’équilibre calcocarbonique
                                                                                                                     conditionnant la survie et la prolifération de certains
                                                                                                                                                                               est fortement déplacé, d’où la formation de dépôts.
                                                                                                                     germes dans les réseaux d’eau. Par exemple,
                                                                                                                     si les légionelles sont capables de survivre plusieurs
                                                                                                                     mois à des températures basses (moins de 25°C),           Les retours d’eau polluée
                                                                                                                     leur viabilité est réduite à partir de 50°C.
                                                                                                                                                                               Les phénomènes de retour d’eau polluée peuvent
                                                                                                                     Les légionelles prolifèrent lorsque la température
                                                                                                                                                                               survenir par siphonnage ou refoulement :
                                                                                                                     de l’eau est comprise entre 25 et 43°C.
                                                                                                                                                                               - entre le réseau public et le réseau interne
                                                                                                                     De nombreuses bactéries telles Pseudomonas
                                                                                                                                                                                 de l’établissement (dépression) ;
                                                                                                                     survivent facilement à ces températures.
                                                                                                                                                                               - entre le réseau interne de l’établissement
                                                                                                                     La corrosion                                                et un circuit de distribution particulier
                                                                                                                                                                                 (dépression ou contre pression).
                                                                                                                     La corrosion est l’altération des matériaux métalliques
                                                                                                                     constitutifs des canalisations et des appareils,          L’eau aspirée ou refoulée peut contaminer le réseau
                                                                                                                     modifiant les paramètres organoleptiques de l’eau         interne, voire le réseau public, si elle est polluée
                                                                                                                     (eau rouge, odeur nauséabonde…) et entraînant             (réseau stagnant d’arrosage ou d’incendie)
                                                                                                                     un enrichissement de l’eau en éléments chimiques          ou si ses caractéristiques ont été modifiées
                                                                                                                     indésirables (fer, cuivre, zinc) et toxiques (plomb,      pour son usage ou par son usage.
                                                                                                                     chrome, cadmium, nickel) ainsi qu’une prolifération




                                                                                           50                                                                                                                               >> Sommaire
La prolifération excessive du biofilm                              > Cas particulier des réseaux bouclés
Le biofilm est formé d’un ensemble
de micro-organismes immobilisés sur une surface
solide, englobés dans un gel de polymère d’origine
microbienne. C’est donc un réservoir important
                                                                   d’eau chaude
                                                                   La stagnation de l’eau dans les boucles est la cause
                                                                   principale d’une dégradation de la qualité
                                                                                                                                2
                                                                   microbiologique de l’eau et/ou du développement




                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
de micro-organismes qui y trouvent souvent                         des légionelles dans les réseaux bouclés d’eau chaude.
un milieu et des conditions de nutrition favorables                De nombreuses installations de distribution présentent
à leur croissance ; du fait de sa structure, il protège            des défauts de conception qui entraînent une
les bactéries de l’action des traitements de désinfection.         inadéquation entre les diamètres des canalisations
La constitution du biofilm se déroule en plusieurs                 mises en œuvre et les débits de circulation souhaités
étapes : l’adhésion à la paroi des micro-organismes                afin de maintenir l’eau distribuée à une température
et leur multiplication ; ils peuvent ensuite se détacher           suffisante. L’équilibrage du réseau est souvent difficile
et être entraînés dans le courant.                                 à réaliser, ce qui ne permet pas de répartir correctement
                                                                   les débits d’eau dans chaque colonne de distribution.
> Lieux de la dégradation de l’eau                                 Les organes de réglage fonctionnent souvent
                                                                   en dehors de leur plage normale de fonctionnement.
Malgré la grande variété des réseaux de distribution
d’eau d’un établissement de santé à un autre,                      Il importe de respecter les règles de dimensionnement
les principaux modes de défaillance sont souvent                   préconisées dans le guide technique de conception
identiques et bien identifiés, quelle que soit                     et de mise en œuvre des réseaux d’eau destinée
l’installation. Le tableau n°2, ci-après, fait la synthèse         à la consommation humaine à l’intérieur des bâtiments
de ces défaillances et des mesures jugées prioritaires             édité en 2003. De faibles débits de circulation d’eau
pour améliorer de manière significative la qualité                 peuvent en outre être à l’origine de la formation
dans ces établissements.                                           de dépôts de particules pouvant colmater le réseau
                                                                   et les organes de réglage, rendre difficile voire
                                                                   impossible l’équilibrage correct du réseau et diminuer
                                                                   l’efficacité des produits biocides utilisés, ces derniers
                                                                   ne pouvant accéder aux zones stagnantes.


Tableau 2 : Principaux modes de défaillance dans la gestion de la distribution de l’eau et proposition
de mesures correctives
Les tableaux suivants sont fournis à titre indicatif, ils ne sont ni exhaustifs ni hiérarchisés. Il appartient à chaque
établissement de réaliser le diagnostic de son installation pour déterminer les points critiques propres à son réseau
de distribution d’eau et de définir les mesures adaptées à chaque site.

                                                        Eau froide
    Modes                                             Causes                                    Mesures
                      Conséquences
 de défaillance                                      possibles                                préconisées
 Absence             Impossibilité         Absence d’archivage             Récupérer si possible des plans des bâtiments
 ou insuffisance     de gérer                                              (Dossier des Ouvrages Exécutés)
 de plans            convenablement        Perte des documents
 ou de données       le fonctionnement                                     Enregistrer, de préférence, les plans
 techniques          de la distribution    Documents non transmis          sur un logiciel dédié
 sur les réseaux,    d’eau                 à l’établissement
 les installations                         par le bureau d’études          Repérer par enquête de terrain
 et les points                             ou le cabinet d’architecture    les différents réseaux d’eau de desserte.
 de puisage                                                                Identifier les réseaux et apposer
 de l’eau                                  Documents non mis à jour        des pictogrammes caractéristiques.

                                                                           Préciser la nature (cuivre, acier galvanisé…),
                                                                           le diamètre et la date de pose
                                                                           des canalisations d’eau du réseau




>> Sommaire                                                                                                                    51
                                                                                                                   Tableau 2 (suite 1) : Principaux modes de défaillance dans la gestion de la distribution de l’eau et proposition


2
                                                                                                                   de mesures correctives

                                                                                                                                                                                                   Eau froide
                                                                                                                       Modes                                                                   Causes                                               Mesures
                                                                                                                                                  Conséquences
                                                                                                                    de défaillance                                                            possibles                                           préconisées
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                    Défauts dans                 Dégradation                    Raccordement des points                        Élaborer une liste de tous les points
                                                                                                                    la conception                bactériologique                de puisage de l’eau potable                    de puisage de l’eau potable et vérifier
                                                                                                                    des installations            et chimique                    sur un réseau                                  systématiquement leur raccordement
                                                                                                                    de distribution              de la qualité                  non alimentaire et sanitaire                   effectif sur le réseau alimentaire et sanitaire
                                                                                                                    de l’eau                     de l’eau                       (arrosage, incendie…)
                                                                                                                                                 (par exemple
                                                                                                                                                 par Legionella)                Présence de zones                              Supprimer les bras morts
                                                                                                                                                                                de stagnation
                                                                                                                                                                                (bras morts…)                                  Diminuer les temps de séjour dans les réservoirs
                                                                                                                                                                                                                               intermédiaires de stockage
                                                                                                                                                                                                                               (par réglage des poires de niveau)

                                                                                                                                                                                                                               Repérer et supprimer les points de puisage
                                                                                                                                                                                                                               rarement ou jamais utilisés
                                                                                                                                                                                                                               (en accord avec le service concerné)

                                                                                                                                                                                                                               Repérer et supprimer les fontaines réfrigérantes
                                                                                                                                                                                                                               entraînant une stagnation prolongée de l’eau

                                                                                                                                                                                Retour d’eau des réseaux                       Identifier et séparer physiquement les réseaux
                                                                                                                                                                                de chauffage,                                  d’arrosage et d’incendie du réseau d’eau potable
                                                                                                                                                                                de climatisation, d’arrosage                   après le compteur général du réseau public
                                                                                                                                                                                et d’incendie entraînant
                                                                                                                                                                                une pollution du réseau                        Mettre en place des ensembles de protection
                                                                                                                                                                                d’eau potable                                  adaptés contre les retours d’eau au départ
                                                                                                                                                                                de l’établissement                             des réseaux d’arrosage et d’incendie (33)

                                                                                                                                                                                                                               Mettre en place des ensembles de protection
                                                                                                                                                                                                                               adaptés sur le piquage servant au remplissage
                                                                                                                                                                                                                               des réseaux de chauffage et de climatisation (33)

                                                                                                                                                                                Retour d’eau                                   Mettre en place, à la sortie du compteur
                                                                                                                                                                                de l’établissement                             général, une protection dite minimale
                                                                                                                                                                                vers le réseau public                          par clapet de non-retour de type EA (33)
                                                                                                                                                                                entraînant une pollution
                                                                                                                                                                                de ce dernier                                  Mettre en place, en tête des réseaux
                                                                                                                                                                                                                               types de l’établissement, des ensembles
                                                                                                                                                                                                                               de protection contre les retours d’eau
                                                                                                                                                                                                                               (clapets anti-retour, surverses…) (33)

                                                                                                                                                                                Température de l’eau froide                    Augmenter la fréquence des contrôles
                                                                                                                                                                                supérieure à 25°C                              microbiologiques

                                                                                                                                                                                                                               Rechercher les causes de la hausse
                                                                                                                                                                                                                               de température au niveau de l’installation




                                                                                                                   (33) Cf. les ensembles de protection dans le titre V conception et réalisation des installations de distribution d’eau p.55.




                                                                                           52                                                                                                                                                                       >> Sommaire
Tableau 2 (suite 2) : Principaux modes de défaillance dans la gestion de la distribution de l’eau et proposition


                                                                                                                                    2
de mesures correctives

                                                       Eau froide
    Modes                                            Causes                                     Mesures
                      Conséquences
 de défaillance                                     possibles                                 préconisées




                                                                                                                                    L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                             Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
 Défauts             Dégradation           Défauts d’entretien             Mettre en place un protocole
 d’exploitation et   bactériologique       des installations de stockage   de nettoyage et de désinfection
 de maintenance      et chimique           d’eau froide                    des réservoirs de stockage d’eau
 des installations   de la qualité
                                           Défauts d’entretien             Mettre en place un protocole de nettoyage
 de distribution     de l’eau
                                           des installations               et de désinfection des adoucisseurs
 de l’eau            (par exemple
                                           de traitement d’eau             (bac à sel et résine)
                     par Legionella)
                                                                           Élaborer un protocole pour la mise en place,
                                                                           le renouvellement et l’entretien des filtres
                                                                           conformément aux recommandations du fabricant

                                                                           Vérifier l’efficacité des appareils de pré-traitement
                                                                           et de traitement de l’eau de dialyse

                                           Vétusté de certaines            Réaliser un diagnostic de l’état intérieur
                                           canalisations                   des canalisations (corrosion, entartrage…).
                                                                           Mise en place de manchettes témoins.

                                           Défauts d’entretien             Manipuler périodiquement les vannes
                                           et de vérification              de coupure et contrôler le bon fonctionnement
                                           et/ou état de vétusté           des clapets, purgeurs et disconnecteurs
                                           des équipements
                                           de robinetterie                 Changer selon l’état les équipements
                                                                           de robinetterie (têtes de robinets, flexibles
                                                                           et pommeaux de douches, brise-jet, joints)
                                                                           suivant un planning prévisionnel

                                                                           Élaborer un plan de maintenance
                                                                           des équipements de robinetterie

                                           Contamination suite             Mettre en place un protocole de nettoyage
                                           à l’intervention d’un agent     et de désinfection des réseaux après travaux
                                           de maintenance
                                           pour travaux sur le réseau      Imposer le port de gants

                                                                           Former tous les agents de maintenance
                                                                           à l’hygiène

 Absence             Impossibilité         Absence de politique            Élaborer et mettre en place une démarche
 d’archivage         de maîtriser          globale de gestion de l’eau     d’assurance-qualité pour la gestion
 de l’information    la qualité de l’eau                                   de la qualité de l’eau dans l’établissement

                     Pas de retours
                     d’expérience

                     Valeur de la preuve
                     non accessible




>> Sommaire                                                                                                                        53
                                                                                                                   Tableau 2 (suite 3) : Principaux modes de défaillance dans la gestion de la distribution de l’eau et proposition


2
                                                                                                                   de mesures correctives

                                                                                                                                                                       Eau chaude
                                                                                                                       Modes             Conséquences                Causes                                    Mesures
                                                                                                                    de défaillance                                  possibles                                préconisées
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                    Défauts dans        Prolifération      Production instantanée          Élever la température de production d’eau
                                                                                                                    la conception       des légionelles    d’eau chaude à partir           chaude de manière à délivrer en permanence
                                                                                                                    des installations   (et autres         d’un échangeur à plaques,       une eau à une température supérieure à 50°C
                                                                                                                    de distribution     bactéries          à une température               en tous points du réseau
                                                                                                                    de l’eau chaude     hydriques)         insuffisamment élevée
                                                                                                                                                                                           Vérifier la stabilité de la température
                                                                                                                                                                                           du circuit primaire

                                                                                                                                                           Production par accumulation Élever la température de production d’eau
                                                                                                                                                           d’eau chaude dans un ballon chaude à 60°C minimum en permanence
                                                                                                                                                           à une température
                                                                                                                                                           insuffisamment élevée       Mettre en place une vanne de purge
                                                                                                                                                                                       en point bas du ballon et la manipuler
                                                                                                                                                                                       au moins une fois par semaine

                                                                                                                                                                                           Mettre en place une procédure annuelle
                                                                                                                                                                                           de nettoyage, détartrage et désinfection
                                                                                                                                                                                           du ballon

                                                                                                                                                           Réservoir de stockage           Stocker l’énergie dans un réseau primaire
                                                                                                                                                           d’eau préchauffée               plutôt que dans l’eau chaude ou stocker
                                                                                                                                                           à une température inférieure    l’énergie dans une eau chaude
                                                                                                                                                           à 50°C à partir d’un système    dont la température est supérieure à 55°C
                                                                                                                                                           de récupération d’énergie
                                                                                                                                                                                           Mettre en place des procédures
                                                                                                                                                                                           d’entretien périodique du réservoir
                                                                                                                                                                                           (nettoyage, détartrage, désinfection)

                                                                                                                                                           Absence de bouclage             Mettre en place des procédures de purges
                                                                                                                                                           du réseau d’eau chaude          régulières des robinets de puisage d’eau chaude
                                                                                                                                                           ou traçage inefficient
                                                                                                                                                           des canalisations               Purger périodiquement tous les points d’eau
                                                                                                                                                           (cordons chauffants)            pendant 1 à 2 minutes à l’occasion
                                                                                                                                                                                           du nettoyage de la chambre du patient

                                                                                                                                                                                           Étudier la faisabilité de la mise en œuvre
                                                                                                                                                                                           d’un bouclage du réseau d’eau chaude

                                                                                                                                                           Existence de zones              Vérifier l’hydraulique du réseau
                                                                                                                                                           de stagnation dans le réseau
                                                                                                                                                           de distribution d’eau chaude    Supprimer les bras morts

                                                                                                                                                           Présence de points d’eau        Repérer et supprimer les points de puisage
                                                                                                                                                           rarement ou jamais utilisés     rarement ou jamais utilisés
                                                                                                                                                                                           (en accord avec le service concerné)

                                                                                                                                                           Température insuffisante        Maintenir en permanence l’eau chaude
                                                                                                                                                           en retour de boucle et/ou       à une température supérieure à 50°C
                                                                                                                                                           en retour de colonnes et/ou     en tous points du réseau
                                                                                                                                                           sur le réseau de distribution
                                                                                                                                                                                           Calorifuger indépendamment le réseau
                                                                                                                                                                                           d’eau chaude du réseau d’eau froide

                                                                                                                                                           Écart de température            Revoir le calorifugeage des canalisations,
                                                                                                                                                           de l’eau supérieur à 7°C        la circulation de l’eau et l’équilibrage
                                                                                                                                                           entre le maximum                du réseau, l’entartrage des canalisations…
                                                                                                                                                           et le minimum
                                                                                                                                                           sur chaque boucle




                                                                                           54                                                                                                                                  >> Sommaire
Tableau 2 (suite 4) : Principaux modes de défaillance dans la gestion de la distribution de l’eau et proposition


                                                                                                                            2
de mesures correctives

                                                   Eau chaude
    Modes             Conséquences                Causes                                      Mesures
 de défaillance                                  possibles                                  préconisées




                                                                                                                            L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                     Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
 Défauts dans        Prolifération      Mitigeage de l’eau                Supprimer la vanne thermostatique située
 la conception       des légionelles    au niveau du réseau               dans la chaufferie ou sur les réseaux
 des installations   (et autres         à une température
 de distribution     bactéries          inférieure à 50°C                 Mettre en place des mitigeurs thermostatiques,
 de l’eau chaude     hydriques)                                           notamment pour les douches,
                                                                          au plus près du point de puisage

                                        Absence d’indicateurs             Mettre en place, si possible, des sondes
                                        pertinents (autres que            de température en différents points
                                        l’analyse de légionelles)         du réseau reliées à un logiciel dédié
                                                                          à la gestion technique centralisée (GTC)

                                                                          Interpréter périodiquement les courbes
                                                                          de température

                                                                          Tenir à jour et archiver les données
                                                                          de température

 Défauts             Prolifération     Température insuffisante           Vérifier périodiquement le débit des pompes
 d’exploitation      des légionelles   en retour de boucle                de recirculation ou des accélérateurs
 des installations   (et autres        et sur le réseau de distribution
 de distribution     bactéries
 de l’eau chaude     hydriques)         Écart de température              Revoir le calorifugeage des canalisations,
                                        de l’eau supérieur à 7°C          la circulation de l’eau et l’équilibrage
                                        entre le maximum                  du réseau, l’entartrage des canalisations…
                                        et le minimum
                                        sur chaque boucle

                                        État de vétusté                   Changer périodiquement les équipements
                                        des équipements                   de robinetterie (têtes de robinets, flexibles
                                        de robinetterie                   et pommeaux de douches, brise-jet joints)
                                                                          suivant un planning prévisionnel

                                                                          Élaborer un plan de maintenance
                                                                          des équipements de robinetterie

                                                                          Mettre en place un traitement d’adoucissement
                                                                          de l’eau (si la dureté de l’eau est supérieure
                                                                          à 20 degrés français ou °Th)

                                        État de vétusté                   Remplacer les canalisations par des matériaux
                                        des canalisations du réseau       adaptés à la chaleur et à un éventuel
                                        de distribution d’eau chaude      traitement complémentaire,
                                        (entartrage, corrosion)           en évitant l’emploi de l’acier galvanisé

                                        Entartrage excessif du réseau     Abaisser la dureté de l’eau
                                        d’eau chaude                      par la mise en place d’un traitement
                                                                          d’adoucissement de l’eau

                                        Défaut de maîtrise                Mettre en place des manchettes témoins
                                        du traitement                     au niveau du départ ou du retour de boucle
                                        d’adoucissement de l’eau
                                                                          Nettoyer le bac à sel une fois par trimestre

                                                                          Désinfecter périodiquement la résine
                                                                          (au moins une fois par an)

                                                                          Régénérer la résine une fois par semaine




>> Sommaire                                                                                                                55
                                                                                                                                                                                  2




                                                                                                                                                                                  L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                                           Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  Titre V - Conception et réalisation
  des installations de distribution d’eau

  L’eau du réseau de distribution à l’intérieur d’un établissement de santé dessert généralement de nombreux usages :
  alimentaires, sanitaires, techniques (pour le chauffage, la climatisation par exemple, pour la protection contre l’incendie),
  ainsi que les soins ou les actes médicaux.

  Pour maîtriser la qualité des eaux destinées à ces différents usages, il est impératif de concevoir une organisation
  des réseaux de distribution, en fonction des risques potentiels pouvant être à l’origine de dégradations organoleptiques,
  physico-chimiques, toxicologiques ou microbiologiques de l’eau fournie à l’établissement.




V Origine de l’eau                                                                             de contamination, notamment lors du fonctionnement
                                                                                               du dispositif en disconnexion. De plus, un tel dispositif
                                                                                               génère une perte de charge importante (plus de 1 bar
  > Alimentation à partir de la distribution                                                   en moyenne) dès l’origine du réseau, ce qui peut
  publique                                                                                     entraîner une insuffisance de pression en certains
                                                                                               points des installations et être ainsi à l’origine
  En général, l’eau alimentant les réseaux                                                     de retour d’eau. Un dispositif de type BA n’est donc pas
  de distribution des établissements de santé provient                                         adapté ; il doit être démonté et remplacé
  de la distribution publique et est délivrée                                                  par un ensemble de protection de type EA.
  (Voir schéma 1 p. 60).
                                                                                               L’ensemble de protection placé au niveau NB
  Le branchement de l’établissement doit être équipé                                           doit être contrôlé tous les six mois (36) par une personne
  au point de livraison (en général après le compteur)                                         habilitée. Le contrat d’abonnement doit définir
  d’un ensemble de protection sanitaire minimal                                                les responsables des opérations de vérification
  de type EA (vanne + robinet d’essais + clapet                                                et d’entretien périodique.
  de non-retour contrôlable (34)) constituant le niveau
  de protection NB pour limiter les retours d’eau                                              Une attention particulière doit être portée
  du réseau de l’hôpital vers le réseau public (35)                                            à l’environnement de la chambre de comptage.
  (cf. sous-chapitre sur les ensembles                                                         Celle ci doit être rapidement repérable et facile
  de protection p. 58).                                                                        d’accès. La plupart des canalisations de distribution
                                                                                               d’eau en « matières plastiques » sont perméables
  Remarque :                                                                                   aux solvants et notamment à ceux contenus
  Trop souvent, un disconnecteur à zone de pression                                            dans les hydrocarbures comme l’essence.
  réduite contrôlable du type BA remplace le clapet                                            Aussi, toutes les mesures doivent être prises
  ou s’y ajoute. Cet ensemble de protection, placé                                             pour interdire le stationnement de véhicules et dévier
  juste après le compteur général dans une chambre                                             les eaux de ruissellement susceptibles d’inonder
  de comptage souvent inondée, constitue une source                                            le regard de comptage.



  (34) Un dispositif de protection titulaire de la marque NF antipollution est réputé satisfaire à la norme NF EN 1717. La signification des codes des ensembles de protection
       est précisée dans le glossaire.
  (35) Article R.1321-54 du code de la santé publique.
  (36) Article R.1321-59 du code de la santé publique.




  >> Sommaire                                                                                                                                                                    57
                                                                                                                   Une prise d’échantillon pour prélèvement d’eau                                      V Structuration des réseaux

2
                                                                                                                   à des fins d’analyses doit être installée après
                                                                                                                   le compteur général. Cette prise d’échantillon d’eau
                                                                                                                   constituera le point de référence de la qualité d’eau                                     > Principes généraux de conception
                                                                                                                   fournie par l’exploitant de la distribution publique.
                                                                                                                                                                                                             La configuration du/des réseau(x) doit être
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                                                                                             la plus simple et la plus courte possible afin d’éviter
                                                                                                                   > Alimentation à partir d’une ressource                                                   la stagnation de l’eau, l’élévation de la température
                                                                                                                   privée (puits ou forage)                                                                  de l’eau froide et la baisse de la température
                                                                                                                                                                                                             de l’eau chaude, ainsi que pour permettre
                                                                                                                   L’alimentation en eau potable d’un établissement                                          des traitements de désinfection efficaces et rapides.
                                                                                                                   de santé à partir d’une ressource privée                                                  En effet, des canalisations d’eau froide situées
                                                                                                                   (puits ou forage) est soumise à autorisation du préfet                                    à proximité de celles d’eau chaude ou ayant
                                                                                                                   après avis du conseil départemental d’hygiène,                                            cheminé sur de grandes longueurs dans un bâtiment
                                                                                                                   le service instructeur étant la DDASS.                                                    ou après stagnation voient la température de l’eau
                                                                                                                   Peu d’établissements ont recours à ce type                                                augmenter, au point d’induire des croissances
                                                                                                                   d’alimentation compte tenu des exigences sanitaires                                       de germes et en particulier des légionelles.
                                                                                                                   à respecter : il est nécessaire de réaliser une étude
                                                                                                                   hydro-géologique de la ressource en eau                                                   La conception du réseau de distribution ne doit pas
                                                                                                                   et de mettre en place des mesures visant à protéger                                       favoriser la formation de poches gazeuses,
                                                                                                                   celle-ci de toutes sources de pollution.                                                  l’adhérence de calcaire en cas de débit insuffisant,
                                                                                                                                                                                                             les phénomènes de corrosion ni le développement
                                                                                                                   Il est possible d’envisager, sous certaines conditions,                                   du biofilm.
                                                                                                                   l’utilisation de l’eau d’une ressource privée
                                                                                                                   pour des usages sanitaires et non alimentaires,                                           La distribution ne devra pas comporter de bras mort,
                                                                                                                   pour des activités de process de type blanchisserie,                                      c’est-à-dire une partie du réseau ne desservant pas
                                                                                                                   consommant une quantité importante d’eau, etc.                                            un point de puisage. Les extrémités des colonnes
                                                                                                                                                                                                             montantes devront éventuellement être équipées
                                                                                                                   Les principales précautions à prendre consistent                                          de dispositifs anti-béliers et de purgeurs.
                                                                                                                   à réaliser un réseau totalement indépendant                                               Les canalisations du circuit d’eau froide devront
                                                                                                                   du réseau d’eau potable (double réseau)                                                   être distantes du réseau d’eau chaude.
                                                                                                                   afin d’éviter tout risque de pollution par retour d’eau,                                  Les réseaux devront être correctement identifiés.
                                                                                                                   et à suivre l’évolution de la qualité de l’eau qui doit
                                                                                                                   en permanence rester compatible avec l’usage
                                                                                                                   souhaité. La présence de fer ou de manganèse dans                                         > Choix des matériaux
                                                                                                                   l’eau distribuée peut conduire à des eaux colorées
                                                                                                                                                                                                             Les matériaux utilisés dans les systèmes de production
                                                                                                                   (rouille…) peu compatibles avec certains usages
                                                                                                                                                                                                             ou de distribution et qui sont au contact de l’eau
                                                                                                                   comme le lavage du linge.
                                                                                                                                                                                                             destinée à la consommation humaine doivent être
                                                                                                                   De telles installations doivent être clairement                                           compatibles avec la qualité de l’eau et ne doivent
                                                                                                                   répertoriées sur un plan et inscrites dans le carnet                                      pas être susceptibles d’en altérer la qualité (38).
                                                                                                                   sanitaire. Les réseaux doivent être identifiés sur le site                                Ces matériaux seront choisis conformément
                                                                                                                   et les postes d’eau doivent comporter les signes                                          aux recommandations de l’arrêté du 29 mai 1997
                                                                                                                   distinctifs et pictogrammes caractéristiques (37).                                        modifié, relatif aux matériaux et objets
                                                                                                                   Les éléments de protection de ces installations                                           des installations fixes de distribution d’eau destinée
                                                                                                                   doivent faire l’objet d’une vérification annuelle.                                        à la consommation humaine et de ses circulaires
                                                                                                                                                                                                             d’application (du 12 avril 1999 et du 27 avril 2000).
                                                                                                                   Dans tous les cas, le choix d’avoir recours                                               Les matériaux constitutifs des canalisations sont
                                                                                                                   à une ressource privée devra se fonder sur une étude                                      soit de type métallique (l’acier galvanisé, le cuivre,
                                                                                                                   économique prenant en compte tous les aspects                                             les aciers inoxydables, la fonte), soit de type
                                                                                                                   (protection de la ressource, capacité de production,                                      organique (polychlorure de vinyle, polyéthylène
                                                                                                                   qualité de l’eau, traitement éventuel, usage                                              haute densité, polyéthylène basse densité,
                                                                                                                   de l’eau, contrôle de la qualité de l’eau).                                               polypropylène, polybutylène… (39)).
                                                                                                                   (Voir le schéma 2 p. 60)
                                                                                                                                                                                                             L’article 3 de l’arrêté du 29 mai 1997 stipule
                                                                                                                                                                                                             que tout opérateur (installateur, revendeurs,



                                                                                                                   (37) Des règles de signalisation sont proposées dans le guide technique de conception et de mise en œuvre des réseaux d’eau destinée à la consommation humaine
                                                                                                                        à l’intérieur des bâtiments de 2003.
                                                                                                                   (38) Article R.*1321-48 du code de la santé publique.
                                                                                                                   (39) La liste des matériaux organiques, ayant une attestation de conformité sanitaire est actualisée régulièrement par la Direction générale de la Santé. La liste en date
                                                                                                                        du 1er mars 2003, figure dans la lettre circulaire DGS/SD7A n°867 du 2 juin 2003 relative aux matériaux placés au contact d’eau destinée à la consommation humaine.




                                                                                           58                                                                                                                                                                             >> Sommaire
distributeurs d’eau, plombiers…) appelé à intervenir                                             avec la présence de cuivre en amont


                                                                                                                                                                                2
dans la réalisation d’installations fixes de production,                                         ou dans la boucle de recirculation ainsi qu’avec
de traitement et de distribution d’eaux destinées                                                tout traitement libérant des ions cuivre dans l’eau).
à la consommation humaine doit s’assurer auprès
de ses fournisseurs, par tout moyen approprié,                                               Il convient de s’assurer que les produits de collage
que les matériaux ou objets qui lui sont livrés                                              et de soudage des canalisations en plastique




                                                                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
sont conformes aux dispositions du présent arrêté.                                           sont conformes aux avis techniques.

Les fabricants de matériaux ou d’objets doivent                                              Les tronçons de canalisations doivent être dimensionnés
notamment disposer des informations permettant                                               pour répondre aux besoins en eau des postes
de vérifier l’innocuité sanitaire de leurs produits                                          utilisateurs concernés sans créer de perturbations
et de s’assurer que ces matériaux ou objets sont                                             hydrauliques (survitesse, stagnation).
conformes aux dispositions de l’arrêté du 29 mai 1997                                        Toutes les mesures sont prises pour s’assurer
modifié. Ainsi, le respect des règles de composition                                         de la bonne circulation de l’eau dans les réseaux.
fixées aux annexes I et II de l’arrêté précité constitue                                     Lors de la mise en œuvre de ces matériaux,
une preuve de la conformité sanitaire des matériaux                                          des précautions doivent être prises depuis leur lieu
métalliques et minéraux placés au contact d’eau                                              de fabrication jusqu’à leur lieu de pose ainsi que
destinée à la consommation humaine. De même,                                                 pendant le stockage et la pose des canalisations
une attestation de conformité sanitaire (ACS) permet                                         afin d’éviter toute contamination. Des opérations
d’apporter la preuve de l’aptitude à entrer au contact                                       de rinçage et de désinfection ainsi qu’un contrôle
d’eau destinée à la consommation humaine                                                     de la qualité de l’eau seront réalisés après la pose
d’un matériau organique ou d’un accessoire constitué                                         de canalisations neuves. Les procédures de nettoyage
d’au moins un élément organique entrant au contact                                           et de désinfection sont précisées dans le titre VI p. 79.
d’eau, et de s’assurer du respect des dispositions
de l’arrêté du 29 mai 1997 précité.
                                                                                             > Réseaux types
La mise en œuvre de canalisations en plomb
et l’emploi de brasures contenant du plomb (40)                                              Pour atteindre l’objectif d’une structuration optimale
sont respectivement interdits depuis le 5 avril 1995                                         des réseaux, il y a lieu de procéder en trois étapes :
et le 15 août 1997. En outre, l’article R.1321-2                                             - la première consiste à identifier tous les points
du code de la santé publique a abaissé les normes                                              d’usage ou postes utilisateurs ;
admissibles du plomb dans l’eau à 10 microgrammes
par litre d’eau, teneur limite autorisée à compter                                           - la deuxième consiste à déterminer, pour chacun
du 25 décembre 2013. L’article R.1321-64 du code                                               de ces points d’usages ou postes utilisateurs,
de la santé publique a fixé une valeur transitoire                                             la qualité de l’eau nécessaire ou exigée
à 25 microgrammes par litre d’eau, pour la période                                             en référence à la typologie présentée au titre III
du 25 décembre 2003 au 24 décembre 2013.                                                       p.21 du présent document ;
Les articles R.1321-44 et R.1321-46 du code                                                  - la troisième étape consiste à répartir ces usages
de la santé publique spécifient que les propriétaires                                          sous forme de réseaux spécialisés dénommés
d’établissements où de l’eau est fournie au public,                                            « Réseaux Types » (41). Ces réseaux types sont
tels que les hôpitaux, sont tenus de prendre                                                   au nombre de 5 et désignés RT1, RT2, RT3,
toutes les dispositions pour que l’eau soit conforme                                           RT4 et RT5. Ils sont définis comme suit :
aux exigences réglementaires de qualité.
                                                                                             Réseau RT1 : eau à usage alimentaire, sanitaire
Les matériaux constitutifs des canalisations doivent                                         et de soins
être choisis en fonction :
- des caractéristiques de l’eau disponible                                                   - RT1 eau froide
  (des phénomènes de corrosion ou de dégradation                                             Il dessert les postes utilisateurs d’eau destinée
  peuvent apparaître, influençant de manière                                                 à des usages alimentaires (eau de boisson,
  significative la qualité de l’eau fournie) ;                                               eau pour la préparation des aliments…), sanitaires
                                                                                             (toilette, WC…) et à tous les actes de soins exercés
- des usages de l’eau et des traitements mis en œuvre                                        dans un établissement de santé, pour lesquels
  (c’est le cas par exemple de l’eau chaude, de l’eau                                        la qualité de l’eau destinée à la consommation
  utilisée pour la dialyse, la stérilisation…) ;                                             humaine est adaptée, sans pré-traitement
                                                                                             (voir la liste des différents usages du titre III p.37).
- de la compatibilité des différents matériaux
  entre eux (l’acier galvanisé est incompatible                                              `


(40) Article R.1321-51 et arrêté du 10 juin 1996 relatif à l’interdiction d’emploi des brasures contenant des additions de plomb dans les installations fixes de production,
     de traitement et de distribution d’eaux destinées à la consommation humaine.
(41) Les réseaux types sont définis dans le guide technique de conception et de mise en œuvre des réseaux d’eau destinée à la consommation humaine à l’intérieur des
     bâtiments de 2003. Dans le cas des établissements de santé, le nombre de réseaux types a été fixé à 5.




>> Sommaire                                                                                                                                                                    59
                                                                                                                   - RT1 eau traitée pour des usages particuliers                                                 > Ensembles de protection

2
                                                                                                                   occasionnant une exposition humaine directe
                                                                                                                   ou indirecte                                                                                   Lorsque les réseaux types sont définis, il convient
                                                                                                                   Il dessert les postes utilisateurs d’eau destinée                                              de mettre en place sur chacun d’eux les ensembles
                                                                                                                   à des usages particuliers occasionnant une exposition                                          de protection adaptés aux installations et appropriés
                                                                                                                   humaine directe (dialyse, piscine) ou indirecte                                                aux risques de pollution par retour d’eau (42).
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   (stérilisation, four vapeur, cuisine collective),                                              Ces ensembles de protection constituent les différentes
                                                                                                                   pour lesquels la qualité de l’eau destinée                                                     barrières placées à l’origine des portions de canalisations
                                                                                                                   à la consommation humaine subit un traitement                                                  susceptibles de subir des altérations lors de siphonnages
                                                                                                                   (voir la liste des différents usages du titre III p.37).                                       (aspiration, dépression) ou de refoulements
                                                                                                                                                                                                                  (contre pression) provenant du réseau aval.
                                                                                                                   - RT1 eau chaude
                                                                                                                   Il dessert les postes utilisateurs d’eau destinée                                              On doit se poser la question du dispositif
                                                                                                                   à des usages sanitaires et à des actes de soins                                                de protection approprié en trois points :
                                                                                                                   exercés dans les établissements de santé.                                                      - NB : au niveau du branchement. Il est à l’origine
                                                                                                                   Ce sont essentiellement des douches et autres postes                                             du branchement sur le réseau d’adduction publique ;
                                                                                                                   utilisateurs d’eau fonctionnant à partir d’eau chaude
                                                                                                                                                                                                                  - NP : au niveau du piquage. Il est à installer
                                                                                                                   entre 50°C et 60°C (lave vaisselle, poste de lavage
                                                                                                                                                                                                                    à chaque changement de réseau type ;
                                                                                                                   à eau chaude…), avec ou sans pré-traitement.
                                                                                                                                                                                                                  - NE : au niveau de l’équipement. Il est à considérer
                                                                                                                   Rappel : l’utilisation de l’eau chaude n’est pas
                                                                                                                                                                                                                    au niveau du poste utilisateur lui-même.
                                                                                                                   conseillée pour des usages alimentaires.
                                                                                                                                                                                                                    L’ensemble de protection doit être intégré
                                                                                                                                                                                                                    à l’appareil raccordé, ou en cas d’impossibilité,
                                                                                                                   Réseau RT2 : eau à usage technique*
                                                                                                                   Il dessert les installations de chauffage (remplissage                                           placé à son amont immédiat.
                                                                                                                   des circuits de chauffage), de climatisation (réseau                                           Les règles générales pour l’installation des ensembles
                                                                                                                   eau glacée) et autres types, ainsi que de lavage
                                                                                                                                                                                                                  de protection sont les suivantes :
                                                                                                                   ou d’arrosage lorsqu’il est fait appel à quelques
                                                                                                                   robinets de puisage en élévation situés à une hauteur                                          • Au niveau NE :
                                                                                                                   d’au moins 0,50 mètre au-dessus du sol.                                                        - Règle n°E1 : tous les équipements raccordés
                                                                                                                   Dans ce dernier cas, un traitement de l’eau est inutile.                                         à un réseau RT1, RT2 ou RT5 doivent être munis
                                                                                                                                                                                                                    d’un dispositif de protection. Pour les autres cas,
                                                                                                                   Réseau RT3 : eau à usage de protection                                                           voir la règle n°E2,
                                                                                                                   contre l’incendie*
                                                                                                                   Il alimente les robinets d’incendie armés (RIA),                                               - Règle n°E2 : il est recommandé que les équipements
                                                                                                                   les systèmes d’extinction automatiques (type sprinkler),                                         raccordés à un réseau RT3 ou RT4 soient munis
                                                                                                                   les bornes ou les bouches d’incendie.                                                            de dispositifs de protection. Toutefois, il est admis,
                                                                                                                                                                                                                    lorsque plusieurs équipements présentant un risque
                                                                                                                   Réseau RT4 : eau à usage d’arrosage                                                              similaire sont raccordés sur un même piquage,
                                                                                                                   d’espaces verts*                                                                                 d’équiper uniquement le piquage d’un dispositif
                                                                                                                   Il alimente les appareils ou systèmes dits « enterrés » :                                        de protection suffisant équivalent à celui qui devrait
                                                                                                                   bouches manuelles ou automatiques, les systèmes                                                  être installé sur les équipements ;
                                                                                                                   par tuyaux rampant au sol, les systèmes d’irrigation
                                                                                                                   ou micro-poreux.                                                                               • Au niveau NP :
                                                                                                                                                                                                                  - Règle n°P1 : à chaque piquage sur un réseau
                                                                                                                   Réseau RT5 : activités spécifiques*                                                              de la série RT1 occasionnant un changement
                                                                                                                   Il alimente les équipements spécifiques de type                                                  de type de réseau, il convient d’installer un clapet
                                                                                                                   industriel : buanderie, portique de lavage…                                                      de non-retour (EA) au plus près du piquage
                                                                                                                   * Ces réseaux sont raccordés au réseau type RT1,                                                 (dans tous les cas à une distance inférieure à 3 m),
                                                                                                                   sauf s’ils font l’objet d’un branchement particulier
                                                                                                                   directement raccordé au réseau public ou s’ils sont alimentés                                  - Règle n°P2 : si la distance entre le piquage
                                                                                                                   à partir d’une ressource autre que le réseau public d’eau                                        et le dispositif de protection des équipements
                                                                                                                   potable (dans ces cas là, ces réseaux sont totalement                                            desservis est inférieure à 3 m, on peut se dispenser
                                                                                                                   séparés du RT1).                                                                                 d’une protection de niveau Np,




                                                                                                                   (42) Les notions d’ensemble de protection et de dispositif de protection sont définies dans le glossaire.




                                                                                           60                                                                                                                                                                 >> Sommaire
- Règle n°P3 : à l’intérieur d’un réseau de type RT1,


                                                                                                                                                                               2
  il convient d’évaluer à chaque piquage, la nécessité
  d’installer un dispositif de protection de niveau (EA)
  au plus près du piquage (dans tous les cas
  à une distance inférieure à 3 m), pour protéger
  le réseau amont (par exemple, d’un risque




                                                                                                                                                                               L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                                        Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  de stagnation) ;

• Au niveau NB :
- Règle n°B1 : si les règles ci-dessus sont respectées,
  et si le réseau en aval du compteur est de type RT1,
  un niveau de protection de type EA est suffisant
  sur le branchement. En cas de doute, ou si le réseau
  en aval du compteur n’est pas de type RT1,
  le service de distribution peut être amené
  à préconiser un niveau supérieur.

L’ensemble de protection doit être adapté
à l’installation et au risque qui doit être
préalablement évalué (43). Un dispositif de protection
titulaire du marquage NF antipollution est réputé
satisfaire à la norme qui s’y rapporte. Il doit être
installé selon les règles de pose et de sécurité sanitaire
qui lui sont propres. Il doit être vérifié et entretenu
aussi souvent que nécessaire et au moins deux fois
par an pour l’ensemble de protection placé
au niveau branchement NB.

Les équipements terminaux actuellement sur le marché
disposent généralement d’un ensemble de protection
intégré à l’appareil. Trois types de reconnaissance
de conformité des produits manufacturés existent :
- pour les équipements (robinetterie…)
  relevant d’une norme ou d’un cahier des charges,
  la certification inclut le contrôle du niveau
  de protection approprié ;

- pour les équipements ne relevant pas d’une norme
  ou d’un cahier des charges, il convient de s’assurer
  qu’ils disposent :
  • soit d’un avis technique favorable pour l’emploi

  considéré, délivré par le CSTB, complété
  éventuellement par une certification CSTBat,
  •soit d’une autorisation délivrée par le ministère
  de la santé.

Certains équipements nécessitent un dispositif
de protection fabriqué in situ. Il convient de s’assurer
que le processus de fabrication est conforme
à la norme ad hoc (ex : garde d’air de 80 cm
sur un robinet de puisage à nez lisse).
L’annexe 5 précise le type de dispositif de protection
pour les principaux équipements terminaux.
(Voir schéma 3 p. 60)




(43) Pour déterminer le choix des ensembles de protection les mieux adaptés aux risques, il est possible de procéder à une analyse quantifiée des risques associés à chacun
     des réseaux internes, à l’aide de la méthode Montout, du nom de son initiateur, et qui est référencée dans la norme européenne NF EN 1717.




>> Sommaire                                                                                                                                                                   61
                                                                                                                   Schéma 1 : Exemple de configuration d’un branchement d’eau d’alimentation d’une distribution intérieure,
                                                                                                                   raccordé à une conduite publique
                                                                                                                                                                                                  Niveau NB


2
                                                                                                                         Conduite                                  Vanne
                                                                                                                         publique                                  amont                          Ensemble
                                                                                                                                                                  compteur                       de Protection
                                                                                                                                               Canalisation
                                                                                                                                               de branchement
                                                                                                                                                                                                                                              Vers distribution
                                                                                                                                                                                                       EA                                     intérieure
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                    Robinet
                                                                                                                                    de prise                                      Compteur
                                                                                                                                                                                   général                        Robinets
                                                                                                                                                                                                                  d'essais
                                                                                                                                                                                                                de vidange
                                                                                                                                                                                                             et de désinfection




                                                                                                                   Schéma 2 : Principe de séparation des réseaux d’eau

                                                                                                                         Conduite                                 Vanne                       Niveau NB
                                                                                                                         publique                                 amont                       Ensemble
                                                                                                                                                                 compteur                    de Protection
                                                                                                                                           Canalisation
                                                                                                                                           de branchement                                                                            Vers distribution
                                                                                                                                                                                                  EA                                 intérieure
                                                                                                                                                                                                                                     EAU POTABLE
                                                                                                                                    Robinet
                                                                                                                                    de prise                                 Compteur
                                                                                                                                                                              général                       Robinets
                                                                                                                                                                                                            d'essais
                                                                                                                                                                                                          de vidange
                                                                                                                                                                                                       et de désinfection

                                                                                                                                                 Aucune interconnexion ne doit exister entre les 2 réseaux



                                                                                                                                                                                                                                                 Vers usages
                                                                                                                                                                                                                                                 spécifiques
                                                                                                                                                                                                             Traitement
                                                                                                                                                                                                                d'eau



                                                                                                                                                                                                        Ressource
                                                                                                                                                                                                        privée Forage




                                                                                                                   Schéma 3 : Exemple de structure d’un réseau type
                                                                                                                   Les ensembles de protection sont représentés par un hexagone
                                                                                                                                                                                                                                                     NE
                                                                                                                   conformément à la norme européenne NF EN1717.
                                                                                                                                                                                                  NE Règle n°E1
                                                                                                                                                                                                             Point d'usage
                                                                                                                                                                                                             Poste utilisateur
                                                                                                                                                                                                             associé
                                                                                                                                                                                                             à une qualité                    RT1
                                                                                                                                                                                                             d'eau Q.1, Q.2…


                                                                                                                                                                                                  NE                                           Règles n°P3
                                                                                                                                                                                                                                               (partie de réseau
                                                                                                                                                                                                                                               avec risque
                                                                                                                                                                       RT1                                                                     particulier)
                                                                                                                                                    RT1
                                                                                                                                    NB
                                                                                                                                                                                                                                               NP


                                                                                                                                                       NP                                                           NP                                    NP
                                                                                                                                                                            RT2         Règle n°P2
                                                                                                                              Règle n°B1              Règle n°P1                        (L < 3m)
                                                                                                                                                                                                                 RT4             Règle n°E2
                                                                                                                                                                                                                                                         RT3
                                                                                                                                                     RT2
                                                                                                                                                                                   NE




                                                                                                                                           NE               NE




                                                                                           62                                                                                                                                                             >> Sommaire
Répartition des usages de l’eau en fonction des réseaux types dans les établissements de santé



Réseau RT1 (eau froide)
destiné à des usages alimentaires, sanitaires et de soins


Réseau RT1 (eau chaude)
                                                                                  Réseau RT2 destiné à des usages techniques (chauffage/
                                                                                  climatisation/arrosage lavage de robinets en élévation


                                                                                  Réseau RT3 destiné à la protection incendie exclusivement
                                                                                                                                                       2
destiné à des usages sanitaires et de soins




                                                                                                                                                       L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
                                                                                  Réseau RT4 destiné aux espaces verts exclusivement
Réseau RT1 (eau traitée)
destiné à des usages particuliers occasionnant une exposition
humaine directe ou indirecte (piscine, dialyse…)                                  Réseau RT5 destiné à des usages de process (laverie…)




           Protection incendie                                        Usages alimentaires, sanitaires et de soins




                                                                                                T                                 T
                                         NE                 NE          NE              NE               NE             NE
                                                   Q1             Q1              Q1                           Q2                               Q3
                                                                                              Q2                                 Q2

                                                                                                                  RT1
                                                                                                               eau traitée


                                                                                                                             T
                                   RT1
                               eau chaude                                                                            NP


                                               ECS      T
                  NP           RT3
                                                            NP          RT1                                                           RT1


                     NB
                          NP                                     NP                                      NP


                                        RT4                                   RT2                                   RT5

                NE                                                                                                                    NB


                                                                                                                                        Forage
                                                                                                                                        Puits privé

                                   NE
                                                        NE       NE          NE                 NE        NE
                                                                                                                     NE
                      Arrosage                       Chauffage/climatisation/                        Process
                par hydrant sur le sol                 arrosage par poste                                                             Process
                     ou enterré                           en élévation…



                Eau ne subissant                     Eau traitée pour un usage spécialisée au poste uilisateur
      Q1                                      Q2                                                                                 Q3    Eau stérile
                aucun traitement                     Exemple : traitement d'eau pour la dialyse


                Niveau branchement - Protection du réseau de distribution                                 Mesures des volumes d'eau utilisée
           NB                                                                                             et point « chasse »

                Niveau piquage - Protection minimale du réseau spécifique
           NP
                                                                                                     T    Traitement particulier pour l'usage
                Niveau équipement - Protection au poste utilisateur - intégré                             spécialisé au poste
           NE




           >> Sommaire                                                                                                                                63
                                                                                                                   > Caractéristiques de chaque                                        Certains actes de soins peuvent nécessiter une qualité


2                                                                                                                  réseau type                                                         d’eau supérieure à celle délivrée par le réseau RT1.
                                                                                                                                                                                       Pour satisfaire au niveau d’exigence de qualité
                                                                                                                                                                                       requis pour ces actes, il est mis en place un dispositif
                                                                                                                   Le réseau RT1 est réservé aux usages
                                                                                                                                                                                       spécifique de traitement de l’eau, placé en amont
                                                                                                                   alimentaires, sanitaires et de soins
                                                                                                                                                                                       immédiat du poste de l’utilisateur d’eau.
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   Tous les postes utilisateurs d’eau destinée à des usages
                                                                                                                                                                                       De tels dispositifs nécessitent une gestion rigoureuse
                                                                                                                   alimentaires, sanitaires ou à des actes de soins doivent
                                                                                                                                                                                       de leur fonctionnement et de leur entretien
                                                                                                                   être obligatoirement raccordés sur le réseau référencé
                                                                                                                                                                                       (mise en place obligatoire d’un protocole
                                                                                                                   RT1. En effet, c’est le débit sanitaire qui garantit
                                                                                                                                                                                       de maintenance). L’efficacité du traitement doit
                                                                                                                   le renouvellement massif de l’eau dans les canalisations
                                                                                                                                                                                       être évaluée périodiquement selon un programme
                                                                                                                   et permet de maintenir la qualité de l’eau mise
                                                                                                                                                                                       d’analyses. Toutes les informations relatives
                                                                                                                   à disposition des utilisateurs. Pour cette raison,
                                                                                                                                                                                       à son fonctionnement, son entretien
                                                                                                                   les postes utilisateurs d’eau pour les soins sont raccordés
                                                                                                                                                                                       et sa maintenance doivent être consignées
                                                                                                                   sur le RT1 de l’établissement. Les canalisations
                                                                                                                                                                                       dans le carnet sanitaire de ce dispositif.
                                                                                                                   de distribution doivent être les plus courtes possibles
                                                                                                                   et être clairement identifiées depuis leur point d’origine
                                                                                                                   jusqu’au poste de l’utilisateur.

                                                                                                                   Tableau 3 : Recommandations concernant le réseau RT1

                                                                                                                                      Réseau RT1 destiné à des usages alimentaires, sanitaires et de soins
                                                                                                                                                             Choix des matériaux constitutifs
                                                                                                                            Matériaux                                                Observations
                                                                                                                    Cuivre                          - Sensibilité à la corrosion par « érosion/cavitation » pour les tubes recuits ou surchauffés.
                                                                                                                    NF A 51 120                     - Incompatible avec de l’acier galvanisé situé en aval.
                                                                                                                                                    - Adapté à tous types d’eau.
                                                                                                                    Polyéthylène réticulé (PER)     - Adapté aux eaux corrosives.
                                                                                                                                                    - Adapté aux eaux chaudes.
                                                                                                                    Polybutylène (PB)               - Adapté aux eaux corrosives.
                                                                                                                    et polypropylène (PP)           - Adapté aux eaux chaudes.
                                                                                                                    Polychlorure de vinyle (PVC)    - Matériau incompatible avec l’eau chaude.
                                                                                                                                                    - Les produits de collage et de soudage des canalisations
                                                                                                                                                      doivent respecter les avis techniques.
                                                                                                                    Polychlorure de vinyle          - Adapté aux eaux corrosives.
                                                                                                                    surchloré (PVC-C)               - Les produits de collage et de soudage des canalisations
                                                                                                                                                      doivent respecter les avis techniques.
                                                                                                                    Inox 316L                       - Adapté aux eaux corrosives et agressives.
                                                                                                                    selon la norme AISI             - Coût de fourniture élevé. La mise en œuvre doit être réalisée par un personnel qualifié.
                                                                                                                    ou de qualité équivalente       - Facilité d’entretien.
                                                                                                                    Inox 304L                       - Non adapté si les chlorures sont ⭓ à 50 mg/L ou en cas de traitement
                                                                                                                                                      avec des produits chlorés.
                                                                                                                    Polyéthylène (PE)               - Adapté aux eaux agressives et corrosives.
                                                                                                                    Basse et haute densité          - Incompatible avec l’eau chaude.
                                                                                                                    Polyvinylidène fluoré (PVDF)    - Adapté aux eaux corrosives.
                                                                                                                                                    - Coût de fourniture plus élevé que pour les autres matériaux plastiques.
                                                                                                                    Acier galvanisé                 - Incompatible avec une température de l’eau supérieure à 60°C. Risque de corrosion
                                                                                                                                                      favorisant les développements bactériens.
                                                                                                                                                    - Incompatible avec le cuivre en amont ou dans la boucle.
                                                                                                                                                    - Déconseillé pour les réseaux de type RT1 et notamment pour l’eau chaude.
                                                                                                                    Acier noir                      - Interdit pour les usages alimentaires et sanitaires (arrêté du 29 mai 1997 Annexe 1).
                                                                                                                    Plomb                           - Interdit à la mise en œuvre depuis le 5 avril 1995 (Article R.1321-51 du CSP).

                                                                                                                                                             Choix des ensembles de protection
                                                                                                                    Protection contre les retours   Les dispositifs de protection doivent répondre à la norme NF antipollution correspondante :
                                                                                                                    d’eau pour les réseaux RT1      - au Niveau NB : l’ensemble de protection à mettre en place à l’origine du réseau RT1
                                                                                                                                                       doit être adapté à l’installation et approprié aux risques évalués. En général,
                                                                                                                                                       l’ensemble de protection acceptable est un clapet de non-retour type EA contrôlable.
                                                                                                                                                    - au niveau NE : se reporter à la norme NF EN 1717 (cf. chapitre sur les ensembles
                                                                                                                                                      de protection p. 58).

                                                                                           64                                                                                                                                         >> Sommaire
Le réseau RT2 est réservé aux usages techniques                                              Le réseau RT2 peut également correspondre


                                                                                                                                                                                   2
                                                                                             aux réseaux de lavage ou d’arrosage lorsqu’il est fait
Il correspond en général aux réseaux d’alimentation                                          appel à quelques robinets placés en élévation
des circuits de chauffage et de climatisation.                                               à au moins 0,50 m au-dessus du sol et pour lesquels
Des fluides caloporteurs et additifs peuvent être                                            il n’y a pas d’injection de produits du type herbicide,
utilisés dans les installations de traitement thermique                                      fongicide, antigel… Si ces réseaux sont de dimension




                                                                                                                                                                                   L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                                            Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
conçues suivant le principe de simple échange.                                               ou de longueur importantes, ils peuvent être associés
La liste de ces produits est établie par le ministère                                        à un réseau RT4.
chargé de la santé après avis du Conseil supérieur
d’hygiène publique de France (44).                                                           Tout raccordement de tuyaux flexibles à ces robinets
                                                                                             doit être démonté après utilisation.
Les tours aéroréfrigérantes peuvent être raccordées
sur ce réseau RT2 (45).


Tableau 4 : Recommandations concernant le réseau RT2

                                   Réseau RT2 destiné à des usages techniques
                      (chauffage, climatisation, arrosage, lavage par postes en élévation…)
 Matériaux                                    - Être compatible avec les eaux agressives et corrosives, avec les exigences
 Critères pouvant influencer                    de température, avec l’injection éventuelle de produits dits filmogènes…
 le choix du matériau                         - L’eau transportée par les réseaux RT2 est considérée a priori comme non potable
 pour les réseaux RT2                           à l’exception des tronçons de réseaux alimentant les appareils d’humidification de l’air
                                                ambiant destinés à pulvériser de la vapeur d’eau dans les gaines des centrales
                                                de traitement d’air ou des appareils ou systèmes pouvant former des aérosols.
 Protection contre les retours                Les dispositifs de protection doivent répondre à la norme NF antipollution correspondante :
 d’eau pour les réseaux RT2                   - au Niveau NP : l’ensemble de protection à mettre en place à l’origine du réseau RT2
                                                doit être adapté à l’installation et approprié aux risques évalués. En général,
                                                l’ensemble de protection acceptable est un clapet de non-retour type EA contrôlable ;
                                              - au niveau NE : se reporter à la norme NF EN 1717 (cf. chapitre sur les ensembles
                                                de protection p. 58). Pour les robinets à raccord au nez, un ensemble de protection
                                                de type HA (disconnecteur d’extrémité) est exigé. Il doit être intégré au robinet (NE),
                                                à défaut il est placé au nez fileté du robinet de puisage, rendu solidaire
                                                et indémontable de celui-ci.




(44) Cette liste figure dans la circulaire du 2 juillet 1985 et elle a été mise à jour dans la circulaire du 2 mars 1987.
(45) Les recommandations concernant la conception, l’exploitation, l’entretien et la surveillance des tours aéroréfrigérantes sont précisées dans le guide des bonnes pratiques
     Legionella et tours aéroréfrigérantes.




>> Sommaire                                                                                                                                                                       65
                                                                                                                   Le réseau RT3 est réservé à la protection                                                    Néanmoins, ce dispositif ne peut être toléré


2
                                                                                                                   contre l’incendie (46)                                                                       qu’à deux conditions :
                                                                                                                                                                                                                - il ne doit pas être mis en œuvre d’additifs
                                                                                                                   Les réseaux réservés à la protection incendie                                                  (injection de produits filmogènes, anticorrosion…)
                                                                                                                   sont des réseaux stagnants et peuvent donc être                                                à l’intérieur de ce réseau ;
                                                                                                                   à l’origine d’une pollution microbiologique (présence
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   de Pseudomonas aeruginosa, de coliformes…)                                                   - le réseau incendie doit être purgé très régulièrement
                                                                                                                   et chimique (présence de particules déposantes fer,                                            (au moins 2 fois par an) de façon à éviter la stagnation
                                                                                                                   matières organiques…) du réseau d’eau potable                                                  et la dégradation de la qualité de l’eau. La surveillance
                                                                                                                   de l’établissement à l’occasion de retour d’eau.                                               de ce type de réseau doit conduire l’opérateur
                                                                                                                                                                                                                  à effectuer des relevés de compteur très régulièrement
                                                                                                                   Ces réseaux sont trop souvent en communication                                                 pour s’assurer d’une part que le réseau incendie
                                                                                                                   directe avec le réseau d’eau potable, les uns                                                  est en pression et qu’il peut répondre à la demande
                                                                                                                   sans protection particulière, les autres équipés                                               en eau à tout moment (détection de fuites…),
                                                                                                                   de protection non adaptée pouvant mettre en danger                                             d’autre part que le réseau est purgé périodiquement.
                                                                                                                   la sécurité incendie. La protection sanitaire du réseau
                                                                                                                   de distribution d’eau potable contre les risques                                             Il est fortement déconseillé de mettre en place
                                                                                                                   de pollution par retour d’eau doit être compatible                                           des ensembles de protection type BA (disconnecteur
                                                                                                                   avec la sécurité des personnes et des biens                                                  à zone de pression réduite contrôlable) à l’origine
                                                                                                                   contre les risques liés à l’incendie à l’intérieur                                           des réseaux réservés à la protection incendie.
                                                                                                                   d’un établissement de santé. Le dispositif de protection                                     Ils génèrent des pertes de charge très importantes
                                                                                                                   ne doit ni engendrer une perte de charge trop                                                de l’ordre de 1 bar, voire plus en fonction du diamètre,
                                                                                                                   importante, ni éventuellement, interrompre le débit                                          et peuvent à tout moment se mettre à « disconnecter »
                                                                                                                   d’eau, notamment en cas d’incendie.                                                          (fonctionner en disconnexion), entraînant un manque
                                                                                                                                                                                                                d’eau préjudiciable en cas d’incendie.
                                                                                                                   Sauf avis contraire des services de la protection civile,
                                                                                                                   il est préférable de disposer, pour la protection contre                                     Le réseau réservé à la protection incendie doit faire
                                                                                                                   l’incendie, d’un branchement particulier directement                                         l’objet d’un repérage sur plan et être répertorié
                                                                                                                   raccordé au réseau public. Dans le cas contraire,                                            dans le carnet sanitaire.
                                                                                                                   le piquage destiné à l’alimentation en eau du réseau
                                                                                                                                                                                                                L’eau mise à disposition par ce réseau doit être réservée
                                                                                                                   incendie doit être réalisé au plus près de l’alimentation
                                                                                                                                                                                                                uniquement à la défense incendie. Aucun piquage
                                                                                                                   générale de l’établissement. Ce piquage doit être
                                                                                                                                                                                                                ne doit être réalisé sur ce réseau pour desservir
                                                                                                                   équipé a minima d’un dispositif de comptage,
                                                                                                                                                                                                                d’autres usages.
                                                                                                                   d’une purge, d’un indicateur de pression et
                                                                                                                   d’un ensemble de protection contre les retours d’eau.                                        Le diamètre des canalisations doit être calculé
                                                                                                                                                                                                                en fonction de la longueur de celles-ci, du nombre
                                                                                                                   L’ensemble de protection le plus adapté à mettre
                                                                                                                                                                                                                de robinets ou d’orifices à desservir et de leur hauteur
                                                                                                                   en place à l’origine du réseau incendie est de type EA
                                                                                                                                                                                                                par rapport au sol compte tenu du débit et de la pression
                                                                                                                   (clapet de non-retour contrôlable), générant une perte
                                                                                                                                                                                                                du réseau public desservant l’établissement.
                                                                                                                   de charge acceptable.

                                                                                                                   Tableau 5 : Recommandations concernant le réseau RT3

                                                                                                                                                                  Réseau RT3 destiné à la protection incendie
                                                                                                                    Matériaux                                   - Être compatible avec les eaux agressives et corrosives.
                                                                                                                    Critères pouvant influencer                 - Les branchements et les canalisations situés à l’intérieur des bâtiments et alimentant
                                                                                                                    le choix du matériau                          les moyens de secours contre l’incendie doivent être en matériaux incombustibles.
                                                                                                                    pour les réseaux RT3                        - L’eau transportée par les réseaux RT3 est a priori considérée comme non potable.
                                                                                                                                                                - Il est toujours souhaitable de se rapprocher des services de la protection civile
                                                                                                                                                                  ou des organismes concernés pour préciser les mesures à mettre en œuvre.
                                                                                                                    Protection contre les retours               Les dispositifs de protection doivent répondre à la norme NF antipollution correspondante :
                                                                                                                    d’eau pour les réseaux RT3                  - au Niveau NP : l’ensemble de protection à mettre en place à l’origine du réseau RT3
                                                                                                                                                                  doit être adapté à l’installation et approprié aux risques évalués. En général,
                                                                                                                                                                  l’ensemble de protection acceptable est un clapet de non-retour type EA contrôlable,
                                                                                                                                                                  s’il est fait appel à des postes en élévation et sans injection d’additifs.
                                                                                                                                                                - au niveau NE si nécessaire : se reporter à la norme NF EN 1717
                                                                                                                                                                  (cf. chapitre sur les ensembles de protection p. 58).




                                                                                                                   (46) Les moyens de secours contre l’incendie sont définis par le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public,
                                                                                                                        pris par arrêté du 25 juin 1980.




                                                                                           66                                                                                                                                                                                 >> Sommaire
Le réseau RT4 est réservé à l’arrosage enterré                     de tronçons d’arrosage, il est nécessaire de structurer


                                                                                                                                2
ou semi enterré ou arasé au niveau du sol                          ces réseaux, de les identifier et de mettre en place
                                                                   une protection adaptée à chaque configuration
En raison de leur utilisation occasionnelle                        pour réduire les risques de pollution à l’intérieur
et de leur situation enterrée, semi-enterrée ou arasée             de l’établissement de santé.
au niveau du sol, les réseaux d’arrosage sont considérés




                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
comme des réseaux stagnants. Du fait du contact                    Pour cela, les canalisations destinées à l’alimentation
avec les terres, débris, déjections animales, pouvant              de ces réseaux d’arrosage doivent être réalisées
s’accumuler au niveau des points d’eau, ils peuvent                à partir d’un piquage spécifique sur le réseau RT1.
être à l’origine de pollution du réseau de l’établissement
à l’occasion de retour d’eau : pollutions microbiologique          Pour les réseaux d’arrosage enterrés ou courants
(présence de bacilles pyocyanique, de légionelles,                 sur le sol (goutte à goutte), le piquage doit être
d’entérobactéries, de coliformes…) ou chimique                     équipé a minima d’un dispositif de comptage
(présence de particules déposantes, fer, matières                  et d’un ensemble de protection de type AA
organiques, produits de traitement du jardin…).                    (surverse totale) ou AB (surverse par trop plein)
                                                                   contre les retours d’eau. L’ensemble de protection
Ces réseaux sont trop souvent en communication                     de type AA est bien souvent intégré
directe avec le réseau d’eau potable les uns                       dans l’aménagement paysager et fait office
sans protection particulière, les autres équipés                   de bassin d’ornement, par exemple, où l’eau arrive
de protection non adaptée. Pour protéger le réseau                 par surverse et est remise en pression par un dispositif
de distribution d’eau potable contre les risques                   de pompage.
de pollution par retour d’eau provenant d’une multitude


Tableau 6 : Recommandations concernant le réseau RT4

                                         Réseau RT4 destiné à l’arrosage
 Matériaux                       - Être compatible avec les eaux agressives et corrosives.
 Critères pouvant influencer     - L’eau transportée par les réseaux RT4 est a priori considérée comme non potable.
 le choix du matériau              Il convient d’être particulièrement vigilant quant à l’exposition éventuelle
 pour les réseaux RT4              de personnes aux aérosols émis lors des opérations d’arrosage par asperseurs.
                                 - Il convient d’étiqueter par pictogramme caractéristique « eau non potable »,
                                   le réseau de distribution compris entre l’ensemble de protection contre les retours
                                   d’eau et le point d’utilisation.
 Protection contre les retours   Les dispositifs de protection doivent répondre à la norme NF antipollution correspondante :
 d’eau pour les réseaux RT4      - au Niveau NP : l’ensemble de protection à mettre en place à l’origine du réseau RT4
                                   doit être adapté à l’installation et approprié aux risques évalués.
                                   En général, l’ensemble de protection acceptable est de type AA ou AB
                                   (bâche de rupture alimentée par surverse).
                                 - au niveau NE si nécessaire : se reporter à la norme NF EN 1717 (cf. chapitre
                                   sur les ensembles de protection p. 58). Pour les robinets à raccord au nez, un ensemble
                                   de protection de type HA (disconnecteur d’extrémité) est exigé. Il doit être intégré
                                   au robinet (NE) ; à défaut il est placé au nez fileté du robinet de puisage,
                                   rendu solidaire et indémontable de celui-ci.




>> Sommaire                                                                                                                    67
                                                                                                                   Le réseau RT5 est réservé à des activités                          Dans un établissement de santé, le lavage du linge


2
                                                                                                                   spécifiques de process                                             entre dans cette catégorie : la buanderie
                                                                                                                                                                                      est donc raccordée à un réseau type RT5.
                                                                                                                   Les activités spécifiques de process sont les activités
                                                                                                                   de type industriel générant d’importantes                          Ces réseaux doivent faire l’objet d’une attention
                                                                                                                   consommations d’eau qui, le cas échéant,                           toute particulière compte tenu des produits utilisés
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   peut faire l’objet de traitements particuliers.                    pour l’activité spécifique et qui peuvent être mis
                                                                                                                                                                                      en contact avec l’eau potable.


                                                                                                                   Tableau 7 : Recommandations concernant le réseau RT5

                                                                                                                                              Réseau RT5 destiné à l’alimentation en eau de process
                                                                                                                    Matériaux                       - Être compatible avec la qualité de l’eau de process.
                                                                                                                    Critères pouvant influencer
                                                                                                                    le choix du matériau
                                                                                                                    pour les réseaux RT5.
                                                                                                                    Protection contre les retours   Les dispositifs de protection doivent répondre à la norme NF antipollution correspondante :
                                                                                                                    d’eau pour les réseaux RT5      - au Niveau NP : l’ensemble de protection à mettre en place à l’origine du réseau RT5
                                                                                                                                                      doit être adapté à l’installation et approprié aux risques évalués.
                                                                                                                                                      En général, l’ensemble de protection acceptable est de type AA ou AB
                                                                                                                                                      (bâche de rupture alimentée par surverse) ;
                                                                                                                                                    - au niveau NE si nécessaire : se reporter à la norme NF EN 1717
                                                                                                                                                      (cf. chapitre sur les ensembles de protection p. 58).




                                                                                                                   Les réseaux alimentés à partir d’une autre                         > Choix des équipements raccordés
                                                                                                                   ressource que le réseau public d’eau potable
                                                                                                                                                                                      Du fait de leur conception ou de leur mise en œuvre,
                                                                                                                   Les réseaux types RT2, RT3, RT4 et RT5 peuvent                     les équipements raccordés à un réseau d’eau
                                                                                                                   être alimentés à partir d’une ressource autre                      potable ne doivent pas être susceptibles d’altérer
                                                                                                                   que le réseau public d’eau potable à condition                     la qualité de l’eau distribuée soit à l’occasion
                                                                                                                   qu’ils soient totalement séparés du réseau RT1,                    de phénomènes de retour d’eau, soit par
                                                                                                                   qu’ils soient clairement identifiés depuis leurs points            les matériaux utilisés pour leurs composants.
                                                                                                                   d’origine jusqu’aux postes utilisateurs et que la qualité
                                                                                                                   de l’eau utilisée soit compatible avec l’usage                     Tout opérateur doit être en mesure d’apporter
                                                                                                                   qu’il en est fait notamment lorsqu’il crée des aérosols            la preuve que toutes les précautions ont été prises
                                                                                                                   (tours de refroidissement, arrosage automatique…)                  pour assurer la sécurité sanitaire des réseaux d’eau
                                                                                                                   ou nécessite des caractéristiques spécifiques.                     destinée à la consommation humaine.

                                                                                                                   L’établissement peut posséder sa propre alimentation
                                                                                                                   en eau, par forage ou puits, nécessitant, le cas échéant,
                                                                                                                   la mise en œuvre d’un traitement complémentaire
                                                                                                                   de l’eau (déferrisation, démanganisation…).
                                                                                                                   Cette ressource doit être contrôlée. Dans ce cas,
                                                                                                                   un raccordement au réseau RT1 est généralement
                                                                                                                   prévu pour l’alimentation de secours en cas
                                                                                                                   de défaillance de la ressource de substitution.
                                                                                                                   La canalisation RT1 doit faire l’objet d’une attention
                                                                                                                   particulière afin d’éviter tout bras mort.

                                                                                                                   Il ne doit pas y avoir d’interconnexion entre
                                                                                                                   les deux réseaux qui doivent être totalement séparés
                                                                                                                   par l’intermédiaire d’une bâche de rupture répondant
                                                                                                                   à l’ensemble de protection de type AA ou AB.




                                                                                           68                                                                                                                                      >> Sommaire
V Équipements spécifiques                                    Les commandes, quant à elles, peuvent être manuelles,


                                                                                                                           2
                                                             au coude, fémorales, au pied, ou électroniques.
                                                             L’électronique évite le contact direct de la robinetterie
  > Robinetterie                                             avec les mains grâce à des cellules photoélectriques
                                                             mais les électrovannes qu’elles commandent
  Adapter la distribution de l’eau aux caractéristiques      ne sont pas dénuées d’inconvénients (création




                                                                                                                           L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                    Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  du point d’usage est un souci permanent des services       d’un biofilm sur la membrane de l’électrovanne,
  techniques des hôpitaux et de nombreux fabricants          nécessité d’une alimentation électrique, le manque
  proposent maintenant des solutions originales.             d’étanchéité facilite la retro contamination, etc.).
  Il est important de choisir des solutions réellement
  ergonomiques et adaptées aux différents contextes          L’utilisation de certains types de robinetterie comme
  d’utilisation. Ainsi un petit lave-mains dans un couloir   les becs de robinets déclipsables, écouvillonables,
  peut être plus décoratif que pratique.                     voire même autoclavables, peut paraître séduisante ;
                                                             il convient toutefois de noter que les embases fixes
  En ce qui concerne la robinetterie, le choix s’oriente     de cette robinetterie avec condamnation des arrivées
  vers trois types de produits :                             d’eau constituent autant de pièces, de recoins
                                                             et de chicanes qui ne sont ni nettoyables
  • Le mélangeur est le type de robinet le plus courant,     ni désinfectables, et donc autant de niches
  traditionnel et bon marché. En général, le croisillon      microbiennes. La nature des matériaux constitutifs
  de gauche permet de faire varier le débit d’eau            de ces robinets doit être compatible avec les opérations
  chaude, celui de droite le débit d’eau froide,             de stérilisation (attention au laiton) ou de désinfection
  et l’eau sort mélangée par un seul bec ou tube ;           telles que les chocs chlorés (dépassivation de l’inox).
  • Le mitigeur monocommande est muni                        Le choix des matériaux doit être effectué
  d’un levier unique qui règle la température                en conséquence.
  et le débit (verticalement pour le débit                   Les becs de robinet et cols de cygne « ascendants »
  et horizontalement pour la température). Le réglage        favorisent la stagnation d’un volume d’eau parfois
  peut donc se faire d’une seule main, avec précision        non négligeable que l’on peut réduire par des becs
  et un grand confort d’utilisation. Le mécanisme étant      horizontaux ou descendants. En tout état de cause,
  fait de disques céramiques glissant l’un sur l’autre,      la purge de la robinetterie doit être organisée,
  ceux-ci sont peu sensibles au tartre et ils peuvent        particulièrement en cas de faible utilisation.
  se démonter et être nettoyés. Certains modèles
  permettent une limitation de la température                Les embouts de mousseurs ou d’aérateurs de l’eau
  et du débit ;                                              sont rarement changés ou entretenus ; ils sont un lieu
                                                             privilégié de dépôt de calcaire et d’autres particules.
  • Le mitigeur thermostatique est un système                Ils peuvent être remplacés par des brise-jet étoiles
  plus élaboré. Une poignée règle le débit et l’autre        qui limitent le risque de développement de niches
  la température qui restent constants. La température       bactériennes.
  peut être réglée au degré près et une sécurité
  anti-brûlure évite de dépasser une température             Les douchettes et flexibles doivent être
  préfixée (certains fabricants prévoient la possibilité     particulièrement entretenus. Selon le système choisi,
  sécurisée de dépasser ce seuil pour faciliter les chocs    il peut exister un volume important de stagnation ou,
  thermiques). De plus, un élément thermosensible            au contraire, un système de purge par gravitation.
  peut corriger automatiquement toute variation              Les douchettes peuvent être équipées d’un système
  de température. Dans le cadre de la marque NF,             anticalcaire. Il existe des kits « douchette-flexible »
  tous les mitigeurs thermostatiques sont équipés            jetables (patient unique) utilisables chez des patients
  de filtres et de clapets anti-retour. Ces équipements      à haut risque.
  qui nécessitent une maintenance régulière peuvent
  être, en cas de défaillance, des lieux de fixation         Il est préférable de supprimer les points d’eau
  pour des germes et leur biofilm. Il est conseillé          très peu ou jamais utilisés. Il est parfois plus judicieux
  de réinstaller des clapets sur les arrivées d’eau froide   de remplacer les équipements de robinetterie
  et d’eau chaude afin de limiter les risques                très usagés que de procéder à leur détartrage.
  d’interconnection entre les deux réseaux. Il est à noter
  que des chocs thermiques répétés peuvent être
  à l’origine d’une détérioration de ces équipements.




  >> Sommaire                                                                                                             69
                                                                                                                   > Fontaines réfrigérantes                                                               Principales recommandations (47), auxquelles doivent


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                                                                                                                                                                                                           satisfaire les fontaines réfrigérantes :
                                                                                                                   Plusieurs types de fontaines réfrigérantes                                              - leur raccordement se fait sur le réseau RT1 ;
                                                                                                                   sont commercialisés :
                                                                                                                                                                                                           - l’eau produite doit satisfaire aux normes
                                                                                                                   • Les fontaines « à tirage direct » : l’eau                                               de potabilité en vigueur ;
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   de distribution publique est refroidie par circulation
                                                                                                                   dans un double serpentin réfrigéré par un compresseur                                   - les matériaux utilisés ne doivent pas être
                                                                                                                   hermétique à haute pression. Ce système assure                                            susceptibles d’altérer la qualité de l’eau ;
                                                                                                                   le maintien de la qualité de l’eau provenant
                                                                                                                                                                                                           - seuls les fluides caloporteurs appartenant à la liste
                                                                                                                   des canalisations extérieures à la fontaine ;
                                                                                                                                                                                                             diffusée par la circulaire DGS du 2 juillet 1985
                                                                                                                   • Les fontaines « à banquise » : l’eau circule                                            et par la circulaire du 2 mars 1987 peuvent être
                                                                                                                   dans un serpentin qui est réfrigéré par un bloc de glace.                                 utilisés dans les installations de traitement thermique
                                                                                                                   La qualité de la glace ainsi que l’étanchéité                                             fonctionnant en simple échange. Les systèmes
                                                                                                                   du serpentin sont à vérifier régulièrement afin d’éviter                                  d’échange doivent pouvoir être vérifiés régulièrement
                                                                                                                   une contamination de l’eau distribuée ;                                                   et permettre de visualiser toutes perforations
                                                                                                                                                                                                             d’une surface d’échange ;
                                                                                                                   • Les fontaines « à réservoir » : elles utilisent
                                                                                                                   un réservoir d’eau alimenté par le réseau                                               - le dispositif de stockage doit être dimensionné
                                                                                                                   de distribution publique. Un dispositif de vidange                                        pour éviter une stagnation prolongée :
                                                                                                                   doit être prévu ainsi que des dispositifs de prise                                        l’adéquation du volume à la consommation
                                                                                                                   d’échantillons. Le réservoir doit être vidangé et nettoyé                                 est un critère de qualité ;
                                                                                                                   chaque fois que cela est nécessaire et au moins
                                                                                                                                                                                                           - ces fontaines, ainsi que les éventuels systèmes
                                                                                                                   une fois par mois. L’utilisation de ces fontaines
                                                                                                                                                                                                             de filtration parfois mis en place en amont,
                                                                                                                   est déconseillée à cause du risque possible
                                                                                                                                                                                                             doivent être maintenus dans un bon état d’entretien
                                                                                                                   de dégradation de la qualité de l’eau liée
                                                                                                                                                                                                             et de fonctionnement.
                                                                                                                   à la stagnation prolongée dans le réservoir
                                                                                                                   de stockage et du fait de leur trop grande sensibilité                                  Les fontaines réfrigérantes doivent être installées
                                                                                                                   à la température extérieure. Ces systèmes peuvent                                       en petit nombre, de façon à être facilement
                                                                                                                   permettre la prolifération de bactéries psychrophiles                                   accessibles, à l’abri de toute pollution d’origine
                                                                                                                   (Yersinia, Listeria) ;                                                                  extérieure (ventilation, coin fumeur…), entretenues
                                                                                                                                                                                                           et utilisées régulièrement. L’eau les alimentant
                                                                                                                   • Les fontaines alimentées par une bonbonne
                                                                                                                                                                                                           doit être conforme à la réglementation.
                                                                                                                   d’eau de 18,9 litres. La qualité de l’eau peut
                                                                                                                   se dégrader à la suite d’une stagnation prolongée
                                                                                                                   dans les réservoirs de stockage et du fait d’une grande                                 > Machines à glace non alimentaire
                                                                                                                   sensibilité de ces systèmes à la température extérieure.
                                                                                                                   Ces systèmes peuvent notamment permettre                                                Les machines destinées à produire des glaçons,
                                                                                                                   la prolifération de bactéries psychrophiles (Yersinia,                                  utilisés dans différents processus de refroidissement,
                                                                                                                   Listeria). Il faut donc veiller à installer ces équipements                             sont susceptibles d’être colonisées par
                                                                                                                   dans des ambiances tempérées et s’assurer                                               des micro-organismes et les glaçons produits peuvent
                                                                                                                   du renouvellement fréquent des bonbonnes.                                               être microbiologiquement contaminés. Il convient
                                                                                                                   Il faut de plus être sûr que l’air introduit lors                                       donc de veiller à la bonne utilisation des glaçons
                                                                                                                   du soutirage est efficacement filtré pour limiter                                       non alimentaires.
                                                                                                                   toute introduction de micro-organismes dangereux
                                                                                                                                                                                                           Les fluides frigorigènes utilisés ne doivent pas polluer
                                                                                                                   en milieu de soins. La qualité de l’eau doit être
                                                                                                                                                                                                           le réseau intérieur de distribution d’eau potable
                                                                                                                   garantie soit par le fournisseur dans un cadre
                                                                                                                                                                                                           en cas de perforation d’une surface d’échange.
                                                                                                                   contractuel, soit par l’établissement qui doit alors
                                                                                                                                                                                                           Les systèmes d’échangeurs doivent permettre
                                                                                                                   établir un programme analytique. La réutilisation
                                                                                                                                                                                                           de visualiser toute fuite ou détérioration des éléments
                                                                                                                   de bonbonnes au sein de l’établissement de santé
                                                                                                                                                                                                           constitutifs. Pour les équipements fonctionnant
                                                                                                                   est à proscrire.
                                                                                                                                                                                                           par simple échange, il convient de s’assurer
                                                                                                                                                                                                           que le fluide frigorigène utilisé est autorisé
                                                                                                                                                                                                           par le ministère en charge de la santé.




                                                                                                                   (47) Circulaire DGS/PGE/1D n°2058 du 30 décembre 1986 relative aux fontaines réfrigérantes.




                                                                                           70                                                                                                                                                          >> Sommaire
V Production et distribution                                 - le diamètre des canalisations aller (départ de boucle)


                                                                                                                         2
                                                               sera calculé selon le DTU 60.11 afin d’assurer
  de l’eau chaude                                              des vitesses de circulation de l’ordre de 1,5 m/s ;
  Pour limiter les développements microbiens,                - le diamètre des canalisations de retour de boucle
  en particulier les légionelles, dans les installations       sera calculé de façon à assurer des vitesses comprises




                                                                                                                         L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                  Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  de production et de distribution de l’eau chaude,            entre 0,15 et 0,5 m/s dans chacune des canalisations
  il est nécessaire :                                          retour. Un écart maximal de température de 5 à 7°C
                                                               est toléré entre le départ de l’équipement
  • d’éviter la stagnation de l’eau ;
                                                               de production et les canalisations retour de chaque
  • de lutter contre l’entartrage et la corrosion              boucle ;
  par une conception et un entretien adaptés
                                                             - le diamètre du collecteur retour (cf. définition
  à la qualité de l’eau et aux caractéristiques
                                                               du glossaire p.117) sera calculé de façon à assurer
  de l’installation ;
                                                               une vitesse comprise entre 0,2 et 0,5 m/s. Un écart
  • de maîtriser la température de l’eau chaude                maximal de température de 5 à 7°C est toléré
  dans les installations depuis la production                  entre le départ de l’équipement de production
  et tout au long du circuit de distribution.                  et le collecteur retour ;

  La température de l’eau est un facteur important           - les organes de réglage en pied de colonne
  conditionnant la survie et la prolifération                  de distribution d’eau devront être réglés de façon
  de légionelles dans les réseaux d’eau. Pour limiter          à fonctionner dans la plage définie
  leur présence et éviter le risque de brûlure, l’eau          par leur constructeur. On veillera notamment
  chaude doit respecter les températures suivantes :           à ce que ces organes ne soient pas en position
                                                               quasi-fermée de façon à éviter un colmatage rapide
  • au niveau du stockage, lorsqu’il existe,                   des équipements induisant un dysfonctionnement
  la température de l’eau doit être en permanence              des boucles. Il est conseillé de les faire fonctionner
  supérieure à 55°C en sortie de stockage                      à au moins 25 % de leur ouverture maximale.
  et homogène sur tout le volume stocké ;

  • au niveau du réseau de distribution, l’eau doit          > Système de production d’eau chaude
  être maintenue à une température supérieure
  à 50°C en permanence en tous points du réseau              L’énergie nécessaire au chauffage de l’eau peut
  (à l’exception des antennes terminales d’une longueur      être produite par l’électricité, le gaz ou le fioul.
  inférieure à 3 mètres), y compris en retour de colonnes    L’énergie solaire est à prohiber si elle constitue
  et de boucle. Une chute de température supérieure          la seule source d’énergie, car la température
  à 7°C entre le départ de l’équipement de production        de l’eau chaude est fonction de l’ensoleillement.
  et le collecteur retour, ainsi qu’entre le départ          Un tel système ne peut donc garantir une température
  de l’équipement de production et le retour                 suffisamment élevée en permanence. L’énergie
  de chaque boucle indique un mauvais fonctionnement         solaire peut être utilisée si elle est accompagnée
  ou un mauvais dimensionnement du réseau                    d’un système d’appoint d’énergie permettant
  de distribution d’eau chaude. Idéalement, la baisse        de respecter les températures de l’eau chaude
  de température doit être inférieure à 5°C ;                citées ci-dessus.

  • au niveau du point de puisage, la température            La production de l’eau chaude réalisée à partir
  de l’eau doit être abaissée par mitigeage                  de ballons de préchauffage à une température
  (mécanique ou thermostatique), au plus près                trop basse favorise les développements bactériens.
  du point de puisage, pour être inférieure à 40-45°C.       Il convient donc dans les établissements de santé
                                                             de supprimer tous les réservoirs de stockage d’eau
  Il est particulièrement important de veiller               préchauffés à une température inférieure à 55°C.
  à ce que les installations d’eau chaude soient
  correctement dimensionnées afin d’assurer                  La production d’eau chaude peut être réalisée
  des vitesses minimales de circulation (cf. guide           par accumulation ou de façon instantanée,
  technique de conception et de mise en œuvre                semi-instantanée ou semi-accumulée.
  des réseaux d’eau destinée à la consommation
  humaine à l’intérieur des bâtiments de 2003) :             La production instantanée
  - le diamètre du collecteur aller (cf. définition
     du glossaire p. 117) sera calculé selon le DTU 60.11    Elle peut être obtenue par plusieurs systèmes
     afin d’assurer des vitesses de circulation de l’ordre   (notamment les échangeurs à plaques en acier
     de 2 m/s ;                                              inoxydable). La production instantanée ne nécessite
                                                             aucun stockage et évite la stagnation de l’eau,
                                                             le temps de séjour de l’eau étant relativement court.


  >> Sommaire                                                                                                           71
                                                                                                                   Elle requiert toutefois une grande puissance               - d’une vanne de purge 1/4 de tour au point bas


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                                                                                                                   énergétique. Pour les établissements de grande taille,       du ballon,
                                                                                                                   plusieurs systèmes instantanés peuvent être installés
                                                                                                                   dans l’établissement.                                      - d’un thermomètre sur le départ de l’eau chaude,
                                                                                                                                                                                d’un dispositif de prise d’échantillon et d’un tube
                                                                                                                   L’échangeur à plaques doit être réglé de manière             témoin,
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   à délivrer en permanence une eau à une température
                                                                                                                   supérieure à 50°C en tous points du réseau.                - dans le cas général où il existe des pompes
                                                                                                                   L’ensemble de protection (généralement de type BA)           de circulation, d’un thermomètre sur le retour d’eau
                                                                                                                   sur l’alimentation en eau du réseau primaire                 chaude à l’arrivée du ballon, d’un dispositif de prise
                                                                                                                   doit faire l’objet d’un contrôle annuel. Le système          d’échantillon et d’un tube témoin, sans bipasse,
                                                                                                                   d’échangeur doit permettre de visualiser toute fuite         à l’amont des pompes,
                                                                                                                   ou perforation des surfaces d’échange.                     - d’une pompe d’homogénéisation, réservée
                                                                                                                                                                                pour les ballons de grande capacité, permettant
                                                                                                                   La production par accumulation                               un mouvement de circulation ou d’un autre
                                                                                                                                                                                dispositif de maintien de la température,
                                                                                                                   La production par accumulation consiste à chauffer
                                                                                                                   l’eau dans des ballons de capacité allant jusqu’à          - d’une rupture de charge sur l’évacuation des eaux
                                                                                                                   5 000 litres. Le volume du ballon doit être adapté           de vidange avant le déversement au réseau
                                                                                                                   à la consommation habituelle de manière                      d’eaux usées,
                                                                                                                   à ce que le temps de séjour théorique de l’eau
                                                                                                                   n’excède pas 24 heures. Un temps de stockage               - d’une soupape de sécurité au bas du ballon.
                                                                                                                   plus long entraîne un risque de stagnation de l’eau
                                                                                                                   dans les ballons. De forts débits de soutirage peuvent     La production semi-instantanée
                                                                                                                   faire baisser la température de l’eau chaude
                                                                                                                   dans les ballons.                                          Comme pour la production instantanée, l’eau
                                                                                                                                                                              est chauffée par un échangeur à plaques en inox.
                                                                                                                   Dans les anciens ballons, on constate un gradient          Elle transite ensuite par un petit ballon tampon,
                                                                                                                   important de la température de l’eau ce qui peut           de capacité généralement comprise entre
                                                                                                                   être favorable à la prolifération des légionelles.         300 et 1 000 litres, qui est presque maintenu
                                                                                                                   Cependant, les équipements de moins de 10 ans              en température par le bouclage de l’eau chaude.
                                                                                                                   entraînent un gradient moindre (variation de 2 à 4°C       Ce ballon tampon est nécessaire uniquement
                                                                                                                   entre les parties basse et haute du ballon).               pour le stockage de l’eau afin de pallier les crêtes
                                                                                                                                                                              de consommation. Le temps théorique de séjour
                                                                                                                   Les dépôts de tartre sont d’autant plus importants         de l’eau est de 4 à 8 heures.
                                                                                                                   que la température de l’eau dans le ballon est élevée
                                                                                                                   sauf si un traitement anti-tartre est mis en œuvre.        La production semi-instantanée entraîne peu
                                                                                                                                                                              de stockage et donc un risque moindre de stagnation
                                                                                                                   Pour les établissements possédant ce type                  de l’eau si le ballon n’est pas surdimensionné
                                                                                                                   d’installation, il faut :                                  et si la température de l’eau est homogène
                                                                                                                   • vérifier que la capacité de stockage n’est pas           dans le ballon.
                                                                                                                   surdimensionnée (on estime qu’un ballon                    Pour les établissements possédant ce type d’installation,
                                                                                                                   est correctement dimensionné si sa capacité permet         il faut :
                                                                                                                   de délivrer de l’eau chaude à la température               - régler la température de manière à délivrer
                                                                                                                   voulue (cf. ci-dessus) pendant toute la journée               en permanence une eau à plus de 50°C
                                                                                                                   pour une utilisation normale) ;                               en tous points du réseau de distribution ;
                                                                                                                   • vérifier la température de l’eau ;                       - vérifier que la capacité de stockage du ballon
                                                                                                                   • vérifier la présence :                                     n’est pas surdimensionnée ;
                                                                                                                   - d’un robinet vanne et d’un ensemble de protection        - contrôler annuellement l’ensemble de protection
                                                                                                                     de type EA sur l’arrivée d’eau froide en amont             (généralement de type BA) sur l’alimentation
                                                                                                                     immédiat du ballon,                                        en eau du réseau primaire ;
                                                                                                                   - d’un robinet situé au point bas du ballon permettant     - et s’il existe des pompes de circulation, vérifier
                                                                                                                     de réaliser des chasses hebdomadaires,                     la présence d’un thermomètre sur le retour d’eau
                                                                                                                   - une trappe de visite (pour le nettoyage physique           chaude à l’arrivée du ballon et d’un tube témoin,
                                                                                                                     des ballons supérieurs à 1 000 litres, prévoir un trou     sans bipasse, à l’amont des pompes.
                                                                                                                     d’homme d’au moins 50 cm de diamètre),                   Le système d’échangeur doit permettre de visualiser
                                                                                                                   - d’un dégazeur au point haut du ballon,                   toute fuite ou perforation des surfaces d’échange.



                                                                                           72                                                                                                                            >> Sommaire
En ce qui concerne le ballon, les mêmes règles que            en fonction des activités qui permettent une gestion


                                                                                                                         2
celles figurant au sous-chapitre « production                 et une maintenance de ces réseaux (travaux,
par accumulation » p. 70 devront être appliquées.             désinfection…). La température de l’eau chaude
                                                              doit être supérieure à 50°C notamment
La production semi-accumulée                                  sur le collecteur de retour et sur la canalisation
                                                              de retour de chaque boucle (notamment




                                                                                                                         L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                  Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
Elle met en œuvre plusieurs ballons, d’une capacité           sur les boucles les plus défavorisées).
de 300 à 500 litres, qui sont maintenus
en température par le bouclage de l’eau chaude,               La configuration du/des réseau(x) doit être la plus
et dont les pompes fonctionnent en permanence.                simple possible afin d’éviter la stagnation de l’eau
La capacité de réchauffage est rapide                         et la baisse de température de l’eau chaude,
(environ 20 à 30 minutes, si on utilise le gaz et le fioul,   ainsi que pour permettre des traitements
mais de 6 heures environ pour les ballons électriques).       de désinfection plus efficaces et rapides.

Le temps de séjour théorique de l’eau est                     La distribution ne devra comporter aucun bras mort.
de 6 à 8 heures. Lorsque les débits sollicités sont plus      Les extrémités des colonnes montantes doivent
faibles, le temps de stockage de l’eau est plus long          être équipées d’anti-béliers et de purgeurs. Toutes les
d’où le risque de stagnation de l’eau dans les ballons.       canalisations du circuit d’eau chaude et de retour
Par contre, lorsque les débits de soutirage sont              de boucles ainsi que celles du réseau d’eau froide
importants, la température de l’eau dans les ballons          doivent être calorifugées séparément et être
peut baisser.                                                 clairement identifiées par une signalétique explicite.
                                                              La conception du réseau de distribution ne doit pas
Pour les établissements possédant ce type                     permettre la formation de poches d’air et l’adhérence
d’installation, il faut :                                     de calcaire. Elle ne doit pas non plus favoriser
- régler la température de production de l’eau                le développement du biofilm. Afin de pouvoir
  chaude dans les ballons ;                                   réaliser des chocs thermiques, il est souhaitable
                                                              de prévoir des prises de raccordement des échangeurs
- réaliser une mesure de la température au niveau
                                                              mobiles d’appoints qui seraient utilisés ou rajoutés
  de chaque ballon ou en sortie du système
                                                              en cas de manque de puissance thermique.
  de production ;
                                                              Le réseau de distribution devra comporter toutes
- vérifier que la capacité de stockage des ballons            les protections nécessaires afin d’éviter les retours
  n’est pas surdimensionnée ;                                 d’eau par dépression ou contre-pression.

- contrôler annuellement l’ensemble de protection             Le diamètre des canalisations doit permettre d’assurer
  (généralement de type BA) sur l’alimentation en             la consommation habituelle tout en satisfaisant
  eau du réseau primaire ;                                    les contraintes de température de l’eau : un diamètre
                                                              insuffisant peut être à l’origine de phénomène
- s’il existe des pompes de circulation, vérifier             de cavitation ; un surdimensionnement favorise
  la présence d’un thermomètre sur le retour d’eau            les dépôts et entraîne une consommation d’oxygène.
  chaude, à l’arrivée des ballons et d’un tube témoin,        Le réseau devra être équilibré (notamment par
  sans bipasse, à l’amont des pompes.                         réglage des organes de réglage sur les canalisations
                                                              de retour) de façon à maintenir les vitesses indiquées
En ce qui concerne les ballons, les mêmes règles
                                                              au début du présent chapitre. L’impossibilité à
que celles figurant au sous-chapitre « production
                                                              équilibrer correctement le réseau de distribution
par accumulation » p. 70 devront être appliquées.
                                                              peut être synonyme d’un mauvais dimensionnement
                                                              de réseau ou de l’endommagement d’organes
> Réseau de distribution d’eau chaude                         de réglage. Les organes de réglage seront idéalement
                                                              choisis à mesure de débit et à mémoire de réglage
                                                              afin de faciliter l’équilibrage du réseau et le suivi
Recommandations pour la conception
                                                              de l’évolution des débits d’eau dans l’installation.
des réseaux de distribution
Pour prévenir le risque de prolifération de certaines         Il est recommandé de suivre l’évolution
bactéries, en particulier des légionelles, la température     de la température, de préférence en continu,
de distribution de l’eau chaude doit être                     au moyen de sondes de température
impérativement supérieure à 50 °C, en permanence,             et d’un enregistreur relié à un logiciel dédié
en tous points du réseau. Un retour de boucle                 à la gestion technique centralisée, permettant
pour l’eau chaude doit être prévu dès la conception           d’assurer la traçabilité de l’information.
du réseau afin d’éviter la stagnation de l’eau                L’interprétation des graphes de température permet :
et la baisse de température de l’eau chaude.                  - d’appréhender et de corriger plus rapidement
Selon l’importance de l’établissement, il convient               les dysfonctionnements éventuels du réseau d’eau
de prévoir plusieurs boucles d’eau chaude dédiées                chaude en comparant les résultats des données


>> Sommaire                                                                                                             73
                                                                                                                     acquises par rapport aux seuils hauts et bas                                                sur de courts linéaires. Le cordon chauffant de type


2
                                                                                                                     préalablement définis ;                                                                     autorégulant est préférable à celui à puissance
                                                                                                                                                                                                                 constante. Dans tous les cas, il faut veiller à installer
                                                                                                                   - de vérifier et de rectifier le fonctionnement                                               un équipement dont la puissance permet d’atteindre
                                                                                                                     des installations (débit des pompes de recirculation,                                       une température supérieure à 50°C, en permanence,
                                                                                                                     équilibrage des boucles de distribution d’eau, etc.).                                       en tous points du réseau de distribution ;
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   Lors de la phase de réception d’une installation                                            - par l’ouverture périodique des robinets de puisage
                                                                                                                   neuve ou de la rénovation d’une installation                                                  d’eau chaude pour compenser la chute de température
                                                                                                                   existante, il est nécessaire de disposer des plans                                            liée à l’absence de bouclage. La purge périodique
                                                                                                                   ou synoptiques décrivant l’architecture globale                                               des points d’eau peut être réalisée pendant
                                                                                                                   du réseau, identifiant le positionnement des organes                                          1 à 2 minutes à l’occasion du nettoyage
                                                                                                                   de réglage, ainsi que les consignes de réglage                                                de la chambre du patient ou par la pose de purges
                                                                                                                   de ces équipements. Les notes de calcul ayant                                                 automatiques, par robinets-vannes temporisés
                                                                                                                   permis de définir les consignes de réglage seront                                             fonctionnant la nuit et placés aux extrémités
                                                                                                                   remises à l’établissement. Lors de la phase                                                   des colonnes montantes.
                                                                                                                   de réception, il est recommandé de :
                                                                                                                   - contrôler le respect des consignes de température                                         Remarque : il est préférable que les travaux
                                                                                                                     au départ de chaque production, en retour                                                 de rénovation ne soient pas lancés indépendamment
                                                                                                                     de chaque boucle, en quelques points défavorisés                                          d’une approche globale de l’amélioration
                                                                                                                     du réseau de distribution ;                                                               de la qualité de l’eau. On rappelle que
                                                                                                                                                                                                               cette démarche comprend plusieurs étapes :
                                                                                                                   - vérifier la position des organes de réglage                                               - la réalisation d’un état des lieux, comprenant
                                                                                                                     (au minimum 25 % de leur ouverture maximale) ;                                              notamment un diagnostic technique et sanitaire
                                                                                                                   - contrôler le respect des consignes de débits                                                (cf. p. 47 titre IV) ;
                                                                                                                     de circulation dans chaque boucle                                                         - la détermination des points critiques et des points
                                                                                                                     et dans les collecteurs aller et retour.                                                    de surveillance ;

                                                                                                                   Recommandations pour des travaux                                                            - la mise en œuvre d’un programme d’actions,
                                                                                                                   de rénovation du réseau de distribution                                                       comprenant :
                                                                                                                                                                                                                 • la programmation des travaux si nécessaire,

                                                                                                                   Les opérations de rénovation des réseaux
                                                                                                                   de distribution d’eau chaude doivent avoir pour but :                                          •   la mise en œuvre de protocoles de maintenance,
                                                                                                                   - la réalisation d’un retour de boucle pour l’eau
                                                                                                                                                                                                                  •   la mise en œuvre de protocoles de surveillance
                                                                                                                     chaude ;
                                                                                                                                                                                                                      et de gestion des non-conformités.
                                                                                                                   - la simplification du réseau et la réalisation
                                                                                                                     de boucles plus courtes ;
                                                                                                                                                                                                               > Les points d’usage de l’eau
                                                                                                                   - l’identification et la suppression de tous les bras morts ;
                                                                                                                                                                                                               Une température de production et de distribution
                                                                                                                   - le remplacement des canalisations défectueuses ;                                          de l’eau chaude proche de 60°C conduit à un danger
                                                                                                                                                                                                               de brûlure cutanée dont il convient de limiter
                                                                                                                   - la mise en place de calorifuges séparés                                                   le risque de survenue par des mesures préventives
                                                                                                                     pour les réseaux d’eau chaude et d’eau froide ;                                           adéquates. Par exemple, la mise en œuvre
                                                                                                                                                                                                               d’un dispositif de sécurité permet de garantir
                                                                                                                   - le maintien des vitesses minimales indiquées
                                                                                                                                                                                                               le respect d’une température maximale aux points
                                                                                                                     au début du présent chapitre ;
                                                                                                                                                                                                               de puisage.
                                                                                                                   - la mise en place d’un système de suivi
                                                                                                                                                                                                               Afin de limiter le risque de brûlures, la température
                                                                                                                     de la température en continu.
                                                                                                                                                                                                               de l’eau délivrée au point de puisage doit être
                                                                                                                   Dans l’attente de la réalisation de ces travaux                                             inférieure à 50°C (48). Idéalement, la température
                                                                                                                   de rénovation, et notamment en l’absence                                                    de l’eau sera abaissée au plus près du point
                                                                                                                   de bouclage du réseau, il convient de prendre                                               de puisage, à une température inférieure
                                                                                                                   des mesures provisoires pour assurer le maintien                                            à 40-45°C.Pour prévenir le risque de brûlures,
                                                                                                                   de la température de l’eau chaude :                                                         toutes les douches doivent être équipées de mitigeurs
                                                                                                                   - par la mise en place des cordons chauffants                                               monocommandes (avec limiteur de température)
                                                                                                                     électriques placés autour des canalisations                                               ou de mitigeurs thermostatiques. Pour les autres




                                                                                                                   (48) Circulaire n°2002-243 du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque lié aux légionelles dans les établissements de santé




                                                                                           74                                                                                                                                                               >> Sommaire
points d’eau tels que les lavabos, il faut évaluer             V Réservoirs de stockage

                                                                                                                                2
la nécessité de sécuriser les points par la pose
de limiteur de température ou de mitigeurs                       d’eau froide
thermostatiques.
                                                                 En milieu hospitalier, les impératifs d’hygiène
Pour prévenir le risque de prolifération des légionelles,        et de soins imposent le fonctionnement permanent




                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
le mélange de l’eau doit se faire au plus près possible          et sans défaillance des installations de distribution
du point d’usage, en respectant le calorifugeage                 d’eau, qui résulte d’une conception adaptée,
séparé des différents réseaux d’eau froide et d’eau              d’une réalisation soignée et d’une maintenance
chaude. Tous les réseaux d’eau où circule de l’eau               rigoureuse des installations, en particulier
mitigée centralisée doivent être supprimés.                      des ouvrages de stockage.
Il est recommandé d’installer des flexibles de douches
                                                                 Toutefois, compte tenu des risques de dégradation
(avec douchettes à jets lents) à la place de pommeaux
                                                                 de la qualité de l’eau dans les réservoirs de stockage
fixes afin de limiter les expositions aux aérosols.
                                                                 d’eau froide, il est indispensable d’évaluer la nécessité
Il est préférable de supprimer les points d’eau
                                                                 de leur existence. En effet, la présence d’un réservoir
très peu ou jamais utilisés.
                                                                 sur un réseau de distribution d’eau modifie notablement
                                                                 le régime hydraulique : la rupture de charge, la mise
> Avantages et inconvénients                                     à l’air libre, la durée du stockage et le contact prolongé
de la pose d’un adoucisseur                                      avec les matériaux constitutifs des parois, le cas échéant
                                                                 la stagnation, sont autant de facteurs pouvant contribuer
L’opportunité de prévoir un traitement de lutte contre           à modifier les caractéristiques physico-chimiques
le tartre dépend des caractéristiques de l’eau qui est           et microbiologiques initiales de l’eau.
véhiculée mais également de la conception
de l’installation. Lorsque l’eau est particulièrement            C’est pourquoi, pour éviter toute évolution susceptible
dure (à partir de 30°F), il peut être nécessaire                 d’altérer la qualité de l’eau distribuée, les exigences
de l’adoucir afin de limiter l’entartrage du réseau              sanitaires ainsi que les contraintes techniques liées
de distribution d’eau chaude. En outre, certains usages          aux différents usages de cette eau doivent être
techniques peuvent nécessiter une eau adoucie.                   définies et prises en compte le plus en amont possible,
                                                                 au moment de l’étude des projets de construction,
Afin d’éviter toute prolifération bactérienne,                   de rénovation ou d’extension du réseau,
l’installation d’un adoucisseur doit respecter un certain        notamment pour :
nombre de dispositions :                                         - déterminer si la création ou le maintien du réservoir
- il doit être posé selon les règles de l’art,                     est indispensable ;
   dans un local spécifique, en évitant tout local
   surchauffé (afin d’éviter notamment la croissance             - si tel est le cas, fixer les bases de dimensionnement
   des légionelles sur la résine échangeuse d’ions) ;              et les dispositions constructives du réservoir ;

- il doit faire l’objet d’un entretien régulier et son suivi     - guider le choix des matériaux et des équipements ;
  doit être consigné dans le carnet sanitaire.                   - prévoir l’installation de dispositifs de suivi en continu
Lorsqu’un adoucisseur a été installé, il est souvent               de certains paramètres physico-chimiques ;
nécessaire d’y adjoindre un traitement filmogène                 - prévoir les procédures formelles de maintenance
afin d’éviter la corrosion des canalisations                       et les protocoles de nettoyage, de désinfection
et des équipements métalliques. Les traitements                    et de rinçage périodiques.
filmogènes à bases de phosphates sont toutefois
suspectés de contribuer à la prolifération
des légionelles.                                                 > Différents types de réservoirs
Sur les installations existantes, on peut rencontrer             Les réservoirs peuvent avoir différentes fonctions :
des traitements anticorrosion des ballons par anode              - la sécurisation de la fourniture d’eau qui doit être
soluble. De tels dispositifs doivent faire l’objet                 garantie en permanence aux différents services
d’un entretien régulier et d’un suivi qui doit être                d’un établissement de santé ;
consigné dans le carnet sanitaire.
                                                                 - la régulation de l’approvisionnement
Les produits de qualité alimentaire utilisés                       et de la consommation ;
pour les traitements d’eau destinée à la consommation
humaine devront être stockés à l’abri de toute pollution         - le maintien d’un niveau de pression suffisant
d’origine extérieure. Les dates de péremption                      en tous points des installations de distribution ;
des produits devront être consignées dans le carnet              - la réserve destinée à la lutte contre les incendies
sanitaire.                                                         de préférence séparée des usages alimentaires,
                                                                   sanitaires et de soins.


>> Sommaire                                                                                                                    75
                                                                                                                   Deux types de réservoirs peuvent exister :                     les ouvertures et dispositifs d’aération seront munis


2
                                                                                                                   - les réservoirs à air libre, généralement de grande           de grilles à maille fine (maille maxi 0,5 mm)
                                                                                                                     capacité, qui peuvent être aériens, souterrains              en acier inoxydable ou en matière plastique.
                                                                                                                     ou semi-enterrés. Leur alimentation peut être
                                                                                                                     gravitaire ou se faire par refoulement assuré                • L’extrémité des canalisations de vidange et de trop
                                                                                                                     par une pompe à pression constante ;                         plein doit être équipée de siphons toujours maintenus
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                                                                  en eau et également protégés par des grilles à maille
                                                                                                                   - les réservoirs fermés, sous pression d’air ou de gaz,        fine pour éviter les risques de pénétration d’insectes
                                                                                                                     de capacité plus restreinte. Leur alimentation est assurée   et de rongeurs. Un contrôle de l’état de ces grilles
                                                                                                                     grâce à une pompe. L’eau est stockée et mise                 doit être planifié.
                                                                                                                     en distribution sous pression. L’air ou le gaz doivent
                                                                                                                     être séparés de l’eau par une membrane souple                • L’ouvrage doit être à l’abri de toute pollution
                                                                                                                     et étanche.                                                  d’origine extérieure (ruissellement…).

                                                                                                                                                                                  • L’étanchéité des couvercles et des trappes d’accès
                                                                                                                   > Étude des besoins de stockage                                doit être assurée.

                                                                                                                   Pour optimiser la conception et l’exploitation                 • Un réservoir fermé sous pression doit être étanche
                                                                                                                   d’un réservoir, il faut connaître les besoins                  à l’air et à l’eau. L’air injecté dans le réservoir doit
                                                                                                                   des utilisateurs et les quantités d’eau que le réseau          être exempt d’impuretés ; il doit être d’une qualité
                                                                                                                   amont peut livrer, ainsi que les fluctuations au cours         correspondant à la catégorie « air médical ».
                                                                                                                   du temps des besoins et des disponibilités.
                                                                                                                                                                                  • L’implantation d’un réservoir doit être déterminée
                                                                                                                   Doivent donc être connus ou estimés :                          de façon à ce qu’il puisse être protégé des variations
                                                                                                                   - les volumes d’eau consommée quotidiennement                  importantes de température et, si nécessaire,
                                                                                                                     et leurs variations saisonnières ;                           faire l’objet d’une isolation thermique.

                                                                                                                   - les débits moyens horaires et leurs fluctuations             • Pour éviter tout risque de retour d’eau dans le réseau
                                                                                                                     sur la journée.                                              l’alimentant, l’arrivée de l’eau dans le réservoir sera
                                                                                                                                                                                  réalisée par surverse ou équipée d’un dispositif
                                                                                                                                                                                  de disconnexion.
                                                                                                                   > Dispositions constructives
                                                                                                                                                                                  • Une rupture de charge sera également réalisée
                                                                                                                                                                                  sur les canalisations de vidange et de trop-plein
                                                                                                                   Règles de dimensionnement
                                                                                                                                                                                  avant raccordement à un réseau d’évacuation
                                                                                                                   Pour des raisons de sécurité sanitaire, le volume              des eaux usées.
                                                                                                                   de stockage d’un réservoir de secours ne doit pas
                                                                                                                   excéder 20 % de la consommation quotidienne,                   • La mise en place d’un système d’alarme
                                                                                                                   afin d’éviter une trop longue stagnation de l’eau.             anti-intrusion est fortement recommandée à l’entrée
                                                                                                                                                                                  de tous les réservoirs à air libre.
                                                                                                                   Pour les réservoirs incendie, les exigences
                                                                                                                   sont définies par le règlement de sécurité                     • La chambre de manœuvre : généralement l’accès
                                                                                                                   contre les risques d’incendie et de panique                    à la cuve de stockage se fait par un petit local
                                                                                                                   dans les établissements recevant du public, pris par           qui lui est accolé, appelé chambre de manœuvre,
                                                                                                                   arrêté du 25 juin 1980 modifié portant approbation             à partir duquel toutes les canalisations de refoulement,
                                                                                                                   des dispositions générales du règlement de sécurité            de distribution, de vidange et de trop-plein arrivent
                                                                                                                   contre les risques d’incendie et de panique                    dans le réservoir - ce qui permet de vérifier
                                                                                                                   dans les établissements recevant du public.                    en permanence l’étanchéité à ce niveau.
                                                                                                                                                                                  Sont regroupés dans ce local tous les organes
                                                                                                                                                                                  de manœuvre et les équipements de régulation
                                                                                                                   Dispositions constructives de protection                       électriques ou hydrauliques et de contrôle.
                                                                                                                   • Les matériaux et revêtements utilisés ne doivent             Cette chambre doit être conçue de manière
                                                                                                                   pas être à l’origine d’une dégradation de la qualité           à ce que toutes ces installations puissent être facilement
                                                                                                                   de l’eau.                                                      accessibles. Comme la cuve de stockage, la chambre
                                                                                                                                                                                  de manœuvre doit être protégée contre les variations
                                                                                                                   • Les insectes ne doivent pas pouvoir pénétrer                 importantes de température.
                                                                                                                   dans un réservoir à air libre. À cet effet, toutes




                                                                                           76                                                                                                                                 >> Sommaire
> Variation des caractéristiques                          Turbidité
physico-chimiques de l’eau
dans les réservoirs

Température
                                                          Les colloïdes responsables de la turbidité peuvent
                                                          protéger les bactéries des oxydants. Une turbidité
                                                          élevée de l’eau (supérieure à 0,4 NFU) ralentit,
                                                          voire annule, l’action des biocides. La turbidité
                                                                                                                      2




                                                                                                                      L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                               Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
                                                          est un excellent indicateur d’évaluation de l’efficacité
Il est nécessaire de surveiller la température de l’eau   des nettoyages. Il est donc utile de la mesurer
stockée et de chercher à la conserver la plus constante   très régulièrement et systématiquement à l’issue
possible. Les variations de température peuvent           des opérations d’entretien et de maintenance,
non seulement affecter la qualité des eaux stockées       avant la remise en service des installations.
mais aussi favoriser les fissurations ou l’éclatement
du béton.

Une température élevée accélère la plupart
des réactions chimiques biologiques,
ce qui peut entraîner :
- des goûts ou des odeurs désagréables ;

- une modification des constantes d’équilibre,
  avec pour conséquence l’accélération
  des phénomènes de corrosion, la diminution
  de l’efficacité du taux de biocide résiduel
  (il peut être nécessaire de procéder
  à un ajustement du taux de désinfectant) ;

- le développement de micro-organismes
  (il s’accroît nettement lorsque la température
  de l’eau dépasse 15°C) et d’algues.

pH et minéralisation
La surveillance de l’évolution du pH
et de la minéralisation est importante pour la maîtrise
de la corrosion ou de la précipitation d’éléments
dissous et de l’efficacité du désinfectant.

Oxygène dissous
La chute de la teneur en oxygène dissous au niveau
d’un réservoir peut résulter de réactions d’oxydation
ou d’une prolifération bactérienne.

Teneur résiduelle en désinfectant
Si l’eau d’entrée alimentant le réservoir de stockage
d’eau comporte du chlore résiduel, il peut être
intéressant d’installer une sonde de mesure
de la teneur résiduelle afin de suivre l’évolution
d’une éventuelle dégradation de la qualité de l’eau
dans le réservoir.




>> Sommaire                                                                                                          77
                                                                                                                                       2




                                                                                                                                       L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  Titre VI - Opérations de maintenance
  et mesures curatives

  La sécurité du fonctionnement des installations de production et de distribution d’eau d’un établissement de santé
  n’est durable que si ces installations font l’objet d’un entretien régulier et d’une maintenance rigoureuse,
  selon des modalités préalablement définies dans un cahier des charges propre à l’établissement.

  Les principes généraux concernant la maintenance des installations de distribution d’eau sont définis dans cette page.
  Les procédés et produits de traitement de l’eau et de nettoyage et de désinfection des installations de distribution d’eau
  sont précisés p. 79. Les principales opérations de maintenance des installations de distribution et des réservoirs de stockage
  sont présentées respectivement p. 89 et 98.



V Principes généraux                                                 • Définition des opérations de maintenance
                                                                     permettant de limiter les risques ;
  de maintenance
                                                                     • Rédaction et validation des protocoles
  des installations                                                  et des procédures de maintenance ;
  de distribution de l’eau
                                                                     • Évaluation périodique de la mise en œuvre
  La faisabilité et l’efficacité de la maintenance                   des protocoles et des procédures.
  sont étroitement liées à la conception et à la réalisation
  des installations. C’est pourquoi les exigences                    Le plan de maintenance doit être établi
  de maintenance doivent être définies et prises                     en concertation avec les services ou les autorités
  en compte le plus en amont possible au moment                      compétentes concernés (CLIN, service d’hygiène,
  des projets de construction, de rénovation                         service technique, prestataires extérieurs…).
  ou d’extension de réseau ainsi que lors du choix                   Il est consigné dans le carnet sanitaire.
  de matériaux ou des équipements raccordés.
                                                                     > Objectifs
  > Règles générales pour l’élaboration
                                                                     Les opérations de maintenance doivent permettre
  d’un plan de maintenance                                           de surveiller la qualité de l’eau distribuée
  Dans la mesure où la maintenance des installations                 dans l’établissement et de pérenniser les installations
  d’eau constitue un outil de prévention et de gestion               de production et de distribution. Il s’agit donc
  des risques sanitaires, elle doit être engagée                     de rechercher, de détecter et de limiter
  selon une démarche méthodique, qui comprend                        ou de supprimer :
  plusieurs étapes :                                                 - les fuites sur les canalisations (aux raccords, soudures…) ;
  • Description de l’état initial des installations
                                                                     - les phénomènes de corrosion ;
  (conception, conditions de fonctionnement,
  usages de l’eau, exigences de qualité…)                            - les phénomènes d’entartrage ;
  et analyse des risques de défaillances
  et/ou d’anomalies de fonctionnement pouvant                        - les dysfonctionnements des équipements raccordés
  avoir une incidence sur la qualité des eaux distribuées              aux réseaux ;
  (cf. titre IV p.47) ;




  >> Sommaire                                                                                                                         79
                                                                                                                   - les dysfonctionnements des ensembles                     analytique, sont réalisés selon des modalités


2
                                                                                                                     de protection contre les retours d’eau ;                 préalablement définies. Lors des travaux
                                                                                                                                                                              de remplacement d’appareils ou d’accessoires
                                                                                                                   - les contaminations de l’eau distribuée.                  (robinetterie, raccords…), les nouveaux éléments
                                                                                                                   Ces objectifs sont repris dans les tableaux n°14, 15,      propres sont désinfectés par trempage
                                                                                                                   16, 17 et 18, ci-après.                                    dans une solution désinfectante (eau de Javel diluée
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                                                              par exemple) puis rincés avant leur installation.
                                                                                                                   Remarque : La maintenance n’a pas pour objectif
                                                                                                                   de pallier des problèmes engendrés par des défauts
                                                                                                                   de conception ou de réalisation des installations.
                                                                                                                                                                              > Périodicités
                                                                                                                   Une mise en conformité ou des mesures d’amélioration       Les opérations de contrôle, d’entretien
                                                                                                                   technique de ces installations doivent être envisagées,    et de maintenance sont réalisées aussi souvent
                                                                                                                   si nécessaire, avant tout programme de maintenance.        que nécessaire et selon des modalités fixées
                                                                                                                                                                              dans le carnet sanitaire de l’établissement.
                                                                                                                   > Nature des opérations                                    Les périodicités mentionnées dans les tableaux
                                                                                                                   Les opérations de surveillance et de maintenance           n°14, 15, 16, 17 et 18 sont données à titre indicatif.
                                                                                                                   sont définies en fonction des caractéristiques             Elles peuvent être modulées en fonction
                                                                                                                   de chaque installation (conception des réseaux,            des caractéristiques des réseaux et de l’eau distribuée
                                                                                                                   équipements, usages de l’eau, qualité de l’eau,            ainsi que des résultats des contrôles, sans préjudice
                                                                                                                   contraintes et modalités d’exploitation…).                 des dispositions réglementaires particulières.

                                                                                                                   Toutefois, un certain nombre de règles générales           L’article R.1321-59 du code de la santé publique
                                                                                                                   peuvent être établies. Elles figurent également            prévoit que la vérification et l’entretien des dispositifs
                                                                                                                   dans les tableaux n°14, 15, 16, 17 et 18 p. 89 à 97 ;      de protection placés au niveau NB doivent être
                                                                                                                   elles sont données à titre indicatif et peuvent être       réalisés au moins tous les six mois. Un arrêté définira
                                                                                                                   complétées ou modifiées en fonction des situations         les modalités de cette vérification et de cet entretien.
                                                                                                                   particulières, après étude ou audit des installations      L’entretien des réservoirs et des bâches de stockages
                                                                                                                   et de leurs modalités d’exploitation, l’objectif étant     doit être vérifié et réalisé aussi souvent que possible
                                                                                                                   que les exigences de résultats soient satisfaites.         et au moins une fois par an.

                                                                                                                   Sauf situation particulière, la maintenance
                                                                                                                   des équipements et appareils raccordés aux réseaux
                                                                                                                                                                              > Niveaux de compétences requis
                                                                                                                   doit respecter les consignes et recommandations            Selon la nature et la portée des opérations
                                                                                                                   fournies par les fabricants. Les responsables              de maintenance, celles-ci sont effectuées
                                                                                                                   de l’établissement doivent s’assurer auprès de leurs       par des opérateurs ayant un niveau de compétences
                                                                                                                   fournisseurs, que les équipements font l’objet             adapté. On distingue :
                                                                                                                   de recommandations de maintenance.                         • Niveau 1 : opérateur n’ayant pas de compétence
                                                                                                                                                                              spécifique, dont les interventions sont limitées
                                                                                                                   En cas d’anomalie ne pouvant être corrigée
                                                                                                                                                                              à des tâches simples, et ne possédant pas de pouvoir
                                                                                                                   immédiatement et présentant un risque
                                                                                                                                                                              de décision ;
                                                                                                                   pour les utilisateurs des installations, des mesures
                                                                                                                   conservatoires appropriées sont mises en œuvre             • Niveau 2 : opérateur ayant une compétence
                                                                                                                   (information des utilisateurs, mise hors exploitation      générale liée à un domaine d’intervention
                                                                                                                   temporaire). En cas de mise hors exploitation              (par exemple la plomberie) et possédant un pouvoir
                                                                                                                   temporaire d’un réseau, il convient de s’assurer           de décision limité au cadre de son intervention.
                                                                                                                   que celui-ci est à l’abri des contaminations extérieures   Cette compétence est obtenue par une formation
                                                                                                                   et que sa remise en service ne peut engendrer              adaptée ;
                                                                                                                   une dégradation de la qualité de l’eau.
                                                                                                                                                                              • Niveau 3 : opérateur ayant une compétence
                                                                                                                   À l’occasion des interventions sur les installations       spécifique pour une tâche définie, habilité
                                                                                                                   (réparation, remise en état), toutes les précautions       pour l’exécution de cette tâche et possédant
                                                                                                                   doivent être prises pour éviter que ces opérations         un pouvoir de décision défini par le champ
                                                                                                                   ne soient à l’origine d’une contamination                  de l’habilitation. Cette compétence est obtenue
                                                                                                                   ou d’une dégradation de la qualité de l’eau,               par une formation spécialisée ;
                                                                                                                   tant vis-à-vis des réseaux situés en amont
                                                                                                                   que de ceux situés en aval. À chaque fois que cela         • Niveau 4 : opérateur ayant une compétence
                                                                                                                   est possible, une désinfection, suivie d’un contrôle       d’expertise.




                                                                                           80                                                                                                                             >> Sommaire
Si l’établissement ne possède pas de compétence                V Procédés et produits

                                                                                                                            2
adaptée en interne ou si un problème persiste
sans que les équipes internes puissent le résoudre,              de traitement de l’eau
il doit être fait appel à un prestataire extérieur qualifié.     et de nettoyage
Les audits de procédures de maintenance doivent                  et de désinfection




                                                                                                                            L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                     Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
en effet être réalisés par des auditeurs indépendants,
n’ayant aucun lien avec les entreprises de travaux
                                                                 des installations
ou de maintenance intervenantes.                                 de distribution
Le recours à un prestataire extérieur qualifié                   Afin de prévenir le développement
doit permettre aux services gestionnaires d’améliorer            des micro-organismes et de maintenir leur concentration
leur organisation pour :                                         dans l’eau à un niveau acceptable, les réseaux
- prévenir tout risque de pollution ;                            d’eau, en particulier les réseaux d’eau chaude,
                                                                 nécessitent un entretien rigoureux et régulier.
- assurer une distribution d’eau potable ;                       Les opérations d’entretien comprennent le nettoyage
                                                                 des installations (lutte contre les dépôts
- donner l’alerte rapidement en cas de pollution ;               et les incrustations) et souvent la désinfection
- intervenir de manière rapide et appropriée ;                   des installations. Ces opérations peuvent également
                                                                 être suivies d’un traitement de protection, si l’état
- mettre en œuvre les mesures correctives.                       du réseau le nécessite (lutte contre le tartre
                                                                 et la corrosion). L’eau du réseau peut également
Les missions dévolues à l’expert chargé de l’audit               faire l’objet d’un traitement de désinfection,
devront être complétées par :                                    si nécessaire.
- une analyse des besoins en formation à mettre
  en œuvre ;                                                     On peut distinguer deux catégories de produits
                                                                 et procédés de traitement pouvant être utilisées
- la définition des programmes de mise à niveau                  dans les établissements de santé :
  des compétences des personnels en place
  et lors de leur prise de fonction ;                            • Les procédés et produits de nettoyage
- la planification de ces actions de formation.
                                                                 et de désinfection des installations de distribution.
                                                                 Ils ne concernent que le nettoyage et la désinfection
                                                                 choc du réseau, hors service.

                                                                 • Les procédés et produits de traitement
                                                                 de l’eau des réseaux de distribution. Il s’agit
                                                                 d’appliquer, dans un réseau en service, un traitement
                                                                 complémentaire à l’eau qui est ensuite distribuée.


                                                                 > Paramètres à prendre en compte
                                                                 pour l’utilisation des procédés
                                                                 et produits de traitement de l’eau
                                                                 et des procédés et produits
                                                                 de nettoyage et de désinfection
                                                                 des installations de distribution
                                                                 L’efficacité des différents produits et procédés dépend
                                                                 de nombreux paramètres. La technique ainsi que
                                                                 le choix des produits et procédés doivent être
                                                                 adaptés au cas par cas, notamment en fonction :
                                                                 - de l’état général et de la conception du réseau
                                                                   de distribution d’eau (les traitements mis en œuvre
                                                                   sont d’autant plus efficaces et faciles à réaliser
                                                                   que le réseau a été bien conçu à l’origine) ;

                                                                 - de l’état et de la composition des dépôts
                                                                   dans les installations (g/cm2) (les biofilms
                                                                   et/ou les dépôts de produits de corrosion,
                                                                   du fait de leur constitution, nuisent à l’action
                                                                   des désinfectants) ;



>> Sommaire                                                                                                                81
                                                                                                                   - des matériaux constitutifs des installations :             En complément, la circulaire DGS/VS4 n°97-482


2
                                                                                                                     étudier la compatibilité entre ces matériaux               du 7 juillet 1997, relative à l’emploi de produits
                                                                                                                     et les produits utilisés ;                                 pour le nettoyage des réservoirs d’eau destinée
                                                                                                                                                                                à la consommation humaine, liste les produits
                                                                                                                   - des méthodes de nettoyage et de désinfection               dont la composition chimique n’est pas entièrement
                                                                                                                     utilisées (physiques, chimiques) ;                         couverte par l’arrêté précité et dont l’emploi a été
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   - des micro-organismes à atteindre ;                         autorisé par le ministère chargé de la santé, après
                                                                                                                                                                                avis d’instances d’expertise. Des produits ont toutefois
                                                                                                                   - de la température de l’eau.                                fait l’objet d’autorisation individuelle depuis
                                                                                                                                                                                la parution de cette circulaire.
                                                                                                                   Ces divers paramètres interférant entre eux, l’effet
                                                                                                                   de la désinfection dans un réseau peut être limité.          Il n’existe pas de liste positive des produits précisant
                                                                                                                   Il est nécessaire, dans tous les cas, d’établir              les appellations commerciales des produits autorisés
                                                                                                                   un protocole précis des modalités de traitement              par le ministère chargé de la santé (Direction générale
                                                                                                                   de l’eau ou de nettoyage et de désinfection                  de la Santé). Il convient donc de demander
                                                                                                                   des installations, et il sera parfois nécessaire de tester   au fournisseur :
                                                                                                                   l’efficacité de différents protocoles.                       - qu’il apporte la preuve que tous les constituants
                                                                                                                                                                                   entrant dans la composition de son produit
                                                                                                                                                                                   de nettoyage sont listés dans l’arrêté
                                                                                                                   > Procédés et produits de nettoyage                             du 8 septembre 1999 précité ;
                                                                                                                   et de désinfection des installations
                                                                                                                   de distribution de l’eau                                     - ou qu’il communique l’autorisation du ministère
                                                                                                                                                                                  chargé de la santé concernant son produit,
                                                                                                                   Les produits et procédés de nettoyage                          en s’assurant que l’utilisation faite est bien conforme
                                                                                                                   et de désinfection des installations de distribution           aux préconisations prévues dans l’autorisation.
                                                                                                                   ne concernent que le nettoyage et la désinfection
                                                                                                                   choc du réseau, en système fermé. Il est donc                Les tableaux 8, 9 et 10 précisent les produits
                                                                                                                   nécessaire d’isoler correctement la partie du réseau         conformes au décret du 12 février 1973 et pouvant
                                                                                                                   ou de l’installation que l’on veut nettoyer et désinfecter   être utilisés pour le nettoyage et la désinfection
                                                                                                                   et de respecter les dispositions de rinçage avant            des installations de distribution d’eau.
                                                                                                                   réutilisation. Un réseau est mis hors service lorsqu’il
                                                                                                                                                                                Remarque : la réalisation de chasses périodiques
                                                                                                                   n’assure pas sa fonction de distribution d’eau ;
                                                                                                                                                                                aux points sensibles des installations (points bas
                                                                                                                   pendant les opérations de traitement, l’eau ne doit
                                                                                                                                                                                des réseaux, réseaux peu utilisés, réservoirs) constitue
                                                                                                                   pas être mise à la disposition des usagers.
                                                                                                                                                                                également un bon moyen pour éviter les dépôts,
                                                                                                                   Il est donc nécessaire, avant toute décision,
                                                                                                                                                                                incrustations ou l’installation de micro-organismes.
                                                                                                                   de s’assurer de la faisabilité de la désinfection
                                                                                                                   avec les professionnels soignants.
                                                                                                                                                                                Modalités d’emploi des procédés et produits
                                                                                                                   Les produits utilisés pour le nettoyage                      de nettoyage et de désinfection des installations
                                                                                                                   et la désinfection des installations de distribution         de distribution
                                                                                                                   d’eau destinée à la consommation humaine
                                                                                                                                                                                Les actions curatives peuvent être rendues
                                                                                                                   doivent respecter les dispositions de l’article R.1321-50
                                                                                                                                                                                nécessaires par la mise en évidence, dans l’eau,
                                                                                                                   du code de la santé publique qui prévoit
                                                                                                                                                                                de micro-organismes en concentrations excessives
                                                                                                                   que ces produits doivent être composés
                                                                                                                                                                                ou bien lors de l’apparition de cas d’infections
                                                                                                                   de constituants autorisés dans les conditions fixées
                                                                                                                                                                                nosocomiales dont l’origine peut être associée
                                                                                                                   par le décret du 12 février 1973 modifié portant
                                                                                                                                                                                à la qualité de l’eau distribuée. Le traitement curatif
                                                                                                                   application de la loi du 1er août 1905 sur les fraudes
                                                                                                                                                                                est réalisé sur un réseau hors service, c’est-à-dire
                                                                                                                   et falsifications en ce qui concerne les procédés
                                                                                                                                                                                un réseau qui ne doit pas être utilisé. Le traitement
                                                                                                                   et les produits utilisés pour le nettoyage des matériaux
                                                                                                                                                                                curatif consiste à mettre en œuvre, après nettoyage,
                                                                                                                   et objets destinés à entrer en contact avec des denrées,
                                                                                                                                                                                une désinfection « choc » ponctuelle destinée
                                                                                                                   produits et boissons pour l’alimentation de l’homme
                                                                                                                                                                                à diminuer, de manière très significative,
                                                                                                                   et des animaux. L’arrêté du 8 septembre 1999,
                                                                                                                                                                                la concentration des micro-organismes en suspension
                                                                                                                   pris pour l’application de l’article 11 du décret
                                                                                                                                                                                et fixés dans les biofilms. Ces actions curatives
                                                                                                                   n° 73-138 du 12 février 1973 modifié,
                                                                                                                                                                                ne peuvent qu’être exceptionnelles et de courte durée,
                                                                                                                   liste les constituants autorisés dans les produits
                                                                                                                                                                                car, en l’absence de mesures préventives générales
                                                                                                                   de nettoyage des matériaux et objets destinés
                                                                                                                                                                                (relatives à la conception, la maintenance,
                                                                                                                   à être mis en contact des denrées alimentaires.
                                                                                                                                                                                la température de l’eau…), le réseau se colonisera
                                                                                                                                                                                à nouveau en quelques semaines.




                                                                                           82                                                                                                                               >> Sommaire
Traitement de nettoyage des installations                     est réalisée dans un but préventif, répétée


                                                                                                                             2
de distribution                                               régulièrement, ou si la désinfection est à visée
                                                              curative, réalisée après mise en évidence
Les traitements de nettoyage sont utilisés soit pour ôter     d’une contamination excessive en micro-organismes.
les dépôts et les incrustations soit pour retirer tout        On ne désinfecte correctement que ce qui a été
ou partie du biofilm.                                         nettoyé au préalable.




                                                                                                                             L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                      Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
Le nettoyage chimique consiste à introduire                   Le tableau n°9 présente la liste des produits
dans la canalisation un mélange de produits chimiques         et procédés de désinfection utilisables en traitement
permettant la dissolution des différents dépôts.              choc curatif ainsi que les doses employées
Ces derniers sont en général constitués de carbonates         et les temps de contact.
de calcium et/ou d’hydroxydes de fer. Les mélanges
utilisés sont constitués d’un acide (acide chlorhydrique      Le tableau n°10 précise la liste des produits
ou acide sulfamique par exemple), de réducteurs               et procédés autorisés ainsi que leur compatibilité
et d’un inhibiteur de corrosion (acide phosphorique           apparente avec les matériaux constitutifs
par exemple).                                                 des installations, dans la limite des concentrations
                                                              et des temps de contact validés par les fournisseurs.
Le tableau n°8 précise la liste des produits chimiques
de nettoyage autorisés ainsi que la compatibilité             • Traitement chimique
entre ces produits et les matériaux constitutifs
                                                              Ce type de traitement peut ne pas présenter
des installations.
                                                              une efficacité satisfaisante vis-à-vis des bactéries
Remarques :                                                   situées dans le biofilm ou dans les dépôts de produits
- les produits de nettoyage, c’est-à-dire de détartrage       de corrosion. Compte tenu de son caractère
  et de désoxydation, sont à caractère acide.                 ponctuel, ce type de traitement n’a pas d’effet
  Compte tenu de leur agressivité, ce sont des produits       rémanent. Si les conditions physico-chimiques locales
  à action très rapide (de 1 heure à 10 heures).              sont favorables aux croissances de micro-organismes,
  L’emploi de formulations contenant des inhibiteurs          les proliférations peuvent reprendre très vite (en 24 à
  de corrosion est souhaitable, mais il convient              48 heures). Afin d’obtenir un bon résultat, il peut être
  de s’assurer que les produits ou formulations utilisés      nécessaire de répéter ce traitement plusieurs fois.
  sont conformes aux dispositions de l’article R.1321-50
                                                              Dans tous les cas, un rinçage suffisant doit être réalisé
  du code de la santé publique ou font l’objet
                                                              in fine, jusqu’à disparition de toute trace de la solution
  d’une autorisation du ministère chargé de la santé ;
                                                              désinfectante afin que le réseau remis en service
- les mélanges de produits chlorés et de produits             délivre une eau conforme aux critères de potabilité
  acides sont à proscrire en raison du risque                 en vigueur.
  d’intoxication par dégagement de chlore gazeux ;
                                                              S’ils sont employés de manière inadaptée,
- La température d’utilisation des produits acides            les traitements curatifs peuvent avoir
  doit être limitée à 50°C en raison des effets               des conséquences néfastes sur l’état des réseaux.
  sur les matériaux ;                                         • Traitement thermique curatif dans les réseaux
- L’effet des produits sur les matériaux doit faire l’objet   de distribution d’eau chaude
  d’une attention particulière : par exemple, l’acier         Il consiste à faire circuler de l’eau à une température
  galvanisé ne résiste pas aux traitements avec               de 70°C environ pendant 30 minutes dans l’ensemble
  des produits acides, et, le cas échéant, un traitement      des réseaux de distribution d’eau chaude,
  de protection doit être envisagé après emploi ;             de la production jusqu’au point de puisage.
                                                              Cette opération doit être suivie d’un rinçage
- Les produits chimiques disponibles, utilisés
                                                              soigneux des canalisations (cf. circulaire DGS
  pour le nettoyage des conduites en acier galvanisé,
                                                              n°97/311 du 24 avril 1997).
  ne permettent pas d’éliminer la totalité des produits
  de corrosion. Ceux-ci, même après un rinçage                Ce procédé a une bonne efficacité
  prolongé, peuvent adsorber les composés                     sur les micro-organismes présents dans le réseau
  organiques (acides notamment) ou inhibiteurs                mais nécessite une conception de l’installation
  tels que les phosphates qui sont susceptibles ensuite       et du réseau prévue à cet effet car certains matériaux
  de favoriser les développements microbiens.                 ne supportent pas de traitement thermique :
                                                              - les canalisations, raccords, etc., en matières plastiques
Traitements de désinfection des installations                   ne supportent pas les températures élevées ;
de distribution
                                                              - l’acier galvanisé n’est plus protégé de la corrosion
Les produits, les doses employées et les temps                  dès que la température de l’eau est supérieure
de contact seront différents si la désinfection                 à 60°C car, à cette température, les produits



>> Sommaire                                                                                                                 83
                                                                                                                    de corrosion du zinc qui ont réagi avec l’eau               Il convient pour toute utilisation de produits


2
                                                                                                                    et ses constituants sont solubles et ne procurent           ou procédés de traitement de vérifier que tous
                                                                                                                    pas la protection constatée lorsque la température          ses constituants figurent soit dans la circulaire
                                                                                                                    est inférieure à 60°C ;                                     n°2000/166 du 28 mars 2000, soit dans les annexes
                                                                                                                                                                                2 ou 3 de la circulaire du 7 mai 1990, soit disposent
                                                                                                                   - les capacités thermiques des installations                 d’une autorisation du ministère chargé de la santé.
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                     de production et de distribution d’eau chaude
                                                                                                                     ne permettent pas toujours d’atteindre les 70°C
                                                                                                                     aux points les plus éloignés de la production.
                                                                                                                                                                                Produits et procédés de désinfection de l’eau
                                                                                                                                                                                Afin de prévenir le développement
                                                                                                                   Cette méthode nécessite de déployer d’importantes
                                                                                                                                                                                des micro-organismes et de maintenir leur concentration
                                                                                                                   mesures de protection pour éviter les brûlures
                                                                                                                                                                                dans l’eau à un niveau acceptable, des produits
                                                                                                                   pendant sa réalisation (affichage aux points d’usage,
                                                                                                                                                                                et procédés peuvent être mis en œuvre
                                                                                                                   personnel présent aux points de puisage, etc.).
                                                                                                                                                                                en traitement continu dans les réseaux, en particulier
                                                                                                                   Ce traitement de désinfection doit être réservé              dans les réseaux d’eau chaude. Ils sont utilisés
                                                                                                                   à des opérations exceptionnelles, dans l’attente             dans les réseaux d’eau en service.
                                                                                                                   de la mise en œuvre de solutions pérennes
                                                                                                                                                                                Le tableau n°11 présente la liste des produits
                                                                                                                   permettant notamment la maîtrise des débits
                                                                                                                                                                                et procédés de désinfection utilisables en traitement
                                                                                                                   de circulation d’eau dans le réseau et le respect
                                                                                                                                                                                continu ainsi que les doses employées et les temps
                                                                                                                   des consignes de températures de l’eau distribuée.
                                                                                                                                                                                de contact.

                                                                                                                   > Procédés et produits de traitement                         Le tableau n°12 précise la liste des produits
                                                                                                                                                                                et procédés de désinfection utilisables en traitement
                                                                                                                   de l’eau                                                     continu ainsi que leur compatibilité apparente
                                                                                                                   Les produits de traitement de l’eau des réseaux              avec les matériaux constitutifs des installations,
                                                                                                                   de distribution consistent à traiter l’eau qui est ensuite   dans la limite de concentrations et de temps
                                                                                                                   distribuée.                                                  de contact définis par l’agrément ou à défaut validés
                                                                                                                                                                                par les fournisseurs.
                                                                                                                   L’article R.*1321-48 du code de la santé publique
                                                                                                                   réglemente l’utilisation de produits et procédés             • Traitement chimique
                                                                                                                   de traitement de l’eau. L’article R.*1321-55 du code         Il consiste à mettre en œuvre de manière permanente
                                                                                                                   de la santé publique réglemente les dispositifs              un procédé ou une injection de produit à faible dose
                                                                                                                   de traitement complémentaire de la qualité de l’eau          (« désinfection continue ») pour obtenir la maîtrise
                                                                                                                   qui utilisent des produits et procédés de traitement.        continue de la prolifération des bactéries en suspension
                                                                                                                                                                                dans l’eau.
                                                                                                                   Ces produits et procédés de traitement de l’eau
                                                                                                                   doivent bénéficier d’une autorisation du ministre            Il doit être réservé à des situations exceptionnelles
                                                                                                                   chargé de la santé, prise après avis de l’Agence             lorsque les autres mesures préventives (relatives
                                                                                                                   française de sécurité sanitaire des aliments.                à la conception, la maintenance, la température
                                                                                                                   Sont autorisés les produits et procédés de traitement :      de l’eau…) ne peuvent être mises en œuvre
                                                                                                                   - figurant dans la circulaire n°2000/166                     de manière satisfaisante. En effet, il ne faut pas
                                                                                                                     du 28 mars 2000 relative aux produits                      négliger les risques liés aux sous-produits toxiques
                                                                                                                     et procédés de traitement des eaux destinées               éventuels, aux effets corrosifs sur les réseaux
                                                                                                                     à la consommation humaine ;                                et à l’apparition d’espèces résistantes.
                                                                                                                   - figurant dans les annexes 2 et 3 de la circulaire          • Température de l’eau des réseaux
                                                                                                                     du 7 mai 1990 relative à la mise à jour de la liste        de distribution d’eau chaude
                                                                                                                     des produits et procédés de traitement des eaux
                                                                                                                                                                                Pour les installations de distribution d’eau chaude,
                                                                                                                     destinées à la consommation humaine ;
                                                                                                                                                                                le respect de températures suffisamment élevées
                                                                                                                   - et, le cas échéant, ceux bénéficiant d’une autorisation    permet de limiter le développement des légionelles.
                                                                                                                     d’utilisation ponctuelle délivrée par le ministère         Les consignes de températures sont précisées
                                                                                                                     chargé de la santé.                                        dans le titre V p.55.




                                                                                           84                                                                                                                              >> Sommaire
              Tableau 8 : Compatibilité entre les produits de nettoyage et les matériaux constitutifs des installations d’eau

                                                            Produits actifs de nettoyage                                               Produits alcalins de neutralisation ou de passivation
                 Matériaux                  Acide                        Acide citrique                                                                                                                Silicates
                 constitutifs           Chlorhydrique                HOC(CH2CO2H)2CO2H                                                                                                                     de
               des installations                            Acide     ou acide ascorbique,     Acide   Hydroxyde                        Hydroxyde          Carbonate         Polyphos-     Orthophos-
                                         HCl passivé                                                                                   de potassium        de Sodium          phates         phates    sodium




>> Sommaire
                    d’eau                 à l’acide
                                                           nitrique mélangé avec de l’acide sulfamique de sodium
                                                                                                                                                                                                        et de
                                                            HNO3     chlorhydrique passivé   NH2SO3H     NaOH                              KOH              Na2CO3            alcalins      alcalins
                                        phosphorique                                                                                                                                                  potassium
                                                                    avec acide phosphorique
                                                            Pas de mélange de produit                                               Les produit alcalins peuvent être mélangés tout ou partie
               Ballons
               Résine organique                 ?             ?                     ?                         O            ?                  ?                  O                O              O        O
               Mortier ciment
               adjuvanté                       N              N                     N                         N            O                  O                  O                O              O        O

               Email                           O              O                     O                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Acier galvanisé                 O              N                     O                         O            N                  N                  O                O              O        O
               Conduites
               Acier galvanisé                 O              N                     O                         O            N                  N                  O                O              O        O
               Cuivre                          O              N                     O                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Inox                            N              O                     N                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Polyéthylène réticulé           O              O                     O                         O            O                  O                  O                O              O        O
               PVC chloré                      O              O                     O                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Échangeur
               Étain                           O              N                     O                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Nickel                          N              N                     N                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Cuivre                          O              N                     O                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Inox                            N              O                     N                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Raccord, robinetterie
               Bronze                          M              N                     M                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Laiton                          M              N                     M                         O            N                  N                  O                O              O        O
               Nickel-Chrome                   M              O                     M                         O            O                  O                  O                O              O        O
               Élastomère (joints)             O              O                     O                         O            ?                  ?                  O                O              O        O
              O = compatible           M = comportement mauvais aux chocs répétés       N = incompatibilité       ? = la compatibilité est fonction du produit, à demander au fabricant




85
                                                                                                                                                   L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                                          2
                                                                                                                   Tableau 9 : Produits et procédés de traitement des installations de distribution utilisables dans les réseaux


2
                                                                                                                   d’eau hors service*

                                                                                                                                                           UTILISÉS EN TRAITEMENT CHOC CURATIF
                                                                                                                                                              DANS LES RÉSEAUX HORS SERVICE
                                                                                                                         (Les concentrations de désinfectants sont données à titre indicatif. Il faut s’assurer au préalable
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                 de la tenue des matériaux avec les types et les doses de désinfectants utilisés)
                                                                                                                    Produits
                                                                                                                    Composés chlorés générant                   - 100 mg/L de chlore libre pendant 1h.
                                                                                                                    des hypochlorites                           - ou 50 mg/L de chlore libre pendant 12 h.
                                                                                                                    (hypochlorite de Sodium NaOCl,              - ou 15 mg/L de chlore libre pendant 24 h.
                                                                                                                    Chlore moléculaire Cl2,
                                                                                                                    Hypochlorite de calcium Ca (ClO)2)
                                                                                                                    Dichloroisocyanurates                       - 100 mg/L en équivalent de chlore libre pendant 1h.
                                                                                                                    (de sodium ou de sodium hydratés)           - ou 50 mg/L en équivalent de chlore libre pendant 12 h.
                                                                                                                                                                - ou 15 mg/L en équivalent de chlore libre pendant 24 h.
                                                                                                                    Peroxyde d’hydrogène                        - 100 à 1 000 mg/L de peroxyde d’hydrogène pour un temps de contact
                                                                                                                    mélangé avec argent**                         en fonction de la concentration en désinfectant et pouvant aller jusqu’à 12 h.
                                                                                                                    Acide peracétique                           - 1 000 ppm en équivalent de H2O2 pendant 2 h
                                                                                                                    en mélange avec H2O2
                                                                                                                    Soude                                       - pH supérieur à 12 pendant au moins une heure. Cependant des précautions
                                                                                                                                                                  doivent être prises pour la tenue des matériaux. Cette solution doit être
                                                                                                                                                                  envisagée en dernier ressort et avec de grandes précautions eu égard
                                                                                                                                                                  au risque encouru par le personnel. Les produits doivent être neutralisés
                                                                                                                                                                  avant rejet dans les égouts.

                                                                                                                    Procédé
                                                                                                                    Choc thermique uniquement                   - 70°C pendant au moins 30 minutes
                                                                                                                    dans les réseaux de distribution
                                                                                                                    d’eau chaude

                                                                                                                   * Ce tableau a été établi à partir des recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, en prenant en compte
                                                                                                                     les spécificités des établissements de santé. Les modalités de désinfection préconisées pour les traitements discontinus n’ont pas
                                                                                                                     été validées pour des réseaux importants. Ces traitements discontinus ne sont donc pas cités dans ce guide.

                                                                                                                   ** Il est nécessaire de vérifier que le stabilisant à base d’argent est un produit autorisé par le ministère de la santé.



                                                                                                                    TRES IMPORTANT :
                                                                                                                    1/ Il est important de noter que la désignation des produits chimiques dans ces listes n’implique pas la garantie
                                                                                                                       de résultat du procédé. Les résultats, en particulier sur l’abattement des légionelles, sont notamment liés :
                                                                                                                      - aux conditions d’emploi (dilution, composition de la préparation commerciale, mélanges de différents
                                                                                                                         constituants de cette liste…) ;
                                                                                                                      - aux caractéristiques de l’eau.

                                                                                                                    2/ Tout produit utilisé dans les réseaux d’eau destinée à la consommation humaine doit être conforme
                                                                                                                       aux dispositions de l’article R.1321-50 du code de la santé publique ou doit faire l’objet d’une autorisation
                                                                                                                       du ministère chargé de la santé.

                                                                                                                    3/ Le respect des exigences de qualité de l’eau destinée à la consommation humaine doit dans tous les cas
                                                                                                                       être assuré pour l’eau délivrée au consommateur (cf. articles R.1321-1 à R.1321-5 du code de la santé
                                                                                                                       publique). À la suite des traitements réalisés sur des réseaux hors service, un rinçage suffisant doit être réalisé
                                                                                                                       afin que le réseau remis en service délivre une eau conforme aux critères de potabilité en vigueur.




                                                                                           86                                                                                                                                                  >> Sommaire
Tableau 10 : Compatibilité entre les produits et procédés de désinfection des installations utilisés


                                                                                                                                          2
dans les réseaux hors service et les matériaux des installations d’eau

                                                                                                                     Procédé de
                                                                                                                     désinfection
                                             Produits de désinfection utilisables
     Matériaux                                                                                                       utilisable en
                                                 en traitement choc curatif




                                                                                                                                          L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                   Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
    constitutifs                                                                                                      traitement
        des                                                                                                          choc curatif
   installations        Composés                                Peroxyde               Acide
       d’eau              chlorés           Dichloroiso-      d’hydrogène           peracétique                          Choc
                         générant            cyanurate          mélangé            mélangé avec          Soude        thermique
                           des                                    avec             du peroxyde
                       hypochlorites                           de l’argent         d’hydrogène
 Ballons
 Résine organique              O                  O                   ?                     ?                ?               ?
 Mortier ciment
 adjuvanté                     O                  O                  O                      N               O               O

 Email                         O                  O                  O                      O               O               O
 Acier galvanisé               M                  M                  N*                     N                N              N
 Conduites
 Acier galvanisé               M                  M                  N*                     N                N              N
 Cuivre                        O                  O                  O                      O               O               O
 Inox                          N                  N                  O                      O               O               O
 Polyéthylène
 réticulé                      O                  O                  O                      O               O               O

 PVC chloré                    O                  O                  O                      O               O               O
 Échangeur
 Étain                         O                  O                  O                      O               O               O
 Nickel                        M                  M                  O                      O               O               O
 Cuivre                        O                  O                  O                      O               O               O
 Inox                          N                  N                  O                      O               O               O
 Raccord, robinetterie
 Bronze                        O                  O                  O                      O               O               O
 Laiton                        O                  O                  O                      O               O               O
 Nickel-Chrome                 O                  O                  O                      O               O               O
 Élastomère (joints)           O                  O                  O                      O                ?              O

O = compatible         M = comportement mauvais aux chocs répétés
N = incompatibilité    ? = la compatibilité est fonction du produit, à demander au fabricant

* les données actuellement disponibles sur l’effet désinfectant du peroxyde d’hydrogène avec sels d’argent, utilisé dans des conduites
  en acier galvanisé, ne portent que sur des canalisations neuves et ne sont donc pas extrapolables aux installations anciennes
  (risque de décomposition catalytique de l’eau oxygénée adsorbée sur des supports d’oxydes métalliques poreux).




>> Sommaire                                                                                                                              87
                                                                                                                   Tableau 11 : Produits et procédés de désinfection de l’eau utilisables en traitement continu


2
                                                                                                                   dans les réseaux en service*

                                                                                                                                                              UTILISÉS EN TRAITEMENT CONTINU
                                                                                                                           (Les concentrations de désinfectants doivent rester compatibles avec un usage alimentaire)
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                    Produits
                                                                                                                    Composés chlorés générant                 Concentration en chlore libre supérieure ou égale à 0,3 mg/L
                                                                                                                    des hypochlorites                         selon le réseau, la qualité de l’eau et le pH.
                                                                                                                    (hypochlorite de Sodium NaOCl,            (la concentration doit rester inférieure à 1 mg/L)
                                                                                                                    Chlore moléculaire Cl2,
                                                                                                                    Hypochlorite de calcium Ca (ClO)2)
                                                                                                                    Dioxyde de chlore**                       Concentration en bioxyde de chlore supérieure ou égale à 0,3 mg/L
                                                                                                                                                              selon le réseau, la qualité de l’eau et le pH.
                                                                                                                                                              (la concentration doit rester inférieure à 1 mg/L)

                                                                                                                    Procédé
                                                                                                                    Maintien en température                   Consignes de températures dans le titre V p. 55.
                                                                                                                    uniquement dans les réseaux
                                                                                                                    de distribution d’eau chaude

                                                                                                                    Traitement au point d’usage
                                                                                                                    Filtration membranaire                    OUI
                                                                                                                    point de coupure de 0,2 mm***

                                                                                                                   * Ce tableau a été établi à partir des recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, en prenant en compte
                                                                                                                     les spécificités des établissements de santé

                                                                                                                   ** À la date de parution du présent guide, seul est autorisé (Circulaire DGS/VS4 n°2000-166 du 28 mars 2000 et autorisations
                                                                                                                      individuelles postérieures à la circulaire) le dioxyde de chlore fabriqué à partir de :
                                                                                                                      - d’acide chlorhydrique, fabrique ou non in situ, et de chlorites ;
                                                                                                                      - ou de chlore et de chlorites.

                                                                                                                   *** Les dispositifs de filtration sont amenés à concentrer la pollution microbienne qu’ils peuvent relarguer de façon accidentelle
                                                                                                                       notamment si le réseau en amont est de très mauvaise qualité microbiologique. Il faut donc veiller à la bonne qualité
                                                                                                                       des installations en amont de ces dispositifs.



                                                                                                                    TRES IMPORTANT :
                                                                                                                    1/ Il est important de noter que la désignation des produits chimiques dans ces listes n’implique pas la garantie
                                                                                                                       de résultat du procédé. Les résultats, en particulier sur l’abattement des légionelles, sont notamment liés :
                                                                                                                      - aux conditions d’emploi (dilution, composition de la préparation commerciale, mélanges de différents
                                                                                                                         constituants de cette liste…) ;
                                                                                                                      - aux caractéristiques de l’eau.

                                                                                                                    2/ Tout produit utilisé dans les réseaux d’eau destinée à la consommation humaine doit être autorisé
                                                                                                                       par le ministère chargé de la santé. Si une société souhaite commercialiser un produit dont les composés
                                                                                                                       ne sont pas indiqués dans les listes, une autorisation délivrée par le ministère chargé de la santé est nécessaire.




                                                                                           88                                                                                                                                            >> Sommaire
Tableau 12 : Compatibilité entre les produits et procédés de désinfection de l’eau utilisés dans les réseaux


                                                                                                                             2
en service et les matériaux des installations d’eau

                                                   Produits                                            Procédé
   Matériaux
                                          de désinfection utilisables                          de désinfection utilisable
   constitutifs
                                            en traitement continu                               en traitement continu




                                                                                                                             L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                      Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
 des installations
      d’eau               Comparés chlorés générant                     Dioxyde                      Température
                             des hypochlorites                          de chlore
 Ballons
 Résine organique                        O                                   O                             O
 Mortier ciment
 adjuvanté                               O                                   O                             O

 Email                                   O                                   O                             O
 Acier galvanisé                         O                                   O                          < 60°C
 Conduites
 Acier galvanisé                         O                                   O                          < 60°C
 Cuivre                                  O                                   O                             O
 Inox                                    O                                   O                             O
 Polyéthylène
                                         O                                   O                          < 70°C
 réticulé
 PVC chloré                              O                                   O                          < 70°C
 Échangeur
 Étain                                   O                                   O                             O
 Nickel                                  O                                   O                             O
 Cuivre                                  O                                   O                             O
 Inox                                    O                                   O                             O
 Raccord, robinetterie
 Bronze                                  O                                   O                             O
 Laiton                                  O                                   O                             O
 Nickel-Chrome                           O                                   O                             O
 Élastomère (joints)                      M                                  M                             ?


O = compatible         M = comportement mauvais aux chocs répétés
N = incompatibilité    ? = la compatibilité est fonction du produit, à demander au fabricant




>> Sommaire                                                                                                                 89
                                                                                                                   Traitement de protection                                                 - figurant dans la circulaire n°2000/166


2
                                                                                                                                                                                              du 28 mars 2000 relative aux produits
                                                                                                                   Le traitement de nettoyage et de désinfection                              et procédés de traitement des eaux destinées
                                                                                                                   des réseaux d’eaux (hors service) peut être suivi                          à la consommation humaine ;
                                                                                                                   d’un traitement de protection si l’état du réseau
                                                                                                                   le nécessite. Le tableau ci-après présente la liste                      - figurant dans l’annexe 3 de la circulaire
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                   des produits utilisables.                                                  du 7 mai 1990 relative à la mise à jour de la liste
                                                                                                                                                                                              des produits et procédés de traitement des eaux
                                                                                                                   Ces produits et procédés doivent bénéficier                                destinées à la consommation humaine ;
                                                                                                                   d’une autorisation du ministre chargé de la santé,
                                                                                                                   prise après avis de l’Agence française de sécurité                       - et, le cas échéant, ceux bénéficiant
                                                                                                                   sanitaire des aliments. Sont autorisés les produits                        d’une autorisation d’utilisation ponctuelle délivrée
                                                                                                                   et procédés de traitements :                                               par le ministère chargé de la santé.




                                                                                                                   Tableau 13 : Produits de protection

                                                                                                                                                  PRODUITS DE PROTECTION (anticorrosion et anti-tartre)
                                                                                                                                                             RÉSEAUX EN SERVICE (eaux chaudes)
                                                                                                                              Produits actifs                                                     Mélanges de produits
                                                                                                                    Polyphosphates alcalins                     Les mélanges de polyphosphates alcalins, d’orthophosphates,
                                                                                                                    Orthophosphates                             de silicates de sodium et d’hydroxyde de sodium sont autorisés, tout ou partie.
                                                                                                                    Silicates de sodium
                                                                                                                    Silicates de calcium
                                                                                                                    Sulfates ou chlorures de zinc
                                                                                                                    Aluminium par anode soluble*
                                                                                                                    Magnésium par anode soluble*
                                                                                                                    NB : • Les doses injectées doivent être compatibles avec la réglementation des eaux destinées à la consommation
                                                                                                                           humaine en vigueur et notamment pour les éléments chimiques suivants :
                                                                                                                           - Sulfates     250 mg/L exprimé en SO4
                                                                                                                           - Sodium       200 mg/L exprimé en Na
                                                                                                                           - Aluminium 0,5 mg/L exprimé en Al
                                                                                                                          • Il est recommandé que les doses injectées respectent les valeurs suivantes :
                                                                                                                           - Silice    10 mg/L exprimé en SiO2
                                                                                                                           - Zinc       5 mg/L exprimé en Zn
                                                                                                                           - Phosphates 5 mg/L exprimé en P2O5
                                                                                                                          • Ne pas oublier de tenir compte de la qualité de l’eau du réseau public.


                                                                                                                   * La mise en œuvre d’un traitement de protection par anode soluble (aluminium ou magnésium) nécessite une surveillance
                                                                                                                     particulière en raison de la formation possible de nitrites (réduction des nitrates) et de l’émission dans l’eau de quantité d’aluminium
                                                                                                                     excessive (cas des anodes en aluminium). Les boues d’alumine formées dans les ballons peuvent être le siège de développements
                                                                                                                     biologiques et notamment de légionelles. Il convient donc de pratiquer très régulièrement des chasses en fond de ballon
                                                                                                                     permettant d’éliminer ces dépôts.




                                                                                           90                                                                                                                                                >> Sommaire
V Opérations de maintenance,                                     Les tableaux, ci-après, présentent l’ensemble


                                                                                                                              2
                                                                 des opérations possibles. Il convient d’adapter
  de nettoyage                                                   la réalisation et la fréquence des opérations
  et de désinfection                                             au contexte de l’installation et à ses constituants.

  des installations




                                                                                                                              L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                       Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
  de distribution de l’eau

  Tableau 14 : Distribution d’eau froide et d’eau chaude – Réseaux généraux

    Nature                               Niveau de
      des             Objectifs         compétences    Périodicité                          Principes
   opérations                             minimum
                                           requis
   Vérification   Éliminer les fuites        1        Semestrielle     Contrôler l’état général des raccords
   des                                                à annuelle       (corrosion externe…). S’assurer qu’il n’existe pas
   étanchéités                                                         de fuite au niveau des joints de canalisations
                                                                       et des équipements.
   Chasses        Éliminer                   1        Semestrielle     - Effectuer des chasses aux extrémités
   manuelles      les dépôts                          à annuelle         de la distribution horizontale ainsi qu’en tout
   du réseau      non adhérents                                          point bas et en toute zone à faible débit.
                                                                       - Effectuer des chasses en pied de colonne d’eau.
                                                                       - Pour le réseau de distribution d’eau chaude,
                                                                         effectuer, lors de cette manipulation,
                                                                         un contrôle de la température du retour
                                                                         de boucle afin de vérifier la bonne circulation
                                                                         de l’eau dans les colonnes d’eau chaude).
   Vérification  Vérifier                    2        Selon les        - Selon les instructions du fabricant.
   des appareils le fonctionnement                    recomman-        - Effectuer un test de fonctionnement des appareils
   de chasses    des appareils                        du dations         de chasse automatique. Contrôler l’alimentation
   automatiques                                       fabricant          en énergie pour les appareils fonctionnant
   du réseau                                          et au moins        sur batteries, piles, etc.
                                                      1 fois par an
   Manœuvre       Éliminer les gaz           1        - Semestrielle - Effectuer des purges successives
   des purgeurs   à l’origine des                       à annuelle      jusqu’à l’absence d’air en sortie.
   et dégazeurs   coups de bélier et                    pour la
   manuels        des phénomènes                        distribution
                  de corrosion                          d’eau froide
                                                      - Bimestrielle
                                                        à trimestrielle
                                                        pour la
                                                        distribution
                                                        d’eau chaude
   Entretien et Vérifier et assurer          1        Selon les        - Selon les équipements et les recommandations
   vérification le fonctionnement                     recomman-          éventuelles du fabricant.
   des purgeurs                                       dations          - Nettoyer les composants internes
   et dégazeurs                                       du fabricant       et effectuer un test de fonctionnement.
   automatiques                                       et au moins
                                                      1 fois par an
   Vérification  Vérifier                    3        - Semestrielle - Examiner les éléments susceptibles d’influencer
   et entretien  l’adéquation                           au niveau NB son fonctionnement, son aptitude à la fonction
   des ensembles au risque                            - Aussi souvent ou son entretien (conditions générales
   de protection et l’efficacité                        que nécessaire d’installation et environnement immédiat).
   contre        des composants                         au niveau NP - Vérifier l’adéquation au risque pour lequel
   les retours   (étanchéité et                         et               il a été initialement déterminé.
   d’eau         fonctionnement)                        au niveau NE - Évaluer l’efficacité de ses organes de sécurité
                                                                         au moyen d’essais spécifiques.
                                                                       - Détecter les défaillances et les anomalies
                                                                         de fonctionnement et définir les réparations
                                                                         à effectuer. (…)



  >> Sommaire                                                                                                                91
                                                                                                                   Tableau 14 (suite) : Distribution d’eau froide et d’eau chaude – Réseaux généraux


2                                                                                                                    Nature
                                                                                                                       des
                                                                                                                    opérations
                                                                                                                                       Objectifs
                                                                                                                                                           Niveau de
                                                                                                                                                          compétences
                                                                                                                                                            minimum
                                                                                                                                                             requis
                                                                                                                                                                         Périodicité                           Principes
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                    Vérification    Évaluer                    2        Semestrielle     Démonter les manchettes témoins afin de noter :
                                                                                                                    des témoins     l’importance                        à annuelle       - la présence de pustules (taille approximative,
                                                                                                                    de corrosion    des phénomènes                                          nombre, couleur) ;
                                                                                                                                    de corrosion                                         - le diamètre de la section de passage de l’eau
                                                                                                                                    et anticiper leurs                                      dans la manchette.
                                                                                                                                    conséquences                                         Si une dégradation importante est constatée,
                                                                                                                                                                                         il est conseillé d’en rechercher la ou les causes
                                                                                                                                                                                         (une étude complète – analyse métallographique,
                                                                                                                                                                                         étude de réseau, vérification des postes d’injection…
                                                                                                                                                                                         – peut s’avérer nécessaire).
                                                                                                                    Rinçage         Éliminer les eaux          1        Avant la mise Vidanger puis faire circuler un grand débit d’eau
                                                                                                                    des bipasses    stagnantes                          en service et   propre, directement rejetée vers un réseau
                                                                                                                                    et les dépôts                       tous les 2 mois d’évacuation. (Isoler le bipasse des installations
                                                                                                                                                                                        situées en aval pendant l’opération)
                                                                                                                    Vérification    Vérifier                   2        Selon les        Vérifier :
                                                                                                                    des dispositifs le fonctionnement                   recomman-        - le bon état du joint en haut de la colonne
                                                                                                                    anti-béliers    des appareils                       dations            montante ;
                                                                                                                                                                        du fabricant     - le tarage des ressorts pour les appareils
                                                                                                                                                                        et au moins        qui en sont munis ;
                                                                                                                                                                        1 fois par an    - la pression de gonflage pour les appareils à vessie ;
                                                                                                                                                                                         - l’étanchéité des membranes de séparation gaz/eau.
                                                                                                                                                                                         Procéder au remplacement des dispositifs lorsque,
                                                                                                                                                                                         sur les colonnes, des vibrations anormales
                                                                                                                                                                                         sont observées lors de l’ouverture et la fermeture
                                                                                                                                                                                         de robinets.
                                                                                                                    Soutirage        Renouveler l’eau                   Dans le cas où - Soutirer l’eau froide pendant 2 à 3 minutes
                                                                                                                    dans les         pour éviter                        une chambre       aux points d’utilisation, particulièrement avant
                                                                                                                    chambres         les contaminations                 reste inoccupée la remise en service.
                                                                                                                    inoccupées ou par stagnation                        ou un poste     - Soutirer l’eau chaude pendant 2 à 3 minutes
                                                                                                                    sur les postes                                      d’eau reste       aux points d’utilisation, particulièrement avant
                                                                                                                    d’eau inutilisés                                    inutilisé         la remise en service.
                                                                                                                    plus de 48 h                                        plus de 48 h
                                                                                                                    Contrôle        Vérifier que               1        Hebdomadaire Relever les températures et vérifier que
                                                                                                                    des             la température                      ou en continu les exigences sont satisfaites. Les points de contrôle
                                                                                                                    températures    d’eau froide                                      sont à déterminer en fonction de la configuration
                                                                                                                    pour la         est inférieure                                    du réseau et de son exploitation.
                                                                                                                    distribution    à la valeur
                                                                                                                    d’eau froide    limite requise
                                                                                                                    Contrôle       Vérifier que                         De préférence Contrôler la température de l’eau à la sortie
                                                                                                                    des            la température                       en continu ou du ballon, de l’échangeur à plaques
                                                                                                                    températures d’eau chaude                           quotidienne   et en retour de boucle.
                                                                                                                    pour la        est supérieure
                                                                                                                    distribution   à 50°C,                              De préférence Contrôler la température :
                                                                                                                    d’eau chaude en permanence,                         en continu ou - aux points d’usage les plus défavorisés
                                                                                                                    (cf. annexe 3) en tous points                       hebdomadaire (généralement les retours des boucles
                                                                                                                                   du réseau                                            les plus éloignées) ;
                                                                                                                                   jusqu’en amont                                     - en 2 ou 3 points d’usages les plus représentatifs ;
                                                                                                                                   immédiat                                           - aux points d’usage représentatifs situés
                                                                                                                                   du point d’usage                                     dans des services à haut risque.
                                                                                                                                                                                      Noter le temps d’arrivée au point d’usage.
                                                                                                                                                                                      L’enregistrement des températures pourra se faire
                                                                                                                                                                                      en continu à l’aide de capteurs ou de systèmes
                                                                                                                                                                                      de relevé cyclique automatisé.




                                                                                           92                                                                                                                                     >> Sommaire
Tableau 15 : Traitements curatifs des réseaux

  Nature
    des
 opérations
                   Objectifs
                                       Niveau de
                                      compétences
                                        minimum
                                         requis
                                                     Périodicité                           Principes                           2




                                                                                                                               L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                        Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
 Détartrage     Éliminer les dépôts        4        En cas           Les opérations de détartrage et de désoxydation
 des réseaux    adhérents de tartre                 d’entartrage     doivent être réalisées après une étude de faisabilité,
                                                    important ou     destinée notamment à :
 Désoxydation Éliminer les dépôts                   d’oxydation      - analyser la compatibilité des produits de traitement
 des réseaux adhérents                              avancée             avec les matériaux constitutifs des réseaux ;
              de produits                           des réseaux      - vérifier la faisabilité des opérations ;
              de corrosion                                           - déterminer les méthodes et procédés utilisés ;
                                                                     - définir les précautions à prendre.
                                                                     Compte tenu de la complexité des opérations,
                                                                     il est recommandé de faire appel
                                                                     à des prestataires spécialisés.
 Désinfection   Éliminer les               4        En cas de       Désinfection thermique :
 des réseaux    micro-organismes                    contamination   S’assurer au préalable que les installations d’eau
                indésirables                        importante      chaude sont susceptibles de résister au traitement
                responsables                        ou après        et que les installations de production d’eau chaude
                de contaminations                   des travaux     ont une puissance thermique suffisante.
                                                    importants      Le détartrage préalable est important, car le tartre
                                                                    protège le biofilm en limitant la diffusion de chaleur.
                                                    Cette opération Un débit minimal de circulation d’eau doit être
                                                    doit être       maintenu au cours de l’opération.
                                                    réalisée        Mode opératoire :
                                                    sur un réseau - Isoler le réseau à désinfecter.
                                                    hors service    - Déconnecter le retour de boucle (si la puissance
                                                                      thermique est suffisante) et le raccorder
                                                                      directement à une évacuation.
                                                                    - Démonter, détartrer et désinfecter les périphériques
                                                                      de distribution (pommes de douche, brise-jet…)
                                                                      (À replacer à la fin de la désinfection),
                                                                      démonter les cartouches des mitigeurs
                                                                      et neutraliser les limiteurs de température.
                                                                    - Effectuer un détartrage et un rinçage des éléments
                                                                      de production d’eau chaude (ballon, échangeur…)
                                                                      suivis d’une désinfection et d’un rinçage
                                                                      (cf. production eau chaude).
                                                                    - Signaler le danger de l’opération au niveau des
                                                                      points de puisage concernés (risque de brûlures).
                                                                    - Mettre en chauffe l’installation de production
                                                                      d’eau chaude à une température proche de 85°C.
                                                                    - Lorsque la température de consigne est atteinte,
                                                                      ouvrir chaque robinet et exutoire en allant
                                                                      des branches les plus proches vers les branches
                                                                      les plus éloignées (de l’amont vers l’aval).
                                                                    - Maintenir sur chaque poste un faible écoulement
                                                                      à une température de 70°C pendant 30 mn.
                                                                    - Fermer les robinets au fur et à mesure.
                                                                    - Au terme des opérations, descendre la consigne
                                                                      de température de la production d’eau chaude
                                                                      à sa valeur de fonctionnement normal.
                                                                    - Remettre en place les cartouches de mitigeur
                                                                      et les limiteurs de température. Vérifier aux points
                                                                      de puisage que la température est inférieure
                                                                      à 55°C. Vérifier l’équilibrage de la boucle
                                                                      (voir tableau 16). Replacer tous les périphériques
                                                                      de distribution. Au fur et à mesure, changer
                                                                      systématiquement les joints et les éléments
                                                                      le nécessitant.




>> Sommaire                                                                                                                   93
                                                                                                                   Tableau 15 (suite) : Traitements curatifs des réseaux


2                                                                                                                    Nature
                                                                                                                       des
                                                                                                                    opérations
                                                                                                                                      Objectifs
                                                                                                                                                        Niveau de
                                                                                                                                                       compétences
                                                                                                                                                         minimum
                                                                                                                                                          requis
                                                                                                                                                                       Périodicité                          Principes
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                    Désinfection   Éliminer les             4         En cas de       Désinfection chimique :
                                                                                                                    des réseaux    micro-organismes                   contamination   Un débit minimal de circulation d’eau doit
                                                                                                                                   indésirables                       importante      être maintenu au cours de l’opération.
                                                                                                                                   responsables                       ou après
                                                                                                                                   de contaminations                  des travaux     Mode opératoire recommandé :
                                                                                                                                                                      importants      - Isoler le réseau à désinfecter (vanne et clapet
                                                                                                                                                                                        de non-retour) et raccorder la pompe d’injection
                                                                                                                                                                                        sur un robinet d’introduction situé en aval du clapet.
                                                                                                                                                                                      - Si le tronçon à désinfecter est connecté
                                                                                                                                                                                        à des postes utilisateurs, démonter, détartrer
                                                                                                                                                                                        et désinfecter les périphériques de distribution
                                                                                                                                                                                        (pommeaux de douches, aérateurs…).
                                                                                                                                                                                        Les replacer à la fin des opérations de désinfection.
                                                                                                                                                                                      - Procéder à un rinçage énergique des réseaux,
                                                                                                                                                                                        pendant 2 heures (entre 5 et 10 fois le volume
                                                                                                                                                                                        de l’installation).
                                                                                                                                                                                      - Ouvrir modérément les robinets situés
                                                                                                                                                                                        en extrémité de toutes les antennes.
                                                                                                                                                                                      - Injecter régulièrement la solution désinfectante
                                                                                                                                                                                        à l’aide d’une pompe doseuse (débit réglé
                                                                                                                                                                                        en fonction de la répartition concentration/temps
                                                                                                                                                                                        de contact souhaitée).
                                                                                                                                                                                      - Ouvrir chaque robinet et exutoire en allant
                                                                                                                                                                                        des branches les plus proches vers les branches
                                                                                                                                                                                        les plus éloignées.
                                                                                                                                                                                      - Refermer dès l’obtention de la concentration
                                                                                                                                                                                        adéquate (par vérification par exemple
                                                                                                                                                                                        avec un test colorimétrique indicateur
                                                                                                                                                                                        de la présence de désinfectant), puis isoler
                                                                                                                                                                                        le réseau par fermeture des vannes d’arrêt.
                                                                                                                                                                                      - S’assurer de la présence d’un résiduel
                                                                                                                                                                                        de désinfectant suffisant en tout point du réseau
                                                                                                                                                                                        de distribution désinfecté.
                                                                                                                                                                                      - Évacuer la solution désinfectante par tous
                                                                                                                                                                                        les points bas de l’installation (vidange).
                                                                                                                                                                                      - Rincer pendant 2 heures environ par tous
                                                                                                                                                                                        les robinets et exutoires.
                                                                                                                                                                                      - Ouvrir tous les robinets et exutoires pour éliminer
                                                                                                                                                                                        toute trace de désinfectant.
                                                                                                                                                                                      - Contrôler l’absence de résiduel de désinfectant
                                                                                                                                                                                        (au-delà de la concentration « normale »
                                                                                                                                                                                        de l’eau du réseau public).
                                                                                                                                                                                      - Après une période de 12 heures, réaliser
                                                                                                                                                                                        des prélèvements de type bactériologique,
                                                                                                                                                                                        après un contrôle préalable du taux de résiduel
                                                                                                                                                                                        de désinfectant.




                                                                                           94                                                                                                                                   >> Sommaire
Tableau 16 : Production d’eau chaude

  Nature
    des
 opérations
                     Objectifs
                                       Niveau de
                                      compétences
                                        minimum
                                         requis
                                                     Périodicité                          Principes                           2




                                                                                                                              L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                       Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
 Vérification    Assurer le bon            1        Selon les       Manœuvrer les soupapes et les groupes
 des organes     fonction-nement                    recomman-       de sécurité.
 de sécurité                                        dations
 (soupapes                                          du fabricant
 et groupes                                         et au moins
 de sécurité)                                       1 fois par mois
 Vérification    Voir tableau 14
 des purgeurs
 Chasses         Éliminer                  1        Hebdomadaire Effectuer des chasses successives en point bas
 sur les ballons les dépôts                                      (vanne de vidange ou groupe de sécurité)
                                                                 en ouvrant rapidement et en fermant lentement.
                                                                 NB : Pour les ballons équipés de systèmes
                                                                 de traitement par anode soluble, se conformer
                                                                 aux prescriptions du fournisseur (périodicité…).
 Détartrage      Prévenir et lutter        3        Détartrage     Ballons :
 et désinfection contre les                         annuel         - Vidanger complètement.
 des appareils contaminations                                      - Procéder à un examen des parois internes :
 de production                                      Désinfection     si les parois présentent des signes de corrosion,
 (échangeurs                                        après chaque     prévoir leur remise en état (désoxydation
 et ballons)                                        intervention     et enduction d’un nouveau revêtement)
                                                    susceptible      ou leur remplacement, sinon procéder
                                                    de contaminer au détartrage et à la désinfection.
                                                    l’eau contenue - Ballon collectif : nettoyer le ballon à grande
                                                    dans les         eau et effectuer, si possible, un brossage manuel
                                                    réservoirs –     des parois internes.
                                                    au moins       - Ballon individuel : nettoyer le ballon à grande eau.
                                                    1 fois par an  - Rincer le ballon en le remplissant d’eau tout
                                                    pour les         en effectuant des chasses en points bas jusqu’à
                                                    réservoirs       l’élimination des traces de dépôts dans l’eau
                                                    ouverts          de vidange.
                                                    à la pression  - Effectuer un détartrage à l’aide de solutions
                                                    atmosphérique commerciales autorisées (suivre le mode d’emploi
                                                                     du fournisseur) ou à partir d’une solution d’acide
                                                                     sulfamique ou citrique. Pour les ballons individuels,
                                                                     injecter la solution en circuit fermé (réaliser
                                                                     un piquage sur l’alimentation en eau froide
                                                                     du ballon et sur le départ en eau chaude,
                                                                     connecter ces alimentations à un circuit
                                                                     permettant l’injection des réactifs).
                                                                   - Rincer abondamment (faire passer un volume
                                                                     d’eau égal à 2,5 fois le volume du ballon).
                                                                   - Pour obtenir une désinfection efficace, la réaliser
                                                                     à l’aide de solutions commercialisées en respectant
                                                                     les concentrations requises et le temps de contact
                                                                     entre le produit désinfectant et l’eau. Pour l’eau
                                                                     de Javel, par exemple, 1° chlorométrique =
                                                                     3,17 g de chlore libre par litre. Pour obtenir
                                                                     150 mg/L, il faut environ 1/4 de berlingot
                                                                     à 36° chlorométrique pour 50 l d’eau ou 1 berlingot
                                                                     à 36° chlorométrique pour 200 l d’eau.
                                                                     Pour les ballons collectifs, remplir le ballon
                                                                     au 1/3 de son volume ou jusqu’au trou d’homme
                                                                     puis injecter la solution désinfectante par le trou
                                                                     d’homme ou le purgeur manuel. Pour les ballons
                                                                     individuels, injecter la solution désinfectante
                                                                     en circuit fermé (voir détartrage). Remplir
                                                                     complètement le ballon avec de l’eau et laisser
                                                                     stagner pendant le temps de contact requis.


>> Sommaire                                                                                                                  95
                                                                                                                   Tableau 16 (suite 1) : Production d’eau chaude


2                                                                                                                    Nature
                                                                                                                       des
                                                                                                                    opérations
                                                                                                                                     Objectifs
                                                                                                                                                     Niveau de
                                                                                                                                                    compétences
                                                                                                                                                      minimum
                                                                                                                                                       requis
                                                                                                                                                                    Périodicité                        Principes
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                                                                  Ballons (suite) :
                                                                                                                                                                                  - Vidanger et rincer abondamment (faire passer
                                                                                                                                                                                    au minimum un volume d’eau égal à 2,5 fois
                                                                                                                                                                                    le volume du ballon) avant de remettre
                                                                                                                                                                                    en service.
                                                                                                                                                                                  NB : s’assurer auprès des fabricants que
                                                                                                                                                                                  les concentrations en désinfectants utilisés
                                                                                                                                                                                  ne peuvent altérer l’intégrité des installations.

                                                                                                                                                                                  Échangeur à plaques :
                                                                                                                                                                                  - Démonter les plaques de l’échangeur et retirer
                                                                                                                                                                                    les joints d’accouplement.
                                                                                                                                                                                  - Détartrer les plaques dans une solution d’acide
                                                                                                                                                                                    sulfamique ou de vinaigre blanc.
                                                                                                                                                                                  - Rincer abondamment.
                                                                                                                                                                                  - Désinfecter les plaques en les trempant
                                                                                                                                                                                    dans une solution désinfectante autorisée,
                                                                                                                                                                                    en respectant les concentrations requises
                                                                                                                                                                                    et le temps de contact entre le désinfectant
                                                                                                                                                                                    et l’eau, pour obtenir une désinfection efficace.
                                                                                                                                                                                    Pour l’eau de Javel, par exemple,
                                                                                                                                                                                    1° chlorométrique = 3,17 g de chlore libre
                                                                                                                                                                                    par litre. Pour obtenir 150 mg/L pendant 30 mn,
                                                                                                                                                                                    il faut environ 1/4 de berlingot
                                                                                                                                                                                    à 36° chlorométrique pour 50 l d’eau.
                                                                                                                                                                                  - Rincer abondamment jusqu’à élimination
                                                                                                                                                                                    des traces de désinfectant (procéder à un test
                                                                                                                                                                                    colorimétrique).
                                                                                                                                                                                  - Replacer les plaques en remontant des joints
                                                                                                                                                                                   d’accouplement neufs.

                                                                                                                                                                                  Échangeur tubulaire :
                                                                                                                                                                                  - Déconnecter les entrées et sorties de l’échangeur
                                                                                                                                                                                    de la distribution d’eau froide et d’eau chaude.
                                                                                                                                                                                  - Effectuer un détartrage à l’aide de solutions
                                                                                                                                                                                    commerciales (suivre le mode d’emploi
                                                                                                                                                                                    du fournisseur) ou à partir d’une solution d’acide
                                                                                                                                                                                    sulfamique ou citrique injectée en circuit fermé
                                                                                                                                                                                    (temps de contact 30 min), puis rincer en circuit
                                                                                                                                                                                    ouvert.
                                                                                                                                                                                  - Effectuer une désinfection avec une solution
                                                                                                                                                                                    désinfectante autorisée, en respectant
                                                                                                                                                                                    les concentrations requises et le temps de contact
                                                                                                                                                                                    entre le désinfectant et l’eau, pour obtenir
                                                                                                                                                                                    une désinfection efficace. Pour l’eau de Javel,
                                                                                                                                                                                    par exemple, 1° chlorométrique = 3,17 g
                                                                                                                                                                                    de chlore libre par litre. Pour obtenir 150 mg/L
                                                                                                                                                                                    pendant 30 mn, il faut environ 1/4 de berlingot
                                                                                                                                                                                    à 36° chlorométrique pour 50 l d’eau.
                                                                                                                                                                                    Injecter la solution désinfectante en circuit fermé,
                                                                                                                                                                                    puis rincer en circuit ouvert jusqu’à élimination
                                                                                                                                                                                    des traces de désinfectant (procéder à un test
                                                                                                                                                                                    colorimétrique).




                                                                                           96                                                                                                                             >> Sommaire
Tableau 16 (suite 2) : Production d’eau chaude

  Nature
    des
 opérations
                      Objectifs
                                          Niveau de
                                         compétences
                                           minimum
                                            requis
                                                        Périodicité                         Principes                            2




                                                                                                                                 L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                          Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
 Vérification      Assurer                    4        Trimestrielle   Relever les écarts de température (DT)
 de                une circulation                     ou en cas       entre le départ et le retour de chaque boucle :
 l’équilibrage     homogène                            d’anomalie de   - Valeur guide : ⌬T ⭐ 5°C
 des boucles       de l’eau chaude                     température     - Seuil d’alerte : 5°C < ⌬T ⭐ 7°C
 de circulation                                                        - Seuil d’action : ⌬T > 7°C
                                                                       Le cas échéant, revoir l’équilibrage de la boucle,
                                                                       le fonctionnement des pompes de circulation,
                                                                       l’embouage éventuel des réseaux.
                                                                       Remarque : attention, il s’agit de toutes les boucles.
                                                                       On observe souvent des boucles secondaires
                                                                       dans lesquelles l’eau ne circule pas,
                                                                       alors que le collecteur répond aux critères ci-dessus.
 Entretien       Assurer le bon               2        Selon les       Vérifier le fonctionnement des pompes
 et vérification fonctionnement                        recomman-       (absence de surchauffe, de fuites, etc.)
 des pompes des pompes                                 dations         et procéder à leur entretien selon
 de circulation                                        du fabricant    les recommandations du fabricant.
                                                       et au moins
                                                       1 fois par an
 Entretien         Assurer le bon             3        Selon les     Selon les recommandations du fabricant.
 et vérification   fonctionnement                      recomman-
 des organes       et vérifier                         dations
 de régulation     les points                          du fabricant
 de                de consigne                         et au moins
 température                                           1 fois par an
 (thermostats,                                         par semestre
 mitigeurs…)                                           ou en cas
                                                       d’anomalie de
                                                       température




Tableau 17 : Éléments périphériques et équipements particuliers

  Nature                                  Niveau de
    des               Objectifs          compétences    Périodicité                         Principes
 opérations                                minimum
                                            requis
 Entretien         Éliminer les dépôts        2        Trimestrielle   Vérifier visuellement l’état d’entartrage interne
 des               de tartre                           à annuelle      des robinetteries par échantillonnage.
 robinetteries     et les souillures                                   Si nécessaire, remplacer ou nettoyer/détartrer
                                                                       avant de désinfecter. Sinon, désinfecter directement.
                                                                       Détartrage :
                                                                       - Démonter les aérateurs, cols de cygne
                                                                         et pommeaux/flexibles de douche.
                                                                       - Tremper ces éléments dans une solution
                                                                         détartrante (vinaigre blanc…).
                                                                       - Laisser agir 15 minutes, puis nettoyer de manière
                                                                         mécanique (brosse).
                                                                       - Rincer abondamment.
                                                                       Désinfection :
                                                                       - Tremper les éléments dans une solution
                                                                         désinfectante d’eau de Javel (40 ml d’eau
                                                                         de Javel - 1/4 de verre - à 9° chlorométrique
                                                                         dans 10 litres d’eau froide).
                                                                       - Laisser agir 15 minutes.
                                                                       - Rincer abondamment avant de replacer
                                                                         les éléments.



>> Sommaire                                                                                                                     97
                                                                                                                   Tableau 17 (suite) : Éléments périphériques et équipements particuliers


2                                                                                                                    Nature
                                                                                                                       des
                                                                                                                    opérations
                                                                                                                                        Objectifs
                                                                                                                                                      Niveau de
                                                                                                                                                     compétences
                                                                                                                                                       minimum
                                                                                                                                                        requis
                                                                                                                                                                      Périodicité                           Principes
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                    Nettoyage       Éliminer               1         Quotidienne       Nettoyer les éléments de la robinetterie
                                                                                                                    externe         les souillures                                     avec une solution détergente – désinfectante
                                                                                                                    des                                                                lors du nettoyage des chambres
                                                                                                                    robinetteries                                                      (éviter les détergents en poudre)
                                                                                                                    Entretien     Maintenir                3         Bimestrielle      Détartrer et désinfecter :
                                                                                                                    des fontaines un bon état                        à annuelle        Nettoyage interne :
                                                                                                                    réfrigérantes d’hygiène                                            - Mettre la fontaine hors d’eau.
                                                                                                                    (circuits                                                          - Déposer le serpentin et le flexible de raccordement.
                                                                                                                    internes)                                                          - Les détartrer en les faisant tremper dans
                                                                                                                                                                                         une solution de vinaigre blanc puis les rincer.
                                                                                                                                                                                       - Les désinfecter en les faisant tremper
                                                                                                                                                                                         dans une solution d’eau de Javel (1 cuillère
                                                                                                                                                                                         à soupe d’eau de Javel à 9° chlorométrique
                                                                                                                                                                                         dans 1 litre d’eau pendant 15 minutes)
                                                                                                                                                                                         puis rincer.
                                                                                                                                                                                       N.B. : pour le serpentin, voir s’il y a possibilité
                                                                                                                                                                                       d’injection directe en circuit fermé de solutions
                                                                                                                                                                                       détartrantes et désinfectantes.

                                                                                                                                                                                       Entretien :
                                                                                                                                                                                       - Changer le flexible de raccordement
                                                                                                                                                                                         par un flexible opaque de qualité alimentaire.
                                                                                                                                                                                       - Changer les filtres selon les spécifications
                                                                                                                                                                                         du fournisseur et au moins 1 fois par an.
                                                                                                                    Entretien     Maintenir un bon         1         Quotidienne       Nettoyer les parois, les becs verseurs,
                                                                                                                    des fontaines état d’hygiène                                       grilles, cuvettes… avec un détergent
                                                                                                                    réfrigérantes
                                                                                                                    (partie                                          Annuelle          - Détartrer le bec verseur en le faisant tremper dans
                                                                                                                    externe)                                                             du vinaigre blanc pendant 5 minutes puis rincer.
                                                                                                                                                                                       - Désinfecter le bec verseur en le faisant tremper
                                                                                                                                                                                         dans une solution d’eau de Javel pendant
                                                                                                                                                                                         15 minutes (1 cuillère à soupe d’eau de Javel
                                                                                                                                                                                         à 9° chlorométrique dans 1 litre d’eau),
                                                                                                                                                                                         puis rincer.
                                                                                                                    Entretien    Maintenir un bon                    Mensuelle         Dégivrer, nettoyer et désinfecter avec des produits
                                                                                                                    des machines état d’hygiène                      à trimestrielle   à usage alimentaire.
                                                                                                                    pour la                                                            Rincer avant la remise en service.
                                                                                                                    production
                                                                                                                    de glace
                                                                                                                    alimentaire
                                                                                                                    Entretien    Maintenir un bon                    Mensuelle         Dégivrer, nettoyer et désinfecter avec des produits
                                                                                                                    des machines état d’hygiène                      à trimestrielle   à usage alimentaire.
                                                                                                                    pour la                                                            Rincer avant la remise en service.
                                                                                                                    production
                                                                                                                    de glace non
                                                                                                                    alimentaire




                                                                                           98                                                                                                                                    >> Sommaire
Appareils de traitement d’eau                                            - l’évaluation de l’efficacité du traitement,


                                                                                                                                            2
                                                                           notamment au moyen d’analyses représentatives
Les opérations de maintenance ont pour objectifs                           du traitement effectué (fréquence mensuelle) ;
de maintenir la qualité de l’eau produite, d’optimiser
le coût de production, en limitant les arrêts de production.             - le diagnostic des travaux de réparation à réaliser
                                                                           (fréquence trimestrielle).
Les opérations d’entretien et de vérification




                                                                                                                                            L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                                     Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
des appareils de traitement d’eau doivent être                           Les opérations de maintenance des appareils
réalisées conformément aux indications                                   de traitement d’eau par permutation sodique
et recommandations des fournisseurs de ces appareils.                    (adoucisseurs) sont indiquées par les fabricants.
                                                                         Ces opérations de maintenance dépendent
D’une façon générale, ces opérations consistent en :                     dans une certaine mesure de la destination de l’eau :
- un examen des conditions générales d’hygiène                           eau à usage technique ou eau à usage alimentaire.
  susceptibles d’influencer le traitement
  et une vérification de la présence des produits                        Le programme de contrôle et de maintenance doit
  consommables (fréquence mensuelle) ;                                   comprendre au minimum les opérations suivantes :

- le nettoyage et le réglage des organes hydrauliques,
  électriques ou électroniques nécessaires pour assurer
  le bon fonctionnement des dispositifs
  (fréquence mensuelle) ;


Tableau 18 : Appareils de traitement d’eau

          Éléments                                  Opérations                                             Périodicité*
 Filtre                         Contrôle (pertes de charge)                                Trimestrielle

                                Nettoyage                                                  Trimestrielle
 Adoucisseur                    Contrôle du fonctionnement (phases de travail).            Mensuelle à trimestrielle
                                S’assurer que la durée des phases
                                d’adoucissement et de régénération sont
                                conformes aux indications des constructeurs.

                                Contrôle de la fréquence de régénération                   Mensuelle à trimestrielle
 Bac à sel                      Contrôle de l’approvisionnement                            Hebdomadaire

                                Nettoyage - Désinfection                                   Annuelle
 Bipasse                        Rinçage                                                    Trimestrielle
 Compteur /                     Contrôle de fonctionnement                                 Mensuelle
 horloge / automate
 Évacuation                     Contrôle (raccordement en rupture de charge)               Annuelle
 Résine                         Désinfection                                               Annuelle

                                Remplacement                                               Selon les recommandations du fabricant
 Qualité de l’eau adoucie Analyses                                                         Mensuelle à trimestrielle
 (Th, Chlorures, Sodium)


* Les périodicités sont données à titre indicatif. Il y aura lieu de se conformer aux préconisations des fabricants et/ou de les adapter
  aux conditions de fonctionnement des appareils, à la qualité de l’eau et aux usages (techniques, sanitaires, médicaux).




Ces opérations de maintenance doivent                                    d’eau, il est nécessaire de vérifier qu’elle dispose
être consignées dans le carnet sanitaire.                                de toutes les compétences pour assurer
                                                                         cette prestation (certification, personne qualifiée…).
Lorsqu’un contrat de maintenance est passé
avec une société pour des appareils de traitement




>> Sommaire                                                                                                                                99
                                                                                                                   V Opérations de maintenance                                    • Contrôler, dans les réservoirs, l’état des matériaux


2
                                                                                                                                                                                  métalliques susceptibles d’être en contact avec l’eau
                                                                                                                     sur les réservoirs de stockage                               de consommation humaine, afin d’éviter un contact
                                                                                                                     d’eau froide                                                 direct eau/métal (acier fonte) de façon à lutter contre
                                                                                                                                                                                  tout phénomène de corrosion.
L’eau dans les établissements de santé
                                         Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                     > Objectifs                                                  • Contrôler l’état des témoins de corrosion situés
                                                                                                                                                                                  au départ de la canalisation d’alimentation,
                                                                                                                     • Assurer la conservation de la qualité de l’eau.            dans la chambre de manœuvre.
                                                                                                                     • Gérer le temps de séjour de l’eau dans le réservoir.       • Si l’eau est agressive, contrôler plus particulièrement
                                                                                                                                                                                  l’état des matériaux à base de ciment.
                                                                                                                     • Permettre l’écoulement de l’eau vers la distribution
                                                                                                                     dans de bonnes conditions.                                   • Contrôler l’adhérence du revêtement d’étanchéité
                                                                                                                                                                                  sur le réservoir.
                                                                                                                     > Règles générales de connaissance                           • Contrôler l’étanchéité à l’air et à l’eau
                                                                                                                     et de gestion                                                de l’alimentation en amont du réservoir
                                                                                                                                                                                  et du départ de la distribution.
                                                                                                                     • Connaître la structure physique et le fonctionnement
                                                                                                                     hydraulique des réservoirs.                                  • Contrôler l’état des joints des appareillages
                                                                                                                                                                                  se trouvant dans le réservoir et jusque
                                                                                                                     • Respecter les consignes d’exploitation des réservoirs
                                                                                                                                                                                  dans la chambre des manœuvres.
                                                                                                                     ainsi que de leurs accessoires.
                                                                                                                                                                                  • Le remplissage du réservoir doit être précédé
                                                                                                                     • Connaître les ressources (qualité et potentiel).
                                                                                                                                                                                  de deux rinçages. Ensuite, le remplissage
                                                                                                                     • Préparer la gestion de crise :                             pour une mise en exploitation est réalisé.
                                                                                                                     - connaître les zones alimentées par l’installation ;
                                                                                                                                                                                  • Vérifier l’environnement du réservoir
                                                                                                                     - connaître les possibilités d’isolement de l’installation   (ruissellements, air…).
                                                                                                                       contaminée et de décontamination de l’installation
                                                                                                                                                                                  • Vérifier la protection des prises d’air
                                                                                                                       et de la zone dans laquelle de l’eau polluée
                                                                                                                                                                                  (treillage anti-insectes…).
                                                                                                                       a pu être délivrée ;
                                                                                                                                                                                  • Vérifier les protections des ruptures de charge.
                                                                                                                     - évaluer les possibilités d’alimentation alternatives ;
                                                                                                                                                                                  • Vérifier les procédures de prises d’échantillons.
                                                                                                                     - préparer un canevas des avertissements
                                                                                                                       et des comptes rendus à faire.                             • Vérifier les gardes d’air.

                                                                                                                                                                                  • Vérifier l’état des siphons.
                                                                                                                     > Nature des opérations à effectuer
                                                                                                                                                                                  • Vérifier la circulation de l’eau dans le réservoir.
                                                                                                                     • Nettoyer et désinfecter les réservoirs, éliminer
                                                                                                                     les dépôts (calcaire, fer, manganèse, biofilm…)              • Vérifier l’étanchéité des couvercles.
                                                                                                                     se formant sur la paroi de l’ouvrage. En fonction
                                                                                                                     de la nature des dépôts organiques et/ou minéraux,
                                                                                                                                                                                  > Procédures
                                                                                                                     plusieurs procédures doivent être mises en œuvre
                                                                                                                     pour assurer un nettoyage et une désinfection                Avant toute intervention dans un réservoir,
                                                                                                                     des parois qui respectent l’intégrité des surfaces           les agents de maintenance doivent être munis
                                                                                                                     à nettoyer ou désinfecter (elles sont détaillées             d’un équipement individuel adapté, comportant
                                                                                                                     à la page suivante).                                         des protections de sécurité.
                                                                                                                     • Traiter la paroi contre d’éventuelles agressions           L’exploitant du réservoir est tenu de surveiller
                                                                                                                     par des matières organiques et/ou minérales                  en permanence la qualité de l’eau. Cette mesure
                                                                                                                     contenues dans l’eau.                                        implique la tenue, par l’exploitant, d’un carnet
                                                                                                                                                                                  sanitaire des résultats et des vérifications effectuées.




                                           100                                                                                                                                                                                  >> Sommaire
> Périodicités                                              3/ Dans le cas d’un nettoyage avec des produits


                                                                                                                          2
                                                            chimiques, il est nécessaire de contrôler leur élimination
Le réservoir constitue un lieu privilégié                   et le pH des eaux de rinçage avant leur rejet. Le pH
de sédimentation des dépôts et donc une zone                doit être compris entre 5,5 et 8,5. Dans le cas contraire,
à haut risque pour la dégradation de l’eau.                 on effectue une neutralisation de ces eaux de rinçage
Son nettoyage doit donc être fréquent.                      avant leur vidange. Rincer à l’eau sous pression




                                                                                                                          L’eau dans les établissements de santé
                                                                                                                                                                   Installations de distribution de l’eau dans les établissements de santé
L’article R.1321-59 du code de la santé publique            moyenne. Effectuer plusieurs rinçages (au moins deux)
précise que « l’entretien des réservoirs de stockage        jusqu’à obtenir la disparition du produit.
doit être réalisé et vérifié aussi souvent que nécessaire
et au moins une fois par an. » Cette opération peut         4/ Désinfecter en incorporant dans les dernières eaux
s’accompagner d’une désinfection avant toute mise           de rinçage une solution désinfectante autorisée
ou remise en service. La vidange peut permettre             par le ministère de la santé. Les temps de contact
également une vérification de la tenue des enduits,         indiqués par le fournisseur ou, à défaut, ceux figurant
du génie civil, des équipements du réservoir.               dans le tableau 9 p. 84 du présent document
                                                            seront scrupuleusement respectés. Les produits
Compte tenu des évolutions possibles de la qualité          actuellement utilisés sont :
de l’eau à l’intérieur d’un réservoir, celui-ci peut être   - le chlore sous forme d’hypochlorite de sodium ;
choisi comme point de contrôle, dans le cadre du plan
d’échantillonnage pour les analyses d’eau défini            - les produits à base d’eau oxygénée.
par l’établissement. La vérification de la qualité
                                                            5/ Remplir le réservoir après l’avoir vidangé
de l’eau doit être aussi fréquente que les modifications
                                                            à plusieurs reprises.
apportées au fonctionnement hydraulique du réservoir.
                                                            6/ Effectuer un contrôle bactériologique de l’eau
                                                            (analyse de potabilité).
> Phases de nettoyage
et de désinfection d’un réservoir                           7/ Réaliser un rapport d’état final du réservoir
                                                            après l’examen complet de celui-ci. Il est inséré
1/ Isoler et vidanger le réservoir.                         dans le carnet sanitaire.
2/ Nettoyer les dépôts sur les parois, le radier
et les accessoires :
- le nettoyage du radier s’effectue par brossage,
  avec évacuation des boues et des sables
  par la vidange du réservoir ;

- les tuyauteries et les accessoires (équipements
  hydrauliques, échelles…) sont nettoyés et grattés
  si nécessaire ;

- les plafonds, voûtes et coupoles sont rincés au jet
  d’eau afin d’éliminer les eaux de condensation
  susceptibles d’être porteuses de germes.

Pour l’élimination des incrustations sur les parois,
le nettoyage peut-être :
- Mécanique : brossage et raclage manuels à l’aide
  d’une lance télescopique ou par projection d’eau
  sous pression ;

- Chimique : des produits chimiques permettent
  le nettoyage des réservoirs. Le ministère chargé
  de la santé a agréé une liste de produits.
  L’efficacité des produits est fonction
  de la concentration et du temps de contact.




>> Sommaire                                                                                                              101
          A
Annexes




          103
                                                                                                                             A




                                                                                                                                                                      Annexes
                                                                                                                             L’eau dans les établissements de santé
Annexe 1
Exemple de carnet sanitaire
des installations de distribution
de l’eau
Le carnet sanitaire des installations de distribution        • Les procédures et protocoles écrits concernant :
de l’eau est un document qui rassemble l’ensemble            - la maintenance et l’entretien des installations,
des informations existantes relatives à ces installations.
Il comprend différents volets qui doivent être               - la surveillance des installations (les modalités
régulièrement tenus à jour :                                   de prélèvements, les niveaux d’intervention
                                                               à respecter pour la qualité de l’eau),
• Des renseignements relatifs à l’organisation,
aux intervenants, aux responsabilités des personnes          - les consignes d’intervention (mesures curatives),
concernées : numéros de téléphone utiles,                      en cas de dépassement,
le nom de chaque entreprise intervenante                     - la stérilisation et le remplacement des filtres
(contrat de maintenance, traitement de l’eau…) ;               terminaux et des préfiltres,
• Des documents de présentation des installations            - la vérification des ensembles de protection.
de distribution de l’eau (documents contenus
notamment dans le rapport du diagnostic technique            • Le journal d’intervention :
et sanitaire des installations) :                            - le registre des interventions effectuées : c’est une
- les plans des réseaux actualisés : ils devront               « main courante » du fonctionnement du système.
  comporter, outre l’ensemble des circuits,                    Il y sera indiqué toutes les interventions effectuées,
  les systèmes de protection, les points d’injection           les opérations d’entretien et de maintenance réalisées,
  de produit, les points de prélèvements, les points           les traitements de lutte contre le tartre et la corrosion,
  de purges, l’emplacement des bras morts                      les traitements de désinfection. Les feuilles
  non supprimés, etc,                                          du journal d’intervention seront numérotées,

- la description des installations de distribution d’eau :   - le relevé des consommations d’eau (1 fiche
  elle devra indiquer les caractéristiques principales         de relevé par compteur) : relever au moins une fois
  des installations (les matériaux constitutifs                par mois, les consommations d’eau d’appoint
  des canalisations, l’état des canalisations, le système      de chaque circuit. Les feuilles de relevés
  de production d’eau chaude, les appareils                    des consommations d’eau seront numérotées,
  de traitement d’eau…),
                                                             - les relevés de températures de l’eau froide
- la description des travaux de modification,                  et chaude,
  de rénovation ou d’extension des installations
  de distribution de l’eau ;                                 - le relevé des prélèvements et des analyses d’eau :
                                                               indiquer les résultats des analyses bactériologiques
• La liste des différents postes utilisateurs d’eau            et physico-chimiques effectuées ;
dans l’établissement, classés par type d’usage
(alimentaires, sanitaires, de soins, techniques…) ;          • Le programme d’amélioration des circuits
                                                             de distribution de l’eau, avec échéancier.




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                                                                                                                                                                                A




                                                                                                                                                                                                                         Annexes
                                                                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
Annexe 2
Limites et références de qualité
des eaux destinées
à la consommation humaine
Les limites et les références de qualité des eaux                                              dans les annexes du décret sont présents dans l’eau,
destinées à la consommation humaine sont définies                                              il convient de quantifier leur présence et d’évaluer
par les articles R.1321-2 et R.1321-3 du code                                                  le risque qu’ils sont susceptibles de présenter
de la santé publique. Il prévoit que l’eau :                                                   pour la santé. En ce qui concerne la microbiologie,
- doit respecter les limites de qualité                                                        cette évaluation du risque est basée sur la notion
  pour les paramètres dont la présence dans l’eau                                              de dose minimale infectante pour les germes
  présente des risques immédiats ou à plus long                                                non spécifiés et non recherchés habituellement ;
  terme pour la santé du consommateur.
  Elles concernent aussi bien des paramètres                                               - doit satisfaire aux références de qualité pour
  microbiologiques que des substances chimiques.                                             des paramètres indicateurs de qualité témoins
  Les limites de qualité sont fixées au I de l’annexe                                        du fonctionnement des installations de production
  13-1 du code de la santé publique ;                                                        et de distribution. Ces substances, sans incidence
                                                                                             directe sur la santé aux teneurs normalement
- ne doit pas contenir un nombre ou une concentration                                        présentes dans l’eau, peuvent mettre en évidence
  de micro-organismes, de parasites ou de toutes                                             un dysfonctionnement des installations de traitement
  autres substances constituant un danger potentiel                                          ou être à l’origine d’inconfort ou de désagrément
  pour la santé des personnes. Cette exigence                                                pour le consommateur. Les références de qualité
  sous-entend que lorsque des substances                                                     sont fixées au II de l’annexe 13-1 du code
  ou des micro-organismes non spécifiés                                                      de la santé publique.


Tableau 19 : Limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine (49)

                         Critères de qualité des eaux destinées à la consommation humaine
                                                                                                                   Eau distribuée
       Paramètres                                             Unité
                                                                               Limite de qualité                       Référence de qualité
 Paramètres microbiologiques
 Germes aérobies revivifiables à 22°C                                                                         Variation dans un rapport de 10
                                                                                                              par rapport à la valeur habituelle
 Germes aérobies revivifiables à 37°C
 Coliformes                                                 / 100 ml                                          0
 Escherichia coli                                           / 100 ml                       0
 Entérocoques                                               / 100 ml                       0
 Bactéries sulfitoréductrices                               / 100 ml                                          0


(49) Les notes figurant dans les tableaux de l’annexe 13-1 du code de la santé publique ne sont pas reprises dans ce tableau, il convient donc de se référer à l’annexe 13-1
     du code de la santé publique pour obtenir ces renseignements.




>> Sommaire                                                                                                                                                                    107
                                                   Tableau 19 (suite 1) : Limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine (49)


A                                                        Paramètres
                                                                      Critères de qualité des eaux destinées à la consommation humaine

                                                                                                  Unité
                                                                                                              Limite de qualité
                                                                                                                                        Eau distribuée
                                                                                                                                            Référence de qualité
                                         Annexes
L’eau dans les établissements de santé




                                                    Paramètres organoleptiques
                                                    Couleur                                      mg/L Pt                          ⭐ 15*
                                                    Odeur                                                                         Pas d’odeur pour un taux de dilution
                                                                                                                                  de 3 à 25°C*
                                                    Saveur                                                                        Pas d’odeur pour un taux de dilution
                                                                                                                                  de 3 à 25°C*
                                                    Paramètres physico chimiques
                                                    Température                                     °C                            25
                                                    PH                                                                            6,5 à 9
                                                    Conductivité                               µS/cm à 20°C                       180 à 1 000
                                                    Turbidité (au point de mise                    NFU               1            0,5
                                                    en distribution (ESU et milieu fissuré))
                                                    Turbidité                                      NFU                            2
                                                    Équilibre calcocarbonique                                                     Eau non agressive
                                                    Carbone organique total COT                   mg/L                            2**
                                                    Oxydabilité au permanganate                  mg/L O2                          5
                                                    Substances minérales
                                                    Ammonium                                      mg/L                            0,1 (0,5 si l’origine est naturelle)
                                                    Sodium                                        mg/L                            200
                                                    Chlorures                                     mg/L                            250
                                                    Nitrates                                      mg/L               50
                                                    Nitrites                                      mg/L               0,5
                                                    Sulfates                                      mg/L                            250
                                                    Aluminium                                      µg/L                           200
                                                    Antimoine                                      µg/L              5
                                                    Arsenic                                        µg/L              10
                                                    Baryum                                         µg/L             700
                                                    Bore                                           µg/L            1 000
                                                    Cadmium                                        µg/L              5
                                                    Chrome                                         µg/L              50
                                                    Cuivre                                         µg/L            2 000          1 000
                                                    Fer total                                      µg/L                           200
                                                    Manganèse                                      µg/L                           50
                                                    Mercure total                                  µg/L              1
                                                    Nickel                                         µg/L              20
                                                    Plomb                                          µg/L              10
                                                    Sélénium                                       µg/L              10
                                                    Cyanures totaux                                µg/L              50
                                                    Fluorures                                      µg/L            1 500




                                         108                                                                                                                       >> Sommaire
Tableau 19 (suite 2) : Limites et références de qualité des eaux destinées à la consommation humaine (49)




     Paramètres
                    Critères de qualité des eaux destinées à la consommation humaine

                                           Unité
                                                     Limite de qualité
                                                                               Eau distribuée
                                                                                   Référence de qualité
                                                                                                             A




                                                                                                                                                      Annexes
                                                                                                             L’eau dans les établissements de santé
 Substances organiques
 Acrylamide                                 µg/L                0,1
 Chlorure de vinyle                         µg/L                0,5
 Épichlorhydrine                            µg/L                0,1
 Benzène                                    µg/L                1
 Benzo(a)pyrène                             µg/L            0,01
 Hydrocarbures aromatiques                  µg/L                0,1
 polycycliques
 Tétrachloroéthylène et trichloréthylène    µg/L                10
 1,2-dichloroéthane                         µg/L                3
 Pesticides                                 µg/L                0,1
 Aldrine, dieldrine,                        µg/L            0,03
 heptachlore, heptachlorépoxyde
 Total Pesticides                           µg/L                0,5
 Microcystine-LR.                           µg/L                1
 Produits de désinfection
 Chlore libre et total                      µg/L                         Absence d’odeur et de saveur
                                                                         désagréable**
 Bromates                                   µg/L                10
 Chlorites                                  µg/L                         200
 Trihalométhanes (T.H.M.)                   µg/L            100
 Indicateurs de radioactivité
 Dose totale indicative                    mSv/an                        0,1
 Tritium                                    Bq/L                         100


* Acceptable par le consommateur et aucun changement anormal.

** Aucun changement anormal.




>> Sommaire                                                                                                 109
                                                                                                                                                                                A




                                                                                                                                                                                                                         Annexes
                                                                                                                                                                                L’eau dans les établissements de santé
Annexe 3
Suivi de la température
et des légionelles
- modalités d’interprétation
des résultats dans les réseaux d’eau (50)
Le choix de la stratégie d’échantillonnage doit viser                                         La stratégie d’échantillonnage en vue de l’analyse
à obtenir une représentation globale de l’état                                                de légionelles, doit être adaptée à l’objectif
de qualité ou de contamination des installations.                                             poursuivi : diagnostic du réseau, mise en évidence
Les tableaux n° 20 et 21, ci-après, précisent                                                 de dysfonctionnements, connaissance des expositions,
les principaux points de contrôle, la fréquence                                               etc. Pour les prélèvements effectués au niveau
minimale des prélèvements et donnent                                                          des points d’usage, lors de campagnes
des éléments d’interprétation en fonction des points                                          de prélèvements réalisées en routine visant à évaluer
contrôlés. Dans tous les cas, les résultats obtenus                                           les expositions, il est recommandé de :
dans le cadre du suivi de ces indicateurs doivent faire                                       - réaliser les prélèvements à un moment
l’objet d’une interprétation effective et, si nécessaire,                                       de la journée où les installations sont exploitées
entraîner la mise en œuvre d’actions correctives.                                               dans des conditions normales, par exemple
                                                                                                en milieu de journée ;
La périodicité et le choix des sites de prélèvements
ne peuvent être définis une fois pour toutes.                                                 - choisir des points d’usage couramment utilisés ;
Ils dépendent en effet des résultats observés,
de l’usage qui est fait des installations, de la manière                                      - réaliser le prélèvement sur le premier litre d’eau
dont les patients risquent d’être exposés et des facteurs                                       obtenu (« premier jet »).
de risque de ces patients, ainsi que des difficultés                                          Il est nécessaire d’être vigilant quant à l’interprétation
éventuellement rencontrées pour traiter les épisodes                                          des analyses de légionelles dans l’eau chaude.
de contamination.                                                                             Parmi les critères pouvant influencer ces résultats,
Il est recommandé de relever la température,                                                  le moment choisi pour effectuer ces prélèvements
de préférence en continu, avec une traçabilité                                                eu égard aux traitements chocs réalisés est déterminant :
de l’information par moyens informatiques.                                                    - le résultat d’analyse d’un prélèvement d’eau réalisé
L’interprétation des graphes de températures permet                                              quelques jours après un choc chloré ou thermique
de vérifier et de rectifier le fonctionnement                                                    est uniquement représentatif de l’efficacité ponctuelle
des installations (débit des pompes de recirculation,                                            de la procédure de désinfection. En général,
équilibrage des boucles de distribution d’eau, etc.).                                            le résultat est alors satisfaisant. Cependant, en aucun
Un maintien rigoureux des consignes de température                                               cas, ce résultat d’analyse ne doit être considéré
dans l’installation selon les préconisations du titre V p. 55,                                   comme le reflet d’une situation maîtrisée.
validé par un suivi rigoureux de ce paramètre                                                    La recolonisation d’un réseau peut intervenir
en conformité avec le tableau ci-après,                                                          très rapidement (parfois 3 à 4 semaines environ
ainsi que des résultats d’analyses de légionelles                                                après le traitement). Il ne faut donc pas considérer
satisfaisants peuvent permettre de diminuer                                                      le résultat acquis comme un élément prouvant
le nombre d’analyses de légionelles à réaliser.                                                  une maîtrise de la problématique liée aux légionelles ;


(50) Ces dispositions sont spécifiées par la circulaire n°2002-243 du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque lié aux légionelles dans les établissements de santé.



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                                                   - l’heure de l’échantillonnage au point de puisage                      Il est par ailleurs conseillé, pour faciliter l’interprétation


A
                                                     est aussi un facteur déterminant : le matin avant                     des résultats d’analyses de légionelles, de relever
                                                     soutirage d’eau, les résultats obtenus correspondent                  la température de l’eau au niveau des points
                                                     à la stagnation de la nuit alors qu’en milieu                         de prélèvement.
                                                     de matinée, ils correspondent à un tirage
                                                     abondant. Les concentrations varient de même                          Il est recommandé de consigner dans le carnet
                                         Annexes
L’eau dans les établissements de santé




                                                     selon que le prélèvement est réalisé au premier jet                   sanitaire l’ensemble des résultats issus
                                                     ou après écoulement de l’eau.                                         de la surveillance.



                                                   Tableau 20 : Suivi des paramètres température et légionelles dans les réseaux d’eau chaude

                                                                               Précautions
                                                        Points                                          Mesures à effectuer
                                                                             à prendre pour                                                              Interprétation
                                                      de contrôle                                   et fréquence - en préventif
                                                                             le prélèvement
                                                    1. Fond du ballon        Soutirer les dépôts   Analyses de légionelles : 1 fois/an      La mesure de légionelles donne
                                                    d’eau chaude             avant de faire        - plusieurs ballons en série :           une indication sur l’état de maintenance
                                                                             le prélèvement          choisir a priori le dernier ballon     du ballon mais n’est pas représentative
                                                                                                     ou le plus à risque pour ne pas        de la qualité de l’eau distribuée
                                                                             Fermer l’arrivée        augmenter le nombre de points
                                                                             d’eau froide            d’échantillonnage.
                                                                             si arrivée en bas     - plusieurs ballons en parallèle :
                                                                             de ballon               choisir l’un des ballons pour ne pas
                                                                                                     augmenter le nombre de points
                                                                                                     de mesure.

                                                                                                   Température : sa mesure à cet
                                                                                                   endroit ne présente pas d’intérêt
                                                                                                   (l’arrivée d’eau froide peut
                                                                                                   se situer à proximité).
                                                    2. Sortie du ballon                            Analyses de légionelles :                Contrôle du rendement thermique
                                                    ou, à défaut,                                  pas d’analyses de légionelles            de l’installation de production
                                                    le point d’usage                               sauf si impossibilité d’augmenter
                                                    le plus près                                   la température de production
                                                    du ballon.                                     au-delà de 55°C (eau de sortie)
                                                    Si plusieurs ballons :
                                                    - en série : faire                             Température : 1 fois /jour
                                                      la mesure après                              ou de préférence en continu.
                                                      le dernier ballon
                                                    - en parallèle :
                                                      faire la mesure
                                                      après chaque
                                                      ballon
                                                    3. Sortie                                      Température : 1 fois/jour                Contrôle du rendement thermique
                                                    de l’échangeur                                 ou de préférence en continu.             de l’installation de production
                                                    à plaques
                                                    4. Point d’usage         Contrôle              Analyses de légionelles : 1 fois/an      Donne le résultat le plus défavorable
                                                    le plus défavorisé :     de l’exposition :                                              de l’état de contamination du réseau.
                                                    point où la perte        le prélèvement        Température de l’eau chaude              La durée d’attente pour obtenir de l’eau
                                                    de charge est            est effectué          (avant mitigeage) :                      chaude est un indicateur de l’état
                                                    la plus importante       sur le premier        1 fois/semaine                           d’équilibrage du réseau. Ainsi, l’obtention
                                                    (1 ou                    jet d’eau.            ou de préférence en continu              rapide (moins de 1 min) de l’eau chaude
                                                    2 échantillons)          Contrôle des                                                   indique un bon équilibrage du réseau.
                                                                             conditions de                                                  En cas de plus longue durée d’attente,
                                                                             maîtrise du réseau :                                           revoir l’équilibrage du réseau
                                                                             le prélèvement                                                 (réglage des vannes, entartrage…).
                                                                             d’eau est effectué                                             Il se peut que, dans certaines parties
                                                                             après écoulement                                               du réseau, en général les plus éloignées,
                                                                             de 2 à 3 minutes                                               la recirculation de l’eau se fasse mal.
                                                                             de façon à recueillir
                                                                             l’eau circulant
                                                                             en amont.



                                         112                                                                                                                              >> Sommaire
                          Précautions

                                                                                                                                   A
     Points                                         Mesures à effectuer
                        à prendre pour                                                             Interprétation
   de contrôle                                  et fréquence - en préventif
                        le prélèvement
 5. Points d’usage    - Contrôle               Analyses de légionelles : 1 fois/an    Donne une image représentative
 représentatifs         de l’exposition :                                             de la qualité de l’eau distribuée.




                                                                                                                                                                            Annexes
                                                                                                                                   L’eau dans les établissements de santé
 (ou à défaut           le prélèvement         Température de l’eau chaude
 si accès impossible, est effectué             (avant mitigeage) : 1 fois/semaine
 en pied de colonne) sur le premier            ou de préférence en continu
 (2 ou 3 échantillons) jet d’eau.
                      - Contrôle des
                        conditions de
                        maîtrise du réseau :
                        le prélèvement
                        d’eau est effectué
                        après écoulement
                        de 2 à 3 minutes
                        de façon
                        à recueillir l’eau
                        en amont.
 6. Points d’usage     - Contrôle              Analyses de légionelles : 1 fois/an    Donne une image représentative
 représentatifs situés de l’exposition :                                              de la qualité de l’eau distribuée
 dans des services       le prélèvement        Température de l’eau chaude
 accueillant             est effectué          (avant mitigeage) : 1 fois/semaine
 en permanence           sur le premier        ou de préférence en continu
 des patients          - Contrôle des          (mesure réalisée par le personnel
 à risque et à haut      conditions de         du service)
 risque (ou à défaut maîtrise du réseau :
 si accès impossible, le prélèvement           (la surveillance peut être renforcée
 en pied de colonne) d’eau est effectué        en fonction du type de dispositif
 (2 ou 3 échantillons) après écoulement        de production, de distribution
                         de 2 à 3 minutes      et de puisage mis en œuvre
                         de façon à            dans ces services)
                         recueillir l’eau
                         en amont.
 7. Retour             Faire couler            Analyses de légionelles : 1 fois/an    Si le réseau est bien équilibré :
 de boucle             2 à 3 minutes                                                  donne une idée globale de l’état
                                               Température : 1 fois par jour          de contamination des installations.
                                               ou de préférence en continu.           Une température correcte en retour
                                                                                      de boucle n’est pas révélatrice de l’état
                                                                                      de l’ensemble du réseau si le réseau
                                                                                      n’est pas bien équilibré.



Tableau 21 : Suivi des paramètres température et légionelles dans les réseaux d’eau froide

        Points                  Précautions            Paramètre                              Actions
      de contrôle                à prendre              mesuré                           à mettre en œuvre
 Plusieurs points d’usage    Prélever l’eau          Température :      Si la température est supérieure 25°C :
 représentatifs              après écoulement        1 fois/semaine     - il est nécessaire d’en déterminer la cause
 (2 ou 3 échantillons)       (2 à 3 minutes)                              et d’y remédier (passage au droit d’une canalisation
                                                                          d’une canalisation d’eau chaude dans une gaine
                                                                          technique, calorifugeage commun, absence
                                                                          de circulation à certains moments) ;
                                                                        - la recherche de légionelles est préconisée.

                                                                        Mettre en place les mêmes actions de recherche
                                                                        des anomalies du réseau si on constate
                                                                        une augmentation anormale de la température.


Remarque : Si la canalisation d’eau froide, à l’amont immédiat de la production d’eau chaude, est réchauffée
en raison d’une température élevée du local ou par effet de conduction sur un circuit en eau stagnante,
elle peut constituer une zone de prolifération qu’il convient de contrôler.


>> Sommaire                                                                                                                       113
                             A




                                                                      Annexes
                             L’eau dans les établissements de santé
Annexe 4
Typologie des différentes
catégories d’eau




>> Sommaire                 115
                                                                                                                                          L’eau dans les établissements de santé




                                                                                                                                                                                              A
                                                                                                                                                                                  Annexes




116
              Tableau 22 : Paramètres prioritaires à surveiller, en fonction des risques identifiés, dans le cadre de la surveillance prévue par l’article R. 1321-23 du code de la santé publique

                                                                                                         Paramètres microbiologiques
                      Catégories                Niveaux          Flore aérobie       Flore aérobie
                        d’eau                                                                              Coliformes       Pseudomonas           Legionella        Staphylococcus          Endotoxines
                                                                   revivifiable        revivifiable          totaux          aeruginosa          pneumophila            aureus
                                                                     à 22°C              à 36°C
               Q.1.1. a
                                              Niveau cible        100 UFC/m             10 UFC/ml         < 1 UFC/100ml
               Eau d’entrée
               Q.1.1. b                                         Pas de variation dans un rapport de 10
                                              Niveau cible                                                < 1 UFC/100ml      < 1 UFC/100ml
               Eau aux points d’usage                              par rapport à la valeur habituelle
               Q.1.2.
                                              Niveau cible       ⭐ 100 UFC/ml          ⭐ 10 UFC/ml        < 1 UFC/100ml      < 1 UFC/100ml
               Eau pour soins standards
               Q.2.1.                         Niveau cible       ⭐ 1 UFC/100ml                                               < 1 UFC/100ml
               Eau bactériologiquement
               maîtrisée                      Niveau d’action    ⭓ 10 UFC/100ml                                             ⭓ 1 UFC/100ml
               Q.2.2.                         Niveau cible                                                                                        < 103 UFC/l
               Eau chaude
                                              Niveau d’alerte                                                                                       103 UFC/l

                                              Niveau d’action                                                                                       104 UFC/l
               Q.2.3.
               Eau des piscines               Niveau exigé                            < 100 UFC/ml        ⭐ 1 UFC/100ml     ⭐ 1 UFC/100ml                            ⭐ 1 UFC/100ml
               de rééducation*
               Q.2.4.                                                                                                                             absence de
               Eau des bains à remous         Niveau exigé                            < 100 UFC/ml        ⭐ 1 UFC/100ml     ⭐ 1 UFC/100ml          Legionella        ⭐ 1 UFC/100ml
               et des douches à jets*                                                                                                            pneumophila**
               Q.2.5. Eaux pour hémodialyse
                                              Niveau exigé       < 100 UFC/ml                                                                                                               < 0,25 UI/ml
               Hémodialyse conventionelle
               Hémofiltration et
                                              Niveau exigé       < 100 UFC/l                                                                                                                < 0,25 UI/ml
               hémodiafiltration en ligne
               Q.2.6.
                                              Niveau exigé       ⭐ 100 UFC/ml                                                                                                               < 0,25 UI/ml
               Eau purifiée
               Q.2.7.
                                              Niveau exigé       ⭐ 10 UFC/100ml
               Eau hautement purifiée
               Q.2.8.
                                              Niveau cible      Pas de variation dans un rapport de 10    < 1 UFC/100ml      < 1 UFC/100ml
               Eau des fontaines
                                                                   par rapport à la valeur habituelle
               à usage de boisson




>> Sommaire
              * Ces valeurs doivent être respectées le matin avant l’accès des patients. En présence de patients, une tolérance est admise dans l’interprétation des niveaux microbiens.
              ** Conformément à la version de septembre 2003 de la norme NF T90-431, l’absence signifie « < 250 UFC/l » et « Legionella Pneumophila non détectées ».
                                                                                                                        A




                                                                                                                                                                 Annexes
                                                                                                                        L’eau dans les établissements de santé
Annexe 5
Protection des équipements
terminaux ou postes
utilisateurs d’eau
Tableau 23 : Liste non exhaustive d’équipements terminaux dont la conception intègre le dispositif de protection
lors de la fabrication de l’équipement

              Équipement                     Dispositif de protection              Marque de conformité
 Robinetterie fixe                         Surverse de hauteur > 20 mm       NF robinetterie sanitaire
 Évier / lavabo équipé de douchette        EB sur sortie du robinet          NF robinetterie sanitaire
 W.-C. avec réservoir de chasse            AC                                NF
 Douchette pour robinet, douche            EB ou HC sur sortie               NF robinetterie sanitaire (sur robinet)
 et bain douche, avec obturation           douche du robinet
 à l’amont de la chambre
 de mélange (ex mélangeurs
 et mitigeurs mécaniques)
 Douchette pour robinet, douche            EB sur entrée du robinet          NF robinetterie sanitaire (sur robinet)
 et bain douche, avec obturation
 à l’aval de la chambre
 de mélange (ex mélangeurs
 et mitigeurs thermostatiques)
 Robinet de puisage avec raccord au nez    HA                                NF robinetterie sanitaire
 Fontaine à boire d’eau glacée             EA Garde d’air 20 cm
 Mitigeur thermostatique                   EA sur l’entrée d’eau froide      NF robinetterie sanitaire
 ou mécanique centralisé                   et sur l’entrée d’eau chaude



Tableau 24 : Liste non exhaustive d’équipements terminaux dont le dispositif de protection est à mettre en place
lors de l’installation de l’équipement

              Équipement                     Dispositif de protection              Marque de conformité
 Robinet de puisage à nez lisse            Garde d’air de 80 cm du sol       NF robinetterie de réglage
                                                                             et de sécurité
 Lavabo collectif, auge                    Garde d’air > 20 mm               NF appareils sanitaires
 Douche collective                         Garde d’air > 20 cm               NF appareils sanitaires




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V Glossaire


  A                                                       D
  Action corrective : action entreprise pour éliminer     Danger : élément de nature physique, chimique,
  la cause d’une non-conformité détectée                  microbiologique, radiologique susceptible d’entraîner
  ou d’une autre situation indésirable.                   un événement de santé indésirable tel qu’une maladie,
                                                          un traumatisme, un handicap, un décès. Par extension,
  Action curative : action entreprise pour éliminer       le danger désigne tout effet toxique, c’est-à-dire
  une non-conformité détectée ou une autre situation      un dysfonctionnement cellulaire ou organique lié
  indésirable, sans pour autant traiter la cause          à l’interaction entre un organisme vivant et un agent
  de la non-conformité.                                   chimique, physique ou biologique.
  Action préventive : action entreprise pour éliminer     Défaillance : fonction prévue mais non remplie.
  la cause d’une non-conformité potentielle
  ou d’une autre situation potentiellement indésirable.   Désinfection : Opération, au résultat momentané,
  Une action préventive est mise en œuvre pour éviter     permettant d’éliminer ou de tuer les micro-organismes
  l’apparition d’une non-conformité.                      et/ou d’inactiver les virus indésirables portés par
                                                          des milieux inertes contaminés, en fonction
                                                          des objectifs fixés. Le résultat de cette opération
  B                                                       est limité aux micro-organismes présents au moment
  Bipasse : canalisation permettant la fourniture d’eau   de l’opération.
  à un point donné par un autre circuit que celui         Dispositif de protection
  emprunté en fonctionnement normal                       (voir « ensemble de protection ») : appareil
  d’une installation.                                     mécanique ou aéraulique destiné à empêcher
                                                          un retour d’eau potentiellement polluée
  C                                                       vers un réseau d’eau potable. Ils sont classés par type.
                                                          Exemples :
  Carnet sanitaire : dossier technique rassemblant        - type EA : clapet de non-retour contrôlable
  l’ensemble des informations existantes sur toutes         avec vanne à l’amont ;
  les installations de distribution de l’eau
  de l’établissement de santé.                            - type BA : disconnecteur à zone de pression réduite
                                                            contrôlable ;
  Collecteur : canalisation maîtresse qui amène l’eau
  de la production vers les boucles de distribution       - type AA/AB : surverse totale ou par trop plein
  (collecteurs aller) ou canalisation collectant l’eau      (bâche de rupture) ;
  provenant du retour de chacune des boucles
                                                          - type AE : surverse sanitaire alimentaire ;
  vers la production (collecteur retour).
                                                          - type HA : disconnecteur d’extrémité.
  Criticité : elle est le produit de trois coefficients
  différents : la gravité, la probabilité d’occurrence    Un dispositif de protection titulaire de la marque NF
  et la probabilité de non-détection. Elle permet         antipollution est réputé satisfaire aux obligations
  de hiérarchiser les problèmes.                          de sécurité sanitaire.




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      E                                                          I
      Eau conditionnée : eau arrivant au sein                    Indicateur de processus : il mesure les activités
      de l’établissement préemballée ou conditionnée             permettant d’atteindre les objectifs fixés.
      dans l’établissement et servant à des usages autres
      que pour la préparation en pharmacie.                      Indicateur de résultat : il mesure l’atteinte
      Le contenant peut être sous forme de bouteille,            de l’objectif fixé.
      de bidon, de citerne…                                      Indicateur de structure : il mesure les moyens
      Eau d’entrée : eau arrivant à l’entrée                     et les ressources utilisés pour répondre aux objectifs
      de l’établissement que ce soit à l’interface               fixés.
      avec le réseau public ou à la sortie d’un forage
      au sein de l’établissement. Chaque arrivée doit être       M
      individualisée et caractérisée.
                                                                 Maintenance : l’ensemble des actions permettant
      Eau aux points d’usage : eau consommée                     de maintenir ou de rétablir un bien dans un état
      directement ou indirectement par toute personne            spécifié ou en mesure d’assurer un service déterminé.
      au sein de l’établissement.
                                                                 Maintenance systématique : elle est effectuée selon
      Eau pour soins standards : eau non traitée utilisée        un échéancier ou un nombre d’usages ou d’unités.
      pour les soins de base pour des patients sans risque       Elle donne souvent lieu à une visite ou un contrôle.
      particulier ou pour le nettoyage et le rinçage             Elle vise essentiellement la fiabilité du système.
      de certains dispositifs médicaux.
                                                                 Maintenance conditionnelle : elle est subordonnée
      Eau bactériologiquement maîtrisée : eau,                   à un indicateur. Elle donne lieu à une mesure
      obtenue après traitement, présentant une qualité           et à une interprétation. Elle vise essentiellement
      bactériologique supérieure à celle du réseau               la détection des anomalies.
      de distribution. Elle est destinée aux patients les plus
      vulnérables ainsi que pour des soins au contact            Maintenance corrective : elle est effectuée après
      des muqueuses ou exposant à un risque infectieux           une défaillance (fuite, pollution…). Elle donne
      particulier.                                               souvent lieu à un diagnostic et à une action corrective
                                                                 (réparation, remise en état…). Elle vise essentiellement
      Ensemble de protection : il comprend un dispositif         la réduction des anomalies.
      de protection et les éléments associés.
      Il est représenté par un hexagone contenant                Matières solides dissoutes : très petits fragments
      deux lettres majuscules, la première désigne la famille    de matières organiques et inorganiques présents
      de protection, la seconde le type de dispositif.           dans l’eau. Leur présence en quantité excessive
      Exemple : BA : B = disconnexion contrôlable,               rend l’eau insalubre ou en limite l’utilisation
      A = disconnecteur à zone de pression réduite               dans les procédés industriels.
      contrôlable. Dans cet exemple, les éléments associés
      sont, dans le sens de l’eau, une vanne amont,              Mésusage : utilisation d’une eau de qualité
      un filtre avec purge et une vanne aval.                    non conforme aux recommandations ou exigences
                                                                 réglementaires.
      Établissements de santé : ils dispensent :
      • avec ou sans hébergement :                               Micro-organismes pathogènes : micro-organismes
      - des soins de courte durée ou concernant                  pouvant causer des maladies chez d’autres organismes
        des affections graves pendant leur phase aiguë           ou chez les humains, les animaux et les plantes.
        en médecine, chirurgie, obstétrique, odontologie         Mode opératoire : instruction de travail documentée,
        ou psychiatrie,                                          détaillant ce qui doit être effectué pour une tâche
      - des soins de suite ou de réadaptation dans le cadre      donnée, à un poste déterminé et décrivant une série
        d’un traitement ou d’une surveillance médicale           d’actions à mener.
        à des malades requérant des soins continus,
        dans un but de réinsertion ;                             N
      • des soins de longue durée, comportant                    Nettoyage : Ensemble des opérations permettant
      un hébergement, à des personnes n’ayant pas                d’assurer un niveau de propreté, d’aspect, de confort
      leur autonomie de vie dont l’état nécessite                et d’hygiène déterminé. Ces opérations peuvent
      une surveillance médicale constante                        comprendre une détergence, un détartrage
      et des traitements d’entretien (article L.6111-2           et une désoxydation. La propreté est un critère
      du code de la santé publique).                             fondamental de qualité des opérations de nettoyage.




120                                                                                                          >> Sommaire
Niveau cible : correspond à des limites de qualité,      T
pour une eau donnée, vers lesquelles l’établissement
doit tendre dans des conditions normales                 Traçabilité : aptitude à retrouver l’historique, la mise
de fonctionnement.                                       en œuvre ou l’emplacement de ce qui est étudié.

Niveau d’action : correspond à des limites de qualité,   Traçage : pose de cordons chauffants le long
pour une eau donnée, qui lorsqu’elles sont dépassées     des canalisations d’eau chaude afin de maintenir
doivent immédiatement déclencher une restriction         la température de l’eau chaude.
ou une suppression des usages à risque et la mise
                                                         Traitement continu : il consiste à mettre en œuvre
en œuvre de mesures correctives permettant
                                                         un procédé ou une injection de produit
de revenir rapidement sous le niveau d’alerte
                                                         (« désinfection continue ») de manière permanente,
et de tendre vers le niveau cible.
                                                         pour la maîtrise continuelle des bactéries
Niveau d’alerte : correspond à des limites de qualité,   en suspension dans l’eau.
pour une eau donnée, permettant de détecter
                                                         Traitement curatif : il consiste à mettre en œuvre,
précocement une dérive potentielle des conditions
                                                         après nettoyage, une désinfection choc curative
normales de fonctionnement et doit entraîner
                                                         ponctuelle destinée à abattre de manière
la vérification des résultats et la mise en œuvre
                                                         très significative, les bactéries en suspension et fixées
de premières mesures correctives.
                                                         dans les biofilms.
Niveau exigé : correspond à des limites de qualité
fixées par la réglementation ou des circulaires,
                                                         V
lorsque celles-ci ne contiennent qu’un seul niveau.
                                                         Visite : examen détaillé et prédéterminé de tout
P                                                        ou partie des différents éléments d’une installation
                                                         et pouvant impliquer des opérations de maintenance
Point critique : élément, étape ou procédure             simples (réglages sans démontage, échange
pouvant être à l’origine d’un danger et pouvant être     d’éléments consommables facilement accessibles…)
maîtrisé afin de prévenir, éliminer ou réduire           (NF X 60-010).
les risques d’apparition de ce danger.

Procédure : manière spécifiée d’effectuer
une activité ou un processus. Lorsque les procédures
sont formalisées dans des documents écrits,
on parle de procédure écrite.

Protocole : descriptif technique qui énonce
les conditions, les règles, les tâches à exécuter
et leur déroulement et/ou les consignes à observer
pour la réalisation d’un acte.


Q
Qualité de l’eau : terme utilisé pour décrire
les caractéristiques chimiques, physiques
et biologiques de l’eau relativement à une utilisation
particulière.


R
Rinçage : élimination par l’eau des résidus
de produits de lavage, nettoyage, désinfection,
détartrage, désoxydation…

Risque : probabilité de survenue d’un danger.




>> Sommaire                                                                                                          121
      V Sigles utilisés

           AFSSA Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments

          AMDEC Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur Criticité

            CLIN Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales

         COFRAC Comité français d’accréditation

             COT Carbone Organique Total

          CTINILS Comité Technique des Infections Nosocomiales et des Infections Liées aux Soins

           CSHPF Conseil supérieur d’hygiène publique de France

           EOHH Équipe Opérationnelle d’Hygiène Hospitalière et de prévention des infections nosocomiales

          HACCP Hazard Analysis Critical Control Point

         NFU/NTU Unité de mesure de la turbidité (nephelometric formazine unit ou nephelometric turbidity unit).
                 Un résultat exprimé en NFU est équivalent à celui exprimé en NTU.

             UFC Unité Formant Colonie

              Th Titre Hydrotimétrique




122                                                                                                         >> Sommaire
V Règlementation                                           • Circulaire DHOS/E4/E2/DGAS/2C/DGS/7A n°377
                                                           du 3 août 2004 relative aux matériels de prévention
                                                           et de lutte contre les fortes chaleurs
  > Textes généraux sur la qualité                         dans les établissements de santé et les établissements
  des eaux destinées à la consommation                     d’hébergement pour personnes âgées.
  humaine
                                                           Fontaines réfrigérantes
  • Code de la santé publique : Art L.1311-1 ;
  L.1321-1 à L.1321-10 : dispositions concernant           • Note d’information n°83159 du 12 septembre
  les eaux potables.                                       1983 relative au remplacement de l’eau de table
                                                           par l’eau de ville réfrigérée.
  • Code de la santé publique : Art L.1323-1 : les eaux
  destinées à la consommation humaine entrent              • Circulaire DGS/PGE/1D n°2058 du 30 décembre
  dans le champ de compétence de l’AFSSA                   1986 relative aux fontaines réfrigérantes.
  qui en évalue les risques sanitaires et nutritionnels.
  Décret n°99-242 du 26 mars 1999 relatif
  à l’organisation et au fonctionnement de l’AFSSA.
                                                           > Eaux à usages de soins
                                                           • Monographie de la pharmacopée européenne.
  • Code de la santé publique : Art. R.1321-1
  à R.1321-68 et annexes 13-1, 13-2 et 13-3 :              • Avis du CTIN du 5 décembre 2001 sur la place
  les eaux destinées à la consommation humaine             de la friction hydro-alcoolique dans l’hygiène
  à l’exclusion des eaux minérales naturelles.             des mains lors des soins.
  (Décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001
  relatif aux eaux destinées à la consommation
                                                           Eau pour hémodialyse
  humaine à l’exclusion des eaux minérales naturelles.
  Ces dispositions ont été codifiées par le décret         • Décret n°2002-1198 du 23 septembre 2002
  n°2003-461 du 21 mai 2003 relatif à certaines            relatif aux conditions techniques de fonctionnement
  dispositions réglementaires du code de la santé          des établissements de santé qui exercent l’activité
  publique et par le décret n°2003-462 du 21 mai           de traitement de l’insuffisance rénale chronique
  2003 relatif aux dispositions réglementaires des         par la pratique de l’épuration extrarénale
  parties I, II et III du code de la santé publique)       et modifiant le code de la santé publique
                                                           (troisième partie : décrets).
  • Code de la santé publique : Art. R.1321-69
  à R.1321-94 et annexe 13-4 : les eaux préemballées.      • Circulaire DGS/DH/AFSSAPS n°311 du 7 juin 2000
                                                           relative aux spécifications techniques et à la sécurité
  • Arrêté du 17 septembre 2003 relatif
                                                           sanitaire de la pratique de l’hémofiltration
  aux méthodes d'analyse des échantillons d'eau
                                                           et de l’hémofiltration en ligne dans les établissements
  et à leurs caractéristiques de performance.
                                                           de santé.
  • Circulaire du 9 août 1978 relative à la révision
                                                           • Circulaire DGS/DH/AFSSAPS n°2000-337
  du règlement sanitaire départemental type.
                                                           du 20 juin 2000 relative à la diffusion d’un guide
  • Circulaire DGS n°97-413 du 30 mai 1997                 pour la production d’eau pour l’hémodialyse
  relative à la microbiologie des eaux destinées           des patients insuffisants rénaux.
  à la consommation humaine et au risque parasitaire
                                                           • Circulaire DGS/SD5D/SD7A-DHOS/E4/O1 n°2001-518
  pour les personnes immunodéprimées.
                                                           du 29 octobre 2001 relative au renforcement
  • Circulaire DGS/SD7A/2003/524/DE/19/03                  des mesures de vigilance en matière de production
  du 7 novembre 2003 relative aux mesures à mettre         et traitement d’eau destinée à l’hémodialyse
  en œuvre en matière de protection des systèmes           dans le cadre du plan VIGIPIRATE renforcé.
  d’alimentation en eau destinée à la consommation
                                                           • Circulaire DHOS/SDO n°228 du 15 mai 2003
  humaine, y compris les eaux conditionnées,
                                                           relative à l’application des décrets n°2002-1197
  dans le cadre de l’application du plan VIGIPIRATE.
                                                           et 2002-1198 du 23 septembre 2002.
  • Circulaire DGS/SD7A n° 633 du 30 décembre 2003
  relative à l’application des articles R.1321-1           Piscines
  et suivants du code de la santé publique concernant
  les eaux destinées à la consommation humaine,            • Code de la santé publique : Art. D.1332-1
  à l’exclusion des eaux minérales naturelles.             à D.1332-15 : normes d’hygiène et de sécurité
                                                           applicables aux piscines et baignades aménagées.




  >> Sommaire                                                                                                        123
      • Arrêté du 7 avril 1981 modifié fixant les dispositions         > Matériaux et accessoires en contact
      administratives applicables aux piscines                         avec l’eau destinée à la consommation
      et aux baignades aménagées.
                                                                       humaine
      • Arrêté du 7 avril 1981 modifié fixant les dispositions
                                                                       • Arrêté du 10 juin 1996 relatif à l’interdiction d’emploi
      techniques applicables aux piscines (modifié par
                                                                       des brasures contenant des additions de plomb
      l’arrêté du 18 janvier 2002).
                                                                       dans les installations fixes de production, de traitement
                                                                       et de distribution d’eaux destinées à la consommation
      > Textes relatifs aux dipositifs médicaux                        humaine.

      • Circulaire DHOS/E2/DGS/SD5C/2003/591                           • Arrêté du 29 mai 1997 modifié relatif
      du 17 décembre 2003 relative aux modalités                       aux matériaux et objets utilisés dans les installations
      de traitement manuel pour la désinfection                        fixes de production, de traitement et de distribution
      des endoscopes non autoclavables dans les lieux                  d’eaux destinées à la consommation humaine.
      de soins.                                                        Modifié par les arrêtés du 24 juin 1998,
                                                                       du 13 janvier 2000 et du 22 août 2002.
      • Circulaire DGS/VS2 – DH/EM1/EO1 n°97-672
      du 20 octobre 1997 relative à la stérilisation                   • Circulaire DGS/VS4 n°98/217 du 12 avril 1999
      des dispositifs médicaux dans les établissements                 modifiée relative aux matériaux utilisés
      de santé.                                                        dans les installations fixes de distribution d’eaux
                                                                       destinées à la consommation humaine.
      • Lettre-Circulaire DH/EM1 n°98-7262 du 15 juillet 1998          Complétée par la circulaire DGS/VS4 n°2000-232
      relative à la sécurité d’utilisation des dispositifs médicaux.   du 27 avril 2000.
      • Arrêté du 22 juin 2001 relatif aux bonnes pratiques            • Circulaire DGS/SD7A 2002 n°571
      de pharmacie hospitalière.                                       du 25 novembre 2002 relative aux modalités
                                                                       de vérification de la conformité sanitaire
      > Eau chaude                                                     des matériaux constitutifs d’accessoires ou
                                                                       de sous-ensembles d’accessoires, constitués
                                                                       d’éléments organiques entrant au contact d’eau
      Température de l’eau                                             destinée à la consommation humaine.
      • Arrêté du 23 juin 1978 relatif aux installations fixes
                                                                       • Lettre circulaire DGS/SD7A n° 867 du 2 juin 2003
      destinées au chauffage et à l’alimentation en eau
                                                                       relative aux matériaux placés au contact d’eau
      chaude sanitaire des bâtiments d’habitation,
                                                                       destinée à la consommation humaine.
      de bureaux ou recevant du public. L’article 36 est
      en cours de modification.
                                                                       > Organisation et protection
      • Circulaire n° 420 TG3 du 28 mai 1974 relative
                                                                       des réseaux de distribution
      aux accidents survenus dans des établissements
      d’hospitalisation publics.
                                                                       d’eau inférieurs
                                                                       • Circulaire DGS du 10 avril 1987 - Guide technique
      Prévention de la légionellose                                    n°1 concernant la protection sanitaire des réseaux
                                                                       de distribution d’eau destinée à la consommation
      • Circulaire DGS/VS2 n°97/311 du 24 avril 1997
                                                                       humaine, publié au Bulletin Officiel dans la collection
      relative à la surveillance et à la prévention
                                                                       « hygiène publique » (fascicule spécial n°87-14 Bis).
      de la légionellose. Guide d'investigation d'un
      ou plusieurs cas de légionellose, BEH (Bulletin                  • Circulaire DGS/PGE/1 D n°1248 du 2 juillet 1990
      Épidémiologique Hebdomadaire) n°20-22, 1997.                     relative à la protection sanitaire des réseaux
                                                                       de distribution d’eau destinée à la consommation
      • Avis du 16 avril 1999 du conseil supérieur d’hygiène
                                                                       humaine.
      publique de France sur la place de l’antibioprophylaxie
      dans la prévention des légionelloses nosocomiales.               • Circulaire DGS/VS4/93/n°7 du 29 janvier 1993
                                                                       concernant le guide technique n°1bis relatif
      • Circulaire DGS/SD7A/SD5C-DHOS/E4 n°2002-243
                                                                       à la conception, à la mise en œuvre et à l’entretien
      du 22 avril 2002 relative à la prévention du risque
                                                                       des installations de distribution d’eau destinée
      lié aux légionelles dans les établissements de santé.
                                                                       à la consommation humaine.




124                                                                                                                >> Sommaire
> Dispositifs, procédés et produits                           > Produits de nettoyage
de traitement                                                 et de désinfection des réservoirs
                                                              et canalisations
• Circulaire du 14 avril 1962 relative au traitement
des eaux d’alimentation par les polyphosphates.
                                                              Produits pour le nettoyage des réservoirs
• Circulaire du 5 juin 1964 relative au traitement            et la désinfection des réservoirs et canalisations
des eaux d’alimentation par les silicates.
                                                              • Décret n° 73-138 du 12 février 1973 modifié
• Circulaire du 2 juillet 1985 relative au traitement         portant application de la loi du 1er août 1905
thermique des eaux destinées à la consommation                sur les fraudes et falsifications en ce qui concerne
humaine (article 16-9 du règlement sanitaire                  les procédés et les produits utilisés pour le nettoyage
départemental type).                                          des matériaux et objets destinés à entrer en contact
                                                              avec les denrées, produits et boissons pour l’alimentation
• Circulaire DGS/PGE/1D n° 1136 du 23 juillet 1985            de l’homme et des animaux (cité à l’article R.1321-50
relative à l’emploi des résines échangeuses d’anions          du code de la santé publique).
pour le traitement des eaux destinées
à la consommation humaine.                                    • Arrêté du 8 septembre 1999 pris pour l’application
                                                              de l’article 11 du décret n° 73-138 du 12 février 1973
• Circulaire DGS/PGE/1D n° 1688 du 12 novembre                modifié portant application de la loi du 1er août 1905
1985 relative à l’autorisation sanitaire d’emploi             sur les fraudes et falsifications en ce qui concerne
de procédés ou de produits concernant l’eau.                  les procédés et les produits utilisés pour le nettoyage
                                                              des matériaux et objets destinés à entrer en contact
• Circulaire DGS/PGE/1 D n° 52 du 19 janvier 1987
                                                              avec les denrées, produits et boissons pour
relative à la désinfection des eaux destinées
                                                              l’alimentation de l’homme et des animaux.
à la consommation humaine par les rayons ultraviolets.
                                                              • Circulaire du 15 mars 1962 relatives aux instructions
• Circulaire DGS/PGE/1D n° 357 du 2 mars 1987
                                                              générales concernant les eaux d’alimentation
relative à la mise à jour des listes de fluides et additifs
                                                              et la glace alimentaire. Rectificatif en date
utilisés pour le traitement thermique des eaux
                                                              du 13 avril 1962. Modifiée par la circulaire
destinées à la consommation humaine.
                                                              du 8 septembre 1967.
• Circulaire DGS/PGE/1D n° 862 du 27 mai 1987
                                                              • Circulaire DGS/PGE/1D n° 1104 du 8 juillet 1986
relative à l’emploi des résines échangeuses
                                                              – Approbation de produits de désinfection
de cations pour le traitement des eaux destinées
                                                              des réservoirs et canalisations
à la consommation humaine.
                                                              • Circulaire DGS/VS4 n°97-482 du 7 juillet 1997
• Circulaire DGS/PGE/1D n° 1379 du 31 juillet 1989
                                                              relative à l’emploi de produits pour le nettoyage
relative à l’utilisation de l’acide péracétique
                                                              des réservoirs d’eau destinée à la consommation
pour la désinfection des résines échangeuses d’ions.
                                                              humaine.
• Circulaire du 7 mai 1990 relative aux produits
et procédés de traitement des eaux destinées
à la consommation humaine. L’annexe I est remplacée
par les annexes I et Ibis de la circulaire DGS/VS4
n°2000-166 du 28 mars 2000 mais les autres
dispositions de la circulaire du 7 mai 1990 restent
en vigueur.

• Circulaire DGS/VS4/94 n°25 du 16 mars 1995
relative à l'agrément des modules de traitement
de filtration sur membrane et à l'approbation
de procédés les mettant en œuvre pour le traitement
des eaux destinées à la consommation humaine.

• Circulaire DGS/VS4 n°99-360 du 21 juin 1999
relative aux appareils individuels de traitement
des eaux destinées à la consommation humaine
au robinet.

• Circulaire DGS/VS4 n°2000-166 du 28 mars 2000
relative aux produits et procédés de traitement
des eaux destinées à la consommation humaine.



>> Sommaire                                                                                                                125
      V Normes                                                       V Principaux organismes
       • NF EN 1508 – Alimentation en eau – Prescriptions              intervenant dans le domaine
       pour les systèmes et les composants pour le stockage            de l’eau
       de l’eau – Novembre 1998.
                                                                       Ministère chargé de la Santé
       • NF EN 1717 – Protection contre la pollution de l’eau          8, avenue de Ségur
       potable dans les réseaux intérieurs et exigences                75350 PARIS 07 SP
       générales des dispositifs de protection contre la pollution     http://www.sante.gouv.fr
       par retour – Mars 2001.
                                                                       - Direction de l’hospitalisation et de l’organisation
       • NF EN 805 – Alimentation en eau – Exigences                     des soins
       pour les réseaux extérieurs aux bâtiments                         Bureau de l’ingénierie et des techniques
       et leurs composants – Juin 2000.                                  hospitalières (E4)

       • NF EN 806-1 – Spécifications techniques relatives             - Direction générale de la Santé
       aux installations pour l’eau destinée à la consommation           Bureau des eaux (SD7A)
       humaine à l’intérieur des bâtiments – Juin 2001.
                                                                       - Dans chaque région (DRASS) et département (DDASS) :
       • NF EN 806-1/A1 – Spécifications techniques relatives            service santé-environnement
       aux installations pour l’eau destinée à la consommation
       humaine à l’intérieur des bâtiments – Décembre 2002.            Comité technique de lutte contre les infections
                                                                       nosocomiales et des infections liées aux soins
       • NF EN ISO 6222 – Qualité de l’eau – Dénombrement
                                                                       (CTINILS)
       des micro-organismes revivifiables – comptage
                                                                       Fondation hôpital Saint-Joseph – réanimation
       des colonies par ensemensement dans un milieu
                                                                       polyvalente
       de culture nutritif gélosé – Juillet 1999.
                                                                       185, rue Raymond Losserand
       • NF T90–431 – Recherche et dénombrement                        75014 PARIS
       des Legionella spp et de Legionella pneumophila –
       Méthode par ensemencement direct                                Centres interrégionaux de coordination de la lutte
       et après concentration par filtration sur membrane              des infections nosocomiales
       ou centrifugation – Septembre 2003.
                                                                       - C-CLIN Sud-Est
       • NF T90-421 – Essais des eaux – Examens bactériologiques         Service d’hygiène hospitalière - Pavillon 1M
       des eaux de piscines – Octobre 1989. Annexe A -                   Centre Hospitalier Lyon-Sud
       Micrococcaceae et Staphylocoques pathogène.                       63310 PIERRE BENITE

       • NF EN 12780 – Qualité de l’eau – Détection                    - C-CLIN Paris-Nord
       et dénombrement de Pseudomonas aeruginosa                         Institut Biomédical des Cordeliers
       par filtration sur membrane – Août 2002                           15/21, rue de l’école de médecine
                                                                         75006 PARIS
       • NF EN 26461-2 – Qualité de l’eau – Recherche
       et dénombrement des spores de micro-organismes                  - C-CLIN Ouest
       anaérobies sulfito-réducteurs (clostridia) – Partie 2 :           Service d’hygiène hospitalière - CHU Pontchaillou
       méthode par filtration sur membrane – Juillet 1993.               2, rue Henri le Guilloux
                                                                         35033 RENNES
       • NF EN ISO 7899-2 – Qualité de l’eau – Recherche
       et dénombrement des entérocoques intestinaux –                  - C-CLIN Est
       Partie 2 : méthode par filtration sur membrane –                  Service d’hygiène hospitalière - CHRU
       Août 2000.                                                        23, rue de la porte de l’Hôpital
                                                                         67091 STRASBOURG Cedex
       • NF EN ISO 9308-1 – Qualité de l’eau – Recherche
       et dénombrement des Escherichia coli                            - C-CLIN Sud-Ouest
       et des bactéries coliformes – Partie 1 : méthode                  Service d’hygiène hospitalière - CHU
       par filtration sur membrane – Septembre 2000.                     Groupe Hospitalier Pellegrin
                                                                         Place Amélie Raba Léon
                                                                         33000 BORDEAUX
       > Listes des fascicules du CCTG
       - marchés publics de travaux
                                                                       Laboratoires d’analyses d’eau
       • Fascicule 71 – Fournitures et poses de conduites
                                                                       Des laboratoires sont agréés par le ministère chargé
       d’adduction et de distribution d’eau.
                                                                       de la santé pour le contrôle sanitaire des eaux.
       • Fascicule 74 – Construction des réservoirs en béton.

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V Références bibliographiques                               • Guide technique n°1 bis relatif à la qualité
                                                            des installations de distribution d’eau destinée
                                                            à la consommation humaine à l’intérieur
  > Documents généraux                                      des bâtiments. Conception, réalisation, entretien –
                                                            Ministère chargé de la santé, Centre scientifique
  • L’eau dans les établissements de santé -                et technique du bâtiment - 1992.
  Comité technique régional de l’environnement
  hospitalier (COTEREHOS) – mars 1995.                      • Guide technique de conception et de mise
                                                            en œuvre des réseaux d’eau destinée
  • Eaux des établissements de santé - Qualité de l’eau     à la consommation humaine à l’intérieur
  des réseaux intérieurs - Groupe Eau Santé –               des bâtiments – Centre scientifique et technique
  Décembre 2000.                                            du bâtiment, Ministère de la santé, de la famille
  • Revue thématique : « Eau et établissements              et des personnes handicapées, Ministère
  de soins » - HYGIENES, revue officielle de la Société     de l’équipement, des transports, du logement,
  Française d’Hygiène Hospitalière – Volume VI – n°6        du tourisme et de la mer, Centre de Recherche,
  – décembre 1998.                                          d'Expertise et de Contrôle des Eaux de Paris,
                                                            Association générale des hygiénistes et techniciens
  • L’eau dans les établissements de soins – Enquête        municipaux – Novembre 2003.
  auprès d’établissements de santé. Proposition
  d’une démarche d’assurance qualité. Élaboration
  d’une méthode de suivi de la qualité de l’eau -
                                                            > Documents sur la prévention
  Sophie HERAULT - Mémoire de fin d’études, Formation       du risque lié aux légionelles
  Ingénieur du Génie Sanitaire – 1998-1999.
                                                            • Guide d’investigation d’un ou plusieurs cas
  • Guide méthodologique « Sécurité sanitaire               de légionellose – Numéro spécial du Bulletin
  des installations d’eau dans les établissements           Épidémiologique Hebdomadaire n° 20-22/1997.
  de santé » - DRASS et DDASS Région Île-de-France,
                                                            • Guide des bonnes pratiques Légionella
  Service des recherches et d’ingénierie en protection
                                                            et tours aéroréfrigérantes - Ministère de l’emploi
  sanitaire (SRIPS), C-CLIN Paris-Nord – Juillet 1999.
                                                            et de la solidarité, Ministère de l’économie,
  • Surveillance microbiologique de l’environnement         des finances et de l’industrie, Ministère
  dans les établissements de santé – Air, eaux              de l’aménagement du territoire
  et surfaces – Ministère de la santé, de la famille        et de l’environnement – Juin 2001.
  et des personnes handicapées, Direction générale
                                                            • Gestion du risque lié aux légionelles – Ministère
  de la Santé, Direction de l’hospitalisation
                                                            de l’emploi et de la solidarité, Conseil Supérieur
  et de l’organisation des soins, Comité technique
                                                            d’Hygiène Publique de France – 2002.
  national des infections nosocomiales – 2002.

                                                            > Documents sur l’eau à usage médical
  > Documents sur les installations
  de distribution d’eau                                     • Guide de bonnes pratiques - Désinfection
                                                            des dispositifs médicaux – Ministère de l’emploi
  • Guide technique n°1 relatif à la protection sanitaire   et de la solidarité, Conseil Supérieur d’Hygiène
  des réseaux de distribution d’eau destinée                Publique de France, Comité technique national
  à la consommation humaine – Hygiène publique –            des infections nosocomiales – 1998.
  Ministère chargé de la santé, Service des recherches
  des infractions aux règlements sanitaires,                • Eaux à usage médical – Définitions et interprétations
  Centre scientifique et technique du bâtiment –            pratiques - Groupe Eau Santé – Janvier 1998.
  fascicule spécial – B.O. n° 87-14bis – Avril 1987.
                                                            • Eaux à usage médical – Qualité de l’eau
                                                            et endoscopie - Groupe Eau Santé – Mai 1999.




  >> Sommaire                                                                                                         127
      V Membres du groupe                                        Dr Catherine LE GOUHIR
                                                                 Comité technique des infections nosocomiales
        de travail                                               et des infections liées aux soins
        Ce guide a été élaboré par un groupe de travail          Chantal LE PRIOL
        mis en place par la Direction de l'hospitalisation       onseil supérieur d’hygiène publique de France
        et de l'organisation des soins (bureau de l’ingénierie   Section des maladies transmissibles
        et des techniques hospitalières) et la Direction
        générale de la Santé (bureau des eaux) et présidé        Pr. Yves LEVI
        par le professeur Philippe HARTEMANN.                    Conseil supérieur d’hygiène publique de France
        Ont participé à ce groupe de travail                     Section des eaux
        et à l’élaboration du présent guide :
                                                                 Diane MOLINARO
        Jean-Louis BANCHEREAU                                    Direction générale de la Santé - Bureau des eaux
        Centre Hospitalier de Saumur
                                                                 Antoine MONTIEL
        Michelle BROSSEAU                                        Conseil supérieur d’hygiène publique de France
        Direction de l'hospitalisation et de l'organisation      Section des eaux
        des soins - Bureau de l’ingénierie et des techniques
                                                                 Gérard MONTOUT
        hospitalières
                                                                 Centre de Recherches d’Études et de Contrôles
        Emmanuel BRIAND                                          des Eaux de Paris
        Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
                                                                 Daniel RENAUD
        Pr. Paul CHAMBON                                         Service des Recherches et d’Ingénierie en Protection
        Conseil supérieur d’hygiène publique de France           Sanitaire - Paris
        Section des eaux
                                                                 Philippe RIGUIDEL
        Dr Anne COLLIGNON                                        Conseil supérieur d’hygiène publique de France
        Conseil supérieur d’hygiène publique de France           Section des maladies transmissibles
        Section des maladies transmissibles
                                                                 Dr Valérie SALOMON
        François DEVEAUX                                         Direction de l'hospitalisation et de l'organisation
        Service des Recherches et d’Ingénierie en Protection     des soins - Bureau de la qualité et de la sécurité
        Sanitaire - Paris                                        des soins en établissements de santé

        Pascal FOURRIER                                          Charles SAOUT
        Direction départementale des affaires sanitaires         Direction générale de la Santé - Bureau des eaux
        et sociales de Loire-Atlantique
                                                                 Dr Fabien SQUINAZI
        Gilles FRAPPIER                                          Conseil supérieur d’hygiène publique de France
        Centre Hospitalier de Niort                              Section milieux de vie

        Philippe HARMANT                                         Dr Françoise TISSOT-GUERRAZ
        Direction générale de la Santé - Bureau des eaux         Hospices civils – Hôpitaux de Lyon

        Pr. Philippe HARTEMANN                                   Dr Michel WIESEL
        Conseil supérieur d’hygiène publique de France           Comité technique des infections nosocomiales
        Section des eaux                                         et des infections liées aux soins




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Direction de l’Hospitalisation
et de l’Organisation des Soins                                         Direction générale de la Santé




                                                                                       HO       2




                                                 Ministère de la Santé et des Solidarités
                                                 14 avenue Duquesne - 75007 Paris
                                                 Tél. : 01 40 56 60 00 - Fax : 01 40 56 40 56
                                                 www.sante.gouv.fr




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L’eau potable               Les pesticides
en France                   dans l’eau potable
2002-2004                   2001-2003
                                                                                                        Sicom 05086


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