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VERDE Suiteincendie07-04-2025 Notecompl17-04-2025.pdf · 2 164 mots · du marché « Exploitation du centre de stockage des déchets non dangereux des Grandes Cayes, avec entretien des pistes d'accès et… », dossier de consultation officiel.

                                              A Saint-Martin, le 17 avril 2025




OBJET : Précisions proposition de solutions d'urgence pour la continuité
         de l'exploitation de l’ISDND suite à l’incendie du casier 10


Après consultation des services opérationnels de la Collectivité de Saint-Martin,
et suite à la réunion du 16/04/25 et 17/04/25 avec les services RED de la DEAL
veuillez trouver ci-après des précisions concernant la proposition de
solutions d'urgence pour la continuité de l'exploitation de l’ISDND suite
à l’incendie du casier 10.


Contexte opérationnel critique et urgence d’agir
La saturation du site rend la situation particulièrement critique, menaçant la
continuité du service public.
À ce jour, il n’existe aucune solution d’étanchéité ignifuge sur le marché
répondant aux exigences réglementaires. Ainsi, même une réfection complète de
la BSA ne garantirait pas une protection durable contre d’éventuels feux
couvants, comme en témoigne l’incident survenu sur le casier 9.




Exploitation du casier 10
-   la barrière de sécurité passive (BSP) du casier 10 est intacte ;
-   la barrière de sécurité active (BSA) située en fond de casier est intacte ;
-   le réseau de drainage des lixiviats a été préservé ;
-   La BSA des flancs coté sud du casier a brulé, le coté nord est préservé.




Historique
Entre 1993 et 2006, le site de stockage a fonctionné comme une décharge
sauvage, sans Barrière de Sécurité Passive (BSP) ni Barrière de Sécurité Active
(BSA). L’ensemble des déchets produits sur l’île y était déversé et des incendies
y étaient régulièrement déclenchés. Cette période a profondément marqué le
site, qui en porte encore aujourd’hui les stygmates au travers des foyers
résiduels de combustion dans le massif de déchets, comme l’ont révélés
plusieurs campagnes de thermographie.




                                                                       VERDE SXM - IDEX - Tel. : +590 590 87 25 47 01
                                  Siège social : Parc Phenix lot 3, local n°5 - 9888 rue de l'Espérance - 97150 Saint Martin
                                                   SAS au capital de 50000 € | 531 604 841 RCS Basse-Terre | NAF 3821Z
Évaluation des risques : priorité à la gestion du risque incendie et
maîtrise renforcée des risques de pollutions


Le calcul du bilan hydrique repose sur le schéma conceptuel présenté ci-après,
illustrant les principaux flux d’eau intervenant sur un site de stockage.




La pluviométrie (P) constitue le principal
apport    en   eau.   Les    coefficients    de
ruissellement   dépendent      de     plusieurs
paramètres : la pente du terrain, la nature
des sols en couverture et la présence ou non
de végétation.
Le ruissellement entrant (Rint) prend en
compte les surfaces situées en amont
immédiat du site, tandis que le ruissellement
sortant (Rext) est déterminé à partir des
caractéristiques propres au site lui-même
(pentes, perméabilité des sols).
Les apports d’eaux souterraines (ES) peuvent être intégrés au calcul dans les cas
où une nappe phréatique est présente et qu’aucun dispositif d’étanchéité n’a été
mis en place au fond ou sur les flancs des casiers. Toutefois, cela ne s’applique
pas à l’ISDND de Saint-Martin.
Par simplification et sur la base du retour d’expérience, les contributions de l’eau
contenue dans les déchets (ED) et de la variation du stock d’eau (dS) sont
considérées comme négligeables car elles s’annulent mutuellement.
L’évapotranspiration réelle (ETR) dépend quant à elle des conditions climatiques
locales, de la couverture végétale et du type de végétation présente.
Le calcul du bilan hydrique est fondé sur la méthode de Thornthwaite, qui repose
sur le concept de réserve en eau facilement utilisable (RFU). Le sol est en effet
capable de stocker une certaine quantité d’eau, que les plantes peuvent ensuite
restituer par évapotranspiration. Cette réserve varie entre 0 mm (RFU vide) et
une valeur maximale (RFUmax), généralement comprise entre 0 et 200 mm
selon la nature du sol et du sous-sol.
Ce modèle permet d’estimer le volume et le débit moyen des eaux pénétrant
dans le massif de déchets, percolant à travers celui-ci, et se transformant en
lixiviats.
Les bilans hydriques prévisionnels indiquent une production de lixiviats quasi
nulle pour les années 2015, 2016, 2018 et 2019, avec des volumes estimés à
environ 0 m³. En revanche, une production modérée est estimée pour les années
plus récentes : environ 38 m³ en 2023 et 15 m³ en 2024.




                                                                                       Page 2/8
Analyse des piézomètres
Au cours des cinq dernières années, les analyses réalisées sur les piézomètres
ont montré une très large conformité aux seuils indicatifs de rejet dans
l’environnement. Il est important de souligner que VERDE n’a effectué aucun
rejet dans le milieu naturel ; les seuils utilisés servent uniquement de référence
pour l’évaluation de la qualité des eaux souterraines. Chaque année, environ 620
paramètres physico-chimiques sont analysés, correspondant à 50 éléments
mesurés sur 5 points de prélèvement, à raison de trois campagnes par an. Cela
représente près de 3 100 analyses sur cinq ans.
Le principal risque environnemental identifié sur le site est lié à
l’incendie. En effet, la pollution hydrique constitue un risque mineur et
maîtrisé dans le contexte particulier du site de Grandes Cayes. En effet,
malgré l’absence historique de BSP et de BSA sur l’ancienne décharge,
aucune contamination significative n’a été détectée à ce jour, ce qui tend
à    confirmer    une    vulnérabilité   limitée  de   ce   compartiment
environnemental dans les conditions actuelles.
Les bilans hydriques démontrent une production de lixiviats quasi nulle,
attestant d’un risque très faible de contamination des eaux souterraines.
Dans ce contexte, les efforts peuvent être concentrés sur la prévention
des incendies, en maîtrisant le risque de pollution hydrique par une
moindre performance en matière d’étanchéité de façon temporaire.


Afin de renforcer la maîtrise du risque incendie sur l’ISDND à court terme,
plusieurs actions concrètes ont été engagées et sont en cours de déploiement :
      Installation d’un second réservoir souple de 150 m³ dédié à la lutte contre
       l’incendie, équipé de sa motopompe autonome et de l’ensemble des
       accessoires nécessaires pour une mise en œuvre rapide et efficace en cas
       de départ de feu. Cette installation prévue en juin 24 permettra de doubler
       la capacité d’intervention hydraulique sur site.
      Recouvrement progressif du casier 9 : les opérations de mise en œuvre
       d’une couche de terre de recouvrement sont actuellement en cours et
       devraient s’achever dans un délai de trois mois. Ce recouvrement
       constitue une barrière physique limitant les émanations gazeuses et les
       points d’ignition en surface.
      Suivi thermique régulier : des rapports d’analyse thermographique sont
       produits mensuellement pour détecter d’éventuelles anomalies de
       température. Deux rapports ont d’ores et déjà été transmis, et le prochain
       est attendu courant avril. Cette prestation est prévue jusqu’en juillet, avec
       la possibilité d’extension selon les besoins.
      Constitution d’un stock stratégique de terre directement à proximité du
       massif de déchets, sur l’ISDND. Ce stock permettra une intervention
       immédiate en cas d’apparition d’un foyer de combustion interne, facilitant
       ainsi les opérations de confinement et d’étouffement.
      Renforcement de la surveillance humaine : une ronde de surveillance est
       assurée toutes les deux heures par les gardiens du site, permettant une
       détection rapide des signaux faibles d’incendie (fumées, odeurs, élévation
       de température) et une alerte immédiate en cas de besoin.


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Travaux programmés : sécurisation renforcée à moyen terme


Des travaux d’envergure sont prévus par la Collectivité de Saint-Martin dans le
cadre du renouvellement du contrat portant sur l’exploitation de l’ISDND
programmé pour août 2025, avec pour objectif de renforcer durablement la
prévention et la gestion du risque incendie :
       Étude d’un système de pompage d’eau de mer pour garantir une ressource
        en eau abondante et constante en cas d’incendie (le site ne disposant ni
        d’adduction d’eau, ni de borne incendie) ;
       Engagement d’une procédure de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) pour
        permettre la maîtrise foncière de la voie d’accès et la réalisation des
        travaux d’adduction d’eau ;
       Installation d’un système de vidéosurveillance et de détection des
        incendies par caméras thermiques, pour une réaction plus rapide face aux
        départs de feu ;
       Reprofilage et confortement du casier 9 pour stabiliser et étanchéifier les
        talus et limiter l’aération interne, réduisant ainsi les risques d’auto-
        inflammation et de foyers couvants.


Les travaux de réalisation du méta-casier sont prévus dans le cadre du prochain
renouvellement du contrat d’exploitation. Ce nouveau marché intégrera non
seulement la création du méta-casier mais également la mise en place de
moyens complémentaires de détection et de lutte contre l’incendie, afin de
renforcer la sécurité globale du site.
Contrairement à certaines pratiques observées en hexagone, le méta-casier ne
sera pas construit directement sur les déchets existants :
-   Conformément aux meilleures pratiques (MTD), un écran en terre de 50 cm
    d’épaisseur sera installé entre le casier 10, le casier 9 et l’ancienne décharge.
    Cet écran assurera la fermeture de la couverture actuelle tout en servant de
    fondation à la future rehausse, garantissant ainsi une séparation physique
    efficace entre les différentes zones.
-   Une nouvelle barrière d’étanchéité viendra compléter ce dispositif. En plus de
    sa fonction principale de confinement, elle jouera un rôle essentiel dans la
    prévention des feux couvants, en limitant leur propagation.
Il est à noter que la capacité résiduelle du casier 10 permet une exploitation
jusqu’en mars 2026. Ainsi, la performance limitée de l’étanchéité ne perdurera
que jusqu’à cette date, le méta-casier assurant de nouveau une parfaite
étanchéité. Ce délai offre en outre une fenêtre suffisante pour planifier et réaliser
les travaux de sécurisation dans des conditions optimales.




                                                                                        Page 4/8
       Aménagement du métacasier initialement prévu (DDAE) :

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    Ancienne                                                   C9
                                              C10
    décharge



                 Reprise étanchéité du
                 métacasier au casier 10

Proposition d’aménagement du métacasier pour isoler intégralement le
                            casier 10


                                                                           MER



Ancienne                                      C10
décharge




                   Couverture de terre pour
                   isoler le métacasier




                                                                       Page 5/8
Mesure de maîtrise complémentaire proposée ajout de piézomètre


L’objectif de cette démarche est de renforcer la surveillance environnementale en
installant deux piézomètres supplémentaires, afin d’améliorer le suivi des
éventuelles pollutions issues de l’ancienne décharge non équipée de dispositifs
de protection, ainsi que des casiers 9 et 10 qui ne disposent pas de barrières de
sécurité actives (BSA) en flanc.


La présente description a pour objet la fourniture, l’implantation et la mise en
œuvre de deux nouveaux piézomètres, en complément des deux dispositifs déjà
en place, dans le cadre du programme de surveillance des eaux souterraines
autour de l’Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND).


L’intervention se déroulera sur le site de l’écosite des Grandes Cayes et sera
encadrée par un plan de prévention sécurité.
Les ouvrages devront être conformes à la norme NF X31-613 et adaptés aux
conditions hydrogéologiques locales.


Il est à noter qu’un forage exploratoire jusqu’à 35 mètres de profondeur a été
précédemment réalisé sans rencontrer la nappe phréatique. À ce jour, les deux
piézomètres existants atteignent une profondeur d’environ 10 mètres, sans
présence d’eau.
Dans ce contexte, une consultation a été lancée afin de confirmer les hypothèses
hydrogéologiques et d’adapter l’implantation des nouveaux ouvrages.


Le prestataire devra réaliser deux nouveaux piézomètres en complément du
dispositif existant, conformément à la norme NF X31-613. L’intervention
comprendra :
      Étude préalable pour définir les points d’implantation en cohérence avec
       l’écoulement des eaux souterraines, validés avec le maître d’ouvrage.
      Forages verticaux d’environ 15 mètres, avec adaptation aux conditions
       géologiques locales.
      Mise en place des piézomètres (tubage Ø50 mm, crépine sur zone saturée,
       gravier filtrant, bouchon étanche, tête de puits sécurisée).
      Essais de réception (relevé de niveau statique, test de purge et de débit),
       avec remise des données techniques et coordonnées GPS.
      Livrables : plans de situation, coupes géologiques et fiches descriptives
       complètes.
      Engagements : respect des règles de sécurité environnementale,
       signalisation chantier, gestion des déblais en filière agréée.
      Délai d’exécution : 4 semaines maximum après notification du marché.
      Coût estimatif unitaire : 15 000 € par piézomètre.




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Mesure de maîtrise complémentaire proposée ajout d’une BSP sur les
flancs


Concernant l’utilisation d’argile pour le remblaiement des flancs du casier 10, une
analyse des stocks et des besoins met en évidence un déficit important. À ce
jour, nous disposons d’environ 1 200 m³ d’argile.


Sur le plan technique, il est important de noter que la membrane géosynthétique
bentonitique (GSB) n’a pas été altérée par l’incendie et reste intacte sur
l’ensemble du casier, offrant une couche d’imperméabilité significative, avec une
perméabilité de l’ordre de 10⁻¹¹ m/s.


En complément, la membrane PEHD a été préservée sur la partie Nord et Est du
talus. Il est donc proposé de prioriser le stockage des déchets sur cette zone
intacte, afin de bénéficier de la continuité de l’étanchéité déjà en place. Puis les 1
200 m³ d’argile disponibles seront utilisés en priorité sur les flancs, avec une
épaisseur cible de 50 cm.


En parallèle, une commande d’argile complémentaire sera lancée pour couvrir les
zones restantes. Il est essentiel de prendre en compte les délais
d’approvisionnement depuis la Martinique, actuellement estimés à environ 3
mois, ce qui constitue une contrainte logistique à intégrer dans la planification et
le phasage global des travaux.




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 Une demande de dérogation à durée limitée à l’arrêté préfectoral est
  formulée afin d’autoriser, à titre exceptionnel, l’exploitation de ce
  casier dans cette configuration.


Dans l’attente de votre retour, nous restons à votre entière disposition pour tout
complément d’information.




                                                    Maxime ARNAL
                                                    Directeur de VERDE




                                                                                     Page 8/8


Texte extrait tel quel de la pièce officielle, qui seule fait foi. La mise en page du document d'origine peut différer.