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Annexe

ANNEXE 10.pdf · 38 829 mots · du marché « Étude hydrogéologique complète : définition des aires d'alimentation de deux captages (HIIS 1 et HIIS 2), constitution… », dossier de consultation officiel.

 Direction générale de la santé                                             Directions régionales
                                                                            des affaires sanitaires et sociales
                                                                            Directions départementales
                                                                            des affaires sanitaires et sociales




                                                                                               H2O                                                                                                                 Eau et Santé
                                                                                                                                                                                                                                  Guide technique
                                                                                                                                                                                                                                                    H2O
                                                                                                                                                                                                             Protection
                                                                                                                                                                                                            des captages
                                                                                                                                                                                                             d’eau
                                                         Ministère de la Santé et des Sports
                                                         14, avenue Duquesne - 75007 Paris
                                                         Tél. : 01 40 56 60 00 - Fax : 01 40 56 40 56
                                                                                                                                                                                                               Acteurs et stratégies
                                                         www.sante-sports.gouv.fr                                                                                                                                   Mai 2008




                                                                                                                                         Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies – Mai 2008
Dans la même collection :                                                                                         – Mars 2009




L’eau dans             Les pesticides       Les systèmes          L’eau potable
les établissements     dans l’eau potable   d’alimentation        en France
de santé               2001-2003            en eau potable –      2005-2006
                                                                                                                  Éditions Dicom 09016




                                            Évaluer
                                            leur vulnérabilité




                                                                                                              Sommaire
Protection
des captages
d’eau
   Acteurs et stratégies
        Mai 2008




                           Sommaire
Avertissement

Ce guide vise à fournir un cadre pour l’action des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
par le ministère chargé de la Santé (en particulier dans le domaine de la protection des captages
d’eau destinée à la consommation humaine) et à homogénéiser l’instruction des demandes d’autori-
sation à l’échelle nationale. Ce document est aussi destiné aux services de l’État qui sollicitent l’inter-
vention des hydrogéologues agréés.

Certains guides techniques d’aide à la définition des périmètres de protection existent déjà (BRGM,
Agence de l’eau Adour-Garonne). D’autres sur des domaines spécifiques pourront être établis ultérieu-
rement (eaux minérales naturelles, inhumation en terrain privé, rejet des effluents traités dans le
sol…).

Le présent guide s’appuie sur la synthèse des documents élaborés sur ces thèmes par les directions
départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) et sur l’exploitation de deux questionnaires
adressés aux DDASS et d’un questionnaire adressé aux associations professionnelles d’hydrogéologues.




Ce document a été réalisé par un groupe de travail constitué de Nathalie Guillat (Réseau d’échanges en santé
environnement, intranet du ministère chargé de la Santé), Catherine Morel (DDASS de l’Hérault), Patrick Peigner
(DDASS du Maine-et-Loire), Georges Oller (DDASS des Pyrénées-Atlantiques), Gaëlle Chateau (ministère chargé de
la Santé, DGS) sous la responsabilité de Jean Carré, enseignant-chercheur à l’École nationale de la santé publique
(EHESP). Par sa composition, le groupe comprenait deux participants assurant une mission d’hydrogéologue agréé
en matière d’hygiène publique.




                                                                                                                     Sommaire
      Sommaire




 Introduction                            5
                                              2      Intervention
                                                     des hydrogéologues agréés


1    	Cadre général
     d’intervention et missions
     des hydrogéologues agréés
                                                     en matière d’hygiène
                                                     publique dans le cadre de
                                                     la protection des captages
                                                     d’eau destinée à
     en matière d’hygiène                            la consommation humaine
     publique
                                                  Les périmètres de protection            19
                                              		    0 Législation et réglementation :
  Agrément                                           un, deux ou trois périmètres         19

    des hydrogéologues agréés            9    		    0 Ouvrages naturellement protégés       19
                                              		    0 Objectifs des périmètres
  Interventions                                      de protection                        20
    des hydrogéologues agréés            10
                                              		    0 Cas particuliers                      31
		   0 Alimentation en eau potable       10
                                                  La place et le rôle
		   0 Eaux minérales naturelles         11         de l’hydrogéologue agréé
		   0 Inhumations en terrain privé      12         dans la procédure d’instauration
		   0 Rejets des effluents traités                des périmètres de protection 32
       dans le sol                       12   		    0 La procédure d’instauration
		   0 Captages relevant                              des périmètres                       32
       du ministère de la Défense        12   		    0 Modalités de consultation
                                                       de l’hydrogéologue agréé             32
		   0 Missions à la demande du préfet   13
                                              		    0 Dossier technique préalable          35
		   0 Conclusions                       13
                                              		    0 Forme et contenu du rapport
                                                       de l’hydrogéologue agréé             35
  Mode de saisine
    de l’hydrogéologue agréé             13
                                                  Propositions de prescriptions
  Rôle du coordonnateur
                                                    par type de périmètre                   41
    départemental                        14
                                              		    0 Périmètre de protection immédiate
  Portée de l’avis et responsabilité                 principal et périmètres satellites   41
    de l’hydrogéologue agréé          15      		    0 Périmètre de protection rapprochée 41


                                              Conclusion et propositions                    45
                                              Annexes		                                     47



                                                                                                 3

                                                                                                     Sommaire
Sommaire
Introduction




  L’intervention d’un spécialiste qualifié pour l’étude « hydrogéologique » des projets d’adduction en eau potable des
  collectivités est évoquée pour la première fois par les circulaires de la Direction de l’hygiène publique en date du
  10 décembre 1900 et du 3 novembre 1902. À l’époque, le spécialiste sollicité est un géologue du Service de la
  carte géologique de France, qualifié par le ministre des Travaux publics.

  Ces textes chargent le géologue d’une analyse des projets d’alimentation en eau des collectivités. Des circulaires
  de 1924 rappellent que cette intervention ne doit pas se transformer en études ou en recherches d’eau. L’enquête
  ne porte que sur une ressource nettement déterminée et proposée par la municipalité à l’examen du géologue.
  L’enquête « hydrogéologique » porte sur l’origine des eaux, sur les contaminations que celles-ci sont susceptibles de
  subir et sur les moyens à adopter pour parer à ces contaminations (travaux de défense, mode de captage, péri-
  mètres de protection).

  Dans la circulaire en date du 10 décembre 1968, l’intervenant est toujours le géologue officiel. Dans les textes
  ultérieurs, l’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique se substitue au géologue officiel.

  Le spécialiste qui est amené à se prononcer sur les dossiers des collectivités est donc aujourd’hui un spécialiste
  en hydrogéologie, agréé en matière d’hygiène publique. Il émet des avis hydrogéologiques dont l’objectif est
  la protection de la santé publique.

  Depuis les origines de la consultation, ce spécialiste est par fonction un collaborateur des services de l’État.
  Il est aussi un partenaire institutionnel du ministère chargé de la Santé. Son statut est en cours de précision. Son statut
  de collaborateur occasionnel des services de l’État est défini désormais dans le décret n° 2008-267 du 18 mars
  2008 modifiant le décret n° 2000-35 du 17 janvier 2000 portant rattachement de certaines activités au régime
  général.

  Le système français recourant à des hydrogéologues agréés constitue une originalité vis-à-vis d’autres pays européens
  où les périmètres sont définis par un service spécialisé (Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe en
  Allemagne, BGR) ou par des laboratoires d’université (Belgique…). Il s’explique par l’existence précoce du Service
  de la carte géologique comptant en son sein des géologues et ensuite par l’absence d’hydrogéologues, affectés
  en tant que tels, dans les services du ministère chargé de la Santé. Le dispositif français offre en revanche la possibilité
  de faire intervenir sur les dossiers à instruire des spécialistes aux profils variés, avec un regard neutre et complémen-
  taire à celui de la collectivité ou de son maître d’œuvre (bureau d’étude). Ce réseau de spécialistes doit également
  permettre d’assurer une instruction homogène des dossiers à l’échelon national.




   L’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique, collaborateur de service public, est un parte-
   naire institutionnel du ministère chargé de la Santé.




                                                                                                                                 5

                                                                                                                                     Sommaire
Sommaire
                       1
  Cadre général
d’intervention
   et missions des
  hydrogéologues
           agréés
  en matière
  d’hygiène publique



                       Sommaire
Sommaire
                                                                                                                                                      1




                                                                                                                                                   Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                           Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés
Agrément
des hydrogéologues agréés (1)
Avant de pouvoir intervenir, les hydrogéologues                nelles et les rapports produits ne doivent comporter
doivent obtenir un agrément en matière d’hygiène               aucun signe rappelant la structure professionnelle où
publique. Organisée avant 1993 à l’échelon national,           l’hydrogéologue agréé exerce sa fonction principale
la procédure d’agrément est aujourd’hui régionale              (laboratoire, bureau d’études, etc.). Les demandes de
(art. R. 1321-14 du Code de la santé publique, CSP).           règlements des vacations et des frais occasionnés par
Un arrêté du ministre chargé de la Santé fixe les              les interventions ne doivent en aucun cas émaner de
modalités d’agrément et de désignation des hydro-              l’entreprise qui emploie l’hydro­géologue agréé ou
géologues agréés en matière d’hygiène publique,                transiter par celle-ci.
notamment la constitution du dossier de la demande
d’agrément, les compétences requises et la durée de            L’utilisation commerciale du titre devrait conduire au
l’agrément (arrêté du 31 août 1993). Cet arrêté                non-renouvellement de l’agrément, voire à la radia-
mentionne que :                                                tion de la liste départementale.

• les hydrogéologues agréés sont désignés par le               • L’hydrogéologue agréé ne doit intervenir que sur
préfet de la région où ils comptent intervenir, sur            saisine du préfet et doit instruire promptement et
proposition de chacun des préfets des départements             personnellement les dossiers qui lui sont communi-
concernés, après avis d’une commission régionale               qués. En conséquence, l’avis rendu ne peut en aucune
d’agrément et consultation des représentants des               façon être celui d’un bureau d’études.
organisations professionnelles et des collectivités
                                                               • L’hydrogéologue agréé doit observer un devoir de
concernées (conseil général). L’agrément peut être
                                                               réserve pour tous les dossiers transmis et ne percevoir,
accordé à toute personne présentant les diplômes et
                                                               pour chaque consultation, d’indemnités financières
une expérience suffisante en matière de géologie et
                                                               autres que celles prévues par la réglementation
d’hydrogéologie ;
                                                               générale.
• un hydrogéologue peut être agréé dans, au plus,
                                                               Un arrêté des ministres chargés des Collectivités terri-
cinq départements d’une même région ; à titre excep-
                                                               toriales, du Budget, des Comptes publics, de
tionnel, les cinq agréments peuvent être répartis dans
                                                               la Fonction publique et de la Santé fixe les conditions
trois régions limitrophes ou dans deux régions non limi-
                                                               de rémunération des hydrogéologues agréés (arrêté
trophes. Un hydrogéologue agréé ne peut exercer la
                                                               du 30 avril 2008).
mission de coordonnateur départemental dans plus de
deux départements, sauf dérogation liée à une
absence de candidat. La validité des listes est limitée à         L’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène
une période de cinq ans ;                                         publique intervient à titre personnel.

• dans l’acte de candidature, le candidat s’engage à
ne pas utiliser le titre d’« hydrogéologue agréé en
matière d’hygiène publique » à des fins commerciales
et publicitaires, ni à titre personnel, ni au titre de l’or-
ganisme dont il dépend. Il doit refuser, dans les
mêmes conditions, tout dossier pour lequel il serait
intervenu ou serait susceptible d’intervenir au titre de
la maîtrise d’œuvre ou de la réglementation.

En conséquence, la mention « hydrogéologue agréé »             (1) Les éléments législatifs et réglementaires s’appliquant à l’intervention
                                                                    de l’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique figurent en
ne doit pas figurer sur les cartes de visite profession­            annexe 1.




                                                                                                                                               9

                                                                                                                                                     Sommaire
                                                                                                                               Interventions
1                                                                                                                              des hydrogéologues agréés
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés




                                                                                                                               Les interventions de l’hydrogéologue agréé, nées de            agréé porte notamment sur les disponibilités en eau,
                                                                                                                               la demande de la Direction de l’hygiène publique               le débit d’exploitation et les propositions de périmè-
                                                                                                                               puis du ministère chargé de la Santé, portent prioritai-       tres de protection du captage ainsi que d’interdictions
                                                                                                                               rement sur les questions d’alimentation en eau potable         et de réglementations associées concernant les instal-
                                                                                                                               des collectivités. Face au retard constaté en matière          lations, travaux, activités, dépôts, ouvrages et aména-
                                                                                                                               d’instauration des périmètres de protection, la circu-         gement ou occupation du sol à l’intérieur de ceux-ci.
                                                                                                                               laire du 2 janvier 1997 avait d’ailleurs rappelé que les
                                                                                                                               interventions des hydrogéologues agréés devaient               Par ailleurs, dans le cas d’une autorisation temporaire à
                                                                                                                               être consacrées prioritairement à cette mission. Les           titre exceptionnel d’utilisation d’eau en vue de
                                                                                                                               demandes d’intervention sont toutefois plus larges.            la consommation humaine (art. R. 1321-9 du CSP),
                                                                                                                                                                                              le préfet, s’il l’estime nécessaire, peut demander l’avis
                                                                                                                                                                                              d’un hydrogéologue agréé en matière d’hygiène
                                                                                                                               Remarques
                                                                                                                                                                                              publique dans les conditions prévues à l’article
                                                                                                                               L’intervention de l’hydrogéologue agréé en matière
                                                                                                                                                                                              R. 321-14.
                                                                                                                               d’hygiène publique est citée dans quelques textes qui
                                                                                                                               ne sont pas cosignés par le ministère chargé de la             De même lors du projet de modification d’une auto-
                                                                                                                               Santé. Ces textes figurent en annexe 2 et émanent              risation (art. R. 1321-11 du CSP), le préfet peut, le cas
                                                                                                                               des ministères chargés de l’Écologie ou celui chargé           échéant, consulter un hydrogéologue agréé en
                                                                                                                               de l’Agriculture ; ils utilisent la connaissance du contexte   matière d’hygiène publique dans les conditions
                                                                                                                               local des hydrogéologues agréés pour leur demander             prévues à l’article R. 1321-14.
                                                                                                                               un avis. En conséquence, ces interventions n’entrent
                                                                                                                               pas dans le champ de compétences des directions
                                                                                                                               départementales des affaires sanitaires et sociales
                                                                                                                               (DDASS). Dans la pratique, les coordonnateurs doivent           Captages privés
                                                                                                                               solliciter les DDASS pour la désignation des hydrogéo-
                                                                                                                               logues agréés, dans le souci d’un suivi exhaustif des
                                                                                                                               activités de ces derniers.
                                                                                                                                                                                              • Captage privé alimentant une collectivité
                                                                                                                                                                                                 publique
                                                                                                                                                                                              L’article L. 1321-2-1 du CSP stipule que lorsqu’une ou
                                                                                                                             0 Alimentation en eau potable                                    des collectivités territoriales sont alimentées en eau
                                                                                                                                                                                              destinée à la consommation humaine par des
                                                                                                                               L’avis de l’hydrogéologue agréé est requis pour les            ouvrages de prélèvement, propriétés de personnes
                                                                                                                               dossiers d’alimentation en eau potable à partir de             privées et ne relevant pas d’une délégation de service
                                                                                                                               captages publics ou privés.                                    public, l’autorité administrative peut déclarer d’utilité
                                                                                                                                                                                              publique à la demande de la personne privée, et
                                                                                                                                                                                              après avis conforme de la majorité des collectivités
                                                                                                                                                                                              alimentées en eau au regard des populations desser-
                                                                                                                                Captages publics                                             vies, la détermination du ou des périmètres de protection
                                                                                                                               Pour les collectivités, l’article R. 1321-6 du CSP stipule     rapprochée autour du ou des points de prélèvement
                                                                                                                               que l’avis de l’hydrogéologue agréé en matière d’hy-           dans les conditions qui sont définies au premier alinéa
                                                                                                                               giène publique, spécialement désigné par le préfet             de l’article L. 1321-2. Ces dispositions ne sont applicables
                                                                                                                               pour l’étude du dossier, porte sur les disponibilités en       qu’aux prélèvements existants au 1er janvier 2004.
                                                                                                                               eau, sur les mesures de protection à mettre en œuvre           Les interdictions, les réglementations et autres effets
                                                                                                                               et sur la définition des périmètres de protection men-         des dispositions des précédents alinéas cessent de
                                                                                                                               tionnés à l’article L. 1321-2 du CSP.                          s’appliquer de plein droit dès lors que le point de
                                                                                                                                                                                              prélèvement n’alimente plus en totalité le service
                                                                                                                               L’arrêté du 20 juin 2007 relatif à la constitution du          public de distribution d’eau destinée à la consomma-
                                                                                                                               dossier de demande d’autorisation d’utilisation d’eau          tion humaine.
                                                                                                                               destinée à la consommation humaine, mentionnée
                                                                                                                               aux articles R. 1321-6 à R. 1321-12 et R. 1321-42              La procédure est donc identique à celle mise en œuvre
                                                                                                                               du CSP, précise que l’avis émis par l’hydrogéologue            pour les captages publics alimentant les collectivités.


                                                                                                          10

                                                                                                                                                                                                                                                             Sommaire
  • Captages privés alimentant                               caractéristiques de l’eau, sur le débit maximal d’ex-



                                                                                                                                                   1
     une collectivité privée ou utilisés pour                 ploitation, sur le périmètre sanitaire d’émergence
     d’autres usages privés                                   proposé, sur la vulnérabilité de la ressource et les
                                                              mesures de protection à mettre en œuvre.
  Dans le cas d’un dossier d’alimentation en eau à partir
  d’un captage privé, l’avis de l’hydrogéologue agréé         Le seul périmètre obligatoire pour les sources d’eaux




                                                                                                                                                Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                        Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés
  porte sur les disponibilités en eau et sur les mesures de   minérales naturelles est le périmètre sanitaire d’émer­
  protection à mettre en œuvre (art. R. 1321-6 du CSP).       gence (PSE), qui s’apparente, par son extension et par
                                                              les objectifs assignés, au périmètre de protection
  La démarche pour la protection des captages privés          immédiate des captages d’eau destinée à la consom­
  ne diffère en rien de celle utilisée pour les captages      mation humaine.
  publics. Le dossier soumis à l’hydrogéologue agréé
  doit être normalement aussi complet. Cependant,             En cas de déclaration d’intérêt public (DIP) faite à
  pour les petits ouvrages à faible débit (atelier froma-     la demande du propriétaire de la source, un périmètre
  ger, refuge, gîte rural…) ou à usage temporaire, le         plus étendu, qui peut porter sur des terrains disjoints, peut
  dossier peut être simplifié.                                lui être assigné (art. L. 1322-3 du CSP). La DIP est pro-
                                                              noncée par arrêté ministériel. L’arrêté du 26 février 2007
  En l’absence du bénéfice d’une déclaration d’utilité        relatif à la constitution des dossiers de demande de
  publique (DUP) pour les exploitants privés, l’établisse-    déclaration d’intérêt public d’une source d’eau miné-
  ment de périmètres de protection ne peut être envi­         rale naturelle, d’assignation d’un périmètre de protec-
  sagé. En contrepartie, des mesures de protection sont       tion et de travaux dans le périmètre de protection
  proposées par l’hydrogéologue agréé.                        précise que l’avis de l’hydrogéologue agréé porte
                                                              notamment sur l’emprise du périmètre de protection
  Les contraintes à mettre en œuvre dans un but de
                                                              et sur les contraintes imposées à l’intérieur de ce
  protection du captage seront obtenues éventuelle-
                                                              dernier.
  ment par des conventions ou par acte notarié passés
  avec les riverains par la personne privée.                  À l’intérieur de ce périmètre, peuvent être interdits ou
                                                              réglementés toutes activités, dépôts ou installations de
  L’hydrogéologue agréé ne se prononce que sur les
                                                              nature à nuire directement ou indirectement à la
  aspects sanitaires et ne doit pas prendre en compte
                                                              qualité des eaux. Ce périmètre peut être modifié si
  les aspects socio-économiques. Il paraît en revanche
                                                              de nouvelles circonstances en font reconnaître la
  nécessaire de considérer l’importance du captage
                                                              nécessité.
  exploité et l’usage futur de l’eau (lavage de surfaces,
  transport de fruits, constituant d’une préparation, eau     À la différence des périmètres de protection des
  de source consommée directement…).                          captages publics dont les prescriptions organisent défi-
                                                              nitivement les activités qui peuvent être présentes, les
                                                              demandes de travaux dans le périmètre créé par DIP
0 Eaux minérales naturelles (2)                               s’accompagnent d’un avis de l’hydrogéologue agréé.
                                                              Il est dit ainsi dans le décret du 11 janvier 2007 que,
  Le décret n° 2007-49 du 11 janvier 2007 relatif à la        lorsque le préfet est saisi par le propriétaire d’une
  sécurité sanitaire des eaux destinées à la consomma-        source d’eau minérale naturelle d’une demande
  tion humaine introduit un nouveau domaine d’inter-          tendant à interdire des travaux entrepris dans le péri-
  vention pour les hydrogéologues agréés. L’article           mètre de protection, celui-ci fait évaluer en applica-
  R. 1322-5 du CSP indique, en effet, que le dossier de       tion de l’article L. 1322-5 du CSP, aux frais du deman-
  demande d’autorisation d’exploiter une source d’eau         deur, par l’hydrogéologue agréé en matière
  minérale naturelle comprend l’avis de l’hydrogéo-           d’hygiène publique spécialement désigné à cet effet
  logue agréé en matière d’hygiène publique, spécia-          dans les conditions prévues à l’article R. 1321-14
  lement désigné par le préfet pour l’étude du dossier.       du CSP, les risques d’altération ou de diminution de
                                                              la source (art. R. 1322-25 du CSP).
  L’arrêté du 5 mars 2007 relatif à la constitution du
  dossier de demande d’autorisation d’exploiter une           De manière générale, lors d’une demande de modi-
  source d’eau minérale naturelle pour le conditionne-        fication des installations et des conditions d’exploitation
  ment, l’utilisation à des fins thérapeutiques dans          d’une source autorisée, le préfet peut consulter un
  un établissement thermal ou la distribution en buvette      hydrogéologue agréé, mais ceci n’est obligatoire que
  publique précise les informations que doit comporter        pour tout projet de modification du débit d’exploita-
  le rapport de l’hydrogéologue agréé. Ce rapport,            tion (art. R. 1322-12 du CSP).
  dont un exemplaire est transmis au préfet et un autre
  au demandeur, est établi au vu des informations
  contenues dans le dossier qui lui a été communiqué
  et des observations qu’il a recueillies sur le terrain.     (2) U n rapport de l’Afssa sur les eaux minérales naturelles devrait paraître
  Il porte notamment sur les conditions de la stabilité des        prochainement.




                                                                                                                                               11

                                                                                                                                                  Sommaire
                                                                                                                             0 Inhumations en terrain privé                                   DBO5 stipule, en son article 10, que l’aptitude des sols



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                                                                                                                                                                                              à l’infiltration est établie par une étude hydrogéolo-
                                                                                                                               Le géologue officiel a été sollicité très tôt pour émettre     gique soumise à l’avis de l’hydrogéologue agréé en
                                                                                                                               des avis et faire des préconisations en matière de             matière d’hygiène publique et jointe au dossier de
                                                                                                                               création et d’agrandissement des cimetières. Il s’agissait     déclaration.
                                                                                                                               alors d’un géologue du Service de la carte géologique
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés




                                                                                                                                                                                              Une enquête réalisée auprès des hydrogéologues agréés
                                                                                                                               de France, qualifié par le ministre chargé de la Santé.
                                                                                                                                                                                              montre que les avis émis varient assez largement,
                                                                                                                               Aujourd’hui, l’avis d’un hydrogéologue agréé est requis        puisqu’ils peuvent porter aussi bien sur le contexte hydro-
                                                                                                                               uniquement pour l’inhumation dans une propriété                géologique que sur la nature des effluents et l’efficacité
                                                                                                                               particulière du corps d’une personne décédée (3) (art.         de traitement ou uniquement sur le risque sanitaire. Les
                                                                                                                               R. 2213-32 du Code général des collectivités terri­            dispositifs de contrôle et d’évaluation peuvent aussi faire
                                                                                                                               toriales).                                                     l’objet d’une validation par l’hydrogéologue agréé.

                                                                                                                               L’avis porte sur le risque éventuel de contamination
                                                                                                                                                                                                 L’avis rendu par l’hydrogéologue agréé ne doit
                                                                                                                               d’une ressource en eau utilisée pour la consommation
                                                                                                                                                                                                 porter que sur les risques pour la santé liés à la
                                                                                                                               humaine par le demandeur ou par des riverains. Il
                                                                                                                                                                                                 contamination d’une ressource en eau exploitée
                                                                                                                               importe aussi de vérifier que le fond des fosses ou des
                                                                                                                                                                                                 ou potentielle et à des résurgences d’eaux insuf­
                                                                                                                               caveaux restera au-dessus de la nappe en toutes
                                                                                                                                                                                                 fisamment épurées parce qu’ayant circulé rapi­
                                                                                                                               saisons, pour des motifs de gestion des corps. Une
                                                                                                                                                                                                 dement dans le sol. En aucun cas il ne doit se
                                                                                                                               marge de sécurité d’un mètre a été préconisée par le
                                                                                                                                                                                                 prononcer sur le dimensionnement du dispositif
                                                                                                                               Conseil supérieur d’hygiène publique de France
                                                                                                                                                                                                 d’infiltration, mais il peut faire des observations
                                                                                                                               (CSHPF) dans sa recommandation en date du
                                                                                                                                                                                                 sur les hypothèses de dimensionnement. En cas
                                                                                                                               5 septembre 1996 (annexe 3).
                                                                                                                                                                                                 d’étude insuffisante, il doit refuser de se prononcer
                                                                                                                               Pour les cimetières urbains soumis à enquête de                   sur le dossier.
                                                                                                                               commodo et incommodo et avis du conseil départe-
                                                                                                                               mental d’hygiène (devenu conseil départemental de
                                                                                                                               l’environnement et des risques sanitaires et technolo-
                                                                                                                               giques : CoDERST) ou pour les communes rurales et
                                                                                                                               urbaines dont les projets de cimetières n’étaient pas        0 Captages relevant
                                                                                                                               soumis à l’avis du conseil départemental d’hygiène,
                                                                                                                               l’avis de l’hydrogéologue agréé n’a jamais été requis
                                                                                                                                                                                              du ministère de la Défense
                                                                                                                               par les textes, même s’il était recommandé et de ce            L’article 1 de l’arrêté du 6 juin 2005 fixant les moda-
                                                                                                                               fait systématiquement demandé. Actuellement, en                lités d’application aux installations, aux services et
                                                                                                                               l’absence de périmètres de protection, l’avis d’un             organismes dépendant de l’autorité ou placés sous
                                                                                                                               hydrogéologue agréé peut être requis pour la créa-             la tutelle du ministre de la Défense des dispositions du
                                                                                                                               tion et l’extension d’un cimetière en application de la        Titre II du Livre III de la partie réglementaire du Code
                                                                                                                               réglementation relative à la protection de la ressource        de la santé publique relative aux eaux destinées à la
                                                                                                                               en eau si celui-ci se situe dans le bassin d’alimentation      consommation humaine, à l’exclusion des eaux miné-
                                                                                                                               d’un captage d’eau destinée à la consommation                  rales naturelles, stipule que les articles R. 1321-1 à
                                                                                                                               humaine (art. R. 2213-32 du Code général des collec-           R. 1321-66 du Code de la santé publique sont appli-
                                                                                                                               tivités territoriales). Avec la généralisation des périmè-     cables aux eaux destinées à la consommation
                                                                                                                               tres de protection, cette situation ne doit plus se            humaine prélevées ou utilisées par des installations et
                                                                                                                               rencontrer puisque dans les avis des hydrogéologues            pour des services ou organismes relevant du ministre
                                                                                                                               agréés, la création ou l’extension de cimetière est en         de la Défense.
                                                                                                                               général interdite dans le périmètre de protection
                                                                                                                                                                                              Un arrêté préfectoral déclarant d’utilité publique le
                                                                                                                               rapprochée.
                                                                                                                                                                                              prélèvement est nécessaire si les périmètres de protec-
                                                                                                                                                                                              tion, prévus par l’article L. 1321-2 du Code de la santé
                                                                                                                                                                                              publique, sortent de l’emprise des installations dépen-

                                                                                                                             0 Rejets des effluents traités                                   dant de la Défense.

                                                                                                                               dans le sol                                                    L’article 2 stipule que les compétences relevant du
                                                                                                                                                                                              préfet sont exercées par le ministre de la Défense (en
                                                                                                                               L’arrêté du 22 juin 2007 relatif à la collecte, au trans-      l’occurrence pour la désignation d’un hydrogéologue
                                                                                                                               port et au traitement des eaux usées des aggloméra-            agréé mentionné à l’article R. 1321-6 du Code de la
                                                                                                                               tions d’assainissement, ainsi qu’à la surveillance de leur     santé publique) pour des captages se situant sur un
                                                                                                                               fonctionnement et de leur efficacité et aux dispositifs        terrain relevant de son autorité.
                                                                                                                               d’assainissement non collectif recevant une charge             (3) L’hydrogéologue agréé ne peut être désigné pour l’inhumation
                                                                                                                               brute de pollution organique supérieure à 1,2 kg/j de               d’animaux.




                                                                                                           12

                                                                                                                                                                                                                                                                  Sommaire
  Même s’il revient normalement au pétitionnaire de
                                                              0 Conclusions

                                                                                                                                1
  choisir lui-même l’hydrogéologue agréé, dans la
  pratique, les pétitionnaires demandent au préfet de           Il ressort des textes que les missions de l’hydrogéo-
  désigner celui-ci.                                            logue agréé sont limitées et bien encadrées par la
                                                                circulaire n° 2004-186 du 22 avril 2004 relative à
  Les services du ministère de la Défense chargés de
                                                                l’indemnisation des hydrogéologues agréés en




                                                                                                                             Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                     Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés
  l’instruction du dossier transmettent par la suite les
                                                                matière d’hygiène publique. Seule la demande des
  éléments dont aurait besoin l’hydrogéologue agréé
                                                                préfets sur des domaines non visés par les textes peut
  et assurent ainsi le secrétariat de l’hydrogéologue
                                                                élargir celles-ci.
  agréé.
                                                                Certains dossiers ne concernent plus les hydrogéolo­
  Lorsque le captage est situé à l’extérieur de l’enceinte
                                                                gues agréés telles la création et l’extension de cime­
  militaire, sur un terrain n’appartenant pas à l’armée,
                                                                tières, sauf cas particuliers. D’autres ne doivent pas le
  c’est le préfet qui est compétent pour délivrer l’autori-
                                                                concerner même lorsqu’il s’agit d’une demande d’un
  sation de prélèvement et d’utilisation de l’eau. Dans
                                                                service de l’État. Ainsi, un hydrogéologue agréé ne
  ce cas, le préfet désigne l’hydrogéologue agréé.
                                                                doit pas avoir à valider un plan de zonage d’assainis­
                                                                sement ou fournir un avis sur des dossiers de carrière
                                                                dont l’implantation se situe hors du bassin d’alimenta­
0 Missions à la demande                                         tion de captage. Dans le cadre d’une ouverture de
                                                                carrière dans un bassin d’alimentation de captage,
  du préfet                                                     l’étude d’impact de la carrière doit évaluer les risques
  Le préfet peut demander l’avis de l’hydrogéologue             pesant sur ce dernier.
  agréé pour toute affaire susceptible de porter atteinte
  à la qualité de l’eau conformément à la circulaire DGS
  du 5 avril 1994 (ouverture de carrière, axe ferroviaire,
  etc.). La DDASS doit, par conséquent, en être
  informée.



   Les missions des hydrogéologues agréés concernent principalement l’autorisation d’exploiter les captages d’eau
   et leur protection. Seules les demandes particulières du préfet peuvent élargir le cadre des interventions prévu
   par les différentes réglemen­tations.




  Mode de saisine
  de l’hydrogéologue agréé
  L’arrêté du 31 août 1993 et celui du 31 décembre 2003,        Les DDASS doivent être saisies de toutes les demandes
  modifié par l’arrêté du 5 octobre 2005, indiquent que,        et organiser les saisines.
  pour chaque dossier, le préfet désigne un hydrogéo-
  logue chargé d’instruire la demande d’avis parmi
                                                                 L’hydrogéologue agréé ne peut intervenir qu’après
  les hydrogéologues agréés dans le département, sur
                                                                 désignation par le préfet. La DDASS est destinataire
  proposition de l’hydrogéologue coordonnateur.
                                                                 de toutes les demandes et elle est la seule à orga­
  En conséquence, les hydrogéologues agréés ne doivent
                                                                 niser la saisine de l’hydrogéologue agréé.
  intervenir que sur désignation du préfet-DDASS.


                                                                                                                            13

                                                                                                                               Sommaire
                                                                                                                             Rôle du coordonnateur
1                                                                                                                            départemental
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés




                                                                                                                             Le rôle du coordonnateur est défini actuellement par           La mission du coordonnateur peut aller au-delà des
                                                                                                                             les arrêtés du 31 août 1993 et du 30 avril 2008.               missions fixées par les textes. Ainsi le coordonnateur
                                                                                                                                                                                            peut être chargé d’effectuer une analyse de l’étude
                                                                                                                             Le coordonnateur est chargé notamment :                        préalable ou de vérifier que le dossier technique est bien
                                                                                                                             • de répartir les dossiers entre les hydrogéologues            complet.
                                                                                                                             agréés du département. Pour chaque dossier, il doit            Dans plusieurs départements, le coordonnateur joue,
                                                                                                                             s’assurer que l’hydrogéologue qu’il propose n’a pas            au titre de son rôle d’animateur des hydrogéologues
                                                                                                                             contribué à l’établissement du projet, ni à titre personnel,   agréés, le rôle de médiateur entre l’hydrogéologue
                                                                                                                             ni au titre de l’organisme dont il dépend. En cas d’em-        agréé et la collectivité lors de contestation des limites
                                                                                                                             pêchement, l’hydrogéologue agréé coordonnateur                 des périmètres et pour clarifier les prescriptions dans
                                                                                                                             départemental se fait remplacer par son suppléant ;            le cas où les propositions de l’hydrogéologue agréé
                                                                                                                             • d’adresser chaque année au préfet du département             posent problème.
                                                                                                                             un bilan de l’activité exercée par les hydrogéologues          Dans la plupart des départements, des délais de remise
                                                                                                                             agréés.                                                        des avis ont été fixés (3 à 4 mois à partir de la remise à
                                                                                                                             L’arrêté du 30 avril 2008 fixe les conditions d’indemni­       l’hydrogéologue agréé du dossier technique complet).
                                                                                                                             sation des hydrogéologues agréés en matière d’hy-              Le coordonnateur peut être amené à relancer les hydro-
                                                                                                                             giène publique. Ce texte indique que l’hydrogéologue           géologues chargés des dossiers lors du non-respect des
                                                                                                                             coordonnateur détermine le nombre de vacations                 délais même si cette mission incombe prioritairement à
                                                                                                                             afférent à chaque demande d’avis. La circulaire DGS/           la DDASS.
                                                                                                                             SD7 A n° 2004-186 du 22 avril 2004 fournit un tableau
                                                                                                                             indicatif pour le calcul du nombre de vacations.                Remarque
                                                                                                                                                                                            L’hydrogéologue agréé coordonnateur est souvent
                                                                                                                             Une enquête réalisée auprès des DDASS montre                   membre du CoDERST et peut participer à d’autres
                                                                                                                             des variantes dans l’intervention du coordonnateur.            réunions au cas par cas.
                                                                                                                             La désignation de l’hydrogéologue est effectuée par
                                                                                                                             le coordonnateur seul ou en coordination avec la DDASS,
                                                                                                                             il peut aussi valider la proposition faite par la DDASS.
                                                                                                                             Un résumé du contexte du dossier ou un dossier simplifié
                                                                                                                             peut être fourni au coordonnateur en préalable à
                                                                                                                                                                                             La démarche suivante est préconisée :
                                                                                                                             la désignation.
                                                                                                                                                                                             • Le coordonnateur départemental propose
                                                                                                                             Pour la fixation du nombre de vacations, plusieurs              au préfet le nom d’un hydrogéologue agréé pour
                                                                                                                             méthodes sont utilisées. Certains départements ont              la prise en charge des dossiers et le préfet fixe
                                                                                                                             adopté une grille fixant le nombre maximal de vacations         le nombre de vacations.
                                                                                                                             par dossier. Dans d’autres, le coordonnateur fixe le            • Le coordonnateur ne pouvant apprécier aisé­
                                                                                                                             nombre de vacations en accord avec la DDASS et                  ment la complexité des dossiers, la fixation du
                                                                                                                             parfois à partir d’une grille élaborée par la DDASS. Il         nombre de vacations nécessaires à l’étude du
                                                                                                                             peut valider le nombre de vacations proposé par la              dossier à partir d’une grille est préétablie par le
                                                                                                                             DDASS ou définir le nombre de vacations avec l’accord           coordonnateur et la DDASS pour chaque type de
                                                                                                                             de l’hydrogéologue agréé. Dans un cas, le coordonna-            dossier (cf. annexe 4).
                                                                                                                             teur valide le nombre de vacations évalué par l’hydro-
                                                                                                                             géologue agréé désigné.




                                                                                                           14

                                                                                                                                                                                                                                                         Sommaire
Portée de l’avis et responsabilité
de l’hydrogéologue agréé                                                                                                                      1




                                                                                                                                           Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                   Cadre général d’intervention et missions des hydrogéologues agréés
Le présent paragraphe précise, d’une part, la portée            En tant que collaborateur de service public (4), tout
des avis fournis à l’administration par les hydrogéo­           appui à l’hydrogéologue sera fourni par l’administra­
logues agréés et, d’autre part, la responsabilité de ces        tion pour la défense devant la justice au cas où l’hy­
derniers pour les avis qu’ils fournissent. L’avis de l’hydro­   drogéologue serait mis en cause.
géologue (signé par ce dernier) comporte notamment
une proposition de délimitation de périmètres de                Autrement dit, la responsabilité de l’hydrogéologue
protection des captages d’eaux et de servitudes                 agréé ne peut être confondue avec celle du décideur
associées.                                                      (le préfet), son devoir consistant à donner un avis
                                                                technique au préfet, avec toute la compétence et le
Sur la base notamment de l’avis technique fourni par            soin que l’autorité publique est en droit d’attendre
l’hydrogéologue dans son champ de compétences,                  d’un professionnel « normalement éclairé et diligent ».
le préfet prend sa décision quant à la définition               L’hydrogéologue agréé doit dire ce qu’il sait, tout ce
des périmètres de protection. En règle générale,                qu’il a à dire : il livre un constat. Il ne peut éliminer des
le préfet s’appuie sur les propositions qui lui sont faites,    considérations qui peuvent concerner la santé
mais d’autres considérations peuvent le conduire à              publique, fussent-elles gênantes pour l’administration.
fixer des mesures différentes, le rapport de l’hydrogéo-        L’hydrogéologue agréé propose et le préfet dispose.
logue n’étant bien entendu pas modifié. Chaque
acteur de la procédure (hydrogéologue et préfet)                Toutes les mesures conseillées par l’hydrogéologue
assure donc chacun pour ce qui le concerne ses propres          agréé doivent être nécessaires et suffisantes. Tout ce
propositions et décisions.                                      qui n’est pas nécessaire pour assurer la protection des
                                                                ressources en eau n’a pas à être imposé inutilement
Autrement dit, si, par nécessité, d’autres facteurs ou          et, de même, tout ce qui n’est pas suffisant situe
contraintes sont pris en compte par le préfet (compro­mis       l’hydro­géologue agréé en deçà de ses obligations.
divers...), ces éléments ne relèvent pas de la respon-          Les indications données par l’hydrogéologue agréé
sabilité des hydrogéologues agréés, ce dernier ne se            doivent être claires et précises. Si la probabilité de
prononçant que sur ce dont il est compétent.                    survenue du risque est évoquée (sans chiffrage),
                                                                l’hydro­géologue agréé ne peut être mis en cause. Si
Il convient donc de considérer :                                l’hydrogéologue agréé a un doute scientifique, il doit
• que la décision du préfet pourrait être contestée, par        en informer le préfet, l’administration le prendra ou
exemple, s’il avait modifié substantiellement les bases         non en compte.
de l’avis technique de l’hydrogéologue agréé ;
                                                                En conclusion, les avis, ne constituant pas a priori
• que l’hydrogéologue agréé quant à lui ne pourrait             une décision, ne sont pas des actes dont on peut
voir sa responsabilité engagée que s’il a commis une            obtenir l’annulation. En revanche, ils peuvent engager
faute grave personnelle en tant que « détenteur de              la responsabilité de l’État, celle de l’hydrogéologue
la connaissance technique » et que cette faute, suffi-          agréé ne pouvant l’être qu’en cas d’erreur technique
samment lourde, a un lien direct établi avec le                 manifeste ou de faute personnelle grave (délibérée)
dommage causé.                                                  ayant conduit à un dommage.




                                                                (4) D écret n° 2008-267 du 18 mars 2008 modifiant le décret n° 2005-35
                                                                     du 17 janvier 2000 portant rattachement de certaines activités au
                                                                     régime général.




                                                                                                                                          15

                                                                                                                                             Sommaire
Sommaire
                       2
Intervention des
hydrogéologues
 agréés en matière d’hygiène
 publique dans le cadre
      de la protection
des captages d’eau destinée
à la consommation humaine




                          17

                           Sommaire
Sommaire
                                                                                                                               2




                                                                                                                            Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                    Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
  Les périmètres de protection
0 Législation                                                  La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la poli­
                                                               tique de santé publique a modifié cette disposition en
  et réglementation :                                          demandant, dans un délai de 5 ans, la création d’un
  un, deux ou trois périmètres                                 périmètre de protection immédiate pour les ouvrages
                                                               bénéficiant d’une protection naturelle, au vu des
  L’article L. 1321-2 du CSP indique que la déclaration        risques de dégradation des ouvrages, entre autres par
  d’utilité publique (DUP) détermine « autour du point         malveillance.
  de prélèvement » :
                                                               Lorsque les conditions hydrologiques ou hydrogéolo-
  1) un périmètre de protection immédiate acquis en            giques permettent d’assurer efficacement la préserva-
  pleine propriété ou de façon dérogatoire par l’établis-      tion de la qualité de l’eau par des mesures limitées
  sement d’une convention de gestion entre la ou les           au « voisinage » du captage, le périmètre de protec-
  collectivités publiques propriétaires et l’établissement     tion immédiate peut, seul, être instauré.
  public de coopération intercommunale ou la collecti-
  vité publique responsable du captage ;                       Le législateur a introduit la possibilité de n’instaurer
                                                               qu’un périmètre de protection immédiate mais n’a pas
  2) un périmètre de protection rapprochée à l’intérieur
                                                               donné de définition de ce qu’est une protection natu-
  duquel toutes sortes d’installations peuvent être inter-
                                                               relle. Selon les départements, deux acceptions ont été
  dites ou réglementées ;
                                                               appliquées à cette expression. Dans la première,
  3) et éventuellement un périmètre de protection              il s’agit d’ouvrages captant une nappe captive et dans
  éloignée où les installations, travaux, activités, dépôts,   la seconde, d’ouvrages implantés dans des secteurs
  ouvrages, aménagement ou occupation des sols                 isolés ou dans un environnement naturel favorable à
  peuvent être réglementés.                                    la préservation de la qualité de l’eau captée (captages
                                                               en montagne ou en secteur boisé).
  L’article R. 1321-13 du CSP précise que les périmètres
  peuvent porter sur des terrains disjoints. La possibilité    Pour l’hydrogéologue, seule la première acception est
  de créer des périmètres sur des terrains disjoints a été     recevable. Il ne faut pas oublier par ailleurs qu’un
  introduite pour faciliter la création des périmètres de      environnement naturel favorable peut être dégradé
  protection pour les captages implantés en particulier        ou détruit (urbanisation, feu de forêt).
  en zone karstique.
                                                               En conséquence, la notion de captages « naturelle-
                                                               ment protégés » doit être réservée aux ouvrages en
                                                               nappes captives, en particulier profondes (nappe de
0 Ouvrages                                                     l’Albien, par exemple) ou dont la charge hydraulique,
  naturellement protégés                                       même en exploitation, s’oppose au transfert de conta-
                                                               minants. Pour les nappes captives ou semi-captives
  Dans la loi sur l’eau 92-3 du 3 janvier 1992,                plus superficielles, il ne faut pas oublier que la réali-
  aujourd’hui abrogée et codifiée dans le code de l’en-        mentation peut se faire, au moins pour partie, par
  vironnement, le législateur avait imposé la protection       infiltration à partir des terrains de couverture (drai-
  de tous les ouvrages existants à la date de publication      nance) avec une possibilité d’entraînement de conta-
  du 16 décembre 1964 s’ils ne bénéficiaient pas d’une         minants et que les pompages s’accompagnent aussi
  protection naturelle permettant efficacement d’assurer       d’une diminution, voire d’une inversion de charge
  la qualité des eaux. Il était donc possible alors de         favorable à l’infiltration. L’existence d’une couverture
  dispenser certains ouvrages de toute protection.             peu perméable permet toutefois de réduire les




                                                                                                                           19

                                                                                                                              Sommaire
                                                                                                                                 prescriptions visant les activités de surface. Les études



2
                                                                                                                                 préalables doivent montrer que la nappe reste en
                                                                                                                                 charge en perma­nence.                                            Cadre de la protection
                                                                                                                                 La création d’ouvrage pouvant venir en concurrence
                                                                                                                                                                                                   de la ressource en eau
                                                                                                                                 avec l’ouvrage public à protéger est parfois avancée
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                                 pour instaurer en plus du périmètre de protection
                                                                                                                                 immédiate un périmètre de protection rapprochée. Il          1. Depuis 1975, une trentaine de directives ou de
                                                                                                                                 faut rappeler ici que les périmètres de protection sont      décisions communautaires ont été adoptées dans
                                                                                                                                 destinés à protéger contre les risques de contamina-         le domaine de la préservation des milieux aquati-
                                                                                                                                 tion et non à assurer une gestion équilibrée de la           ques et des ressources en eau, dont :
                                                                                                                                 ressource en eau. Le risque de contamination de l’eau
                                                                                                                                                                                              • La directive 80/68/CE (5) concernant la protection
                                                                                                                                 lors du chantier de réalisation d’ouvrage proche du
                                                                                                                                                                                                des eaux souterraines contre la pollution causée
                                                                                                                                 captage exploité et de réduction de débit de ce
                                                                                                                                                                                                par certaines substances dangereuses a imposé
                                                                                                                                 dernier ne doit pas être ignoré.
                                                                                                                                                                                                aux États membres de réglementer les rejets
                                                                                                                                                                                                directs ou indirects de certaines substances
                                                                                                                                   Le contexte hydrogéologique permet seul de                   polluantes vers les eaux souterraines et d’inter­
                                                                                                                                   caractériser un ouvrage comme étant naturelle­               dire les rejets des substances considérées comme
                                                                                                                                   ment protégé. Seuls les ouvrages captant une                 les plus dangereuses. Ces dispositions ont été
                                                                                                                                   nappe profonde en charge sont concernés.                     incorporées notamment dans la réglementation
                                                                                                                                                                                                des installations classées pour la protection de
                                                                                                                                                                                                l’environnement.

                                                                                                                                                                                              • La directive 91/271/CEE du 21 mai 1991 rela­
                                                                                                                                                                                                 tive au traitement des eaux urbaines résiduaires
                                                                                                                               0 Objectifs des périmètres                                        a notamment introduit la notion de « zones
                                                                                                                                 de protection                                                   sen­sibles », zones dans lesquelles les eaux rési­
                                                                                                                                                                                                 duaires urbaines rejetées doivent subir un traite­
                                                                                                                                                                                                 ment contre le phosphore et/ou l’azote.

                                                                                                                                  Objectifs généraux                                         • La directive 91/676/CEE du 12 décembre 1991
                                                                                                                                                                                                 relative à la protection des eaux contre la pollu­
                                                                                                                                 Les périmètres de protection sont destinés à protéger           tion par les nitrates à partir des sources agricoles
                                                                                                                                 les points de captage et un secteur proche de ceux-ci           vise à réduire la pollution des eaux provoquée ou
                                                                                                                                 et non l’ensemble de la ressource captée. D’autres              induite par les nitrates à partir de sources agri­
                                                                                                                                 outils réglementaires concernent la protection de               coles et à prévenir toute nouvelle pollution de ce
                                                                                                                                 celle-ci (cf. tableau ci-après).                                type, par la mise en œuvre de plans d’action sur
                                                                                                                                                                                                 les zones vulnérables (6) identifiées préalablement
                                                                                                                                 Les périmètres ne constituent pas non plus la seule
                                                                                                                                                                                                et l’instauration de programmes de surveil­lance
                                                                                                                                 barrière sanitaire entre l’eau captée et le consomma-
                                                                                                                                                                                                pour en évaluer l’efficacité.
                                                                                                                                 teur. Les aménagements des captages, voire leur
                                                                                                                                 déplacement dans un environnement plus favorable,            • La directive 2000/60/CE, appelée « directive
                                                                                                                                 constituent le premier outil de protection. Il s’agit d’un     cadre européenne sur l’eau » (DCE) adoptée le
                                                                                                                                 « outil fort ». L’eau peut être ensuite traitée avant          23 octobre 2000, définit le cadre de gestion et
                                                                                                                                 distribution. Elle subit, en général, au minimum une           de protection des eaux par grand bassin hydro­
                                                                                                                                 désinfection qui, pour les eaux de surface, est                graphique. Les bassins hydrographiques actuels
                                                                                                                                 précédée au moins par une étape de filtration. Il ne           constituent donc l’échelon de mise en œuvre de
                                                                                                                                 s’agit donc pas de « tout attendre » des périmètres de         la directive et les comités de bassin sont chargés
                                                                                                                                 protection. Ceci est particulièrement vrai pour les            de la définition des objectifs environnementaux
                                                                                                                                 ressources très vulnérables que sont les eaux souter-          dans le cadre de la mise à jour des schémas
                                                                                                                                 raines karstiques et les eaux de surface.                      directeurs d’aménagement et de gestion des
                                                                                                                                                                                                eaux (Sdage). Cette directive donne la priorité à
                                                                                                                                 Par ailleurs, au-delà des périmètres, la sécurisation de
                                                                                                                                                                                                la protection de l’environnement et engage les
                                                                                                                                 l’alimentation des collectivités doit impérativement
                                                                                                                                                                                                États membres à atteindre d’ici 2015 un bon état
                                                                                                                                 faire l’objet d’une analyse et de préconisations. La
                                                                                                                                                                                                général tant pour les eaux souterraines que
                                                                                                                                 sécurisation est obtenue en recourant aux intercon-
                                                                                                                                                                                                superficielles, y compris les eaux côtières. Il
                                                                                                                                 nexions, aux stockages d’eau brute ou d’eau traitée
                                                                                                                                                                                                convient de prévenir toute dégradation supplé­
                                                                                                                                 et aux ressources de substitution (captages de secours).
                                                                                                                                                                                                mentaire des milieux, de préserver et d’améliorer
                                                                                                                                 Les opérations soutenues par les agences de l’eau              l’état des écosystèmes aquatiques, de permettre
                                                                                                                                 concernent les changements de pratiques et les



                                                                                                          20

                                                                                                                                                                                                                                                        Sommaire
 une utilisation durable de l’eau, fondée sur la
 protection à long terme des ressources en eau
 disponibles. Les grands principes sur lesquels repose
 cette directive sont :
                                                            Le Sage est un document de planification qui fixe
                                                            des objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur
                                                            et de protection qualitative et quantitative de
                                                            la ressource en eau. Ces objectifs doivent être
                                                                                                                                              2




                                                                                                                                           Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                   Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
                                                            compatibles avec le Sdage pour assurer la cohérence
0 l’établissement d’un état des lieux des districts        des politiques de l’eau. Le Sage fixe des objectifs de
   hydrographiques (ensembles de bassins hydro­             qualité à atteindre dans un délai donné et contribue
   graphiques) afin de rendre compte des divers             ainsi à l’atteinte de l’objectif de bon état des eaux
   usages de l’eau et de leurs impacts sur l’état des       visé par la directive cadre sur l’eau.
   eaux ;
                                                            En février 2008, 40 Sage étaient approuvés et une
0 l’établissement d’un registre des zones protégées        centaine de projets était en cours. Les superficies
   dans chaque district afin d’identifier l’ensemble des    cumulées des communes concernées représentent
   masses d’eau faisant l’objet de protections              environ 40 % de la surface de la France.
   spéciales (dont les captages d’eau potable).
                                                            La loi sur l’eau et les milieux aquatiques du
Cette directive précise que les États membres doivent       31 décembre 2006 a, pour sa part, dans le domaine
assurer la protection nécessaire pour les masses            de la protection des ressources pour l’eau potable,
d’eau recensées afin de « prévenir la détérioration         renforcé les dispositifs de lutte contre les pollutions
de leur qualité de manière à réduire le degré de            diffuses d’origine agricole en amont des captages.
traitement de purification nécessaire à la production       L’article 21 de la loi donne en effet la possibilité à
d’eau potable ». Elle suggère ainsi d’établir des           l’autorité administrative, en concertation avec
zones de sauvegarde pour ces masses d’eau.                  les différents acteurs au niveau local (7) de délimiter
Il conviendra de préciser par la suite les actions          des zones de protection des aires d’alimentation des
conduites dans ces différents zonages concourant            captages actuels ou des zones d’alimentation futures
aux objectifs de la directive cadre. Dans ce contexte,      des populations. Au sein de ces aires d’alimentation,
les périmètres de protection immédiate et rappro-           sont établis des programmes d’action visant à
chée consistant à assurer une protection de proxi­          restaurer ou préserver l’état de la ressource en eau
mité laissent ouvert l’enjeu plus global de la protec­      par la modification des pratiques agricoles sur le terri­
tion de la ressource à une zone beaucoup plus               toire, de manière à atteindre les objectifs de quantité
vaste sur laquelle peuvent être mises en œuvre des          et de qualité des eaux superficielles et souterraines.
zones de protection des aires d’alimentation des
captages, au sens de l’article L. 211-3 du Code de          Dans leur 9e programme, pour faire face aux pollu­
l’environnement, en cas de pollution diffuse d’ori­         tions de l’eau potable causées par les nitrates et
gine agricole.                                              les pesticides, les agences de l’eau privilégient
                                                            les démarches de prévention à l’échelle des bassins
2. Au plan national, la loi sur l’eau de 1992 a             d’alimentation des captages. Les actions de recon­
dépassé les anciennes logiques sectorielles pour            quête de la qualité de l’eau aux points de captage
organiser la gestion de la protection des milieux           doivent être conduites par les collectivités responsa­
aquatiques, comme celle de la satisfaction de tous          bles de la production d’eau potable en liaison avec
les usages, dans une approche plus équilibrée de la         les communes concernées.
gestion de l’eau.

La solution proposée par la loi pour organiser la
gestion équilibrée repose sur l’organisation d’une
concertation en vue d’établir une planification des
usages de l’eau, à deux niveaux :

• d’une part le Sdage établi par le comité de bassin
   pour les très grands bassins hydrographiques, qui
   fixe les objectifs à atteindre, notamment par le
   moyen des schémas d’aménagement et de gestion
   des eaux (Sage) ;
                                                           (5) Cette directive sera abrogée en 2013 suite à l’application de l’article
• d’autre part, des Sage, compatibles avec les recom­          16 de la directive 2000/60/CE concernant les substances prioritaires.
   mandations et dispositions du Sdage, qui peuvent        (6) Zone alimentant des eaux atteintes par la pollution azotée.
                                                           (7) Collectivités territoriales, représentants des propriétaires et
   être élaborés à l’échelon local d’un bassin hydro­           des exploitants des terrains, représentants des associations de
   graphique ou d’un ensemble aquifère.                         protection de l’environ­nement…




                                                                                                                                          21

                                                                                                                                             Sommaire
                                                                                                                               investissements en matériel (désherbage mécanique,        En France, les périmètres concernent la protection des



2
                                                                                                                               par exemple), l’achat de terrains dans le bassin d’ali-   points de prélèvement d’eau destinée à la consom-
                                                                                                                               mentation du captage, le suivi et le bilan des actions    mation humaine. Les réglementations et interdictions
                                                                                                                               menées et leur impact sur la qualité de l’eau du          qui leur sont associées doivent aller au-delà de la
                                                                                                                               captage ou encore le financement des études préala-       réglementation générale qui s’impose déjà et qui
                                                                                                                               bles à la délimitation des périmètres de protection des   doit d’abord être mise en œuvre. Ils constituent la
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               captages, des zones de protection des aires d’alimen-     première étape d’une production et d’une distribution
                                                                                                                               tation des captages et au diagnostic des pressions.       d’une eau destinée à la consommation humaine sous
                                                                                                                                                                                         assurance qualité.

                                                                                                                                 Les périmètres de protection ne concernent pas la       Par ailleurs les périmètres ne sont pas destinés à enca-
                                                                                                                                 protection globale de la ressource captée mais          drer des opérations qui ne relèvent pas du Code de
                                                                                                                                 uniquement les zones de captages et le secteur          la santé, mais d’autres réglementations (reconstruction
                                                                                                                                 proche d’aquifère rendu sensible par le prélève­        d’une station d’épuration défaillante, par exemple).
                                                                                                                                 ment ou un tronçon du cours d’eau proche de la
                                                                                                                                 prise d’eau.




                                                                                                                               Figure 1 : État d’avancement des Sage en août 2006 (source : agences de l’eau)




                                                                                                          22

                                                                                                                                                                                                                                                    Sommaire
 Objectifs spécifiques à chaque                              par les ventilations détériorées des ouvrages. Le



                                                                                                                                 2
                                                              passage des canalisations et des câbles électriques
périmètre                                                     constitue également une menace si l’étanchéité n’est
                                                              pas satisfaisante.
L’article L. 1321-2 du CSP indique que la détermina-
tion de périmètres de protection est destinée à assurer       Un diagnostic de l’état des ouvrages et des risques
la protection de la qualité des eaux destinées à l’ali-       d’infiltration doit donc être établi dans le cadre de




                                                                                                                              Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                      Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
mentation des collectivités humaines.                         l’étude préalable par le bureau d’études mais l’avis
                                                              de l’hydrogéologue agréé sur ces aspects est essentiel.
• Périmètre de protection immédiate                           Le regard de ce dernier est aussi attendu sur les besoins
                                                              d’aménagements autour du captage, par exemple
L’article R. 1321-13 du CSP indique que les limites           en matière de fossé de colature ou de merlon de
du périmètre de protection immédiate sont établies            terre végétalisé.
afin d’interdire toute introduction directe de substances
polluantes dans l’eau prélevée et d’empêcher                  Remarques
la dégradation des ouvrages.                                  • Dans le cas des eaux souterraines karstiques,
                                                              des périmètres de protection immédiate satellites
 Remarque                                                     peuvent être créés autour des zones d’engouffrement.
Un périmètre de protection immédiate doit protéger            L’aménagement de ces zones afin de ralentir l’infiltra-
les installations de traitement qui existent systémati-       tion doit aussi être envisagé.
quement pour les eaux de surface mais aussi pour
certaines ressources souterraines (déferrisation, déman-      • Il importe par ailleurs de s’assurer de l’accessibilité du
ganisation, décarbonatation, filtration, désinfection,        captage quelles que soient les conditions météoro­
etc.). Le périmètre peut être commun au captage et            logiques, et notamment en zone inondable. Si néces-
                                                              saire le chemin d’accès sera acquis par la collectivité
aux ouvrages de traitement ou être indépendant. Les
                                                              ou fera l’objet d’une servitude de passage établie par
objectifs assignés à ce périmètre par le CSP sont donc
                                                              acte notarié.
clairement posés.

Pour atteindre les objectifs assignés au périmètre de           Le périmètre de protection immédiate protège le
protection immédiate, les terrains compris dans ce              captage de la malveillance, des déversements
périmètre sont clôturés, sauf dérogation prévue dans            directs sur l’ouvrage et des contaminants microbio­
l’acte déclaratif d’utilité publique et sont régulièrement      logiques (parasites, bactéries, virus).
entretenus. Une dérogation exceptionnelle à la clôture
du périmètre de protection immédiate peut s’imposer             La protection assurée par la clôture peut être utile­
en zones inondables et en zones de montagne et est              ment complétée par un dispositif anti-intrusion ou
compensée par des aménagements complémen­                       de détection avec alarme.
taires.
Dans ce périmètre, toutes les activités, les installations
                                                              • Périmètre de protection rapprochée
et les dépôts y sont interdits, en dehors de ceux qui
sont explicitement autorisés dans l’acte déclaratif d’uti-    Dans les différents textes législatifs et réglementaires
lité publique. Les seules activités autorisées concernent     successifs, des arguments sanitaires ont été proposés
l’exploitation et l’entretien des ouvrages et du péri-        pour fixer des objectifs à ce périmètre et pour aider à
mètre lui-même. Des informations sur le dimension-            sa délimitation.
nement, l’aménagement et la clôture de ce périmètre
figurent en annexe 5.                                         Dans la circulaire du 3 novembre 1902, l’unique péri-
                                                              mètre correspond à un secteur de terrain où l’épan-
Un objectif supplémentaire peut être attaché à ce             dage d’excrétas est interdit. Il s’agissait alors d’inter-
périmètre. En effet, selon le contexte hydrogéolo-            rompre la chaîne de contamination.
gique, ce périmètre peut contribuer à la protection
                                                              Le décret 61-859 du 1er août 1961 stipule simplement
des eaux captées vis-à-vis des contaminations par les
                                                              que le rapport du géologue officiel détermine notam-
agents biologiques (parasites, bactéries et virus). Dans
                                                              ment le périmètre de protection à instaurer autour des
beaucoup de situations, en particulier en milieu poreux
                                                              ouvrages captants.
et en socle microfissuré couvert d’un niveau d’altéra-
tion (arènes, altérite), les contaminations microbiolo-       Le décret 67-1093 du 15 décembre 1967 (art 4-1)
giques pouvant affecter l’eau captée sont quasi inexis-       indique que les périmètres, au nombre de 2 ou 3
tantes. Toutefois, elles peuvent résulter de l’infiltration   désormais, sont établis au vu du rapport géologique et
d’eaux parasites souillées à l’extrados du cuvelage des       en considération de la plus ou moins grande rapidité
puits, des tubages des forages, des piézomètres ou            de relation hydrogéologique entre la ou les zones
d’anciens puits, de retour d’eau par les trop-pleins des      d’infiltration et le point de prélèvement à protéger. La
puits ou de la pénétration possible de petits animaux         circulaire du 10 décembre 1968 signale par ailleurs


                                                                                                                             23

                                                                                                                                Sommaire
                                                                                                                               que le géologue doit appuyer ses conclusions sur le           la qualité de l’eau qu’il délivre respecte, à l’exception



2
                                                                                                                               degré d’épuration que les eaux subissent dans le sol et       des ouvrages bénéficiant d’une autorisation exception-
                                                                                                                               que sa mission comporte notamment l’étude de l’ori-           nelle au sens de l’article R. 1321-9 du CSP, les limites
                                                                                                                               gine des eaux et des contaminations qu’elles sont             ou référence de qualité des eaux destinées à la produc-
                                                                                                                               susceptibles de recevoir.                                     tion d’eau vouée à la consommation humaine. Il
                                                                                                                                                                                             s’agira donc le plus souvent de captages implantés
                                                                                                                               Selon la circulaire du 24 juillet 1990 (annexe 1),
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                                                                                             dans un environnement favorable ou captant une
                                                                                                                               le périmètre de protection rapprochée doit protéger
                                                                                                                                                                                             ressource bien protégée. L’objectif des périmètres, et
                                                                                                                               le captage vis-à-vis de la migration des substances
                                                                                                                                                                                             plus particulièrement du périmètre de protection
                                                                                                                               polluantes. Son étendue est déterminée en prenant
                                                                                                                                                                                             rapprochée qui seul permet les interdictions, sera alors
                                                                                                                               notamment en compte les caractéristiques physiques
                                                                                                                                                                                             de préserver la qualité de l’environnement du captage,
                                                                                                                               de l’aquifère, le débit maximal de pompage, la
                                                                                                                                                                                             voire de l’améliorer.
                                                                                                                               vulnérabilité, l’origine et la nature des pollutions contre
                                                                                                                               lesquelles il est nécessaire de protéger les eaux
                                                                                                                               souterraines.                                                   Le périmètre de protection rapprochée vise à
                                                                                                                                                                                               conserver la qualité de l’environnement du
                                                                                                                               Il n’est pas fait référence dans ce texte à la localisation
                                                                                                                                                                                               captage par rapport à ses impacts sur la qualité
                                                                                                                               des sources émettrices ou aux types de contamination.
                                                                                                                                                                                               de l’eau et à l’améliorer si nécessaire
                                                                                                                               Cette imprécision ouvre la possibilité d’étendre les
                                                                                                                               périmètres à des surfaces importantes d’aquifère, en
                                                                                                                               particulier avec la prise en compte des pollutions
                                                                                                                                                                                             Le périmètre de protection rapprochée est destiné à
                                                                                                                               diffuses. La référence au débit d’exploitation de
                                                                                                                                                                                             lutter contre les pollutions accidentelles et ponctuelles.
                                                                                                                               l’ouvrage parmi les critères à prendre en considération
                                                                                                                               pour la délimitation du périmètre renvoie cependant           Bien que les périmètres aient un impact favorable plus
                                                                                                                               à un secteur d’aquifère proche du forage.                     ou moins marqué sur les pollutions diffuses, ces
                                                                                                                               Une hiérarchisation des périmètres par rapport à              dernières sont à aborder à l’échelle du bassin d’ali-
                                                                                                                               des objectifs de santé publique a été proposée dans           mentation du captage ou du cours d’eau. Les périmè-
                                                                                                                               le rapport sur la gestion durable des eaux publié en          tres n’ont donc pas pour objectif premier de lutter
                                                                                                                               1996 (8). Ainsi, le périmètre de protection rapprochée        contre la pollution diffuse puisqu’ils sont destinés à
                                                                                                                               engloberait les zones à partir desquelles une source          protéger le captage et non la ressource en eau dans
                                                                                                                               de pollution (9) pourrait rendre l’eau impropre à la          toute son extension.
                                                                                                                               consommation (par dépassement d’au moins une des
                                                                                                                                                                                             La prise en compte de la pollution diffuse dans l’éta­
                                                                                                                               limites de qualité réglementaires) et le périmètre de
                                                                                                                                                                                             blissement des périmètres de protection n’est envisa­
                                                                                                                               protection éloignée, la zone dans laquelle une dégra-
                                                                                                                                                                                             geable que lorsque l’aire d’alimentation du captage
                                                                                                                               dation de l’eau sans dépassement de limite de qualité
                                                                                                                                                                                             est très peu étendue et peut être entièrement comprise
                                                                                                                               se produirait. Cette approche paraît difficile d’applica-
                                                                                                                                                                                             dans le périmètre de protection rapprochée. C’est le
                                                                                                                               tion car sur la durée, à l’instar de la pollution nitratée,
                                                                                                                                                                                             cas par exemple pour certains captages gravitaires de
                                                                                                                               la contamination peut d’abord être sans conséquence
                                                                                                                                                                                             faible débit pour lesquels le bassin d’alimentation
                                                                                                                               sur la qualité de l’eau pour ensuite mettre en péril
                                                                                                                                                                                             couvre au plus quelques dizaines d’hectares.
                                                                                                                               l’usage du point de captage. Cette approche conduit
                                                                                                                               à la création de périmètres étendus.                          Pour des ouvrages implantés dans des nappes éten-
                                                                                                                                                                                             dues, la pollution diffuse provient en général de la
                                                                                                                               L’article R. 1321-13 du CSP précise seulement qu’à
                                                                                                                                                                                             totalité de celle-ci. La prise en compte de la pollution
                                                                                                                               l’intérieur du périmètre de protection rapprochée, sont
                                                                                                                                                                                             diffuse sur une surface restreinte n’aura donc pas ou
                                                                                                                               interdits les travaux, installations, activités, dépôts,
                                                                                                                                                                                             peu d’effet sur la qualité de l’eau captée.
                                                                                                                               ouvrages, aménagement ou occupation des sols
                                                                                                                               susceptibles d’entraîner une pollution de nature à            Par ailleurs, lorsque la pollution diffuse nitratée est
                                                                                                                               rendre l’eau impropre à la consommation humaine.              visée par des restrictions de fertilisation uniquement
                                                                                                                               Les autres travaux, installations, activités, dépôts,         dans le périmètre de protection rapprochée, les excé-
                                                                                                                               ouvrages, aménagement ou occupation des sols                  dents azotés vont persister à l’amont du périmètre.
                                                                                                                               peuvent faire l’objet de prescriptions, et sont soumis à      Il paraît aussi indispensable de considérer les agricul-
                                                                                                                               une surveillance particulière, prévues dans l’acte décla-     teurs de manière égale, vis-à-vis de leurs pratiques à
                                                                                                                               ratif d’utilité publique.                                     l’échelle du bassin versant.
                                                                                                                               Les critères proposés dans ces différents textes méritent
                                                                                                                               d’être précisés et les types de pollutions visés ne sont        Le périmètre de protection rapprochée vise les risques
                                                                                                                               pas toujours clairement indiqués. Il est donc nécessaire        de pollutions accidentelles et ponctuelles.
                                                                                                                               de définir une doctrine en matière de délimitation des
                                                                                                                               périmètres.
                                                                                                                                                                                             (8) Rapport sur la gestion durable des eaux souterraines, ministère
                                                                                                                                                                                                  de l’Industrie, de la Poste et des Télécommunications, 10 janvier 1996,
                                                                                                                               Il faut considérer tout d’abord que la démarche de                 annexe 7, « Périmètres de protection ».
                                                                                                                               protection d’un captage n’est entreprise que parce que        (9) Il n’est pas précisé s’il s’agit de pollution ponctuelle ou diffuse.




                                                                                                          24

                                                                                                                                                                                                                                                                            Sommaire
Au regard de l’impossibilité d’appliquer l’ensemble                      Délimitation


                                                                                                                                                 2
des critères proposés dans les textes réglementaires ou                  du périmètre de protection rapprochée
de l’imprécision de ces derniers, il faut considérer que
le périmètre de protection rapprochée est simplement                     • Captages gravitaires
destiné à offrir un délai de réaction vis-à-vis des pollu-               Ces émergences dont le débit réel (10) moyen est
tions ponctuelles et accidentelles, l’autoépuration                      faible sont situées essentiellement en zone de relief




                                                                                                                                              Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                      Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
constituant un élément complémentaire de protection.                     (colline, montagne ou piémont) et alimentent en eau
À titre d’exemple, des éléments d’aide à la délimita-                    de petites, voire de très petites collectivités (20 à
tion de ce périmètre, par type de ressource et pour les                  100 habitants). Elles sont en général captées depuis
eaux souterraines par type d’aquifère, sont présentés                    de nombreuses années et leur capacité de production
ci-après.                                                                est connue par leur comportement en étiage excep-
                                                                         tionnel ou lors de sécheresse. Leur qualité est égale-
 Le périmètre de protection rapprochée constitue                         ment renseignée à partir des analyses de suivi sanitaire.
 une zone tampon entre les activités à risque pour
 la qualité de l’eau captée et le captage.                               Ces émergences sont présentes sur tout type de terrain
                                                                         poreux (grès, calcaires peu ou non karstifiés) ou


Figures 2 : Périmètre de protection rapprochée d’ouvrages gravitaires :
                        1 – Cas général




                        2 – D iscordance entre bassin versant superficiel et souterrain (11)




                                                                                                           (10) Par débit réel, on entend
                                                                                                                 le débit naturel
                                                                                                                 de l’émergence
                                                                                                                 et non le débit capté.
                                                                                                           (11) D’après document public
                                                                                                                 BRGM, R40289,
                                                                                                                 décembre 1998.




                                                                                                                                             25

                                                                                                                                                Sommaire
                                                                                                                               microfissuré (roches métamorphiques ou intrusives).         Dans les cas les plus simples (absence d’activités nuisi-



2
                                                                                                                               Dans les roches métamorphiques et intrusives, des           bles, débits et qualité satisfaisants), la protection peut
                                                                                                                               filons d’autres roches ou de quartz peuvent entraîner       être constituée par un périmètre de protection rappro-
                                                                                                                               une hétérogénéité relative (Figure 2, p. 25). Sauf sur      chée intégrant la totalité du bassin versant lorsque
                                                                                                                               les hauts reliefs, le substratum est rarement affleurant    celui-ci couvre quelques dizaines d’hectares ou une
                                                                                                                               et est souvent recouvert par des éboulis ou des alté-       partie seulement de celui-ci lorsqu’il est plus vaste.
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               rites favorables à la protection de l’eau captée. En        À titre indicatif, le périmètre s’étendra sur 200 à
                                                                                                                               altitude, la couverture végétale est représentée par        400 mètres environ en longueur et sur 50 à 200 mètres
                                                                                                                               des pelouses ou de la forêt.                                de large, et dans ce périmètre la principale contrainte
                                                                                                                                                                                           sera le gel des terrains (conservation des activités
                                                                                                                               L’hydrogéologue agréé utilisera ses connaissances
                                                                                                                                                                                           existantes avec améliorations éventuelles). Les acti-
                                                                                                                               du secteur pour définir la protection du captage en
                                                                                                                                                                                           vités à risques telles que abreuvoirs ou parcs à animaux
                                                                                                                               s’assurant de la cohérence des indications fournies au      seront déplacées. Un zonage de ce périmètre est
                                                                                                                               regard du bassin versant hydrogéologique et du bassin       parfois utilisé avec un maintien ou mise en herbe du
                                                                                                                               versant superficiel. Dans l’incertitude ou devant des       secteur le plus proche du captage. Au-delà, le reste
                                                                                                                               anomalies ou des invraisemblances soulevées lors de         du bassin versant peut être intégré dans la zone pour
                                                                                                                               sa visite, l’hydrogéologue agréé pourra demander            laquelle une vigilance sur les amé-nagements éven-
                                                                                                                               des compléments d’information au responsable du             tuellement projetés est demandée.
                                                                                                                               point d’eau.
                                                                                                                                                                                           • Captages en milieu poreux
                                                                                                                               En l’absence de données géologiques montrant l’exis-        Le périmètre de protection rapprochée pour les
                                                                                                                               tence de discordances entre bassin superficiel et souter-   captages d’eau souterraine doit être établi au vu des
                                                                                                                               rain, les limites du périmètre de protection rapprochée     données hydrogéologiques (zone d’appel, zone d’in-
                                                                                                                               s’appuient sur celles du bassin versant topographique.      fluence, aire d’alimentation) en prenant en compte le


                                                                                                                               Figure 3 : Schéma d’un pompage en milieu poreux (Manuel et méthodes, n° 19, BRGM, 1999)




                                                                                                          26

                                                                                                                                                                                                                                                        Sommaire
débit maximal d’exploitation de l’ouvrage (Figure 3,          L’existence d’une zone non saturée épaisse pourra



                                                                                                                                 2
p. 26). Le périmètre de protection rapprochée est             éventuellement permettre de limiter les prescriptions
établi d’abord au regard de la zone d’appel de                s’appliquant dans le périmètre.
l’ouvrage. Dans les milieux poreux très perméables,
                                                              • Captages en zone de socle
cette zone peut être très étendue (plusieurs kilomètres)
et ne peut être alors incluse en totalité dans le péri-       En milieu de socle, les fonctions capacitives et conduc-




                                                                                                                              Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                      Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
mètre de protection rapprochée. La définition d’une           trices sont le plus souvent identifiables. La fonction capa-
isochrone de transfert permet de réduire ce périmètre         citive est assurée principalement par la tranche d’alté-
en conservant un délai de réaction suffisant.                 ration de la roche épaisse parfois de plusieurs dizaines
                                                              de mètres tandis que l’eau circule surtout par le réseau
Issu de la pratique allemande, à titre d’exemple,             de fissures (fissures, fractures, diaclases) affectant la
un temps de transfert de 50 jours est souvent proposé         roche en profondeur. Lorsque les altérites sont en place,
pour définir l’extension du périmètre de protection           l’aquifère de socle se comporte comme un aquifère
rapprochée. Ce temps de transfert considéré comme             bicouche. La nappe est libre dans le niveau d’altération
le temps nécessaire pour l’élimination d’une contami-         et semi-captive à captive dans la roche saine en
nation bactériologique et offrant un délai d’intervention     profondeur.
en cas de pollution chimique est bien adapté à certains
                                                              Deux situations hydrogéologiques coexistent en zone
milieux poreux, en particulier lorsqu’ils sont fins.
                                                              de socle. Les captages peuvent être alimentés par la
Le temps de transfert doit cependant pouvoir être             nappe libre superficielle contenue dans les niveaux
adapté aux types d’activités pouvant exister dans             d’altération des roches (arène ou altérite) ou capter
le secteur proche de l’ouvrage. Il est bien évident qu’en     les venues d’eau profondes qui circulent dans la frac-
présence d’industries chimiques, de stockages impor-          turation des terrains. Dans ce dernier cas, un transfert
tants d’hydrocarbures ou de produits chimiques mobiles        d’eau s’opère souvent de la nappe libre vers la nappe
dans le sous-sol, il est nécessaire d’utiliser un temps de    profonde (drainance ou égouttement).
50 jours. Ce temps de 50 jours peut se justifier en zone      Si l’eau de la nappe dans sa partie libre est vulnérable
agricole (stockages de produits phytosanitaires, lisiers…).   aux pollutions (nitrates, éventuellement phytosani-
La difficulté de mise en œuvre d’une isochrone 50 jours,      taires), celle de la nappe en profondeur bénéficie
quand elle s’impose, doit être compensée par des              d’une protection assurée par la filtration de l’eau au
mesures complémentaires et un suivi renforcé.                 travers des altérites et est souvent exempte de nitrates
                                                              en raison de l’existence d’une dénitrification associée
La définition d’une isochrone de transfert 50 jours, bien
                                                              à la présence possible de pyrite et aux conditions peu
adaptée aux milieux poreux fins, devient inapplicable
                                                              oxygénées qui prévalent dans l’aquifère.
à des milieux plus grossiers, fissurés voire fracturés
(karst), les périmètres devenant trop vastes et difficiles    Dans le premier cas, l’aquifère est de type poreux,
à accepter. En terrains de socle dans lesquels l’organi-      peu perméable (perméabilité de 10-5 à 10-7 m/s),
sation des écoulements est complexe, l’utilisation            dans lequel les écoulements verticaux sont prépondé-
d’isochrone n’est pas non plus adaptée. D’autres              rants. Le temps de séjour de l’eau dans ces réservoirs
critères doivent être utilisés dans ces situations, de        est important. Le périmètre de protection rapprochée
même que pour les eaux superficielles.                        pourra s’appuyer sur la zone d’appel de l’ouvrage.
                                                              Compte tenu des faibles vitesses de circulation de
Plusieurs méthodes de détermination des isochrones            l’eau dans ces aquifères, l’utilisation d’isochrone de
sont présentées dans l’ouvrage Manuel et méthodes,            transfert n’est pas nécessaire.
n° 19 (BRGM, 1999). Une illustration des méthodes de
délimitation du périmètre de protection rapprochée            Pour les ouvrages captant la nappe profonde, la déli-
est proposée en annexe 6.                                     mitation de l’aire d’alimentation des ouvrages est
                                                              difficile même en multipliant les piézomètres, car
                                                              celle-ci s’étend selon un réseau de fractures non iden-
 Remarque
                                                              tifiable dans sa totalité. La ressource est cependant
L’existence de la zone non saturée n’est pas prise en
                                                              relativement protégée en raison de la tranche de
compte pour la délimitation du périmètre de protec-
                                                              matériaux d’altération et de la semi-captivité ou de la
tion rapprochée. Cette zone a un rôle très important
                                                              captivité de la nappe. Le périmètre de protection
vis-à-vis de la protection des nappes libres car elle
                                                              rapprochée, qui se limitera à un secteur proche du
permet la rétention de nombreux contaminants (en
                                                              forage, découlera de la synthèse des données structu-
particulier de agents biologiques), voire leur dégrada-
                                                              rales, des informations géophysiques et de l’interpréta-
tion. Vis-à-vis des contaminants chimiques, la capacité
                                                              tion des pompages. Le recours aux isochrones pour la
de rétention de la zone non saturée est fonction du
                                                              protection de ce type d’ouvrage n’est pas adapté.
type de produit et de l’état hydrique. L’effet protecteur
de cette zone n’est donc pas entièrement prévisible,          Pour les ouvrages captant la nappe profonde, l’un des
le volume de produit déversé affectant de manière             objectifs de la protection sera la préservation du
déterminante son devenir.                                     processus dénitrifiant quand il existe, laquelle passe

                                                                                                                             27

                                                                                                                                Sommaire
                                                                                                                               par une exploitation de l’ouvrage en équilibre avec          Le périmètre de protection sera alors constitué d’un



2
                                                                                                                               les possibilités de réalimentation de la nappe. Il est       secteur en berge, calé sur la zone d’appel du captage
                                                                                                                               aussi nécessaire d’éviter de surcharger le « réacteur »      et faisant appel si nécessaire à la définition d’une
                                                                                                                               dénitrifiant en maîtrisant les apports azotés dans la        courbe isochrone, et d’une protection sur le cours d’eau.
                                                                                                                               zone contribuant à l’alimentation de l’ouvrage.              La protection sur le cours d’eau pourra s’accompagner
                                                                                                                                                                                            de la création d’un périmètre en recourant à la
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               Dans le cas où les altérites ont été décapées par l’éro-     méthode préconisée pour les eaux de surface et/ou de
                                                                                                                               sion, dès la surface du sol le terrain présente une faible   mesures de sécurisation (station d’alerte).
                                                                                                                               perméabilité, mais celle-ci peut être importante loca-
                                                                                                                               lement à la faveur des fissures. Le rôle protecteur du       La contribution relative des différentes composantes à
                                                                                                                               niveau d’altération n’existe plus et les zones à protéger    l’alimentation du captage sera prise en compte pour
                                                                                                                               peuvent être notablement plus étendues, en particulier       l’extension à donner au périmètre. À cet égard,
                                                                                                                               selon les axes d’écoulement préférentiels.                   l’examen des paramètres physico‑chimiques représen­
                                                                                                                                                                                            tatifs de la nappe et du cours d’eau (conduc­tivité,
                                                                                                                               • Prises d’eau de surface                                    tem­pé­rature, ions majeurs dont les chlorures, sulfates,
                                                                                                                               En eau de surface, l’extension longitudinale du péri-        etc.) peut apporter une réponse intéressante aux
                                                                                                                               mètre de protection rapprochée doit offrir un délai de       contributions relatives sans avoir à faire appel à une
                                                                                                                               réaction vis-à-vis des pollutions. Un délai de 2 heures      modélisation hydrodynamique.
                                                                                                                               pour un débit du cours d’eau non dépassé 90 % du             • Captages en zone karstique
                                                                                                                               temps est actuellement préconisé (annexe 7). Pour les
                                                                                                                               prises d’eau placées sur les petits bassins versants et      Les périmètres de protection instaurés en zone karstique
                                                                                                                               pour lesquels les situations les plus gênantes sont obser-   se révèlent inefficaces pour permettre de garantir en
                                                                                                                               vées en étiage (faible dilution du polluant, passage         permanence la distribution d’une eau respectant les
                                                                                                                               très lent), l’utilisation du module(12) est mieux adaptée    limites de qualité, en particulier vis-à-vis de la turbidité
                                                                                                                               que le débit non dépassé 90 % du temps. Pour                 ou des contaminations bactériologiques. La taille des
                                                                                                                               certains cours d’eau très rapides, le recours aux vitesses   périmètres n’a aucune incidence sur ces paramètres.
                                                                                                                               pour la détermination de l’extension du périmètre est
                                                                                                                               inadapté (torrents).                                         Vis-à-vis de la turbidité, les contraintes imposées par
                                                                                                                                                                                            l’article R. 1321-37 du CSP, à savoir le respect d’une
                                                                                                                               Latéralement, le périmètre de protection rapprochée          valeur de 1 NFU en distribution pour les eaux souter-
                                                                                                                               est d’abord destiné à couper le ruissellement et             raines de milieu fissuré présentant une turbidité pério-
                                                                                                                               comporte au moins une zone tampon proche du cours            dique importante et supérieure à 2 NFU, imposent,
                                                                                                                               d’eau, sur une rive ou sur les deux rives selon l’impor-     avant même de chercher à délimiter les périmètres de
                                                                                                                               tance du cours d’eau. La largeur de la zone tampon           protection, d’étudier le traitement de l’eau (filtration
                                                                                                                               dépend de la pente des berges. En retrait de la zone         latérale, coagulation, floculation, ultrafiltration, etc.)
                                                                                                                               tampon, une zone complémentaire peut être créée              qui sera mis impérativement en œuvre pour respecter
                                                                                                                               en fonction des activités présentes.                         la limite de qualité et les mesures éventuelles de
                                                                                                                                                                                            gestion complémentaire comme, par exemple, le
                                                                                                                               Remarques                                                    by-pass momentané des eaux trop turbides qui pour-
                                                                                                                               • Pour les prises implantées dans les plans d’eau, le        raient perturber la filtration. À noter que cette possibilité
                                                                                                                               périmètre de protection rapprochée est constitué             de by-pass conditionné à l’existence d’un temps de
                                                                                                                               d’une bande de terrain en auréole cernant la totalité        stockage important ou d’une autre ressource alterna-
                                                                                                                               du plan d’eau ou seulement d’un secteur de berge.            tive ne dispense pas la collectivité de mettre en place
                                                                                                                               Ce périmètre peut être étendu au cours d’eau et à            la filtration.
                                                                                                                               certains affluents. Il peut être subdivisé en une zone       Pour l’eau de nombreux captages en zone karstique,
                                                                                                                               sensible proche du plan d’eau et en une zone complé­         les seuls paramètres déclassants sont la turbidité et la
                                                                                                                               mentaire.                                                    bactériologie, les mauvais résultats en bactériologie
                                                                                                                               • La faible extension du périmètre de protection             étant souvent associés aux pics de turbidité. La mise
                                                                                                                               rapprochée des prises d’eau superficielles, au regard de     en œuvre obligatoire d’un traitement de la turbidité
                                                                                                                               la surface du bassin versant, est compensée par des          réduit alors l’intérêt des périmètres de protection.
                                                                                                                               mesures de sécurisation (traitement, interconnexions,        Le périmètre de protection rapprochée doit intégrer
                                                                                                                               stockage d’eau, ressource de secours, station d’alerte).     les secteurs les plus vulnérables de l’aire d’alimentation
                                                                                                                               • Captages influencés par les eaux de surface                proche du captage. À l’instar de la pratique en eau
                                                                                                                                                                                            superficielle, un temps de transfert de quelques heures
                                                                                                                               L’alimentation de nombreux ouvrages implantés en
                                                                                                                                                                                            par exemple (à adapter au système) peut être
                                                                                                                               zone alluviale résulte des apports venant du cours
                                                                                                                                                                                            proposé pour délimiter ce périmètre.
                                                                                                                               d’eau via la zone alluviale, de cette dernière et éven-
                                                                                                                               tuellement du coteau en retrait. La contribution du          (12) D ébit moyen pluriannuel correspondant à la moyenne des débits
                                                                                                                                                                                                  moyens annuels sur une période d’observation suffisamment longue
                                                                                                                               cours d’eau peut être très importante.                             pour être représentative.




                                                                                                          28

                                                                                                                                                                                                                                                                     Sommaire
                                                Petits captages                                         Nappe alluviale                                                                 Nappe de socle                          Eau superficielle
                     Type d’aquifère                                       Nappe libre alluviale          influencée             Nappe semi-captive           Nappe captive
                                                  gravitaires                                                                                                                         (Terrains profonds                                                                        Karst
                     ou de ressource                                             ou non                                            peu profonde                 profonde
                                             (montagne et piémont)                                   Réalimentation induite                                                                fissurés)            Prises au fil de l’eau           Plans d’eau

                                                                                             Piézométrie, pompages,
                                                                                               vitesse d’écoulement,
                                                                                                                          Piézométrie,pompages,                                     Géologie, géophysique,                                                                  Débits, limites
                       Critères de           Débits, méthode du bilan Piézométrie, pompages, modèles, importance                                            Débit, rabattement,
                                                                                                                         drainance, épaisseur de la                                fracturation, pompage de    Vitesses du cours d’eau       Taille du plan d’eau       géologiques, traçages,
                    dimensionnement                   d’eau               vitesse, modèles    respective des apports                                           piézométrie
                                                                                                                          couverture imperméable                                         longue durée                                                                         vitesses,
                                                                                            d’eau superficielle et d’eau
                                                                                                    souterraine


                                                                                                                                                                                      Nitrates (processus      Paramètres organiques, Paramètres organiques,
                 Paramètres de qualité,      Température, conductivité,
                                                                            Nitrates, pesticides,    Nitrates, micropollution, Potentiel redox, pH, NH4+, NH4, Fe, Mn, pH, métaux, dénitrifiant éventuel), Fe, température, nitrates,  température, nitrates, Turbidité, bactériologie,
                    caractéristiques           turbidité, bactériologie,
                                                                              (bactériologie)       pesticides (bactériologie)      Fe, Mn, métaux                 sulfures          Mn, éléments traces micropolluants organiques micropolluants organiques    nitrates, pesticides
                 de la ressource captée                 nitrates
                                                                                                                                                                                           métalliques             dont pesticides        dont pesticides


                                                                                                                                                                                                                    Bassin versant         Bassin versant du cours
                                                                                                                                                                                        Bassin versant                                                              Bassin versant théorique,
                                             Bassin hydrogéologique ou      Zone d’alimentation      Zone d’appel et bassin                               Recensement d’ouvrages                               (étude globale) et zone      d’eau (étude globale)
                      Zone d’étude                                                                                                  Zone d’appel                                    topographique, limites                                                            limite imperméable,
                                                   topographique                potentielle          versant du cours d’eau                                dans un rayon de 2 km                                  proche du captage        et cuvette de la retenue
                                                                                                                                                                                         géologiques                                                                    engouffrements
                                                                                                                                                                                                                  (étude détaillée)            (étude détaillée)


                                                                                                                                                                                                              2 heures pour un débit non
                Extension de la protection   Bassin versant en totalité                               Isochrone 50 jours en                                                                                                               Un secteur de berge ou Quelques heures de temps
                                                                                                                              Zone d’appel ou isochrone                                                         dépassé 90 % du temps
                  rapprochée en amont        ou de 150 à 400 m selon        Isochrone 50 jours      nappe et 2 heures pour le                                   PPR = PPI               Zone d’appel                                     auréole de terrain autour de transfert + périmètre de
                                                                                                                                      50 jours                                                                 annuellement (ou pour le
                       du captage                 la vulnérabilité                                         cours d’eau                                                                                                                        du plan d’eau            protection satellites
                                                                                                                                                                                                                       module)

                                                                                                                                                                                                                Traitement A2 ou A3,        Traitement A2 ou A3,
                                                                                                                                                           Aucun traitement,                                                                                        Traitement A1, A2 ou A3,
                                                                                                       Traitement A1 ou A3,                                                                                    stockage d’eau brute ou     stockage d’eau brute ou
                Mesures complémentaires                                                                                                                  traitement A1 ou A3,                                                                                       détection de la turbidité,
                                                 Aucun traitement,           Aucun traitement,          détecteur d’alerte,    Traitement A1 ou A3,                                                            traitée, interconnexions    traitée, interconnexions
                 de protection des eaux                                                                                                                 surveillance des forages     Traitement A1 ou A2                                                              stockage d’eau brute
                                                traitement A1ou A2             traitement A1           stockage de secours, limitation du rabattement                                                               station d’alerte            station d’alerte
                       distribuées                                                                                                                        voisins du captage,                                                                                              ou traitée,
                                                                                                    surveillance piézométrique                                                                                   (si zones urbanisées        (si zones urbanisées
                                                                                                                                                      limitation du rabattement                                                                                       ressource de secours
                                                                                                                                                                                                                   ou industrielles)           ou industrielles)

                                                                                                                                                                                                                                          Bassin versant en partie ou
                                                                                                      Zone d’alimentation +
                                                                                                                                                                                   Bassin versant ou bassin    Bassin versant en partie     en totalité parfois sans
                    Zone de vigilance              Bassin versant           Zone d’alimentation     élément du bassin versant    Zone d’alimentation      Rayon de quelques km                                                                                             Bassin versant
                                                                                                                                                                                   hydrogéologique connu            ou en totalité            objet (grands lacs
                                                                                                         du cours d’eau
                                                                                                                                                                                                                                                de montagne)
                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Tableau 1 : P réconisations pour la délimitation du périmètre de protection rapprochée (à adapter suivant les cas)




           29
                                                                                                                                                              Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                  Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
                                                                                                                                                                                                                                                                                 2




Sommaire
                                                                                                                               Les méthodes EPIK ou RISK1(13), qui fournissent une          Figure 4 : Adaptation des limites du périmètre de



2
                                                                                                                               estimation de la vulnérabilité des ressources karstiques,    protection rapprochée au contexte environnemental.
                                                                                                                               peuvent aider à la définition des secteurs à inclure
                                                                                                                               dans les périmètres mais ne sont pas directement                                                              ZONE D’ACTIVITÉS
                                                                                                                                                                                                                                             (incluse en totalité)
                                                                                                                               adaptées à la définition de ces derniers. Par ailleurs, il    FORÊT
                                                                                                                                                                                             DOMANIALE
                                                                                                                               s’agit de méthodes lourdes, en particulier vis-à-vis de       (exclusion)
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               la connaissance de l’épikarst, quand il existe, qui ne                                                                                       SECTEUR
                                                                                                                                                                                                                                                                            D’HABITAT
                                                                                                                               permettent pas de déboucher rapidement sur des                                                                                               VERTICAL
                                                                                                                                                                                                                                                                            DENSE
                                                                                                                               propositions de secteurs à inclure dans les périmètres.                                                                                      (exclusion)


                                                                                                                               Des éléments d’aide à la définition des périmètres
                                                                                                                               rapprochés en zone karstique sont proposés en
                                                                                                                               annexe 8.                                                                                    CAPTAGE




                                                                                                                                 Quel que soit le contexte hydrologique ou hydro­                                                                               ISOCHRONE

                                                                                                                                 géologique, le périmètre de protection rappro­
                                                                                                                                 chée doit offrir un délai de réaction suffisant vis-à-
                                                                                                                                 vis des pollutions accidentelles.
                                                                                                                                                                                            pollution pour les eaux prélevées ou transportées, du
                                                                                                                                 Des préconisations pour la délimitation de ce péri­        fait de la nature et de la quantité de produits polluants
                                                                                                                                 mètre sont disponibles dans le tableau 1 p. 29.            liés à ces activités, installations et dépôts ou de l’étendue
                                                                                                                                                                                            des surfaces que ceux-ci occupent.

                                                                                                                                                                                            Ce périmètre s’étend en général au secteur de l’aire
                                                                                                                                                                                            d’alimentation du captage ou du bassin versant non
                                                                                                                               Adaptation à l’occupation du sol                             inclus dans le périmètre de protection rapprochée. Il
                                                                                                                                                                                            est le plus souvent tracé sur une carte à petite échelle
                                                                                                                               Le périmètre est établi d’abord sur des critères hydro-
                                                                                                                                                                                            s’appuyant sur des limites continues (cours d’eau,
                                                                                                                               géologiques et hydrologiques, et son tracé doit suivre
                                                                                                                                                                                            routes, etc.) et, sauf cas particulier, n’est pas connu à
                                                                                                                               les limites parcellaires. En présence de parcelles de
                                                                                                                                                                                            la parcelle.
                                                                                                                               très grande taille, il sera nécessaire de choisir entre
                                                                                                                               l’intégration de celles-ci en totalité dans le périmètre     Dans ce périmètre, le renforcement de la réglementa-
                                                                                                                               et leur exclusion. Le découpage d’un secteur de              tion n’est que très peu utilisé et les prescriptions tiennent
                                                                                                                               parcelle ne doit être envisagé que de manière excep-         le plus fréquemment en une demande d’application
                                                                                                                               tionnelle. Par ailleurs, la limite déterminée au vu des      stricte de la réglementation générale. Ce périmètre
                                                                                                                               données hydrogéologiques (isochrone de transfert par         possède comme seul intérêt – important toutefois – de
                                                                                                                               exemple) ou hydrologiques peut traverser des secteurs        permettre d’identifier un secteur où une attention parti-
                                                                                                                               d’activité ou des secteurs urbanisés. Pour que le péri-      culière sera portée par la collectivité, les services de l’État
                                                                                                                               mètre puisse être compris de la population, il sera          et les bureaux d’études, lors du développement d’acti-
                                                                                                                               nécessaire d’intégrer ou d’exclure en totalité cette         vités pouvant constituer une source potentielle de conta-
                                                                                                                               zone. Dans ce dernier cas, une justification est néces-      mination de la ressource. Il n’est pas possible d’y interdire
                                                                                                                               saire. De la même façon, si un secteur d’habitat dense       des activités mais seulement de les réglementer.
                                                                                                                               faisant partie d’une agglomération se trouve dans le
                                                                                                                               périmètre, celui-ci peut être maintenu ou non dans le        La création d’un périmètre de protection éloignée ne
                                                                                                                               périmètre de protection. D’autres règlements, dont le        se justifie que si l’application d’une réglementation
                                                                                                                               règlement d’assainissement, s’appliquent à ces               précise s’impose.
                                                                                                                               secteurs.
                                                                                                                                                                                            Dans le cas le plus fréquent, ce périmètre permet de
                                                                                                                                                                                            définir les actions prioritaires et d’attirer l’attention sur
                                                                                                                                 Le périmètre établi d’abord sur des critères hydro­        les aménagements à remettre aux normes préféren­
                                                                                                                                 géologiques ou hydrologiques doit être adapté à            tiellement. Il permet aussi d’informer les services de
                                                                                                                                 l’occupation du sol existante.                             secours et de sécurité, ainsi que le public, qu’il s’agit
                                                                                                                                                                                            d’une zone de vigilance.

                                                                                                                                                                                            Afin de distinguer ce périmètre qui, à la différence des
                                                                                                                               • Périmètre de protection éloignée                           périmètres de protection immédiate et rapprochée,
                                                                                                                                                                                            n’est jamais connu à la parcelle, il pourrait être utile de
                                                                                                                               L’article R. 1321-13 du CSP stipule qu’à l’intérieur du      l’ériger en « zone de vigilance » s’étendant au bassin
                                                                                                                               périmètre de protection éloignée peuvent être régle­         versant potentiel.
                                                                                                                               mentés les activités, installations et dépôts qui, compte
                                                                                                                                                                                            (13) Cartographie de la vulnérabilité en régions karstiques (EPIK), OFEFP,
                                                                                                                               tenu de la nature des terrains, présentent un danger de            1998, 56 p.




                                                                                                          30

                                                                                                                                                                                                                                                                                   Sommaire
0 Cas particuliers                                              captage, sans activité industrielle et sans habitat impor-



                                                                                                                                                        2
                                                                tant dans l’aire d’alimentation.

                                                                Lorsque l’environnement n’est pas favorable, les
                                                                captages et prises de secours doivent obligatoirement
   Périmètres de protection                                    être protégés par un périmètre de protection immé-
  des captages de secours




                                                                                                                                                     Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                             Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
                                                                diate et par un périmètre de protection rapprochée.

  Afin de garantir la continuité de l’alimentation en eau       La mise en application de cette proposition nécessite
  potable en cas de pollution accidentelle, des mesures         cependant une transcription réglementaire.
  de sécurisation doivent être mises en œuvre, en parti-
  culier pour les prises d’eau superficielles et les captages
  en secteur karstique. Parmi ces mesures figurent les
  captages ou prises d’eau de secours.                           Captages difficilement
  En l’état actuel de la réglementation, les ouvrages de
                                                                protégeables
  secours ne font pas l’objet de dispositions spécifiques       Certains ouvrages anciens (historiques), exécutés il y a
  dans le CSP et sont a priori soumis aux mêmes dispo-          plusieurs décennies dans un environnement ne compor-
  sitions réglementaires que les captages principaux en         tant pas d’activités, se trouvent aujourd’hui dans un
  termes de protection.                                         contexte environnemental peu favorable à l’instaura-
  Toutefois, s’agissant d’ouvrages, distincts des ouvrages      tion des périmètres de protection (secteurs urbanisés,
  utilisés en appoint durant les épisodes de sécheresse,        industriels).
  auquel le recours est exceptionnel et qui sont utilisés
                                                                Ces ouvrages, qui peuvent délivrer en permanence
  sur une très courte durée en vue d’assurer l’alimenta-
                                                                une eau de bonne qualité, représentent parfois une
  tion en eau durant l’épisode de pollution accidentelle
                                                                ressource importante pour la collectivité et leur abandon
  touchant la ressource principale ou d’interruption de la
                                                                n’est souvent pas envisageable à court terme, en parti-
  disponibilité en eau (vidange décennale des barrages,
                                                                culier lorsque le contexte géologique n’offre pas
  par exemple), le CSHPF, dans un avis en date du
                                                                toujours la possibilité de trouver aisément un point de
  7 novembre 2006(14), a proposé de protéger ces
                                                                captage équivalent en production.
  captages uniquement par un périmètre de protection
  immédiate lorsqu’ils sont situés dans un environnement        Si la recherche d’une nouvelle ressource est impéra-
  favorable.                                                    tive, il est nécessaire au moins pour la période de
                                                                recherche d’eau de sécuriser l’alimentation existante.
  En pratique, il faudra, a minima, un avis favorable de
                                                                Pour ce faire, une étude hydrogéologique et environ-
  l’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique
                                                                nementale sera réalisée pour expliquer la perma-
  et une dérogation préfectorale.
                                                                nence de la bonne qualité de l’eau. L’aire d’alimen-
  Pour les prises d’eau superficielle, un environnement         tation de l’ouvrage ainsi que la zone d’appel seront
  favorable correspond aux bassins versants, le plus            définies. Les sources potentielles de pollutions acciden-
  souvent agricoles, très rarement affectés par des pollu-      telles et ponctuelles présentes dans l’aire d’alimenta-
  tions accidentelles et placés à l’écart de toute source       tion seront identifiées et des mesures de sécurisation
  de pollution chronique (bâtiment d’élevage, secteur           seront mises en œuvre (interconnexions, contrôle
  urbanisé). Pour les captages en eau souterraine, un           analytique renforcé, système d’alerte, etc.). Une
  environnement favorable correspond à des secteurs             procédure avec DUP demandant, si cela est envisa-
  naturels, à des secteurs agricoles extensifs et surtout à     geable, la recherche d’une nouvelle ressource dans
  l’absence de bâtiment d’élevage à proximité du                un délai déterminé est nécessaire.




                                                                (14) Avis consultable sur le site Internet du ministère chargé de la Santé :
                                                                      www.sante.gouv.fr, santé – accéder à tous les dossiers – lettre C – Conseil
                                                                      supérieur d’hygiène publique de France – avis et rapports de la section
                                                                      des eaux – ressources en eau.




                                                                                                                                                    31

                                                                                                                                                       Sommaire
                                                                                                                                 La place et le rôle
2                                                                                                                                de l’hydrogéologue agréé
                                                                                                                                 dans la procédure d’instauration
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                                 des périmètres de protection

                                                                                                                               0 La procédure d’instauration                                    Cette pratique minimise aussi les risques de confusion en
                                                                                                                                                                                                matière de compétences du bureau d’études et de l’hy-
                                                                                                                                 des périmètres                                                 drogéologue agréé.
                                                                                                                                 Le schéma (figure 5, p. 33) présente les grandes               Selon d’autres DDASS, les principaux avantages attri-
                                                                                                                                 étapes de la procédure d’instauration des périmètres           bués à une saisine avant la réalisation du dossier tech-
                                                                                                                                 de protection jusqu’à l’intervention de l’hydrogéologue        nique tiennent en la validation par l’hydrogéologue
                                                                                                                                 agréé.                                                         agréé des différentes phases techniques, en la définition
                                                                                                                                                                                                de la zone d’étude, la rédaction ou la modification du
                                                                                                                                 Avant d’engager la procédure de protection propre-
                                                                                                                                                                                                cahier des charges. Dans ce mode de fonctionnement,
                                                                                                                                 ment dite, il importe que le maître d’ouvrage et la
                                                                                                                                                                                                l’hydrogéologue agréé est considéré, a priori, comme
                                                                                                                                 collectivité s’assurent de la pertinence de la protection.
                                                                                                                                                                                                « indépendant ». Comme inconvénients, il ressort que
                                                                                                                                 L’élaboration d’un schéma départemental d’alimen-
                                                                                                                                                                                                le dossier préalable n’est pas toujours établi par la
                                                                                                                                 tation en eau permettant d’analyser le devenir des
                                                                                                                                                                                                collectivité et que les procédures sont souvent inachevées
                                                                                                                                 ressources à l’échelle d’un territoire est de ce fait inté-
                                                                                                                                                                                                au moment de la fin du mandat des hydrogéologues
                                                                                                                                 ressante en visant à optimiser les ressources, y compris
                                                                                                                                                                                                agréés.
                                                                                                                                 en termes de protection.
                                                                                                                                                                                                La demande d’un avis préalable à l’hydrogéologue
                                                                                                                                                                                                agréé n’a de justification que s’il s’agit d’ouvrages
                                                                                                                               0 Modalités de consultation                                      existants présentant des problèmes de qualité mis en
                                                                                                                                                                                                évidence par le contrôle sanitaire ou lorsqu’il y a
                                                                                                                                 de l’hydrogéologue agréé                                       connaissance de la part de la collectivité ou des
                                                                                                                                                                                                services de l’État d’un environnement défavorable au
                                                                                                                                 Le moment à partir duquel débute l’intervention de             maintien du point d’eau. Il n’est en effet pas utile de
                                                                                                                                 l’hydrogéologue agréé conditionne beaucoup l’avancée           construire un dossier de protection complet pour que
                                                                                                                                 de la procédure et même sa réussite.                           l’hydrogéologue agréé se prononce in fine sur la très
                                                                                                                                                                                                grande difficulté qu’il y a à protéger le point d’eau.
                                                                                                                                 L’enquête réalisée auprès des DDASS en 2006 montre
                                                                                                                                 que les modes de saisines (figure 6, p. 34) qui varient        Par ailleurs il faut constater que la saisine de l’hydro-
                                                                                                                                 selon les départements peuvent être regroupés en deux          géologue agréé avant la constitution du dossier tech-
                                                                                                                                 catégories, selon la plus ou moins grande précocité de         nique conduit à utiliser celui-ci comme maître d’œuvre
                                                                                                                                 la saisine.                                                    de la collectivité et que la désignation précoce conduit
                                                                                                                                                                                                à mobiliser l’hydrogéologue agréé pour des tâches
                                                                                                                                 Dans de nombreux cas, la saisine se fait après établisse-      qui ne lui incombent pas et, surtout, déresponsabilise
                                                                                                                                 ment du dossier technique préparatoire, qu’il s’agisse de      la collectivité.
                                                                                                                                 captages nouveaux ou anciens. Cependant, la demande
                                                                                                                                 d’un avis préalable, vis-à-vis de la possibilité de protéger   En dehors de ces situations particulières, il importe que
                                                                                                                                 les nouveaux ouvrages, ressort de l’enquête.                   l’intervention de l’hydrogéologue se fasse au vu du
                                                                                                                                                                                                dossier le plus complet possible avec une proposition
                                                                                                                                 Selon des DDASS, la saisine après constitution du dossier      des secteurs à inclure dans les périmètres, un zonage
                                                                                                                                 permet aux hydrogéologues agréés de proposer les péri-         des risques et avec une ébauche des prescriptions de
                                                                                                                                 mètres de protection immédiatement, d’où un gain de            la part de la collectivité ou de son maître d’œuvre.
                                                                                                                                 temps et une efficacité accrue avec l’absence de remise
                                                                                                                                 en mémoire. Il est admis aussi, dans ces départements,         La méthode consistant à faire intervenir l’hydrogéo-
                                                                                                                                 que l’hydrogéologue agréé intervient avec une vision           logue agréé en deux phases, avec d’abord un premier
                                                                                                                                 extérieure plus neutre et plus objective, ce dont a besoin     dossier comportant une étude environnementale peu
                                                                                                                                 la DDASS généralement associée au projet plus en amont.        détaillée mais couvrant une zone étendue, puis sur un


                                                                                                          32

                                                                                                                                                                                                                                                             Sommaire
dossier avec une étude environnementale fine sur une                                    Participation

                                                                                                                                                                    2
zone restreinte, permet une évolution rapide de
l’occu­pation des sols entre les deux phases et conduit                                de l’hydrogéologue agréé
en général à l’échec de la démarche de protection.                                     aux réunions
                                                                                       La circulaire DGS/SD7A n° 186 du 22 avril 2004 relative
  L’hydrogéologue ne doit intervenir que sur un




                                                                                                                                                                 Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                                         Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
                                                                                       à l’indemnisation des hydrogéologues agréés en
  dossier complet avec une proposition de secteurs
                                                                                       matière d’hygiène publique aborde la question de la
  à protéger, une ébauche des prescriptions et des
                                                                                       participation de l’hydrogéologue agréé à des réunions
  propositions de travaux.
                                                                                       organisées notamment en vue de justifier auprès des
                                                                                       personnes concernées les limites des zonages ou les
La démarche préconisée est la suivante :                                               servitudes proposées dans son avis. À ce sujet, il est
                                                                                       précisé que s’il peut être utile que l’hydrogéologue
• la collectivité fait réaliser les études préalables ;
                                                                                       explicite son avis, notamment auprès des services de
• le préfet, au vu du dossier, désigne l’hydrogéologue                                l’État qui préparent l’arrêté de déclaration d’utilité
   agréé.                                                                              publique et de la collectivité, sa participation à



Figure 5 : Procédure d’instauration des périmètres


                                                 Maître d’ouvrage
                                                 Délibération (Décision de protéger un captage)


         Information du Préfet
         (DDASS)

                                                        Maître d’ouvrage
                                                        Choix éventuel d’un bureau d’études

                                                                                                                     Bureau d’études
                                                                                                                     Études techniques*
                                                                                                                     Proposition de secteurs à inclure
                                                                                                                     dans les périmètres
                                                                                                                     Ébauche de prescriptions

                                                     Maître d’ouvrage
                                                     Choix éventuel d’un bureau d’études

 Préfet (DDASS)
 Réceptionne le dossier
 (complet)


 Préfet (DDASS)
 Transmet la demande
 à l’hydrogéologue coordonnateur
 qui propose l’hydrogéologue agréé
 Nomme l’hydrogéologue agréé

                                                           Hydrogéologue agréé
                                                           Étudie le dossier (qualité des études, pertinence des propositions)
                                                           Éventuellement, demande des études ou des informations
                                                           complémentaires
                                                           Fournit un avis sur les disponibilités en eau, la proposition de périmètres,
                                                           la proposition de prescriptions

 * Études techniques établies sur la base d’un cahier des charges type établi localement par les services de l’État, les hydrogéologues agréés, représentants
 des collectivités locales, agences de l’eau et complété le cas échéant par le maître d’ouvrage.




                                                                                                                                                                33

                                                                                                                                                                   Sommaire
                                                                                                                               d’autres réunions doit être exclue. En effet, la mission
                                                                                                                                                                                             La mission de l’hydrogéologue agréé s’arrête à la


2
                                                                                                                               de l’hydrogéologue agréé doit être considérée
                                                                                                                               comme terminée lorsque le rapport final est rendu à           remise de son avis et en général il n’a pas à parti­
                                                                                                                               l’administration. En revanche, son avis doit être précis      ciper aux réunions, en particulier aux réunions
                                                                                                                               et bien argumenté pour faciliter sa compréhension et          publiques (réunions postérieures à l’avis).
                                                                                                                               donc le rôle de l’administration.
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               Il importe de rappeler que la participation de l’hydro-
                                                                                                                               géologue agréé aux réunions publiques est à pros-
                                                                                                                               crire. En effet, au cours de ces réunions qui apportent
                                                                                                                               parfois de nouvelles informations, il peut être               Suite donnée à l’avis
                                                                                                                               demandé à l’hydrogéologue de modifier sa proposi-            de l’hydrogéologue
                                                                                                                               tion de périmètres. Celle-ci, établie au vu d’éléments
                                                                                                                               objectifs (hydrologiques, hydrogéologiques et environ-       L’enquête réalisée en 2006 auprès des DDASS montre
                                                                                                                               nementaux) ne doit pas être modifiée. Par ailleurs,          que, dans une large majorité (67,5 %), les départements
                                                                                                                               dans ces réunions, l’hydrogéologue agréé apparaît            adaptent l’avis de l’hydrogéologue agréé pour la rédac-
                                                                                                                               comme le responsable de la gêne que les périmètres           tion de l’arrêté, souvent en incluant des prescriptions
                                                                                                                               créeront pour le particulier. Il se substitue de fait à la   complémentaires. Il n’est repris intégralement que dans
                                                                                                                               collectivité. Dans tous les cas, l’avis de l’hydrogéologue   23,5 % des départements et dans 9 % d’entre eux, tout
                                                                                                                               agréé n’a pas à être modifié.                                dépend des dossiers.



                                                                                                                               Figure 6 : Modalité de saisine de l’hydrogéologue agréé

                                                                                                                                   Martinique




                                                                                                                                  Guadeloupe
                                                                                                                                                                                                                               Paris et départements
                                                                                                                                                                                                                                      limitrophes




                                                                                                                                    Guyane




                                                                                                                                    Réunion




                                                                                                                                 Saisine de l'hydrogéologue agréé
                                                                                                                                 (nombre de départements)

                                                                                                                                    Avant constitution du dossier préparatoire (31)
                                                                                                                                    Après constitution du dossier préparatoire (49)
                                                                                                                                    Différents cas possibles (7)
                                                                                                                                    Non communiqué (13)

                                                                                                                                 Direction générale de la Santé SDEA4 - 25 juin 2007.




                                                                                                          34

                                                                                                                                                                                                                                                       Sommaire
  Si la majorité des départements revoient les prescriptions        par le bureau d’études, la collectivité est par ailleurs



                                                                                                                                     2
  de l’hydrogéologue agréé, la moitié des départements              informée de l’incidence qu’auront les périmètres.
  modifient aussi les limites des périmètres. Les modifications
                                                                    Si au cours de sa mission, l’hydrogéologue agréé
  peuvent concerner soit le périmètre de protection immé-
                                                                    estime que les informations dont il dispose sont insuf-
  diate, soit le périmètre de protection rapprochée, soit les
                                                                    fisantes pour lui permettre de se prononcer, il peut
  deux, voire même le périmètre de protection éloignée.
                                                                    demander des études complémentaires (circulaire du




                                                                                                                                  Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                          Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
  Dans plus de la moitié des cas, une validation des modi-
                                                                    5 avril 1994).
  fications est demandée à l’hydrogéologue agréé.


    La modification (sauf à la marge) par les services
    de l’État des limites des périmètres ne devrait pas              Cahier des charges
    être nécessaire puisque l’hydrogéologue est solli­
                                                                    Le contenu de l’étude préalable par type de ressource
    cité pour ses compétences. En revanche, la modi­
                                                                    et d’aquifère doit être défini dans un cahier des
    fication des prescriptions paraît normale sachant
                                                                    charges à destination des bureaux d’études. En effet,
    que celles-ci doivent être validées ou complétées
                                                                    l’hydrogéologue agréé (ou le coordonnateur) n’a pas
    par la collectivité, aidée des services de l’État.
                                                                    à définir le contenu des études, opération qui relève
    Toutefois, ces modifications n’ont pas à être vali­
                                                                    de la maîtrise d’œuvre. Pour aider la collectivité, la
    dées par l’hydrogéologue agréé.
                                                                    rédaction d’une trame de cahier des charges, à l’instar
    L’établissement de listes de prescriptions peut                 de la pratique de nombreux départements, doit être
    permettre d’aider l’hydrogéologue agréé dans ses                confiée à une commission départementale regrou-
    propositions et de faciliter la rédaction de l’arrêté           pant au moins les services de l’État, l’hydrogéologue
    préfectoral pour le service chargé de l’instruction             départemental, s’il existe, et les hydrogéologues
    administrative du dossier.                                      agréés qui le souhaitent, ainsi que les services du
                                                                    conseil général et de l’agence de l’eau. Une approche
                                                                    régionale du contenu des cahiers des charges peut
                                                                    être intéressante car elle peut faciliter l’uniformisation
                                                                    des modes de délimitation des périmètres pour un
0 Dossier technique préalable                                       même contexte hydrogéologique. La collectivité,
                                                                    aidée de son maître d’œuvre, doit ensuite adapter
                                                                    cette trame au contexte du captage à protéger.

   Études préalables                                               La définition d’un cahier des charges précis et complet
                                                                    à destination des bureaux d’études offre l’avantage
  Pour établir son avis, l’hydrogéologue agréé s’appuie             de réduire, voire de supprimer les demandes d’infor-
  sur le dossier préalable qui lui est fourni. En fonction du       mations complémentaires, qui conduisent à retarder
  débit de prélèvement, une étude portant sur les carac-            les procédures [voir « Contenu de la synthèse produite
  téristiques géologiques et hydrogéologiques du secteur            par l’hydrogéologue agréé (à adapter si nécessaire
  aquifère ou du bassin versant concerné, sur la vulnéra-           par type de ressource et d’aquifère) à partir des
  bilité de la ressource et sur les mesures de protection à         éléments du dossier technique préalable », p. 36].
  mettre en place (art. R. 1321-6 du CSP) sera réalisée.
  Le dossier préparatoire est nécessaire pour définir la
  protection de tous les captages, avec bien évidem-
  ment un contenu à adapter à l’importance de l’ouvrage.
  Les études seront simplifiées pour les petits réseaux           0 Forme et contenu du rapport
  publics (moins de 500 habitants) desservis depuis
  plusieurs années par des sources dont la qualité et les
                                                                    de l’hydrogéologue agréé
  débits sont satisfaisants. Dans ce cas, le dossier préa-          Le rapport de l’hydrogéologue agréé s’appuie sur un
  lable pourra être construit à partir du recueil des               dossier technique, répondant aux exigences du cahier
  données existantes.                                               des charges élaboré par la collectivité, aidée éventuel-
  L’étude préalable doit présenter un zonage des                    lement d’un maître d’œuvre (bureau d’études), et sur
  secteurs qui seront ultérieurement à inclure dans les             une visite sur le terrain.
  périmètres de protection, une synthèse hiérarchisée               Le rôle de l’hydrogéologue agréé est de fournir un
  des sources de contamination existantes ou poten-                 avis et de proposer une stratégie de protection après
  tielles, des propositions de travaux et une ébauche               analyse du dossier.
  des prescriptions. La réalisation d’une étude très
  complète permet à l’hydrogéologue agréé de se                     Il n’a pas à reprendre dans son rapport la totalité des
  prononcer plus sûrement sur les limites des périmètres            informations du dossier technique mais il doit en faire
  et sur les prescriptions. Lors de la restitution de l’étude       une synthèse intelligible par des non-spécialistes en


                                                                                                                                 35

                                                                                                                                    Sommaire
                                                                                                                               insistant sur les points essentiels. Les points qui doivent     d’eau depuis d’autres collectivités) en pointant



2
                                                                                                                               être abordés figurent dans la partie intitulée « Contenu        d’éventuelles difficultés (périodes sèches, déficit en
                                                                                                                               de la synthèse produite par l’hydrogéologue agréé (à            période de pointe...) ;
                                                                                                                               adapter si nécessaire par type de ressource et d’aqui-        – o utils de sécurisation de l’alimentation de la
                                                                                                                               fère) à partir des éléments du dossier technique préa-           collectivité.
                                                                                                                               lable », p. 36.
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                                                                                             • Liste des documents mis à la disposition de l’hydro­
                                                                                                                                                                                             géologue agréé : point sur les études fournies, docu-
                                                                                                                                                                                             ments d’urbanisme (POS, PLU, cartes communales…).
                                                                                                                                Visite sur le terrain
                                                                                                                                                                                             • Situation géographique du captage :
                                                                                                                               Cette visite est destinée à reconnaître les ouvrages et       – lieu-dit d’implantation, commune, département ;
                                                                                                                               leur environnement et à valider certaines observations
                                                                                                                                                                                             – nom du captage, référence cadastrale de la parcelle
                                                                                                                               émises par le bureau d’études en charge du dossier
                                                                                                                                                                                                d’implantation ;
                                                                                                                               (points noirs, par exemple). La visite de l’hydrogéo-
                                                                                                                               logue doit se faire en présence des représentants de          – coordonnées Lambert II étendu, cote du sol naturel
                                                                                                                               l’État (DDASS au moins), de la collectivité et de son            (niveau NGF (15); ou autre pour les DOM) ;
                                                                                                                               fermier. Il est en effet nécessaire que l’hydrogéologue       – indice national de classement du Bureau de recher-
                                                                                                                               agréé accède aux ouvrages et qu’ils soient ouverts               ches géologiques et minières (code BSS) ;
                                                                                                                               pour que ce dernier puisse se prononcer sur leur état.        – description sommaire de la situation géographique
                                                                                                                               Cette visite offre en outre l’occasion d’échanges entre          et morphologique du captage et de son environne-
                                                                                                                               les participants sur les informations disponibles et les         ment ;
                                                                                                                               constatations de terrain.                                     – risque d’inondabilité du captage (Plan de prévention
                                                                                                                               Pour certains dossiers, une visite ne sera pas forcément         des risques d’inondation, PPRI, s’il existe).
                                                                                                                               suffisante (eaux de surface, par exemple). Il est             • Contexte géologique :
                                                                                                                               souvent utile de retourner sur le terrain après analyse
                                                                                                                               du dossier et lors de l’élaboration de la proposition de      – caractérisation du contexte géologique de l’aquifère
                                                                                                                               périmètres et de prescriptions. L’hydrogéologue peut             sollicité sur la base des informations disponibles
                                                                                                                               alors y retourner seul.                                          (études, carte géologique) ;
                                                                                                                                                                                             – type de terrain, faciès, fracturation ;
                                                                                                                               La présence des exploitants agricoles et des proprié-
                                                                                                                                                                                             – épaisseur du réservoir ;
                                                                                                                               taires des terrains concernés est à exclure afin que
                                                                                                                               l’hydrogéologue puisse émettre un avis sans aucune            – extension et épaisseur des terrains de couverture.
                                                                                                                               pression ni contrainte. Ceux-ci ont été rencontrés aupa-      • Contexte hydrogéologique :
                                                                                                                               ravant par le bureau d’études.
                                                                                                                                                                                             – contexte hydrogéologique, type d’aquifère (poreux,
                                                                                                                                                                                                socle, karst...), type de nappe, coupe hydrogéolo-
                                                                                                                                                                                                gique schématique ;
                                                                                                                                Contenu de la synthèse                                      – profondeur de la surface de la nappe au repos et
                                                                                                                               produite par l’hydrogéologue                                     en exploitation et fluctuations annuelles ;
                                                                                                                               agréé (à adapter si nécessaire                                – relations éventuelles avec des eaux de surface (cours
                                                                                                                                                                                                d’eau, plans d’eau), importance du colmatage des
                                                                                                                               par type de ressource et                                         berges ;
                                                                                                                               d’aquifère) à partir des éléments                             – c arte piézométrique, sens d’écoulement de la
                                                                                                                               du dossier technique préalable                                   nappe, bassin hydrogéologique ;

                                                                                                                               À titre indicatif, la liste des éléments que l’on devrait     – informations apportées par les traçages éventuels ;
                                                                                                                               retrouver dans l’avis produit par l’hydrogéologue             – pluie efficace, infiltration ;
                                                                                                                               agréé, avis qu’il convient de dater et de signer, est         – caractéristiques hydrodynamiques (transmissivité,
                                                                                                                               présentée ci-après :                                             coefficient d’emmagasinement) ;
                                                                                                                               • Présentation du contexte de l’intervention : deman-         – synthèse des essais de nappe (limite d’alimentation,
                                                                                                                               deur, maître d’ouvrage, date de désignation, date de             drainance...), simulation de production ;
                                                                                                                               la visite sur le terrain, personnes présentes.                – zone d’appel, zone d’influence de l’ouvrage et aire
                                                                                                                                                                                                d’alimentation ;
                                                                                                                               • Informations générales sur l’alimentation en eau de
                                                                                                                                                                                             – courbes isochrones en précisant la méthode employée
                                                                                                                               la collectivité :
                                                                                                                                                                                                (traçage, calcul).
                                                                                                                               – besoins en eau actuels et futurs ;
                                                                                                                               – origine de l’eau permettant de satisfaire la demande
                                                                                                                                  de la collectivité (captages exploités, importations       (15) Nivellement général de la France.




                                                                                                          36

                                                                                                                                                                                                                                                        Sommaire
• Contexte hydrologique (prises d’eau de surface) :          –d
                                                               ans le cas de teneurs élevées ou de dépassement



                                                                                                                                                 2
– caractéristiques du bassin versant : extension, profil     des limites de qualité ne pouvant pas être mis en
   longitudinal du cours d’eau ;                              relation avec les caractéristiques de l’aquifère, indi-
                                                              quer si possible les causes probables de pollution et
– présence de barrages ou seuils en amont de la prise
                                                              l’évolution possible de cette dernière.
   d’eau ;




                                                                                                                                              Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                      Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
– carte des pentes du bassin versant ;                       Pour les eaux de surface :
– d ébits caractéristiques du cours d’eau à la prise        – synthèse et interprétation des données du contrôle
   (module, QMNA5(16), débit non dépassé 90 % du                sanitaire et/ou des analyses préalables à la création
   temps ou 50 % du temps) ;                                    de la prise d’eau ;
– v itesses d’écoulement à différentes saisons par          – paramètres spécifiques : Cryptosporidium et total
   mesures, par calculs et/ou traçages en indiquant le         microcystines ;
   mode d’obtention ;                                        – explication des dépassements éventuels des limites
– temps de séjour de l’eau dans le plan d’eau, impor-          de qualité ;
   tance de l’envasement pour les retenues ;                 – pollutions accidentelles (fréquence, durée, produit
– zones inondables (PPRI s’il existe).                          en cause, impact sur l’exploitation de la prise).

• Caractéristiques du captage :                              • Filière de traitement de l’eau :
Eau souterraine :                                            – description sommaire de la filière de traitement le
– type de captage, description du captage, coupe               cas échéant, date de création ;
   technique, date de réalisation ;                          – dispositifs d’alerte existants, types, localisation (sur la
– état des ouvrages, synthèse des diagraphies effec-           prise, à l’amont, sur la station de potabilisation) ;
   tuées ;                                                   – capacité à prendre en compte des pollutions acci-
– préciser s’il s’agit d’un ouvrage de reconnaissance ou       dentelles : moyens de traitement de secours (charbon
   d’un ouvrage définitif ;                                     en poudre, par exemple).

– débit exploitable ;                                        • Environnement et vulnérabilité :
– équipement et mode d’exploitation ;                        Synthèse des informations concernant l’environnement
– débits d’exploitations horaires, journaliers et annuels   du captage :
   maximaux. Dans le cas où plusieurs ouvrages de            – vulnérabilité intrinsèque, pentes, couverture pédolo-
   captage sont présents sur le même site, préciser s’ils       gique, végétale, présence de zones d’infiltration rapide
   sont utilisés alternativement ou simultanément, inter-       (bétoires, gouffres, puits, ouvrages absorbants, etc.) ;
   férences éventuelles ;
                                                             – recensement des sources de pollution ponctuelles et
– p rotection immédiate déjà existante ou non,                 diffuses (cf. annexe II de l’arrêté du 20 juin 2007) (17) ;
   adaptée ou non ;
                                                             – pollutions anciennes(18) ;
– localisation de piézomètres proches.
                                                             – aptitudes des formations superficielles à retenir les
Eau de surface :                                                pollutions et des sources de pollution recensées.
– type d’ouvrage (en berge, sur barrage, dans un plan
   d’eau, etc.) ;
– accessibilité au public par la berge ou le cours d’eau     Avis de l’hydrogéologue agréé
   et le plan d’eau ;
– servitudes de passage ;                                    Pour les captages des collectivités publiques, cet avis
                                                             porte sur :
– périmètre de protection immédiate à créer ou exis-
   tant (adapté ou non) ;                                    • les disponibilités en eau ;

– caractéristiques : bâche de pompage, etc. ;                • la définition des périmètres de protection.

– protection vis-à-vis des inondations ;                     Pour les collectivités privées, des mesures de protection
                                                             se substituent aux périmètres de protection.
– état des ouvrages (diagnostic).

• Caractéristiques et qualité de l’eau captée :
– avis sur la qualité de l’eau captée : lien avec le        (16) O n appelle QMNA le débit (Q) mensuel (M) minimal (N) de chaque
                                                                   année civile (A). C’est le « débit mensuel minimal ayant la probabilité
   contexte géologique, variabilité de la qualité de               1/5 de ne pas être dépassé une année donnée ».
                                                             (17) Pour les pollutions récentes, le bureau d’études pourra se référer
   l’eau, paramètres déclassants éventuellement à                  à la base de données Basol, disponible sur http://basol.environnement.
   partir des analyses de « première adduction » et du             gouv.fr et pour les installations classées pour l’environnement (ICPE),
                                                                   au registre français des émissions polluantes disponible
   contrôle sanitaire s’il s’agit d’une régularisation,            sur www.pollutionsindustrielles.ecologie.gouv.fr/IREP/index.php.
   influence des eaux superficielles sur l’évolution de la   (18) Le bureau d’études pourra se reporter à la base de données Basias
                                                                   répertoriant les anciens sites industriels en France, disponible
   qualité des eaux et notamment sur la turbidité ;                sur http://basias.brgm.fr/




                                                                                                                                             37

                                                                                                                                                Sommaire
                                                                                                                               • Disponibilités en eau                                       • le débit validé par le service de police de l’eau en



2
                                                                                                                                                                                             fonction de l’incidence du prélèvement sur la gestion
                                                                                                                               Sur la base des éléments qui lui sont fournis dans le         globale de la ressource.
                                                                                                                               dossier préparatoire, l’hydrogéologue agréé valide
                                                                                                                               des débits potentiels horaires, journaliers et annuels        En cas d’utilisation d’eaux de surface, l’hydrogéologue
                                                                                                                               d’exploitation de l’ouvrage. Les valeurs retenues             agréé doit justifier le recours à celles-ci.
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               doivent tenir compte des besoins exprimés par la
                                                                                                                               collectivité dans le dossier préparatoire. Par exemple,       Il indique les débits horaire, journalier et annuel d’ex-
                                                                                                                               même si le captage peut fournir 100 m3/h et si les            ploitation de l’ouvrage et le débit de pointe qui sera
                                                                                                                               besoins à l’échéance 2015 et à terme (20 à 30 ans)            pris en considération pour la délimitation des périmè-
                                                                                                                               de la collectivité sont limités à 50 m3/h et 1 000 m3/j,      tres de protection (cas des eaux souterraines).
                                                                                                                               les débits et les volumes validés seront de 50 m3/h et
                                                                                                                               1 000 m3/j.                                                   • Proposition de périmètres de protection
                                                                                                                               Les résultats des essais de pompage et surtout leur inter-    L’hydrogéologue agréé doit proposer des périmètres
                                                                                                                               prétation fournie dans le dossier préparatoire sont           de protection en indiquant les critères de délimitation
                                                                                                                               analysés par l’hydrogéologue agréé. En revanche, il n’a       pris en compte (bilan d’eau, zone d’appel, aire d’ali-
                                                                                                                               pas pour mission de réinterpréter ces essais. Sa mission      mentation du captage, définition d’une isochrone le
                                                                                                                               consiste seulement à donner un avis critique sur les résul-   cas échéant, autre).
                                                                                                                               tats des essais et sur l’adéquation entre le débit exploi-
                                                                                                                                                                                             Les périmètres de protection immédiate et rappro-
                                                                                                                               table et le besoin exprimé par la collectivité.
                                                                                                                                                                                             chée doivent être tracés sur un fond cadastral fourni
                                                                                                                               Le document d’incidence, nécessaire lorsque le                par la collectivité ou son maître d’œuvre.
                                                                                                                               captage relève également de la nomenclature « eau »
                                                                                                                                                                                             L’hydrogéologue agréé doit se prononcer sur les dispo-
                                                                                                                               du Code de l’environnement (Q > 10 000 m3/an ou
                                                                                                                                                                                             sitifs d’alerte et de secours qu’il peut être nécessaire de
                                                                                                                               > 8 m3/h en zone de répartition), peut être exploité,
                                                                                                                                                                                             créer : interconnexions, stockage d’eau, recherche de
                                                                                                                               s’il est établi avant que l’hydrogéologue agréé ne
                                                                                                                                                                                             ressources de secours, station d’alerte (justifier son
                                                                                                                               formule son avis. L’hydrogéologue agréé valide le
                                                                                                                                                                                             intérêt, paramètres à suivre, implantation). Il peut aussi
                                                                                                                               débit d’exploitation de l’ouvrage en fonction de l’en­
                                                                                                                                                                                             indiquer la nécessité d’une surveillance renforcée de
                                                                                                                               semble des éléments mis à sa disposition. Mais il n’a
                                                                                                                                                                                             l’aquifère (plan d’alerte).
                                                                                                                               pas à se prononcer sur l’incidence du prélèvement sur
                                                                                                                               le milieu aquatique (eau souterraine et eau superfi-
                                                                                                                               cielle) même si sa connaissance du contexte peut              • Aménagements et travaux
                                                                                                                               l’amener à attirer l’attention sur une surestimation          dans les périmètres
                                                                                                                               éventuelle de la productivité. L’évaluation de cette
                                                                                                                                                                                             Avant même de se prononcer sur les prescriptions à
                                                                                                                               incidence relève du service de police de l’eau au titre
                                                                                                                                                                                             mettre en œuvre dans les périmètres, il est nécessaire
                                                                                                                               du Code de l’environnement.
                                                                                                                                                                                             que l’hydrogéologue indique quels travaux d’aména-
                                                                                                                               Au stade du rapport de l’hydrogéologue agréé, il              gements du captage (couverture et étanchéité de la
                                                                                                                               importe donc de préciser que l’avis ne préjuge pas de         tête du puits, par exemple), du périmètre de protec-
                                                                                                                               l’acceptation de l’incidence du prélèvement sur la            tion immédiate (dont la clôture) et dans le périmètre
                                                                                                                               gestion globale de la ressource.                              de protection rapprochée sont nécessaires.

                                                                                                                               Toutefois, pour éviter une discordance entre le débit         En eau de surface, le périmètre peut s’étendre en berge
                                                                                                                               pris en compte pour définir les limites des périmètres        et sur le plan d’eau. La clôture du terrain en berge
                                                                                                                               de protection et celui qui sera finalement autorisé, il       doit prendre en compte, si nécessaire, le risque d’inon-
                                                                                                                               est utile que l’hydrogéologue agréé puisse avoir              dation (clôture mobile).
                                                                                                                               connaissance, en amont de son avis, du débit exploi-
                                                                                                                                                                                             Sur le cours ou le plan d’eau, l’installation d’un barrage
                                                                                                                               table au regard de l’incidence du prélèvement pour
                                                                                                                                                                                             flottant ou d’une lame siphoïde devant la prise pour
                                                                                                                               les prélèvements supérieurs aux seuils de déclaration
                                                                                                                                                                                             retenir les hydrocarbures peut être préconisée.
                                                                                                                               des articles L. 214-1 à L. 214-6 du Code de l’environ-
                                                                                                                               nement, notamment lorsque des enjeux de gestion
                                                                                                                               existent (relations directes et rapides entre l’aquifère      • Prescriptions
                                                                                                                               et un cours d’eau, existence d’un plan de gestion de          Les périmètres étant définis, il importe d’élaborer le
                                                                                                                               la ressource, etc.).                                          « règlement » qui s’y appliquera. Ce règlement doit
                                                                                                                               À noter que le débit d’exploitation qui sera autorisé         encadrer les activités existantes et éviter d’avoir à
                                                                                                                               par l’arrêté préfectoral de DUP prendra en compte :           s’interroger sur toute nouvelle demande de création
                                                                                                                                                                                             d’activités. Il faut rappeler que l’arrêté ne peut
                                                                                                                               • le débit validé par l’hydrogéologue agréé en fonc-          comporter en aucune façon des prescriptions s’accom-
                                                                                                                               tion du débit exploitable et des besoins de la collec-        pagnant de saisines en cascade de l’hydrogéologue
                                                                                                                               tivité ;                                                      agréé.


                                                                                                          38

                                                                                                                                                                                                                                                           Sommaire
Ce règlement doit être complet mais sans tomber              pompé) et que l’alerte arrivera peut être trop



                                                                                                                                2
dans le détail pour les prescriptions.                       tardivement.

L’hydrogéologue agréé doit faire une proposition             Les pratiques culturales sont à l’origine de pollutions
argumentée de prescriptions (quelle prescription pour        diffuses. Ces pratiques ne sont prises en compte que
quel objectif).                                              parce qu’elles peuvent s’accompagner d’apports de




                                                                                                                             Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                     Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
                                                             produits organiques et en particulier de produits liquides
Pour mémoire, les prescriptions complètent la régle-         (lisiers), mais aussi de fientes dont le dosage lors de
mentation générale mais ne s’y substituent pas.              l’épandage est difficile, ainsi que de produits phytosani-
                                                             taires à proximité même des captages (en auréole du
Remarques                                                    périmètre de protection immédiate au moins). Ces
• Les prescriptions instaurées dans les périmètres ne        pratiques peuvent être assimilées à des pollutions ponc-
créent de servitudes que si elles affectent le droit         tuelles. Pour ces produits agricoles, il faut tenir compte
d’usage d’un bien (usage du sol). Une indemnisation          des risques de déversement en transport.
n’est possible que si le préjudice est matériel, direct et
                                                             L’échange ou l’acquisition de terres avec l’aide de la
certain.
                                                             Société d’aménagement foncier et d’établissement
• Les servitudes d’utilité publique sont des servitudes      rural (Safer) peut être utilisé pour constituer le périmètre
administratives qui doivent être annexées au plan            de protection rapprochée (création de réserves
local d’urbanisme conformément aux dispositions de           foncières). L’article L. 1321-1 du CSP donne, en outre,
l’article L. 126-1 du Code de l’urbanisme.                   la possibilité aux collectivités publiques qui ont acquis
                                                             des terrains situés à l’intérieur des périmètres de protec-
Doctrine générale                                            tion rapprochée de prélèvement d’eau destinée à
Les prescriptions n’ont de force et en conséquence,          l’alimentation des collectivités humaine, lors de l’instau-
d’intérêt, que si celles-ci sont contrôlables. Ainsi, le     ration ou du renouvellement des baux ruraux, de pres-
maintien ou la mise en prairie, voire le boisement           crire au preneur des modes d’utilisation du sol afin de
d’une parcelle, est une prescription facilement contrô-      préserver la qualité de la ressource en eau. Dans les
lable alors que le respect d’une consigne de fertilisa-      périmètres de protection rapprochée de prélèvement
tion ne l’est pas.                                           d’eau destinée à l’alimentation des collectivités
La rédaction des prescriptions ne doit pas prêter à          humaines, les communes ou les établissements publics
discussion. Par exemple : « Les fossés de la route           de coopération intercommunale (EPCI) compétents
doivent permettre un écoulement parfait des eaux de          peuvent instaurer le droit de préemption urbain. Ce
ruissellement » ou « Lors de travaux nécessitant des         droit peut être délégué à la commune ou à l’EPCI
terrassements notables sur la route départementale,          responsable de la production d’eau destinée à la
la consultation d’un hydrogéologue est nécessaire ».         consommation humaine.
Qu’est-ce qu’un « écoulement parfait » et à quoi
correspondent des « terrassements notables » ?
                                                               Le périmètre de protection rapprochée correspond
Les prescriptions doivent être réalistes, même si d’autres     à une zone tampon entre les activités à risque et le
moins réalistes iraient dans le bon sens. Par exemple,         captage.
comment mettre en œuvre une prescription qui stipule           Les activités présentes dans le périmètre de protec­
que « le débardage doit se faire en période de gel             tion rapprochée au moment de son élaboration ne
des sols afin d’éviter des dégâts importants et la créa-       doivent pas s’opposer à la production d’une eau
tion de bourbiers » ? Comment caractérise-t-on la              de qualité.
période de gel des sols et de quel laps de temps
disposent les forestiers pour réaliser les chantiers ?         Sauf cas exceptionnel, les activités présentes
                                                               peuvent donc y être maintenues, ce qui n’exclut pas
Les prescriptions visent les pollutions ponctuelles et         si nécessaire certaines améliorations de l’existant
accidentelles. Les mesures doivent viser les sources de        (exemple : suppression de rejets non autorisés).
pollution avant de chercher à protéger un secteur de           En revanche et sauf pour les captages en nappe
nappe. Il s’agit de prévenir et non de guérir (traite-         captive, la possibilité d’interdiction de toute nouvelle
ment à l’amont et non à l’aval). Par exemple, la récu-
                                                               activité doit être étudiée (gradation avec le type
pération de toutes les eaux sur une aire de services
                                                               d’aquifère).
(avec réflexion sur le point de rejet après débourbage
et déshuilage) doit prévaloir sur la création d’un piézo-
mètre de contrôle implanté entre l’aire de service et
le captage, sachant que la responsabilité en matière         Les communes sur lesquelles s’étendent les périmètres
de pollution incombe à l’exploitant de l’aire de service     possèdent en général un document d’urbanisme (POS,
et non pas au distributeur d’eau, que le piézomètre          PLU, carte communale). Les communes qui n’en
sera peut être aveugle au passage d’une pollution            possèdent pas correspondent le plus souvent à des
(absence d’échanges entre nappe et ouvrage non               secteurs ruraux où les activités évoluent peu ou prou.


                                                                                                                            39

                                                                                                                               Sommaire
                                                                                                                               Les parcelles incluses dans le périmètre ont donc une       En conséquence, et contrairement à ce qui est dit



2
                                                                                                                               vocation au moment de la création de ce dernier.            quelquefois, la définition des prescriptions s’inscrit dans
                                                                                                                               Il importe alors de voir si cette vocation est acceptable   un cadre défini au moment où est envisagée la
                                                                                                                               vis-à-vis de la protection du captage et de valider ou      protection.
                                                                                                                               de modifier les usages futurs.
                                                                                                                                                                                           Il faut observer par ailleurs que divers plans organisent
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                                                                                           certaines activités, par exemple les plans d’élimination
                                                                                                                                                                                           des déchets ou les plans carrières.




                                                                                                          40

                                                                                                                                                                                                                                                         Sommaire
  Propositions de prescriptions par type
  de périmètre                                                                                                                 2
  Cette liste de propositions de prescriptions n’est pas exhaustive.




                                                                                                                            Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                    Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
0 Périmètre de protection                                    0 Périmètre de protection
  immédiate principal et                                       rapprochée
  périmètres satellites
                                                                Remarque
  Dans ce périmètre, toute activité ou création d’ouvrages     L’application d’une prescription ne peut concerner
  autres que ceux nécessaires à l’exploitation et l’entre-     qu’un secteur du périmètre et en particulier la partie
  tien des ouvrages ou du périmètre lui-même est               proche du captage. Un zonage du périmètre permet
  interdite.                                                   d’assouplir le système et de graduer les prescriptions
  L’entretien du périmètre doit être réalisé manuelle-         en fonction de la vulnérabilité de différents secteurs du
  ment ou mécaniquement mais en aucun cas avec des             périmètre de protection.
  produits phytosanitaires.
                                                               • Environnement général
  Les volumes des produits de traitement stockés sur la
  station de potabilisation ou de traitement correspon-
                                                               Boisements
  dent seulement aux quantités nécessaires au traite-
  ment de l’eau du captage considéré. Par exemple,             La suppression de l’état boisé (défrichage, dessou-
  les résidus de traitement d’eau (filtrats membranaires)      chage) est interdite. Les zones boisées présentes ou à
  ne doivent pas être stockés dans ce périmètre mais           créer par conversion de certaines parcelles agricoles
  faire l’objet d’une gestion spécifique.                      devront être classées en espaces boisés à conserver
                                                               dans les documents d’urbanisme en vigueur au titre
  S’il existe un groupe électrogène, le stockage d’hydro-
                                                               de l’article L. 130.1 du Code de l’urbanisme.
  carbures et la zone de remplissage doivent être mis
                                                               L’exploitation du bois reste possible. Les coupes à blanc
  sous abri (disposer d’une cuve de rétention dont le
                                                               sont interdites.
  volume doit correspondre à la capacité maximale du
  stockage d’hydrocarbures). Pour les nouvelles installa-
                                                                Remarque
  tions, le groupe électrogène sera hors du PPI si
  possible.                                                    Chantiers de débardage : vis-à-vis de cette activité, il
                                                               est nécessaire de faire une information sur les bonnes
  Dans le cas où l’unité de traitement est attenante au        pratiques. Les stockages de carburant nécessaires aux
  captage, il peut être intéressant de demander une            engins et les vidanges de ces derniers ne doivent pas
  délimitation spécifique du périmètre propre au captage       être réalisés dans le périmètre.
  pour le protéger des activités accompagnant l’exploi-
  tation de la station (camionnage).                           Excavations
  Aucune antenne de télétransmission commerciale ne            L’ouverture de carrières, de galeries est interdite. S’il
  doit être implantée dans ce périmètre (circulaire du         existe une carrière en exploitation dans le PPR, un
  6 janvier 1998, voir annexe 9).                              bilan de l’impact de celle-ci sur la ressource exploitée
                                                               doit être réalisé afin de se prononcer sur le maintien
  Prescriptions spécifiques aux périmètres de protection
                                                               ou non de l’exploitation et sur la possibilité d’exten-
  immédiate en eau de surface
                                                               sion. Cette dernière devrait être a priori interdite.
  • Toute navigation est interdite. En conséquence la
  pose de bouées de limitation de navigation peut être          Remarque
  nécessaire.                                                  • Si le comblement d’excavations est nécessaire, il
                                                               sera réalisé avec des matériaux inertes.
  • La pêche est interdite.
                                                               • L’implantation d’éoliennes peut être interdite en
  • Les servitudes de marchepied doivent, si nécessaire,
                                                               raison de la nécessité d’excavation importante du
  être modifiées (détournement du cheminement).
                                                               terrain et du chantier associé.




                                                                                                                           41

                                                                                                                              Sommaire
                                                                                                                               Voies de communication                                       • Dépôts, stockages, canalisations


2                                                                                                                              • Interdiction de création de nouvelles voies de
                                                                                                                               communication routières et ferroviaires, à l’exception
                                                                                                                               de celles destinées à rétablir des liaisons existantes ou
                                                                                                                               visant à réduire des risques (pour les sources, passage
                                                                                                                                                                                            Dépôts d’ordures ménagères et de tout
                                                                                                                                                                                            déchet susceptible d’altérer la qualité des
                                                                                                                                                                                            eaux par infiltration ou par ruissellement
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                               par l’aval).                                                 La création est interdite.

                                                                                                                               • Les axes routiers existants font l’objet, si nécessaire,
                                                                                                                                                                                            Installation de canalisations, de réservoirs
                                                                                                                               de sécurisation (glissières de sécurité). Une limitation
                                                                                                                                                                                            ou dépôts d’hydrocarbures liquides et
                                                                                                                               de vitesse et des produits transportés peut être
                                                                                                                                                                                            de produits chimiques ou d’eaux usées
                                                                                                                               demandée. L’étanchéification des fossés dans la
                                                                                                                                                                                            de toute nature
                                                                                                                               traversée du périmètre de protection rapprochée (ou
                                                                                                                               sur un secteur du périmètre) et la création de bassins       La création est interdite.
                                                                                                                               de rétention des eaux pluviales avec évacuation à
                                                                                                                               l’aval du captage peuvent être nécessaires.                  Remarques

                                                                                                                               • En zone de montagne, les compétitions d’engins à           • Cette interdiction ne s’applique pas aux ouvrages de
                                                                                                                               moteur ou les passages de 4 x 4 et de quads sont à           dimension individuelle liés aux habitations et exploi-
                                                                                                                               interdire.                                                   tations agricoles existantes qui doivent être en confor-
                                                                                                                                                                                            mité avec la réglementation en vigueur, ni aux cana-
                                                                                                                               • Les travaux sur les voies existantes peuvent être          lisations destinées à l’alimentation en eau potable.
                                                                                                                               réglementés.
                                                                                                                                                                                            • L’arrêté du 1er juillet 2004 fixe les règles techniques
                                                                                                                               • La création de parking peut être interdite.                et de sécurité applicables au stockage de produits
                                                                                                                                                                                            pétroliers dans les lieux non visés par la législation ICPE
                                                                                                                               • Dans le cas des prises d’eau de surface, le stationne-
                                                                                                                                                                                            ni par la réglementation ERP (établissement recevant
                                                                                                                               ment de bateaux peut être interdit en particulier à
                                                                                                                                                                                            du public).
                                                                                                                               proximité du périmètre de protection immédiate (cas
                                                                                                                               des grands fleuves).                                         • Pour les stockages existants, si un ou des réservoirs se
                                                                                                                                                                                            situent à proximité immédiate du captage ou si un
                                                                                                                               Utilisation de produits phytosanitaires                      déversement peut atteindre rapidement la ressource
                                                                                                                                                                                            captée à la faveur d’un déversement, la mise en
                                                                                                                               L’entretien des bois, des talus, des fossés, des cours       rétention s’impose. Si cela n’est pas possible, il convient
                                                                                                                               d’eau et de leurs berges, des plans d’eau et de leurs        de mettre en œuvre des canalisations sous fourreau
                                                                                                                               berges, des accotements des routes avec des produits         avec alarme de détection en cas de fuite.
                                                                                                                               phytosanitaires est interdit. Il en est de même du trai-
                                                                                                                               tement des voies ferrées présentes dans le périmètre.
                                                                                                                                                                                            • Activités agricoles (annexe 10)
                                                                                                                               • Points d’eau                                               Les bâtiments agricoles existants ne doivent induire ni
                                                                                                                                                                                            rejet ni infiltration d’eaux souillées. Les aménagements
                                                                                                                               Nouveaux points de prélèvement d’eau                         nécessaires au respect de cette prescription seront
                                                                                                                               d’origine superficielle ou souterraine                       réalisés :

                                                                                                                               Aucune création n’est possible à l’exception de celles       • mise aux normes des bâtiments (suppression des
                                                                                                                               au bénéfice de la collectivité bénéficiaire de l’autori-     écoulements) ;
                                                                                                                               sation et après autorisation préfectorale.
                                                                                                                                                                                            • création de stockage pour les déjections (fumières,
                                                                                                                                                                                            fosses) ;
                                                                                                                                Remarque
                                                                                                                               Les points d’eau superficielle ou souterraine conta-         • aménagement des stockages d’engrais et de
                                                                                                                               minés ou exposés à des pollutions, recensés lors de          produits phytosanitaires ;
                                                                                                                               l’étude d’environnement, sont supprimés. Les
                                                                                                                               pompages maintenus qui seraient alimentés par des            • aire bétonnée pour les silos, recueil des jus ;
                                                                                                                               moteurs thermiques doivent être sécurisés.                   • amélioration et sécurisation (rétention), si nécessaire,
                                                                                                                                                                                            des stockages d’hydrocarbures ;
                                                                                                                               Plan d’eau, mare ou étang
                                                                                                                                                                                            • amélioration du devenir des eaux pluviales.
                                                                                                                               La création est interdite.




                                                                                                          42

                                                                                                                                                                                                                                                          Sommaire
Nouveaux sièges d’exploitation agricoles                      immédiate et si les terrains l’imposent dans tout le



                                                                                                                               2
                                                              périmètre (exemple : karst, nappe superficielle en
Aucune création n’est autorisée. Seules les extensions        milieu poreux grossier, etc.).
autour des bâtiments existants sont possibles.
                                                              Remarques
Silos non aménagés destinés                                   En dehors de l’interdiction des épandages, les agricul-




                                                                                                                            Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                    Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique
à la conservation par voie humide                             teurs doivent respecter le code de bonnes pratiques
des aliments pour animaux (ensilage                           agricoles.
d’herbe et maïs de type taupinière)
La création de silos non aménagés est interdite.              Produits phytosanitaires par voie aéroportée
                                                              (concerne surtout les prises d’eau
                                                              de surface)
Stockages de produits phytosanitaires
                                                              L’utilisation est interdite.
La création est interdite en dehors des sièges d’exploi-
tation. Ces stockages seront aménagés en vue de
supprimer le risque d’écoulement vers la nappe ou le
                                                              Golfs sur terrain naturel
cours d’eau.                                                  La création est interdite.

Stockage au champ de matières                                 • Urbanisme habitat (annexe 11)
fermentescibles et de produits fertilisants
                                                              D’une manière générale, quelle que soit la situation,
La création est interdite ou réglementée (durée               la création de bâtiments destinés au fonctionnement
limitée).                                                     de la distribution d’eau destinée à la consommation
                                                              humaine est toujours possible.
Talus et haies
La suppression est interdite.                                 En l’absence de document d’urbanisme
                                                              • S’il n’existe pas de construction : toute création est
Drainage de terres agricoles                                  interdite.
La création est interdite.
                                                              • S’il existe des constructions : la création de bâtiments
                                                              est interdite à l’exception de ceux en extension ou en
Irrigation                                                    rénovation autour des bâtiments et des sièges d’ex-
La création de dispositifs d’irrigation est interdite.        ploitations agricoles existants.

                                                              Dans ce cas il peut être nécessaire d’améliorer :
Élevage de type plein air (intensifs)
                                                              – l’assainissement en supprimant en particulier les
• La création est interdite.                                     puisards ;
• L’affouragement permanent est interdit.                     – les stockages d’hydrocarbures ;
• L’abreuvement dans les cours d’eau et plans d’eau           – le devenir des eaux pluviales.
est interdit.
                                                              En présence de document d’urbanisme
Cultures
                                                              • Soit il n’existe aucune zone constructible : aucune
• Dans certains cas, le maintien d’une culture sur les
                                                              construction ne sera autorisée.
parcelles est possible. Dans d’autres cas, les cultures
seront supprimées et les parcelles mises en prairie           • Soit il existe des zones constructibles :
permanente ou boisées.
                                                              – une partie des parcelles est déjà lotie : achèvement
• En cas de mise en prairie permanente, les parcelles            du lotissement et vérification de l’acceptabilité du
seront fauchées ou pâturées sans destruction du couvert          mode d’assainissement (raccordement au réseau ou
végétal. Leur retournement sera réglementé.                      assainissement groupé si nécessaire). Vérification du
                                                                 devenir des eaux pluviales. Vérification de l’étan-
L’objectif de la suppression des cultures est de s’oppo­ser      chéité des réseaux d’eaux usées existants ;
à tout épandage de produit organique, surtout liquide,
des fientes et de produits phytosanitaires (contamina-        – a ucune construction n’est réalisée : maintien ou
tion possible par voie aérienne des prises d’eau de              suppression des zones constructibles. La suppression
surface et des installations de traitement) au moins             de zones constructibles, surtout lorsqu’il s’agit d’ha-
dans l’auréole au contact du périmètre de protection             bitat, est souvent irréalisable en raison du montant


                                                                                                                           43

                                                                                                                              Sommaire
                                                                                                                                des indemnités qui seraient à octroyer en cas de           Terrains de sport


2
                                                                                                                                suppression de droits. La suppression de ces zones
                                                                                                                                n’est justifiable que dans des cas où les risques liés à   L’usage de produits phytosanitaires pour l’entretien de
                                                                                                                                l’assainissement sont importants et où une solution        ces équipements est interdit.
                                                                                                                                alternative à l’assainissement individuel n’est pas
                                                                                                                                envisageable. Les zones affectées à des lotissements       Camping
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                        Intervention des hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique




                                                                                                                                industriels doivent être supprimées ou leur usage
                                                                                                                                                                                           La création de camping est interdite (dérogation
                                                                                                                                limité à des activités sans risque pour la qualité de
                                                                                                                                                                                           possible pour les campings à la ferme).
                                                                                                                                l’eau.

                                                                                                                               En cas de maintien des zones constructibles, vérifier :     Remarques
                                                                                                                                                                                           • La création d’un camping s’accompagne aujourd’hui
                                                                                                                               – la possibilité ou non de créer des sous-sols ;
                                                                                                                                                                                           d’un permis de construire au moins pour les sanitaires
                                                                                                                               – l’adéquation du système d’assainissement retenu          et est donc visée par les prescriptions « constructions ».
                                                                                                                                  avec la protection de la qualité de l’eau. Si néces-
                                                                                                                                                                                           • Le stationnement de camping-cars peut être aussi
                                                                                                                                  saire, raccordement au réseau d’assainissement ou
                                                                                                                                                                                           interdit.
                                                                                                                                  assainissement groupé ;

                                                                                                                               – le type de chauffage acceptable (fioul exclu ou          Cimetière
                                                                                                                                  non). Les doublets géothermiques doivent être inter-
                                                                                                                                  dits ;                                                   La création de cimetière est interdite. L’extension des
                                                                                                                                                                                           cimetières est interdite ou les nouvelles inhumations
                                                                                                                               – le devenir des eaux pluviales.                            sont réalisées en caveau étanche.

                                                                                                                               Infiltration d’eaux usées autres que
                                                                                                                               les effluents de dispositifs d’assainissement
                                                                                                                               autonome
                                                                                                                               Elle est interdite sauf pour protéger une prise d’eau de
                                                                                                                               surface en supprimant ainsi un rejet qui se fait dans le
                                                                                                                               cours d’eau ou le plan d’eau, à l’amont du point de
                                                                                                                               prélèvement.




                                                                                                          44

                                                                                                                                                                                                                                                        Sommaire
Conclusions et propositions




     L’hydrogéologue agréé partenaire institutionnel du ministère chargé de la Santé aide au fonctionnement du service
     public. Intervenant à titre personnel, il ne peut agir qu’après désignation par le préfet.

     Les dossiers concernant la protection des points de captages publics ou privés destinés à la production d’eau destinée
     à la consommation humaine ainsi que des captages alimentant des adductions privées constituent le domaine
     privilégié d’intervention des hydrogéologues agréés.

     Quel que soit le domaine d’intervention, l’hydrogéologue agréé se prononce sur un dossier fourni par le demandeur.
     Afin d’éviter tout retard, la désignation de l’hydrogéologue ne doit se faire qu’après constitution de ce dossier.

     Dans le cas de la définition des périmètres de protection, un dossier technique doit être fourni pour tous les ouvrages,
     mais celui-ci doit bien évidemment être proportionné à la taille des ouvrages. Ce dossier doit contenir des infor-
     mations sur les secteurs à inclure dans les périmètres et des propositions de prescriptions.

     La réalisation d’un dossier technique complet par le bureau d’études permet à l’hydrogéologue agréé de se
     prononcer plus aisément et plus rapidement sur les périmètres. La réalisation d’une étude précise conduit aussi à
     impliquer la collectivité, ce qui permet de voir aboutir les procédures.

     Le périmètre de protection immédiate, de petite extension, est le plus souvent créé sans difficulté. Ce périmètre a
     pour objet la lutte contre la malveillance et les contaminations microbiologiques.

     La difficulté de faire accepter les périmètres de protection rapprochée et éloignée est souvent venue de leur exten-
     sion jugée trop importante. Il faut rappeler que les périmètres protègent le captage et non pas la ressource captée
     dans toute son extension. Par ailleurs, l’exclusion de la pollution diffuse pour la délimitation des périmètres conduit
     à ramener ceux-ci à des surfaces plus acceptables par les collectivités.

     Le périmètre de protection rapprochée doit constituer une zone tampon vis-à-vis des activités présentes à proximité
     du captage à protéger. Cette zone doit offrir un délai de réaction vis-à-vis des pollutions qui pourraient se produire.
     Les prescriptions à mettre en œuvre dans ce périmètre doivent permettre de conserver la qualité de l’environnement
     du captage et de l’améliorer si nécessaire.

     L’extension de ce périmètre doit être adaptée au contexte hydrogéologique et environnemental en n’oubliant pas
     que les périmètres ne sont pas le seul outil pour sécuriser l’alimentation en eau et garantir la qualité de l’eau distri-
     buée. Les traitements, en particulier en eau de surface, et la gestion ou le traitement de la turbidité pour les eaux
     issues de secteurs karstiques sont ainsi déterminants. Quel que soit le type d’ouvrage et de ressource, des outils de
     sécurisation doivent être envisagés (interconnexion, stockage d’eau, ressource de secours). Les propositions de
     prescriptions doivent être définies dans le souci de permettre leur contrôle par les services d’inspection.

     Le périmètre de protection éloignée est le plus souvent sans objet, sauf dans l’optique d’une gestion de la pollution
     diffuse d’un aquifère. Ce périmètre pourrait être converti en une zone de vigilance destinée à attirer l’attention des
     collectivités et des aménageurs sur l’existence d’un captage et les risques de dégradation de la ressource captée
     par celui-ci.




                                                                                                                                 45

                                                                                                                                  Sommaire
Sommaire
          A
ANNEXES




          47

           Sommaire
Sommaire
           Annexes

                                                                                                                                                                                                                       A




                                                                                                                                                                                                                    Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                                                                                            Annexes
Annexe 1 : ................................................................................................................................................................................................. 50
Articles du Code de la santé publique et des textes législatifs et réglementaires
cités dans le document
Annexe 2 : .................................................................................................................................................................................................. 57
Missions non demandées par le ministère chargé de la Santé
Annexe 3 : .................................................................................................................................................................................................. 59
Conseil supérieur d’hygiène publique de France – Recommandation relative aux critères
topographiques, géologiques et d’hygiène publique à prendre en compte pour assurer
la protection de l’hygiène publique en matière de cimetière, 5 septembre 1996
Annexe 4 : ................................................................................................................................................................................................. 64
Grille d’indemnisation des hydrogéologues
Annexe 5 : .................................................................................................................................................................................................. 65
Périmètres de protection immédiate
Annexe 6 : .................................................................................................................................................................................................. 68
Périmètres de protection rapprochée en milieu poreux
Annexe 7 : .................................................................................................................................................................................................. 71
Périmètres de protection rapprochée en eau de surface
Annexe 8 : .................................................................................................................................................................................................. 76
Périmètres de protection rapprochée des captages implantés en zone karstique
Annexe 9 : .................................................................................................................................................................................................. 79
Circulaire DGS/VS4 n° 98-05 du 6 janvier 1998 relative aux recommandations
du Conseil supérieur d’hygiène publique de France vis-à-vis de l’installation d’antennes
sur les réservoirs aériens
Annexe 10 : .............................................................................................................................................................................................. 81
Prescriptions agricoles
Annexe 11 : .............................................................................................................................................................................................. 82
Prescriptions en matière d’urbanisme




                                                                                                                                                                                                                   49

                                                                                                                                                                                                                      Sommaire
                                                                                                                 ANNEXE 1
A                                                                   Articles du Code de la santé publique et des textes législatifs
                                                                               et réglementaires cités dans le document
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  0 Code de la santé publique                                    L’acte portant déclaration d’utilité publique des travaux
                                                                                                                                 de prélèvement d’eau destinée à l’alimentation des
                                                                                                                                 collectivités humaines détermine, en ce qui concerne
                                                                    Partie législative                                           les installations, travaux, activités, dépôts, ouvrages,
                                                                                                                                 aménagement ou occupation des sols existant à la
                                                                                                                                 date de sa publication, les délais dans lesquels il doit
                                                                    Article L. 1321-2                                            être satisfait aux conditions prévues par le présent
                                                                    En vue d’assurer la protection de la qualité des eaux,       article et ses règlements d’application.
                                                                    l’acte portant déclaration d’utilité publique des travaux    Les servitudes afférentes aux périmètres de protection
                                                                    de prélèvement d’eau destinée à l’alimentation des           ne font pas l’objet d’une publication aux hypothèques.
                                                                    collectivités humaines mentionné à l’article L. 215-13       Un décret en Conseil d’État précise les mesures de
                                                                    du Code de l’environnement détermine autour du               publicité de l’acte portant déclaration d’utilité publique
                                                                    point de prélèvement un périmètre de protection              prévu au premier alinéa, et notamment les conditions
                                                                    immédiate dont les terrains sont à acquérir en pleine        dans lesquelles les propriétaires sont individuellement
                                                                    propriété, un périmètre de protection rapprochée à           informés des servitudes portant sur leurs terrains.
                                                                    l’intérieur duquel peuvent être interdits ou réglementés
                                                                    toutes sortes d’installations, travaux, activités, dépôts,   Des actes déclaratifs d’utilité publique déterminent,
                                                                    ouvrages, aménagement ou occupation des sols de              dans les mêmes conditions, les périmètres de protec-
                                                                    nature à nuire directement ou indirectement à la             tion autour des points de prélèvement existants et
                                                                    qualité des eaux et, le cas échéant, un périmètre de         peuvent déterminer des périmètres de protection
                                                                    protection éloignée à l’intérieur duquel peuvent être        autour des ouvrages d’adduction à écoulement libre
                                                                    réglementés les installations, travaux, activités, dépôts,   et des réservoirs enterrés.
                                                                    ouvrages, aménagement ou occupation des sols et
                                                                    dépôts ci-dessus mentionnés.                                 Nonobstant toutes dispositions contraires, les collecti-
                                                                                                                                 vités publiques qui ont acquis des terrains situés à l’in-
                                                                    Lorsque les conditions hydrologiques et hydrogéologi-        térieur des périmètres de protection rapprochée de
                                                                    ques permettent d’assurer efficacement la préservation       prélèvement d’eau destinée à l’alimentation des
                                                                    de la qualité de l’eau par des mesures de protection         collectivités humaines peuvent, lors de l’instauration ou
                                                                    limitées au voisinage immédiat du captage, l’acte            du renouvellement des baux ruraux visés au Titre Ier du
                                                                    portant déclaration d’utilité publique peut n’instaurer      Livre IV du Code rural portant sur ces terrains, prescrire
                                                                    qu’un périmètre de protection immédiate.                     au preneur des modes d’utilisation du sol afin de
                                                                                                                                 préserver la qualité de la ressource en eau.
                                                                    Lorsque des terrains situés dans un périmètre de
                                                                    protection immédiate appartiennent à une collectivité        Par dérogation au Titre Ier du Livre IV du Code rural, le
                                                                    publique, il peut être dérogé à l’obligation d’acquérir      tribunal administratif est seul compétent pour régler les
                                                                    les terrains visée au premier alinéa par l’établissement     litiges concernant les baux renouvelés en application
                                                                    d’une convention de gestion entre la ou les collecti-        de l’alinéa précédent.
                                                                    vités publiques propriétaires et l’établissement public
                                                                    de coopération intercommunale ou la collectivité             Dans les périmètres de protection rapprochée de prélè-
                                                                    publique responsable du captage.                             vement d’eau destinée à l’alimentation des collectivités
                                                                                                                                 humaines, les communes ou les établissements publics
                                                                    Toutefois, pour les points de prélèvement existant à la      de coopération intercommunale compétents peuvent
                                                                    date du 18 décembre 1964 et bénéficiant d’une                instaurer le droit de préemption urbain dans les condi-
                                                                    protection naturelle permettant d’assurer efficacement       tions définies à l’article L. 211-1 du Code de l’urba-
                                                                    la préservation de la qualité des eaux, l’autorité admi-     nisme. Ce droit peut être délégué à la commune ou à
                                                                    nistrative dispose d’un délai de cinq ans à compter de       l’établissement public de coopération intercommunale
                                                                    la publication de la loi nº 2004-806 du 9 août 2004          responsable de la production d’eau destinée à la
                                                                    relative à la politique de santé publique pour instituer     consommation humaine dans les conditions prévues à
                                                                    les périmètres de protection immédiate.                      l’article L. 213-3 du Code de l’urbanisme.


                                                             50

                                                                                                                                                                                              Sommaire
Article L. 1321-2-1                                            8° la description des modalités de surveillance de la



                                                                                                                                   A
                                                               qualité de l’eau.
Lorsqu’une ou des collectivités territoriales sont alimen-
tées en eau destinée à la consommation humaine par             Les informations figurant au dossier ainsi que le seuil du
des ouvrages de prélèvement, propriétés de personnes           débit de prélèvement mentionné au 4º sont précisés
privées et ne relevant pas d’une délégation de service         par arrêté du ministre chargé de la Santé, pris après




                                                                                                                                Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                        Annexes
public, l’autorité administrative peut déclarer d’utilité      avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des
publique à la demande de la personne privée, et                aliments.
après avis conforme de la majorité des collectivités
                                                               Les frais de constitution du dossier sont à la charge du
alimentées en eau au regard des populations desser-
                                                               demandeur.
vies, la détermination des périmètres de protection
rapprochée autour du point de prélèvement dans les             L’utilisation d’une eau ne provenant pas du milieu
conditions qui sont définies au premier alinéa de l’ar-        naturel ne peut être autorisée.
ticle L. 1321-2. Ces dispositions ne sont applicables
qu’aux prélèvements existants au 1er janvier 2004.             Article R. 1321-8
Les interdictions, les réglementations et autres effets        I – La décision statuant sur la demande d’autorisation
des dispositions des précédents alinéas cessent de             d’utilisation d’eau en vue de la consommation humaine
s’appliquer de plein droit dès lors que le point de            est prise par arrêté préfectoral. Cet arrêté est motivé.
prélèvement n’alimente plus en totalité le service
public de distribution d’eau destinée à la consomma-           L’arrêté préfectoral d’autorisation indique notamment
tion humaine.                                                  l’identification du titulaire de l’autorisation et l’objet de
                                                               cette utilisation, les localisations des captages et leurs
                                                               conditions d’exploitation, les mesures de protection, y
                                                               compris les périmètres de protection prévus à l’article
Partie réglementaire                                           L. 1321-2, les lieux et zones de production, de distri-
                                                               bution et de conditionnement d’eau et, le cas échéant,
Article R. 1321-6                                              les produits et procédés de traitement utilisés, les
                                                               modalités de la mise en œuvre de la surveillance ainsi
La demande d’autorisation d’utilisation d’eau en vue
                                                               que les mesures de protection des anciens captages
de la consommation humaine, prévue au I de l’article
                                                               abandonnés.
L. 1321-7, est adressée au préfet du ou des départe-
ments dans lesquels sont situées les installations.            Lorsqu’il détermine les périmètres de protection prévus
                                                               à l’article L. 1321-2, cet arrêté déclare d’utilité
Le dossier de la demande comprend :
                                                               publique lesdits périmètres.
1° le nom de la personne responsable de la produc-             Lorsque les travaux et ouvrages de prélèvement sont
tion, de la distribution ou du conditionnement d’eau ;         situés à l’intérieur du périmètre d’une forêt de protec-
2° les informations permettant d’évaluer la qualité de         tion au sens de l’article L. 411-1 du Code forestier, cet
l’eau de la ressource utilisée et ses variations possibles ;   arrêté déclare d’utilité publique lesdits travaux et
                                                               ouvrages en application de l’article R. 412-19 du même
3° l’évaluation des risques de dégradation de la               code et autorise, le cas échéant, les défrichements
qualité de l’eau ;                                             nécessaires au titre de l’article L. 311-1 ou de l’article
                                                               L. 312-1 du même code.
4° en fonction du débit de prélèvement, une étude
portant sur les caractéristiques géologiques et hydro-         S’il s’agit d’une eau conditionnée, l’arrêté préfectoral
géologiques du secteur aquifère ou du bassin versant           précise en outre les mentions prévues aux articles
concerné, sur la vulnérabilité de la ressource et sur les      R. 1321-87 à R. 1321-90 ou à l’article R. 1321-92 du
mesures de protection à mettre en place ;                      présent code.

5° l’avis de l’hydrogéologue agréé en matière d’hy-            Une mention de l’arrêté d’autorisation d’utilisation
giène publique, spécialement désigné par le préfet             d’eau en vue de la consommation humaine est publiée
pour l’étude du dossier, portant sur les disponibilités en     au recueil des actes administratifs de l’État dans le
eau, sur les mesures de protection à mettre en œuvre           département.
et sur la définition des périmètres de protection
                                                               Le silence gardé par le préfet pendant plus de quatre
mentionnés à l’article L. 1321-2 ;                             mois sur la demande d’autorisation d’utilisation d’eau
6° la justification des produits et des procédés de trai-      en vue de la consommation humaine vaut décision
tement à mettre en œuvre ;                                     de rejet. Ce délai est suspendu pendant le délai
                                                               imparti pour la production de pièces réclamées par le
7° la description des installations de production et de        préfet ou porté à six mois lorsque l’avis de l’Agence
distribution d’eau ;                                           française de sécurité sanitaire des aliments est requis.


                                                                                                                               51

                                                                                                                                  Sommaire
                                                                  II – Lorsque l’eau distribuée ne respecte pas les dispo-       humaine. Il peut restreindre l’utilisation de l’eau pour



A
                                                                  sitions de l’article R. 1321-2 et que la mise en service       des usages spécifiques, dont le titulaire de l’autorisation
                                                                  d’un nouveau captage permet la distribution d’une              informe la population concernée.
                                                                  eau conforme à ces dispositions, une demande de
                                                                                                                                 L’autorisation ne peut pas excéder six mois et est
                                                                  dérogation à la procédure définie au I de l’article
                                                                                                                                 renouvelable une fois.
                                                                  R. 1321-7 peut être déposée auprès du préfet afin
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  qu’il soit statué d’urgence sur une autorisation d’utilisa-    Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas
                                                                  tion d’eau en vue de la consommation humaine                   aux eaux conditionnées.
                                                                  avant que les périmètres de protection prévus à l’ar-
                                                                  ticle L. 1321-2 n’aient été déclarés d’utilité publique.       Article R. 1321-11
                                                                  L’arrêté préfectoral d’autorisation, pris conformément         I – Le titulaire d’une autorisation déclare au préfet tout
                                                                  à la procédure prévue au I de l’article R. 1321-7,             projet de modification des installations et des condi-
                                                                  contient les éléments mentionnés au I du présent               tions d’exploitation mentionnées dans l’arrêté préfec-
                                                                  article, à l’exclusion des dispositions relatives aux péri-    toral d’autorisation et lui transmet tous les éléments
                                                                  mètres de protection.                                          utiles pour l’appréciation du projet, préalablement à
                                                                  Le préfet statue sur l’autorisation définitive par un arrêté   son exécution.
                                                                  complémentaire comportant les dispositions relatives           Le préfet statue sur cette déclaration dans un délai de
                                                                  aux périmètres de protection, pris après avis du conseil       deux mois, ou bien en prenant un arrêté modificatif,
                                                                  départemental de l’environnement et des risques                ou bien en invitant le titulaire de l’autorisation, le cas
                                                                  sanitaires et technologiques.                                  échéant après consultation d’un hydrogéologue agréé
                                                                  Les dispositions du présent II ne s’appliquent pas aux eaux    en matière d’hygiène publique dans les conditions
                                                                  conditionnées mentionnées à l’article R. 1321-69.              prévues à l’article R. 1321-14, à solliciter une révision
                                                                                                                                 de l’autorisation initiale. À défaut de décision dans ce
                                                                                                                                 délai, le projet de modification est réputé accepté.
                                                                  Article R. 1321-9
                                                                                                                                 II – Le changement du titulaire de l’autorisation, sans
                                                                  À titre exceptionnel, une autorisation temporaire d’uti-
                                                                                                                                 modification des conditions d’exploitation, fait l’objet
                                                                  lisation d’eau en vue de la consommation humaine
                                                                                                                                 d’une déclaration au préfet, qui modifie l’arrêté
                                                                  peut être accordée par le préfet lorsque :
                                                                                                                                 d’autorisation existant.
                                                                  1º une restriction dans l’utilisation ou une interruption
                                                                  de la distribution est imminente ou effective, du fait         Article R. 1321-13
                                                                  de perturbations majeures liées à des circonstances
                                                                  climatiques exceptionnelles ou à une pollution acci-           Les périmètres de protection mentionnés à l’article
                                                                  dentelle de la ressource ;                                     L. 1321-2 pour les prélèvements d’eau destinés à
                                                                                                                                 l’alimentation des collectivités humaines peuvent
                                                                  2º l’utilisation de l’eau ne constitue pas un danger pour      porter sur des terrains disjoints. À l’intérieur du péri-
                                                                  la santé des personnes.                                        mètre de protection immédiate, dont les limites sont
                                                                                                                                 établies afin d’interdire toute introduction directe de
                                                                  Le dossier de la demande d’autorisation temporaire
                                                                                                                                 substances polluantes dans l’eau prélevée et d’empê-
                                                                  comprend les éléments mentionnés aux 1º, 2º, 6º, 7º
                                                                                                                                 cher la dégradation des ouvrages, les terrains sont
                                                                  et 8º de l’article R. 1321-6, ainsi que des éléments
                                                                                                                                 clôturés, sauf dérogation prévue dans l’acte déclaratif
                                                                  d’appréciation sur les caractéristiques géologiques et
                                                                                                                                 d’utilité publique, et sont régulièrement entretenus.
                                                                  hydrogéologiques du secteur aquifère ou du bassin
                                                                                                                                 Tous les travaux, installations, activités, dépôts, ouvrages,
                                                                  versant concerné, sur la vulnérabilité de la ressource
                                                                                                                                 aménagement ou occupation des sols y sont interdits,
                                                                  et sur les mesures de protection à mettre en place.
                                                                                                                                 en dehors de ceux qui sont explicitement autorisés
                                                                  Son contenu est précisé par un arrêté du ministre
                                                                                                                                 dans l’acte déclaratif d’utilité publique.
                                                                  chargé de la Santé.
                                                                                                                                 À l’intérieur du périmètre de protection rapprochée,
                                                                  S’il l’estime nécessaire, le préfet demande l’avis d’un
                                                                                                                                 sont interdits les travaux, installations, activités, dépôts,
                                                                  hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique
                                                                                                                                 ouvrages, aménagement ou occupation des sols
                                                                  dans les conditions prévues à l’article R. 1321-14 et
                                                                                                                                 susceptibles d’entraîner une pollution de nature à
                                                                  consulte le conseil départemental de l’environnement
                                                                                                                                 rendre l’eau impropre à la consommation humaine.
                                                                  et des risques sanitaires et technologiques. Dans tous
                                                                                                                                 Les autres travaux, installations, activités, dépôts,
                                                                  les cas, le préfet informe le conseil départemental des
                                                                                                                                 ouvrages, aménagement ou occupation des sols
                                                                  mesures mises en œuvre.
                                                                                                                                 peuvent faire l’objet de prescriptions, et sont soumis
                                                                  L’arrêté préfectoral d’autorisation temporaire fixe            à une surveillance particulière, prévues dans l’acte
                                                                  notamment les modalités de suivi de la qualité des             déclaratif d’utilité publique. Chaque fois qu’il est
                                                                  eaux, la date de fin de l’autorisation et le délai             nécessaire, le même acte précise que les limites du
                                                                  maximal de mise en place des moyens de sécurisation            périmètre de protection rapprochée seront matéria-
                                                                  de l’alimentation en eau destinée à la consommation            lisées et signalées.


                                                             52

                                                                                                                                                                                                 Sommaire
À l’intérieur du périmètre de protection éloignée            Article R. 1322-3


                                                                                                                             A
peuvent être réglementés les travaux, installations,
activités, dépôts, ouvrages, aménagement ou occu-            Une eau minérale naturelle ne doit pas contenir un
pation des sols qui, compte tenu de la nature des            nombre ou une concentration de micro-organismes,
terrains, présentent un danger de pollution pour les         de parasites ou de toute autre substance constituant
eaux prélevées ou transportées, du fait de la nature         un danger pour la santé publique.




                                                                                                                          Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                  Annexes
et de la quantité de produits polluants liés à ces           Elle répond en outre à des critères de qualité micro-
travaux, installations, activités, dépôts, ouvrages,         biologiques et physico-chimiques, définis par arrêté du
aménagement ou occupation des sols ou de l’étendue           ministre chargé de la Santé et, s’il s’agit d’une eau
des surfaces que ceux-ci occupent.                           conditionnée, par arrêté conjoint des ministres chargés
                                                             de la Consommation et de la Santé.
Article R. 1321-14
                                                             Les constituants physico-chimiques faisant l’objet d’une
Les hydrogéologues doivent obtenir un agrément en            limite réglementaire de concentration sont naturelle-
matière d’hygiène publique du préfet de région pour          ment présents dans l’eau minérale naturelle et ne
émettre des avis dans le cadre des procédures prévues        résultent ni d’une contamination de la source ni d’un
aux chapitres Ier et II du présent titre. Un arrêté du       traitement.
ministre chargé de la Santé fixe les modalités d’agré-
                                                             Les exigences indiquées ci-dessus sont respectées aux
ment et de désignation des hydrogéologues agréés
                                                             points de conformité suivants :
en matière d’hygiène publique, notamment la consti-
tution du dossier de la demande d’agrément, les              1° à l’émergence, pour tous les paramètres de qualité
compétences requises et la durée de l’agrément.              des eaux, en tenant compte de la mise en œuvre
                                                             ultérieure d’un traitement autorisé ;
Le silence gardé par le préfet de région pendant plus
de quatre mois sur la demande d’agrément vaut                2° et, selon les cas, au point où les eaux sont condi-
décision de rejet.                                           tionnées, aux points d’utilisation thermale ou aux points
                                                             de distribution en buvette publique.
Les frais supportés pour indemniser les hydrogéologues
sont à la charge du demandeur de l’autorisation de           Au cours de sa commercialisation, l’eau minérale
l’utilisation d’eau en vue de la consommation humaine.       naturelle conditionnée répond aux critères de qualité
Un arrêté des ministres chargés des Collectivités territo-   définis ci-dessus.
riales, de l’Économie et des Finances, de la Fonction
publique et de la Santé fixe les conditions de rému-         Article R. 1322-5
nération des hydrogéologues.
                                                             La demande d’autorisation d’exploiter une source
                                                             d’eau minérale naturelle, prévue à l’article L. 1322-1,
Article R. 1321-42
                                                             portant sur un projet de conditionnement, d’utilisation
Les eaux superficielles dont les caractéristiques physi-     à des fins thérapeutiques dans un établissement
ques, chimiques et microbiologiques sont supérieures         thermal ou de distribution en buvette publique, est
aux limites de qualité des eaux brutes fixées par l’ar-      adressée par le propriétaire ou par l’exploitant au
rêté mentionné au II de l’article R. 1321-7 ne peuvent       préfet du ou des départements sur lesquels sont situées
pas être utilisées pour la production d’eau destinée à       les installations.
la consommation humaine. Toutefois, l’emploi d’une
                                                             Le dossier de la demande comprend :
eau d’une telle qualité peut être exceptionnellement
autorisé par le préfet, en application des articles          1° la désignation du demandeur ;
R. 1321-7 à R. 1321-9, lorsque les deux conditions
                                                             2° une étude portant sur les caractéristiques géologi-
suivantes sont remplies :
                                                             ques et hydrogéologiques du secteur aquifère concerné
1° il est employé un traitement approprié, y compris         déterminant les caractéristiques de l’eau ;
le mélange, permettant de ramener toutes les carac-
                                                             3° les résultats d’analyses des caractéristiques chimi-
téristiques de qualité de l’eau à un niveau conforme
                                                             ques, physico-chimiques, microbiologiques permettant
aux limites de qualité fixées dans l’arrêté mentionné
                                                             d’évaluer la pureté de l’eau de la ressource utilisée et
à l’article R. 1321-2 ou aux valeurs maximales admis-
                                                             sa stabilité ;
sibles fixées par la dérogation accordée en application
de l’article R. 1321-31 ;                                    4° le cas échéant, une évaluation clinique et théra-
                                                             peutique ;
2° un plan de gestion des ressources en eau a été
défini à l’intérieur de la zone intéressée, sauf pour        5° l’avis de l’hydrogéologue agréé en matière d’hy-
certains paramètres mentionnés dans l’arrêté prévu au        giène publique, spécialement désigné par le préfet
II de l’article R. 1321-7.                                   pour l’étude du dossier ;


                                                                                                                         53

                                                                                                                            Sommaire
                                                                    6° la justification des produits et des procédés de trai-       d’un périmètre de protection et de travaux dans le



A
                                                                    tement à mettre éventuellement en œuvre ;                       périmètre de protection, JO n° 68 du 21 mars 2007,
                                                                                                                                    p. 5169.
                                                                    7° la description des installations de production et de
                                                                    distribution d’eau ;                                            • Arrêté du 5 mars 2007 relatif à la constitution du
                                                                    8° la description des modalités de surveillance de la           dossier de demande d’autorisation d’exploiter une
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                    qualité de l’eau.                                               source d’eau minérale naturelle pour le conditionne-
                                                                                                                                    ment, l’utilisation à des fins thérapeutiques dans un
                                                                    Les informations figurant au dossier sont précisées par         établissement thermal ou la distribution en buvette
                                                                    arrêté du ministre chargé de la Santé. Les frais de             publique, JO n° 73 du 27 mars 2007, p. 5670.
                                                                    constitution du dossier, y compris l’indemnisation de
                                                                    l’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique             • Arrêté du 20 juin 2007, relatif à la constitution du
                                                                    dans les conditions prévues à l’article R. 1321-14, sont        dossier de demande d’autorisation d’exploiter une
                                                                    à la charge du demandeur.                                       eau de source ou une eau rendue potable par traite-
                                                                                                                                    ment à des fins de conditionnement, ministère de la
                                                                    Article R. 1322-12                                              Santé, de la Jeunesse et des Sports, JO n° 158 du 10
                                                                                                                                    juillet 2007, p. 11671.
                                                                    Le titulaire d’une autorisation d’exploiter déclare au
                                                                                                                                    • Arrêté du 30 avril 2008 fixant les conditions d’in-
                                                                    préfet tout projet de modification des installations et
                                                                                                                                    demnisation des hydrogéologues agréés en matière
                                                                    des conditions d’exploitation mentionnées dans l’arrêté
                                                                                                                                    d’hygiène publique, JO n° 117 du 21 mai 2008,
                                                                    préfectoral d’autorisation et lui transmet tous les
                                                                    éléments utiles pour l’appréciation du projet, préala-          p. 8222.
                                                                    blement à son exécution.                                        • Circulaire du 24 juillet 1990 relative à la mise en
                                                                                                                                    place des périmètres de protection des points de
                                                                    Le préfet statue sur cette déclaration dans un délai de
                                                                                                                                    prélèvements d’eau destinée à la consommation
                                                                    deux mois, ou bien en prenant un arrêté modificatif,
                                                                    ou bien, en application du II de l’article L. 1322-1, en        humaine (art. L. 20 du Code de la santé publique).
                                                                    invitant le titulaire de l’autorisation, le cas échéant après   • Circulaire DGS/VS/4/93/N°24 du 5 avril 1994 relative
                                                                    consultation d’un hydrogéologue agréé en matière                aux modalités de désignation et de consultation des
                                                                    d’hygiène publique dans les conditions prévues à l’ar-          hydrogéologues agréés en matière d’hygiène
                                                                    ticle R. 1321-14, à solliciter une révision de l’autorisation   publique.
                                                                    initiale. À défaut de décision dans ce délai, le projet de
                                                                    modification est réputé accepté.                                • Circulaire DGS/VS4/ENV/INT/FP no 97-2 du 2 janvier
                                                                                                                                    1997 relative à la mise en place des périmètres de
                                                                    La consultation d’un hydrogéologue est obligatoire              protection des points de prélèvement d’eau destinée
                                                                    lorsque les modifications demandées concernent le               à la consommation humaine
                                                                    débit d’exploitation.
                                                                                                                                    • Circulaire DGS/VS4 no 98-05 du 6 janvier 1998 rela-
                                                                    Article R. 1322-25                                              tive aux recommandations du Conseil supérieur d’hy-
                                                                                                                                    giène publique de France vis-à-vis de l’installation
                                                                    Lorsqu’il est saisi, en application de l’article L. 1322-5,     d’antennes sur les réservoirs aériens.
                                                                    par le propriétaire d’une source d’eau minérale natu-
                                                                                                                                    • Circulaire DGS/SD7A N°186 du 22 avril 2004 relative
                                                                    relle d’une demande tendant à interdire des travaux
                                                                                                                                    à l’indemnisation des hydrogéologues agréés en
                                                                    entrepris dans le périmètre de protection, le préfet fait
                                                                                                                                    matière d’hygiène publique.
                                                                    évaluer, aux frais du demandeur, par l’hydrogéologue
                                                                    agréé en matière d’hygiène publique dans les condi-             • Avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de
                                                                    tions prévues à l’article R. 1321-14, spécialement              France du 5 septembre 1996 relatif à l’inhumation en
                                                                    désigné à cet effet, les risques d’altération ou de dimi-       terrain privé.
                                                                    nution de la source.
                                                                                                                                    • Avis du CSHPF du 7 novembre 2006 relatif aux
                                                                                                                                    captages de secours (disponible sur www.sante.gouv.fr,
                                                                                                                                    « Accédez à tous les dossiers », lettre C, « Conseil supé-
                                                                  0 Textes non codifiés                                             rieur d’hygiène publique de France », avis de la section
                                                                                                                                    des eaux, ressource en eau et leurs pro­tections).
                                                                    • Arrêté du 31 août 1993 relatif aux modalités de
                                                                    désignation et de consultation des hydrogéologues
                                                                    agréés en matière d’hygiène publique, JO n° 235 du
                                                                    9 octobre 1993, p. 14 089.
                                                                    • Arrêté du 26 février 2007 relatif à la constitution des
                                                                    dossiers de demande de déclaration d’intérêt public
                                                                    d’une source d’eau minérale naturelle, d’assignation


                                                             54

                                                                                                                                                                                                 Sommaire
0 Autres textes                                                  • s’il est fait application d’un plan simple de gestion



                                                                                                                                  A
                                                                 agréé conformément à l’article L. 222-1 du code
                                                                 forestier ou d’un règlement-type de gestion approuvé
  Code général des collectivités                                 conformément aux dispositions du II de l’article L. 8 et
  territoriales                                                  de l’article L. 222-6 du même code ;




                                                                                                                               Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                       Annexes
                                                                 • si les coupes entrent dans le cadre d’une autorisation
  Article R. 2213-32                                             par catégories définies par arrêté préfectoral, après
  L’inhumation dans une propriété particulière du corps          avis du centre régional de la propriété forestière.
  d’une personne décédée est autorisée par le préfet             La décision prescrivant l’élaboration d’un plan local
  du département où est située cette propriété sur attes-        d’urbanisme peut également soumettre à l’autorisa-
  tation que les formalités prescrites par l’article
                                                                 tion préalable prévue aux quatre alinéas précédents,
  R. 2213-17 et par les articles 78 et suivants du Code
                                                                 sur tout ou partie du territoire concerné par ce plan,
  civil ont été accomplies et après avis d’un hydrogéo-
                                                                 les coupes ou abattages d’arbres isolés, de haies ou
  logue agréé.
                                                                 réseaux de haies et de plantations d’alignement.

                                                                 L’autorisation de coupe et d’abattage d’arbres est
                                                                 délivrée dans les formes, conditions et délais déter-
  Code de l’urbanisme                                            minés par décret en Conseil d’État :

  Article L. 130-1                                               a) dans les communes où un plan local d’urbanisme
                                                                 a été approuvé, au nom de la commune ou de l’éta-
  Les plans locaux d’urbanisme peuvent classer comme             blissement public de coopération intercommunale ou
  espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à         de l’État, selon les cas et modalités prévus aux articles
  protéger ou à créer, qu’ils relèvent ou non du régime          L. 421-2-1 à L. 421-2-8. Toutefois, par dérogation aux
  forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habi-
                                                                 dispositions de la loi nº 82-213 du 2 mars 1982 modi-
  tations. Ce classement peut s’appliquer également à
                                                                 fiée relative aux droits et libertés des communes, des
  des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies, des
                                                                 départements et des régions et à l’article L. 21-2-4, la
  plantations d’alignements.
                                                                 décision ne devient exécutoire que quinze jours après
  Le classement interdit tout changement d’affectation ou        qu’il a été procédé à sa notification et à sa transmis-
  tout mode d’occupation du sol de nature à compro-              sion au représentant de l’État. Les dispositions de l’ar-
  mettre la conservation, la protection ou la création des       ticle L. 421-9 sont alors applicables ;
  boisements.
                                                                 b) dans les autres communes, au nom de l’État.
  Nonobstant toutes dispositions contraires, il entraîne le
  rejet de plein droit de la demande d’autorisation de           Nota : l’article 41 de l’ordonnance nº 2005-1527
  défrichement prévue aux chapitres Ier et II du Titre Ier       énonce : « La présente ordonnance entrera en vigueur
  Livre III du Code forestier.                                   à des dates fixées par décret en Conseil d’État et au
                                                                 plus tard le 1er juillet 2007. » Le décret nº 2007-18 du
  Il est fait exception à ces interdictions pour l’exploi-       5 janvier 2007, en son article 26 fixe cette date au
  tation des produits minéraux importants pour l’éco-
                                                                 1er juillet 2007, sous les réserves énoncées dans ce
  nomie nationale ou régionale, et dont les gisements
                                                                 même article 26.
  ont fait l’objet d’une reconnaissance par un plan d’oc-
  cupation des sols rendu public ou approuvé avant le            En dernier lieu, l’article 72 de la loi nº 2007-209 du
  10 juillet 1973 ou par le document d’urbanisme en              19 février 2007 reporte la date limite d’entrée en
  tenant lieu approuvé avant la même date. Dans ce               vigueur de l’ordonnance au 1er octobre 2007.
  cas, l’autorisation ne peut être accordée que si le péti-
  tionnaire s’engage préalablement à réaménager le site
  exploité et si les conséquences de l’exploitation, au vu
  de l’étude d’impact, ne sont pas dommageables pour           0 Textes non codifiés
  l’environnement. Un décret en Conseil d’État détermine
  les conditions d’application du présent alinéa.                Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de
  Dans les bois, forêts ou parcs situés sur le territoire de     l’Emploi
  communes où l’établissement d’un plan local d’urba-
                                                                 Arrêté du 1er juillet 2004 fixant les règles techniques
  nisme a été prescrit, ainsi que dans tout espace boisé
                                                                 et de sécurité applicables au stockage de produits
  classé, les coupes et abattages d’arbres sont soumis à
                                                                 pétroliers dans les lieux non visés par la législation des
  autorisation préalable, sauf dans les cas suivants :
                                                                 installations classées ni la réglementation des établisse-
  • s’il est fait application des dispositions du Livre I du     ments recevant du public, JO n° 171 du 25 juillet 2004,
  Code forestier ;                                               p. 13328.


                                                                                                                              55

                                                                                                                                 Sommaire
                                                                  Ministère de l’Écologie, de l’Énergie,                      Ministère de la Défense


A
                                                                  du Développement durable et
                                                                  de l’Aménagement du territoire                              Arrêté du 6 juin 2005 fixant les modalités d’applica-
                                                                                                                              tion aux installations, aux services et organismes
                                                                  Arrêté du 22 juin 2007 relatif à la collecte, au trans-     dépendant de l’autorité ou placés sous la tutelle du
                                                                  port et au traitement des eaux usées des aggloméra-         ministre de la Défense des dispositions du Titre II du
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  tions d’assainissement ainsi qu’à la surveillance de leur   Livre III de la partie réglementaire du Code de la
                                                                  fonctionnement et de leur efficacité, et aux dispositifs    santé publique relative aux eaux destinées à la
                                                                  d’assainissement non collectif recevant une charge          consommation humaine, à l’exclusion des eaux miné-
                                                                  brute de pollution organique supérieure à 1,2 kg/j de       rales naturelles.
                                                                  DBO5, JO n° 162 du 14 juillet 2007, p. 1937.




                                                             56

                                                                                                                                                                                       Sommaire
                                             ANNEXE 2
 Missions non demandées par le ministère chargé de la Santé :                                                                A
   autres interventions de l’hydrogéologue agréé prévues par d’autres règlements




                                                                                                                          Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                  Annexes
Épandages                                                    publique est évoquée dans certaines notes de service.
                                                             Il s’agit de la note de service DGAL/SDSPA/2002-8005
Dans trois arrêtés du ministère chargé de l’Écologie,        du 5 juin 2002 (annexe 2) relative au plan d’urgence
l’avis de l’hydrogéologue agréé est demandé en ce            contre les épizooties majeures et les instructions admi-
qui concerne les risques pour les eaux souterraines liés     nistratives, de la note 2003-8050 du 10 mars 2003
à toute application de déchets ou effluents sur ou dans      (chapitre 5, annexe 2) et de la lettre ordre de service
les sols agricoles. Il s’agit :                              du 12 août 2003.

• de l’arrêté du ministère de l’Aménagement du terri-        La participation d’un hydrogéologue agréé, en
toire et de l’Environnement du 3 avril 2000 relatif à        général du coordonnateur départemental, peut être
l’industrie papetière (Titre XII Pollution des eaux épan-    sollicitée par les préfets pour participer au conseil
dage, art. 12.3 Épandage) qui stipule qu’une dose            départemental de la santé et de la protection animale,
d’apport d’azote sur les cultures autres que prairies et     instauré en application du décret n° 2006-672 du 8 juin
légumineuses supérieure à 200 kg/ha/an peut être             2006 relatif à la création, à la composition et au
tolérée si l’azote minéral est inférieur à 20 % dans le      fonctionnement de commissions administratives à
déchet et sous réserve de l’avis de l’hydrogéologue          caractère consultatif. L’hydrogéologue agréé fait partie
agréé vis-à-vis des risques pour les eaux souterraines ;     du collège des membres professionnels.
• de l’arrêté du ministère de l’Écologie et du Dévelop­      Lors d’épizooties (fièvre aphteuse, fièvre catarrhale du
pement durable du 12 février 2003 (annexe II Épan­           mouton…) ou de mortalité par canicule, les hydro-
dage) relatif aux prescriptions applicables aux installa-    géologues agréés des départements d’élevage sont
tions classées soumises à autorisation sous la rubrique      régulièrement sollicités pour émettre des avis sur les
2730 (traitement des cadavres, des déchets ou des            conditions d’enfouissement des carcasses que le service
sous-produits d’origine animale à l’exclusion des acti-      d’équarrissage ne peut traiter.
vités visées par d’autres rubriques de la nomenclature) ;
                                                             Dans son avis en date du 15 mars 2006 (saisine
• de l’arrêté du 12 février 2003 (annexe II Épandage)        n° 2005-SA-232) l’Agence française de sécurité sani-
relatif aux prescriptions applicables aux installations      taire des aliments (Afssa) indique qu’en situation d’épi-
classées soumises à autorisation sous la rubrique 2731       zootie la probabilité de contamination des ressources
(dépôts de chairs, cadavres, débris ou issus d’origine       en eau par des virus influenza est nulle pour les eaux
animale à l’exclusion des dépôts de peaux).                  souterraines bien protégées (milieu poreux et socle
                                                             couvert), nulle à négligeable à partir d’élevages et
                                                             négligeable à élevée à partir de l’avifaune sauvage
                                                             pour les eaux superficielles et karstiques, nulle à
Enfouissement de carcasses                                   modérée pour les ressources privées (puits). Compte
d’animaux                                                    tenu de l’existence de traitement de l’eau avant distri-
                                                             bution, la probabilité de trouver des virus au point
L’arrêté du 7 août 1998 relatif à l’élimination des
                                                             d’usage est nulle pour les eaux souterraines bien proté-
cadavres d’animaux et au nourrissage des rapaces
                                                             gées, nulle à négligeable ou nulle à modérée pour
nécrophages (ministère de l’Agriculture et de la Pêche)
                                                             les eaux superficielles et karstiques et nulle à modérée
stipule que l’enfouissement des carcasses est possible,
                                                             pour les ressources privées.
lorsque les cadavres d’animaux ne peuvent être
conduits directement dans une usine de transformation        L’enfouissement de carcasses de volailles contaminées
de matières à haut risque ou entreposés dans un              par H5N1, virus fragile dans l’environnement, n’impose
centre de collecte titulaire de marchés pour la collecte     pas de mesures différentes de celles appliquées dans
ou la transformation des cadavres d’animaux, confor-         le cas général.
mément aux dispositions prévues pour un foyer de
fièvre aphteuse et après avis d’un hydrogéologue afin        Agissant dans l’urgence et compte tenu de leurs
de définir les périmètres d’enfouissement. L’inter­vention   connaissances de l’hydrogéologie locale, les hydro-
d’un hydrogéologue agréé en matière d’hy­giène               géologues agréés sollicités par le préfet apportent leur


                                                                                                                         57

                                                                                                                            Sommaire
                                                                  conseil pour que les enfouissements, à réaliser au plus   captage d’eau destinée à la consommation humaine



A
                                                                  près des bâtiments d’élevage en cas d’agent virulent,     publics ou privés. Ils sont alors rémunérés par des
                                                                  ne se fassent pas dans une tranche de terrain pouvant     crédits spéciaux du ministère concerné affectés en
                                                                  se saturer et soient réalisés à l’écart des points de     préfecture.
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                             58

                                                                                                                                                                                  Sommaire
                                             ANNEXE 3
              Conseil supérieur d’hygiène publique de France                                                                   A
                Section Évaluation des risques de l’environnement sur la santé




                                                                                                                            Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                    Annexes
Recommandation relative                                     Les cimetières, qu’ils soient publics ou privés, de même
                                                            que les tombes privées, sont destinés à recevoir les
aux critères topographiques,                                corps des défunts et doivent être établis sur des sites
géologiques et d’hygiène                                    convenablement choisis et adaptés aux différents types
                                                            de sépultures afin de ne pas engendrer d’atteintes à
publique à prendre en compte                                l’environnement ou de nuisances sur le plan de l’hy-
pour assurer la protection                                  giène publique.
de l’hygiène publique en matière                            Les terrains d’inhumation doivent présenter des carac-
de cimetière                                                téristiques géologiques propices à l’oxydation des
(adoptée lors de sa séance du 5 septembre 1996)             corps dans des conditions telles que les produits de
                                                            décomposition puissent disparaître rapidement et
L’article R. 2213-32 du Code général des collectivités      totalement sans entraîner de risques de contamination
territoriales impose l’avis d’un hydrogéologue agréé        grave pour les eaux superficielles ou souterraines.
en matière d’hygiène publique avant délivrance d’une
                                                            C’est à l’hydrogéologue agréé en matière d’hygiène
autorisation d’inhumer en terrain privé.
                                                            publique qu’il appartient d’apprécier l’aptitude des
Pour les cimetières urbains soumis à enquête de             terrains à recevoir des inhumations et les risques poten-
commodo et incommodo et avis du conseil départe-            tiels de pollution que les cimetières peuvent créer.
mental d’hygiène, les services sanitaires demandent         Il sera ainsi amené, lors de la visite qu’il effectue sur le
un avis hydrogéologique sur les risques de pollution de     site, à étudier :
la ressource en eau avant de se prononcer. Cet avis
d’un hydrogéologue agréé n’est pas imposé par les           1) les données topographiques ;
textes. Toutefois il permet dans la plupart des cas de      2) les critères géologiques ;
lever les doutes subsistant sur l’opportunité d’implanter
                                                            3) le contexte hydrogéologique ;
un cimetière en tel lieu plutôt qu’en tel autre et la
décision est prise plus rapidement.                         4) les aspects liés à l’hygiène publique ;
                                                            5) les aménagements propres à supprimer ou à
Pour les communes rurales et pour les communes
                                                                réduire les éventuelles nuisances.
urbaines dont le projet de cimetière n’est pas soumis
à avis du conseil départemental d’hygiène, cet avis         On conçoit dès lors que l’intervention de l’hydrogéo-
d’un hydrogéologue agréé n’est pas requis par les           logue agréé soit nécessaire dès le stade initial, c’est-
textes. Il est cependant hautement conseillé pour           à-dire dès le choix provisoire, ou envisagé, d’un terrain
s’assurer de la protection de la ressource en eau.          d’inhumation.

Juridiquement le suivi de l’avis de l’hydrogéologue
agréé n’est pas imposé par la réglementation funé-          1. CRITÈRES TOPOGRAPHIQUES
raire. Il peut l’être par la réglementation relative à la
protection de la ressource en eau si le projet de cime-     L’installation des cimetières doit se faire, de préfé-
tière est dans une zone de captage pour l’alimenta-         rence, sur des terrains à surface horizontale ou de
tion en eau potable. Dans tous les cas, je vous             pente faible (de l’ordre de 5 à 7 % au plus).
demande de conseiller aux maires de suivre l’avis de        Lorsque la déclivité est plus forte, il appartient à l’hy-
l’hydrogéologue agréé lors de la création d’un cime-        drogéologue agréé :
tière, car le coût de dépollution est toujours sans         • de prescrire, si nécessaire, des études géotechniques
commune mesure avec le coût de réduction à la                  pour vérifier la stabilité non seulement des terrains
source.                                                        du cimetière mais également de ceux situés immé-
Les hydrogéologues agréés en matière d’hygiène                 diatement au-dessous ;
publique sont désignés par le préfet de région, confor-     • de donner des indications sur la nature des travaux
mément à l’article R. 1321-12 du Code de la santé              à réaliser (création de terrasses ou de banquettes,
publique.                                                      collecte des eaux de ruissellement, etc.).


                                                                                                                           59

                                                                                                                              Sommaire
                                                                  2. CRITÈRES GÉOLOGIQUES                                      3. CONTEXTE

A                                                                 2.1 Aptitude au creusement des terrains
                                                                  superficiels et de la partie supérieure
                                                                  du substratum
                                                                                                                               HYDROGÉOLOGIQUE
                                                                                                                               Il y a lieu de distinguer l’eau provenant de circulations
                                                                                                                               superficielles ou de percolations temporaires liées à la
                                                                                                                               pluviométrie récente et celle des nappes véritables.
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  Il est indispensable de disposer d’une épaisseur suffi-
                                                                  sante de terrains faciles à creuser afin que la profon-      L’hydrogéologue agréé devra s’assurer que le fond
                                                                  deur d’inhumation empêche l’action des animaux               des fosses ou des caveaux restera, en toutes circons-
                                                                  fouisseurs.                                                  tances, au-dessus du plus haut niveau de la première
                                                                                                                               nappe ; une marge de sécurité d’au moins un mètre
                                                                  Pour les inhumations en pleine terre, il faut un recou-
                                                                                                                               paraît souhaitable.
                                                                  vrement minimum de un mètre au-dessus du dernier
                                                                  cercueil. Étant donné que les cercueils ont une hauteur      En cas d’implantation de caveaux directement dans
                                                                  de 0,40 à 0,50 mètre, ceci impose une possibilité de         la nappe, il parait en effet impossible que le fabricant
                                                                  creusement de :                                              engage sa garantie sur la durée d’utilisation des
                                                                  – 1,40 à 1,50 mètre pour un corps ;                          concessions, qui sont renouvelables indéfiniment dans
                                                                  – 1,90 à 2,10 mètres pour deux corps superposés ;            un cimetière, en raison des risques de fissuration ou de
                                                                                                                               corrosion du béton, d’altération des joints d’étanchéité.
                                                                  – 2,40 à 2,70 mètres pour trois corps superposés.            C’est pourquoi les caveaux, même étanches, ne
                                                                  Dans le cas des caveaux maçonnés, une profondeur de          doivent pas être installés directement dans la nappe.
                                                                  1,40 mètre peut suffire pour la superposition de deux
                                                                  corps.                                                       L’étude devra porter particulièrement sur les points
                                                                                                                               suivants :
                                                                  Afin d’apprécier l’aptitude au creusement des terrains,
                                                                  l’hydrogéologue agréé doit faire procéder à des              3.1 Identification de l’aquifère sous-jacent
                                                                  travaux de reconnaissance (fouilles à la pelle méca-
                                                                  nique, sondages mécaniques, etc.) judicieusement             3.1.1 Lithologie du réservoir aquifère
                                                                  répartis et conduits, sauf impossibilité, jusqu’à une        3.1.2 Type de nappe
                                                                  profondeur de 3 mètres.
                                                                                                                               – nappe d’imprégnation en relation ou non avec un
                                                                  Il attirera l’attention sur les éventuelles difficultés de
                                                                                                                                  cours d’eau ;
                                                                  creusement des fosses liées, soit à la nature du subs-
                                                                  tratum, soit à son hétérogénéité.                            – nappe de fissure ;
                                                                  À titre d’exemples, certaines roches même cohérentes
                                                                                                                               – nappe libre ou captive.
                                                                  se laissent aisément creuser (craie, schistes, calcaires
                                                                  en plaquettes, calcaires marneux, etc.) alors que            3.1.3 Modalités, direction et vitesse d’écoulement des
                                                                  d’autres sont difficilement excavables (granites sains,      eaux
                                                                  basaltes, calcaires massifs, etc.).
                                                                                                                               3.1.4 Situation des exutoires naturels (sources) ou
                                                                                                                               artificiels (puits, forages) par rapport au cimetière
                                                                  2.2 Qualité des terrains
                                                                  Outre la nature des terrains, l’hydrogéologue agréé          3.1.5 Qualité de l’eau
                                                                  étudiera leurs caractéristiques physiques et s’assurera,
                                                                  en particulier, qu’ils présentent une porosité et une        3.2 Évaluation du rôle épurateur
                                                                  perméa­bilité suffisantes pour permettre l’oxydation des     des terrains
                                                                  matières organiques. Pour cela les formations géologi-
                                                                                                                               3.2.1 Dans la zone non saturée en eau, le fond des
                                                                  ques concernées doivent favoriser la circulation de l’air
                                                                                                                               fosses devant se trouver au-dessus du niveau des plus
                                                                  et la percolation des eaux, sans que ces dernières
                                                                                                                               hautes eaux de la nappe, c’est la zone non saturée qui
                                                                  stagnent pour autant dans le fond des fosses.
                                                                                                                               va recevoir les produits de la dégradation des corps. Ils
                                                                  De ce point de vue, les couches d’argiles et les             y seront soumis à des phénomènes de décomposition
                                                                  roches compactes doivent être considérées comme              aérobie, de filtration et d’adsorption. Ceux-ci sont sous
                                                                  inaptes à l’installation de fosses en pleine terre dans      la dépendance de l’aération du milieu pour la décom-
                                                                  les cimetières.                                              position aérobie, de la granulométrie du sol pour la
                                                                                                                               filtration et de la teneur en argiles pour l’adsorption.

                                                                                                                               Vis-à-vis du risque bactérien, une formation dotée
                                                                                                                               d’une perméabilité d’interstices (sable) permet une
                                                                                                                               élimination par filtration des micro-organismes sur des
                                                                                                                               distances d’autant plus courtes que la granulométrie
                                                                                                                               est plus fine.


                                                             60

                                                                                                                                                                                           Sommaire
Par ailleurs, les saturations en eaux temporaires des         4.2 Protection des eaux


                                                                                                                               A
pores provoquent l’alternance de phases aérobie et
                                                              4.2.1 Protection des captages d’eau potable
anaérobie, mais sont généralement favorables à                L’article L. 2223-1 du Code général des collectivités
l’oxydation complète des produits de décomposition.           territoriales réglemente la création d’un cimetière à
Dans les terrains finement fissurés par contre, le phéno-     moins de 35 mètres des habitations.




                                                                                                                            Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                    Annexes
mène de filtration est très réduit alors que celui d’ad-      L’article L. 2223-5 du Code général des collectivités
sorption peut devenir important si les fissures sont tapis-   territoriales interdit le creusement d’un puits à moins
sées d’argiles. En milieu largement fissuré, il existe un     de 100 mètres des nouveaux cimetières transférés
risque d’entraînement rapide à grande distance et             hors du périmètre d’agglomération des communes.
grande profondeur des produits de la décomposition
des corps.                                                    Ces deux articles sont en apparence contradictoires en
                                                              ce qui concerne la distance devant séparer les cime-
L’hydrogéologue agréé devra donc s’efforcer d’appré-          tières des captages les plus proches.
cier, lorsque des captages d’eau potable sont présents
à l’aval hydrogéologique, la durée de transfert d’une         En l’état actuel des connaissances, la distance mini-
éventuelle pollution et le pouvoir d’épuration naturelle      male de 35 mètres peut être considérée, pour des
des terrains.                                                 captages limités à un usage purement familial,
                                                              comme une marge de sécurité acceptable dans de
3.2.2 Dans la zone saturée en eau, les phénomènes             nombreux cas.
d’adsorption disparaissent pratiquement alors que la
filtration continue à jouer si le réservoir aquifère          Elle peut, par contre, se révéler insuffisante en cas de
présente une perméabilité d’interstices.                      contexte hydrogéologique défavorable ou de prélè-
                                                              vement important d’eau souterraine (captage public).
Par contre la dispersion intervient, liée à la vitesse        Dans ce contexte, il est du ressort de l’hydrogéologue
d’écoulement de l’eau et à l’importance du taux de            agréé de proposer d’augmenter cette distance de
renouvellement de l’eau de la nappe.                          manière à assurer la protection des captages d’ali-
                                                              mentation en eau potable.

                                                              En application de l’arrêt Labonne (Conseil d’État, 1919),
4. ASPECTS D’HYGIÈNE PUBLIQUE                                 une autorité de police municipale peut toujours pres-
                                                              crire des mesures plus contraignantes que celles prévues
4.1 Dégradation des corps                                     par une réglementation nationale en matière de
                                                              protection de la santé publique, sous réserve de motiver
Tous les critères précédents visent à obtenir une             cette décision par des circonstances locales particulières
dégradation des corps aussi rapide que possible. Il           de cette décision. Dans ces conditions, le maire peut
en découle un certain nombre de nuisances parmi               ajouter une réglementation locale ou des servitudes
lesquelles :                                                  locales. Ainsi le Conseil d’État a reconnu la légalité de
                                                              l’interdiction d’implantation de caveaux au-dessus du
4.1.1 Des émanations de gaz qui normalement diffu-
                                                              sol prise par un maire dans l’intérêt de la salubrité
sent à travers le sol s’il est suffisamment perméable et
                                                              publique (CE, 18 mars 1932, Monsieur Frédéric Bertrand)
poreux. Dans le cas contraire, des sorties brutales sont à    avant la publication de la circulaire du ministère de
craindre ;                                                    l’Intérieur n° 79-141 du 2 avril 1979 interdisant la mise
4.1.2 Une dissémination microbienne et virale qui doit        en place de caveaux au-dessus du sol en collectif de
être limitée au sol ;                                         grande capacité.

4.1.3 Une dissémination de substances résiduelles             Le maire peut donc, sur ces bases, augmenter les
                                                              distances réglementaires entre le cimetière et les habi-
entraînées par les eaux de percolation, notamment
                                                              tations voisines ou imposer l’emploi de caveaux étan-
lorsqu’il y a inhumation en pleine terre.
                                                              ches évitant toute pollution du milieu.
L’un des principaux objectifs de l’intervention de l’hy-
                                                              4.2.2 Protection des nappes souterraines
drogéologue agréé est de choisir les terrains favorisant
au maximum une disparition rapide des corps dans              Doivent être prises en considération, la qualité des
des conditions satisfaisantes pour l’hygiène publique         eaux des nappes (propres ou impropres à la consom-
sans, pour autant, entraîner de nuisances pour les            mation), leur utilisation actuelle et leurs possibilités
eaux souterraines.                                            d’emploi ultérieures.

De ce point de vue, l’emploi pour l’inhumation de             Le cimetière, à cause des risques de pollution des
substances inaltérables ou difficilement biodégradables       eaux souterraines qu’il peut engendrer, doit être
(bois dur, plastiques), comme certains soins de conser-       installé dans des conditions telles qu’il ne puisse
vation, sont en contradiction avec l’objectif visé.           entraîner une dégradation importante de la qualité


                                                                                                                           61

                                                                                                                              Sommaire
                                                                  des nappes d’eau souterraines, surtout lorsque ces             5. AMÉNAGEMENTS

A
                                                                  dernières ont un intérêt économique. Partant, il doit
                                                                  satisfaire aux dispositions de la législation sur la protec-   PROPRES À RÉDUIRE
                                                                  tion des eaux.                                                 LES ÉVENTUELLES NUISANCES
                                                                                                                                 Dans la mesure où les aménagements peuvent avoir
                                                                  4.3 Délai de rotation des tombes
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                                                                                 une influence directe ou indirecte sur l’hygiène, l’hy-
                                                                  L’article R. 2223-5 du Code général des collectivités          drogéologue agréé doit porter attention aux aspects
                                                                  territoriales impose un délai minimal de cinq ans pour         suivants.
                                                                  la récupération des tombes en pleine terre. Toutefois
                                                                  le maire peut, conformément à ses pouvoirs de police,          5.1 Collecte des eaux pluviales
                                                                  augmenter ce délai dans l’intérêt de la salubrité              et de ruissellement
                                                                  publique.                                                      Afin d’éviter l’entrée d’eaux superficielles dans les
                                                                  Un délai minimal de cinq ans de rotation des tombes            tombes ou les caveaux, l’hydrogéologue agréé devra
                                                                  en pleine terre est compatible avec des terrains sains,        apprécier l’utilité de la création d’un réseau de collecte
                                                                  secs, poreux et perméables (sables, limons, craie non          intérieur et éventuellement d’un fossé de ceinture
                                                                  saturée).                                                      extérieur avec évacuation des eaux collectées vers
                                                                                                                                 l’aval ou le réseau public d’assainissement.
                                                                  Pour les terrains de natures différentes, le délai de
                                                                  rotation, plus long, doit être apprécié et proposé par         Il convient de rappeler à ce sujet l’intérêt de maintenir
                                                                  l’hydrogéologue agréé en fonction des caractéristiques         les allées en léger contrebas des carrés d’inhumation.
                                                                  du terrain (perméabilité, porosité, etc.). Des délais
                                                                  double (dix ans) ou triple (quinze ans) semblent               5.2 Éventualité d’un drainage profond
                                                                  acceptables. Au-delà de vingt ans, le problème de              Le drainage profond est une solution extrême à n’en-
                                                                  l’aptitude des terrains à recevoir des inhumations se          visager que s’il est impossible de trouver à proximité un
                                                                  pose, surtout en zone urbaine où, pour une utilisation         site meilleur ou dans le cas d’un cimetière en remblai
                                                                  optimale du terrain, le délai de rotation doit être aussi      sur des terrains peu perméables.
                                                                  faible que possible et pour cela le recours à des
                                                                  caveaux étanches appelés « autonomes » peut être               Comme il serait inadmissible de rejeter dans la nature
                                                                  une solution acceptable.                                       les eaux d’un tel drainage car elles risquent d’être
                                                                                                                                 contaminées, il y a lieu de prévoir dans ce cas :
                                                                  Dans son arrêt « Communes de Contes/A. Cristini »
                                                                                                                                 – soit leur renvoi vers une station d’épuration ;
                                                                  n° 72-998 du 11 décembre 1987, le Conseil d’État
                                                                  considère que la réduction de corps doit avoir lieu            – soit un dispositif adapté à leur épuration, approuvé
                                                                  avec décence. Ainsi, la réduction du corps par des                par les services sanitaires.
                                                                  moyens mécaniques pourrait constituer, sous réserve
                                                                                                                                 En tout état de cause, la solution technique de rehaus-
                                                                  de l’avis des tribunaux compétents, un délit de viola-
                                                                                                                                 sement du sol par apport de matériaux de remblai
                                                                  tion de sépulture visé à l’article 225-17 du Code pénal
                                                                                                                                 appropriés est préférable.
                                                                  qui réprime toute atteinte à l’intégrité du corps.

                                                                  Dans ces conditions le maire a tout intérêt à augmenter        5.3 Cas des cimetières en pente
                                                                  le délai de rotation des tombes en pleine terre afin           Lorsque la pente du cimetière impose des aménage-
                                                                  qu’il soit supérieur au délai de dégradation des corps.        ments particuliers (terrasses par exemple), l’hydrogéo-
                                                                                                                                 logue agréé devra évaluer les risques d’écoulement
                                                                  Le délai de rotation s’applique actuellement aux
                                                                                                                                 ou de résurgence des liqueurs à la surface du sol et, si
                                                                  « inhumations en pleine terre » mais non aux « caveaux
                                                                                                                                 nécessaire, fournira des indications sur les aménage-
                                                                  traditionnels », maçonnés en parpaings ou en briques.
                                                                                                                                 ments susceptibles de les éviter (absence de barba-
                                                                  Pour ceux-ci il serait judicieux de fixer un délai préa-
                                                                                                                                 canes dans les murs de soutènement, largeur des talus
                                                                  lable à toute réduction de corps qui, en l’état actuel
                                                                                                                                 suffisante pour assurer le confinement, etc.).
                                                                  des connaissances, ne paraît pas devoir être inférieur
                                                                  au délai de rotation en pleine terre.
                                                                                                                                 5.4 Superficie
                                                                  Pour les caveaux autonomes en béton étanche, le
                                                                                                                                 En fonction de ses observations, du nombre de super-
                                                                  délai de dégradation des corps dépend de la météo-
                                                                                                                                 positions qu’il juge acceptable dans les concessions, de
                                                                  rologie du lieu. Il est inférieur à cinq ans en climat
                                                                                                                                 la nature des terrains et du délai de rotation des
                                                                  méditerranéen, mais l’on manque de données statis-
                                                                                                                                 tombes, l’hydrogéologue doit vérifier l’adéquation des
                                                                  tiques pour les autres régions françaises.
                                                                                                                                 surfaces proposées avec la mortalité locale, compte
                                                                                                                                 tenu des espaces à réserver pour les circulations inté-
                                                                                                                                 rieures nécessaires à un cimetière moderne.




                                                             62

                                                                                                                                                                                              Sommaire
Il est rappelé à cet égard que la surface d’une conces-     déclaration d’utilité publique. En effet, en l’état actuel



                                                                                                                              A
sion de 2 m2 nécessite un empiétement au sol d’une          de la jurisprudence administrative, une opération ne
surface double, compte tenu des séparations inter-          peut être déclarée d’utilité publique sur le fondement
tombes et ceci sans compter les allées de circulation.      de l’article L. 11-1 du Code de l’expropriation, si elle
                                                            ne prévoit pas l’expropriation ou la cession amiable au
5.5 Règlement de cimetière                                  profit de l’expropriant des terrains compris dans les




                                                                                                                           Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                   Annexes
L’établissement d’un règlement de cimetière est indis-      emprises de la déclaration d’utilité publique (CE, 4 mars
pensable pour une bonne gestion de celui-ci, bien que       1991, Palanque ; CE, 3 décembre 1953, commune
les communes ne soient pas tenues, juridiquement,           de Villeneuve-sur-Lot). Le cimetière étant une compo-
d’établir un tel règlement. Dans le cas où un règlement     sante du domaine public communal (depuis l’arrêt
existe, l’hydrogéologue agréé rappellera que ce règle-      Marécar du Conseil d’État du 28 juin 1935), une telle
ment de cimetière doit notamment reprendre les pres-        procédure est inapplicable.
criptions qu’il a édictées (délai de rotation des tombes,
aménagements, etc.).                                        En revanche, la reconnaissance d’utilité publique
                                                            résulte de la délibération du conseil municipal qui
                                                            affecte le sol du cimetière à l’exercice d’une autre
                                                            activité d’utilité publique. Cette délibération doit avoir,
6. CAS PARTICULIER                                          par exemple, pour objet de prévoir l’affectation future
DES CIMETIÈRES ANCIENS                                      du sol du cimetière à l’usage libre du public ou à la
Pour les cimetières anciens qui ne répondent pas aux        gestion d’un service public.
critères définis précédemment, plusieurs solutions
                                                            Par ailleurs le maire peut, dans le cadre de ses pouvoirs
peuvent être envisagées sur avis de l’hydrogéologue
                                                            de police, interdire toute inhumation, même en
agréé en matière d’hygiène publique.
                                                            caveau, pour la protection de la salubrité publique.

6.1 Mise en conformité du cimetière par tout moyen
adapté (remblai, déviation des eaux, etc.).                 6.3 Installation de caveaux étanches appelés « auto­
                                                            nomes » dans les conditions définies au para­graphe 3
6.2 Création d’un nouveau cimetière avec interdiction       (2e alinéa).
de renouvellement des concessions dans tout ou partie
de l’ancien cimetière dès la décision prise.
L’arrêté de désaffectation du cimetière, pris conformé-     7. RENOUVELLEMENT DE L’AVIS
ment à l’article L. 2223-6 du Code général des collec-
tivités territoriales, met un terme à toute nouvelle        DE L’HYDROGÉOLOGUE AGRÉÉ
inhumation.
                                                            Afin de permettre la prise en considération de l’évo-
Toutefois, des inhumations peuvent continuer à être         lution des situations (bouchage des pores d’aération
faites dans les caveaux de familles, à concurrence du       par les matières grasses notamment), il serait néces-
nombre de places encore disponibles, à la condition         saire au plan sanitaire que l’avis de l’hydrogéologue
que les règles de salubrité et d’hygiène soient             agréé soit renouvelé tous les quinze ans pour les cime-
respectées.                                                 tières des communes urbaines et tous les trente ans
Cependant cette possibilité n’est pas ouverte aux           pour ceux des communes rurales, bien qu’aucune
familles si l’affectation du sol à un autre usage a été     disposition législative ne l’impose juridiquement aux
reconnue d’utilité publique.                                collectivités locales.

Cette reconnaissance de l’utilité publique de la nouvelle   Cet avis ne peut être diffusé que dans sa totalité, sans
affectation du sol ne peut résulter d’une procédure de      omission ni ajout.




                                                                                                                          63

                                                                                                                             Sommaire
                                                                                                               ANNEXE 4
A                                                                                   Grille d’indemnisation des hydrogéologues
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                           INTERVENTIONS DES HYDROGÉOLOGUES AGRÉÉS DU FINISTÈRE
                                                                                                    PROPOSITION DE BARÈME DE RÉFÉRENCE



                                                                  Tableau 2 : Interventions des hydrogéologues agréés du Finistère

                                                                          NATURE DE L’AVIS                40 vacations         30 vacations           20 vacations          10 vacations

                                                                                                                                                 3e (et suivants)
                                                                  Utilisation et Protection            Eaux superficielles  2e PPC eau
                                                                                                                                              PPC eau souterraine
                                                                  des eaux AEP [PPC (adductions         (par prise d’eau souterraine traité
                                                                                                                                            traité(s) dans le même
                                                                  publiques) et mesures de                distincte) et    dans le même
                                                                                                                                                  dossier et avis
                                                                  protection (captages privés)]           souterraines        dossier
                                                                                                                                               complémentaires

                                                                                                                                                        Avis
                                                                  Infiltration des eaux usées                                        X
                                                                                                                                                   complémentaires

                                                                  Inhumations hors cimetières                                                                                     X

                                                                  Interventions ponctuelles
                                                                  (ex. : enfouissements                                                                                           X
                                                                  de cadavres d’animaux)


                                                                  NB : l’avis complémentaire correspond à une visite sur le terrain et à un avis écrit sur un dossier existant. Il doit faire
                                                                  l’objet d’une fiche navette.

                                                                  FRAIS DE DÉPLACEMENT : application du barème administratif en vigueur




                                                             64

                                                                                                                                                                                                Sommaire
                                                 ANNEXE 5
                               Périmètres de protection immédiate                                                                   A




                                                                                                                                 Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                         Annexes
Captages d’eau souterraine                                         et à la protection recherchée. Les figures suivantes
                                                                   illustrent la protection d’un puits simple, d’un puits à
Lors de l’étude technique préalable à la délimita-                 drains rayonnant et d’un réseau de drains.
tion des périmètres de protection, un diagnostic sera
                                                                   Dans la circulaire du 24 juillet 1990, il a été suggéré
réalisé sur les ouvrages et sera accompagné si néces-
                                                                   d’agrandir la surface du périmètre de protection
saire de travaux de reprise des équipements (tubages,
                                                                   immédiate compte tenu de l’accroissement du risque
cuvelages), des cimentations annulaires, de la dalle
                                                                   de pollution. Si l’extension est aisément compréhen-
de propreté autour de la tête du captage et/ou des
                                                                   sible et même indispensable lorsqu’il s’agit d’englober
corrois d’argile, des passages de canalisation ou des
                                                                   dans le périmètre immédiat tous les ouvrages d’un
gaines à travers la paroi enterrée de l’ouvrage.
                                                                   champ captant, cette extension n’est pas forcément
L’état des dispositifs de trop-plein et des ventilations et        souhaitable dans toutes les situations. En effet, au-delà
la possibilité de retour d’eau ou l’entrée d’animaux               de la difficulté d’acquisition qui peut toujours être
par ceux-ci doit être contrôlé et la pose d’un clapet sur          résolue par l’expropriation, la pose d’une clôture effi-
le trop-plein, si nécessaire, réalisée.                            cace contre les intrusions est onéreuse en investisse-
                                                                   ment et en entretien. L’agrandissement du périmètre
Si le trop-plein est situé très à l’écart du périmètre immé­       immédiat peut aussi constituer un piège pour certains
diat protégeant le captage, un périmètre satellite peut            animaux (cervidés) qui peuvent y rester prisonniers.
être créé.                                                         Ceci conduit à définir un périmètre immédiat dont
                                                                   la surface correspond au strict nécessaire pour protéger
Vis-à-vis du risque d’inondation, il est intéressant de
                                                                   l’ouvrage. Si l’agrandissement est utile, il peut être
disposer des cotes des plus hautes eaux connues et de
                                                                   réalisé en protégeant, à l’aide d’une clôture anti-
les comparer avec celle de submersion des ouvrages
                                                                   intrusion, les secteurs proches des ouvrages et par une
de captage et des installations de traitement, le cas
                                                                   clôture plus légère le reste du périmètre.
échéant, et des voies d’accès. Des aménagements
passant par la surélévation de la tête des ouvrages de             Les ouvrages anciens ou de reconnaissance utilisés
captage, l’apport de matériau argileux en périphérie               comme piézomètres et situés à proximité du captage
des cuvelages et tubages ou la mise en pression de                 seront inclus, si possible, dans le périmètre immédiat
la tête des ouvrages peuvent être préconisés.                      et protégés (pose d’un capot, cuveau).

L’extension du périmètre de protection immédiate, en               En terrain plat, une clôture grillagée de 2 mètres de haut
général faible, doit être adaptée au type d’ouvrage                peut être proposée. En terrain accidenté, l’utilisation

Figure 7 (d’après OFEFP 2003)

                                                                                                                  Pente
                                                                                                                   du
                                                                                                                 terrain
                                                                    10 m                      10 m
                                                                                               min.


                                          10 m

  10 m
  min.



                                            min.                                                                10 m
                                           10 m

                  Station de
                  pompage


          Puits


         Puits vertical                Puits à drains rayonnants                              Captage de source
                                                                                             avec plusieurs drains



                                                                                                                                65

                                                                                                                                   Sommaire
                                                                  de fils barbelés est souvent mieux adaptée, en parti-        Le périmètre en berge doit être clos pour assurer la



A
                                                                  culier en matière d’entretien. À proximité des zones         sécurité des installations de pompage et de traitement
                                                                  fréquentées, le grillage sera préférable.                    lorsqu’elles jouxtent la prise. Néanmoins, la pose d’une
                                                                                                                               clôture autour d’une prise n’est pas toujours possible.
                                                                  Les ouvrages pourront être équipés de téléalarme et          C’est le cas pour beaucoup de prises implantées sur
                                                                  les périmètres pourront comporter des détecteurs de          des cours d’eau ou des canaux longés par un chemin
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  présence. La surveillance par caméra vidéo s’impose          de halage fréquenté aujourd’hui par les pêcheurs et
                                                                  pour les secteurs les plus exposés.                          les promeneurs. La pose d’une clôture en bordure du
                                                                  La pose d’une clôture peut s’avérer délicate dans le         cours d’eau peut constituer un obstacle à l’écoulement
                                                                  cas des systèmes de captage par drains, très étendus         en période de crue. L’exposition des installations aux
                                                                  ou en zone de montagne dans les secteurs skiables.           inondations doit en conséquence être étudiée à la
                                                                  Dans ce dernier cas, une clôture électrifiée amovible,       faveur de la démarche de protection de la prise. Il est
                                                                  installée en période de pâturage et retirée avant les        toutefois possible parfois d’installer des barrières qui
                                                                  chutes de neige, est acceptable.                             s’abattent lors des crues.

                                                                  Les situations dérogatoires à la clôture peuvent             Pour les prises d’eau en retenue, la création d’un péri-
                                                                  concerner aussi les captages en zone inondable et plus       mètre de protection immédiate constitué d’une bande
                                                                  particulièrement les captages en plaine alluviale. En        en auréole autour du plan d’eau et comprenant éven-
                                                                  effet, lors des crues, les clôtures peuvent créer un         tuellement ce dernier n’est pas exempte de difficultés
                                                                  obstacle à l’écoulement avec des conséquences                de mise en œuvre. En effet, dans ce périmètre, toutes
                                                                  parfois importantes. Il est toutefois possible parfois       les activités sont interdites, y compris la pêche, ce qui
                                                                  d’installer des barrières qui s’abattent lors des crues.     n’est pas toujours indispensable ni acceptable par la
                                                                                                                               population. Un secteur de la rive peut être suffisant.

                                                                                                                               Du côté du cours d’eau ou du plan d’eau, la prise sera
                                                                                                                               protégée par un seuil, un barrage flottant ou par une
                                                                  Captages d’eau de surface                                    lame siphoïde. La protection sur le plan d’eau doit
                                                                  La délimitation du périmètre de protection immédiate         permettre de retenir les hydrocarbures avant leur
                                                                  des prises d’eau est parfois délicate compte tenu de         entrée dans les équipements.
                                                                  l’implantation de celles-ci sur des ouvrages de retenue.     Compte tenu d’une approche possible de la prise à
                                                                  Ce périmètre pourra dans certains cas être réduit à la       partir du cours d’eau ou de la retenue, voire de l’at-
                                                                  prise d’eau ou à un secteur du barrage la supportant.        teinte par déversement, possible depuis l’amont du
                                                                  En général, le périmètre comportera un secteur en            périmètre de protection immédiate, ce dernier reste
                                                                  berge et un secteur sur le cours d’eau ou le plan            très fragile. La surveillance permanente par gardien-
                                                                  d’eau. Le tableau 3 présente les éléments à prendre          nage, vidéo surveillance ou alarme de ce dernier
                                                                  en compte pour la constitution de ce périmètre(19).          peut s’imposer en zone urbaine.

                                                                  Dans le cas des prises sur les grands cours d’eau, ce        Les équipements de traitement qui peuvent être situés
                                                                  périmètre ne sera créé que sur la rive portant la prise,     dans le même périmètre que la prise d’eau doivent
                                                                  les pollutions émises à proximité de cette dernière          faire l’objet de mesures de protection spécifiques.
                                                                  restant dans un premier temps plaquées à la rive. En         Ainsi, la couverture des bassins de traitement ou
                                                                  revanche, dans le cas de cours d’eau étroits, l’intégra-     l’agrandissement du périmètre pour éloigner la clôture
                                                                  tion d’un secteur de la berge en vis-à-vis de la prise       vis-à-vis de ces équipements peut être nécessaire.
                                                                  peut être nécessaire pour y interdire par exemple            Dans ce périmètre, toute activité autre que celles
                                                                  l’épandage de produits phytosanitaires.                      destinées à l’exploitation et à l’entretien des ouvrages
                                                                  Dans le cas des grands lacs, où les prélèvements sont        est interdite. L’entretien du périmètre exclut l’utilisation
                                                                  réalisés en profondeur (plusieurs dizaines à une             de produits phytosanitaires.
                                                                  centaine de mètres) et à l’écart de la rive (une cen­taine   Les situations dérogatoires à la clôture peuvent
                                                                  de mètres), la création d’un périmètre sur le plan           concerner les captages en zone inondable et plus
                                                                  d’eau, difficilement matérialisable, est sans intérêt. Ce    particulièrement les captages en plaine alluviale et les
                                                                  périmètre délimité par des bouées peut en revanche           prises d’eau de surface. En effet, lors des crues, les
                                                                  constituer un danger pour les activités nautiques            clôtures peuvent créer un obstacle à l’écoulement
                                                                  présentes sur le plan d’eau tout en n’apportant aucune       avec des conséquences parfois importantes. Il est
                                                                  sécurité supplémentaire. En effet, si les polluants sont     toutefois possible parfois d’installer des barrières qui
                                                                  légers (hydrocarbures), ils se maintiennent à la surface     s’abattent lors des crues.
                                                                  du plan d’eau, très à l’écart de la prise, et s’ils sont
                                                                  denses et hydrosolubles, ils se dispersent sans affecter
                                                                  de manière sensible la ressource dont le volume est
                                                                                                                               (19) Protection des prises d’eau de surfaces, Quelles stratégies ?,
                                                                  très important.                                                    Les études des agences de l’eau, n° 75, 58 p.




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                                                                                                                                                                                                      Sommaire
Tableau 3 : Éléments pour la délimitation du périmètre de protection immédiate

       Type 1
     Prise d’eau
      en plaine
                                            Type 2
                                        Prise d’eau
                                  sur petit bassin versant
                                                                          Type 3
                                                                         Prise d’eau
                                                                          en canal
                                                                                           Type 4
                                                                                          Prise d’eau
                                                                                         en grand lac
                                                                                                            A




                                                                                                         Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                 Annexes
                          Au fil de l’eau            Sur plan d’eau

                                                SECTEUR EN BERGE

                                                      Le barrage
      Un secteur      Un secteur sur une ou       ou un secteur de        Un secteur      Un secteur
     sur une rive          deux rives            barrage, un secteur    sur deux rives   sur une rive
                                                en rive ou en auréole

                                                SECTEUR SUR L’EAU

                             Seuil ou
                                                       Seuil ou
   Barrage flottant   barrage flottant, seuil                               Seuil
                                                  ligne de bouées
                       ou ligne de bouées




                                                                                                        67

                                                                                                           Sommaire
                                                                                                                 ANNEXE 6
A                                                                        Périmètres de protection rapprochée en milieu poreux
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  Plusieurs critères peuvent être utilisés pour délimiter le     après interprétation et validation, être utilisées pour le
                                                                  périmètre de protection rapprochée, à savoir le choix          dimensionnement de la zone d’appel, établissant
                                                                  d’une distance, l’utilisation du rabattement, le temps         ainsi une marge de sécurité.
                                                                  de parcours d’un traceur, limites géologiques et hydro-
                                                                  géologiques du bassin versant, recharge pluviomé-
                                                                  trique, capacité d’atténuation du milieu, etc.
                                                                                                                                 Dimensionnement
                                                                  Avant 1964, le périmètre de protection rapprochée
                                                                  était déterminé essentiellement sur la base du rabat-
                                                                                                                                 à partir de la piézométrie
                                                                  tement de la nappe dans le captage en fonction du              La cartographie hydrogéologique, utilise la piézomé-
                                                                  débit, sans tenir compte des conditions d’écoulement,          trie influencée par le pompage, ou par l’écoulement
                                                                  des conditions aux limites et même parfois sans tenir          gravitaire vers une source, permettant de définir une
                                                                  compte du caractère spécifique de l’aquifère (libre ou         zone d’appel. Les lignes d’écoulement influencées par
                                                                  captif). Cette approche se traduisait par des périmè-          l’exutoire servent de limites à cette zone. Elle peut
                                                                  tres circulaires. Aujourd’hui, l’hydrogéologue agréé           intégrer éventuellement les limites géologiques, les
                                                                  dispose d’outils lui permettant d’appréhender beau-            secteurs plus vulnérables, les cours d’eau… en agran-
                                                                  coup mieux la vulnérabilité d’un ouvrage de captage            dissant par prudence la zone théorique minimale
                                                                  à partir d’une bonne connaissance des conditions               dessinée.
                                                                  d’écoulement (20) :

                                                                  • Mise en place de piézomètres, pompages d’essais
                                                                  de longue durée 1 meilleure approche des paramètres
                                                                  hydrodynamiques
                                                                                                                                 Détermination
                                                                                                                                 d’une courbe isochrone
                                                                  • Traçages 1 vitesse apparente des écoulements, mise
                                                                  en évidence de relations directes, approche du coefficient
                                                                                                                                 de transfert
                                                                  de dilution, voire même, dans certains cas, d’adsorption       Parmi les méthodes disponibles, celle de Wyssling
                                                                                                                                 permet par des calculs simples de déterminer les
                                                                  • Modélisation 1 simulation des écoulements en régimes
                                                                                                                                 courbes isochrones. Cette méthode suppose un milieu
                                                                  permanent et transitoire, simulation de scénarios de
                                                                                                                                 homogène.
                                                                  pollution (aspects quantitatif et qualitatif)
                                                                                                                                 Les données nécessaires sont les suivantes :
                                                                  Toutes ces méthodes, qui sont des outils d’aide à la
                                                                  décision de l’hydrogéologue agréé, restent approxi-            b = épaisseur de l’aquifère en m
                                                                  matives. Des incertitudes sur la détermination des bassins     K = perméabilité en m/s
                                                                  d’alimentation sont donc logiques. De nombreux para­           i = gradient hydraulique
                                                                  mètres sont naturellement variables ou difficiles à
                                                                                                                                 e = porosité efficace
                                                                  préciser. Ils concernent ainsi l’hétérogénéité ou l’aniso-
                                                                  tropie de l’aquifère, la taille et la distribution des frac-   Q = débit de l’ouvrage en m3/s
                                                                  tures, les limites géologiques ou les variations de faciès,
                                                                                                                                 La première étape consiste à calculer l’extension de
                                                                  l’influence ou les échanges avec les cours d’eau,
                                                                                                                                 la zone d’appel. Pour une nappe libre, si L est la
                                                                  l’épaisseur et la nature des sols, l’influence de la pluvio-
                                                                                                                                 largeur du front d’appel on a :
                                                                  métrie, les variations saisonnières de direction de circu-
                                                                  lation de la nappe…                                            Q = KLbi et L = Q/KLi en m

                                                                  À l’exception des milieux fissurés très hétérogènes            Le rayon d’appel a pour expression :
                                                                  (socle, karst), la zone d’appel du captage pour un             x0=Q/2 Kbi
                                                                  temps de transfert de 50 jours peut être définie en
                                                                                                                                 et la vitesse effective :
                                                                  prenant en compte ces incertitudes. Cette notion de
                                                                  temps de transfert est fonction du risque acceptable           U = Ki/e
                                                                  dépendant des ressources alternatives, des délais
                                                                  d’intervention, des moyens de surveillance… Les                (20) B attarel J.-M., Protection des captages en eau souterraine : évolution des outils
                                                                                                                                       pour la détermination des périmètres de protection, TSM, 2005, 4, p. 45-49.
                                                                  valeurs extrêmes des paramètres mesurés peuvent,


                                                             68

                                                                                                                                                                                                                            Sommaire
Une fois la zone d’appel déterminée, il faut chercher         Les figures 9 et 10 présentent le tracé de la piézomé-



                                                                                                                           A
selon la direction d’écoulement, la distance correspon-       trie d’une nappe alluviale et des isochrones. La
dant au temps de transfert souhaité, 50 jours par             somme des deux informations permet, après avoir
exemple.                                                      choisi un temps de transfert (50 jours par exemple),
                                                              de délimiter le périmètre de protection rapprochée.




                                                                                                                        Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                Annexes
Figure 8 : S chéma de la section verticale normale à l’écoulement souterrain en direction d’un puits
           (d’après CERM Québec)(21)




                                                                    L                    Direction de
                           Q
                                                                                         l’écoulement
                                                                                         souterrain naturel




                                                                            b




                                                                                              Q=KbLi




                                                                    L : largeur de l’aire d’alimentation
                                                                    b : épaisseur sauturée de l’aquifère
                                                                    i : gradient hydraulique



(21) CERM Québec, 2003.




                                                                                                                       69

                                                                                                                          Sommaire
                                                                  Figures 9 et 10 : C
                                                                                     arte piézométrique et tracé des isochrones pour un captage en nappe alluviale



A
                                                                                    (exemple de la nappe de l’Adour)
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                                                                                      Délimitation de la zone d’appel d’eau et
                                                                                                                                      des temps de parcours

                                                                                                                                      En bleu : trajectoires d’écoulement de l’eau
                                                                                                                                      souterraine

                                                                                                                                      En rouge : courbe isochrone à partir des
                                                                                                                                      forages P3S et F6S en jours (Porosité : 5 %)




                                                                                                                                      Source : ANTEA, étude pour la protection des captages de
                                                                                                                                                la ville de Dax.




                                                             70

                                                                                                                                                                                                  Sommaire
                                              ANNEXE 7
      Périmètres de protection rapprochée en eau de surface                                                                        A




                                                                                                                                Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                        Annexes
Grands types de prises d’eau                                      contexte le plus souvent agricole. Dans ce cas, le
                                                                  prélèvement peut être réalisé au fil de l’eau ou en
Eu égard à leur situation hydrologique, à leur contexte           retenue pour parer à des débits d’étiage faibles. Les
environnemental, aux débits prélevés et au traitement             prises d’eau en ravine que l’on rencontre dans les
de l’eau mis en œuvre, les prises d’eau de surface                départements d’outre-mer entrent dans ce type de
correspondent à 4 grands types (Étude n° 75, Agence               prise. La particularité de ces dernières est liée aux
de l’eau Adour-Garonne).                                          pentes très fortes des bassins versants ou en tout cas de
Les caractéristiques de ces types de prises d’eau sont            certains secteurs, à la sensibilité des terrains (volcani-
regroupées dans le tableau 4.                                     ques), à l’érosion et à des variations de débits très
                                                                  importantes en raison d’épisodes pluvieux brutaux et
Les prises d’eau en plaine (type 1), implantées sur de            très importants (orages tropicaux, cyclones). Le type 3
grands cours d’eau, sont d’abord caractérisées par                regroupe les prises implantées sur des canaux, parfois
l’étendue du bassin versant à leur amont et par la                très étendus, dont le débit est régulé par des
présence, parfois proche, d’activités industrielles et de         vannages. Si le bassin versant de la ressource alimen-
secteurs urbanisés. Il s’agit de prises sur lesquelles les        tant le canal est vaste, celui du canal est restreint. Le
prélèvements sont très importants et dont l’eau subit             groupe 4 regroupe les grands lacs de montagne. Peu
un traitement complet. Le type 2 correspond aux                   d’activités sont présentes en général sur le bassin
prises implantées sur les petits bassins versants, dans un        versant des cours d’eau les alimentant, situé le plus

Tableau 4 : Types de prises d’eau et caractéristiques.
                                           Type 2
            Type 1                                                        Type 3                         Type 4
                                 Prise d’eau sur petit bassin
    Prise d’eau en plaine                                          Prise d’eau en canal         Prise d’eau en grand lac
                                           versant
                                                     BASSIN VERSANT
                                   Aval d’un petit bassin         Bassin d’alimentation
           Aval                                                                                    Bassin versant
                                 (quelques centaines de km2)        principal dissocié
 d’un grand bassin versant                                                                      généralement étendu
                                    prise au fil de l’eau          de la prise d’eau,
  (dizaine de milliers de km2)                                                                     et en altitude
                                       ou en retenue             apports latéraux faibles
                                               CONTEXTE HYDROLOGIQUE

      Débit d’étiage                                               Débit d’alimentation
                                        Étiage faible                                          Grande inertie du système
   généralement soutenu                                            géré artificiellement

                                            ACTIVITÉS SUR LE BASSIN VERSANT
                                                                Activité souvent limitée sur
Concentrations urbaines et/                                      le bassin versant latéral ;    Activités concentrées à
                            Activités à prédominance
 ou industrielles au moins                                         présence de voies de         proximité du point de
                                      agricole
   sur un large secteur                                          communication latérales                captage
                                                                        ou sécantes
                                                    VOLUMES PRÉLEVÉS
                                                                                               Volumes prélevés faibles
                                 Volumes prélevés moyens
 Volumes prélevés souvent                                         Volumes prélevés non         vis-à-vis de la ressource,
                                       mais important
       importants                                                    caractéristiques               prélèvement en
                                  vis-à-vis de la ressource
                                                                                                      profondeur
                                               FILIÈRE DE POTABILISATION
                                      Filière complète               Filière complète
    Filière complète (A3)                                                                         Filière partielle (A1)
                                          (A2 ou A3)                     (A2 ou A3)



                                                                                                                               71

                                                                                                                                  Sommaire
                                                                  souvent en altitude, mais celles-ci sont parfois dévelop-                              Périmètre de protection

A
                                                                  pées en bordure du lac à proximité même des prises.
                                                                  La très grande inertie de ces ressources, résultant de                                 rapprochée
                                                                  leur volume très important, constitue leur principale                                  Le périmètre de protection rapprochée doit protéger
                                                                  spécificité.                                                                           l’outil de production et permettre de maintenir la
                                                                                                                                                         qualité de l’eau à l’approche de la prise d’eau.
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  Il existe bien évidemment sur de petits bassins versants,
                                                                  des prises situées en zone urbanisées ou à l’aval de                                   L’extension longitudinale de ce périmètre doit offrir par
                                                                  zones industrielles. Dans ce cas, la protection de la prise                            ailleurs un délai de réaction pour l’exploitant en cas de
                                                                  peut passer par son déplacement, mesure la plus sécu-                                  pollution accidentelle. Le tableau 5 présente les
                                                                  risante qui doit toujours être privilégiée, et la prise peut                           éléments à considérer pour la définition du périmètre
                                                                  être rattachée alors au type 2. Dans l’impossibilité d’un                              de protection rapprochée pour les 4 types de prises.
                                                                  déplacement, la prise doit être rattachée au type 1.                                   Un délai de 2 heures est considéré comme suffisant
                                                                  À la différence des eaux souterraines, les eaux super-                                 par la plupart des exploitants car il permet, au-delà
                                                                  ficielles font obligatoirement l’objet avant distribution                              de l’interruption du pompage, d’adapter le traitement
                                                                  d’un traitement dont l’importance découle du niveau                                    et éventuellement de mettre en œuvre les premières
                                                                  de qualité de la ressource. L’existence de ce traite-                                  mesures de dépollution. L’extension latérale du péri-
                                                                  ment conduit à restreindre les objectifs assignés aux                                  mètre de protection rapprochée doit permettre de
                                                                  périmètres en eau de surface.                                                          limiter le ruissellement et de réduire ou de supprimer
                                                                                                                                                         les risques de pollution liée aux activités présentes sur
                                                                  Comme en eau souterraine, les périmètres de protec-                                    les versants de la vallée ou de la cuvette du plan
                                                                  tion ne sont destinés qu’à protéger les prises d’eau des                               d’eau.
                                                                  pollutions accidentelles et ponctuelles.
                                                                                                                                                         Un délai de 2 heures pour un débit non dépassé 90 %
                                                                  La faible rémanence des pollutions observées au                                        du temps, débit proche de la crue annuelle, a été retenu
                                                                  niveau des prises et la possibilité de leur survenue                                   dans l’étude interagences n° 75. Dans le cas des prises
                                                                  depuis la totalité du bassin versant conduit à limiter                                 sur les petits bassins versants, compte tenu des vitesses
                                                                  l’extension des périmètres (protection statique) pour                                  d’écoulement, le périmètre ainsi délimité peut être
                                                                  leur substituer une protection dynamique mettant en                                    très étendu. Dans la pratique, pour ces prises, les pollu-
                                                                  œuvre des systèmes d’alerte et des mesures de gestion                                  tions accidentelles sont plus pénalisantes en période
                                                                  des pollutions faisant appel à d’autres ressources.                                    d’étiage qu’en période de crue car la dilution est alors




                                                                  Tableau 5 : Éléments pour la définition du périmètre de protection rapprochée


                                                                                                                         Type 2
                                                                           Type 1                          Prise d’eau sur petit bassin versant                               Type 3                 Type 4
                                                                   Prise d’eau en plaine                                                                               Prise d’eau en canal    Prise d’eau en lac
                                                                                                         Au fil de l’eau                  Sur plan d’eau

                                                                                                                                EXTENSION LONGITUDINALE

                                                                     Temps de transfert
                                                                                                     Temps de transfert                Auréole ou secteur
                                                                       de 2 h*, voire                                                                                           Un bief        Secteur de berge
                                                                                                    de 2 h*, voire moins                   en berge
                                                                         moins**

                                                                                                                         EXTENSION LATÉRALE : ZONE TAMPON

                                                                                                                                                                          Bassin versant
                                                                    15 m, à adapter à                                                                                                          Adapté à la pente
                                                                                                      Adapté à la pente, et 15 m au moins***                            du canal ou 15 m
                                                                    l’occupation du sol                                                                                                       et 15 m au moins***
                                                                                                                                                                            au moins

                                                                                                                  EXTENSION LATÉRALE : ZONE COMPLÉMENTAIRE

                                                                                                                                                                         Bassin versant
                                                                                                      Versant de la vallée ou de la cuvette du                                                 Secteur du versant
                                                                     Non indispensable                                                                                 du canal hors zone
                                                                                                                     plan d’eau                                                               de la cuvette du lac
                                                                                                                                                                            tampon

                                                                  * Pour un débit non dépassé 90 % du temps. – ** Si des mesures de sécurisation existent. – *** Pour un couvert en herbe.




                                                             72

                                                                                                                                                                                                                      Sommaire
faible et la durée de la pollution plus longue. La                     Dans le cas de prises d’eau en ravine, la création



                                                                                                                                        A
valeur du module peut alors être utilisée pour calculer                d’une zone tampon sur les berges n’est pas toujours
l’extension longitudinale de ce périmètre.                             utile et surtout efficiente. Celle-ci pourra être créée
                                                                       avant la rupture de pente de part et d’autre de la
Les vitesses des temps de transfert des polluants                      ravine afin de ralentir le ruissellement. Son boisement
peuvent être estimées à partir des valeurs de débits                   avec des espèces permettant de stabiliser le terrain est




                                                                                                                                     Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                             Annexes
et de la section d’écoulement, ou déterminées par                      indispensable. Dans le cas de prises implantées en
des traçages couplés ou non à une modélisation                         zone urbaine dont le sol est très souvent imperméabi-
hydrodynamique.                                                        lisé, le ruissellement est en général intercepté par le
La limite amont du périmètre devra être repérée si                     réseau pluvial. La zone tampon peut alors être très
possible par la présence d’un ouvrage (bief, pont) ou                  étroite. En contrepartie, le rejet des eaux pluviales doit
par un changement du couvert végétal.                                  se faire à l’aval du périmètre. Dans ce contexte, la
                                                                       zone tampon permet le contrôle des déversements
À l’instar du périmètre de protection immédiate pour                   d’eaux pluviales et d’eaux usées et interdit la création
les prises de type 1, le périmètre de protection rappro-               d’activités à risques.
chée n’est créé que sur la rive où se situe la prise. Pour
les prises situées à l’aval de petits bassins versants et sur          En secteur agricole (type 2, 3 et 4), la pâture pourra
les canaux (types 2 et 3), le périmètre de protection                  être interdite ou autorisée, avec éventuellement une
rapprochée s’étend par contre à chacune des rives. Par                 limitation du chargement en animaux afin de ne pas
ailleurs, selon la configuration du réseau hydrogra-                   entraîner de destruction du couvert végétal. Seule une
phique, le périmètre pourra être étendu aux affluents                  fertilisation d’entretien pourra être autorisée. L’apport
principaux ou à certains thalwegs adjacents au cours                   de produits phytosanitaires sera interdit de même que
d’eau ou au plan d’eau.                                                tous les stockages.

Pour les prises implantées dans des plans d’eau, le                    La zone complémentaire doit permettre d’agir sur les
périmètre correspondra à un secteur de berge, voire à                  activités à risque pouvant contaminer la ressource par
une bande de terrain en auréole autour du plan d’eau                   les fossés, les dispositifs de drainage, mais aussi par la
(type 2). Le plan d’eau ou un secteur de ce dernier                    nappe. Il faut rappeler que quel que soit le contexte
sera inclus dans le périmètre.                                         hydrogéologique, la nappe en général contribue à
                                                                       l’alimentation du cours d’eau et peut donc véhiculer
Compte tenu des objectifs à atteindre, le périmètre                    des polluants.
de protection rapprochée sera le plus souvent subdi-
visé en une zone tampon en bordure de la berge,                        L’extension de la zone complémentaire doit être
zone destinée à intercepter le ruissellement et en une                 adaptée à la morphologie de la vallée ou de la
zone complémentaire en retrait de cette dernière.                      cuvette de la retenue et surtout à la pente des
                                                                       versants. En cas de pente forte, le versant pourra être
La largeur de la zone tampon est fonction de la pente
                                                                       inclus en totalité dans le périmètre. En revanche, pour
des rives et de la couverture du sol. Les valeurs préco-
                                                                       les prises implantées en secteur urbanisé (type 1) et
nisées dans l’étude interagences sont reprises dans le
                                                                       pour celles implantées sur les canaux (type 3), la
tableau 6.
                                                                       création d’une zone complémentaire n’est pas indis-
Si une largeur de 15 mètres suffit pour une pente infé-                pensable. Dans le premier cas, il est inutile d’inclure
rieure à 3 %, celle-ci doit être élargie pour des pentes               dans le périmètre rapproché des secteurs d’habitat
plus fortes. Au-delà de 20 %, la zone tampon n’a que                   pour lesquels les problèmes d’assainissement sont pris
peu d’effet sur le ruissellement. La création d’un talus               en compte par d’autres outils réglementaires. Dans le
de protection de la prise d’eau s’impose alors.                        second cas, le bassin versant du canal est inclus en
                                                                       totalité dans la zone tampon.
La zone tampon sera maintenue en prairie ou boisée,
le boisement permettant de réduire sa largeur. La                      Sur les bassins versants agricoles, la création de réseaux
zone tampon devra prendre en compte le parcellaire                     de drainage qui s’accompagne à certaines époques
existant et sa largeur devra permettre son entretien.                  de l’année de l’émission de nitrates et de pesticides
Ainsi, si cette zone est exploitée en prairie de fauche,               par bouffées, à des concentrations très élevées, sera
une largeur minimale s’impose pour permettre le                        interdite. La capacité des stockages de déjections
passage des engins agricoles.                                          animales sera, si nécessaire, surdimensionnée afin de


Tableau 6 : Largeur minimale de la zone tampon

      Pente en %                     <3                         3-10                    10-20                     > 20

                                                                                                           Sans effet, talus,
     Largeur en m                    15                         30                        50
                                                                                                             boisement



                                                                                                                                    73

                                                                                                                                       Sommaire
                                                                  permettre l’épandage dans les conditions les plus                  pour déclencher une alerte. En dehors des secteurs



A
                                                                  favorables. Les apports de fertilisants et de produits             industriels, il est souvent difficile d’identifier le ou les
                                                                  phytosanitaires peuvent être réglementés.                          paramètres signant une pollution accidentelle. Ainsi,
                                                                                                                                     des variations de pH ou de la teneur en oxygène
                                                                  Pour les prises de types 2 et 4, la création de nouvelles          dissous de l’eau peuvent résulter simplement du déve-
                                                                  activités à risque pour la qualité de l’eau (installations         loppement des algues. Les ichtyo-tests peuvent
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  industrielles ou agricoles classées ou non) doit être              montrer la présence de substances toxiques dans l’eau,
                                                                  proscrite. Le raccordement des habitations existantes              mais ceux-ci doivent être alimentés par de l’eau
                                                                  au réseau d’eaux usées doit être réalisé et la création            filtrée, opération qui modifie certaines caractéristiques
                                                                  de nouvelles constructions interdite sauf en cas de                de l’eau.
                                                                  possibilité de raccordement au réseau.
                                                                                                                                     Il faut souligner par ailleurs la difficulté du choix du site
                                                                  Pour le secteur de plan d’eau pouvant être inclus dans             d’implantation de ces stations. En effet, celles-ci
                                                                  le périmètre de protection rapprochée, le développe-               peuvent ne pas enregistrer le passage de pollutions
                                                                  ment des activités nautiques n’est pas souhaitable. Dans           qui n’affectent pas la totalité de la masse d’eau (pollu-
                                                                  l’impossibilité d’interdire totalement celles-ci, la naviga-       tion plaquée le long d’une rive). Le positionnement
                                                                  tion sans moteur pourra être tolérée mais aucune base              de la station d’alerte sur la prise elle-même peut
                                                                  nautique ne sera créée. Une réglementation peut être               constituer une solution au problème.
                                                                  nécessaire pour encadrer le stationnement des embar-
                                                                  cations qui servent parfois de logements.                          Pour une plus grande efficacité, sur les grands cours
                                                                                                                                     d’eau, les stations d’alerte seront organisées en réseau.

                                                                                                                                     Pour les prises d’eau en ravine dont les eaux sont affec-
                                                                  Sécurisation des prises d’eau                                      tées de pics de turbidité lors des épisodes pluvieux
                                                                                                                                     importants, la mise en œuvre d’une station dotée d’un
                                                                  L’extension modeste des secteurs inclus dans les péri-             turbidimètre permet de suspendre le prélèvement dès
                                                                  mètres des prises d’eau de surface au regard des                   que la turbidité devient trop importante.
                                                                  surfaces des bassins versants est compensée par la
                                                                  mise en œuvre de dispositifs d’alerte et de gestion des            Le tableau 7 présente les dispositifs de sécurisation
                                                                  pollutions accidentelles.                                          pour les différents types de prises d’eau.

                                                                  La création de station d’alerte n’est utile que pour les           En cas de pollution accidentelle, au-delà de l’interrup-
                                                                  prises d’eau importantes placées à l’aval d’activités à            tion du pompage et malgré la durée limitée du
                                                                  risque (industrie). En effet, le coût de ces stations tant         passage de la pollution, les collectivités doivent
                                                                  en investissement qu’en exploitation est très élevé. Ces           disposer de ressources de substitution. Il est possible
                                                                  stations qui peuvent nécessiter une maintenance                    dans certains cas de faire appel à des captages en eau
                                                                  lourde (1 à 3 jours par semaine) ne se justifient que si           souterraine dont le débit peut être insuffisant pour
                                                                  la transmission de l’information permet une réaction               assurer en permanence l’alimentation de la collectivité
                                                                  rapide de l’exploitant, laquelle impose des disponibi-             mais qui permettront d’assurer la distribution durant la
                                                                  lités en personnel (astreinte).                                    crise. L’utilisation de prise de secours en eau superfi-
                                                                                                                                     cielle implantée sur un autre cours d’eau que celui où
                                                                  Malgré un accroissement du nombre de paramètres                    se situe la prise principale constitue une autre solution.
                                                                  pouvant être analysés automatiquement, tous les
                                                                  polluants ne sont pas analysables automatiquement.                 Pour tous les ouvrages de secours, il faudra s’assurer
                                                                  Le délai d’analyse doit par ailleurs être le plus bref             régulièrement de l’état des installations, de leur bon
                                                                  possible pour que l’information puisse être utilisable             fonctionnement et du maintien de l’environnement

                                                                  Tableau 7 : Dispositifs de sécurisation des prises d’eau

                                                                                                                         Type 2
                                                                                              Type 1                                              Type 3                       Type 4
                                                                                                                  Prise d’eau sur petit
                                                                                      Prise d’eau en plaine                                Prise d’eau en canal          Prise d’eau en lac
                                                                                                                     bassin versant

                                                                                       Stations d’alerte et         Stations d’alerte         Stations d’alerte
                                                                   Alerte
                                                                                         réseau d’alerte           (éventuellement)          (éventuellement)

                                                                                      Bassin de stockage                                   By-pass et isolement
                                                                   Gestion                                        Bassin de stockage
                                                                                     Prises d’eau multiples                                     des biefs

                                                                                     Prises d’eau multiples
                                                                                                                   Forage de secours         Forage de secours          Forage de secours
                                                                   Substitution        Forage de secours
                                                                                                                    Interconnexions           Interconnexions            Interconnexions
                                                                                         Interconnexions



                                                             74

                                                                                                                                                                                                     Sommaire
et de la qualité de l’eau de la ressource afin que son        Ces bassins ne sont cependant pas toujours réalisables



                                                                                                                              A
traitement soit possible.                                     en raison d’un contexte géologique parfois défavo-
                                                              rable (roche dure) et surtout de l’absence de surface
Pour les grosses prises d’eau (type 1) mais aussi
                                                              disponible à proximité de la prise (cas des prises en
parfois pour les prises à l’aval de petits bassins versants
                                                              zone de socle). Il faut par ailleurs rappeler que l’eau
(type 2), la création d’un bassin de stockage constitue
                                                              ne doit pas stagner dans le bassin sous réserve d’une




                                                                                                                           Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                   Annexes
l’une des parades les plus efficaces vis-à-vis des pollu-
                                                              dégradation de sa qualité.
tions accidentelles.

Ces bassins offrent une autonomie d’alimentation              L’interconnexion des réseaux est à privilégier pour
durant plusieurs jours (3 à 5 jours) et permettent de         tous les types de prises. Celle-ci convient à des collec-
laisser passer les pollutions servant en quelque sorte        tivités d’importance équivalente alimentées par des
de ressource de substitution. Une station d’alerte sera       ressources différentes. Elle est aussi envisageable entre
implantée directement sur la prise afin de couper             une grosse et une petite collectivité, le transfert d’eau
l’alimentation du bassin de stockage.                         se faisant alors en sens unique.




                                                                                                                          75

                                                                                                                             Sommaire
                                                                                                               ANNEXE 8
A                                                                 Périmètres de protection rapprochée des captages implantés
                                                                                       en zone karstique
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  Contexte karstique et                                       pollutions. Les traçages montrent le plus fréquemment
                                                                                                                              des temps de passage des eaux qui s’étalent sur quel-
                                                                  vulnérabilité des eaux                                      ques heures. En conséquence, les pollutions acciden-
                                                                  en secteur karstique                                        telles touchant le réseau de drainage sont rapidement
                                                                                                                              évacuées et les effets retardateurs pouvant affecter les
                                                                  Les phénomènes karstiques affectent de nombreuses
                                                                                                                              contaminants sont généralement réduits (rétention,
                                                                  formations calcaires et s’ils sont particulièrement déve-
                                                                                                                              dispersion). Les risques de dégradation de la qualité
                                                                  loppés dans les secteurs de plateaux calcaires d’alti-
                                                                                                                              sont concentrés sur la période de recharge où le ruis-
                                                                  tude, ils existent sous des formes plus modestes dans
                                                                                                                              sellement est important. Par ailleurs, une quasi-absence
                                                                  certaines formations des bassins sédimentaires (craie,
                                                                                                                              de rémanence des pollutions est observée à une
                                                                  calcaire de Beauce, par exemple). Le développe-
                                                                                                                              échelle pluriannuelle. La faible pression anthropique
                                                                  ment de réseaux de drains selon les fissures est
                                                                                                                              sur les bassins versants doit être aussi considérée.
                                                                  d’autant aisé que le calcaire est compact, que la
                                                                  fraction d’insolubles (argiles) présente dans la roche      La complexité du système karstique, en trois dimen-
                                                                  est faible et que l’épaisseur de terrain au-dessus de la    sions, différencie partiellement les eaux karstiques des
                                                                  zone saturée est importante.                                eaux de surface pour lesquelles la totalité du bassin
                                                                  Il faut observer que le milieu karstique se distingue des   versant est connu et sur lequel l’interception des pollu-
                                                                  autres milieux souterrains par l’existence de vitesses      tions est possible.
                                                                  d’écoulement très rapides (souvent quelques centaines
                                                                                                                              Remarque
                                                                  de m/h) et très variables en fonction des conditions
                                                                  hydrologiques. Par ailleurs les vitesses ne sont connues    Certaines anciennes mines de fer peuvent être assimi-
                                                                  que pour des trajets particuliers, entre perte et source    lées à des systèmes karstiques.
                                                                  par exemple.
                                                                  Il est couramment admis que les aquifères karstiques
                                                                  sont très vulnérables aux contaminants de toutes sortes,    Stratégies de protection
                                                                  du fait du faible pouvoir filtrant de la zone d’infiltra-
                                                                  tion, du faible effet de dispersion et de la dilution des   Rappels
                                                                  contaminants liée à l’organisation des écoulements et       • Les périmètres de protection sont destinés à protéger
                                                                  des temps de séjour de l’eau, en général courts. Les        le captage et non la ressource dans toute son
                                                                  processus épuratoires au sein de l’aquifère sont donc       extension.
                                                                  limités, mais cet aspect doit être modulé en fonction
                                                                  du type de formation calcaire.                              • Les périmètres de protection visent à lutter contre les
                                                                                                                              pollutions accidentelles et ponctuelles.
                                                                  En effet la présence ou non d’un sol et d’un aquifère
                                                                  épikarstique, l’importance relative des écoulements         • L’instruction technique accompagnant la circulaire du
                                                                  par le réseau de drains et les structures capacitives,      24 juillet 1990 indique que pour les roches compactes
                                                                  ainsi que le rôle de la dilution lié à l’extension du       présentant des fissures ouvertes et en particulier les
                                                                  bassin versant influent sur le fonctionnement des           calcaires, les eaux de ruissellement et les substances
                                                                  systèmes karstiques.                                        polluantes peuvent rejoindre rapidement le réservoir
                                                                  Les eaux issues des systèmes karstiques stricts pré­-       souterrain sans subir de filtration, à des vitesses beau-
                                                                  sentent une variabilité temporelle importante. Ceci est     coup plus élevées que celles observées dans les
                                                                  particulièrement marqué pour la turbidité qui présente      terrains poreux. De ce fait la protection des eaux
                                                                  des variations brusques posant des problèmes impor-         captées dans ces réservoirs est à rapprocher, dans ces
                                                                  tants aux collectivités pour l’exploitation des captages.   principes, de la protection des eaux superficielles.
                                                                  Ces variations sont le plus souvent d’origine naturelle
                                                                                                                              Ainsi, la sécurité de l’approvisionnement en eau est
                                                                  mais peuvent dans certains cas être associées aux
                                                                                                                              assurée essentiellement par l’existence d’équipements
                                                                  activités humaines.
                                                                                                                              de traitement des eaux adaptés aux caractéristiques
                                                                  En revanche, les vitesses élevées dans ces aquifères        des eaux brutes et pouvant absorber les variations de
                                                                  sont favorables en termes d’impact et de gestion des        ces caractéristiques, par le développement d’une


                                                             76

                                                                                                                                                                                          Sommaire
action de prévention portant sur l’analyse des risques        En conséquence, avant toute démarche « périmètres »



                                                                                                                                                      A
de pollution accidentelle ainsi que sur leur réduction        il importe de s’intéresser au paramètre turbidité et
et par la mise en place d’un dispositif de surveillance       d’étudier les moyens de traitement à mettre en œuvre
continue et d’alerte ainsi que l’établissement d’un plan      pour respecter la valeur limite imposée par la régle­
d’intervention. La sécurité et l’approvisionnement            mentation.
seront d’autant mieux assurés que la collectivité dispo-




                                                                                                                                                   Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                                           Annexes
sera d’une alimentation diversifiée.                          Par ailleurs la diversification des ressources et la création
                                                              de stockage d’eau (brute ou traitée selon le cas) doivent
                                                              être envisagées. À l’instar de la pratique en eau super-
                                                              ficielle, la présence d’un traitement de la turbidité et
Approche actuelle de la                                       la diversification des ressources utilisables doit conduire
                                                              à réduire les objectifs affectés aux périmètres de
protection des captages situés en                             protection.
zone karstique
Au-delà de la création d’un périmètre de protection
immédiate autour du captage et de périmètres satel-           Proposition
lites protégeant les zones d’engouffrements d’eaux
superficielles, la protection des ouvrages en zone kars-      de stratégie de protection
tique s’appuie sur la détermination des limites du système,   L’étude réalisée par l’Agence de l’eau Rhône
sur l’analyse de son fonctionnement de façon à mettre         Méditerranée Corse (25) distingue deux grands types
en évidence les circulations rapides, sur l’inventaire des    de captages en zone karstique (Tableau 8, p. 78) :
pollutions potentielles et parfois sur la définition de
zones vulnérables sur la base de critères pédologiques,       • les captages de sources et les forages sur axe de
morphologiques et lithologiques. Deux méthodes desti-         drainage pour lesquels deux sous-groupes sont distin-
nées à apprécier la vulnérabilité des systèmes ont été        gués en fonction de la taille du bassin d’alimentation
ainsi développées : la méthode EPIK (22) et la méthode        qui influe directement sur le débit moyen annuel des
RISK (23).                                                    ouvrages (types 1 et 2) ;

Ces approches conduisent en général à étendre les             • les forages à l’écart des principaux axes de drainage
périmètres de protection à l’ensemble du système              (type 3).
karstique.
                                                              Ces deux groupes se distinguent aussi en général vis-
Selon Bakalowicz et Plagnes (24), la totalité du bassin       à-vis du paramètre turbidité. En effet, le second
d’alimentation peut être classée en périmètre de pro-         groupe est moins touché par des problèmes de turbi-
tection rapprochée mais sans servitudes imposées, ce          dité que le premier.
système permettant d’éviter le gel de tout le territoire
tout en disposant d’une couverture législative réglemen-      Au regard de la protection à mettre en œuvre, les
tant la mise en place de nouveaux aména­gements.              forages de type 3 pour lesquels les pompages d’essai
                                                              permettent d’approcher le mode d’alimentation, la
                                                              création d’un périmètre de protection rapprochée à
                                                              l’instar de ce qui se fait pour le milieu poreux est
Constat                                                       envisageable.

La protection statique instaurée actuellement pour les        Pour les ouvrages de type 1 et surtout pour ceux de
captages implantés dans ces milieux étendus et très           type 2 dont les bassins d’alimentation sont très étendus,
réactifs ne permet pas de garantir la distribution d’une      la mise en œuvre d’une protection obtenue par les
eau dont les caractéristiques respectent en perma-            périmètres est peu adaptée et en tout cas insuffisante.
nence les limites de qualité des eaux destinées à la
                                                              Ces ouvrages sont affectés par des crues de turbidité
consommation humaine, en particulier vis-à-vis de la
                                                              qui imposent la mise en œuvre d’un traitement afin
turbidité mais aussi de la contamination bactériolo-
                                                              de respecter les limites de qualité pour l’eau distribuée.
gique. Ainsi, malgré l’existence de périmètres qui par
essence et quelle qu’en soit l’extension ne peuvent
avoir que peu d’effets sur ces paramètres, des épidé-
mies de gastro-entérites peuvent être observées chez          (22) O ffice fédéral de l’environnement (Suisse), Cartographie de la
                                                                    vulnérabilité en régions karstiques (EPIK), 1998. 56 p.
les consommateurs d’eau.
                                                              (23) w ww.franche-comte.environnement.gouv.fr/plugins/fckeditor/UserFiles/
                                                                    File/direnfc/public/cartographie.pdf
Le CSP, dans son article R. 1321-37, impose une valeur        (24) B akalowicz M., Plagnes V., La protection des eaux souterraines en région
de 1 NFU en distribution pour les eaux souterraines de              karstique. Éléments de réflexion pour une politique d’aménagement raisonné,
                                                                   Hydrogéologie, n° 4, 1998, p. 23-27.
milieu fissuré présentant une turbidité périodique            (25) AERMC, Bilan et analyse de la mise en œuvre des procédures de protection
                                                                    des captages AEP en milieu karstique, rapport final, synthèse des phases 1,
importante et supérieure à 2 NFU.                                   2 et 3, novembre 2005, 106 p.




                                                                                                                                                  77

                                                                                                                                                     Sommaire
                                                                  En cas de faible pression anthropique sur le bassin                             En cas de présence d’activités industrielles importantes,



A
                                                                  d’alimentation, le périmètre de protection rapprochée                           la sécurisation de l’alimentation peut nécessiter la mise
                                                                  pour ces ouvrages pourrait se limiter à un secteur                              en œuvre de dispositif d’alerte. Ceux-ci doivent être
                                                                  proche du captage. La limite amont du périmètre                                 implantés au point de captage. Les paramètres suivis
                                                                  pourrait correspondre ainsi à un temps de transfert de                          doivent être adaptés aux activités présentes sur le bassin
                                                                  2 à 3 heures pour les circulations les plus rapides                             d’alimentation. Il faut rappeler que les stations d’alerte,
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                  connues, en cas de fort débit.                                                  d’un coût élevé tant en investissement qu’en fonction-
                                                                                                                                                  nement (quel qu’en soit le principe), sont réservées aux
                                                                  En l’absence de source ponctuelle de pollution, le                              situations les plus à risque.
                                                                  secteur de bassin d’alimentation non inclus dans le
                                                                  périmètre rapproché serait classé en périmètre de                               D’une manière générale, comme l’a écrit Bakalowicz,
                                                                  protection éloignée, assimilé à une zone de                                     la démarche de protection des captages en zone
                                                                  vigilance.                                                                      karstique doit s’inscrire dans le cadre d’une politique
                                                                                                                                                  d’aménagement et de gestion du territoire à l’échelle
                                                                  S’il existe des activités polluantes sur le bassin d’ali-                       régionale.
                                                                  mentation, un recensement des activités doit être
                                                                  réalisé et un réseau d’alerte doit être mis en œuvre.




                                                                  Tableau 8 : Typologie des captages

                                                                                                                                     SUPERFICIE DE L’AIRE D’ALIMENTATION

                                                                                           CRITÈRES          < 10 km²/débit moyen annuel faible                < 10 km²/débit moyen annuel fort

                                                                                                                            Type 1                                            Type 2

                                                                                                            • S ouvent systèmes karstiques peu         • S urfaces à protéger plus ou moins
                                                                                                               évolués ou peu fonctionnels pour            importantes et souvent éloignées du
                                                                                                               avoir un débit suffisant en étiage          captage
                                                                                                            • Surfaces à protéger plus réduites         •V
                                                                                                                                                          itesses de transit pouvant être élevées
                                                                                                            • Meilleure maîtrise du foncier              (vulnérabilité)
                                                                                           Captage
                                                                                                            • Motivation plus importante car           •D
                                                                                                                                                          ifficulté de motivation car protection loin
                                                                                           de source,
                                                                                                               périmètre à proximité de la zone          de la population alimentée
                                                                                           forage sur axe
                                                                                           de drainage,        alimentée                          • É tudes hydrogéologiques préalables,
                                                                                           pompage          • Études hydrogéologiques préalables    longues et complexes
                                                                                           en source           plus simples et moins coûteuses    •N  écessité d’une forte expertise du bureau
                                                                     POSITION DU CAPTAGE




                                                                                                                                                     d’études et de l’hydrogéologue agréé
                                                                                                                  Stratégie de protection simple
                                                                                                                                                  Stratégie de protection plus difficile à définir,
                                                                                                                                                  fonction des résultats des études préalables
                                                                                                                                                  (fonctionnalité, vulnérabilité, etc.)

                                                                                                                                                        Type 3
                                                                                                            • Aire d’alimentation souvent réduite, pas ou peu d’influence des sources de pollution
                                                                                                               lointaines
                                                                                                            • Surface à protéger souvent réduite par rapport au type 2 (dépend du débit
                                                                                           Forage hors
                                                                                                               de pompage)
                                                                                           des principaux
                                                                                           axes             • Meilleure maîtrise du foncier
                                                                                           de drainage      • Motivation plus importante car périmètres à proximité de la population alimentée
                                                                                                            • Études préalables différentes des autres types, principalement basées sur
                                                                                                               les pompages d’essai

                                                                                                                               Stratégie de protection différente des types 1 et 2




                                                             78

                                                                                                                                                                                                                Sommaire
                                              ANNEXE 9
           Circulaire DGS/VS4 n° 98-05 du 6 janvier 1998                                                                          A
        relative aux recommandations du Conseil supérieur




                                                                                                                               Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                                                       Annexes
       d’hygiène publique de France vis-à-vis de l’installation
                d’antennes sur les réservoirs aériens

Direction générale de la santé
                                                                                                           SP 4 439
Sous-direction de la veille sanitaire
                                                                                                             245
Bureau de l’eau

                                                  NOR : MESP9830006C

                                           (Texte non paru au Journal officiel)

Référence : article L. 20 du Code de la santé publique

La ministre de l’Emploi et de la Solidarité à Mesdames          La section des eaux du Conseil supérieur d’hygiène
et Messieurs les préfets de région (direction régionale         publique de France a été consultée lors de la séance
des affaires sanitaires et sociales) ; Mesdames et              du 21 octobre 1997 afin de définir une position sani-
Messieurs les préfets de département (direction dépar-          taire homogène sur l’ensemble du territoire vis-à-vis de
tementale des affaires sanitaires et sociales).                 ces équipements.

Les projets d’équipement qui accompagnent le déve-              Vous trouverez, en annexe à la présente circulaire, les
loppement de la téléphonie portable conduisent                  recommandations que je vous demande de faire
fréquemment à envisager l’installation d’antennes sur           connaître à l’ensemble des services déconcentrés, ainsi
les réservoirs de stockage d’eau destinée à l’alimenta-         qu’aux autres partenaires concernés : collectivités,
tion humaine.                                                   sociétés de distribution d’eau et concessionnaires.
                                                                Vous voudrez bien me faire part, sous le présent timbre,
Les sites concernés constituent, en effet, en raison de
                                                                des difficultés rencontrées pour la mise en œuvre de ces
leur grande hauteur, des endroits privilégiés pour l’ins-
                                                                recommandations.
tallation de relais. Néanmoins, leur établissement sur
de tels ouvrages peut poser problème, notamment                                      Pour le ministre et par délégation :
lorsqu’ils sont situés dans le périmètre de protection d’un                       Pour le directeur général de la santé :
point de prélèvement d’eau destinée à la consomma-                                Le sous-directeur de la veille sanitaire,
tion humaine.                                                                                          Docteur Y. Coquin



Annexe                                                          • un bâtiment d’exploitation, situé au niveau du sol,
                                                                   destiné à abriter les équipements électroniques.
                                                                   Ce dernier ne contient généralement pas de produits
Recommandations vis-à-vis de l’installation                        polluants, hormis des acides contenus dans les accu-
d’antennes sur les réservoirs aériens                              mulateurs électriques de type batterie ;
L’implantation sur les châteaux d’eau des équipements           • des câbles de liaison installés entre l’antenne et le
liés à la téléphonie portable peut concerner :                     bâtiment d’exploitation pour le passage desquels il
                                                                   peut être nécessaire de créer des ouvertures dans les
• s oit des installations de télétransmission pour la             parois du réservoir.
   gestion du service de distribution d’eau ;

• s oit des installations de télétransmission à visées         II - LOCALISATIONS POSSIBLES
   commerciales.                                                DES ÉQUIPEMENTS
                                                                Le réservoir d’eau, siège de l’installation de télétrans-
I - DESCRIPTION DES INSTALLATIONS                               mission, peut se trouver soit dans le périmètre de
                                                                protection immédiate du ou des captages d’eau
Les installations comprennent généralement :                    destinée à l’alimentation humaine, soit à l’extérieur
• une antenne placée sur le faîtage du réservoir ;              de celui-ci.


                                                                                                                              79

                                                                                                                                 Sommaire
                                                                  III - RISQUES DE POLLUTION LIÉS                              • protection des câbles à haute fréquence ;



A
                                                                  AUX INSTALLATIONS                                            • accès réglementé pour les personnels chargés de la
                                                                  Les risques potentiels de pollution de l’eau distribuée         maintenance de l’installation dans les ouvrages de
                                                                  sont liés non seulement aux installations elles-mêmes           stockage.
                                                                  mais également et surtout aux interventions régulières       À cet effet, une convention bi ou tripartite (selon que
                                                                  que nécessite leur entretien.
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                                                                               le service d’eau est en régie ou en affermage) devra
                                                                  Les risques de pollution peuvent être liés :                 être signée avec la collectivité propriétaire des
                                                                                                                               ouvrages.
                                                                  • à la réalisation des travaux de mise en place des
                                                                     équipements de télétransmission ;                         Celle-ci précisera :
                                                                  • à des déversements accidentels de produits conta-         • les conditions d’accès : accompagnement et présence
                                                                     minants sur le sol ;                                         permanente durant les interventions d’un représen-
                                                                  • à la dégradation des dispositifs de protection (portes,      tant de la collectivité ;
                                                                     capots, tamis à maille fine, cuvelage) pour le            • la nature des travaux susceptibles d’être exécutés et
                                                                     passage des câbles ;                                         des produits mis en œuvre ;
                                                                  • à la circulation des personnels dans le château d’eau     • les éventuelles périodes d’interdiction d’accès (périodes
                                                                     pour les travaux d’entretien des installations.              d’activation du plan Vigipirate par exemple) ;

                                                                  Un certain nombre de dispositions peuvent être prises        • les modalités d’information du préfet (DDASS) en cas
                                                                  pour tenter de pallier ces divers risques et il est néces-      d’incident survenu lors d’une intervention.
                                                                  saire de préciser les mesures à respecter en fonction        Le non-respect des dispositions fixées devrait entraîner
                                                                  des diverses situations.                                     la suspension de l’autorisation d’exploiter les installa-
                                                                                                                               tions sans droit à indemnisation.
                                                                  IV - RECOMMANDATIONS
                                                                                                                               b) Réservoir situé dans le périmètre de protection
                                                                  1. Cas des installations propres à la gestion                    immédiate
                                                                  du service de distribution d’eau
                                                                                                                               Un avis défavorable devrait systématiquement être
                                                                  Les installations de captage, de traitement et de distri-    donné car l’activité liée à la télétransmission est étran-
                                                                  bution d’eau sont de plus en plus souvent dotées             gère au service de distribution d’eau pour l’alimentation
                                                                  d’automatismes contrôlés et commandés à distance             et, par suite, interdite dans le périmètre de protection
                                                                  utilisant la télétransmission. Ces équipements qui           immédiate (art. 21 du décret n° 89-3 du 3 janvier 1989
                                                                  contribuent à l’amélioration de la qualité du service et     modifié). Cette interdiction englobe les pratiques liées
                                                                  de l’eau distribuée font partie intégrante des installa-     à l’utilisation d’une grue pour la mise en place des
                                                                  tions liées directement à la gestion du captage. Il n’y      antennes car, même dans ce cas, la circulation de
                                                                  a donc pas lieu de s’opposer à leur installation, même       personnes étrangères au service de l’eau serait ultérieu­
                                                                  dans le périmètre de protection immédiate, sous              rement nécessaire pour l’entretien des installations.
                                                                  réserve que l’exploitant du ou des captages prenne,          Toute disposition contraire signifierait qu’une activité non
                                                                  dans le cadre de ses responsabilités générales, toutes       directement liée à l’exploitation du captage d’eau est
                                                                  les mesures nécessaires pour éviter une dégradation          possible dans le périmètre de protection immédiate,
                                                                  de la qualité de l’eau tant dans l’ouvrage de captage        ce qui pourrait constituer un précédent vis-à-vis d’autres
                                                                  que dans le réservoir.                                       activités qui pourraient être exercées sur ces sites.

                                                                  2. Cas des installations de télétransmission                 3. Procédure d’enlèvement des antennes
                                                                  commerciales
                                                                                                                               Lors de l’enlèvement des antennes qui ne sont plus
                                                                  a) Réservoir situé en dehors du périmètre de protection     utilisées, toutes dispositions doivent être prises pour
                                                                      immédiate                                                éviter la dégradation des ouvrages destinés à la distri-
                                                                                                                               bution de l’eau. Si nécessaire, une remise en état des
                                                                  L’autorisation d’installer les équipements de télétrans-
                                                                                                                               lieux pourra être exigée.
                                                                  mission pourra être accordée sous réserve que toutes
                                                                  mesures soient prises pour préserver la qualité des          4. Protection des personnes
                                                                  eaux stockées, à savoir notamment :
                                                                                                                               Dans tous les cas d’installation de systèmes de télé-
                                                                  • installation du bâtiment d’exploitation à l’extérieur
                                                                                                                               transmission entraînant l’émission d’ondes dont les
                                                                     du château d’eau ;
                                                                                                                               fréquences présentent des risques pour les porteurs de
                                                                  • maintien en bon état de l’ensemble des ouvertures         fibrillateurs et de pacemakers, des panneaux d’infor-
                                                                     (portes, capots, grilles d’aération, etc.) ;              mation pour ces personnes devront obligatoirement
                                                                  • installation de tous les équipements (antennes,           être installés à proximité des antennes et appareils
                                                                     câbles, etc.) à l’extérieur des ouvrages ;                concernés.




                                                             80

                                                                                                                                                                                              Sommaire
                                      ANNEXE 10
                                    Prescriptions agricoles                                             A




                                                                                                     Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies
                                                                                                                                                             Annexes
       Création de nouveaux sièges
          d’exploitation interdite


  Bâtiments existants : mise en conformité         Suppression des écoulements d’eaux souillées


                                                    Création si nécessaire de fosse, de fumière


                                                    Silos non aménagés interdits, recueil des jus


                                                           Aménagement des stockages
                                                            de produits phytosanitaires


                                                      Aménagement des stockages d’engrais


                                                           Stockages d’hydrocarbures :
                                 Extension           contrôler, mise sur rétention si nécessaire


Suppression des talus et des haies : interdite


Drainage de terres agricoles : la création est
                 interdite


       Création d’irrigation : interdite                       Maintien de la culture


             Pratiques culturales                           Mise en prairie permanente


                                                                     Boisement




                                                                                                    81

                                                                                                       Sommaire
                                                                                                                                       ANNEXE 11
A                                                                                                           Prescriptions en matière d’urbanisme
                                                        Annexes
Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies




                                                                                                                                                                       Constructions
                                                                                                                           Pas de constructions
                                                                                                                                                                         interdites
                                                                                                                          existantes dans le PPR
                                                                                                                                                                        (sauf AEP)
                                                                              Pas de document
                                                                                d’urbanisme
                                                                                                                                                                      Constructions                 Amélioration de
                                                                                                                               Constructions                        interdites sauf en              l’assainissement
                                                                                                                          existantes dans le PPR                  extension autour des           (suppression puisards),
                                                                                                                                                                   bâtiments existants           assainissement groupé


                                                                                                                                                                                                      Amélioration
                                                                                                                                                                                                       stockage
                                                                                                                                                                                                    d’hydrocarbures


                                                                                                                                                                                                    Devenir des eaux
                                                                                                                                                                                                       pluviales



                                                                                                                 Pas de zone                          Constructions                                   Assainissement
                                                                                                                 constructible                          interdites                                  autonome possible
                                                                         Document
                                                                  d’urbanisme PLU, POS,
                                                                     carte communale
                                                                                                                                                                                                      Raccordement
                                                                                                            Existence de zones                     Constructions en           Achèvement                 au réseau
                                                                                                               constructibles                      partie réalisées         des constructions        ou assainissement
                                                                                                                                                                                                         regroupé

                                                                                                                                                                                                       Vérification
                                                                                                                                                                                                      de l’étanchéité
                                                                                                                                                                                                        du réseau
                                                                                                                                                       Suppression
                                                                                                                                                        des zones                                    Devenir des eaux
                                                                                                                                                     (éventuellement)                                   pluviales
                                                                                                                 Aucune
                                                                                                           construction réalisée
                                                                                                                                                            Maintien            Sous-sol possible
                                                                                                                                                           des zones

                                                                                                                                                                                 Pas de sous-sol


                                                                                                                                                                                 Assainissement autonome possible


                                                                                                                                                                                       Raccordement réseau ou
                                                                                                                                                                                       assainissement regroupé


                                                                                                                                                                                  Chauffage*             Fioul possible


                                                                                                                                                                                                         Fioul Interdit

                                                                         * L es doublets géothermiques doivent être interdits dans les PPR
                                                                            (rejets d’eau froide, risques liés au chantier et au vieillissement des ouvrages)                          Devenir des eaux pluviales
                                                                            et les sondes si la protection de la nappe est faible.
                                                             82

                                                                                                                                                                                                                           Sommaire
 Direction générale de la santé                                             Directions régionales
                                                                            des affaires sanitaires et sociales
                                                                            Directions départementales
                                                                            des affaires sanitaires et sociales




                                                                                               H2O                                                                                                                 Eau et Santé
                                                                                                                                                                                                                                  Guide technique
                                                                                                                                                                                                                                                    H2O
                                                                                                                                                                                                             Protection
                                                                                                                                                                                                            des captages
                                                                                                                                                                                                             d’eau
                                                         Ministère de la Santé et des Sports
                                                         14, avenue Duquesne - 75007 Paris
                                                         Tél. : 01 40 56 60 00 - Fax : 01 40 56 40 56
                                                                                                                                                                                                               Acteurs et stratégies
                                                         www.sante-sports.gouv.fr                                                                                                                                   Mai 2008




                                                                                                                                         Protection des captages d’eau – Acteurs et stratégies – Mai 2008
Dans la même collection :                                                                                         – Mars 2009




L’eau dans             Les pesticides       Les systèmes          L’eau potable
les établissements     dans l’eau potable   d’alimentation        en France
de santé               2001-2003            en eau potable –      2005-2006
                                                                                                                  Éditions Dicom 09016




                                            Évaluer
                                            leur vulnérabilité




                                                                                                              Sommaire


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