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prpgd_idf-document_complet.pdf · 28 001 mots · du marché « Travaux de Gestion Technique Centralisée (GTC) pour le SMR Versailles-Matelots et la ligne T13 : extension des systèmes… », dossier de consultation officiel.

Pièce diffusée par Ile de France Mobilités, consultation 26-89433. Vérifier le dossier à la source. La date et la version du document sont à vérifier dans l’original.

Plan Régional
de Prévention
et de Gestion des
Déchets (PRPGD)
d’Île-de-France
Synthèse Mai 2019
À portée pédagogique, ce document
vise à présenter les grands enjeux
de la prévention, de la collecte
et du traitement des déchets.
Son plan d'action se structure autour
de deux grandes perspectives
pour l'avenir :
    Faire évoluer nos pratiques
    dans le sens de la réduction
    des déchets et de leur
    revalorisation.
    Assurer la transition vers une
    économie circulaire.




                                        |3
4 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
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© Joanna Tarlet-Gauteur / Picturet
LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 7
  1




                                                                               Le rapport de la Cour des Comptes
                                                                               publié en février 2017 sur le
                                                                               traitement des déchets en Île-de-France
                                                                               recommande à la Région
                                                                               de « mettre en place une
                                                                               programmation régionale des déchets
                                                                               intégrant les spécificités territoriales
                                                                               et permettant d'améliorer la
                                                                               coordination des acteurs publics ».




8 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Un outil stratégique                                       OBJECTIF ZÉRO DÉCHET
                                                           VALORISABLE ENFOUI

                                                           Dès septembre 2016, début des travaux de planification,
Le PRPGD recense les actions, prévues ou à prévoir,        la Région Île-de-France s’est fixé l’objectif de zéro
entreprises par l’ensemble des parties prenantes           déchet valorisable enfoui, dans une dynamique de
concernées par la prévention et la gestion des             concertation élargie : commission consultative, groupes
déchets. Il couvre l’ensemble du territoire francilien     de travail techniques et élus, rencontres franciliennes
(8 départements pour un total de 12 millions               de l’économie circulaire, 50 contributions des acteurs,
                                                           relations avec les régions limitrophes et les services de
d’habitants), soit 19 % de la population française.
                                                           l'Etat, ...
Enfin, il concilie les démarches territoriales et inter-
régionales en faveur de l’économie circulaire.

        Le PRPGD, un outil pour coordonner
        les actions entreprises
        par les différentes parties prenantes
        sur un territoire regroupant 19 %
        de la population française.



Un contenu codifié

Suivant l’article R.541-16 du code de l’environnement,          Le PRPGD recense les actions prévues
le PRPGD contient :                                             et à prévoir par les différents acteurs
    un état des lieux de la prévention et de la gestion        franciliens concernés par la
     des déchets ;
                                                                prévention et la gestion des déchets.
    
    une prospective à termes de 6 et 12 ans de                  La réussite de sa mise en œuvre
    l'évolution tendancielle des quantités de déchets           dépendra de l’implication
    à traiter ;                                                 de l’ensemble des acteurs
    des objectifs en matière de prévention, recyclage          du territoire.
     et valorisation des déchets, déclinant les
     objectifs nationaux (article L.541-1 du code
     de l’environnement) de manière adaptée aux
     particularités régionales, et des indicateurs
     associés de suivi des objectifs ;
    une planification de la prévention et de la gestion
     des déchets, à termes de 6 et 12 ans, recensant
     les actions prévues et à prévoir par les différents
     acteurs concernés pour atteindre les objectifs, et
     leur calendrier de mise en œuvre ;
    une planification des installations comprenant
    une limite aux capacités annuelles de stockage
    des déchets non dangereux et non inertes ;
    les mesures permettant d'assurer la gestion des
    déchets dans des situations exceptionnelles,
    notamment celles susceptibles de perturber
    la collecte et le traitement des déchets, sans
    préjudice des dispositions relatives à la sécurité
    civile ;
    une planification spécifique de certains flux de
     déchets - biodéchets, déchets du Bâtiment et
     Travaux Publics (BTP), Déchets Ménagers et
     Assimilés (DMA), déchets amiantés, déchets
     d'emballages ménagers et de papiers graphiques,
     véhicules hors d'usage (VHU) et déchets de
     textiles - linge de maison et chaussures ;
    un plan régional d'action en faveur de l'économie
     circulaire.



                                                                                      LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 9
                                                                                Services de l’État (DRIEE*)
            Un plan dans
            la continuité                                                           Délivrance des autorisations installations
                                                                                     classées (de traitement des déchets).
            de l’action engagée                                                    Contrôle de ces installations.
            par la Région : animer,                                             Collectivités territoriales (EPCI* à fiscalité
            accompagner, observer                                               propre)
                                                                                    Récolte des déchets des ménages ainsi que
                                                                                     des déchets dits assimilés.
            La Région, en lien avec l'Agence De l'Environne-
            ment et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) et la                   Entreprises
            DRIEE, démontre son engagement et son expertise                        Élimination des déchets qu’elles produisent.
            depuis plusieurs années par son rôle d’animateur et
            d’accompagnateur technique et financier auprès des
            acteurs franciliens dans le domaine de la prévention
            et de la valorisation des déchets : soutien des initia-             Le PRPGD : application
            tives, création d’outils, expertise, échanges….
                                                                                et opposabilité
            L’Observatoire Régional des Déchets d’Île-de-France
            (ORDIF), quant à lui, analyse et diffuse, auprès des
            acteurs concernés, les résultats d’enquêtes tandis
                                                                                Toutes les décisions prises par les personnes mo-
            que l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme (IAU)
            réalise des travaux sur l’économie circulaire et l’em-              rales de droit public et leurs concessionnaires dans
            ploi dans la gestion des déchets.                                   le domaine de la prévention et de la gestion des dé-
                                                                                chets doivent être compatibles avec le PRPGD en
                                                                                application de l’article L.541-15 du Code de l’environ-
            QUI FAIT QUOI                                                       nement :
            EN MATIÈRE DE DÉCHETS ?                                                 les décisions prises en application du régime
            Région                                                                   de l’autorisation environnementale et du régime
                                                                                     des installations classées pour la protection
                 Planification des déchets : élaboration du PRPGD                   de l’environnement2 ;
                 (article L.541-14 du Code de l’environnement).
                                                                                    les délibérations d'approbation des plans
                 Animation et accompagnement des parties
                                                                                     et des programmes de prévention et de gestion
                  prenantes concernées afin d’assurer la coordina-
                                                                                     des déchets, en particulier les Programmes
                 tion nécessaire à l’atteinte des objectifs du plan
                 (article R.541-25 du Code de l’environnement).                      Locaux de Prévention des Déchets Ménagers
                                                                                     et Assimilés (PLPDMA).
            Le PRPGD coordonne à l’échelle régionale les
            actions entreprises par l’ensemble des parties pre-                 De plus, les différents plans, schémas et programmes
            nantes concernées par la prévention et la gestion                   devront s’articuler avec les dispositions du PRPGD,
            des déchets (article R.541-13 du Code de l’environne-               et notamment les 2 schémas suivants tous deux en
            ment).                                                              cours d’élaboration :
            Pour mener ses actions, la Région s’appuie sur :                        Schéma régional des carrières d’Île-de-France ;
               l’IAU et l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme                     Schéma régional biomasse.
            - Observatoire Régional des Déchets d’Île-de-France
            (IAU-ORDIF) (observatoire déchets) ;
                 l’ADEME (financement via le Contrat d’Objectifs
                  pour une Dynamique Régionale déchets et Éco-
                  nomie Circulaire (CODREC)) ;
            et s’est dotée d’une politique d’aides financières afin
            d’accompagner les porteurs de projets et collectivités
            dans la mise en œuvre / le déploiement d’actions
            contribuant à l’atteinte des objectifs du plan.
            Collectivités à compétence collecte et/ou
            traitement
                 Élaboration du Programme Local de Prévention
                  des Déchets Ménagers et Assimilés (PLPDMA)                    2 En application du Chapitre unique du titre VIII du Livre
                 (article L.541-15-1 du Code de l’environnement).               Ier du Code de l’environnement.
                                                                                3 En application du titre Ier du Livre 5 du Code de
                 Organisation de la collecte, et notamment                     l’environnement.
                 établissement du règlement de collecte                         *DRIEE : Direction régionale et interdépartementale de
                 (article L.2224-16 du Code de l’environnement).                l’environnement et de l’énergie
                                                                                *EPCI : Établissement public de coopération
                Traitement et valorisation des déchets.                         intercommunale



10 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Un suivi annuel

Chaque année, afin de s’assurer du bon déroulement
du Plan, un suivi comparatif des résultats/objectifs
fixés devra être mené à l’appui d’indicateurs
techniques, économiques et environnementaux.
Il sera assorti d’une analyse de la compatibilité des
filières mises en place avec les orientations du Plan.
L’ensemble fera ainsi l’objet d’un rapport de suivi
annuel.




↘ PROCÉDURE D’ÉLABORATION
   ET D’APPROBATION
   DU PRPGD


                    1

        ÉLABORATION
          du projet de PRPGD
    et du rapport environnemental
                                                            2
              à l'initiative                              AVIS
        et sous la responsabilité
                                               de la commission consultative
           du Conseil régional
                                           d'élaboration et de suivi, des conseils
             art. L. 541-141                régionaux des régions limitrophes,
                                          de la conférence territoriale de l'action
                                                                                                     3
                                           publique, des autorités organisatrices
                                          en matière de collecte et de traitement
                                          des déchets et du préfet de région (avis
                                              réputés favorables s'ils n'ont pas         ÉVALUATION
                                               été formulés sous quatre mois)         ENVIRONNEMENTALE
                                                                                       du projet de plan et du rapport
                                             art. L. 541-14 II et R. 541-221          environnemental par la Mission
                   4                                                                        Régionale d'Autorité
                                                                                             Environnementale
                                                                                        art. R. 122-17 et R. 541-231


    ARRÊT DU PROJET                                         5
        DE PLAN
   PAR LA PRÉSIDENTE
     art. L. 541-14 II et R. 541-11 III

                                                                                                    6
                                           ENQUÊTE PUBLIQUE
                                            art. L. 541 14 III et R. 541-23 II
                                                                                          APPROBATION
                                                                                        du PRPGD par délibération
                                                                                            du Conseil régional

                                                                                                     et

                                                                                           PUBLICATION
                                                                                        au recueil des délibérations
                                                                                              art. L. 541-14 III




                                                                                                LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 11
 2 Un contexte
et des enjeux
franciliens spécifiques
Située au carrefour des échanges européens et mondiaux, l’Île-de-France est
la première région économique française et l’une des premières au niveau
européen. Composée de 8 départements, elle accueille une population de près
de 12,2 millions d’habitants, soit 19 % de la population française métropolitaine.
Cette région en évolution permanente doit ainsi faire face à de multiples enjeux,
parmi lesquels la question de la prévention et de la gestion des déchets qui
constitue un défi à part entière.
Le dynamisme de la croissance économique et démographique de la région constitue
un véritable atout pour l’avenir, qui nécessite, en parallèle, que tout soit mis en œuvre
pour répondre à l’enjeu de gestion de la production de déchets qui en découle.


            Un pôle urbain                                                      UN PROFIL ÉCONOMIQUE
                                                                                QUI RAYONNE AU-DELÀ
            de premier plan                                                     DE SON TERRITOIRE
            à la dynamique                                                      De la vallée de la Seine, berceau de l’industrie automobile,
                                                                                au quartier d’affaires de La Défense (92), en passant par
            démographique forte                                                 le plateau scientifique de Saclay (91) et la Plaine Saint-
                                                                                Denis (93), qui se tourne vers les industries du cinéma, ou
                                                                                encore le marché international de Rungis (94) et le port
            Première région économique française et l’une                       de Gennevilliers (92), tous deux dédiés à la logistique,
            des premières au niveau européen, l’Île-de-France                   les activités économiques présentes sur le territoire
            réalise 31 % du produit intérieur brut de la France et              francilien façonnent ses paysages.
            4,5 % de celui de l’Union européenne. C’est également               Premier bassin d’emploi européen et forte d’un puissant
            une terre de grandes cultures céréalières complétée                 secteur tertiaire, la région réunit une main-d’œuvre
            par une agriculture maraîchère qui essaye de se                     hautement qualifiée (35 % des cadres français). 82 %
            maintenir aux portes de Paris.                                      des actifs Franciliens travaillent ainsi dans le secteur
            Cette dernière connaît un accroissement important                   tertiaire, l’administration, la banque, le tourisme, les aides
            chaque année de 50 000 à 60 000 personnes et ce,                    à la personne ou le commerce. La région Île-de-France
            depuis trente ans (12 millions d’habitants en 2014                  enregistre une forte tradition industrielle dans des
            contre 12,1 en 2016 et 12,2 aujourd’hui). La population             secteurs de pointe comme l’automobile, l’aéronautique,
            y est également plus jeune que la moyenne nationale.                l’imprimerie, l’électronique, la pharmacie ou encore l’agro-
                                                                                alimentaire. Elle se caractérise par un tissu dense de
                                                                                PME/PMI* et un large éventail d’activités.
                                                                                Région française la plus riche, l’Île-de-France a la
                                                                                particularité d’inclure à la fois le plus riche et le plus pauvre
                                                                                département de France.
    FOCUS
    SUR LES FRANCILIENS EN 2030                                                 *PME/PMI : Petites et moyennes entreprises et industries


    • Une population de 12,7 à 13,1 millions d’habitants.

    • Alors que l’Île-de-France enregistre un dynamisme
    démographique exceptionnel, elle devrait connaître un
    certain vieillissement de sa population, l’âge moyen passant
    de 36,7 à 39,3 ans. L’Île-de-France devrait rester la région
    métropolitaine comptant le plus d’actifs potentiels
    (20-59 ans) et la région la plus attractive pour les 18-29 ans.

    • Pour répondre constamment à l’accueil de nouveaux
    habitants, l’Île-de-France devrait compter 5,5 millions de
    résidences principales, soit 680 000 de plus qu’en 2007.




12 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
À LA FOIS PÔLE CULTUREL                                  LA RÉFORME
ET INTELLECTUEL, LABORATOIRE                             INTERCOMMUNALE :
SCIENTIFIQUE ET URBAIN                                   DES IMPACTS FORTS
L’Île-de-France propose un pôle d’enseignement su-       SUR LA RÉGION
périeur diversifié avec 23 % d’universités françaises,
25 % d’écoles d’ingénieurs (hors universités) et         La réforme territoriale a transformé profondément
22 % d’écoles de commerce. En outre, son réseau de       l’organisation des collectivités territoriales
communication à haut débit permet aux entreprises        franciliennes puisqu’elle a induit la création des EPT
                                                         (Établissements Publics Territoriaux) et de la Métropole.
de bénéficier de conditions technologiques très fa-
                                                         Elle vise à rationaliser la carte des établissements
vorables à leur essor.                                   publics de coopération intercommunale.
La région a une capacité d’innovation et de créa-        Elle a notamment eu des conséquences significatives
tion unique en Europe. Avec 40 % des effectifs des       sur les collectivités exerçant les compétences de
chercheurs français, elle s’affirme comme l’une des      collecte et de traitement des déchets, qui doivent
toutes premières régions scientifiques et technolo-      réorganiser l’ensemble de leurs services.
giques dans le monde. Les sept pôles de compétiti-       De plus, même si la réforme constitue aujourd’hui
vité franciliens se mobilisent pour conforter cette      une occasion de remettre à plat les organisations,
vocation, en développant la recherche appliquée, en      elle a retardé encore davantage la progression des
améliorant les transferts de technologie et en renfor-   performances de collecte sélective, le temps que
çant les synergies avec les acteurs économiques.         l’organisation des collectivités se stabilise.

Enfin, l’Île-de-France rassemble une forte densité
d’entreprises technologiques (grands groupes, PME,
start-up), pôles de compétitivité de réputation inter-
nationale. Sa capacité d’innovation et de création est
                                                          de relancer les politiques de prévention
unique en Europe.
                                                           et de gestion des déchets et poursuivre l’optimi-
                                                           sation de l’organisation territoriale en favorisant
DES INFRASTRUCTURES                                        la gestion cohérente de la collecte
DE PREMIER PLAN                                            et du traitement des déchets ;
Pour renforcer son attractivité, la Région s’est do-      de promouvoir l’innovation et de nouveaux mo-
tée d’infrastructures importantes. Le « hub » aérien       des de communication pour pallier les faibles
de Paris est le premier d’Europe continentale. Avec        performances de tri liées notamment
70 ports et 6 plates-formes multimodales répartis          à la densité urbaine ;
sur 500 kilomètres (km) de voies navigables, l’Île-
                                                          de tenir compte de l’évolution de la part
de-France est également la deuxième plate-forme
                                                           et de la nature des déchets faisant l’objet
fluviale d’Europe.
                                                           d’une valorisation énergétique, qui jouent
Elle est également la première région touristique          un rôle important dans l’alimentation
mondiale et, avec 700 000 m2 d’espaces d’exposi-           des réseaux de chaleur ;
tions, elle se positionne au premier rang pour le
                                                          de faire du Grand Paris un accélérateur de
tourisme d’affaires et les salons. Enfin, elle aura
                                                           bonnes pratiques et favoriser une structuration
l’honneur d’accueillir les Jeux Olympiques et Para-
                                                           rapide du parc des installations franciliennes
lympiques durant l’été 2024.
                                                           utiles à la gestion des déchets de chantier, no-
                                                           tamment les déblais (traçabilité) ;

Les grands défis                                          d'intégrer la composante « efficacité énergé-
                                                           tique des bâtiments », qui devrait se traduire
franciliens                                                par une augmentation des déchets liés à la
                                                           rénovation, mais également à la démolition-
                                                           reconstruction (parc de bureaux depuis le début
                                                           des années 2000) ;
De cette dynamique démographique et urbaine,
découlent des enjeux en matière de gestion des            de tenir compte de la désimperméabilisation
déchets générés, spécifiques au contexte d’envergure       et de la végétalisation des espaces urbains en
exceptionnelle de l’Île-de-France.                         cours, qui devraient se traduire par une aug-
                                                           mentation des déchets végétaux et des déchets
Le PRPGD est conçu en conséquence afin, par
                                                           de revêtements de chaussées et de trottoirs,
exemple :
                                                           et des déchets végétaux ;
   d'intégrer les particularités des modes de vie
                                                          de gérer la pression foncière et l’acceptabilité
   et de consommation des Franciliens (temps
                                                           des installations nécessaires, qui est de plus
   de transport élevés, composition et organisation
                                                           en plus difficile dans la zone la plus urbanisée
   des foyer, part du tourisme, consommation hors
                                                           de l’Île-de-France, y compris pour les déchèteries ;
   foyers...) dans les politiques de prévention
   et de gestion des déchets ;                            de développer les circuits courts et les interven-
                                                           tions foncières pour ralentir l’étalement urbain.


                                                                                      LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 13
 3 Évaluation
des enjeux économiques
du PRPGD Île-de-France
Conformément à l’article R.541-23 du Code de l’environnement, il est obligatoire
d’inclure dans le dossier d’enquête publique une évaluation des enjeux économiques
du PRPGD.
À portée pédagogique, ce document vise à présenter les grands enjeux économiques
de la prévention, de la collecte et du traitement des déchets. Il propose un focus sur
les enjeux économiques associés à deux objectifs structurants du PRPGD : réduire
la production de déchets et limiter le stockage des déchets non dangereux non inertes.
Il ne s’agit ni d’une évaluation d’impact macroéconomique qui évaluerait le nombre
d’emplois ou de revenus générés par le PRPGD – compte tenu de sa durée,
des investissements publics et privés, et d’hypothèses sur le contexte fiscal
et réglementaire –, ni d’une estimation des investissements publics et privés
à engager pour mettre en œuvre l’ensemble des plans d’action afférents
aux objectifs du PRPGD.



            Les grands principes                                                2 L’apparition de nouveaux instruments
                                                                                économiques visant à l’application du principe
            de fonctionnement                                                   pollueur-payeur à l’échelle du producteur
            de l’économie                                                       de déchets (Tarification Incitative)
                                                                                ou des industriels mettant sur le marché
            des déchets                                                         des biens soumis à une REP (Responsabilité Élargie
                                                                                des Producteurs) et qui doivent alors pourvoir
                                                                                financièrement à la gestion de leur fin de vie
            Les principes de fonctionnement de l’économie des
            déchets se sont complexifiés depuis une vingtaine                   En Île-de-France, les déchets constituent un coût
            d’années.                                                           qui est répercuté sur la fiscalité locale (plus de
                                                                                1,5 milliard d’euros levés au titre de la taxe d’enlève-
            LES GRANDS PRINCIPES                                                ment des ordures ménagères) ou internalisé dans le
            À RETENIR                                                           prix de revient d’un bien ou d’un service.

            1 Une multiplication des dispositifs                                3 Une plus grande diversité d’acteurs intervenant
            de collectes séparées                                               à différents niveaux de la chaîne de valeur avec
                                                                                des tensions sur le partage des coûts et des bénéfices :
            Les initiatives publiques et privées (opérateurs                    collectivités, entreprises productrices de déchets,
            privés, acteurs de l’économie sociale et solidaire)                 opérateurs, éco-organismes(Citeo, Corepile,
            se mêlent, compliquant les rôles de chacun : d’une                  Cyclamed, DASTRI*… ), acteurs de l’économie sociale
            part, les collectivités territoriales qui définissent               et solidaire…
            les conditions d’exercice de la gestion des déchets
            dont elles ont la charge ; d’autre part, les opéra-                 En Île-de-France, les différents acteurs intervenant
            teurs privés, dont les clients sont les entreprises                 dans le champ des déchets représentent plus de
            et administrations productrices de déchets. Ces                     20 000 emplois soit l’équivalent de l’industrie agro-
            derniers sont aussi responsables juridiquement que                  alimentaire, mais une baisse de - 1,7 % intervient entre
            les collectivités pour lesquelles ils interviennent                 2007 et 2017 malgré l’arrivée de nouveaux acteurs sur
            comme prestataires afin de collecter les déchets, les               le marché des déchets (éco-organismes, industriels
            traiter sur des installations privées ou exploiter des              producteurs de biens, acteurs de l’économie sociale
            unités sous maîtrise d'ouvrage publique.                            et solidaire, start-ups innovantes…).

                                                                                *DASTRI : Éco-organisme national qui collecte et traite
                                                                                les DASRI"



14 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Les modèles économiques de ces nouveaux acteurs
sont aussi divers que leurs typologies :
                                                                    Focus sur la réduction
   financement par les services apportés                            des quantités
   aux clients (collecte, traitement…) ;                            de déchets
   transformation des matières à recycler pour
   être vendues à un prix compétitif par rapport
   à celui de la ressource primaire à laquelle                      Réduire le volume des déchets est un enjeu majeur
   elles sont associées.                                            pour la maîtrise des coûts de gestion liés aux
                                                                    déchets. Cependant, une évolution quantitative en
4 Des schémas de gestion des déchets                                ce sens suppose, à terme, de moins produire et moins
dans les territoires largement conditionnés                         consommer.
par l’initiative publique                                           Arriver à une économie sobre en ressources qui
                                                                    réduit la production de déchets tout en générant de
Des leviers technologiques, réglementaires et                       l’activité et de l’emploi suppose de :
organisationnels (capacité à faire travailler conjoin-                 développer et promouvoir la réparation ;
tement producteurs et consommateurs de matières)
sont à activer pour trouver des débouchés pérennes                     intégrer l’éco-conception, la refabrication
aux matières à recycler et répondre aux enjeux                         et faire évoluer les modèles d’affaires des
réglementaires.                                                        entreprises ainsi que les modalités d’achat
                                                                       des acteurs publics et des citoyens vers la
5 Des instruments fiscaux qui constituent                              performance d’usage, la valeur de service
à la fois un coût fiscal et un instrument économique                   et la coopération ;
pour privilégier les solutions de traitement réputées                  modifier les changements de pratiques
plus efficientes d’un point de vue environnemental                     de consommation afin de développer une
                                                                       consommation responsable ou du moins
La volonté de développer des filières de valorisation                  plus partagée et plus collaborative ;
doit être analysée à l’échelle du territoire sur lequel
elles doivent se déployer : principe de proximité                      lutter contre les gaspillages, notamment
pour le traitement des déchets et pour certains flux,                  alimentaires ;
nécessité pour les industriels d’amortir leurs équipe-                 développer la prévention des déchets
ments de transformation/production sur de grandes                      et l’optimisation des processus de production
quantités pour garantir une certaine compétitivité.                    dans les entreprises afin de concilier la création
                                                                       de valeur et l’amélioration des procédés
                                                                       industriels.

                                                                           De nombreuses entreprises ignorent
                                                                           le coût réel de leurs déchets au-delà
                                                                           de la facture du prestataire privé
                                                                           ou public pour la gestion externe
                                                                           de ces déchets (autour de 0,5%
                                                                           du chiffre d'affaires). Le coût réel
                                                                           représente jusqu'à 40 fois le montant
                                                                           de la seule facture de gestion
                                                                           des déchets pour une entreprise.




                                 © Jean-Lionel Dias / Picturetank




                                                                                                  LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 15
            Focus sur la réduction                                              DES ÉVOLUTIONS RÉGLEMENTAIRES
                                                                                ADOPTÉES POUR DISSUADER
            du stockage                                                         CE MODE DE TRAITEMENT
            des déchets non                                                         La Taxe Générale sur les Activités Polluantes
                                                                                   qui va renchérir le prix de la mise en stockage
            dangereux et non                                                       (65€/tonne (t) entrante en 2025 contre moins
            inertes des ISDND                                                      de 20€ aujourd’hui pour le taux le plus bas).
                                                                                   L’obligation de collecte séparée des biodéchets
                                                                                   des gros producteurs et des 5 flux (papier/carton,
            Les objectifs du PRPGD fixent deux limites aux                         métaux, verre, bois, plastiques)
            capacités annuelles autorisées des Installations de                    pour les entreprises.
            Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND) :                        Cependant, des incertitudes demeurent sur la
            1,8 millions de tonnes (Mt) au 1er janvier 2020 et                  capacité des acteurs (producteurs et opérateurs)
            1,3 Mt au 1er janvier 2025. En Île-de-France, en 2017,              à réorienter ce flux de déchets vers des filières de
            environ 2,5 Mt de déchets ont été envoyées dans des                 valorisation matière ou énergétique.
            installations de stockage de déchets non dangereux
            non inertes, dont près des deux tiers étaient des                          Toute tonne détournée du stockage
            déchets d’activités économiques (DAE). Ainsi, pour                         vers d’autres filières de traitement
            atteindre l’objectif de réduction du stockage en 2025,                     est créatrice d’emploi direct
            il sera nécessaire de réduire de 1,2 Mt les déchets                        (1,4 Equivalent Temps Plein (ETP)
            traités en ISDND.                                                          par 10 000 t en stockage contre plus
                                                                                       de 7 ETP sur les centres de tri de DAE) :
            LES RAISONS
                                                                                       chaque dépense consacrée à la collecte
            DU RECOURS AUX ISDND                                                       et/ou au tri de déchets mobilisera plus
                                                                                       d’emplois.
                Une filière d’élimination réputée moins coûteuse
                que le tri.
                Une plus grande praticité pour les entreprises
                de jeter en mélange des déchets de différentes
                natures.
                Une méconnaissance de la réglementation
                s’imposant aux entreprises en matière
                de tri à la source.




16 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
 4 L’évaluation
environnementale
du PRPGD d’Île-de-France
L’évaluation environnementale est une obligation réglementaire conduite
concomitamment à l’élaboration du PRPGD. Il s’agit d’une démarche visant
à apporter une autre lecture du PRPGD et à renforcer l'intégration de l’ensemble
des thématiques environnementales, notamment dans ses objectifs.




© GUILLAUME BINET / MYOP




LES 4 OBJECTIFS DÉDIÉS À                                   LES ÉTAPES DE L’ÉVALUATION
L’ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE                              ENVIRONNEMENTALE
                                                           ET SON CONTENU
     Intégrer, le plus en amont possible
     de la construction du PRPGD, les considérations       L’évaluation environnementale donne lieu à la production
     environnementales dans les projets et les             d’un rapport environnemental en parallèle du PRPGD.
     politiques publiques.                                 Elle est soumise, pour avis, à l’Autorité environnementale
                                                           au cours de la phase de consultation administrative et
    Adopter une approche systémique                        avant la phase d’enquête publique. À l’issue d’un délai
    de l’environnement en identifiant les enjeux           de trois mois, l’Autorité environnementale livre ses
    environnementaux du territoire sur lequel le plan      remarques et recommandations et son avis est publié en
    s’applique, afin de permettre la caractérisation       ligne et annexé au dossier d’enquête publique du PRPGD.
    des incidences directes, indirectes, cumulées
    et à court et long terme de la mise en œuvre du Plan   La Région explicitera comment l’avis de l’Autorité
    sur l’ensemble des composantes de l’environnement.     environnementale a été pris en compte et justifiera, le
                                                           cas échéant, les points sur lesquels ses recommandations
     Consolider juridiquement le PRPGD                     n’ont pas été intégrées dans le PRPGD.
    et assurer son insertion et sa cohérence
    dans l’action publique, tant à l’échelle                       L’évaluation environnementale,
    suprarégionale qu’au regard des autres plans                   une démarche accompagnant
    ou programmes existants en Île-de-France                       l’élaboration du Plan :
    en fonction de leurs liens avec celui-ci.                      systémique, pédagogique
    Expliquer et démontrer de manière transparente                 et constructive.
    les apports du PRPGD vis-à-vis d’un scénario
    de référence et de l’évolution tendancielle, liée
    aux exigences réglementaires en vigueur,
    et justifier les choix retenus pour l’élaboration
    du PRPGD de façon argumentée.




                                                                                           LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 17
            LES 8 PARTIES DU RAPPORT
            RÉALISÉ DANS LE CADRE
            D’UNE DÉMARCHE INTÉGRÉE
            ET ITÉRATIVE AVEC LE PRPGD

            Une présentation synthétique du plan, de son contenu
            et de ses principaux objectifs.

               1. La démonstration de la bonne articulation
            entre le PRPGD et les différents documents, schémas
            ou programmes nationaux et régionaux et ce,
            dans un souci de cohérence de l’action publique.

            Le schéma ci-contre précise les plans avec lesquels
            le PRPGD a un lien juridique établi. L’articulation sera
            également effectuée avec d’autres plans ayant un lien
            avec les déchets (Schéma Directeur Région Île-de-France,
            Plan Régional Santé Environnement 3…).

               2. Un état initial de l’environnement et ses perspectives
            d’évolution.

                3. Une analyse des incidences, positives ou négatives,
            du PRPGD sur l’environnement, basée sur les enjeux
            environnementaux identifiés préalablement dans l’état
            initial et devant porter une attention toute particulière
            aux sites Natura 2000 franciliens.

                4. La justification des choix retenus pour l’élaboration
            du PRPGD stipulant les alternatives envisagées ainsi que
            l’exposé des motifs pour lesquels les options du PRPGD
            ont été retenues.

               5. Une présentation des mesures pour Éviter, Réduire,
            Compenser (démarche dite « ERC ») les effets du PRPGD
            sur l’environnement, la priorité étant de cibler les mesures
            d’évitement des impacts sur l’environnement et sur la santé.

               6. Un dispositif de suivi des incidences de la mise
            en œuvre du Plan sur l’environnement qui définira
            des indicateurs spécifiques à l’évaluation environnementale,        CONCLUSION
            en articulation avec les indicateurs de suivi
            du PRPGD.
                                                                                Globalement, les dispositions du PRPGD sont
                7. Une présentation des méthodes de travail                     favorables à l’environnement. L’analyse des
                                                                                incidences associe à la mise en œuvre des
            entre les équipes en charge de l’élaboration du PRPGD
                                                                                dispositions du PRPGD des impacts positifs
            et celles en charge de l’évaluation environnementale.               divers, tout en soulevant un certain nombre
                                                                                de points de vigilance, principalement liés à la
                8. Un résumé non technique, synthèse du rapport                 réalisation effective et au fonctionnement des
            environnemental ayant une vocation didactique                       nouvelles installations prévues par le PRPGD.
            et de transparence, regroupe l’ensemble des thématiques
            traitées dans celui-ci.




18 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
  ↘ ARTICULATIONS DU PRPGD
                       AVEC LES PLANIFICATIONS STRATÉGIQUES


                                CODES                                                                          CODE DES
                                                        CODE                   CODE DE
                            - DE L'ÉNERGIE                                                                   COLLECTIVITÉS
                                                      FORESTIER           L'ENVIRONNEMENT
                       - DE L'ENVIRONNEMENT                                                                  TERRITORIALES
NIVEAU NATIONAL




                                             STRATÉGIE      PROGRAMME
                            STRATÉGIE        NATIONALE       NATIONAL     PLAN NATIONAL
                            NATIONALE     DE MOBILISATION   DE LA FÔRET   DE PRÉVENTION
                          "BAS CARBONE"   DE LA BIOMASSE     ET DU BOIS    DES DÉCHETS




                                 SRCAE          SRB               PRFB        PRPGD                   SRC                   SRDEII
NIVEAU RÉGIONAL




                                         PREE




                           PPA
NIVEAU INTERCOMMUNAL




                                 PCAET                                       PLPDMA




                                                                                            EST COMPATIBLE
    PCAET : Plan climat-air-énergie territorial                                                  AVEC
    PLPDMA : Programme local de prévention des déchets
    ménagers et assimilés
    PPA : Plan de protection de l'atmosphère
    PREE : Programme régional pour l'efficacité énergétique
                                                                                                 PREND EN
    PRFB : Programme régional de la forêt et des bois
    PRPGD : Plan régional de prévention et de gestion des                                         COMPTE
    déchets
    SRCAE : Schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie
    SRB : Schéma régional biomasse
    SRC : Schéma régional des carrières                                                      EST COHÉRENT
    SRDEII : Schéma régional de développement économique,                                         AVEC
    d'innovation et d'internationalisation




                                                                                      LE PRPGD : CONTEXTE, ENJEUX ET OBJECTIFS | 19
                                     Les grandes
                                     orientations
                                     du PRPGD




© Pierre-Yves Brunaud / Picturetan
Plusieurs conditions ont été identifiées
lors de la phase de concertation comme
étant à mettre en œuvre pour que les
objectifs du PRPGD puissent être atteints.


Mettre en réseau, accompagner et engager
les acteurs
Le PRPGD prévoit dans l’ensemble de ses volets
des actions de communication, de formation et
d’information destinées aux Franciliens, élus,
acteurs des territoires, maîtrise d’ouvrage/d’œuvre
et entreprises.

        À cet effet, et comme le prévoit
        la réglementation, la Région entend
        jouer un rôle de coordination
        et d’animation du réseau des
        acteurs franciliens, mais aussi
        d’accompagnateur du changement
        et de soutien à l’innovation technique
        et sociale.

Mobiliser la commande publique et l'exemplarité
du secteur public
Des actions sont prévues tant dans le cadre de
la prévention que dans la gestion des déchets
: présentation de collecte et de stimulation de
la demande en produit issus du réemploi, du
recylage, ou de l'éco-conception des bâtiments. Si
nécessaire, le GIP Maximilien sera mobilisé pour
mener des actions à l'échelle régionale.
Créer les conditions d’une efficience économique
en facilitant la maîtrise des coûts, en assurant la
promotion de l’éco-conception et en développant
les tarifications incitatives.
Mutualiser et adapter les moyens (collecte/
traitement) aux nouveaux enjeux en développant
une vision territoriale, en décloisonnant la gestion
des déchets ménagers et des déchets d’activités
économiques, en favorisant une logistique
intelligente notamment en milieu urbain dense,
en mobilisant le foncier pour maîtriser l’impact
environnemental et en favorisant l’acceptabilité.
Interpeller l’État pour envoyer un signal clair en
faveur de la réparation, du réemploi, de la réutili-
sation/valorisation - notamment via une évolution
réglementaire - et l’adoption d’une fiscalité adaptée.
Enfin, améliorer la connaissance et l'observation.




                        LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 21
  1Lutter contre
les mauvaises pratiques
Dépôts sauvages, sites illicites, exhaussements de sols non justifiés
sont autant de mauvaises pratiques enregistrées sur le territoire francilien.
En constante augmentation, elles représentent des tonnages considérables.
Une situation alarmante qui a conduit la Région, l’État et plus largement
les acteurs régionaux à inscrire cette problématique dans le PRPGD
d’Île-de-France, afin de faire de la lutte contre les mauvaises pratiques
un préalable à la mise en œuvre de l’ensemble des orientations relatives
à la prévention et à la gestion des déchets sur le territoire régional,
et de soutenir l’action des autorités compétentes en la matière.



                       La gestion des dépôts sauvages                           Collectivités territoriales, gestionnaires d’espaces
                       est estimée à 7 à 13 € par habitant                      ou de routes, agriculteurs, sont autant d’acteurs
                       et représente 25 kilogrammes (kg)                        impactés quotidiennement, souvent démunis pour
                       par habitant et par an. Réalisée                         lutter efficacement contre ces incivilités.
                       à partir d’une enquête menée                             Ces dépôts sauvages sont d’origines multiples :
                       sur la base d’un échantillon                             particuliers, professionnels de la construction, travail
                       de collectivités restreint,                              illégal… Il est donc primordial de responsabiliser
                       cette estimation est certainement                        et d’impliquer l’ensemble de la chaîne d’acteurs à
                       sous-évaluée.                                            l’origine de ces dépôts afin d’obtenir des résultats
                                                                                effectifs dans la durée.

            Quand un site
            est-il considéré                                                    La nécessité d’une
            comme illégal ?                                                     approche territoriale
                                                                                multi-acteurs pour
                                                                                redresser la situation
            Les sites et aménagements d’exhaussements de sol
            sont susceptibles d’être considérés comme illégaux
            dès lors qu’ils ne respectent pas les obligations
                                                                                Le Ministère de la transition écologique et solidaire
            en vigueur pour leur nature ou l’activité qui y est
                                                                                a mis en place en 2018 un groupe de travail dont les
            réalisée. Des inspections des services de l’État
                                                                                travaux s’inscrivent dans le cadre de la Feuille de
            peuvent être effectuées afin de vérifier si une activité
                                                                                Route pour l’Économie Circulaire (FREC) avec trois
            doit être considérée comme une installation classée
                                                                                priorités : conduire une étude visant à établir un état
            illégale ou ne respectant pas les prescriptions
                                                                                des lieux de la problématique des déchets sauvages,
            relatives à son exploitation. En cas d’infraction, des
                                                                                mettre en place des mesures visant à renforcer
            sanctions administratives et des sanctions pénales
                                                                                les outils de contrôle et de sanction, dresser un
            sont prévues par le Code de l’environnement.
                                                                                répertoire des bonnes pratiques de prévention de
                                                                                l’abandon de déchets et des outils associés.

            Tous concernés                                                      Au niveau départemental, des concertations
                                                                                territoriales ont été engagées tandis que des actions
            par les dépôts                                                      de nettoyage, de sensibilisation ou d’information sont
            sauvages de déchets                                                 également portées au niveau local (établissements
                                                                                publics, associations…).
            en Île-de-France
                                                                                        L’État n’intervient pas directement
                                                                                        sur les dépôts sauvages.
            Les dépôts sauvages de déchets touchent l’ensemble                          En revanche, il agit sur l’évolution
            des territoires franciliens, urbains et ruraux.                             de la réglementation.



22 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
                                                             Axe 2 – Rrenforcement du maillage des points de
Zoom sur le dispositif                                        collecte pour les déchets des artisans
"Île-de-France propre"                                    Actions : mise à jour de l’état des lieux des points de
et son fonds propreté                                     collecte ; identification des besoins d’évolution de
                                                          l’offre ; soutien renforcé aux équipements de collecte
                                                          dédiés aux déchets des professionnels.
La Région est engagée depuis 2016                            Axe 3 – mobilisation des professionnels et des
dans un dispositif ambitieux.                                 maîtres d’ouvrage
                                                          Actions : convention signée avec la Chambre
                                                          Régionale de Métiers et de l'Artisanat pour analyser
Un dispositif à la fois                                   les pratiques des professionnels et renforcer leur
préventif et curatif                                      sensibilisation aux bonnes pratiques des artisans ;
s’articulant autour                                       responsabilisation de la Maîtrise d’OuvrAge (MOA)
                                                          via un club MOA.
de 4 axes principaux
   Axe 1 – mise en place d’un fonds propreté                Axe 4 – renforcement des sanctions contre les
    et d’une dynamique régionale d’échanges et                mauvaises pratiques
    d’accompagnement                                      Actions : 7 propositions d’évolutions réglementaires et
Actions : soutien aux dépenses d’investissement liées     5 pistes d’actions à mener au niveau national, établies
à des mesures préventives et curatives ; animation d’un   par un groupe de travail constitué de collectivités
réseau d’échanges avec des formations sous forme de       franciliennes et envoyées par courrier début 2018 au
web-conférences ; développement de l’application          Ministre de la transition écologique et solidaire.
ACDéchets de signalement des dépôts sauvages.




                                                                                           LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 23
                          La lutte contre les dépôts sauvages est donc un enjeu
                          régional sur les plans économique, environnemental
                                                                                             Un dispositif faisant
                          et sociétal. L’interdépendance des acteurs et les                  l’objet d’une mise en
                          phénomènes de report des dépôts sauvages vers
                          d’autres terrains limitrophes en cas de mise en
                                                                                             œuvre opérationnelle
                          place de moyens de surveillance ou de restriction
                          d’accès soulignent bien l’importance d’une approche
                          territoriale multi-acteurs.
                                                                                             Préconisations du PRPGD
                          Trois solutions sont à mettre en œuvre :
                                                                                               Poursuivre la mise en œuvre du plan d’action
                               des actions préventives : moyens de                             « Île-de-France propre » en amplifiant la logique
                                surveillance, renforcement du maillage des                      de partenariats et la mise en réseau des acteurs
                                points de collecte adaptés, restriction des accès ;             par l’organisation d’une journée régionale
                                                                                                annuelle.
                               des actions curatives : modes de signalement
                               et moyens d’intervention pour nettoyer les                      Favoriser le contrôle et la répression
                               dépôts sauvages afin d’éviter l’accroissement                    de ces pratiques en mobilisant les parquets
                               des dépôts ;                                                     et en étant force de proposition pour faire
                                                                                                évoluer le cadre réglementaire, en lien
                               des actions répressives : application
                                                                                                avec la FREC et en accompagnant
                               des sanctions en vertu du pouvoir de police
                                                                                                les acteurs dans sa mise en œuvre.
                               du Maire.
                                                                                               Développer des dynamiques de surveillance
                                                                                                et d’éducation des territoires pour
                                                                                                responsabiliser l’ensemble des acteurs
                                                                                                à l’impact économique et environnemental
                                                                                                de ces pratiques. La mise en place de chartes
                                                                                                territoriales pourrait être expérimentée.
                                                                                               Apporter collectivement des réponses adaptées
                                                                                                aux besoins des artisans, des agriculteurs
                                                                                                et autres producteurs de déchets pour favoriser
                                                                                                les pratiques vertueuses.




© Stephanie Lacombe / Picturetank




             24 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
 2 Assurer la transition
vers l’économie circulaire
En 2015, un Francilien consommait 20 tonnes de matière, plus que la moyenne
de la France (18 tonnes par habitant et par an). Quatre ensembles de matières
représentent 60 % de la consommation de matières du territoire francilien :
   la biomasse agricole et les produits alimentaires ;
   les combustibles fossiles ;
   les matériaux de construction ;
   les produits principalement métalliques hors matériaux de construction.
Aujourd’hui, l’essentiel des ressources nécessaires au fonctionnement de la région
provient de l’extérieur. Les matières extraites localement ne comptent que pour
1,9 tonne par habitant et par an, soit un dixième de ce que la région consomme
au quotidien. Dans un contexte d’épuisement des ressources (terres rares, métaux),
cette dépendance expose la région aux potentiels chocs sur les ressources
et à la volatilité des cours des matières premières.
Ces caractéristiques rendent l'écosystème francilien vulnérable et font
de la transition vers l'économie circulaire une perspective clé pour l’avenir.




↘ BILAN DE FLUX DES MATIÈRES DE LA RÉGION
   ÎLE-DE-FRANCE EN 2015 (TONNES/HABITANT)
   Source : « Bilan de flux de matières de la région Île-de-France en 2015 »,
   réalisé par V. Augiseau et S. Barles (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
   UMR Géographie-Cités) pour la Région Île-de-France, 2018




*UMR : Unité mixte de recherche




                                                                                 LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 25
    L'ÉCOCONCEPTION ET L'ÉVOLUTION
    DE NOTRE CONSOMMATION :
    UN IMPÉRATIF FRANCILIEN

    Un Francilien produit 3,6 tonnes de déchets solides
    par an. En théorie, si 100 % des déchets produits étaient
    recyclés, cela ne couvrirait que 18 % des besoins actuels
    en matières premières. Ainsi, le seul recyclage ne
    pourrait suffire à limiter et stabiliser les flux de matière
    entrant dans le système, même s’il peut y contribuer
    de manière non négligeable. Pour réduire la
    consommation francilienne de ressources, il faudra
    donc travailler nécessairement à la sobriété,
    à l’éco-conception et au changement de la manière
    de consommer.




                                                                                                                                           © Stephane Lagoutte / M.Y.O.P




            Tendre vers                                                         ressources naturelles, en particulier celles non-re-
                                                                                nouvelables (promotion de la sobriété, de l’efficaci-
            l’économie circulaire                                               té, de la mutualisation d’usage, de la limitation des
                                                                                gaspillages) et, d’autre part, de transformer ce qui
                                                                                est considéré comme un déchet en ressource (ré-
            Le concept d’économie circulaire naît de la prise de                paration, réemploi, refabrication, recyclage) pour
            conscience d’un épuisement de certaines ressources,                 développer une offre locale de matières secondaires
            impliquant de changer nos façons de produire et                     et améliorer la résilience de la région face à la dimi-
            de consommer. Il vise à dépasser le modèle écono-                   nution des ressources naturelles.
            mique linéaire actuel consistant à extraire, fabriquer,             L’économie circulaire ne répond pas seulement à des
            consommer et jeter.                                                 enjeux environnementaux. Elle est avant tout un en-
            Ainsi, la transition vers une économie circulaire                   jeu pour le développement économique, la création
            est l’ensemble des actions et transformations per-                  d’emplois locaux, des circuits courts et de lien social.
            mettant, d’une part, de réduire la consommation de



26 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
↘ LE SCHÉMA DE L’ÉCONOMIE
    CIRCULAIRE
    Source : ADEME « L'économie circulaire en 10 questions », 2019




TOUR D'HORIZON

Pour une société plus                                                                                      LE MODÈLE LINÉAIRE ATTEINT SES LIMITES


écologique, plus solidaire
et plus équitable                                                                                           EXTRACTION            FABRICATION             DISTRIBUTION     CONSOMMATION          FIN DE VIE

L’économie circulaire est une nouvelle façon de produire et de                                             Épuisement                 Pollutions et émissions              Utilisation de plus   Trop de
                                                                                                           des ressources             de gaz à effet de serre              en plus courte        déchets
consommer qui concerne tous les acteurs de la société                                                      naturelles                                                      des produits,         à traiter
(citoyens, collectivités locales, administrations, entreprises,                                                                                                            accumulation
                                                                                                                                                                           de biens
associations…).



NOUVELLES PRATIQUES DES PRODUCTEURS                                                                                                              NOUVEAUX COMPORTEMENTS
                                                                                                                                                 DES CONSOMMATEURS
• L’écologie industrielle et territoriale
utilisation mutualisée des ressources                                     e                                                                            • Consommer moins et privilégier
(eau, énergie…) et des services                                 c   lag                                                    Obj                             les produits avec un label
                                                             cy
                                                                                                                               ets
                                                                                                                                   usa
                                                        Re
(transports, lieux de travail…)                                                                                                        gé
                                                                                                                                                              environnemental
                                                                                                      n                                  s,
• L’éco-conception                                                                      a    tio                                            em                   • Penser collaboratif
                                                                                    ric
                                                                                                                                               ba                   (prêt, location, échange)
conception des produits
                                                                               ab                                 p l oi
pour limiter leurs impacts
                                                                          ef


                                                                                                                                                     lla
                                                                                                                                                                       • Utiliser durablement
                                                                                                          R éem
                                                                                                                                  Obje




                                                                                                                                                        ge
sur l’environnement sur                                                                                                               ts e                               (entretien, réparation)
                                                                                                                                          nb
                                                                    R




                                                                                                                                                          s,
                                                                                                                                              on



                                                                                                                                                             pa
tout leur cycle de vie                                                                                                                           ét                         • Bien trier ses
                                          es




                                                                                                                                                               pie
                                                                                                                                                    at
                                       ièr




• L’économie de                                                                                                                                                               déchets
                                                               s




                                                                                                                                                                  rs,
                                                             ée
                                     em




la fonctionnalité                                                                                                            on
                                                          ach




                                                                                                                       ati
                                                                                                                                                                      ve
                                                                                          n
                                      r




vente de l’usage                                                                                                   r
                                                                                        do
                                  es p




                                                                                                                                                                   rre…
                                                                                                                pa
                                                       dét




                                                                                     e/




des biens plutôt
                                 Matièr




                                                         s




                                                                                  ent




                                                                                                           Ré
                                                    Pièce




que des biens
                                                                               Rev




eux-mêmes


                                                                                                                                           Biens de consommation
                                                                                                                                                  et d’équipement
MOINS                                                                                                                                                                             MOINS
D’EXTRACTION                                                                                                                                                                      DE DÉCHETS
DE MATIÈRES                     FABRICATION                         DISTRIBUTION                             CONSOMMATION                                           TRI           ET PLUS DE
PREMIÈRES                                                                                                                                                                         VALORISATION
                                                                                                                                          Produits alimentaires
                                                             Bio
                                          En




                                                              ga
                                          g ra




                                                                z




                                                                      M                                                                                                              Le recyclage
                                              is




           Certaines                                                          ét
           ressources sont                                                         ha                                                                                                des déchets
           menacées de pénurie                                                          ni                                                           s                               ne suffira pas !
                                                                                             sa                                                 et
                                                                                   i on           t                                        ch
C’est le cas de nombreux métaux               (i n     C                                                                                 dé                            Recycler consomme de l’énergie
                                                   d u om                                                                            Bio
(cuivre, argent, zinc, nickel). Cette                 st r      p                                                                                                   (transport, process industriels…)
                                                           i el o st
raréfaction va entraîner une volatilité et                            a                                                                                           et les déchets ne sont pas tous
                                                                  d o m ge
                                                               ou
une hausse des prix des matières premières,                            e st i                                                                                  recyclables, et quand ils le sont,
mais aussi des risques d’instabilité,                                         q u e)                                                                         ce n'est pas à l’infini. Par conséquent,
de tensions, voire de conflits géopolitiques.                                                                                                            il faut en produire moins.




                                                                                                                                                             LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 27
            Zoom sur les actions                                                L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
                                                                                DES DÉCHETS ORGANIQUES
            en faveur de l’écono-                                               La biomasse agricole et les produits alimen-
            mie circulaire des 7                                                taires constituent l’un des quatre ensembles de
            flux de déchets ciblés                                              matières les plus consommées en Île-de-France.
                                                                                Cette dernière étant à la fois une grande région
            par le PRPGD                                                        urbaine et agricole, les enjeux en matière d’économie
                                                                                circulaire sont triples : assurer la durabilité et la
                                                                                viabilité de l’agriculture francilienne consommatrice
            En croisant les propositions mises en avant par des                 des ressources naturelles et des intrants chimiques ;
            acteurs franciliens lors des réunions de consultation               augmenter la part d’approvisionnement local des
            avec les résultats de l’étude du métabolisme                        Franciliens, en quantité, en qualité, en diversité
            francilien, des actions en faveur des sept flux de dé-              et à un prix accessible à tous ; offrir un débouché
            chets suivants ont été retenues :                                   pérenne et vertueux pour les déchets organiques.
                                                                                Les 4 axes d’action prioritaires retenus
                         déchets organiques
                                                                                1. Promouvoir le retour des éléments nutritifs
                                                                                au sol en favorisant l’utilisation d’engrais
                         déchets de chantier                                    organiques issus des déchets organiques
                                                                                (agricoles, domestiques et industriels).
                         déchets plastiques
                                                                                2. Améliorer la connaissance des cycles franciliens
                                                                                de l’azote et du phosphore, rechercher des solutions
            	déchets d’Équipements Électriques                                 pertinentes.
              et Électroniques (DEEE)
                                                                                3. Développer l’agriculture et le maraîchage
                         véhicules Hors d’Usage (VHU)                           de proximité et hiérarchiser l’affectation des sols.
                                                                                4. Transformer les pratiques alimentaires
                         déchets d’Éléments d’Ameublement (DEA)                 des Franciliens.

            	déchets de Textiles, Linge de maison
              et Chaussures (TLC)                                               L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
                                                                                DES DÉCHETS DE CHANTIER
            Pour chacun des 7 flux de déchets retenus, le                       Dans le BTP, les enjeux associés à l’économie
            PRPGD se focalise sur 4 objectifs :                                 de ressources sont d’autant plus élevés que les
                                                                                matériaux de construction représentent l’un des
                 • Réduire la consommation de ressources.
                                                                                quatre ensembles de matières les plus consommées
                • Remplacer des ressources non renouvelables                    en Île-de-France.
            par des ressources renouvelables.
                                                                                Les importants investissements publics consentis
                 • Allonger la durée de vie des produits.
                                                                                dans le cadre du Grand Paris, le renouvellement
                 • Former une boucle dans la chaîne de produc-                 urbain, les JO 2024, les objectifs de construction
                    tion et de consommation.                                    de logements définis dans le SDRIF à horizon 2030
                                                                                et les nouvelles réglementations thermiques sont
                                                                                les principaux vecteurs de développement de cette
                                                                                filière. Tous ces grands chantiers posent à la fois
                                                                                la question de l’approvisionnement en granulats
                                                                                celle de la valorisation des déchets de ces chantiers
                                                                                mais aussi celle de la conception des bâtiments, des
                                                                                routes…
                                                                                De surcroît, l’urbanisation, les protections paysa-
                                                                                gères et environnementales et le fort prélèvement
                                                                                de ressources par le passé génèrent pour certains
                                                                                minéraux une situation émergente de raréfaction.
                                                                                Il est donc important de questionner les modèles
                                                                                d’aménagement au regard des contraintes liées à
                                                                                la consommation de matières actuelle et future du
                                                                                territoire.




28 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Les 5 axes d’action prioritaires retenus                  Les 3 axes d’action prioritaires retenus
1. Partager, maintenir, adapter et prolonger la durée     1. Réduire drastiquement le recours au plastique à
de vie des espaces et des bâtiments.                      usage unique au niveau régional.
2. Améliorer la connaissance des gisements et ren-        2. Stimuler la demande pour les plastiques recyclés.
forcer la traçabilité des matériaux et déchets de
                                                          3. Soutenir l’innovation afin de réduire la produc-
chantiers.
                                                          tion de déchets plastiques.
3. Faire monter en compétences et mettre en réseau
les acteurs du BTP afin de faire évaluer les pratiques.
                                                          L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
4. Limiter l’emploi de matériaux neufs et promou-         DES DÉCHETS D’ÉQUIPEMENTS
voir le développement de l’utilisation de matériaux       ÉLECTRIQUES ET ÉLECTRONIQUES
de construction alternatifs.
                                                          La fabrication et l’utilisation des équipements
5. Faire des collectivités et de la Région Île-de-        électriques et électroniques (EEE) requièrent une
France des vecteurs clés de promotion des principes       grande quantité de ressources naturelles non renou-
de l’économie circulaire et de l’usage des matériaux      velables. Leur extraction et leur transformation en
alternatifs dans les travaux d’aménagement et de          composants électroniques représentent la première
construction.                                             source d’impacts environnementaux.
                                                          En outre, des métaux rares sont largement employés
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE                                     dans les EEE et se retrouvent dans des concentra-
DES DÉCHETS PLASTIQUES                                    tions souvent très nettement supérieures à celles
                                                          des gisements naturels. La plupart de ces métaux
La production des plastiques nécessite de recou-          figurent parmi les 27 matières premières critiques
rir aux matières et aux ressources fossiles vierges       pour l’UE4 et sont majoritairement extraits et impor-
avec des impacts carbone non-négligeables. Ils            tés d’autres pays. Très souvent, cette concentration
présentent également des risques de pollution             de la production est d’autant plus problématique
importante pour la faune et la flore locales. Ce phé-     qu’elle va de pair avec une substitution faible et
nomène risque de s’accentuer sous l’effet de l’accé-      des taux peu élevés de recyclage. Cependant, parmi
lération prévue de la consommation de plastiques          les axes de progrès encore plus prioritaires que le
qui devrait doubler dans les 20 prochaines années.        recyclage figure l’allongement de la durée de vie des
Cependant, la forte mobilisation et la prise de           EEE, qui ne cesse de baisser.
conscience récente des politiques publiques au
niveau international, européen, national, local,
mais aussi de la part du secteur privé obligent à         Les 4 axes d’action prioritaires retenus
anticiper la transformation de nos pratiques              1. Soutenir le développement de nouveaux projets
actuelles de consommation et de production des            d’économie circulaire des EEE.
plastiques. Il est donc important d’inscrire la région
Île-de-France dans cette dynamique de l’économie          2. Encourager la réparation et la remise en état
circulaire des plastiques.                                des EEE.
                                                          3. Réaliser des campagnes de sensibilisation
                                                          relatives à des bonnes pratiques de consommation
                                                          et d’allongement de vie d’EEE.
                                                          4. Faire des administrations publiques franciliennes
                                                          les promoteurs de l’économie circulaire des EEE.




4 Communication de la Commission au Parlement
Européen, au Conseil, au Comité Economique et
Social Européen et au Comité des Régions relative
à la liste 2017 des matières premières critiques pour
l’UE. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/
PDF/?uri=CELEX:52017DC0490&from=FR
                                                          © Stephanie Lacombe / Picturetank




                                                                                              LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 29
            L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE                                               L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE DES DÉCHETS
            DES VÉHICULES HORS D’USAGE                                          D’ÉLÉMENTS D’AMEUBLEMENT (DEA)
            L’industrie automobile reste fortement dépendante                   La quantité de DEA issus du renouvellement de
            des matières premières avec une moyenne de                          mobilier a beaucoup augmenté durant ces 30
            1,3 tonne de matériaux directs par véhicule (et plus                dernières années en Île-de-France, du fait de chan-
            de 14 tonnes avec les flux cachés5). Elle consomme                  gements d’habitudes de vie et de consommation
            6 % de la production mondiale de cuivre, 15 % de                    mais aussi de la durée de vie limitée de certains
            celle d’acier et 60 % de celle de plomb et une part                 produits bon marché.
            croissante de celle d’aluminium5. Face à la raréfaction
                                                                                Les meubles usagés non récupérés par les structures
            des ressources et à la hausse des cours des matières
                                                                                de l’économie sociale et solidaire (ESS) peuvent être
            premières, cette industrie n'a d'autre choix que de
                                                                                triés par matériaux puis retraités pour être ensuite
            mettre en œuvre les différentes boucles de l'écono-
                                                                                transformés en Matières Premières Secondaires
            mie circulaire (réemploi/réutilisation, recondition-
                                                                                (MPS). À long terme, celles-ci assurent aux indus-
            nement, recyclage) afin de diminuer les risques de
                                                                                triels un approvisionnement permettant à leur tour
            rupture d’approvisionnement, de diminuer les coûts
                                                                                la création de nouveaux produits éco-conçus en
            de revient des produits mais aussi se démarquer sur
                                                                                Île-de-France et permettant potentiellement de
            des marchés de plus en plus exigeants en matière
                                                                                se démarquer et de concurrencer des meubles et
            de normes environnementales5. L’avenir de la filière
                                                                                autres produits en bois provenant d’autres régions
            automobile se joue dans les coopérations en amont
                                                                                du monde.
            et en aval de la filière, aussi bien au niveau de la
            Recherche et Développement (R&D) que de la filière
            VHU et recycleurs.
                                                                                Les 2 axes d’action prioritaires retenus
                                                                                1. Renforcer la communication autour du réemploi
            Les 2 axes d’action prioritaires retenus
                                                                                et de la valorisation des meubles auprès des
            1. Développer des filières locales d’économie                       particuliers, des professionnels et des collectivités.
            circulaire des véhicules.
                                                                                2. Faire développer l’offre d’économie circulaire
            2. Soutenir l’innovation et l’expérimentation                       de l’ameublement en Île-de-France.
            autour de l’économie circulaire des véhicules.

            L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE                                               Elaboration d'une
            DES DÉCHETS TEXTILES,
            LINGE DE MAISON ET CHAUSSURES                                       Stratégie régionale
            L'industrie textile, 2e industrie la plus polluante,                d’économie circulaire
            utilise chaque année dans le monde 98 millions de
            tonnes de ressources non renouvelables dont du
            pétrole et 93 milliards de mètres cubes d'eau. Elle                 Afin d’amorcer le changement de paradigme vers
            a également des impacts locaux directs, notam-                      l’économie circulaire et faire basculer l’Île-de-France
            ment via l'utilisation de substances et de produits                 dans l’économie circulaire, il est important d’aller
            chimiques, sur les agriculteurs, les employés d'usine               au-delà du seul domaine de la prévention et de la
            et l'environnement local. De surcroît, cette produc-                gestion des déchets. C’est la raison pour laquelle
            tion de vêtements s’inscrit en grande majorité dans                 la Région a pris un engagement volontaire de
            une dynamique de surconsommation.                                   développer, en sus de l’élaboration du PRPGD,
            Une certaine prise de conscience des impacts                        une stratégie régionale. Cette stratégie économie
            négatifs du système actuel sur l'environnement et                   circulaire se veut ambitieuse et participative
            sur la société a eu lieu dans l'industrie et chez ses               pour pouvoir répondre aux nombreux enjeux et
            clients. Pour accélérer cette tendance en Île-de-                   intégrer l’économie circulaire de manière trans-
            France, des efforts sont nécessaires sur l’améliora-                versale dans tous les secteurs de l’économie fran-
            tion des techniques de production, la réduction des                 cilienne. Elle vise à valoriser les initiatives déjà
            impacts des matériaux mais également en adoptant                    menées, mais aussi à accompagner la mise en œuvre
            une approche plus systémique en amont pour s'atta-                  et la diffusion des principes de l’économie circulaire
            quer notamment au gaspillage.                                       dans l’ensemble des politiques de la Région.


            Les 3 axes d’action prioritaires retenus
            1. Renforcer l’offre de mode éco-responsable
            en Île-de-France.
            2. Faire évoluer les comportements
            des consommateurs.
                                                                                5 « Situation et perspectives de développement pour
            3. Développer l’économie circulaire des textiles                    les voitures hors d’usage en Île-de-France », Dossier
            professionnels.                                                     technique d’aide à la décision régionale, mai 2017, IAU



30 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
 3 Mobilisation générale
pour réduire nos déchets :
mieux produire,
mieux consommer,
lutter contre les gaspillages
La prévention est une priorité régionale essentielle pour mettre le cap
sur l’économie circulaire. L’Île-de-France est un territoire où un grand nombre
d’acteurs œuvrent en faveur de la prévention des déchets. Cependant, on constate
en 2016 et 2017 une reprise de l’augmentation de la production de déchets
et le territoire n’a pas progressé dans la mise en œuvre de la tarification incitative.
Les raisons de ce constat : des modes de vie et de consommation des Franciliens
particulièrement générateurs de déchets du fait de temps de transport élevés,
de la composition et de l’organisation des foyers, de la part importante du tourisme
ou encore de la consommation hors foyer... De nombreux facteurs amplifiés
par des activités variées, également génératrices de déchets, comme l’accueil
d’événements, de salons ou d’activités de tournages. Autant d’éléments qui appellent
à l’adoption et au développement de mesures adaptées.
Il est donc essentiel que les actions locales déjà engagées se généralisent
pour réduire les quantités de déchets sur le territoire. Trois thématiques
sont apparues comme prioritaires : la lutte contre le gaspillage alimentaire,
le compostage de proximité et le réemploi.




Les Déchets Ménagers
et Assimilés (DMA)                                   DÉFINITIONS

                                                     Les déchets ménagers regroupent tous les
                                                     déchets, dangereux ou non dangereux, dont le
L’article L541-1-1 du Code de l’environnement
                                                     producteur est un ménage.
précise que la prévention comprend « toutes
mesures prises avant qu’une substance, une matière   Les déchets ménagers assimilés concernent
                                                     les déchets collectés par le Service Public de
ou un produit ne devienne un déchet, lorsque ces
                                                     Gestion des Déchets (SPGD) dont le producteur
mesures concourent à la réduction d’au moins un      n’est pas un ménage.
des points suivants :
   la quantité de déchets générés, y compris par
    l’intermédiaire du réemploi ou
    de la prolongation de la durée d’usage
    des substances, matières ou produits ;
   les effets nocifs des déchets produits
    sur l’environnement et la santé humaine ;
   la teneur en substances nocives pour
    l’environnement et la santé humaine
    dans les substances, matières ou produits. »


                                                                                  LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 31
                                   La prévention des déchets comprend ainsi diffé-
                                   rents gestes, chacun ayant un impact différencié sur
                                   le niveau de réduction des déchets et pouvant être
                                   plus ou moins facilement approprié selon les terri-
                                   toires ou les typologies de déchets.
                                   Pour ce faire, et dans le cadre des Programmes
                                   Locaux de Prévention des DMA, différentes ac-
                                   tions ont été mises en place depuis 2010 par les
                                   collectivités territoriales dont l’objectif était alors
                                   de diminuer de – 10 % les quantités de DMA entre
                                   2010 et 2020 en kg/hab./an.




↘ GISEMENT D'ÉVITEMENT
    ET POTENTIEL DE RÉDUCTION
    DES PRINCIPAUX GESTES
    DE PRÉVENTION DES DÉCHETS
    d'après l'ADEME




                                                                                                 PRÉVENTION ET GESTION
                                                                                               DOMESTIQUE DES BIODÉCHETS




                                                                    PRODUITS PEU GÉNÉRATEURS DE DÉCHETS

                                                                    GASPILLAGE ALIMENTAIRE DOMESTIQUE

                                                                    CONSIGNE VERRE

                                                                    COUCHES LAVABLES

                                                                PAS DE RÉFÉRENCE NATIONALE POUR LE POTENTIEL DE RÉDUCTION




                                                     R ÉEMPLOI ET RÉUTILISATION
                                                                                                         C
                                                                                                          OMPOSTAGE PARTAGÉ
                                                      DES DEEE ET DU MOBILIER
                                                                                                         DES BIODÉCHETS
      GISEMENT D'ÉVITEMENT ÉLEVÉ




                                                                                                         STOP PUB

                                                                                                         R ÉEMPLOI & RÉUTILISATION
                                                                                                          DES TLC

                                                                                                         R
                                                                                                          ÉDUCTION DES PAPIERS
                                                                                                         D'IMPRESSION DES ACTIVITÉS
                                                 PROMOTION EAU DU ROBINET
                                                                                                         TERTIAIRES
                                                 VENTE EN VRAC
                                                                                                         G
                                                                                                          ASPILLAGE ALIMENTAIRE
                                                 SACS À USAGE UNIQUE (PAPIER)                            EN RESTAURATION COLLECTIVE




                                   POTENTIEL DE RÉDUCTION ÉLEVÉ




32 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
DES RÉSULTATS MITIGÉS                                       BILAN RETOURS D’EXPÉRIENCE
ENTRE 2010 ET 2016
D’un point de vue quantitatif, malgré les nom-              Ils font ressortir la nécessité :
breuses actions et l’implication d’un nombre                • d’associer la prévention des déchets à l’économie
important d’acteurs franciliens, les tonnages de            circulaire ;
DMA ont peu diminué : -3,56 % de Déchets Ména-
                                                            • de compléter la stratégie technique par une stratégie
gers et Assimilés (DMA), -8,08 % d’Ordures Ména-            politique ;
gères Résiduelles (OMr) et -7,09 % d’Ordures Ména-
                                                            • de passer d’expérimentations et de sites pilotes à des
gères et Assimilés (OMA).                                   actions territoriales d’ampleur ;
D’un point de vue qualitatif, l’appropriation de            • de recourir aux techniques de changement de
la prévention des déchets par les Franciliens est           comportement.
variable selon les gestes de prévention. En 2015, une
étude sociologique a permis de mesurer l’écart entre
le déclaratif et les comportements effectifs grâce à
un travail d’observation dans 14 foyers franciliens,
                                                         Les 7 objectifs en
mené sur les temps de courses, de préparation et de      matière de prévention
repas.                                                   pour la gestion
                                                         des DMA
Il a été constaté :
    que l’évitement du gaspillage alimentaire,
     les achats de produits éco-labellisés, l’utilisa-   1. UNE NOUVELLE APPROCHE
                                                         DE PRÉVENTION DES DÉCHETS
    tion d’éco-recharges, la consommation d’eau
                                                         SUR LE TERRAIN FRANCILIEN
    du robinet semblaient acquis ;
                                                         Pour généraliser la pratique des gestes de prévention
    que les actions en faveur de la protection
                                                         des déchets, le PRPGD conforte la Région Île-de-
     de l’environnement étaient mises en œuvre
                                                         France dans son rôle d’animateur et de coordinateur
     à condition qu’elles ne soient pas trop
                                                         des actions entreprises par les parties prenantes.
     coûteuses en temps et financièrement ;
                                                         Pour atteindre un changement de paradigme
    que le prix et la qualité des produits sont
                                                         et faire de l’Île-de-France un territoire leader en
    des critères de choix qui priment sur celui
                                                         prévention des déchets, le PRPGD préconise aux
    de l'emballage ;
                                                         parties prenantes de s’appuyer sur les sciences
    une attention particulière portée au gaspillage     comportementales et les techniques du changement
     de l’eau ;                                          de comportements. Il s’agit de faire évoluer les
                                                         attitudes et les comportements et de faire des
    l’importance dans les choix de consommation
                                                         options non souhaitées qui occasionnent le plus
     des aspects sanitaires (recours à l’eau en
                                                         de déchets les plus difficiles à actionner par les
     bouteille au détriment de l’eau du robinet),
                                                         Franciliens, les touristes et les acteurs locaux.
     d’hygiène (recours au papier essuie tout
     à la place de torchons en tissus), de praticité     Il est ainsi proposé que :
     (produits à usage unique et plats préparés)
                                                             les modalités de soutien aux projets
     et de l’entourage (famille, amis, voisins).
                                                              de prévention et de gestion des déchets
                                                              des principaux financeurs (Région, ADEME,
                                                              Syctom, collectivités territoriales) soient
                                                              concertées et qu’elles évoluent pour faciliter
                                                              l’atteinte des objectifs du PRPGD ;
                                                             la commande publique serve la promotion
                                                              des actions de prévention des déchets
                                                              et contribue à l’exemplarité des collectivités
                                                              territoriales et des administrations ;
                                                             des formations soient développées.
                                                             la prévention soit une ambition régionale
                                                              pour en faire une norme sociale
                                                             l’Ile-de-France devienne une terre d’innovation
                                                              et d’expérimentation des nouvelles approches
                                                              de prévention des déchets.




                                                                                                LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 33
            2. DIMINUER DE 10 % LA QUANTITÉ                                         faire évoluer la communication : en présentant
            GLOBALE DE DMA ENTRE 2010                                                les gestes de prévention comme un plaisir
            ET 2025 ET ENTRE 2010 ET 2031                                            et non une contrainte au même titre que l’acte
            Le PRPGD recommande la mise en œuvre de                                  d’achat, en s’appuyant sur les nudges6,
            plusieurs actions pour contribuer à l’atteinte de cet                    en présentant les opportunités d’économies
            objectif :                                                               financières qu’ils représentent et en déployant
                                                                                     la communication à différents niveaux ;
                 faire de la prévention des déchets la norme
                  sociale et non plus l’exception en ayant recours                  couvrir l’ensemble du territoire francilien
                  à des tendanceurs et des influenceurs et en                        par des PLPDMA (Programmes Locaux
                  transmettant des valeurs de sens et d’éthique                      de Prévention et de Gestion des Déchets)
                  auxquelles le consommateur est sensible ;                          en s’appuyant sur des approches omnicanal ;

                 rendre accessibles et faciles les gestes de                       intéresser la rémunération des opérateurs
                  prévention des déchets en diversifiant l’offre                     de collecte à l’atteinte d’objectifs de réduction
                  proposée aux Franciliens et aux touristes et ce,                   des quantités de déchets, de façon cohérente
                  en rendant complémentaire les offres publique                      avec la propreté et la gestion des dépôts
                  et privée ;                                                        sauvages ;
                                                                                    innover pour rendre plus pratique la mise
                                                                                     en œuvre des gestes existants en améliorant
                                                                                     les outils et comportements à suivre.

↘ PASSER D’UNE PHASE DE
    DÉMONSTRATION DE L’EFFICACITÉ
    DE LA PRÉVENTION DES DÉCHETS
    À UNE PHASE DE GÉNÉRALISATION
    DE LA PRÉVENTION DES DÉCHETS




                                                                                6 En économie comportementale, il est défini comme
                                                                                un « coup de pouce » ou une « incitation douce » visant
                                                                                à encourager les individus à adopter un comportement
                                                                                bénéfique pour eux et pour la communauté en modifiant
                                                                                le contexte de leur prise de décision sans les contraindre.




34 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
3. DIMINUER DE MOITIÉ                                        4. DÉPLOYER LA PRATIQUE
LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE                                    DU COMPOSTAGE DE PROXIMITÉ
D’ICI À 2025 ET DE 60 %
EN 2031 PAR RAPPORT À 2015                                   Le PRPGD fixe un objectif de déploiement du com-
                                                             postage de proximité visant à ce que chaque Fran-
Afin d’atteindre l’objectif de réduction du gaspil-          cilien pratique le compostage chez lui ou à proximi-
lage alimentaire, le PRPGD invite :                          té, en pieds d’immeuble, dans des composteurs de
   la DRIAAF, l’ADEME et le Ministère des Solida-           quartier, des établissements (scolaires et autres) et
   rités et de la Santé à coordonner leurs actions           des parcs publics afin de permettre le retour au sol
   relatives à la Région Île-de-France dans une ins-         de la part des déchets végétaux et alimentaires ne
   tance de suivi à créer ou existante ;                     pouvant être évités.

   les collectivités en charge des PLPDMA à dé-             Pour atteindre cet objectif, il est proposé de déve-
    cliner territorialement un plan régional de l’ali-       lopper :
    mentation et de la lutte contre le gaspillage                 une offre de mise à disposition de composteurs
    alimentaire, qui ferait de la lutte contre le gas-             par les collectivités territoriales sur l’ensemble
    pillage alimentaire un enjeu régional majeur en                du territoire francilien ;
    tenant compte des aspects liés à l’alimentation
    et à la santé et qui traiterait, avec les parties pre-        des formations au compostage, à la gestion rai-
    nantes, l’ensemble de la chaîne du gaspillage                  sonnée des espaces verts, aux pratiques alterna-
    alimentaire, de la production agricole jusqu’à la              tives ;
    consommation et au don alimentaire ;                         un réseau de guides et maîtres composteurs ;
   les principaux financeurs à lancer des appels à               la mise à disposition et la location de broyeurs,
    projets innovants ;                                            un approvisionnement en déchets bruns pour
   les collectivités locales, administrations et en-              les composteurs de quartier et en pieds d’im-
    treprises à intégrer des objectifs de performance              meuble, des débouchés pour le compost produit
    et de limitation du gaspillage alimentaire dans                EFI ;
    les appels d’offres et les prestations de restau-             le renforcement de la communication pour
                                                                  
    ration ;                                                      faire de cette pratique la norme et partager les
   les acteurs à s’équiper en matériel permettant de             bonnes pratiques.
    limiter le gaspillage et à développer le recours
    aux sacs à emporter ;                                    5. DOUBLER L’OFFRE DE RÉEMPLOI,
                                                             RÉUTILISATION ET RÉPARATION
   
   la restauration scolaire et collective à avoir
                                                             À DESTINATION DES FRANCILIENS
   recours aux produits frais, locaux et bio, pour limi-
                                                             EN 2031
   ter les pertes dues au transport et introduire des
   produits de qualité gustative et nutritionnelle,          Pour cela, il est nécessaire de diversifier et renforcer
   et à organiser des objectifs zéro pain gaspillé.          l’offre publique et privée de réemploi, de renforcer
                                                             la place des acteurs du réemploi, de la réutilisation
                                                             et de la réparation en les faisant connaître davan-
Parallèlement, la formation et la communication
                                                             tage, et notamment les externalités positives qu’ils
sont renforcées en tenant compte de la nécessité :
                                                             apportent (lien social, contribution au changement
   d’avoir des approches différenciées selon les ali-       de comportement…).
    ments ;
   de valoriser le travail de production dans les re-
    lations avec les convives ;
   d’informer sur les portions nécessaires, l’accom-
    modement des restes, les dates de durabilité
    minimales et de consommation, les bonnes pra-
   tiques de stockage ;
   de proposer aux Franciliens des modifications
    et des solutions alternatives à leurs gestes quo-
    tidiens pour mieux calibrer leurs courses, éviter
    les achats en trop grandes quantités qui pour-
   raient être gaspillées et cuisiner leurs restes.




                                                             © Stephanie Lacombe / Picturetank




                                                                                                 LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 35
            Le PRPGD invite                                                     des zones commerciales…), de former au décryptage
                                                                                de la publicité… tout en portant à connaissance les
                 les acteurs de l’ESS du réemploi, de la réutilisation         sites qui permettent de continuer à avoir accès à la
                  et de la réparation à saisir les opportunités de              publicité pour les Franciliens qui souhaitent toujours
                  coopération économiques, à développer des                     la lire.
                  initiatives partenariales innovantes entre le
                  secteur marchand lucratif et le secteur non
                  lucratif, à diversifier leur sources de financement,
                  à partager les bonnes pratiques et méthodes                   Focus sur les chiffres
                  de travail entre pairs, à professionnaliser leurs
                  activités et salariés, à créer des plateformes
                                                                                clés de la prévention
                  logistiques du réemploi et à multiplier les pop-              DMA
                  up stores à côté de supermarchés du réemploi ;
                 les collectivités territoriales à préciser leurs
                 
                 modalités de conventionnement, à faciliter                     6 PLPDMA adoptés au 1er juillet 2018, représentant
                 l’accès à la commande publique et l’accès à du                 23 % de la population francilienne
                 foncier à des conditions acceptables ;                         589 actions labellisées lors de la Semaine
                                                                                Européenne des Réduction des Déchets 2017
                 les principaux financeurs à favoriser le
                 
                 changement d’échelle des structures existantes                 Le gaspillage alimentaire
                 et à proposer des appels à projets innovation                     Une estimation du gaspillage alimentaire
                 pour définir de nouveaux modèles d’acteurs                         francilien compris en 2015 entre 2,6 Millions de
                 (ou de nouvelles activités) du réemploi, de la                     tonnes (Mt) et 3,25 Mt sur toute la chaîne
                 réutilisation et de la réparation.                                 du gaspillage alimentaire.
            Le tissu d’entreprises et d’artisans en charge de                      195 structures habilitées à faire de la
            la réparation est maintenu et pérennisé par le                          redistribution alimentaire au 1er mai 2018 hors
            biais d’accompagnement des dirigeants dans la                          structures affiliées à des réseaux nationaux.
            transmission de leur enseigne, et en facilitant                     Le compostage de proximité
            l’apprentissage.
                                                                                   67 % de la population francilienne couverte
                                                                                    par une offre publique de mise à disposition
                                                                                    de composteurs (66 % pour les composteurs
            6. DÉPLOYER LA CONSIGNE                                                 en pieds d’immeuble).
            POUR RÉEMPLOI SUR LE TERRITOIRE
            FRANCILIEN EN 2025                                                     Plus de 155000 composteurs distribués
                                                                                    par les collectivités territoriales franciliennes
            Pour mener à bien cet objectif, plusieurs actions                       jusque 2015, 2350 lombricomposteurs
            sont à instaurer : développer l’innovation, faciliter les               et 700 établissements équipés.
            développements de partenariats entre magasins et
            producteurs, lancer des appels à projets relatifs à la                 Une offre de mise à disposition de broyeurs
                                                                                    qui se développe.
            création d’espaces de collecte mutualisés des emballages
            à laver, inciter à la mutualisation y compris des                      Des maîtres et guides composteurs mis
            installations de lavage des équipements publics, adapter                en place pour accompagner les habitants
            la communication à la consigne, partager les bonnes                     dans leur pratique du compostage
            pratiques, former aux aspects hygiène et sécurité, équiper              et pour les aider à résoudre leurs problèmes.
            les entreprises et équipements publics en vaisselle et              Le réemploi
            matériel de lavage, développer la vente en vrac, améliorer
                                                                                   6906 établissements artisanaux acteurs
            la consigne en Cafés, Hôtellerie, Restauration (CHR)                    de la réparation (hors réparation automobile).
            pour permettre de déployer la consigne pour réemploi
            sur le territoire francilien.                                          217 ateliers de réparation de vélos en 2016.
                                                                                   26 structures qui organisent régulièrement
                                                                                    des repair café.
            7. ÉQUIPER 25 % DES BOÎTES
            AUX LETTRES FRANCILIENNES                                              42 recycleries et ressourceries en activité
            EN AUTOCOLLANTS « STOP PUB »                                            au 1er octobre 2018.
            EN 2025 ET 35 % EN 2031                                                18 structures affiliées au mouvement Emmaüs
            Afin d’atteindre ses objectifs, le PRPGD préconise                      en novembre 2017.
            de diffuser plus largement l’autocollant « stop pub »                  41 déchèteries fixes et 3 déchèteries mobiles
            (lieux de passage, commerces de proximité…), de                         qui disposent de caissons réemploi.
            signer des conventions de respect de l’autocollant, de
            modifier les règlements d’immeubles et de copropriété
            afin d’autoriser la pose d’autocollants « stop pub »
            (et de prêt de matériel entre voisins), de développer
            des expérimentations (rémunération distributeurs,
            réduction de la distribution dans les zones à proximité




36 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
L’économie collaborative et du partage                               LES 2 OBJECTIFS PRIORITAIRES
                                                                     POUR LE DÉPLOIEMENT DE LA TI
   4 accorderies.
   322 boîtes à lire en juillet 2018.                                1. Contribuer, sur le territoire francilien, à l’objectif
                                                                     national de déploiement de la TI pour les déchets
   28 fab labs au 1 octobre 2018.
                     er
                                                                     ménagers et assimilés avec un objectif de couverture de
La dangerosité des déchets                                           la population francilienne par la TI de 360 000 habitants
                                                                     en 2020, de 1 800 000 en 2025 et de 3 600 000 en 2031.
   244 communes franciliennes en zéro phyto en 2016.                 2. Favoriser l’innovation pour identifier des modalités de
L’autocollant « stop pub »                                           déploiement en zone urbaine dense et en ayant recours
                                                                     aux techniques de comportement
    Un taux d’apposition d’autocollants « stop pub »
    de 10 % en juillet 2018.
                                                                       des difficultés financières induites par exemple
L’eau du robinet :
                                                                        par les coûts de mise en place initiaux, la crainte
    63 % des Franciliens boivent l’eau du robinet tous                 des impayés et des pertes de rentrée financière, la
     les jours contre 53 % de l’eau en bouteille.                       non-couverture des frais fixes par la part variable
                                                                        incitative et d’une augmentation des coûts pour
                                                                        l’usager...
Le déploiement                                                         des difficultés techniques comme par exemple
de la Tarification                                                      les fichiers de dotations en contenants qui sont
                                                                        partiels, le taux d’habitat vertical rendant injuste
Incitative (TI)                                                         la répartition de la facturation, l’absence d’exemple
                                                                        concret en habitat urbain dense, les modifications
                                                                        à apporter aux contrats de prestation de collecte
                                                                        en cours, le risque d’augmentation des dépôts
La tarification incitative permet l’application du
                                                                        sauvages…
principe pollueur-payeur aux usagers du service.
Elle intègre le niveau de production de déchets
présenté à la collecte pour facturer l’usager,
                                                                  LEVER LES FREINS À LA TI :
alors incité financièrement à des comportements                   7 CONDITIONS PRÉALABLES
vertueux.                                                         IDENTIFIÉES
En 2018, seules 4 collectivités du département de
                                                                  Pour atteindre l’objectif chiffré de couverture
l'Essonne, représentant 1 % de la population fran-
                                                                  du territoire francilien, il convient d’offrir des
cilienne, appliquent la TI sur l'ensemble de leur
                                                                  conditions favorables au déploiement de la TI en :
territoire.
                                                                  1. engageant des études de faisabilité en amont ;
Résultat constaté : l’ensemble de ces 4 collectivités a
vu ses tonnages baisser avec le territoire de la Com-             2. poursuivant l’accompagnement à la prévention
munauté de Communes du Val d’Essonne, qui a                       des déchets ;
observé la plus forte baisse de DMA entre 2010 et 2016.           3. poursuivant les actions de lutte contre les dépôts
Force est de constater que la TI ne s’est pas généralisée         sauvages ;
à l’ensemble de l’Île-de-France : peu de collectivités en-        4. poursuivant l’accompagnement à la connaissance
gagées et la mise en place d’une TI dite « secondaire »           des coûts ;
par les syndicats de traitement qui semble peu                    5. informant les habitants ;
efficace eu égard aux performances de collecte sélective
franciliennes.                                                    6. formant les élus ;
                                                                  7. débutant par des zones d’expérimentation et en
        En Île-de-France, l’instauration                          favorisant dans un premier temps les zones les
        de la TI est liée en 2019 au choix                        plus pavillonnaires et les moins denses avant un
        organisationnel, temporel et financier                    déploiement plus large.
        des collectivités territoriales
        de mettre en place des dispositifs                                  Recourir aux techniques
        et outils permettant l’amélioration                                 de changement de comportement
        des performances de collecte sélective                              apparaît comme une méthode
        des emballages ménagers et papiers                                  complémentaire à développer
        graphiques, et le tri à la source                                   en Île-de-France, notamment
        des biodéchets.
                                                                            les nudges avec feedback7.

LES RAISONS DU NON-DÉPLOIEMENT                                    7 Nudge qui s’appuie sur une transmission de résultats. Dans le cas
DE LA TI EN ÎLE-DE-FRANCE                                         cité de Rennes Métropole dont on indique qu’il faut s’inspirer, ce
                                                                  sont les foyers ayant reçu régulièrement des retours d’informations
Plusieurs facteurs expliquant le non-déploiement                  sur leurs résultats qui ont vu leur production de déchets baisser de
de la TI sur le territoire francilien ont été recensés :          la façon la plus importante. Le « feedback » consistait en un envoi
                                                                  de mail chaque semaine avec le poids de leur Ordures Ménagères
    le manque d’information des élus (sur les modalités de       (OM), l’historique de leur production de déchets, les objectifs de la
     facturation, sur la mise en œuvre en habitat collectif…) ;   collectivité et des astuces.


                                                                                                            LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 37
            Les Déchets des                                                                DÉFINITIONS
            Activités Économiques                                                          Un DAE est un déchet produit par un
            (DAE) hors SPGD                                                                producteur autre qu'un ménage, il peut s'agir
                                                                                           d'entreprises, de commerces, d'artisans,
                                                                                           d'administrations, d'établissements scolaires
                                                                                           ou hospitaliers, de centres commerciaux, de
            ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION                                                     quartiers d’affaires, etc.
            DE DAE HORS SPGD SANS                                                          Il peut être non dangereux (papiers, bois,
            ET AVEC MESURES DE PRÉVENTION                                                  métaux, etc.), dangereux (DEEE, piles, solvants,
                                                                                           etc.) ou inerte (béton, briques, gravats, etc.).
            En 2014, 5,9 Mt de DAE ont été produites et collectées
            en Île-de-France dont 5,6 Mt traitées sur le territoire
            francilien.
            Entre 2014 et 2031, avec la mise en place de mesures de
            prévention, le PRPGD fixe un objectif de réduction de
            10 % des quantités de DAE produits.



↘ ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION
    DE DAE SANS ET AVEC
    MESURES DE PRÉVENTION
    SUR LA PÉRIODE 2014-2031



                                                   2010        2014                                                   2020    2025     2031



                Total emplois
                                                                                Prospective emplois scénario
                franciliens                         ND*         6,11                                                  6,34     6,53    6,76
                                                                                haut
                (en millions)

                                                                                Kg/emploi sans mesure de
                Kg/emploi                             -        966                                                    966      966      966
                                                                                prévention

                                                                                Production tendancielle de DAE
                Production DAE
                                                    ND         5,90             Fil de l'eau ou sans mesure de        6,12     6,31    6,53
                (millions de tonnes)
                                                                                prévention

                                                                                Kg/emploi avec mesures de
                Kg/emploi                                      966              prévention                            932      904      869
                                                                                -10% entre 2014 et 2031

                Production DAE                                                  Production DAE avec mesures
                                                               5,90                                                   5,91     5,90    5,87
                (millions de tonnes)                                            de prévention



            *ND : Non disponible




            ACTIONS À MENER POUR LA                                                     2. Mobiliser et accompagner les secteurs de
            PRÉVENTION DES DAE (HORS SPGD)                                              l’audiovisuel et du spectacle vivant, c’est-à-dire
                                                                                        poursuivre la mobilisation des acteurs initiée en
            1. Mobiliser et accompagner les entreprises et
                                                                                        2016 afin de communiquer, informer et former sur
            établissements pour la prévention et la valorisation
                                                                                        la prévention et la valorisation des déchets, et les
            de leurs déchets :
                                                                                        accompagner vers la prévention (éco-conception
                 mobiliser, informer et former pour un                                 des décors), l’optimisation du tri des déchets,
                  engagement de l’ensemble des activités                                la création de matériauthèques, les activités de
                  économiques franciliennes vers la prévention                          réemploi…
                  et la valorisation des DAE (mise en œuvre
                  décret 5 flux) ;
                 accompagner les entreprises, industries, services
                  et commerces.                                                         SPGD : Service Public de Gestion des Déchet




38 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
 4 Mettre le cap sur le
« zéro déchet enfoui » :
réduire le stockage
La réduction du stockage, notamment des déchets non dangereux non inertes
(DNDNI) est un objectif national fort et une priorité pour la Région Île-de-France.
Même si le stockage répond à un besoin, il n’en est pas moins capital d’aller
le plus loin possible dans la réduction des flux à éliminer dans les installations
dédiées. La priorité est donc à la prévention et à la valorisation matière
et organique afin de pouvoir réduire le stockage.




À ce jour,            ↘ T YPOLOGIE DES FLUX ENTRANTS
9 installations          DES INSTALLATIONS DE STOCKAGE
de stockage des DNDNI    DES DÉCHETS NON DANGEREUX
en Île-de-France         (ISDND) FRANCILIENNES EN 2016

                                                                     2 446 432
Ces 9 installations représentaient en 2016               2 500 000
une capacité annuelle globale autorisée
de 3 179 000 tonnes par an pour environ
2 446 500 tonnes réceptionnées, majoritairement
des refus de tri et des déchets d’activités                             7%
économiques en mélange, dont la répartition
proportionnelle est à affiner. En 2018,                  2 000 000                 Autres
la capacité annuelle globale autorisée est passée                       10%
à 3 129 000 tonnes par an.                                                         Déchets de constructions
                                                                                   en mélange
Ces installations se répartissent sur 4 départements :
                                                                                   Boues d'épuration
Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91)                                   des eaux usées collectives
et Val-de-Marne (94).
                                                         1 500 000                 Boues de curage
                                                                                   des égouts

                                                                                   Encombrants
                                                                                   ménagers divers

                                                                                   Résidus de broyage
                                                                                   de véhicules

                                                         1 000 000                 Ordures ménagères
                                                                        75%        résiduelles

                                                                                   Terres et gravats
                                                                                   pollués

                                                                                   Refus de tri
                                                                                   et DAE en mélange

                                                          500 000




                                                                              LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 39
            Les objectifs
            de réduction
            du stockage fixés
            par le PRPGD

            La réduction du stockage des déchets non                                    La mise en perspective de ces valeurs limites avec
            dangereux non inertes est un objectif national fort                         les capacités actuellement autorisées montre que
            repris au niveau régional : le PRPGD doit fixer des                         la baisse de capacité effective n’interviendra qu’à
            plafonds réglementaires de capacité et des objectifs                        partir de 2028 :
            de réduction des quantités stockées.



                OBJECTIFS DE RÉDUCTION
                DU STOCKAGE FIXÉS                                                  2020                     2024                      2031
                PAR LE PRPGD

                                                                                                                                      -60 %
                En % de réduction par rapport aux                                 -30 %                    -50 %
                                                                                                                                (objectif régional
                tonnages enfouis en 2010                                    (objectif national)      (objectif national)
                                                                                                                                  volontariste)

                Limites de capacités annuelles fixées par
                                                          1 823 534 tonnes/ans 1 302 525 tonnes/an                                         -
                le PRPGD


                Limites aux flux orientés en stockage
                                                                           1 823 534 tonnes/an       1 302 525 tonnes/an 1 042 020 tonnes/an
                fixées par le PRPGD




                                                                                                                          Vert le Grand SEMARDEL
                                                                                                                          Guitrancourt VEOLIA
↘ PROSPECTIVE DES CAPACITÉS                                                                                              Le Plessis Gassot VEOLIA
    ANNUELLES AUTORISÉES PAR SITE                                                                                         Claye Souilly VEOLIA
    FRANCILIEN JUSQU’EN 2031
    (hors projets d’extension)                                                                                            Attainville SUEZ
    D'après IAU-ORDIF                                                                                                     Fouju VEOLIA
                                                                                                                          Soignolles en Brie SUEZ

          tonnes
                                                                                                                          Isles les Meldeuses SUEZ

       3 500 000
                                                                                                                          Monthyon VEOLIA



       3 000 000



       2 500 000



       2 000 000
                                                                                                                   1,82 MT
                                                                                                                   EN 2020

       1 500 000


                                                                                                                                                      1,30 MT
       1 000 000                                                                                                                                      EN 2025



         500 000




                    2015    2016     2017     2018    2019     2020     2021    2022   2023   2024   2025   2026   2027      2028   2029       2030     2031




40 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
POUR ATTEINDRE LA RÉDUCTION                              Principales préconisations du PRPGD
DES FLUX DES DNDNI EN 2031…
                                                            Réduire les quantités de DNDNI admises
Le PRPDG propose notamment d’atteindre à                     en installation de stockage.
l’horizon 2031 une réduction des flux allant en
                                                            Mettre en place un plafond aux capacités
stockage des DNDNI de 60 % par rapport aux flux
                                                             annuelles des ISDND en 2020 et 2025.
entrants en 2010 sur ces installations et ce, de façon
à aller plus loin que l’objectif national de 50 % en        Favoriser une répartition territoriale équilibrée
2025.                                                        des ISDND.
                                                         Le PRPGP recommande de disposer d’au moins
…LE PRPGD MET EN PLACE                                   5 sites en Île-de-France : 2 en Seine-et-Marne,
DES ACTIONS PRIORITAIRES                                 1 dans les Yvelines, 1 dans l’Essonne et 1 dans le
                                                         Val-d’Oise, sans créer de nouveaux sites en Seine-
   Expérimenter un engagement volontaire                et-Marne et dans le Val-d’Oise dans une logique
    des exploitants pour programmer la réduction         d’équilibre territorial.
    progressive des capacités annuelles régionales
    tout en favorisant leur répartition territoriale,       N’orienter aucun déchet autre qu’ultime
    démarche co-pilotée par l’État et la Région.             vers la filière de stockage à l’horizon 2025.

   Créer les conditions pour réduire les flux              Prendre en compte l’incidence des déblais issus
    orientés vers les ISDND (maximisation                    des travaux du Grand Paris.
    prévention, valorisation matière, valorisation
    énergétique).
   Prévoir des modalités spécifiques pour l’accueil
    des déchets issus de situations exceptionnelles.
   Faciliter et encadrer le déploiement de filières
    de traitement des déblais.
   Appliquer les principes de proximité
    et d’autosuffisance aux flux interrégionaux.




                                                                                          LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 41
 5 Relever le défi du tri
et du recyclage matière
et organique
L’Île-de-France dispose d’une industrie encore présente notamment
dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, présentant des potentiels
importants en matière d’éco-conception et de mise en place de logiques
de sourcing (ex. Renault). En parallèle, elle intègre dans son tissu économique
des services générateurs de déchets spécifiques, comme les équipements
électriques et électroniques, les papiers de bureaux ou les cartons, l’ensemble
constituant lui aussi une opportunité significative en matière de prévention
et de recyclage. De même, la mobilisation des sièges d’entreprises des gestionnaires
immobiliers (ex. Icade) et la structuration des filières de recyclage s’impose comme
une cible importante.
Cependant, si des opportunités existent bien sur le territoire francilien
pour le développement du tri et du recyclage, un certain nombre de contraintes
persistent également notamment au niveau local. C’est pourquoi le PRPGD
francilien – en cohérence avec le contexte dans lequel il intervient, le plan d’action,
les moyens mobilisables, mais aussi les résultats de la concertation – a redéfini
les contours de l’objectif national fixé par la Loi de transition énergétique
pour la croissance verte (LETCV).
L’objectif défini au niveau régional est donc d’atteindre en termes de valorisation
matière et organique 55 % à l’horizon 2020, 60% en 2025 et 65% en 2031.




            Les Déchets Ménagers                                                En parallèle, le territoire francilien est également
                                                                                celui où les performances de collecte sélective des
            et Assimilés (DMA)                                                  emballages ménagers sont les plus faibles :
                                                                                   11,1 kg/hab./an de collecte sélective des
                                                                                    emballages légers en 2016 (moyenne nationale
            LES PERFORMANCES DE COLLECTE                                            provisoire : 20,5 kg/hab./an).
            SÉLECTIVE DES EMBALLAGES
            MÉNAGERS LES PLUS FAIBLES                                              11,8 kg/hab./an de papiers graphiques en 2017
            DU TERRITOIRE                                                           (moyenne nationale provisoire : 20,4 kg/hab./an).
            En 2015, avec 455,48 kg/hab./an, la production de                      20,9 kg/hab/an de verre en 2016 (moyenne
            DMA est la plus basse de France métropolitaine. Elle                    nationale provisoire : 31,1 kg/hab./an).
            a diminué de 3,56 % entre 2010 et 2016 alors que les
            Ordures Ménagères résiduelles (OMr) ont diminué
            de 8,08 % sur la même période.
            Les collectivités territoriales et les opérateurs de
            collecte confirment une évolution à la hausse des
            tonnages collectés en déchèterie et des encombrants,
            accentuant davantage la difficulté à diminuer les
            quantités de DMA.



42 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
                                                              LIEN ENTRE PERFORMANCES
                                                              DE COLLECTE SÉLECTIVE
                                                              ET COMMUNICATION

                                                              Les performances de collecte sélective des déchets
                                                              ménagers (emballages ménagers, verre, biodéchets)
                                                              sont étroitement liées aux actions de communication
                                                              menées en direction des habitants.
                                                              La Chambre Régionale des Comptes souligne dans son
Différents facteurs expliquent les faibles                    rapport 2017 la nécessité de mettre à jour les consignes
performances de collecte sélective en Île-de-France :         de tri, précisant qu’elles étaient souvent obsolètes, mal
                                                              comprises et variables d’un territoire à l’autre.
    une collecte hors domicile peu effective
    (gares, rues…) ;
    une part de la population francilienne
    n’a pas toujours accès aux modalités de tri ;          UNE ORGANISATION RESTREINTE
    des moyens de collecte non adaptés                    POUR LA GESTION DES DÉCHETS
    (bacs détériorés…) ;                                   La loi NOTRe a confié aux seules intercommunalités
    l’absence de communication régulière ;                à fiscalité propre une compétence en matière de
                                                           gestion des déchets qui peuvent la déléguer à des
    des consignes de tri non actualisées ;                syndicats.
    une communication non adaptée au public visé ;        La collecte est assurée à 60 % par des EPCI ou des
    le manque de moyens humains de terrain pour           EPT et à 40 % par des syndicats. Elle est gérée quasi
     communiquer ;                                         exclusivement par prestations de service tandis
                                                           que le traitement est assuré à 73 % par des syndicats
    la difficulté à mobiliser les élus et les bailleurs   et à 27 % par des EPCI ou EPT.
     sur le sujet ;
                                                           En 2016, les déchèteries sont exploitées à 41 % par
    le manque d’innovation dans les marchés               des collectivités disposant de la double compétence
     publics ;                                             collecte et traitement et à 26 % par des collectivités à
    un suivi des prestataires de collecte insuffisant ;   compétence traitement.

    des spécificités propres au territoire francilien     C’est dans son règlement de collecte que chaque
     comme sa densité élevée.                              collectivité territoriale définit les déchets qu’elle
                                                           peut collecter et traiter sans suggestions techniques
                                                           particulières dans le cadre du SPGD. Seules 46 %
LES PRIORITÉS POUR RELEVER LE                              des collectivités en charge de la compétence déchets
DÉFI DU TRI                                                disposaient d’un tel règlement de collecte en 2015.
Afin de faire évoluer les performances de collecte         Concernant le financement du service public de
sélective des emballages ménagers et des papiers           collecte et de traitement des déchets, les collectivités
graphiques en Île-de-France, 4 priorités sont définies :   territoriales exerçant la compétence déchets
                                                           ont trois possibilités pour la financer : la Taxe
    tester et expérimenter de nouvelles approches,
                                                           d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM), la
     notamment en habitat collectif ;
                                                           Redevance d’Enlèvement des Ordures Ménagères
    harmoniser la couleur des bacs                        (REOM) et le budget général. Le recours à la TEOM
    sur tout le territoire francilien ;                    est largement majoritaire en Île-de-France. En
                                                           complément de celle-ci, ou du budget général, les
   communiquer ;
                                                           collectivités peuvent avoir recours à la Redevance
    élargir les consignes de tri à l’ensemble             Spéciale (RS) qui n’est, depuis 2015, obligatoire que
    des plastiques d’ici à 2022.                           pour les collectivités n’ayant instauré ni la TEOM
                                                           ni la REOM. La RS permet de financer les déchets
                                                           ménagers assimilés mais peu de collectivités y ont
                                                           recours en Île-de-France.




                                                                                             LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 43
    CHIFFRES CLÉS

           175 déchèteries fixes et 19 déchèteries mobiles
            au 1er janvier 2016
           La moitié des OMr contient des déchets
            recyclables par valorisation matière et organique.



   ↘ LES OMR FRANCILIENNES
        SONT COMPOSÉES DE :


         Métaux
          3,6 %                                               Déchets
                                                              putrescibles
            Verre
                                                              28 %
             6%
                                                              Plastiques
        Cartons
             8%                                               16 %
        Textiles                                              Papiers
      sanitaires                                              11 %
           10 %




44 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
SCHÉMAS DE COLLECTE                                              papiers - cartons / plastiques - métaux
                                                                  (fibreux–non fibreux) :
L’ADEME a préconisé en mai 2016 les schémas
                                                                 • 1 flux papiers graphiques et emballages
de collecte des emballages ménagers harmonisés
                                                                    ménagers en papier carton ;
suivants afin de limiter au niveau national le nombre
de schémas de collecte :                                         • 1 flux emballages ménagers en plastique
                                                                    et en métal (acier et aluminium) ;
   multi-matériaux (bi-flux) :
                                                                 • 1 flux verre.
   • 1 flux papiers graphiques et emballages ménagers ;
                                                             Les cartes qui suivent montrent les schémas
   • 1 flux verre.                                           de collecte déployés en Île-de-France en 2015,
                                                             permettant ainsi à 93 % de la population francilienne
                                                             d'être couverte par un schéma de collecte respectant
                                                             les recommandations.


↘ LES SCHÉMAS DE COLLECTE DES DÉCHETS
   D'EMBALLAGES MÉNAGERS
   En Île-de-France en 2015




↘ LES RECOMMANDATIONS POUR LES SCHÉMAS DE COLLECTE
   DES DÉCHETS DES EMBALLAGES MÉNAGERS
   ET PAPIERS GRAPHIQUES
   par les collectivités à compétence collecte en Île-de-France en 2015




                                                                                              LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 45
                                                                                                                                     © Stephanie Lacombe / Picturetank




            LES 4 OBJECTIFS PRIORITAIRES                                        Étendre la collecte sélective à l’ensemble
            POUR LA COLLECTE DES DÉCHETS                                         des emballages en plastique en 2022.
            MÉNAGERS ET ASSIMILÉS (DMA)
                                                                                Donner accès à des modalités de tri d’ici 2025
                                                                                 à l’ensemble des Franciliens et des touristes.
            1 Améliorer les performances de collecte                            Permettre aux producteurs de déchets assimilés
            sélective des DMA et des papiers pour atteindre                      d’avoir accès à des modalités de tri leur
            41,74 kg/hab. en 2025 et 44 kg/hab. en 2031                          permettant de répondre à leur obligation
            Suite à la réforme intercommunale, le PRPGD dresse                   de tri 5 flux.
            des recommandations dédiées :
                                                                                Mettre à jour l’ensemble de leurs supports
                                                                                 de communication.
            Aux collectivités territoriales à compétence collecte               Intégrer dans leurs appels d’offres des objectifs
                 Mener des études territoriales d’organisation                  de réduction des quantités de déchets
                 de leur collecte pour avoir la photographie                     et d’amélioration des performances de collecte
                 la plus exhaustive possible.                                    sélective des emballages ménagers, papiers
                                                                                 graphiques et verre.



46 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Aux collectivités territoriales à compétence collecte     Pour cela, il est nécessaire :
et à celles en charge du traitement
                                                              de former à la fois les élus concernés (déchets,
    Améliorer leur coordination en communiquant               urbanisme, aménagement du territoire…), les
     davantage entre elles et en réalisant des                 agents de communication et les techniciens des
     schémas opérationnels pour la coordination de             collectivités en charge de la prévention, de la
     la prévention, de la collecte et du traitement –          collecte et du traitement des déchets ;
     un ensemble d’actions qui se voudra établi sur
                                                              
                                                              d’élargir la formation au cycle de vie des
     un diagnostic territorial partagé, en lien avec
                                                              produits, aux circuits courts, au réemploi, au
     l’exercice de leurs compétences propreté et de
                                                              bilan carbone ;
     lutte contre les dépôts sauvages.
                                                              d’adapter et faire évoluer la communication en
                                                               milieu scolaire, étant donné la pratique limitée
Aux principaux financeurs                                      du tri par les millenials ;
    Organiser des expérimentations et des appels             de planifier des campagnes de communication à
    à projets innovants pour améliorer                         destination des Franciliens et des touristes ;
    les performances de collecte sélective.
                                                              d’incorporer les enjeux de la prévention et de
                                                               la gestion des déchets dans l’ensemble des
2 Harmoniser les schémas de collecte en 2025 en                politiques publiques ;
privilégiant les schémas mutli-matériaux
                                                              de faire accepter la nécessité d’accueillir des
                                                              
                                                              équipements de prévention et de gestion
Le PRPGD recommande aux collectivités territoriales
                                                              des déchets en valorisant les bénéfices qu’ils
d’harmoniser leurs schémas de collecte d’ici 2025
                                                              apportent.
avec le schéma multi-matériaux à privilégier.


                                                          La communication à développer pourrait s’appuyer sur :
3 Harmoniser la couleur des contenants sur
l’ensemble du territoire francilien en 2031                   une sémantique commune pour l’ensemble du
Pour faciliter le geste du tri, le PRPGD fixe comme           territoire francilien ;
objectif l’harmonisation du code couleur des
                                                              des appels à projets innovants pour identifier de
contenants destinés à la collecte sélective des DMA.
                                                               nouvelles modalités de communication ;
D’un point de vue temporel, elle peut être menée
                                                              une campagne de communication régionale
                                                              
à l’occasion des campagnes de communication
                                                              portée par les éco-organismes, en lien avec la
déployées pour présenter les nouvelles consignes de
                                                              Région et les collectivités territoriales ;
tri liées à son extension à l’ensemble des emballages
en plastique, ou lors d’un renouvellement ou de               
                                                              l’information à mener auprès des artisans,
l’adaptation du parc de bacs existant.                        commerçants, entreprises, administrations et
                                                              associations collectés par le service public de
Le PRPGD invite les collectivités territoriales
                                                              gestion des déchets pour leur rappeler leurs
franciliennes et les éco-organismes à effectuer cette
                                                              obligations en matière de tri 5 flux.
harmonisation en démarrant par les collectivités
à compétence collecte qui ne respectent aucune
des couleurs préconisées, puis en priorisant les
couvercles des contenants destinés aux emballages
ménagers et papiers graphiques, puis au verre, puis
aux déchets verts et biodéchets et, enfin, aux Ordures
Ménagères résiduelles (OMr).


4 Redynamiser la collecte en communiquant
Le PRPGD recommande que la communication
relative au geste du tri soit actualisée (règlements
de collecte, guides du tri, affiches, locaux poubelles,
consignes de tri sur les contenants…) et menée de
façon régulière.
            Les Déchets des                                                           PROSPECTIVES DES ÉVOLUTIONS
                                                                                      TENDANCIELLES DES DAE À TRAITER
            Activités Économiques                                                     À 6 (2025) ET 12 ANS (2031)
            (DAE) hors SPGD                                                           La prospective de la quantité de DAE franciliens
                                                                                      produits a été faite à partir de la prospective du nombre
                                                                                      d’emplois franciliens. Le scénario « volontariste » (dit
                                                                                      scénario « haut ») à +38 000 emplois/an a été retenu.
            En 2014, sur les 5,9 Mt de DAE collectées, 59 % ont
            été valorisées en matière (recyclage, compostage et                       Ainsi, l’évolution tendancielle des quantités de
            méthanisation), 7 % ont été valorisées en énergie et                      DAE produits, sans prise en compte des mesures de
            34 % ont été éliminées en stockage.                                       prévention et en considérant que la quantité de DAE
                                                                                      produits par emploi reste stable à 966 kg/emploi,
                                                                                      s’élève à 6,12 Mt en 2020, 6,31 Mt en 2025 et 6,53 Mt
                                                                                      en 2031.
                                                                                      En tenant compte des mesures de prévention, la
                                                                                      quantité de DAE produits diminue, passant à 5,9 Mt
                                                                                      en 2025 et à 5,87 Mt en 2031, alors que d’après les
                                                                                      prospectives économiques, les emplois et l’activité
                                                                                      économique devraient augmenter.




↘ PROSPECTIVES DE LA QUANTITÉ DE DAE
    FRANCILIENS À TRAITER EN 2025 ET EN 2031,
    AVEC ET SANS MESURE DE PRÉVENTION

                                                                            2020         2025           2025          2031           2031

               2014                                                      SANS       SANS       AVEC       SANS       AVEC
                                                                        MESURE     MESURE    MESURES     MESURE    MESURES
                                                                      PRÉVENTION PRÉVENTION PRÉVENTION PRÉVENTION PRÉVENTION


            5 900 883       Total tonnes de DAE produits,                 6 121 911    6 309 974      5 904 313     6 526 054      5 870 146
                            collectés et traités


              147 318       Tonnes DAE en ISDI*                           150 000       153 000       153 000        156 000        156 000

            1 888 051       Tonnes DAE en ISDND                          1 369 617     1 219 938      790 558        465 879        421 793

             361 362        Tonnes DAE en UIDND / UVE*                    788 638       324 222       659 603        257 882        718 928
                            (mâchefers et métaux compris)
                                         dont
             271 022        Tonnes en valorisation énergie                591 478       243 166       494 702        193 412        539 196
                            75% des entrants


              90 341        Tonnes en valorisation matière                 197 159      81 055        164 901         64 471        179 732
                            (mâchefers et métaux) 25% des
                            entrants


              117 834       Tonnes DAE fabrication bois                   127 968       145 171       135 980        161 892        147 823
                            combustible


                 0          Tonnes DAE en CSR                              20 000       270 000       270 000        770 000        193 534

            3 386 318       Total DAE en valorisation matière            3 665 688     4 197 643      3 895 571     4 714 400      4 232 067

               59 %         Taux valorisation matière                       63 %         68 %           69 %           73 %           75 %

                7%          Taux valorisation énergie                       12 %         10 %           15 %           17 %           15 %

               34 %         Taux élimination                                25 %         22 %           16 %           10 %          10 %




           *ISDI : Installation de stockage des déchets inertes
           *UVE : Unité de valorisation énergétique




48 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
   ACTIONS À MENER                                              
                                                                Sur ces dernières selon les besoins et les
   POUR LA VALORISATION                                         zones concernées, création de déchèteries
   DES DAE (HORS SPGD)                                          professionnelles, de points de dépose ponctuels
                                                                et d'opérations collectives de collecte.
    La valorisation des DAE suppose d'augmenter
     la demande en MPIR (Matières Premières
     Issues du Recyclage).
                                                            IMPACTS DE L’ÉVOLUTION
     Cela passe par :
                                                            TENDANCIELLE SUR LES
                                                            INSTALLATIONS DE TRI / TRANSIT
       Passer de la gestion des déchets à une
                                                            À 6 (2025) ET 12 ANS (2031)
        économie des ressources
       Créer, faciliter et renforcer les synergies         Les impacts sur les installations de transit sont
        entre acteurs                                       difficiles à évaluer car les flux nécessitant de transi-
      Actionner le levier de la commande publique          ter par ces installations peuvent varier en nature et
       et privée                                            en quantité.
      Innover
                                                            De plus, ils dépendent de la localisation des ins-
                                                            tallations situées en aval du centre de transit, les
IMPACTS DE L’ÉVOLUTION                                      destinations des flux de déchets pouvant être
TENDANCIELLE SUR LES                                        amenées à changer selon les contrats entre les entre-
INSTALLATIONS DE COLLECTE                                   prises / établissements et les opérateurs.
DES DAE (HORS SPG) À 6 (2025)
ET 12 ANS (2031)                                            En 2014, 70 centres de tri franciliens de DAE accueil-
                                                            laient près de 2,5 Mt et les 44 sites de transit près de
Si l'on veut assurer une offre de collecte aussi
complète que possible à l'échelle de toute la région        800 000 tonnes.
Île-de-France, il est nécessaire, de créer des installa-    D’après les prospectives à 2025 et 2031, les quantités
tions de collecte dédiées aux activités économiques         de DAE qui devraient être acceptées en centres de
et de renforcer le maillage territorial. Une orientation    tri/transit devraient se situer entre 3,9 millions de
d'autant plus à propos qu'elle permettrait également        tonnes sans les mesures de prévention et 3,6 à 3,7
de limiter les transports.                                  millions de tonnes avec les mesures de prévention.
Des installations à créer en fonction des besoins et        L’augmentation des flux entrants en centres de
des territoires :                                           tri/transit devrait donc être importante, du fait de la
    déchèteries dédiées aux déchets des activités          mise en œuvre du décret 5 flux, mais aussi parce que
     économiques acceptant l’ensemble des déchets           les flux de DAE en mélange traités en Unité d’Inci-
     produits par ces dernières et permettant le tri de     nération de Déchets Non Dangereux (UIDND) et
     tous les flux ;                                        ISDND en 2014 devront être traités en totalité en
    
    installations de regroupement et de transfert           centres de tri/transit en 2025 et en 2031.
    pour une massification des flux ;
    
    accueil direct en installations de tri/transit          Préconisations du PRPGD
    mais aussi en installations de valorisation/
    élimination.                                                Au regard du contexte, le PRPGD ne limite pas
                                                                 le nombre de sites de transit ni leur capacité et
Cette offre de collecte privée pourra, selon les                 laisse la possibilité de créer des installations de
territoires, être complétée par l’offre de collecte              transit ou d’étendre leur capacité en fonction des
des déchèteries publiques. D'autant plus que des
                                                                 besoins des territoires, des filières, des zones de
réflexions conjointes de la part des exploitants
                                                                 chalandises des installations de traitement, et ce,
des déchèteries privées et des collectivités gérant
                                                                 en lien avec la diminution ou l’optimisation du
les déchèteries publiques seront menées en vue
d’une cohérence des conditions d’admission des                   transport de déchets.
professionnels.                                                 Les capacités de tri existant en Île-de-France (près
                                                                 de 5,8 Mt) devraient, a priori, être suffisantes
                                                                 pour absorber l’augmentation des flux entrants
Objectifs du PRPGD                                               dans les centres de tri. Ceci reste à confirmer en
    Structurer le réseau d’accueil avec des solutions de        fonction des capacités réelles techniques et des
     proximité adaptées et orienter préférentiellement           outils de tri en place sur le territoire.
     les déchets des professionnels sur ces structures,         Les centres de tri/transit devront adapter et
                                                                
     afin de soulager les déchèteries publiques tout
                                                                moderniser leurs outils afin de répondre aux
     en garantissant des conditions économiquement
                                                                objectifs du PRPGD et éviter les exports de DAE
     viables pour les déchèteries professionnelles.
                                                                en mélange, sachant que les sites et leurs outils
                                                                n’auront pas les mêmes capacités à évoluer et à
Préconisations du PRPGD                                         s’adapter.

    Amélioration du maillage des points de collecte            Les opérateurs privés devront se mobiliser
                                                                
     dédiés aux professionnels via l’identification des         et investir afin que la Région Île-de-France
     zones déficitaires.                                        reste autosuffisante pour la collecte et le tri de
                                                                l’ensemble des DAE produits en Île-de-France.


                                                                                              LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 49
                                                                                Les filières
                                                                                à Responsabilités
                                                                                Élargies (REP)

                                                                                Les véhicules hors d’usage, les déchets de textiles,
                                                                                linge de maison et chaussures relevant de la filière à
                                                                                responsabilité élargie des producteurs doivent faire
                                                                                l’objet d’une planification spécifique de leur collecte,
                                                                                de leur tri ou de leur traitement qui « comprend
                                                                                notamment une planification des installations de
                                                                                traitement de VHU agréées en adéquation avec le
                                                                                gisement du territoire ».


                                                                                LES VÉHICULES HORS D’USAGE
                                                                                (VHU)
                                                                                En 2016, l’Île-de-France compte 124 845 VHU,
                                                                                 soit environ 133 057 tonnes pris en charge
                                                                                par les 115 centres VHU franciliens ainsi que
                                                                                197 783 carcasses de VHU, soit environ 162 775
                                                                                tonnes traitées par les 6 broyeurs franciliens.


                                                                                Objectifs du PRPGD
                                                                                   Lutter contre les pratiques illégales.
                                                                                   Optimiser la collecte et la dépollution des VHU.
                                                                                    Améliorer le réemploi/la réutilisation des
                                                                                     pièces détachées, prioritairement localement.
                                                                                    Encourager la valorisation matière, notamment
                                                                                     lors de la déconstruction du VHU
                                                                                     pour un tri à la source des matières.


                                                                                Recommandations du PRPGD
                                                                                Planification des installations de traitement agrées
                                                                                    Dans le cas où les prévisions de stagnation
                                                                                     ou de baisse du gisement de VHU à traiter
                                                                                     ne se vérifieraient pas, création de nouvelles
                                                                                     capacités de traitement des VHU pour répondre
                                                                                     à ce nouveau besoin.
                                                                                    Création de nouveaux sites de traitement
                                                                                     envisageable s’ils permettent de réduire l’impact
                                                                                     environnemental de la filière et/ou améliorer
                                                                                     son équilibre économique.
                                                                                    Nécessité d’une solidarité interrégionale
                                                                                     de la filière.


                                                                                L’économie circulaire des VHU
                                                                                    Développer des filières locales d’économie
                                                                                     circulaire des véhicules.
                                                                                    Soutenir l’innovation et l’expérimentation
                                                                                     circulaire des véhicules.




50 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
LES DÉCHETS TEXTILES,                                     Focus réalisés dans le PRPGD pour décliner
LINGES DE MAISON                                          l'objectif de développement du réemploi
ET CHAUSSURES (TLC)                                       et de la réutilisation
La filière TLC est bien implantée en Île-de-France.       Les déchets d'éléments
Cependant le taux de collecte reste faible et le          d’ameublement (DEA)
maillage de points d’apport volontaire est à densifier.
                                                          En 2017, ce sont 20 234 tonnes de DEA professionnels
La qualité du gisement francilien fait de sa captation
                                                          collectés en Île-de-France ainsi que 152 505 tonnes
un enjeu pour les acteurs de sa filière : 60 % de
                                                          de DEA ménagers par Éco-mobilier.
réutilisation, dont seulement 5 % en local (appelé
« crème » ou « qualité boutique »), 39 % de recyclage
et 1 % d’élimination.                                     Objectifs du PRPGD
Pour les TLC, les enjeux sont multiples : respect du         Améliorer la collecte, notamment
principe de proximité, préservation des ressources,           en développant la collecte séparée
réemploi, développement de la valorisation matière,           et préservante des DEA.
évolution des modes de consommation, logistique
urbaine, structuration de la filière, développement          Développer le réemploi et la réparation,
de nouveaux métiers et de formations spécifiques et           augmenter la quantité de DEA faisant l’objet
coopération entre les acteurs de la filière.                  d’une préparation à la réutilisation en
                                                              Île-de-France.
                                                             Optimiser le tri et développer le recyclage.
Objectifs du PRPGD
    Poursuivre la structuration de la filière TLC
     francilienne.                                        Les déchets d'équipements
                                                          électriques et électroniques (DEEE)
    Augmenter la collecte jusqu’à atteindre 3,2 kg/      et les piles et accumulateurs
     hab. en 2031 (2,1 kg/hab en 2016), notamment         portables (PA)
     en densifiant le maillage en points d’apport
     volontaire.                                          En 2016, ce sont 67 475 tonnes de DEEE ménagers,
                                                          soit 5,6 kg/hab. collectés.
    Développer le réemploi et augmenter la qualité
     de déchets faisant l’objet de préparation
    en vue d’une réutilisation en Île-de-France.          Objectifs du PRPGD
    Encourager le tri et la valorisation matière,           Augmenter la collecte de DEEE et de Piles
     prioritairement localement.                              et Accumulateurs (PA), en développant
                                                              principalement la collecte préservante de DEEE.
                                                             Développer le réemploi et augmenter
Recommandations du PRPGD                                      la quantité de DEEE faisant l’objet de
Planification des centres de tri TLC                          préparation à la réutilisation en Île-de-France.
    Au vu des tonnages actuellement triés                   Encourager le regroupement, le traitement
    et de l’évolution prévisible du gisement à trier,         et la valorisation matière en Île-de-France.
    augmenter les capacités de tri.
                                                             Lutter contre les pratiques illicites pour la
    Nécessité d’une solidarité interrégionale                collecte des DEEE ménagers et professionnels.
    de la filière.


L’économie circulaire des TLC
    Renforcer l’offre de mode éco-responsable
    en Île-de-France.
    Faire évoluer les comportements
    des consommateurs.
    Développer l’économie circulaire des textiles
     professionnels.




                                                                                           LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 51
                                                                                     2. Déchets organiques d’animaleries et de zoos :
            Les déchets                                                              litières et déjections des animaux.
            organiques (DO)                                                          3. Lisiers équins : issus des déjections d'animaux
                                                                                     mélangées à de la litière.

            Les flux de déchets organiques pris en compte                            4. Sous-produits du traitement des eaux : boues
            dans le PRPGD Île-de-France ont été répartis en 4                        de potabilisation, boues de stations d’épuration des
            catégories.                                                              eaux usées, matières de vidange.

            On distingue :                                                           Ces déchets sont issus des ménages et des
                                                                                     producteurs assimilés qui sont collectés dans le cadre
            1. Biodéchets : déchets biodégradables de jar-                           du SPGD, des déchets des activités économiques
            din ou de parc, déchets alimentaires ou de cui-                          collectés en dehors du SPGD, ou encore issus de
            sine – issus notamment des ménages, des bureaux,                         l'administration collectés dans et en dehors du
            des restaurants, du commerce de gros, des can-                           SPGD.
            tines, des traiteurs ou des magasins de vente au
            détail –, déchets comparables provenant des usines
            de transformation de denrées alimentaires.




↘ ÉTAT DES LIEUX ET PROSPECTIVES
    2025-2031 DÉCHETS ORGANIQUES
    (HORS BIODÉCHETS)


500 000
                                                                                496 000
                                                                                496 000
                                                                                496 000




375 000



                                                                                                                194 300
                                                                                                                186 500
                                                                                                                155 100




250 000
                                     60 000

                                     44 900




125 000
                                     50 400




                                                                                               30 300
                                                                                               31 000
                                                                                               15 500
               28 200
               28 500
               28 700




                                                                                                                                25 700
                                                                                                                                25 700
                                                                                                                                25 700
                                                            2 500
                                                            2 500
                                                            2 500




   2 000


          HAU (HUILES                                   DÉCHETS                               BOUES                   MATIÈRES
         ALIMENTAIRES                                 ORGANIQUES                            ISSUES DES               DE VIDANGE
           USAGÉES)                                  D’ANIMALERIES                         TRAITEMENTS             ISSUES DE L’AS-
                                                       ET DE ZOOS                               DE                  SAINISSEMENT
                                                                                          POTABILISATION           NON COLLECTIF
                                                                                             DES EAUX
                                   DÉCHETS                                      FUMIERS                BOUES ISSUES DU
                                  GRAISSEUX                                      ÉQUINS                TRAITEMENT DES
                                                                                                         EAUX USÉES




                                                                                                                                     2015
                                        783 000
                TOTAL
                                        819 900                                                                                      2025
              GISEMENT
                                        823 100
                                                                                                                                     2031

               TOTAL                    752 100
             TONNAGES                   800 100
             COLLECTÉS                  818 100




52 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
LES FLUX                                                     LES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT
En 2015 (hors filière des boues de potabilisation) :
83 % des flux ont fait l’objet d’une valorisation ma-        Le compostage
tière (épandage direct, compostage, méthanisation,           Chiffres clés 2016
champignonnière…), 7 % ont été valorisés en combus-
tible/biocarburant, 7 % incinérés sans valorisation             38 plateformes
énergétique, 2 % enfouis et 1 % en filière non identifiée.      Capacité de traitement autorisée : 739 700 t
                                                                Tonnages entrants : 519 700 t
Préconisations du PRPGD en matière
de flux de déchets organiques                                   Production de compost normé : 166 900 t
    Développement de la traçabilité de ces flux                Localisation : répartition inégale ; seul un site est
    d’un point de vue qualitatif et quantitatif.                 localisé sur le périmètre dense de la Métropole
    Déploiement des dispositifs de collecte                    Flux traités : déchets verts, boues issues de STEP,
    et de tri à la source des gisements en débutant              biodéchets sans SPA3, déchets issus
    par les plus facilement mobilisables et les plus             de la préparation des produits animaux et
    rentables, notamment pour les HAU relevant                   végétaux, déchets de produits agro-chimiques
    des obligations associées à la gestion
     des biodéchets.                                            Des sites ont aussi une activité de broyage du
                                                                 bois : 194 870 t
    Généralisation du tri à la source.
                                                                Déchets d’Île-de-France traités en plateforme
    Maintien a minima de ces performances                       de compostage hors Île-de-France : 167 000 t
    de valorisation.                                             (dont 69 % de boues issues du traitement des
    Réduction des flux incinérés dans des unités                eaux usées, 12 % de déchets verts, 12 % de lisiers
     de traitement dédiées aux résidus d’épuration               et fumiers)
     des eaux qui n’atteignent pas l’indice de
     performance énergétique de 65 % par manque
     de valorisation de la chaleur produite (flux
     constitués à 28 % des boues issues du traitement          DÉFINITION DU PROCESSUS
     des eaux usées).                                          DE COMPOSTAGE

                                                               Procédé biologique aérobie contrôlé comportant
Actions prioritaires prévues                                   une phase de montée en température
dans le cadre de la planification                              permettant l’hygiénisation et la stabilisation par
des déchets organiques                                         dégradation/réorganisation de la matière organique
    Développer des outils régionaux                           et conduisant à l’obtention d’un compost utilisable
    pour une meilleure connaissance des flux.                  comme amendement ou engrais organique
                                                               (rubrique ICPE : 2780).
    Rationaliser les moyens déployés pour le tri
    à la source des biodéchets afin de maîtriser
    les coûts de gestion du service public.
    Structurer la filière biodéchets.                       Préconisations
                                                             Dans une logique d’optimisation des équipements
    Développer une approche globale en optimisant           existants :
     les unités déjà en place.
                                                                Envoi prioritaire des déchets verts vers les plateformes
    Créer une dynamique d’économie circulaire                   dont le processus de traitement n’est pas sensible aux
     favorisant le retour au sol des biodéchets.                 variations de production saisonnières et qui produisent
                                                                 un compost normé assurant le retour au sol de la matière
                                                                 organique.
                                                                Modernisation de ces sites complétée par des demandes
                                                                 d’agréments sanitaires SPA3 afin d’en optimiser les
                                                                 capacités de traitement pour aider à structurer la filière
                                                                 biodéchets.
                                                                Déploiement de nouvelles plateformes en privilégiant
                                                                 des implantations sur les 4 départements les plus
                                                                 exportateurs de déchets verts (77, 78, 94, 95) mais aussi
                                                                 selon une logique de proximité environnementale et de
                                                                 solutions de transport alternatif.




                                                                                                  LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 53
            La méthanisation                                                    Les installations de tri-préparation
                                                                                des Ordures Ménagères Résiduelles
            Chiffres clés 2016                                                  (OMR), en vue d'une valorisation
                8 installations dont 6 créées en 2018                           organique et/ou énergétique

                Capacité de traitement autorisée : 127 050 t                    Jusqu'à présent, le parc d'installations de TMB (tri
                                                                                mécano-biologique) s'est développé selon une
                Tonnages entrants : 89 700 t                                    double approche : favoriser le retour au sol de la
                Production de digestat : 87 600 t                               fraction organique des OMR et produire de l'énergie.

                Localisation : Seine-et-Marne, Essonne, Yvelines                Aujourd'hui, se développe des dispositifs parallèles
                                                                                tels que des lignes dédiées au traitement des
                 Flux traités : boues issues de du traitement des              biodéchets SPA3.
                  eaux usées, biodéchets SPA3 et sans SPA3, lisiers
                  et fumiers, cultures intermédiaires à vocation
                  énergétique, graisses                                         Préconisations du PRPGD
                 Déchets d’Île-de-France traités en                               Évolution de ces installations pour optimiser le
                 méthanisation hors Île-de-France : 22 382 t                        retour au sol d’une matière organique en lien
                 dans 2 régions (68 % Hauts-de-France, 32 %                         avec la réglementation sur la normalisation du
                 Normandie).                                                        compost.
                                                                                   Valorisation des sous-produits de ces installations
                                                                                    par le développement de partenariats entre
                                                                                    syndicats et mise en place d’obligations dans les
    DÉFINITION DU PROCESSUS DE
                                                                                    contrats d’exploitation (orientation systématique
    MÉTHANISATION
                                                                                    des refus de tri vers des unités de valorisation
                                                                                    énergétique…).
    Processus de dégradation de la matière organique
    en milieu anaérobie (absence d’oxygène) en milieu fermé                        Articulation de ces installations avec l’obligation
    et contrôlé pour optimiser les réactions. Production                            de tri à la source des biodéchets en adaptant les
    de digestat pouvant être transformé en compost                                  process.
    et de biogaz valorisé énergétiquement
    (rubrique ICPE 2781).                                                          Exploitation de nouvelles unités uniquement
                                                                                   
                                                                                   dans un objectif d’optimisation de traitement des
                                                                                   déchets résiduels par valorisation énergétique.



↘ LES SITES D’IMPLANTATION
    DES TMB ET LEURS CAPACITÉS
    AUTORISÉES


                                                       CAPACITÉS                  SITUATION 2016 : INDICATEURS
    IMPLANTATIONS                                     AUTORISÉES                  Tonnages entrants :
                                                                                  131 186 tonnes
                                                                                  Tonnages traités :
    Champagne-sur-Oise                                    39 000 t                102 165 t (suite à des problèmes techniques,
                                                                                  29 000 t ont été dirigées en ISDND (62 %)
                                                                                  et en UIDND (38 %)
    Ozoir-la-Ferrière                                     65 000 t                Production de compost :
                                                                                  25 201 t dont 98 % était normé

                                              100 000 t dont 75 000 t             Taux de valorisation matière par rapport
    Varrennes-Jarcy                                pour les OMR                   aux tonnes entrantes : 25 %
                                                                                  Refus de tri :
                                                                                  55 % des tonnes entrantes traitées
    TOTAL                                                204 000 t                et 69 % des tonnes sortantes




54 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
    ZOOM SUR LES 13 PROJETS
    RECENSÉS EN MÉTHANISATION

    13 projets recensés concentrés principalement
    sur 2 départements (Seine-et-Marne et Essonne)
    et un sur les Hauts-de-Seine.
                                                          Focus sur les biodéchets,
    Préconisations du PRPGD                               une filière
    Pour un développement sous contrôle :                 en construction
        Développement d’études sur les possibilités
        de mutualisation des différents flux de déchets
        organiques.                                       LES FLUX
        M
         aîtrise de la chaîne de valeur en articulant    Répartition en fonction des tonnages des catégories
        systématiquement les filières de compostage
                                                          de producteurs franciliens de biodéchets en 2015
        et de méthanisation et en visant une gestion
        optimisée entre retour au sol de la matière       En 2015, la collecte des déchets alimentaires en mélange
        organique et production de biogaz.                avec des déchets verts ne concernait que la communauté
           Les travaux d’élaboration du Schéma           d’agglomération de Cergy-Pontoise (95) et était réalisée
            Régional Biomasse (SRB) qui sont              avec des sacs en papier biodégradable.
            en cours devraient permettre                  Les déchets alimentaires collectés étaient issus
            d’approfondir la réflexion sur                principalement des activités économiques et des
            le déploiement de cette filière.              producteurs assimilés aux ménages (établissements
                                                          scolaires, restauration collective, marchés alimentaires…).



     Déchets                              Déchets
   d'activités                            d'activités
économiques                               économiques
                                                            PROSPECTIVES :
       36 %                               85 %              GISEMENT RÉGIONAL MOBILISABLE EN 2015 :
                                                            538 000 tonnes de biodéchets
   Déchets                                                  supplémentaires (dont DMA = 350 000 t et DAE
 municipaux                                                 = 188 000 tonnes)
        6%                                                  HYPOTHESES DE MOBILISATION :
     Déchets                                                2025 : 40 % pour les DMA / 80 % pour les DAE
   ménagers                                                 2031 : 50 % pour les DMA / 100 % pour les DAE
 et assimilés
                                                            SOIT PROSPECTIVES des tonnes collectables
       58 %                                                 de biodéchets (avec application de mesures
                                                            de prévention) :
                                          Déchets
                                          ménagers          POUR LES DAE
                                                            2015 : 181 500 tonnes               POUR LES DMA
                                          et assimilés
                                                            2031 : 208 600 tonnes              2015 : 19 kg/hab
                                          15 %                                                 2031 : 22 kg/hab


                 DÉCHETS      DÉCHETS
                   VERTS      ALIMENTAIRES




                                                                                              LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 55
            Préconisations du PRPGD                                             SOIT une capacité supplémentaire de traitement
            Généralisation du tri à la source des biodéchets pour               estimée à 386 000 tonnes.
            tous les producteurs à l’horizon 2025                               SOIT un déficit en capacités de traitement évalué à
            Cette généralisation pourra être fractionnée dans                   109 600 tonnes.
            le temps afin de viser un déploiement adapté aux
            territoires et aux acteurs en :                                              Sur ce maillage de sites industriels,
                                                                                         se greffe le déploiement
                 structurant cette nouvelle filière sur la base des                     de plateformes de proximité
                  plus gros gisements ;                                                  complétant la gestion
                 permettant aux EPCI de mener des études
                                                                                        des gisements diffus.
                 territoriales sur les dispositifs les plus adéquats
                 à déployer d’un point de vue technique, juridique              Massification
                 et financier ;
                                                                                Afin de pallier le déséquilibre territorial et le manque
                 favorisant le partage d’expériences et de bonnes              d’unités de traitement pour les biodéchets SPA3, dévelop-
                  pratiques et l’engagement d’expérimentations                  pement d’équipements de massification souvent couplés
                  entre flux, entre acteurs.                                    à des dispositifs de déconditionnement afin d’extraire la
                                                                                matière fermentescible que l’on appelle la pulpe ou la
                       Le PRPGD insiste sur le déploiement                      soupe.
                       d’actions de prévention-réduction
                       à la source qui devra être
                                                                                Préconisations du PRPGD
                       systématiquement mis en œuvre
                       avant tout dispositif de tri à la source                     La création de capacités de traitement pour
                       des biodéchets.                                               les biodéchets issus de SPA3 selon une logique
                                                                                     respectueuse des principes de proximité
                                                                                     et d’autosuffisance assurant l’équilibre territorial.

            LES INSTALLATIONS DÉDIÉES                                               Le développement des unités de massification
            AU TRAITEMENT DES BIODÉCHETS                                             avec des process d’hygiénisation pour faciliter
            ALIMENTAIRES SPA 3                                                       l’acceptabilité des biodéchets SPA3 et donc
                                                                                     réduire la chaîne de valeur de ces déchets.
            État des lieux des installations pouvant traiter les
            biodéchets alimentaires SPA3.                                           Le développement d’études sur les possibilités
                                                                                     de mutualisation des différents flux de déchets
                                                                                     organiques ;
            Compostage
                                                                                    Une maîtrise de la chaine de valeurs
            2015 : 1 site a un agrément SPA3* mais pour des                          en articulant systématiquement ensemble
            déchets très spécifiques (poudre d’os)                                   les filières de compostage et de méthanisation
                                                                                     et en visant une gestion optimisée entre retour
            2018 : activité de co-compostage lombricompostage
                                                                                     au sol de la matière organique et production
            à Vert-le-Grand
                                                                                     de biogaz..
                 Soit une capacité administrative de 1 500 t
            Projet
                 un unique équipement industriel à Romainville


            Méthanisation
            2016 : 2 sites (Étampes et Varennes-Jarcy) traitent
            des biodéchets SPA3 + 1 site dispose d’un agrément
            sanitaire (La Boissière-École) mais n’en a pas
            réceptionné.
                 Soit une capacité administrative disponible de
                 72 700 t et une capacité technique de 53 700 t
            Projet
                 sur le parc en place, 7 unités prévoient de
                  recevoir des déchets SPA3.
                 sur les projets de nouvelles unités, 7 unités                 *SPA3: sous-produits animaux classés en catégorie 3.
                  traiteront des déchets SPA3                                   Pour traiter ces déchets, les installations doivent disposer
                                                                                d'un agrément sanitaire délivré par le préfet
                                                                                du département d'implantation et intégrer
                                                                                un traitement par hygiénisation.




56 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
© Stephanie Lacombe / Picturetank




                                    LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 57
 6 La valorisation
énergétique :
une contribution
à la réduction du stockage
et un atout francilien spécifique
L’existence historique sur son territoire d’un parc d’incinérateurs
très performant et de réseaux de chaleurs associés est, pour l’Île-de-France,
un véritable atout pour aller vers une réduction drastique du stockage
des déchets non dangereux non inertes. Dans le respect de la hiérarchie
des modes de traitement, l’utilisation de ces potentiels est un enjeu
très spécifique à l’Île-de-France.




            État des lieux de la                                                Objectifs et préconisations du PRPGD
                                                                                en faveur de la valorisation
            filière de traitement                                               énergétique
                                                                                Principes de gestion des flux appliqués par ordre de
            thermique des DNDNI                                                 priorité
            de la Région en 2015                                                Pour assurer la gestion des déchets résiduels dans
                                                                                le respect de la hiérarchie réglementaire des modes
                                                                                de traitement, tout en assurant la valorisation éner-
            Les installations considérées sont celles qui assurent              gétique des déchets qui ne peuvent être recyclés en
            la valorisation en énergie, via un traitement                       l’état des techniques disponibles, le PRPGD priorise
            thermique ou une utilisation en tant que combustible,               l’utilisation des capacités d’UIDND franciliennes
            des déchets résiduels qui ne peuvent faire l’objet                  (sous maîtrise d’ouvrage publique) pour les DMA :
            d’une valorisation matière ou organique.                            OM résiduelles et refus de tri.
            En 2015, l’Île-de-France compte :                                   Les capacités restantes seront employées à
                 
                 18 UIDND, soit une capacité autorisée de                       valoriser les refus de tri de DAE, sous réserve que les
                 4 128 900 t/an contribuant à 66 % de la chaleur                Pouvoirs Calorifiques Inférieurs (PCI) de ces flux le
                 à Énergies Renouvelables et de Récupération                    permettent.
                 (ENR&R) d’Île-de-France et induisant la produc-                Pour les DMA et DAE résiduels au-delà des
                 tion d’environ 705 000 t de mâchefers et environ               capacités d’incinération, le PRPGD recom-
                 106 000 t de Résidus d’Épuration des Fumées                    mande de développer la filière CSR (et d’autres
                 d’Incinération des Ordures Ménagères ; elles                   techniques innovantes comme la gazéification)
                 sont alimentées pour environ 85 % par des OMr,                 afin de limiter le stockage aux refus de tri des
                 9 % par des DAE et 3 % par des refus de tri de                 DMA/DAE non valorisables thermiquement et aux
                 DMA ;                                                          DAE spécifiques (mâchefers déclassés, etc.)
                 7 incinérateurs dédiés aux résidus d’épuration
                  des eaux ;
                 17 plateformes de préparation de bois
                  combustible en sortie de statut déchet ;
                 2 sites de préparation de Combustibles Solides
                  de Récupération (CSR) ;
                1 cimenterie à Gargenville (78).




58 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
↘ PRINCIPES DE GESTION DES FLUX

                                                   DMA



                 PRÉVENTION                                    VALORISATION MATIÈRE
             GÉNÉRALISATION DU TRI                                ET ORGANIQUE


                                           REFUS DE TRI                     REFUS DE TRI
                  OMR
                                      DE COLLECTE SÉLECTIVE               D'ENCOMBRANTS


                UIDND                            UIDND                           UIDND




                                                  DAE



                 PRÉVENTION                                    VALORISATION MATIÈRE
             GÉNÉRALISATION DU TRI                                ET ORGANIQUE


                 DAE EN MÉLANGE                                      REFUS DE TRI
                   (AVANT 2025)                                        DES DAE


      VIDES DE FOURS                                   VIDES DE FOURS
                                      CSR                                               CSR
         DES UIDND                                        DES UIDND




↘ QUALIFICATION DU BESOIN DE TRAITEMENT
   THERMIQUE DES DÉCHETS RÉSIDUELS EN 2025
   ET 2031 ET ADÉQUATION AVEC LE PARC ACTUEL

                                                                             Besoins prospectifs
              Hypothèses de gestion appliquées                            en traitement thermique
            aux prospectives chiffrées de gisement
                                                                             2025         2031

                 - 100 % des encombrants ménagers orientés
                 ver une chaîne de tri

     DMA         - 100 % des refus de tri de collecte sélective
                 et compostage orientés vers du traitement
    DASRI,       thermique                                                3 106 106 t        2 956 761 t
 déchets des - Refus de tri des encombrants ménagers
 collectivités valorisables thermiquement à hauteur de 60 %

                 - Baisse des taux de refus des process de tri et
                 compostage

                 - 100 % des DAE orientés vers une chaîne de tri
      DAE
                 - Refus de tri des DAE valorisables                      1 194 163 t         912 462 t
                 thermiquement à hauteur de 80 %

                                                                TOTAL     4 300 269 t        3 869 223 t


Ce besoin en traitement thermique des déchets se répartit entre les OMR (60 %), les refus de DAE (25 %) et
les refus de DMA (15 %).



                                                                                      LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 59
            Un parc conservé
            mais adapté
            pour répondre
            aux nouveaux enjeux
            de demain

            Le parc d’installations d’UIDND doit être conservé
            pour répondre aux futurs besoins en valorisation
            énergétique, d’autant qu’il existe une demande forte
            d’ENR&R issue des réseaux de chaleur.
            Il devra cependant être adapté pour répondre aux
            nouveaux enjeux de demain, notamment celui relatif
                                                                                    Zéro déchet
            à l’évolution du PCI (Pouvoir Calorifique Inférieur)
            des déchets entrants. En effet, avec l’augmentation                     enfoui
            du tri, notamment des DAE et des encombrants, les
            tonnages à haut PCI vont augmenter.
            Le plan identifie un besoin de capacités en valorisation
            énergétique autres que les UIDND pour les déchets
            résiduels de l’ordre de 200 000 à 300 000 t/an, pour
            lequel le développement des unités de préparation et
            de combustion des CSR semble adapté.


            Principales préconisations
            du PRPGD
                 Limiter la capacité d’incinération sans valorisation

                                                                                La valorisation
                  énergétique.
                 Mettre en adéquation le parc actuel des UIDND

                                                                                énergétique
                 avec les nouveaux besoins : augmentation du PCI des
                 déchets et de leur volumétrie, traitement des fumées,
                 valorisation des mâchefers…
                 Sans créer de nouveaux sites d’UIDND, améliorer
                 et sécuriser l’outil industriel d’un point de vue
                 technique et sanitaire.
                 Favoriser l’optimisation logistique et la mutualisation
                  des sites existants.
                 Encourager les filières réversibles de valorisation
                  énergétique des déchets, notamment les CSR.


            Principales actions prévues
            dans le cadre de la valorisation
            énergétique
                 Soutenir les investissements nécessaires
                  pour améliorer et sécuriser le parc des UIDND.
                 Poursuivre la logique de coordination initiée
                  par le Syctom, l’agence métropolitaine des déchets
                  ménagers (75), avec les autres syndicats de traitement.
                Favoriser la valorisation des mâchefers.
                 Légitimer la filière des CSR, aider à son financement
                 et faciliter son acceptabilité, stabiliser son cadre
                 réglementaire.
                 Transformer progressivement les incinérateurs
                  dédiés aux résidus d’épuration des eaux en unités
                 de valorisation énergétique.



60 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
    Réduire
 nos déchets




     Trier et recycler
nos déchets matières
       et organiques




                    LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 61
  Mettre l’économie circulaire
  7
au cœur des chantiers
Considérés comme des déchets d’activité économique, les déchets du BTP
n’en sont pas moins très spécifiques du fait de la diversité des acteurs,
des volumes produits et de la typologie des flux de déchets concernés.
Avec la création de 70 000 logements par an, la généralisation
de la réhabilitation thermique des bâtiments, le Grand Paris Express
et les JO 2024, l’Île-de-France connaît un contexte hors norme,
rendant prépondérante la question de la prévention et de la gestion
de ce type de déchets. Un vrai défi pour l’ensemble des acteurs du BTP,
mais aussi une opportunité pour développer de nouvelles filières de gestion
et impulser des pratiques intégrant l’économie circulaire.




            CLASSIFICATION DES FLUX LIÉS
            AU BTP

            Les flux liés au BTP sont divisés en trois                          Une stratégie globale
            catégories : les Déchets Inertes (DI), les Déchets
            Non Inertes Non Dangereux (DNIND) et les
            Déchets Dangereux (DD).

            DI : déblais (terres et cailloux) non pollués,
                                                                                LES DÉCHETS DE CHANTIERS
            agrégats d’enrobés, granulats issus de bétons de
            démolition, briques, tuiles, céramiques, ardoises,
                                                                                EN 2015 : ÉTAT DES LIEUX
            partie inerte des gravats en mélange, enrobés                       En 2015, la production des déchets est estimée à plus
            bitumineux sans goudron, boues de dragage non
                                                                                de 33 Mt.
            polluées, granulats issus de ballast de voie non
            pollués, partie inerte des gravats en mélange                       La quantité de déchets du BTP suivie et traitée sur des
            DNIND : plâtre, métaux, plastiques (PVC*, PSE*...),                 installations est de 22,85 Mt, tandis que la quantité de
            bois, matériaux composites, isolants, revêtements                   déchets du BTP traitée sur le territoire francilien est
            de sols, faux plafonds, ouvrants, déblais (terres et                de 19,75 Mt.
            cailloux) faiblement pollués

            DD : déblais (terre et cailloux) pollués, enrobés
            bitumineux et produits contenant du goudron,                        *PVC : Polychlorure de vinyle
            déchets amiantés, boues de dragage polluées,                        * PSE : Polystyrène expansé
            ballast de voie pollué, solvants, peintures, colles…

            Il est à souligner que :

                 les déblais peuvent selon leur nature /
                  composition être qualifiés de déchets non
                  inertes du fait de la nature des sols excavés
                  (pollution non anthropique) ;

                 les techniques actuelles tendent à produire
                  davantage de déchets non inertes non
                  dangereux par recours à des produits
                  composites.




62 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Profil des principaux flux de déchets                                                les chantiers de travaux publics
            les chantiers du bâtiment                                          L’Île-de-France représente 19% de l’activité nationale.
                                                                               Les maîtres d’ouvrages publics réalisent 65% du
L’Île-de-France concentre 25 % de l’activité nationale liée au
                                                                               chiffre d’affaires du secteur.
bâtiment, dont 60 % est réalisée sur sa zone centrale. Ce secteur
repose principalement sur la maîtrise d’ouvrage privée et                      Il s’agit de chantiers qui portent sur les réseaux,
regroupe 3 grands types d’opérations. La construction neuve                    les travaux routiers, les terrassements, les travaux
et la rénovation/réhabilitation qui sont réalisées par des                     souterrains et les ouvrages d’art. Les opérations de
entreprises de taille plutôt importante pour ce qui concerne                   terrassement liées aux bâtiments (fondations, sous-
le gros-œuvre et davantage par des TPE*/PME pour les travaux                   sols) sont prises en compte dans les activités de
de 2nd œuvre. Les opérations de démolition/déconstruction                      travaux public.
qui concernent des acteurs spécialisés (curage…) et
                                                                               Ces chantiers génèrent très majoritairement des
qui sont davantage en lien avec les acteurs du déchet.
                                                                               déchets inertes.

*TPE : Très petites entreprises


Le gisement estimé s’appuie sur l’ensemble des activités du BTP et permet de caractériser les principaux flux
de déchets produits en 2015.
                                                                                       Bâtiments Travaux Publics (BTP)
                                                                                                   33,5 Mt
 Secteur d'activités /
 origine des déchets




                                 Grand Paris Express            Travaux Publics                                     Bâtiments

                                      Travaux                   Travaux      Terras-                     Rénovation
                                                   Réseaux                               Démolition                    Construction
                                    ferroviaires                routiers     sement                     réhabilitation

                                          Activités du TP/Terrassement        Activités de la démolition      Activités du bâtiment
                                  GPE
                                                     23,5 Mt                            8,2 Mt                        1,8 Mt

                                    Déblais        Agrégats d'enrobés         Granulats issus de béton
                                    19,9 Mt              2,7 Mt                       4,7 Mt
      Flux de déchets produits




                                                       Granulats issus                           Gravats en mélange 2,4 Mt
                                                        de ballasts (3)
                                                            0,1 Mt                               Gravats de recyclage 2,5 Mt

                                                                                     Amiante < 0,1 Mt

                                                                            Autres DNIND 1,1 Mt


                                                                              Autres DD 0,1 Mt


Répartition des flux par activité                                              Déchets liés aux activités de la démolition
                                                                                                 (8,2 Mt)
Les déchets liés aux travaux de terrassement comptent
                                                                                                                    Granulats de béton
pour 70 % des déchets contre 24,5 % pour les chantiers
de démolition et 5,5 % pour ceux du bâtiment.                                                                       49 %
                                                                                                                    DD
                                                                                                                    1%
*TP : Travaux publics                                                                                               DNND - filières spécifiques
                                                                                                                    4%
                                                                                                                    Grave de recyclage
                                                                                                                    22%
                                                                                                                    Gravats en mélange
                                                                                                                    25%
Déchets liés aux activités du bâtiment                                      Déchets liés aux activités du TP*/terrassement
               (1,8 Mt)                                                                        (23,5 Mt)

                                                       Grave de recyclage                                           Déblais
                                                       40 %                                                         85 %
                                                                                                                    DNND - filières spécifiques
                                                       DD
                                                                                                                    1%
                                                       5%                                                           Granulats (ballant)
                                                       Gravats en mélange                                           2%
                                                       19 %                                                         Granulats en béton
                                                                                                                    3%
                                                       DNND - filières spécifiques                                  Agrégats d'enrobés
                                                       36%                                                          12%


                                                                                                                 LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 63
                       Mettre l’économie circulaire                             DÉCHETS INERTES : UN ENJEU
                       au cœur des chantiers, cela implique                     QUANTITATIF
                       un changement de vision                                  Les déchets inertes générés par les chantiers
                       et de pratiques des acteurs                              franciliens en 2015 représentent au minimum
                       qui interviennent de la phase                            22 Mt environ, dont 19 Mt sont traités en Île-de-France
                       de conception jusqu’à la déconstruction                  et 3 Mt sont exportées vers les régions limitrophes,
                       d’un aménagement, d’un ouvrage                           notamment par voie fluviale pour le réaménagement
                       ou d’un bâtiment.                                        de carrières.
                                                                                Le taux de valorisation matière des DI en 2015 est
            LA PRÉVENTION DES DÉCHETS                                           de 66,2 %.
            DANS LE BTP : SYSTÉMATISER
            LES INITIATIVES EN MATIÈRE                                          Les 3 principales filières de gestion pour les déchets
            D’ÉCO-CONCEPTION                                                    inertes sont :
            OU DE CHOIX DES MATÉRIAUX
                                                                                    le recyclage : 4,25 Mt de granulats recyclés
            Des actions et des opérations sont développées                           produits (80 plateformes fixes de concassage),
            sur le territoire francilien, notamment en matière                       0,5 Mt de graves traitées et de terres chaulées, le
            d’éco-conception ou de choix des matériaux. Il                           tout produit sur 35 plateformes de traitement de
            faut désormais les systématiser en sensibilisant                         terre, 380 kilo-tonnes (kt) d’agrégats incorporés
            l’ensemble de la chaîne d’acteurs intervenant de                         sur les 25 centrales d’enrobage en Île-de-France
            la conception à la réalisation et en s’assurant de                       (taux moyen d’incorporation de 16 %), 90 t de
            l’implication de la maîtrise d’ouvrage à travers la                      granulats recyclés à partir des boues de béton
            commande publique.                                                       (1 installation) ;
            Il est également essentiel de s’adapter au contexte                     la valorisation en remblayage de carrières :
            et aux particularités de chaque chantier à travers                       5,8 Mt sur les 56 sites en Île-de-France et 2,7 Mt
            l’anticipation et la traçabilité.                                        hors Île-de-France ;
                                                                                    l’élimination en stockage (ISDI) : 7,7 Mt dans les
                                                                                     19 installations franciliennes et celles hors Île-
    VALORISATION MATIÈRE                                                             de-France.
    DES DÉCHETS DE CHANTIERS :
    OÙ EN EST-ON ?
                                                                                DÉCHETS NON DANGEREUX
                                                                                NON INERTES : UN ENJEU QUALITATIF
    La loi Transition Énergique pour la Croissance Verte
    (TECV) a transcrit l’objectif européen de valorisation des                  Les DNIND du bâtiment sont constitués principa-
    déchets de chantiers à 70 % à l’horizon 2020.                               lement de bois et agglomérés, métaux, plastiques et
    Le calcul du taux de valorisation matière s’appuie sur                      isolants, plâtre et verre. Les déchets non dangereux
    l’ensemble des flux, y compris les déblais. La valorisation
                                                                                se retrouvent dans les installations en mélange avec
    matière intègre les déchets orientés vers le recyclage et
    les autres valorisations type remblaiement de carrières
                                                                                ceux des autres activités, ce qui rend leur quantifica-
    et couverture des ISDND.                                                    tion difficile. Près de 700 000 t de déblais pollués et
                                                                                de plâtre ont été comptabilisées sur les installations
    En 2015, en Île-de-France, le taux de valorisation
                                                                                en 2015, dont environ 500 000 t sur des installations
    matière est de 62 % (base : flux identifiés sur les
    installations enquêtées). Ce taux de valorisation matière                   franciliennes.
    des déchets du BTP repose presque exclusivement                             Les principales filières de gestion sont :
    sur la valorisation des déchets inertes du fait de la
    méconnaissance des flux non dangereux : seul le                                 le recyclage du plâtre : 16 kt sur les 3
    recyclage du plâtre a été pris en compte.                                        installations de traitement en Île-de-France ;
                                                                                   les autres filières de recyclage (ex : bois,
                                                                                    revêtement de sols) sont mutualisées pour
                                                                                    certaines avec les autres déchets d'activités
                                                                                    économiques ;
                                                                                    le traitement des terres polluées : 330 kt
                                                                                     sur les 5 plateformes en Île-de-France, 125 kt
                                                                                     sont exportées vers des filières hors Île-de-France ;
                                                                                    l’élimination en ISDND : 170 kt sur les
                                                                                     9 installations en Île-de-France, 40 kt
                                                                                     qui sont exportées hors Île-de-France.




64 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
DÉCHETS DANGEREUX : UN ENJEU                             FOCUS SUR LES FLUX
INTERRÉGIONAL                                            INTERRÉGIONAUX IDENTIFIÉS
Les principaux flux de DD produits par le BTP
représentent en 2015 142 000 t environ :                 La région Île-de-France exporte environ 3,18 Mt
                                                         de déchets issus du BTP à 97 % vers les régions
    des terres polluées (45 kt) ;                        limitrophes. Le flux principal concerne les déchets
                                                         inertes, devant être valorisés en carrières (2,7 Mt) ou
    des déchets amiantés (80 kt) ;
                                                         éliminés dans des installations de stockage de déchets
     
     d’autres flux (bitume contenant du goudron,         inertes (ISDI) (0,25 Mt). On observe également l’export
     bois, verre, plastiques ayant été contaminés…)      de terres polluées vers des plateformes de traitement
                                                         en France (80 kt) ou à l’étranger (46 kt). Le traitement
     pour environ 15 kt.
                                                         des déchets dangereux répond à une logique de filière
                                                         et, si l’Île-de-France exporte environ 34 kt de déchets
Les principales filières de gestion sont :               dangereux, dans le même temps ce sont environ
                                                         37 kt de déchets dangereux qui sont importés pour être
     élimination en installations de stockage de        traitées en ISDD. Enfin, dans une logique de proximité,
      déchets dangereux (ISDD) : 75 kt dont 24 kt hors   la région Île-de-France importe un peu de déchets
      Île-de-France ;                                    inertes vers des ISDI (47 kt) et de terres polluées vers
                                                         des installations de traitement (24 kt).
     élimination en installations de stockage de
      déchets non dangereux (ISDND) – casiers
      amiante : 50 kt dont 4 kt hors Île-de-France.
La gestion des DD se fait à une échelle nationale.
Près de 45 kt de DD produites hors Île-de-France
sont traitées dans les 2 ISDD franciliennes. Dans le
même temps, environ 35 kt de DD franciliens sont
exportées pour être traitées hors Île-de-France.




© Pierre-Yves Brunaud / Picturetan




                                                                                      LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 65
            UN PLAN D’ACTIONS À LA HAUTEUR DU                                   Orientations du PRPGD
            CONTEXTE FRANCILIEN                                                 pour y répondre
            Pour répondre aux grands défis posés par le contexte                   Mobiliser la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise
            francilien, l’action engagée par la Région s’est                        d’œuvre et l’ensemble du secteur du BTP :
            structurée selon deux grandes orientations :                            anticipation et traçabilité.

            La priorité est d’agir le plus en amont possible,                      Répondre aux enjeux de la construction :
            dès la phase de conception des opérations, pour                         de l’éco-conception à la dépose sélective
            anticiper à l’échelle du chantier mais également du                     pour réemploi et recyclage.
            territoire                                                             Prévenir et gérer les déblais du Grand Paris.
                 Intégrer les principes de l’économie circulaire.                  Renforcer l’offre de collecte pour les artisans
                 Éco-concevoir les projets de territoire                           et entreprises du bâtiment.
                 et des bâtiments circulaires.                                     Stimuler le marché des matières secondaires
                 Partager, maintenir, adapter et prolonger                         minérales, notamment en priorité via
                 la durée de vie des espaces et des bâtiments.                      l’intégration de granulats recyclés dans le béton
                                                                                    de construction et développer les filières
                 Limiter l’emploi de matériaux neufs                               de réemploi et recyclage pour les matériaux
                 et promouvoir le développement de l’utilisation                    du second œuvre.
                 de matériaux de construction alternatifs,
                 en particulier le réemploi, la réutilisation                      Réduire le stockage en favorisant une bonne
                 et les matériaux recyclés.                                         articulation entre aménagement et stockage
                                                                                    des déchets inertes.
                 Développer la recherche sur les matériaux
                 et expérimenter les actions.
                                                                                Principaux objectifs du PRPGD
                 Respecter la hiérarchie des modes de traitement
                  des déchets en favorisant leur prévention.                    Un objectif de diminution des quantités de déchets
                                                                                du BTP
                 Limiter les transports, favoriser une gestion
                 de proximité, privilégier les transports                          - 15 % des déblais inertes et autres déchets inertes.
                 alternatifs à la route.                                           - 10 % de DNDNI.
                 Utiliser la commande publique comme levier                       Stabilisation des déchets issus du BTP à l’horizon
                  économique.                                                      2026.


            Cela nécessite de s’appuyer sur une animation                       La déclinaison de l’objectif réglementaire (loi
            territoriale forte pour favoriser, valoriser et                     TECV) de 70 % de valorisation des déchets du BTP
            mutualiser les bonnes pratiques
                                                                                Le PRPGD décline l’objectif réglementaire de 70 %
                 
                 Améliorer la connaissance des gisements et                     de valorisation des déchets du BTP en 2020…
                 renforcer la traçabilité des matériaux et déchets
                 de chantiers.                                                     70 % de valorisation en 2020.

                 Faire monter en compétences et mettre en
                                                                                  75 % des déchets en 2025.
                 réseau les acteurs du BTP afin de faire évoluer                   85 % en 2031.
                 les pratiques.
                                                                                Chaque filière, chaque producteur de déchets doit
                 Faire des collectivités et de la Région Île-de-France         rechercher à atteindre cet objectif individuellement.
                  des leviers clés de promotion des principes de                Certaines filières bien structurées comme les bétons
                  l’économie circulaire et de l’usage des matériaux             de démolition peuvent toutefois compenser celles
                  alternatifs dans les travaux d’aménagement et de              qui ne disposent pas de solution de valorisation (ex.
                  construction.                                                 amiante).
                 Développer un maillage équilibré du territoire en             Une meilleure connaissance des filières existantes
                  installations, mutualiser les sites de traitement             et de gestion des déchets du BTP
                  et favoriser les filières locales.




66 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
PROSPECTIVE DES TONNAGES                                FOCUS SUR LE GRAND PARIS,
DES DÉCHETS DU BTP                                      UN CONTEXTE EXCEPTIONNEL
Ces différents projets vont engendrer une
augmentation considérable des chantiers et des          Le Grand Paris, ce sont environ 200 km de nouvelles
déchets à traiter pour la décennie à venir. Entre       lignes automatiques et 68 gares (le Grand Paris
2016 et 2025, la production des déchets du BTP          Express – GPE) autour desquelles vont être aménagés
est ainsi évaluée au minimum à 40 Mt/an, soit une       de nouveaux quartiers et des pôles d’activité. À cela
                                                        s’ajoute un objectif régional de créer 70 000 logements
augmentation d’environ 20 % par rapport à 2015.
                                                        par an et de généraliser la réhabilitation thermique des
                                                        bâtiments.

L’organisation des JO à Paris en 2024 renforce la
nécessité d’être exemplaire dans la gestion des
déchets issus de ces différents chantiers en Île-de-
France.


Ces importantes quantités représentent un défi pour
l’ensemble des acteurs du BTP et des collectivités
territoriales, qui vont devoir impulser des pratiques
intégrant davantage l’économie circulaire par :
   le développement d’approches prévention ;
   la gestion de l’augmentation des quantités
   de déblais ;
   le développement de la filière de granulats
    recyclés ;
   la gestion des gravats en mélange
   afin de ne pas saturer la filière des ISDND ;
   la valorisation des DNIND en développant
   des filières spécifiques.




                                                                                      LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 67
                                                                                En 2015, les déblais sont estimés à 19,9 Mt (52 % du
            La gestion                                                          gisement estimé)
            en pratiques                                                           15,8 Mt (74 %) traitées dans des installations
                                                                                    (15,2 Mt DI ou assimilées, 540 kt DNIND,
                                                                                    36 kt DD).
            1. PRÉVENIR ET GÉRER LES DÉBLAIS
            DES CHANTIERS DU GRAND PARIS                                           4 Mt de déblais ont fait l’objet de réemploi,
                                                                                    d’utilisation dans des projets d’aménagement
            Concernant la gestion des déblais issus des                             ou encore de pratiques illégales.
            chantiers du Grand Paris et notamment des travaux
            du Grand Paris Express, le diagnostic relève les
            points suivants :                                                   FILIÈRES DE GESTION DES DÉBLAIS
                 les quantités de déblais à traiter ont été estimées           Les déblais inertes ou assimilés sont orientés vers
                  à environ 19 millions de tonnes en 2015 : les                 des solutions qui nécessitent de pouvoir gérer des
                  travaux du Grand Paris, notamment du GPE                      volumes importants.
                  (45 millions de tonnes) vont induire une
                  augmentation des tonnages jusqu’à 2030, avec                     Réaménagement de carrières
                  un pic de production à plus de 8 millions de                      (54 carrières autorisées) – 7 962 014 t.
                  tonnes par an entre 2019 et 2024 ;                               Couverture d’ISDND
                 
                 nécessité d’anticiper un possible déficit en                       (9 installations en Île-de-France) – 516 080 t.
                 installation de stockage des déchets inertes                      ISDI
                 à partir de 2022 pour les déblais inertes et                       (19 installations en Île-de-France) – 6 581 000 t.
                 assimilés ;
                                                                                   Recyclage des déblais sur des plateformes de
                 la Seine-et-Marne concentre 80 % des capacités                    traitement (35 plateformes en Île-de-France) qui
                  d’enfouissement ;                                                 vont permettre de produire des graves traitées
                 les déblais caractérisés comme non inertes sont                   aux liants ou bien des terres traitées à la chaux,
                  estimés à 1,2 millions de tonnes/an sur la période                deux matériaux qui peuvent être utilisés en
                  2018-2031 : difficulté d’évaluation du risque de                  technique routière ou bien dans les travaux de
                  saturation des Installations de Stockage des                      voirie et réseaux divers (VRD) – 497 493 t.
                  Déchets non Dangereux.

                                                                                Les déblais non inertes sont éliminés en :
            Compte tenu de ces éléments les orientations plus                      ISDND (9 installations en Île-de-France) –
            ciblées sur cette problématique de gestion des                          183 810 t ;
            déblais sont les suivantes :
                                                                                   ISDD (2 installations en Île-de-France) en
                 Soutenir et développer les filières de recyclage                  fonction de leur contamination – 33 908 t ;
                  des déblais : 2,5 millions de tonnes en 2025 et
                 4 millions de tonnes en 2031.                                     la plupart d’entre eux transitent néanmoins
                                                                                    par des plateformes de dépollution qui sont en
                 Privilégier les projets d’aménagement labellisés                  plein développement (5 plateformes en Île-de-
                  pour limiter la création d’ISDI dès 2020 (respect                 France en 2015, 10 en 2018) et qui permettent de
                  de l’objectif de 70 % de valorisation des déchets                 détourner environ 78 % des déblais reçus vers
                  du BTP).                                                          des ISDI.
                 Assurer un rééquilibrage territorial des capacités
                  en ISDI et limiter la création d’ISDI à proximité
                  des installations existantes et des carrières                 Prospective : un pic de production prévu vers 2021
                  autorisées au remblaiement.                                   La prospective réalisée pour les déblais en intégrant
                 Les projets de création de nouvelles capacités                le GPE et les projets d’aménagements pour l’Île-de-
                  de stockage devront s’intégrer dans un projet                 France identifiés à la rédaction du PRPGD aboutit à
                  plus global d’économie circulaire visant à                    un pic de production estimé entre 2018 et 2021 qui
                 valoriser/recycler les déchets de chantier en                  devrait néanmoins être moins important que prévu
                 amont de leur stockage : création de plateformes               et décalé dans le temps en raison des reports de
                 de tri/traitement des déblais de façon à ne pas                certains chantiers du GPE.
                 d’accepter en ISDI de terres excavées brutes.




68 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
35 000 000                                                                    QUANTITÉ DES                 QUANTITÉ DES DI ET
                                                                              TERRES POLLUÉES              ASSIMILÉS (3+ ET
30 000 000                                                                    (DND* ET DD)                 SULFATÉES)

25 000 000



20 000 000



15 000 000



10 000 000



 5 000 000


              2015   2016   2017   2018   2019   2020   2021   2022   2023     2024   2025   2026   2027   2028   2029    2030     2031



     Objectifs et Préconisations                                      3. Favoriser la valorisation matière des déchets
     pour l'évolution du parc                                         de chantier à travers des projets d’aménagement,
     des installations                                                notamment le réaménagement des carrières.
     1. Favoriser le réemploi des déblais sur site ou des                    Favoriser le remblayage des carrières franciliennes
     chantiers de proximité. Détourner 15 % du gisement                       en vue de leur réaménagement conformément
     produit annuellement                                                     aux orientations des schémas des carrières actuels.
                                                                             Favoriser le remblayage des carrières hors
     2. Mieux valoriser les déblais : dépollution,                            Île-de-France, dans une logique de double fret,
     réemploi et recyclage                                                    notamment par le recours à la voie fluviale.
             Systématiser la dépollution des déblais :                      Développer les projets d’aménagement franciliens
             faire transiter 100 % des déblais non inertes                    de manière responsable en incitant les entreprises
             par un centre de traitement afin de limiter la                   et les maîtres d’ouvrage à s’appuyer sur les labels
             part susceptible d’aller en ISDND ou en ISDD.                    en cours de définition par le Centre d'Etudes et
                                                                              d'expertise sur
             Développer le marché pour les terres traitées
                                                                              les Risques, l'Environnement, la Mobilité
             à la chaux et/ou aux liants : passer de 0,5 Mt de                et l'Aménagement (CEREMA) pour l’utilisation
             déblais recyclés en 2015 à 2,5 Mt en 2025 et 4 Mt                des déblais pour des projets d’aménagement
             en 2031.                                                         ou, à défaut de label, de s’en assurer auprès
             Favoriser l’émergence de nouvelles filières                     des services de l’État.
             de production de matériaux alternatifs à base
             de déblais (fertilisation de terre, extraction           4. Limiter le stockage
             de la part granulométrique, briques de terre
             crue…) orienter vers ces filières en 2025 0,7 Mt                Réduire au maximum l’utilisation des ISDND
                                                                              et des ISDI pour la gestion des déblais, qui ne
             en 2025 et 1,4 Mt en 2031.
                                                                              doivent être envisagées qu’en dernier recours.
             Pérenniser au plus proche des chantiers un
                                                                             Assurer une répartition équilibrée et encadrer
              réseau de plateformes pour assurer tri/transit/
                                                                              les zones de chalandise des ISDI. Les nouvelles
              massification des flux et les traiter dans                      capacités devant être préférentiellement
              un objectif de dépollution pour les rendre                      autorisées à l’ouest et au sud de l’Île-de-France.
              valorisables, notamment en aménagement,
             ou dans un objectif de production de matériaux                  Limiter la forte concentration des ISDI
             alternatifs aux matériaux naturels                               en évitant la création de nouvelles ISDI dans
             dans une logique d’économie de ressource.                        les secteurs qui accueillent déjà ce type
                                                                              d'installations et en encadrant l'extension
             Favoriser l’accès au foncier pour la création                   des ISDI existantes dans ces secteurs,
             de ces plateformes.                                              à leur durée autorisée et en la conditionnant
                                                                              à un projet de réaménagement du site concerté
             Favoriser le stockage temporaire pour permettre
                                                                              avec les collectivités locales concernées.
              une valorisation de chantier à chantier.
                                                                             La mise en place d’une instance de coordination
                                                                              régionale sur la gestion des déblais associant
                                                                              l’ensemble de la filière ainsi que les régions
     DND : Déchet non dangereux                                               limitrophes à l’ile de France.



                                                                                                             LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 69
            2. RENFORCER L’OFFRE                                                Plan d’action PRPGD
            ET LA DEMANDE EN MATÉRIAUX                                               Accompagner la professionnalisation et l’évolution
            SECONDAIRES ISSUS DU RÉEMPLOI
                                                                                      de l’activité de production de granulats recyclés
            ET DU RECYCLAGE
                                                                                      afin de pouvoir les incorporer dans la production
            L’objectif du PRPGD est d’aller vers une optimisation                     de béton pour le bâtiment.
            de l’usage des matériaux recyclés pour élargir la
            gamme d’utilisation de ces matériaux et réduire                          
                                                                                     Mettre en place avec les acteurs de la filière
            la dépendance de la région en ressources. Pour                           un groupe de travail pour accompagner la
            atteindre cet objectif, il convient de :                                 structuration de la chaîne logistique nécessaire à
                                                                                     cette diversification de l’utilisation des granulats
                 développer des produits à partir                                   recyclés.
                 des déchets et les intégrer dans les filières
                 d’approvisionnement en matériaux ;                                  Établir une hiérarchie dans l’usage des matériaux
                                                                                      pour que le marché puisse absorber ces nouvelles
                 diminuer la dépendance du territoire francilien                    ressources.
                 en granulats naturels ;
                                                                                     Dans le cadre des travaux du Grand Paris Express,
                 gérer durablement les ressources franciliennes
                                                                                      identifier les territoires carencés en sites de
                  en gypse.
                                                                                      production de proximité, soit pour les chantiers
                                                                                      de TP, soit pour la production de béton pour les
            Les granulats                                                             chantiers de bâtiment.

            Depuis 20 ans, l’Île-de-France consomme en                               Favoriser l’accès au foncier pour ces activités et
            moyenne 30 Mt de granulats. Elle produit environ                          sensibiliser les élus et les populations pour une
            19 Mt de granulats dont 5,2 Mt sont des matériaux                         meilleure acceptabilité.
            alternatifs.                                                             Créer une seconde installation de recyclage des
                                                                                      boues de béton au sud-ouest de l’Île-de-France.
            Objectif du PRPGD
            Produire 9 Mt de granulats issus du recyclage en
            2025 :
                 6,5 Mt à partir du concassage des bétons
                 de démolition et de graves de recyclage.
                 1,3 Mt à partir de la production de terres chaulées.
                 0,7 Mt issue des mâchefers.
                 0,13 Mt à partir du traitement mécanique
                 et du lavage des déblais.



↘ EXEMPLE DE HIÉRARCHISATION DES UTILISATIONS
    DE GRANULATS RECYCLÉS
    Source : Région Île-de-France
                                                                     BÂTIMENT                    TP                       AUTRE


    GRANULATS                         BÉTONS                          DÉMOLITION
                                                                                           MÂCHEFERS                        ...
     NATURELS                      DE DÉMOLITION                      DE CHAUSSÉE




                                           INFRASTRUCTURES
     BÂTIMENT                                                                        RÉSEAUX                        COMBLEMENT
                                              ROUTIÈRES

Bétons spéciaux
                                                 Revêtement                         Remblayage                       Remblayage
Ouvrages d'art


  Bétons classés                                   Fondation                         Enrobage


     Bétons non                                                                  Étude sur le recyclage des matériaux
       classés                                 Infrastructure
                                                                                 de construction à Genève, juin 2006

                        Vers une priorisation de l'utilisation des matériaux recyclés/usage



70 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Le gypse                                                  EN CONCLUSION, POUR AMÉLIORER
                                                          LE RECYCLAGE DES DÉBLAIS ISSUS
L’Île-de-France est le principal producteur national      DE CHANTIERS FRANCILIENS
de gypse, considéré comme une ressource rare
et reconnue comme une richesse d’intérêt
communautaire au niveau régional. En 2015,                Préconisations du PRPGD
16 000 t de plâtre ont été recyclées dans les installa-
                                                            Appuyer la recherche et l’innovation pour
tions franciliennes.
                                                             la création de nouveaux matériaux techniques.
                                                            Favoriser l’expérimentation dans le cadre
Objectif PRPGD                                               des chantiers du Grand Paris et des Jeux
La Région Île-de-France souhaite s’imposer comme             Olympiques, qui doivent jouer un rôle
leader en matière de recyclage du plâtre et préserver        d’accélérateur des changements de pratiques.
ses ressources pour un usage sur du long terme. Elle        Accompagner le développement de l’ensemble
fixe comme objectif de :                                     de ces filières pour structurer et diversifier
    collecter 100 % du plâtre accessible à l’horizon        le marché des matériaux alternatifs issus
     2031 avec une augmentation du nombre de                 du recyclage.
     points de collecte de 100 en 2025 et de 150 en         Soutenir la création des plateformes
     2031 ;                                                  et procédés industriels nécessaires pour
    recycler 50 000 t en 2025 et 95 000 t en 2031.          passer de l’expérimentation à la production
                                                             industrielle.

Les agrégats enrobés
Le nombre de centrales fixes est suffisant en Île-
de-France mais une mise à niveau technique de
l’ensemble des installations est nécessaire pour
atteindre un taux d’incorporation de 30 % en 2031
(800 000 tonnes).


Objectifs du PRPGD
    Passer d’un taux de recyclage de 0,37 Mt en 2015
     à 0,6 Mt en 2020-2025 et 0,8 Mt en 2025-2031.


Le recyclage des terres
dans de nouvelles applications


Objectifs du PRPGD
    Atteindre un taux de recyclage des terres
    en terres végétales de 0,6 Mt en 2020-2025
    et de 1 Mt en 2025-2031.
    Atteindre un taux de recyclage des terres
    en matériaux de construction inférieure
    à 0,1 Mt en 2020-2025 et de 0,4 Mt en 2025-2031.




                                                                                        LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 71
            3. RÉPONDRE AUX ENJEUX                                              Des filières de réemploi
            SPÉCIFIQUES DU SECTEUR DU BÂTIMENT                                  et de recyclage à organiser
            Concernant le secteur du bâtiment les constats                      Le bâtiment est à l’origine de la majorité des DNIND
            sont les suivants :                                                 issus du BTP, hors gravats en mélange et déblais
                                                                                non inertes. Cela représente un flux estimé à 1,1
                 les travaux sur les bâtiments génèrent des                    Mt en 2015 lié aux activités de construction et de
                  déchets non inertes et non dangereux en 2015,                 démolition. Ce gisement est constitué de multiples
                  majoritairement constitués de gravats en                      flux susceptibles d’être valorisés dans des filières,
                  mélange issus principalement des opérations                   pour certaines, communes aux déchets d’activités
                 de démolition ;                                                économiques (bois, plastiques, papiers…) et, pour
                 les habitudes sur chantier, le manque de place                d’autres, spécifiques au BTP (plâtre, fenêtres,
                  et de filières structurées font que les déchets               isolants…).
                 du bâtiment sont encore trop peu valorisés ;
                 le développement d’outils numériques                          Objectifs du PRPGD
                 (plateformes d’échange, BIM*…) permet de
                                                                                   Développer le réemploi.
                 modifier l’approche des promoteurs immobiliers
                 et des gestionnaires en considérant le bâtiment                   Organiser les filières de recyclage.
                 comme une banque de matériaux.
                                                                                   Faire évoluer la démolition vers la déconstruction
                                                                                    et la dépose sélective.
            Principales orientations
            du PRPGD
                                                                                Préconisations du PRPGD
                 Favoriser l’éco-conception des nouveaux
                  bâtiments (anticiper leur fin de vie et leur                     
                                                                                   Généraliser le tri sur chantier et la dépose
                  modularité).                                                     sélective, dépose sélective et développer les
                                                                                   filières de recyclage des DNDNI du BTP.
                 Favoriser les opérations de déconstruction/
                 dépose sélective (et non démolition),                             
                                                                                   Mettre en place des comités de filières afin
                 en sensibilisant et accompagnant l’ensemble                       d’identifier les besoins, freins et leviers pour
                 de la chaîne d’acteurs (MOA, entreprises).                        faciliter le déploiement des filières régionales de
                                                                                   gestion des DNIND.
                 Structurer 4 filières de recyclage (plâtre, bois,
                  ouvrants et verre plat) identifiées comme
                  prioritaires en Île-de-France par les volumes
                  concernés et les spécificités du territoire et
                  continuer à renforcer le parc de centres
                 de tri du BTP.
                 Développer une offre diversifiée et pertinente
                  pour les artisans en lien avec les acteurs publics              LES FILIÈRES
                  et les privés (négociants, opérateurs déchets,…).               PRIORITAIRES
                 Développer un réseau de plateformes                             EN ÎLE-DE-FRANCE
                  logistiques pour permettre de faire le lien
                 entre l’offre et la demande en matériaux issus                      Plâtre : l’Île-de-France, qui possède
                 du réemploi ou recyclés.                                         d’importantes réserves de gypse, dispose
                                                                                  des installations qui permettent l’intégration
                                                                                  de plâtre recyclé dans la production
                                                                                  de plâtre neuf.

                                                                                      Bois : le gisement des déchets de bois
                                                                                  et aggloméré est estimé à environ 200 000
                                                                                  tonnes en 2015. Les déchets de bois
                                                                                  représentent des matériaux susceptibles
                                                                                  d’être facilement valorisés dans la production
                                                                                  de panneaux ou bien en énergie (cf. stratégie
                                                                                  régionale pour la forêt et le bois 2018-2021).

                                                                                      Ouvrants/verre : le nombre important
                                                                                  de sièges sociaux et d’activités de bureaux
                                                                                   en Île-de-France permet d’envisager
                                                                                  le développement d’une filière locale.
                                                                                  Le gisement de verre est estimé en 2015
                                                                                  à environ 40 000 tonnes.

                                                                                      Plastiques/isolants : le gisement 2015
                                                                                  a été estimé à près de 100 000 tonnes
                                                                                  et répond également à un enjeu national
            BIM : Building Information Modeling                                   concernant le recyclage des plastiques.




72 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Déchets des TPE et PME :
un gisement diffus à collecter
Les TPE/PME du BTP produisent l’essentiel des
déchets des travaux réalisés par les particuliers.
L’offre de collecte de leurs déchets est assurée à
travers un réseau de 246 installations (déchèteries
publiques acceptant les professionnels, déchèteries
professionnelles, certains distributeurs de matériaux,
autres installations de gestion des déchets du BTP).




↘ OFFRE DE COLLECTE
DES PROFESSIONNELS EN 2016
EN ÎLE-DE-FRANCE
Sources : IAU-ORDIF




Depuis un décret du 10 mars 2016 qui oblige certains     entre 10 et 20 minutes concernent les zones urbaines
distributeurs à organiser une offre de reprise des       denses et les zones rurales.
déchets de même nature que leurs produits dans
                                                         L’offre de collecte pour les déchets dangereux met en
un rayon de 10 km autour de leur établissement,
                                                         évidence des zones carencées nécessitant de réaliser
452 nouveaux établissements sont potentiellement
                                                         plus de 20 min de trajet, notamment le nord-est de
concernés. L’intégration de ces sites à l’offre de
                                                         la Seine-et-Marne, l’ouest des Yvelines ou encore la
collecte ne permettra d’améliorer que partiellement
                                                         partie nord de Paris.
la couverture du territoire.
                                                         Le développement du numérique favorise
Le maillage du territoire, tenant compte du temps
                                                         l’émergence d’une offre de reprise des déchets sur
de trajet, révèle que la moitié de l’Île-de-France est
                                                         les chantiers, susceptible de pallier le défaut d’offre
située à moins de 10 minutes d’un point de collecte
                                                         de collecte sur site.
pour les DI et les DNIND. Les temps plus longs




                                                                                          LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 73
            Une offre de collecte des déchets des TPE et PME du                          des installations adaptées à l’accueil
            BTP qui doit permettre de répondre à leurs attentes                           des professionnels (facilité de paiement,
            spécifiques, à savoir :                                                       de dépose, de plage d’ouverture).
                 une proximité avec un temps de parcours jugé
                  acceptable par les professionnels de 15 min ;
                 une possibilité de collecter tous les flux
                 de déchets, notamment les déchets dangereux ;


↘ L'OFFRE DE COLLECTE DES DÉCHETS INERTES
    À DESTINATION DES PROFESSIONNELS
    en Île-de-france en 2016




                                                   FOCUS AMIANTE

                                                   L’offre de collecte pour l’amiante pour les TPE/PME est constituée de 35 établissements :

                                                        19 points de collecte privés ;

                                                        16 points de collecte publics dont 3 acceptant les professionnels ;

                                                   dont 6 installations permettant l’apport direct de gros producteurs.

                                                   Préconisations du PRPGD :

                                                        développer l’offre de collecte afin d’atteindre au minimum ;

                                                        3 installations par département (hors Paris) pour les particuliers ;

                                                        4 installations par département (hors Paris) pour les professionnels.




74 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
↘ L'OFFRE DE COLLECTE DES DÉCHETS DANGEREUX
   À DESTINATION DES PROFESSIONNELS
   en Île-de-france en 2016




Préconisations du PRPGD                                    Développer des outils pour faciliter ces
    Développer une offre de collecte fixe vers un          démarches : cahiers des charges de diagnostics,
     maillage permettant d’être à moins de 15 minutes       chartes territoriales, conventions type.
     d’un point de collecte pour les professionnels et,    Identifier les leviers des collectivités :
     à défaut, d’une déchèterie publique acceptant les      mise à disposition de foncier aux opérateurs
     professionnels.                                        privés, facilitation de la création de points de
La réflexion sur le maillage doit être menée par            collecte à destination des professionnels.
territoire et prendre en compte les articulations entre
offres publique et privée afin de veiller à ce qu’il n’y
ait pas concurrence mais complémentarité.




                                                                                         LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 75
  8 Réduire la nocivité
des déchets dangereux
et mieux capter les déchets
dangereux diffus
La production de déchets dangereux est inhérente à certaines activités,
notamment industrielles. La région Île-de-France étant un bassin d’activités
important, la production de certains déchets dangereux est incontournable.
Ces déchets font l’objet de traitements spécifiques adaptés aux différentes natures.
Ils sont parfois traités hors Île-de-France et réciproquement, l’Île-de-France abritant
des installations dédiées au traitement de certains types de déchets, en accueille
en provenance d’autres régions.


            Les DD hors DASRI
            (déchets d’activités                                                      PROPRIÉTÉS RENDANT
                                                                                      UN DÉCHET DANGEREUX
            de soins à risque
            infectieux)                                                               Explosif (HP1), comburant (HP2), inflammable (HP3),
                                                                                      irritant (HP4), toxicité spécifique pour un organe cible/
                                                                                      toxicité par aspiration (HP5), toxicité aigüe (HP6),
                                                                                      cancérogène (HP7), corrosif (HP8), infectieux (HP9),
            LES DD FRANCILIENS HORS DASRI                                             toxique pour la reproduction (HP10), mutagène (HP11),
            EN 2015, 2025 ET 2031                                                     dégageant un gaz à toxicité aigüe (HP12), sensibilisant
                                                                                      (HP13), écotoxique (HP14)
            En 2015, 711 390 tonnes produites, collectées et
            traitées répartis en 3 catégories : les DD produits
            par les activités économiques (48 %), ceux issus
            des activités de traitement des déchets (42 %) et les                 LES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT
            DD diffus issus des activités économiques et les                      DES DD HORS BTP
            ménages (10 %). Ils ont été majoritairement traités en                En 2015, 15 installations franciliennes de traitement des
            Île-de-France (67 %) et dans les régions limitrophes                  DD étaient en activité, traitant 730 716 tonnes de DD
            (24 %), permettant leur valorisation à 50%.                           hors DD BTP, répartis entre les DD produits par les
                                                                                  activités économiques (près de 44 %), ceux produits par
                       Enjeu : maintenir les capacités                            les activités de traitement des déchets (près de 47 %) et les
                       de traitement des DD en Île-de-France                      DD diffus produits par les activités économiques et les
                                                                                  ménages (9 %). Ils sont majoritairement éliminés à près
                                                                                  de 68 % et valorisés à 42 %. Ils proviennent à 97 % de l’Île-
                                                                                  de-France et des régions limitrophes.



↘ PROSPECTIVE DE L’ÉVOLUTION
    DES DD FRANCILIENS À TRAITER
    À 6 (2025) ET 12 ANS (2031)
            AVEC PRÉVENTION
                                                  720 000
                                                  tonnes
                                                                                                                                                  © Xavier Schwebel / Picturetank




                        711 390
                        tonnes

                                                                        700 000
                                                                        tonnes


              2015                      2025                 2031




76 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
↘ LES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT
  DES DÉCHETS DANGEREUX
  EN ÎLE-DE-FRANCE EN 2018




PAS D’OBJECTIF POUR LA                                UNE CAPACITÉ FRANCILIENNE
PRÉVENTION ET LA VALORISATION                         EN ISDD (INSTALLATION
DES DD FRANCILIENS, MAIS                              DE STOCKAGE DE DD) ÉGALE
DES PRÉCONISATIONS D’ACTIONS                          À 500 000 T/AN JUSQU’EN 2020,
                                                      MAINTENUE AVEC L’EXTENSION
  Mener des actions de communication pour            D'EXPLOITATION DU SITE DE
   mettre en œuvre des actions de prévention          VILLEPARISIS JUSQU’EN 2025
   et de réduction des DD (éco-conception,
   changement de pratiques, substitution de           Avec l'extension d'exploitation de l'ISDD de
   produits).                                         Villeparisis, aucune capacité supplémentaire en
                                                      ISDD ne sera nécessaire à l’horizon 2025 en Île-de-
  Suivre le taux de valorisation des DD pour         France. Le projet de nouveau site en Seine-et-Marne
   analyser et comprendre ses variations, tout en     d’une capacité de 200 000 t/an, prendrait le relais
   distinguant taux de valorisation matière et taux   de celui de Villeparisis. Ainsi la capacité de l’Île-de-
   de valorisation énergétique.                       France en ISDD resterait constante jusqu’en 2031.
  Communiquer, informer et innover pour réduire
   les DD.
                                                      Préconisations du PRPGD
  Réduire et collecter les DD de ménages                 Maintenir en 2025 et 2031 les capacités
  et des collectivités.                                    franciliennes existantes d’élimination
  Réduire et collecter les DD diffus des activités        et de valorisation des DD.
   économiques.                                           Développer d’ici 2025 et 2031 des filières
                                                           de valorisation de DD et augmenter des
                                                           capacités de valorisation de ces dernières
                                                           sur le territoire francilien.
                                                      ↳ Et ainsi répondre aux besoins de l'Ile-de-France
                                                         ainsi que, en partie, aux besoins des régions
                                                         limitrophes.


                                                                                        LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 77
                 Maintenir en 2025 et 2031 2 ISDD en
                  exploitation en Île-de-France dont les capacités              ↘ EVOLUTION DU GISEMENT DE
                  doivent couvrir les besoins de l’Île-de-France                   DASRI PRODUIT AVEC ET SANS
                  ainsi que partiellement les besoins des régions                  PRÉVENTION
                  limitrophes.
                 80 % des DD éliminés en Île-de-France devront
                  provenir de l’Île-de-France et des régions
                  limitrophes.                                                                             2015




                                                                                             29 078 t
            LES DASRI
            (déchets d’activités
            de soins à risque
            infectieux)

            Les déchets d’activité de soins sont les déchets issus
            des activités de diagnostic, de suivi et de traitement                                         2025
            préventif, curatif ou palliatif, dans les domaines de la
            médecine humaine et vétérinaire. Parmi eux, il existe
            des déchets qui présentent un risque infectieux
            susceptibles de causer des maladies chez l’homme                                 29 078 t
            ou chez d’autres organismes vivants. Ces déchets
            sont appelés DASRI.


            LES DASRI FRANCILIENS
            EN 2015, 2025 ET 2031                                                                        30 666 t
            En 2015 : 29 078 tonnes produites, collectées et
            traitées à 99,7 % en Île-de-France et traitées à 0,3 %
            en Centre-Val de Loire.


            LES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT                                                               2031
            DES DASRI EN 2015, 2025 ET 2031
            En 2015, l’Île-de-France disposait de 5 installations
            de traitement des DASRI (2 UIDND et 3 installations                              29 078 t
            de prétraitement par désinfection), qui ont traité
            31 947 t de DASRI (28 991 t de DASRI produits
            en Île-de-France et 2 956 t importés des régions
            limitrophes), soit 51% des capacités autorisées.
            Par conséquent, l’Île-de-France n’aura pas besoin
            de nouvelles capacités de traitement des DASRI
                                                                                                         31 641 t
            en 2025 et 2031, mais la création d’installations
            de prétraitement par désinfection sera possible à                                           SANS PRÉVENTION
            condition qu’elles répondent à des besoins locaux.                                          AVEC PRÉVENTION




            IMPACTS SUR LE PARC
            DES INSTALLATIONS DE COLLECTE/
            TRI / TRANSIT / REGROUPEMENT
            ET TRAITEMENT DES DASRI
            À 6 ANS (2025) ET 12 ANS (2031)                                     Au regard de la prospective des quantités de DASRI
                                                                                franciliens à traiter et des capacités franciliennes
            Les installations de collecte des DASRI n’existent pas              disponibles, il ne devrait pas y avoir d’impact sur
            en tant que telles, il s’agit des points de collecte de             le parc des installations franciliennes de traitement
            la REP DASRI pour les patients en auto-traitement.                  des DASRI à 6 et 12 ans.
            Pour les DASRI produits par les professionnels, la
            collecte est réalisée in situ.



78 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
Objectifs du PRPGD                                     Préconisations du PRPGD
Ils sont fixés selon la nature des producteurs de      Un encadrement des imports de DASRI :
DASRI :
                                                           acceptation de DASRI de l’ensemble
   pour les établissements de santé et producteurs        des régions limitrophes dans la mesure :
    de DASRI « semi-diffus » : réduction du sur-tri
                                                       - où les quantités importées n’entravent
    avec l’atteinte du ratio DASRI / déchets non
                                                          pas le traitement des DASRI franciliens ;
    dangereux à 20 % / 80 % ;
                                                       - où la proximité géographique (distance et temps)
   pour les producteurs de DASRI diffus (patients
                                                       de l’installation de traitement est démontrée ;
    en auto-traitement (PAT), professionnels
    libéraux de santé, tatoueurs…) : améliorer la          acceptation de DASRI des régions limitrophes
    collecte et la prise en charge des DASRI et             et non limitrophes en cas d’arrêts techniques
    augmenter le taux de captage des DASRI-PAT              des installations de traitement de ces régions
    (avec l’objectif de 80 % de taux de collecte.) ;        ou pour le traitement de DASRI ne pouvant
                                                            pas être désinfectés.
   réduction d’AES (accident d’exposition au sang)
    ou d’arrêts techniques des centres de tri dus à    Tout autre transfert devra faire l’objet d’une
    la présence de DASRI, avec une atteinte du zéro    autorisation exceptionnelle des services de l’État
    AES ou arrêt technique, au plus tard en 2031.      compétents.

                                                               Enjeu : Collecter les DASRI diffus
Pour la prévention                                             des professionnels et des patients
et la collecte des DASRI franciliens :                         en auto-traitement (DDSRI-PAT).
   Mener des opérations de prévention auprès des
    établissements de santé et des producteurs de
    DARSRI semi-diffus.
   Augmenter le captage des DASRI diffus
   des professionnels.
   Augmenter le taux de captage des DASRI-PAT.




                                                                                        LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 79
   9 Prévenir et gérer
les déchets
issus de situations
exceptionnelles
Le PRPGD doit préciser l'identification des installations permettant de collecter
et de traiter les déchets produits en situation exceptionnelle, notamment
en cas de pandémie ou de catastrophe naturelle, en distinguant ceux
dont la production trouve sa cause dans le caractère exceptionnel de la situation
de ceux dont la collecte et le traitement peuvent se voir affectés par cette situation.
Les précisions concernant l'organisation de la collecte sont coordonnées
avec les dispositions relatives à la sécurité civile prises notamment
par les communes et leurs groupements.




            PÉRIMÈTRES CONCERNÉS
            ET TEMPORALITÉ

                 PÉRIMÈTRE                           PÉRIMÈTRE DES                PÉRIMÈTRE DES            TEMPORALITÉ
                DES DÉCHETS                         FLUX DE DÉCHETS                  FILIERES
                EN SITUATION
              EXCEPTIONNELLE


                DÉCHETS GÉNÉRÉS                           DMA (DÉCHETS                FILIERES           PENDANT L'ÉVÈNEMENT
               PAR LA CATASTROPHE                         MÉNAGERS ET              DE TRAITEMENT            EXCEPTIONNEL
                                                            ASSIMILÉS)               IMPACTÉES
                DÉCHETS PRODUITS                           EN MÉLANGE             PAR L'ÉVÈNEMENT         APRÈS L'ÉVÈNEMENT
                 HABITUELLEMENT
                 DONT LA PRISE EN                            DAE                FILIÈRES DE TRAITEMENT      PRÉVENTION/
                CHARGE DOIT ÊTRE                    (DÉCHETS D'ACTIVITÉS            POUR ABSORBER           ANTICIPATION
                 ASSURÉE MALGRÉ                         ÉCONOMIQUE)              LES DÉCHETS GÉNÉRÉS
               LES PERTURBATIONS                         EN MÉLANGE                 PAR LA SITUATION
                   ENGENDRÉES                           DEA (DÉCHETS                EXCEPTIONNELLE
               PAR LA CATASTROPHE                      D'AMEUBLEMENT
                                                      ET D'ÉQUIPEMENT)
                                                    DÉCHETS DANGEREUX :
                                                             DDS*
                                                             D3E*
                                                            DASRI
                                                      DÉCHETS INTERTES




            *DDS : Déchets diffus spécifiques ou Déchets dangereux
            spéciaux
            *D3E : Déchets d'équipements électriques et électroniques




80 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
    LES RISQUES GÉNÉRANT
    DES SITUATIONS EXCEPTIONNELLES



    ↘ COTATION DES RISQUES SELON
       LA MATRICE ANALYTIQUE
       DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE.
       Source : Région Île-de-France
                                                                                                           Risque industriel
                                                                                                           3%
                                                                                                           Rupture de digue

Transport de marchandises dangereuses                                                                      58 %
                                    4%                          4
                                                                    3
                                                                         2
                 Mouvement de terrain
                                    8%                     8                            36
                                                                                                           Inondation

                     Rupture de barrage
                                                                                                           36 %
                                                       9
                                    9%
                                                       9
                                Canicule
                                    9%                     9
             Neige, verglas, grand froid                                           16                      Pandémie grippale
                                                                    24
                                    9%                                                                     16 %
                Tempête et vent violent
                                   24 %


            3 risques sont retenus dans le cadre                    EN CAS DE PANDÉMIE GRIPPALE -
            du PRPGD : les risques d’inondation,                    DASRI PRINCIPALEMENT
            de pandémie grippale, de tempête                                 Quantification par retour d’expérience
            et vent violent.                                                  (crise H1N1 en 2009) : absence de données
                                                                              capitalisées.
    Dans le cadre de la planification des déchets en                         Quantification théorique selon les estimations
    situation exceptionnelle, le PRPGD met en avant                           réalisées pour une partie des centres
    3 actions : quantifier et caractériser les déchets,                       de vaccination les plus importants de la région
    identifier les installations ad hoc et définir les enjeux                 Île-de-France : 3 700 t.
    logistiques de gestion.
                                                                    Soit des surplus de production de DASRI estimés à
                                                                    près de 11 % par rapport aux productions annuelles.

    Quantifier
                                                                    EN CONDITION DE TEMPÊTE OU VENT
    la production                                                   VIOLENT – TOUT TYPE DE DÉCHETS
    des déchets produits                                                     Quantification par retour d’expérience
    en situation                                                              impossible (tempêtes de 1999 et de 2010) :
    exceptionnelle                                                            pas de quantification sur l’ensemble des flux
                                                                              de déchets/données à l’échelle nationale).
                                                                             Quantification théorique selon la formule
    EN SITUATION D’INONDATION -                                               de calcul de l’USACE : non réalisée par manque
    TOUT TYPE DE DÉCHETS                                                      de bases de données sur les paramètres
                                                                              de calculs.
        Quantification par retour d’expérience
         (événements 2016) : des ratios allant de 20                Soit un surplus de production de déchets non évalué
        à 580 kg/de déchets par habitant sinistré.                  dans le cadre des travaux du PRPGD.

        Quantification théorique selon la méthode
         de calcul « Mécadepi » : 700 000 t de déchets
         produits en zone inondable en cas de crue
         d’occurrence centennale.
    Soit des surplus de production de déchets estimés
    selon des ratios de 1 à 5.



                                                                                                          LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 81
                                                                                      Dans le cadre de pandémies grippales et de tem-
            Identifier                                                                 pêtes et vents violents, pas d’enjeux en termes de
            les installations                                                          vulnérabilité des installations et d’absorption des
            permettant de                                                              surplus de volumes de déchets à traiter.

            traiter les déchets                                                   Les actions prévues par le PRPGD dans le cadre de la
                                                                                  planification des déchets en situation exceptionnelle
            en situation                                                              Développer la connaissance des interactions
            exceptionnelle                                                             entre événements exceptionnels et production
                                                                                       de déchets.
                                                                                      Intégrer la prise en compte de la problématique
                 Inondation : la vulnérabilité de collecte et de                      déchets dans les dispositifs de gestion de crise.
                  traitement des déchets a été évaluée sur la base                    Limiter les quantités de déchets produites
                  d’une crue équivalente ou supérieure à celle
                                                                                       en situation exceptionnelle.
                  de 1910 (56 % des capacités techniques des 18
                  incinérateurs sont alors exposées).                                 Accompagner la gestion des déchets en période
                                                                                       de crise pour gérer les déchets et en faciliter
            Pour la gestion des déchets du quotidien, la DRIEE
            préconise une réorganisation territoriale des bassins                      le tri.
            de traitement des ordures ménagères résiduelles.
            Pour les déchets générés par l'inondation : le PRPGD
            préconise une réserve de capacité de stockage dans
            les ISDND de 1% de la capacité annuelle.




            Identifier
            les enjeux logistiques
            de gestion des
            déchets en situation                                                  Sources : entretiens bilatéraux avec les acteurs et Thèse
            exceptionnelle                                                        de Mme Hélène BERAUD "Initier la résilience du service
                                                                                  de gestion des déchets aux catastrophes naturelles :
                                                                                  le cas des territoires urbains et de l'innondation".




                    ENVIRONNEMENT                                     RÉSEAUX SUPPORTS                          TERRITOIRE
               SITE DE GESTION DES DÉCHETS                           INDISPONIBILITÉ DES SITES                DÉVELOPPEMENT
                      INACCESSIBLES,                                D'EXPLOITATION SUITE À LEUR         DE PRATIQUES DÉVIANTES TYPE
                   DYSFONCTIONNEMENT                                       REMISE EN ÉTAT                    DÉPÔTS SAUVAGES
                DU SITE, ENDOMMAGEMENT                                    INDISPONIBILITÉ
                  DES INFRASTRUCTURES,                                  DE PERSONNEL LIÉE À                   EFFET DE CHAÎNE :
                 INDISPONIBILITÉ LIÉE À LA                                 L'ÉVÈNEMENT/                    GLISSEMENT DE TERRAIN,
                      REMISE EN ÉTAT                                     ENDOMMAGEMENT                       POLLUTION DES EAUX
                     DES BÂTIMENTS,...                               DES DOMICILES/INCAPACITÉ
                                                                      À SE RENDRE SUR LE LIEU
                     AUGMENTATION                                    DE TRAVAIL/ÉTAT SANITAIRE
                SIGNIFICATIVEDU VOLUME                             INFRASTRUCTURES LINÉAIRES/
                  DE DÉCHETS PRODUITS,                                   ROUTES : COUPÉES
                PRODUCTION DES DÉCHETS                              (INONDATION, BRANCHES AU
               NÉCESSITANT UNE ATTENTION                                SOL, EFFONDREMENT
               PARTICULIÈRE DE PAR LEURS                                 DE VOIRIE, RAISONS
                 SPÉCIFICATION ET LEURS                                    DE SÉCURITÉ,...)
                   FILIÈRES, STOCKAGE                                  RÉSEAUX ÉLECTRIQUE
                 TEMPORAIRE DE DÉCHETS                               ENDOMMAGÉS : COUPURES
               SUR DES SITES NON ADAPTÉS                            ÉLECTRIQUES, IMPOSSIBILITÉ
                                                                   DE COMMUNIQUER/ÉCHANGER
                                                                    RÉSEAUX D'ASSAINISSEMENT :
                                                                     ENGORGEMENT/POLLUTION
                                                                   POINT D'APPROVISIONNEMENT
                                                                          EN CARBURANT :
                                                                   INACCESSIBLES/ENDOMMAGÉS




82 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
LES GRANDES ORIENTATIONS DU PRPGD | 83
Le glossaire


A           ACV : Analyse de Cycle de Vie
            ADEME : Agence de l'Environnement et de la
            Maîtrise de l’Énergie
            AES : Accidents d’Exposition au Sang
                                                                                E
                                                                                EEE : Équipements Électriques et
                                                                                Électroniques
                                                                                ENR&R : Énergies Renouvelables et de
                                                                                Récupération
                                                                                EPCI : Établissement Public de Coopération
                                                                                Intercommunale




B
                                                                                EPT : Établissement Public Territorial
            BIM : Building Information Modeling                                 ESS : Économie Sociale et Solidaire
            BTP : Bâtiment et Travaux Publics




C           CEREMA : Centre d'Études et d'expertise sur
            les Risques, l'Environnement, la Mobilité et
                                                                                F
                                                                                FREC : Feuille de Route pour l’Économie
                                                                                Circulaire




                                                                                G
            l'Aménagement
            CHR : Cafés, Hôtellerie, Restauration
            CODREC : Contrat d’Objectifs pour une                               GIP : Groupement d’Intérêt Public
            Dynamique Régionale déchets et Économie                             GPE : Grand Paris Express
            Circulaire




                                                                                H
            CSR : Combustibles Solides de Récupération

                                                                                hab : Habitant(s)




D
                                                                                HAU : Huile Alimentaire Usagée
            DAE : Déchets des Activités Économiques




                                                                                I
            DASRI : Déchets d’Activités de Soins à
            Risques Infectieux
            DASTRI : éco-organisme des DASRI                                    IAU : Institut d'Aménagement et d'Urbanisme
            DD : Déchet Dangereux                                               IAU-ORDIF : Institut d'Aménagement et
                                                                                d'Urbanisme-Observatoire Régional des
            DDS : Déchets Diffus Spécifiques ou Déchets
                                                                                Déchets d’Île-de-France
            Dangereux Spéciaux
                                                                                ICPE : Installation Classée pour la Protection
            DEA : Déchets d’Éléments d’Ameublement
                                                                                de l'Environnement
            D3E ou DEEE : Déchets d'Équipements
                                                                                ISDD : Installation de Stockage des Déchets
            Électriques et Électroniques
                                                                                Dangereux
            DI : Déchets Inertes
                                                                                ISDI : Installation de Stockage des Déchets
            DMA : Déchets Ménagers et Assimilés                                 Inertes
            DND : Déchets Non Dangereux                                         ISDND : Installation de Stockage des Déchets
            DNDNI ou DNIND : Déchets Non Dangereux                              Non Dangereux
            Non Inertes




                                                                                J
            DRIEE : Direction Régionale et
            Interdépartementale de l’Environnement et de
            l’Énergie                                                           JO : Jeux Olympiques




84 | PLAN RÉGIONAL DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES DÉCHETS D’ÎLE-DE-FRANCE
K
kg : kilogramme
km : kilomètre
kt : kilo-tonnes                             R
                                             R&D : Recherche et Développement
                                             REOM : Redevance d’Enlèvement des Ordures
                                             Ménagères
                                             REP : Responsabilité Élargie des Producteurs




M
                                             RS : Redevance Spéciale

MOA : Maîtrise d’Ouvrage




                                             S
MPIR : Matières Premières Issues du
Recyclage                                    SDRIF : Schéma Directeur de la Région Île-de-
MPS : Matières Premières Secondaires         France
Mt : Millions de tonnes                      SPGD : Service Public de Gestion des Déchets




N
                                             SRC : Schéma Régional des Carrières
                                             SRB : Schéma Régional Biomasse
                                             SRCAE : Schéma Régional du Climat, de l’Air
NAF : Nomenclature d'Activité Française      et de l’Énergie
ND : Non Dangereux ou Non Disponible         SRDEII : Schéma Régional de
NOTRe : loi portant sur la Nouvelle          Développement Économique d’Innovation et
Organisation Territoriale de la République   d’Internationalisation




O
OM : Ordures Ménagères
OMA : Ordures Ménagères et Assimilés
OMr : Ordures Ménagères résiduelles          T
                                             t : tonne
                                             TECV : Transition Énergétique pour la
                                             Croissance Verte
                                             TEOM : Taxe d’Enlèvement des Ordures




P
                                             Ménagères
                                             TI : Tarification Incitative
                                             TLC : Textiles d'habillement, Linge de maison
PAT : Patient en Auto-Traitement
                                             et Chaussures
PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur
                                             TP : Travaux Publics
PLPDMA : Programme Local de Prévention
                                             TPE : Très Petites Entreprises
des Déchets Ménagers et Assimilés
PME : Petites et Moyennes Entreprises




                                             U
PMI : Petites et Moyennes Industries
PPA : Plan de Protection de l’Atmosphère
                                             UIDND : Unité d’Incinération de Déchets Non
PREDAS : Plan Régional d'Élimination         Dangereux
des Déchets d'Activités de Soins à risques
infectieux                                   UMR : Unité Mixte de Recherche
PREDD : Plan Régional d'Élimination des      UVE : Unité de Valorisation Énergétique




                                             V
Déchets Dangereux
PREDEC : Plan Régional de Prévention et de
gestion des déchets issus des chantiers du
BTP                                          VHU : Véhicule Hors d’Usage
PREDMA : Plan Régional d'Élimination des
Déchets Ménagers et Assimilés
PRPGD : Plan Régional de Prévention et de
Gestion des Déchets
PSE : Polystyrène Expansé
PVC : PolyChlorure de Vinyle


                                                                                         GLOSSAIRE | 85
Plan Régional
de Prévention
et de Gestion des
Déchets (PRPGD)
d’Île-de-France




                                           • mai 2019
                                           • 15205 • Impression :
                                           Région Île-de-France • Création graphique :




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                  2, rue Simone-Veil
                  93400 Saint-Ouen
                  Tél. : 01 53 85 53 85

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